Posts Tagged ‘Réconciliation’

Chine: l’amour réconcilie deux villages après des siècles de brouille

mai 5, 2017

Un couple tout juste uni en Chine le 30 septembre 2008. Pour échapper au mauvais sort, les jeunes mariés de Wushan et Yuepu ont dû se résoudre à quitter la région pour s’installer dans une autre province, à 1.500 km de là / © AFP/Archives / FREDERIC J. BROWN

Un ruisseau d’à peine un mètre de large les sépare, mais depuis au moins trois siècles, une sourde rivalité opposait deux villages de l’est de la Chine, jusqu’à ce qu’une histoire d’amour réunisse enfin les anciens adversaires.

Wushan et Yuepu, 7.500 habitants à eux deux dans la province du Fujian, observaient une étrange tradition: défense d’épouser un habitant originaire de l’autre côté de la rivière, explique vendredi à l’AFP le plus haut responsable de Wushan.

« Personne ne se souvient à quand remonte cette interdiction des mariages, on sait juste qu’on s’est battus il y a environ 300 ans pour le droit d’utiliser l’eau », raconte Wang Hongdong, secrétaire du Parti communiste chinois à Wushan.

L’affrontement a laissé une malédiction: un mariage avec un habitant de l’autre village ne pourra attirer que du malheur. Et la rivalité a continué à se transmettre de génération en génération.

« Ils se sont encore battus il y a environ 40 ans, pour une histoire de cimetière », rappelle M. Wang.

« Puis les relations ont fini par s’apaiser, surtout depuis les 10 dernières années. Nous avons commencé à construire ensemble une usine de chaussures et les jeunes s’entendaient très bien », poursuit-il.

Mais l’interdiction du mariage, inscrite dans la tradition, restait en place. Jusqu’à ce qu’une fille de Yuepu tombe amoureuse d’un garçon de Wushan, il y a environ trois ans.

« Les familles se sont opposées au mariage à cause de la malédiction », raconte M. Wang. « Les vieux y croyaient vraiment ». Pour échapper au mauvais sort, les jeunes mariés doivent se résoudre à quitter le Fujian pour s’installer dans une autre province, à 1.500 km de là.

En 2015, le jeune couple rentre aux villages pour célébrer enfin le mariage dans la maison du garçon, mais les parents de la mariée boudent la noce. Puis quand cette dernière a donné naissance à deux beaux garçons, les habitants des deux villages ont fini par ne plus croire à la malédiction, selon M. Wang.

Pour sceller la réconciliation et abolir officiellement l’interdiction des mariages, les deux villages ont organisé lundi une cérémonie en présence des autorités bouddhistes et communistes. Près de 500 personnes y ont assisté.

Romandie.com avec(©AFP / 05 mai 2017 14h56)                

Côte d’Ivoire: le malaise est profond avertit le responsable en charge de la réconciliation

avril 20, 2016

Abidjan – Le malaise est profond en Côte d’Ivoire, cinq ans après la fin de la crise postélectorale de 2011, a déploré mercredi le responsable national en charge de la Réconciliation dans le pays où règne toutefois la stabilité.

Le malaise est profond et il convient, à présent, de mettre un accent particulier sur les initiatives en faveur de la réconciliation, a déclaré Mgr Siméon Ahouana, le président de la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (CONARIV).

Mgr Ahouana, connu pour son franc-parler, s’exprimait au cours de la cérémonie de remise du rapport de la CONARIV au président ivoirien Alassane Ouattara.

La Conariv a remplacé mi-décembre la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) aux résultats contrastés.

Malgré une élection présidentielle apaisée et les nombreux efforts en faveur de la réconciliation, les poches de division demeurent, les cœurs sont encore chargés de rancœurs, de frustrations, d’amertumes et d’esprit de vengeance, a-t-il alerté.

M. Ouattara a promis de jouer sa partition en faveur de la réconciliation et du renforcement de la cohésion sociale et a demandé aux Ivoiriens encore exilés de rentrer au pays.

Réélu pour un second mandat de cinq ans, M. Ouattara est arrivé au pouvoir en 2011, au terme d’une crise postélectorale qui s’est conclue par la chute de Laurent Gbagbo, son prédécesseur.

Plus de 3.000 Ivoiriens étaient morts en cinq mois de violences causées par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître en 2010 la victoire de M. Ouattara à l’élection présidentielle.

M. Gbagbo et le chef des jeunes patriotes, un mouvement qui lui est proche, Charles Blé Goudé, sont tous deux jugés depuis le 28 janvier par la Cour pénale internationale à La Haye pour crimes contre l’humanité.

En Côte d’Ivoire, l’opposition et la société civile accusent le pouvoir d’une justice des vainqueurs qui ne s’intéresse qu’aux méfaits des membres du camp Gbagbo.

Le procès fleuve il y a un an et demi devant la justice ivoirienne de 78 responsables de l’ancien régime, dont l’ex-Première dame Simone Gbagbo, condamnée à 20 ans de prison en mars 2015, a ravivé les critiques.

