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Côte d’Ivoire: l’ONU redoute de nouvelles attaques venues du Liberia

juin 28, 2013

NEW YORK (Nations unies) – Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon redoute de nouvelles attaques menées en Côte d’Ivoire par les partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo à partir du Liberia, dans un rapport vendredi au Conseil de sécurité.

Tout en soulignant les progrès remarquables accomplis par le gouvernement d’Alassane Ouattara, M. Ban l’invite dans ce rapport à améliorer le respect des droits de l’homme et à accélérer la démobilisation des ex-combattants.

La sécurité le long de la frontière avec le Liberia reste précaire et représente une menace pour la Côte d’ivoire et le Liberia ainsi que pour la sous-région, affirme le rapport. Il parle de la persistance de réseaux affiliés à l’ancien régime et visant à déstabiliser le gouvernement, de la présence signalée de mercenaires, d’ex-combattants et d’autres éléments armés dans la zone frontalière avec le Liberia.

Certaines informations, ajoute M. Ban, continuent de faire état de la possibilité que de nouvelles attaques transfrontalières soient en préparation avec le soutien d’Ivoiriens liés à l’ancien régime vivant au Liberia et de mercenaires libériens, et un financement venant de l’étranger.

Parmi les menaces qui pèsent sur le pays, M. Ban cite aussi le transfert illégal d’éléments armés et d’armements vers la zone frontalière avec le Liberia, le crime organisé et des tensions entre les communautés à propos des terres agricoles.

La région ouest de la Côte d’Ivoire frontalière du Liberia a été la zone la plus meurtrie durant la crise postélectorale de 2010-2011, qui avait fait quelque 3.000 morts dans le pays. Elle a été ces derniers mois la cible d’attaques meurtrières menées par des groupes venus du Liberia. L’une d’entre elles avait provoqué en juin 2012 la mort de sept Casques bleus.

Malgré des progrès initiaux, le processus de désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants marque le pas, estime aussi l’ONU. A la date du 10 juin, 5.973 ex-combattants avaient été désarmés et démobilisés alors que le gouvernement ivoirien prévoit d’en démobiliser 65.000 en deux ans, dont 30.000 d’ici fin 2013.

Le respect des droits de l’homme reste un motif de préoccupation pour M. Ban. Selon la mission de l’ONU sur place (ONUCI), entre janvier et juin, au moins onze personnes ont été tuées et 20 torturées, quatre sont portées disparues et 65 ont été arrêtées de manière arbitraire par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée) et des Dozo (chasseurs traditionnels).

Les autorités n’ont que rarement pris des mesures disciplinaires contre les responsables et aucun n’a encore été poursuivi en justice, souligne le rapport, qui parle d’une impression d’impunité.

M. Ban se dit encouragé par l’amélioration de la sécurité et par la croissance économique du pays et félicite le président Ouattara de ses efforts. Mais il prévient qu’il faudra faire davantage pour que la Côte d’Ivoire sorte définitivement de la période des crises.

Romandie.com avec (©AFP / 28 juin 2013 21h18)

Congo/Élections législatives: La tension monte de Gamboma à Pointe-Noire

juillet 18, 2012

Pendant que se poursuivent les opérations de dépouillement relatives aux élections législatives de dimanche dernier, la tension monte dans plusieurs régions du pays et des violences se vérifient dans les villes où l’enjeu politique est le plus haut.

À Gamboma, fief du candidat de l’Alliance pour la république et la démocratie (Ard, opposition), Mathias Dzon, les troubles ont causé trois blessés. L’opposant s’est présenté au scrutin contre Hugues Ngouélondélé, maire de Brazzaville et gendre du président Denis Sassou Nguesso.

“Les gens sont allés massivement voter pour Dzon, et comme par hasard, de nombreuses urnes ont disparu. Quand on dit qu’en République du Congo, l’organisation des élections n’est pas à la hauteur. Ce qui s’est produit à Gamboma prouve l’improvisation de la commission électorale”, dit à la MISNA une source religieuse anonyme. Après plusieurs heures de tensions dérivées de la disparition des urnes et de dénonciations de fraudes électorales, la situation est revenue à la normale dans l’attente de la diffusion des résultats.

À Pointe-Noire, de grands risques de fraudes sont signalés, notamment dans la circonscription de Mvou-Mvou 1. “Nous sommes assis sur une bombe à retardement : les jeunes fermentent et l’on redoute que la situation ne dégénère si les résultats ne s’avèrent pas conformes aux attentes”, indique à la MISNA père Benjamin Samanou, professeur de philosophie au Grand Séminaire de Brazzaville. Les manipulations des listes électorales et les problèmes logistiques relevés sont toutefois de nature à altérer l’issue du scrutin. “Il existe des preuves qui discréditent complètement la commission électorale. D’une manière générale, les gens n’ont plus confiance dans le Parti congolais du travail (Pct, au pouvoir), c’est pourquoi les candidats du Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (Rdps) devraient l’emporter dès le premier tour”, poursuit l’interlocuteur de la MISNA. À l’instar de la plupart du reste du pays, l’affluence à Pointe-Noire s’est avérée très réduite, hormis dans certaines circonscriptions plus politiquement “engagées”. “Bizarrement, il y a des personnes qui ont même voté aujourd’hui dans certains bureaux de vote. Les gens s’interrogent car tout le monde était convaincu que les urnes étaient dûment fermées partout depuis dimanche soir”, ajoute père Samanou.

