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UA : Moussa Faki Mahamat reconduit à la tête de la Commission, Félix Tshisekedi prend la présidence

février 7, 2021
Félix-Antoine Tshisekedi a reçu en audience Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, le 3 décembre 2020.

Au premier jour de son sommet en visioconférences, l’Union africaine a reconduit à sa tête le Tchadien Moussa Faki Mahamat, en plein débat sur la lutte contre le Covid-19 et l’approvisionnement vaccinal du continent.

« Profondément honoré par ce vote de confiance historique et écrasant », a commenté sur twitter Moussa Faki Mahamat, réélu en fin d’après-midi par 51 États membres sur 55. Il se voit reconduit pour un mandat de quatre ans à la tête de la Commission de l’Union africaine, organe exécutif et institution clé de l’organisation panafricaine.

Au passage, il a félicité Monique Nsanzabaganwa, vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, élue son adjointe à la tête de la Commission.

Ancien Premier ministre du Tchad, Moussa Faki Mahamat était seul candidat à sa succession, et faisait face à des accusations -qu’il rejette- « d’une culture de harcèlement sexuel, de corruption et d’intimidation au sein de la commission », selon une récente note de l’International Crisis Group (ICG).

Certains États s’étaient également inquiétés du respect du secret de ce vote organisé à distance et par internet.

« Nationalisme vaccinal »

Organisé exceptionnellement en ligne pour éviter toute contamination, ce sommet se déroule exactement un an après la détection d’un premier cas de Covid-19 en Égypte. À l’époque, l’arrivée de l’épidémie sur le continent avait fait craindre une explosion des fragiles systèmes de santé africains, un scénario apocalyptique qui ne s’est pas réalisé.

L’Afrique reste pour l’instant relativement épargnée, avec 3,5% des cas et 4% des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’UA (Africa CDC).

Mais de nombreux pays sont actuellement confrontés à une seconde vague préoccupante et ont du mal à accéder aux vaccins, alors qu’à raison de deux doses par personne, l’Afrique aura besoin d’1,5 milliard de doses pour vacciner 60% de ses environ 1,3 milliard d’habitants.

« Cette maladie a provoqué beaucoup de souffrance et de difficultés sur notre continent », a déclaré le chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, président sortant de l’UA, dans son discours d’ouverture, soulignant que l’urgence sanitaire se doublait d’une « grave crise économique et sociale ».

Les dirigeants africains se montrent de plus en plus agacés face à la course effrénée aux vaccins, dans laquelle ils partent avec un lourd handicap.

Dans une récente interview, Moussa Faki Mahamat a dénoncé le « nationalisme vaccinal » et les « pays riches qui s’arrogent la priorité, certains pré-commandant même plus que ce dont ils ont besoin ».

« Sortir des salles de réunion »

Les débats à huis clos ont démarré par une intervention de Cyril Ramaphosa sur les actuels efforts africains face à la pandémie. Dans son discours il a également appelé le Fonds monétaire international (FMI) à débloquer de nouvelles ressources « pour corriger l’inégalité flagrante des mesures de relance fiscales entre les économies avancées et le reste du monde ».

Son successeur à la présidence tournante annuelle de l’organisation, son homologue de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, s’est engagé à rendre l’UA plus pertinente en la « faisant sortir des salles de réunion ».

Félix Tshisekedi a exposé un programme ambitieux portant à la fois sur la lutte contre la changement climatique, les violences sexuelles, la promotion de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), ou encore le méga-projet de barrage hydro-électrique Inga dans son pays.

Autre enjeu -interne celui-là- à l’UA, le Nigérian Bankole Adeoye a été élu la tête d’un super département regroupant les Affaires politiques, et le département Paix et sécurité. Il devrait jouer un rôle crucial, aux côtés de Moussa Faki Mahamat, pour tenter de régler de nombreuses crises africaines que l’UA est accusée de négliger.