La mort récente (le 11 avril) de l’homme politique ivoirien et grande figure du journalisme dans les années 1970 Mamadou Ben Soumahoro, en exil au Ghana où il s’était réfugié depuis la fin crise postélectorale, a aussi suscité de nombreuses réactions contre le régime.

Élu député en 1995 et en 2010, M. Ben Soumahoro a milité au Rassemblement des Républicains (RDR) du président Ouattara, avant de se rapprocher du camp de Laurent Gbagbo, président de 2000 à 2010.

Le 4 avril, l’ONU a annoncé pour juin 2017 la fermeture définitive de sa mission (Onuci) qui devra avant terme, se concentrer sur les efforts de réconciliation nationale, la démobilisation des anciens rebelles, la promotion des droits de l’homme et la livraison d’aide humanitaire, selon le dernier rapport de son secrétaire général Ban Ki-moon.

Romandie.com avec(©AFP / 20 avril 2016 17h57)

Jean-Marie Le Pen dit souhaiter la réconciliation avec sa fille

mai 13, 2015

Jean-Marie Le Pen a déclaré mercredi qu’il souhaitait la réconciliation avec sa fille Marine, actuelle présidente du Front national. Il s’en est une nouvelle fois violemment pris au vice-président du parti Florian Philippot.

« Bien sûr que si, je souhaite la réconciliation, je n’ai pas de goût particulier pour la souffrance », a dit sur BFM TV le co-fondateur de la formation d’extrême droite, suspendu le 4 mai du parti après une série de déclarations polémiques. « Ce n’est pas moi qui ai attaqué Marine Le Pen, c’est elle qui m’a attaqué, je me suis défendu ».

Engagé dans une guerre ouverte avec la direction du FN, Jean-Marie Le Pen a une nouvelle fois livré une violente charge contre Florian Philippot, à qui il impute la « stratégie de dédiabolisation » de la formation d’extrême droite.

« Hétérophobie »
« Le mouvement est en train de dérailler sous l’influence de Florian Philippot et de ses amis qui procèdent à la véritable colonisation du mouvement, à l’insu de Marine Le Pen, au moins sans qu’elle soit en mesure de s’y opposer », a-t-il dit.

« Je ne condamne pas les homosexuels sur le plan individuel, mais quand ils chassent en meute oui, quand ils manoeuvrent d’une certaine manière et se conduisent comme des hétérophobes, comme des gens qui détestent ceux qui ne sont pas comme eux ».

Concernant la formation politique qu’il entend créer afin de « rééquilibrer le mouvement », Jean-Marie Le Pen a dit s’attendre à voir affluer des « centaines si ce n’est des milliers » d’adhérents.

Romandie.com

Jimmy Carter appelle à une réconciliation palestinienne

mai 2, 2015

Ramallah (Territoires palestiniens) – L’ancien président américain Jimmy Carter a appelé samedi les Palestiniens à organiser des élections pour mettre fin à la division de fait entre la Cisjordanie occupée, où siège l’Autorité du président Mahmoud Abbas, et la bande de Gaza, tenue par le Hamas islamiste.

A l’issue d’une visite dans les Territoires palestiniens et en Israël, M. Carter et Gro Harlem Brundtland, ex-Premier ministre norvégienne, ont en outre dénoncé la politique de Benjamin Netanyahu, le Premier ministre sortant qui pourrait dévoiler dans les jours à venir la composition du futur gouvernement d’Israël, que les commentateurs annoncent encore plus à droite que le précédent.

Le Premier ministre Netanyahu a été clair durant sa campagne: il ne veut pas d’une solution à deux Etats israélien et palestinien, une solution pourtant prônée par l’ONU et toutes les nations, a accusé M. Carter lors d’une conférence de presse à Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël.

Mme Gro Harlem Brundtland et M. Carter ont rencontré M. Abbas à Ramallah, en Cisjordanie occupée, ainsi que des acteurs de la société civile israélienne, mais aucun dirigeant de l’Etat hébreu.

Lors des précédentes visites, le président, Shimon Peres à l’époque, avait rencontré les délégations des Elders (anciens) –des personnalités œuvrant au règlement des conflits comme Kofi Annan ou Desmond Tutu. Cette fois, le président Reuven Rivlin a décidé de ne pas nous recevoir pour des considérations politiques, a affirmé M. Carter. Les dirigeants israéliens ne veulent pas entendre des avis qu’ils ne partagent pas, a renchéri Mme Harlem Brundtland.

Depuis Ramallah, M. Carter a dit espérer voir bientôt des élections dans les Territoires palestiniens, à Jérusalem-Est, à Gaza et en Cisjordanie, alors qu’aucun scrutin n’a été organisé dans les Territoires occupés depuis près d’une décennie.

Le mandat de M. Abbas a expiré en 2009 mais se poursuit faute d’élections tandis que le Parlement ne s’est pas réuni depuis 2007. En 2006, un an après l’élection de M. Abbas, le Hamas a remporté les législatives. Fatah et Hamas se sont ensuite livrés une quasi-guerre civile qui a mené à la division.

Aujourd’hui, un an après un accord de réconciliation entre les deux rivaux, le Hamas rechigne à remettre le pouvoir à Gaza au gouvernement d’indépendants qu’ils ont formé ensemble.