Les élections législatives de dimanche dernier n’ont pas pu avoir lieu dans quatre circonscriptions : trois à Brazzaville, en raison de l’explosion du dépôt de munitions de Mpila en mars dernier, et celle de Vindza, dans le département de Pool (centre). Le scrutin a également été annulé dans trois sièges de Pointe-Noire ainsi que dans trois autres de la circonscription de Cuvette Ouest, officiellement pour assurer la transparence des opérations de vote.

Tout en soulignant le désintérêt total pour les élections de la plupart de la population, les observateurs électoraux détachés sur place ont jugé le scrutin de dimanche globalement serein. Pour l’Observatoire congolais des Droits de l’homme (Ocdh), l’affluence des électeurs n’aurait pas dépassé 15% des inscrits.

La commission électorale a annoncé mardi matin que les résultats ne seraient pas divulgués avant le 18 juillet.

Le Pct gouverne le pays et contrôle la plupart des institutions depuis 1979.

(VV/CN)

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RDC : guerre des chefs dans l’opposition

juin 13, 2012

Vital Kamerhe et Samy Badibanga, deux acteurs influents de la scène politique congolaise, se disputent le poste de porte-parole de l’opposition.

Qui de Vital Kamerhe, le leader de l’Union pour la nation congolaise arrivé troisième à la présidentielle de novembre 2011, ou de Samy Badibanga, proche conseiller d’Étienne Tshisekedi, le vieux chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social, sera élu ce mois-ci porte-parole de l’opposition (poste prévu par la Constitution de la RD Congo) ? Le premier mise sur son passé de président de l’Assemblée nationale, puisque ce sont les députés et les sénateurs qui votent. Le calcul du second est arithmétique : avec une bonne cinquantaine de sièges à l’Assemblée, son parti dispose du plus important groupe parlementaire de l’opposition. Autre atout pour Badibanga : depuis sa cellule de la Cour pénale internationale, à La Haye, Jean-Pierre Bemba, l’autre « boss » de l’opposition, fait campagne contre Kamerhe, dont il redoute la concurrence lors de la présidentielle de 2016.

Jeuneafrique.com

Manifestations en Egypte contre l’armée, à l’approche de la présidentielle

mai 4, 2012

Des milliers d’Egyptiens sont descendus dans les rues du Caire et d’Alexandrie vendredi pour protester contre l’armée au pouvoir, après que des heurts meurtriers près du ministère de la Défense mercredi eurent fait monter la tension à l’approche de la présidentielle.

Au Caire, les manifestants se sont rassemblés sur la place Tahrir dans le centre-ville, ainsi qu’un peu plus loin, dans le quartier d’Abbassiya, à proximité du ministère.

L’armée, qui a émis jeudi de fermes avertissements de ne pas menacer les bâtiments militaires, a déployé des troupes et installé des barrages de barbelés pour protéger le bâtiment.

Ces manifestations sont soutenues par plusieurs mouvements pro-démocratie ainsi que par des organisations islamistes comme les Frères musulmans, première force politique du pays.

Une manifestation a également eu lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays et fief islamiste, a constaté un photographe de l’AFP.

L’Egypte a déjà connu de nombreuses manifestations, parfois meurtrières, contre le pouvoir militaire depuis la chute de M. Moubarak en février 2011 et la prise de contrôle du pays par le Conseil suprême des forces armées (CSFA).

Mercredi, des affrontements entre des manifestants réunis à proximité du ministère de la Défense et des assaillants en civil ont fait 9 morts selon les autorités, vingt selon des sources médicales.

De nombreux manifestants venus défiler vendredi exprimaient la crainte de voir l’armée manipuler l’élection présidentielle historique dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai.

« Nous ne voulons plus du CSFA, nous ne lui faisons pas confiance, il suit l’exemple de Moubarak », affirmait Mohammed Badawi, membre de la « Coalition des jeunes de la révolution », venu de la ville d’Ismaïliya, sur le canal de Suez, pour manifester dans la capitale.

Un manifestant originaire de Mansourah, dans le delta du Nil, Ahmed Gamal, redoute de voir les élections « truquées ».

« Après la révolution, nous aurions dû avoir une commission électorale intègre. A la place, nous en avons une corrompue », affirme-t-il.

Treize candidats sont en compétition, après que dix autres aient vu leur candidature invalidée.

Le Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays, a promis jeudi que cette élection serait « 100% honnête et transparente » et rappelé son engagement de revenir à un pouvoir civil avant la fin juin, dès que le nouveau chef de l’Etat aura été élu.

« Nous sommes engagés à assurer des élections 100% honnêtes », a déclaré le général Mohammed al-Assar, membre du Conseil militaire, lors d’une conférence de presse. « La transparence de l’élection ne fait pas de doute », a-t-il ajouté.