Le Conseil de Paix et de Sécurité n’a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ou l’essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

La crise au Tigré qui secoue depuis trois mois l’Éthiopie, qui abrite le siège de l’UA, fait elle partie des dossiers les plus sensibles.

Dès le déclenchement des combats début novembre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d’Addis-Abeba et les autorités dissidentes du Tigré, une région du nord de l’Éthiopie. Mais le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a refusé toute médiation de l’UA dans une opération « de maintien de l’ordre » relevant de la souveraineté nationale.

Ce sommet coïncide également avec l’annonce d’une nouvelle politique diplomatique des États-Unis par Joe Biden, qui souhaite renouer des liens avec les institutions multilatérales, notamment l’Union africaine.

Par Jeune Afrique avec AFP

La Côte d’Ivoire se cherche un gouvernement plus jeune et féminin

janvier 6, 2016

Le premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan, qui avait présenté sa démission ainsi que celle de son gouvernement mercredi matin, a été reconduit à son poste dans l’après-midi par le président Ouattara. Celui-ci veut plus d’efficacité pour son deuxième mandat.

Le président a chargé Daniel Kablan Duncan « de lui proposer, dans les meilleurs délais, un nouveau gouvernement », a annoncé le secrétaire général de la présidence Amadou Gon Coulibaly. De source proche de la présidence, ce gouvernement, rajeuni et avec plus de femmes, devrait être dévoilé en début de semaine prochaine.

« La mise en place » d’un nouveau gouvernement « dans les tous prochains jours (…) aura comme objectif une plus grande cohésion pour plus d’efficacité dans l’action gouvernementale », a déclaré Alassane Ouattara dans la matinée avant le début de ce qui devait être le premier conseil des ministres de l’année.

Remaniement attendu
Ce remaniement gouvernemental était attendu depuis plusieurs semaines en Côte d’Ivoire, qui a récemment retrouvé sa place de premier producteur mondial de cacao et de poids lourd économique d’Afrique de l’Ouest après une décennie de troubles.

Economiste ayant travaillé comme M. Ouattara à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), M. Duncan, 73 ans, est un cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-chef de l’Etat Henri Konan Bédié, le principal allié de M. Ouattara.

Kablan Duncan, qui a su gagner la confiance du président, avait été nommé premier ministre le 21 novembre 2012. M. Ouattara avait reconduit son gouvernement après avoir été facilement réélu dès le premier tour le 25 octobre dernier pour un second mandat, louant son travail et ses réalisations. Mais il avait en même temps confié à plusieurs reprises vouloir « rajeunir » l’équipe gouvernementale et y intégrer plus de femmes.

Le nouveau gouvernement devra s’atteler à la construction d’une « Côte d’Ivoire nouvelle », selon l’expression du président Ouattara. Il a promis lors de son investiture de renforcer le processus de réconciliation, de mieux redistribuer les richesses, de lutter contre le chômage des jeunes et de rédiger une nouvelle Constitution qui devra être approuvée par voie référendaire.

Démission formelle
Mercredi matin, M. Ouattara a « félicité » le premier ministre pour sa « compétence », son « leadership » et son « action à la tête du gouvernement » et les autres membres du gouvernement « pour la bonne conduite des affaires de l’Etat ».

Auparavant, M. Duncan avait brièvement pris la parole. « Vous avez exprimé votre volonté d’insuffler une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale en procédant au réaménagement du gouvernement pour davantage d’efficacité dans la prise en charge des préoccupations essentielles de nos concitoyens ». « Conformément, donc à cette préoccupation, et, à l’entame de votre deuxième mandat, je voudrais comme le veut la tradition, vous présenter ma démission ».

Le gouvernement sortant, qui a été chargé « d’expédier les affaires courantes » dans l’attente du nouveau, était très politique, avec des personnalités des diverses formations de la coalition ayant amené Ouattara au pouvoir, tout en comprenant quelques postes-clés pour des technocrates.

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