Les deux membres des Elders, qui avaient prévu de se rendre à Gaza mais ont annulé la visite pour des raisons de sécurité sur lesquelles M. Carter a refusé de s’étendre ont plaidé pour une mise en œuvre concrète de cet accord.

Mme Harlem Brundtland a toutefois assuré qu’ils avaient pu discuter avec des gens qui connaissent les problèmes dans la bande de Gaza, notamment la question de la reconstruction de l’enclave palestinienne qui n’a toujours pas été entamée huit mois après la fin de la guerre de l’été avec Israël, la troisième en six ans.

Sans un changement complet de paradigme (…) un nouveau conflit est inévitable, a-t-elle encore estimé.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mai 2015 20h29)

Côte d’Ivoire: Le transfert de Laurent Gbagbo facilitera la réconciliation nationale(ministre)

septembre 30, 2011

PARIS, Le transfèrement de l`ancien président Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye « faciliterait le
processus de réconciliation » en Côte d`Ivoire, a jugé vendredi le ministre ivoirien des droits de l`Homme, Gnénéma Coulibaly.

Le nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara, a demandé à la CPI d`ouvrir une enquête visant notamment M. Gbagbo, accusé de crimes contre l`humanité et de crimes de guerre pour avoir refusé d`accepter sa défaite à la présidentielle de 2010, déclenchant une sanglante crise post-électorale qui a fait au moins 3.000 morts selon les nouvelles autorités du pays.

« J`ai expliqué au président de la CPI l`importance pour la réconciliation nationale de cette procédure. Si l`ex-président n`était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat, notamment les élections législatives » prévues le 11 décembre, a déclaré à la presse à Paris M. Coulibaly, après avoir rencontré les responsables de la CPI aux Pays-Bas.

« La présence de Laurent Gbagbo (en Côte d`Ivoire) freine le développement du processus de réconciliation », a-t-il souligné. Selon le ministre, les responsables de la CPI « se sont montrés sensibles à nos arguments ».

La CPI pourrait aussi décider de poursuivre d`autres personnalités ivoiriennes pour leur responsabilité dans les violences post-électorales, y compris dans le camp Ouattara.

« Nous exécuterons tout mandat d`arrêt de la CPI, quels que soient les noms qu`ils nous soumettront », a assuré Gnénéma Coulibaly, qui est aussi revenu sur la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) intronisée mercredi en Côte d`Ivoire.

La période qu`elle examinera remontera selon lui jusqu`à l`indépendance : « Si le mandat de la Commission ne portait que sur la période postérieure à 2000, on ne connaîtrait pas les fondements de la division nationale », a-t-il dit.

« Si à cette occasion on découvre des faits non prescrits, ils seront présentés à une juridiction nationale. La réconciliation nationale n`exclut pas la justice, elle se fonde sur la justice », a assuré le ministre.

« Il serait souhaitable de déboucher sur cette forme de pardon légal qu`est l`amnistie. Mais l`amnistie suppose l`existence d`une infraction dont elle efface les conséquences. Chacun doit avoir la possibilité de revêtir son manteau de coupable », a-t-il estimé.

AFP

Côte d’Ivoire : une Commission réconciliation pour « entendre tout le monde »

septembre 28, 2011

La Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) sera inaugurée mercredi à Yamoussoukro. Elle aura comme objectif d’entendre « tout le monde », d’engager le dialogue et de chercher les responsables des évènements qui ont ensanglantés le pays.

Nous avons besoin de connaître la vérité, même si elle n’est pas belle », clamait mi-septembre l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny. Entendre les victimes et bourreaux des différents camps, chercher les responsables, guérir la Côte d’Ivoire de ses maux, cette mission colossale doit commencer dès aujourd’hui, par l’installation de la Commission dialogue, vérité et réconciliation par le président Alassane Ouattara.

Dirigée par Charles Konan Banny (voir photo ci-dessous), cette instance a comme objectif de panser les plaies d’un État meurtri par une crise postélectorale sanglante au début de l’année 2011. Elle sera intronisée mercredi à Yamoussoukro, considérée comme une ville symbole, puisqu’elle est la capitale politique fondée par Félix Houphouët-Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993), le « père de la Nation ».

Un homme dont Charles Konan Banny se dit d’ailleurs l’héritier, et avec lequel il possède des liens familiaux. « CKB » avait soutenu, lors de l’élection présidentielle, le candidat Henri Konan Bédié, avant de se rallier au second tour à Alassane Ouattara à la faveur d’une alliance entre leurs partis. Mais il a tenu à « rassurer » le camp Gbagbo, en multipliant les rencontres, tentant de prouver son objectivité et sa légitimité à diriger cette commission.

Drogba absent ?

Outre « CKB », l’instance compte parmi ses rangs 11 membres, parmi lesquels un religieux chrétien et un musulman et cinq représentants des grandes régions du pays. Une star a également tenu à apporter son concours à cette initiative. Le célèbre footballeur Didier Drogba, vice président de la Commission, représente les Ivoiriens de l’étranger, mais sa présence en ce jour d’inauguration de la commission reste incertaine selon l’un de ses proches.