« Nous ne soutenons aucun candidat », a-t-il aussi déclaré, en assurant « qu’il n’y aura pas de falsification de la volonté du peuple de nouveau », en allusion aux pratiques du temps de M. Moubarak.

Le CSFA a dans le même temps fermement prévenu qu’il ne tolèrerait aucune atteinte aux bâtiments de l’armée, « qui sont un symbole de l’honneur militaire et du prestige de la nation ».

Deux des principaux candidats sont des anciens du régime de Hosni Moubarak: l’ex-ministre des Affaires étrangères et ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, et le dernier Premier ministre du régime déchu Ahmad Chafiq.

Le camp islamiste est principalement représenté par un candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, et un dissident de la confrérie, Abdel Moneim Aboul Foutouh, soutenu par un large éventail politique allant des salafistes à des jeunes militants pro-démocratie.

Jeuneafrique.com avec AFP
 
 

Avec les sanctions, les Maliens redoutent une nouvelle tragédie

avril 3, 2012

En prenant des sanctions économiques et financières pour forcer  les putschistes à quitter le pouvoir au Mali, les dirigeants ouest-africains  « nous mènent à l’abattoir », lâche Bôh, 29 ans, qui, comme beaucoup à Bamako,  redoute une tragédie en plus de la guerre.

« On est face à l’avancée des rebelles » et des islamistes qui contrôlent le  nord du Mali, « on est dans la précarité économique et ils nous mettent cet  embargo », déclare à l’AFP Bôh Diallo, comédien et animateur de télévision.

Lors d’un sommet lundi à Dakar, les chefs d’Etat de la Communauté économique  des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont décidé d’un « embargo total » contre  la junte militaire ayant renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré  (ATT).  Une mise en application de menaces annoncées lors d’un précédent sommet  sur la crise malienne le 29 mars à Abidjan, qui avaient déjà suscité des  inquiétudes dans ce pays sahélien de plus de 15 millions d’habitants, enclavé et  essentiellement approvisionné à partir d’Etats voisins côtiers.

« Je suis contre les sanctions de la Cédéao.  Ce n’est pas solidaire, et ce  n’est pas contre la junte mais c’est pour tuer les Maliens.  Ils nous mènent à  l’abattoir, nous.  Ca va être une autre tragédie! », s’énerve M.  Diallo.

Son sentiment est généralement partagé par des Maliens de tous bords.  Parmi  eux, ceux qui se disent distants de toute la classe politique comme des  putschistes, et ont créé lundi à Bamako « les Sofas de la République » – les  Sofas, guerriers ancestraux – pour pousser au dialogue et « sauver le Mali  d’abord ».

Pour Alioune Ifra Ndiaye, entrepreneur culturel, « c’est vraiment dommage » et  « ça va peut-être radicaliser la situation à l’intérieur », déjà peu reluisante  avec les attaques des groupes armés et la crise politique née du putsch.

« La situation est chaotique et il y a une urgence, c’est de sortir de  l’impasse », dit Ndiaye, 40 ans, pour qui le départ des putschistes du pouvoir,  réclamé par les pays ouest-africains, pourrait être une solution.  Il appelle à  « saisir la perche tendue par la Cédéao ».

« Indécent »

Cheick Oumar Sissoko, cinéaste réputé qui fut un ministre du président Touré  puis un de ses opposants radicaux et aujourd’hui membre d’un mouvement  pro-junte, s’emporte.

« Je suis vraiment surpris par ces sanctions.  La Cédéao va trop vite en  besogne, c’est incompréhensible ».  « Dans la situation de crise actuelle, c’est  même un peu indécent de parler de respect de la Constitution et d’oublier  l’essentiel: ce qui est en train de se passer dans le Nord », juge Sissoko,  réalisateur notamment de « Guimba, un tyran, une époque » et « La Genèse ».

« Ils (les assaillants armés) sont en train de casser, tuer, égorger! En plus,  il y a ces déplacés et réfugiés », sans compter « la catastrophe alimentaire en  cours.  Il y a une tragédie qui est en train de se jouer, et on veut sauver la  tête d’un homme », ajoute-t-il, allusion au président renversé.

Pour Siaka Diakité, syndicaliste et responsable d’un mouvement anti-junte, la  décision de la Cédéao est « inopportune », car elle fera « souffrir les populations  maliennes ».

« Tous ces décideurs-là ne pensent pas à nous, et c’est nous qui souffrons.   J’espère qu’ils vont voir les choses entre eux et s’entendre, parce que la vie  est vraiment dure », dit Mariétou Diaby, vendeuse de « tchôkon » (pois sucrés) sur  le trottoir d’une grande artère du centre-ville.

Depuis le putsch, elle peine à gagner en trois jours sa recette d’une  journée.  « Si cela devient encore plus difficile, ce sera l’équivalent de la  mort.  Je prie Dieu de nous venir en aide », dit-elle, s’abritant du soleil  derrière un morceau de pagne.

Jeuneafrique.com avec AFP