La CDVR ivoirienne est inspirée de la commission mise en place en Afrique du Sud, après la fin de l’apartheid. Elle disposera d’un mandat de deux ans, un temps restreint pour parvenir à des résultats probants, après une décennie d’affrontements religieux et ethniques, de violence et de coups d’États. La réconciliation reste dans ce pays, dont l’économie semble se relever peu à peu, le défi le plus difficile à surmonter.

Si Alassane Ouattara a promis, à plusieurs reprises, vouloir accorder le « pardon » aux dignitaires de Laurent Gbagbo, dont le refus de reconnaître sa défaite à l’élection ivoirienne avait provoqué une crise politique et sociale très grave, beaucoup s’interrogent quant à la tenue de cette promesse. D’autant que le régime actuel a engagé des poursuites contre les dignitaires de l’ancien régime, notamment Laurent Gbagbo et son épouse Simone, ainsi que des dizaines d’autres responsables civils et militaires, tous placés en détention provisoire. Le pouvoir espère que la Cour pénale internationale jugera au plus vite le président déchu.

Commission d’enquête

De leur côté, les proches de Gbagbo veulent eux aussi régler leur compte. Ils ont demandé mardi à l’ONU la création d’une « commission internationale d’enquête » remontant jusqu’à septembre 2002 et au putsch manqué de la rébellion rangée par la suite derrière Alassane Ouattara.

Le gouvernement Ouattara doit également faire face aux critiques des ONG internationales, qui s’indignent que personne, dans ce camp, n’ait encore été inquiété, alors que l’ONU a déploré des crimes contre l’humanité commis par les deux camps.

Réconcilier les Ivoiriens sera donc une lourde tâche à mener, même si le président a promis une instance « indépendante » qui « entendra tout le monde ». Outre les dignitaires des deux camps, la commission devra aussi s’adresser au peuple ivoirien.

« Il faut que cette commission aille vers les Ivoiriens pour leur parler. Qu’elle aille dans les villes, les villages, les hameaux. Qu’elle ne reste pas dans les maisons climatisées. Qu’elle aille expliquer aux uns et aux autres que nous avons commis des erreurs.», estime le chanteur Tiken Jah Fakoly, dans un entretien publié sur Abidjan.net.

Jeuneafrique.com avec AFP

Interview / Fadal Dey, artiste-chanteur : « De nombreux Ivoiriens emprisonnés à Bamako

juin 20, 2011

Revenu de Bamako où il a trouvé refuge depuis les violences postélectorales, l’artiste Fadal Dey dépeint la situation de vie des Ivoiriens réfugiés dans le pays de ATT et interpelle les autorités. Il passe en revue certains sujets de l’actualité ivoirienne et prend position.

Aujourd’hui, l’on voit Fadal Dey le crâne rasé, une coiffe inhabituelle chez l’artiste. Mais, culturellement en Afrique pour rendre hommage aux morts, l’on se l’impose. Est-ce un deuil que vous portez ?

Je pense que tous les Ivoiriens sont en deuil. Tout Ivoirien, même s’il n’a pas perdu un parent, doit se considérer en deuil. J’ai décidé de couper mes dreads (Ndlr ; longues tresses) pour respecter la mémoire de tous ceux qui sont tombés. Que ce soit du camp LMP ou celui du RHDP, chaque Ivoirien est un parent à moi.

Une caravane musicale sur la réconciliation nationale dont la date n’est pas encore fixée aura bientôt lieu. Mais déjà le mardi 21 juin, vous serez du concert de la paix donné par l’artiste Tiken Jah au Complexe d’Abobo. Il n’y a pas que ces actions pour réconcilier les Ivoiriens, comment comptez-vous, vous impliquer dans ce processus de réconciliation?

Dénommé concert Peace and love, le concert d’Abobo est d’abord à but humanitaire où des dons seront faits aux parents des victimes. C’est dans cette logique que j’ai donné mon accord de participation. La caravane à venir est un événement à saluer. Nous artistes, nos chansons vont au-delà des discours politiciens. C’est bien que cette caravane soit initiée par l’Etat de Côte d’Ivoire mais je souhaite qu’elle ne soit confiée à aucun artiste. Il y a de grandes structures de communication en Côte d’Ivoire que l’Etat de Côte d’Ivoire doit approcher pour mettre en avant les objectifs et buts à atteindre. Pas question de le confier à tel ou tel autre artiste. Concernant mon implication dans le processus de réconciliation, j’ai envie d’introduire un dossier auprès du Premier ministre – que bientôt je verrai – pour amener les Ivoiriens à se pardonner, à s’aimer davantage, à aller les uns vers les autres.

Cela à travers une caravane que j’appellerai ‘’Reconstruisons le pays’’ du titre de ma chanson. La reconstruction doit d’abord être morale.

C’est depuis Bamako que vous suiviez la fin du film de la crise postélectorale qui a été pour vous source d’inspiration. Car, lors d’une de vos séances de répétition (Ndlr, le 14 juin) à Marcory, dans un nouveau chant que vous avez composé, vous empruntez à Laurent Gbagbo la phrase ‘’Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer’’ ; mais en même temps, vous rendez responsable Yao Paul N’dré de la violence meurtrière. Quelle lecture en faites-vous?

Ce que je dis, je l’assume. Laurent Gbagbo l’a dit clairement : «Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer». Laurent Gbagbo peut aujourd’hui se prévaloir de cette phrase pour s’innocenter dans beaucoup d’actes qu’il a posés. Yao Paul N’dré en sa qualité de magistrat et qui avait le dernier mot, devait savoir s’envoyer. C’est ce qui me fait mal ! Je pardonne certes, mais j’en veux à Yao N’dré. Car j’estime que le bordel dans lequel la Côte d’Ivoire a été plongé, lui est imputable à 80%. S’il avait dit le droit, nous n’en serions pas là. Cette chanson, je l’ai écrite afin qu’elle reste dans l’histoire. Pour que d’ici trente à quarante ans, les institutions de la République servent véritablement la République, de sorte qu’on puisse dire non au culte de la personnalité.

De cette lecture du droit par Yao Paul N’dré, il y a une nécessité pour chacun de faire son mea-culpa. Mea-culpa qui est le titre de votre dernier album – censuré sous le régime de Laurent Gbagbo – croyez-vous qu’il n’y a que LMP qui doit aujourd’hui faire son mea-culpa ?

J’estime que tout Ivoirien, y compris l’ancien régime, doit pouvoir faire son mea-culpa. Car tout le monde est fautif dans cette histoire. Chacun doit faire son mea-culpa et j’estime que Yao N’dré et l’ancien pouvoir n’ont pas encore fait les leurs. Il faut que l’ancien régime ait le courage de demander pardon. C’est dans cet esprit que je salue le Général Mangou dont le premier discours devant le Président Alassane Ouattara a été : «Nos premiers mots sont des mots de pardon». Je pense que le Général Mangou est un grand homme car tout le monde ne peut reconnaître ainsi ses erreurs. C’est un monsieur qui mérite d’être salué. Il n’est certes pas blanc comme neige, mais j’ai aimé cet acte posé par lui.

Comment décrivez-vous la situation de la communauté d’Ivoiriens réfugiés à Bamako, parmi laquelle les artistes faisaient bonne figure ?

Certains s’y sont retrouvés pour le business, d’autres parce qu’ils avaient des problèmes au pays. Chacun cherchait à survivre selon ses moyens. Par exemple, Marie Louise Asseu y a organisé un spectacle qu’elle a dénommé Soirée retro où un DJ venait jouer des anciens tubes. C’était salutaire ! Les artistes ne manquant pas d’idées, chacun créait pour vivre.

Zongo et Tao y ont entamé des tournées. Me concernant, j’ai donné deux concerts. Entre nous, il n’y avait ni animosité, ni esprit LMP-RHDP. Là-bas, j’ai compris que chacun avait l’amour du pays bien qu’il ait son bord politique.

Ceci est la face A – le côté positif des choses, mais il n’y avait pas que la joie dans les rues de Bamako !

Etant donné que nous n’avions pas d’activités, économiquement la vie était dure, surtout pour les nombreux Ivoiriens anonymes. Je voudrais profiter de vos colonnes pour attirer l’attention des autorités ivoiriennes. A Bamako, nombreux sont les Ivoiriens qui sont victimes de rafles de police. Dans les commissariats, à partir de 22 heures, c’est bourré d’Ivoiriens.

J’en ai fait sortir beaucoup. En plus d’avoir la carte nationale d’identité ivoirienne, on leur demande la carte consulaire. Dans le cas contraire, ils sont embarqués s’ils ne paient pas 5000 Fcfa. Pourtant, le consulat ne travaille pas. Je ne sais pas s’il est maintenant fonctionnel ! On parle de CEDEAO. Mais il faut que les autorités ivoiriennes attirent l’attention des autorités maliennes sur ce fait. C’est ce côté qui est dommageable aux Ivoiriens.

Personnellement, je n’ai rencontré aucun problème.

Pendant la crise postélectorale vous vous refusiez toutes critiques et analyses sur le sujet, pourquoi cette attitude pour un artiste qui fait du ‘’peace and love’’ son cheval de bataille ?

On a longtemps travaillé pour ne pas que, ce que nous avons vécu arrive. Dommage que cela soit arrivé et tous, nous étions en insécurité. J’étais en insécurité puisque je faisais l’objet de recherche. Je me suis mis à l’abri et j’ai décidé de me taire pour préserver des vies et Dieu merci j’y suis arrivé. Aujourd’hui, nous revenons pour continuer le combat de réconciliation et rappeler que nous avions prévenu, mais personne n’a prêté l’oreille. Nous avons œuvré pour la cohésion nationale à travers nos chansons.

‘’Reconstruisons le pays’’ est tiré de l’album Mea-culpa sorti en 2010. Nombreux sont les Ivoiriens qui croient aujourd’hui que le chant a été composé dans l’esprit de la réconciliation.

La censure de l’album n’a pu permettre une véritable exploration de l’œuvre ?

L’album est sorti depuis février 2010, mais censuré sous l’ancien pouvoir comme tu l’as dit. Pour beaucoup, c’est une nouvelle chanson. Avec le changement, la télé diffuse et c’est comme si elle avait été composée hier. Elle plaît aux Ivoiriens, je dis merci à Dieu !

Vous avez été victime récemment d’un accident de circulation sur l’axe Ouangolo-Bamako. Vous vous en êtes sorti indemne mais votre véhicule était irrécupérable. Dans quelles circonstances s’est produit l’accident ?

Un ami qui est à Ouangolo y a organisé un tournoi de football à l’honneur du Président de la République et le parrain était le petit du Président, que tous appellent Photocopie. Cet ami est allé me chercher à Bamako. A treize kilomètres de Ouangolo, un autre véhicule est venu me percuter par derrière et mon véhicule a freiné sa course contre un arbre. Je crois que c’est un élément de Fofié qui était à bord d’un pickup. Ma voiture est irrécupérable. Je profite pour dire à Fofié et au Premier ministre de se pencher sur mon cas. Je n’ai plus de voiture.

Des Ivoiriens ont souhaité la guerre, la Côte d’Ivoire a fait sa guerre et elle tourne cette page triste faite de nombreux morts. Que retenir de cette longue crise?

Il faut retenir que la paix est un trésor, de l’or. Comme le premier Président de la République, je dirai que la paix n’est pas un vain mot, c’est un comportement. Aujourd’hui, chacun a compris qu’il faut mettre fin au terme d’Ivoirien du nord, de l’ouest, du sud. Les frontières ont été érigées avant que nous ne naissions. Il existe une seule et même Côte d’Ivoire. Aucun politicien ne doit venir avec un concept pour diviser les Ivoiriens. Nous devons les freiner en brandissant un carton rouge. Il faut changer de fusil d’épaule.

L’Intelligent d’Abidjan Koné Saydoo

Gagnoa/Journée du pardon, de la réconciliation et de la paix : Mobilisation extraordinaire sous le Fromager

juin 20, 2011

Les femmes à ADO : “Mettez-nous au travail !”

Guikahué aux Bété : “Quand tu mens, tu n’es plus Bété !”

La Cité du Fromager est résolument tournée vers la paix. Les femmes du département de Gagnoa se sont unies à travers une cérémonie dénommée « journée du pardon de la réconciliation et de la paix ». C’était, le samedi 18 juin dernier, à la Place de la République de Gagnoa.

Combien étaient-elles ? 2000 ; 3000…5000 ? En tout cas, les femmes et filles de Gagnoa sont sorties massivement, le samedi 18 juin dernier, pour envahir « La Place de République », située entre la Sous-préfecture, le 1er Arrondissement de police et la résidence du Préfet de Région. Toutes les couches sociales féminines étaient au grand complet pour sceller la réconciliation initiée par Mme Antoinette Yoboué, Secrétaire de la section communale, membre de la délégation départementale du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et Présidente de l’Union des Femmes du Fromager Gagnoa (UFFG). Placée sous le haut patronage du Docteur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, parrainée par l’ex-ministre, délégué départementale du PDCI, Directeur de campagne au second tour du candidat du RHDP, Pr Maurice Kakou Guikahué et sous la Présidence du Préfet de Région, Préfet du département, Rémi Kangah N’zi, la mobilisation des femmes pour la réconciliation et la paix a tenu toutes ses promesses. Des filles et femmes de Gagnoa aux ressortissantes de la CEDEAO (Femmes nigérianes, mauritaniennes, maliennes, burkinabè, guinéenne etc…), en passant par les femmes des Sous-préfectures de Ouragahio, Guibéroua, Gnagbodougnoa (Guébié), Boundiali, Tingrela, Korhogo, Bouna, Bondoukou, Tiassalé, Oumé, « V » Baoulé, toutes étaiement mobilisées pour s’unir autour du triptyque « Dialogue-Vérité-Réconciliation » lancé par le Président de la République Alassane Ouattara.

A l’image de la Fête nationale de l’indépendance, toutes les femmes de toutes les couches socioprofessionnelles des différentes communautés vivant à Gagnoa ont défilé avec des pancartes pour marquer leur adhésion au processus de réconciliation et de paix en cours, et à la journée de réconciliation initiée par Mme Antoinette Yoboué, le samedi 18 juin dernier.

Pour l’ouverture de la cérémonie, c’est le chef de terre venu du village communal de Babré, Kouéyé Armand qui a confié la rencontre des femmes aux ancêtres dans une libation significative et explicative du nom des Bété. « Nous sommes de nature un peuple de paix. Le mot Bété vient de « bètè » qui signifie douceur, tranquillité et paix. C’est donc dans la bonté de nos cœurs que nous accueillons nos étrangers. Quand tu es l’étranger du Bété, il a l’obligation de te protéger, de te sécuriser. Ce qui est arrivé ne ressemble pas au comportement originel des Bété. Je confie donc cette cérémonie à Dieu Tout-Puissant et aux ancêtres pour que la paix véritable revienne à Gagnoa », a-t-il dit, en substance. Puis dans un « accapela » aussi significatif, l’artiste Souafa venu de Toutoubré (S/P de Gagnoa) a ouvert la série des allocutions avec un titre évocateur de la réconciliation: « Nous sommes sauvés, un nouveau jour s’est levé ». Après quoi, Mme Antoinette Yoboué, Présidente de l’Union des Femmes du Fromager, initiatrice de cette cérémonie, pouvait prendre la parole et s’adresser à ses sœurs, aux hommes et au Président de la République. « Nous sommes vos mères.

C’est nous qui vous donnons la vie. Et si nous vous pareons en tant que vos mères, vos épouses, vos sœurs, c’est pour vous dire que le temps est venu de faire la paix, de nous réconcilier pour le développement efficace de notre pays. Oui, nous ne nous sommes pas compris. Mais est-ce pour cela que nous n’allons plus nous parler ? Nous, femmes, sommes-nous des sœurs ? On ne le dirait plus. C’est pour tout cela que je voudrais que nous nous parlions. Parce que nous sommes des sœurs », a-t-elle dit à ses sœurs de gagnoa. Pour les hommes, Mme Yoboué dira, s’adressant au ministre Guikahué et à travers lui au Président de la République : « Monsieur le parrain, sachez que vos femmes, vos sœurs, vos filles sont à jamais unies. Aidez-les, ensemble avec tous vos frères ici présents afin qu’elles soient des agents du développement et de l’esprit nouveau qui doit désormais prôner la paix. Mettez-nous au travail. Aidez-nous à fructifier nos activités habituelles. Faites tout ce qui est possible pour reconstruire notre grand marché, ouvrez la Compagnie ivoirienne du bois (CIB) qui est restée fermée depuis trop longtemps, afin que nos maris travaillent. Faites revivre Gagnoa afin que cette ville redevienne le « Tahiti » tant reconnu et où il faisait bon vivre ». Après elle, Mme Kallé, au nom des femmes Bété de Gagnoa, Mme Kéhé Léontine au nom des Wê, Mme Déko au nom des Yacouba, Mme Adja Matogoma Touré (Présidente des femmes du RHDP) au nom des Malinké et Mme Coulibaly Fatou au nom des femmes de la CEDEAO, ont toutes passé le même message de réconciliation en différentes langues. Message, du reste appuyé par le Préfet N’zi Kangah Remi, Préfet de Région et Préfet du département de Gagnoa, qui a souhaité que cessent les railleries, les moqueries sur les marchés, entre les femmes. «Ayez le triomphe modeste», a-t-il dit aux femmes du RHDP. Il a ajouté que « quand nous aurons fini avec les railleries, la paix serait définitivement revenue dans la Cité du Fromager ». Quant au parrain de la cérémonie, Il a promis transmettre les doléances des femmes au Président de la République. Il les a exhortées à « Vivre ensemble » dans la paix avant de remercier les initiatrices de cette rencontre de réconciliation qui a réussi une mobilisation exceptionnelle des femmes de Gagnoa. « Merci à Mme Yoboué l’organisatrice de cette manifestation et notre sœur Adja Touré, Présidente des Rhdp qui a réussi le pari de la mobilisation à Gagnoa le 8 mars. Nous voulons la Réconciliation mais surtout dans la vérité. Avant, quand ton frère t’a fait du mal, à 5h du matin, tu frappes à sa porte et tu lui dis ce que tu penses. Redevenons comme les anciens Bété car, un Bété ne ment pas. A partir du moment où tu mens, tu n’es plus Bété », a-t-il conclu.

Le Mandat GUY TRESSIA
(Envoyé spécial à Gagnoa)

En exil à Malabo (Guinée Equatoriale) : Nady Bamba rentre à Abidjan en juillet

juin 20, 2011

Son plan dans le processus de réconciliation nationale

Après la levée des sanctions sur le gel de ses avoirs et l’interdiction de visa, la seconde épouse de Laurent Gbagbo s’apprête à regagner Abidjan dans le mois prochain.

La seconde épouse de l’ancien Président déchu, Laurent Gbagbo a décidé de venir jouer sa partition dans le processus de réconciliation, lancé par le Chef de l’Etat. Selon une source, la seconde épouse du ‘’Woody de Mama’’ a décidé de mettre fin à son exil de plusieurs mois dans la capitale de la Guinée Equatoriale, Malabo, pour regagner définitivement son pays natale.

Dans les préparatifs de son retour, Nady Bamba était la semaine dernière, au Ghana, où elle a rencontré l’un de ses proches, avec qui, elle a eu des échanges sur les conditions de son retour définitif. Nos sources révèlent que ses appartements et locaux sont en train d’être réhabilités pour l’accueillir dans les prochains jours. C’est une jeune femme meurtrie qui a quitté la Côte d’Ivoire le 2 décembre 2010, quelques heures avant la proclamation des résultats par le Président de la Cei Youssouf Bakayoko.

Voyant leur débâcle venir, Simone Gbagbo avait pris la campagne du second tour en main. La rupture entre le clan Nady composé majoritairement de «Nordistes» et le clan Gbagbo devient réalité.

Durant ce 2e tour, Gbagbo ne se rendra pas au Nord pour battre campagne. Simone Gbagbo, Affi N’Guessan (président du FPI), Assoua Adou (secrétaire aux Relations extérieures du FPI), Gossio Marcel, Blé Goudé, Marie-Odette Lorougnon (présidente des femmes du FPI), Geneviève Bro Grébé (Directrice nationale de campagne des femmes de LMP), Guy Labertit, etc. feront ressortir les slogans anti-nordistes du type «Ouattara fils d’immigré». Face à ce recentrage de la campagne autour des thèmes de l’Ivoirité, Nady et son clan composé de son oncle Kassoum Fadida (DG de petroci), Dossongui Koné (Patron du Groupe Atlantique, Air Ivoire, Banque Atlantique) et dans une moindre mesure de Laurent Dona Fologo, sont totalement éclipsés. En fait, sans vraiment en avoir conscience, Gbagbo venait d’être victime des profondes divisions qui, depuis de longues années, couvaient au sein de sa mouvance.

Son plan pour réunir Gbagbo et Ouattara

Nos informations révèlent que Nady a des liens familiaux et amicaux étroits avec certaines autorités actuelles. Elle compte mettre cela à profit pour jouer sa partition dans le processus de réconciliation. Pour le moment, seule Nady a le secret de sa feuille de route en main. Les sanctions de l’Union européenne (Ue) portant sur le gel de ses avoirs et l’interdiction de visa ont été levées. Le tribunal de la Cour de justice européenne à Luxembourg a estimé que l’Ue «n’a pas motivé de manière suffisante en quoi Nady Bamba a fait obstruction au processus de paix et de réconciliation en Côte d’Ivoire».

Nady Bamba, par ailleurs,Directrice du groupe de presse Cyclone, éditeur du quotidien pro-Gbagbo, le Temps et du magazine prestige Mag sera donc réhabilitée dans ses droits. La levée des sanctions contre elle étonne bien beaucoup d’Ivoiriens. D’autres se demandent ce qui pourrait bien motiver une telle décision de la part de la communauté internationale et des autorités. Ainsi donc, il ne sera pas impossible qu’avec elle, le Président de la République et son mari Laurent Gbagbo puissent se parler à nouveau après plusieurs mois de tension.

Depuis le refus de Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, malgré sa défaite, ses relations avec le Président Ouattara se sont complément détériorées pour aboutir à une situation de belligérance. Nady Bamba peut être la personne ressource pour rapprocher les deux personnes qui, dans le passé, ont partagé des idées communes. Après son audition, Laurent Gbagbo va certainement passer devant les tribunaux. Et s’il est coupable pour les faits qui lui sont reprochés, il paiera cash comme tous les citoyens dans une société régie par des lois.

Car, même si le Président de la République a décidé de faire de la réconciliation nationale, l’une de ses priorités, il n’est pas exclu qu’il rencontre Laurent Gbagbo et même de discuter avec lui. Cela permettrait,selon des observateurs, de motiver le retour des Ivoiriens qui sont encore terrés dans leurs tanières dans certains pays de la sous-région.

Le Mandat BENJAMIN SORO

Alpha Blondy, à sa sortie d’audience avec le Chef de l’Etat: « Je ne veux pas d’une réconciliation hypocrite »

juin 7, 2011

C’est un homme qui a déjà balayé devant sa propre maison, avant de songer à balayer devant celle des autres. Lui, c’est la star ivoirienne du Reggae, Alpha Blondy.

Sortant d’une audience à lui accordée hier, par le président de la République, au palais du Plateau, l’artiste a été sans détour. « Je ne veux pas d’une réconciliation empreinte d’hypocrisie. Car, la réconciliation ne veut pas dire qu’il faut laisser prospérer l’impunité. J’ai appelé Serges Kassy, je lui ai dit que la rumeur court que tu as distribué des armes. Si c’est le cas, appelle tous tes amis qui ont posé ce genre d’actes et vous demandez pardon d’abord. Car, je ne veux pas avoir dans ma caravane des gens qui n’ont pas imploré le pardon du peuple.» Le disant, Jagger répondait à la question de savoir si Gadji Céli et autres artistes se réclamant proches de LMP de Laurent Gbagbo, seraient associés au projet de caravane de la réconciliation qu’Alpha Blondy entend conduire sous les auspices du chef de l’Etat.

Parlant des relations entre lui et Tiken Jah Fakoly, l’artiste dit avoir fumé, déjà, le calumet de la paix avec son « jeune frère »: « Tiken m’a appelé, mais j’ai raccroché. Mais, le grand frère Alassane m’a dit de tout laisser tomber. Désormais, je pardonne tout à Tiken, j’efface de mon cœur toutes les blessures, je suis son aîné, les Ivoiriens ont besoin de vivre ensemble. Les petites querelles entre Tiken et Alpha n’apporteront rien au bien- être des uns et des autres.»

Au sujet des relations France-Côte d’Ivoire, Jagger salue l’action de l’armée française sous le mandat onusien : « Si Licorne et l’ONUCI n’avaient pas appliqué la Résolution de l’ONU, ce serait un génocide comme au Rwanda.»

Pour la réussite de la caravane, Alpha dit être en contact avec Tiken Jah, A’Salfo, Monique Séka, Beta Simon et bien d’autres stars ivoiriennes.

Le Patriote JAD