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Francophonie : Louise Mushikiwabo confirmée pour un nouveau mandat

novembre 20, 2022

La secrétaire générale de l’OIF a été reconduite dans ses fonctions, non sans avoir fait souffler à Djerba un vent de renouveau sur le 18e sommet de l’institution.

Louise Mushikiwabo, à Paris, le 9 novembre 2022. © JOEL SAGET / AFP

Pour introduire son discours d’inauguration, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a choisi de citer Flaubert. Dans Salammbô, le romancier français présente Djerba, en Tunisie, où se tient le 18e sommet de l’OIF, les 19 et 20 novembre, « comme une île merveilleuse, où l’air est si doux qu’il empêche de mourir… ».

De fait, l’institution francophone a de beaux jours devant elle, puisque c’est un véritable vent de renouveau qu’a tenu à incarner la secrétaire générale de l’OIF durant les deux jours de cet événement.

Protocole bousculé

Fidèle à ses promesses, elle a considérablement bousculé le protocole habituel des précédents sommets. Après l’accueil officiel de chaque participant par le président tunisien, Kaïs Saïed, et la patronne de l’OIF, suivie de la traditionnelle photo de famille, seuls les chefs d’État du pays hôte (la Tunisie donc) et de son prédécesseur (l’Arménie), ainsi que la secrétaire générale elle-même, ont pris la parole pour donner le coup d’envoi officiel de l’événement, là où habituellement chaque chef de délégation avait droit à son intervention.

Une brièveté heureuse pour le bon déroulé de la journée, d’autant que celle-ci avait démarré avec un certain retard en raison du blocage inexpliqué du président Emmanuel Macron sur le tarmac de l’aéroport international de Djerba pendant plus d’une demi-heure. Arrivé le matin même en provenance directe de Bangkok, où il avait assisté pendant deux jours à un autre sommet, celui de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec), le chef de l’État français a montré sa satisfaction de retrouver la grande famille francophone, comme en témoigne sa franche accolade avec Louise Mushikiwabo à la sortie de la grosse berline qui l’amenait de l’aéroport.

Vote à l’unanimité

La matinée a été consacrée à la présentation du rapport d’activités de la secrétaire générale, suivie de la première séance plénière sur le numérique, thème officiel de ce 18e sommet. Le reste de la journée s’est ensuite déroulé loin des yeux et des oreilles des médias internationaux, pourtant venus en nombre à Djerba. Pris par un programme très dense, les chefs de délégation n’ont donc pas eu le temps de faire la moindre déclaration, avant de se retrouver l’après-midi pour deux séances à huis-clos, la première consacrée à la Francophonie du futur, la seconde à l’élection du secrétaire général.

Rien n’a filtré du premier huis-clos, alors que le résultat du deuxième était déjà connu d’avance puisque Louise Mushikiwabo était seule candidate à sa succession. Elle a été reconduite à l’unanimité et sous les acclamations des représentants des différentes délégations, semble-t-il conquis par les résultats qu’elle leur avait présentés dans la matinée. Cette dernière réunion a également confirmé la rumeur selon laquelle le 19e sommet de l’organisation se tiendra bien à la fin de l’année 2024 en France.

Aparté Macron-Kagame

Si cette première journée semble s’être « parfaitement déroulée », pour reprendre l’expression utilisée durant sa conférence de presse par la porte-parole de l’organisation, Oria Vande Weghe, elle a néanmoins été marquée par le refus du Premier ministre de la RD Congo, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, d’apparaître sur la photo de famille aux côtés du président rwandais, Paul Kagame.

Nul doute que la crise actuelle entre les deux pays a été au cœur des discussions entre le président rwandais et Emmanuel Macron. Les deux hommes se sont en effet entretenus en marge du sommet, lors d’un aparté d’une vingtaine de minutes qui n’était initialement pas prévu par les équipes du président français.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin – Envoyé spécial à Djerba

Oria Kije Vande Weghe (OIF) : « Non, Louise Mushikiwabo ne manœuvre pas pour faciliter sa réélection »

juin 5, 2022

L’OIF tient à répondre aux critiques concernant l’élection de son prochain secrétaire général. Laquelle est toujours prévue lors d’une réunion en présentiel à Djerba.

Louise Mushikiwabo. © OIF

Jeune Afrique : certains détracteurs de Louise Mushikiwabo estiment que celle-ci joue avec le calendrier pour faciliter sa réélection en novembre prochain ? Que répondez-vous ?

Non, Louise Mushikiwabo ne manœuvre pas en sous-main pour faciliter sa réélection à la tête de l’OIF. Comme Jeune Afrique l’affirmait récemment dans ses colonnes, les modalités concernant l’élection du secrétaire général de l’institution ont bien été au cœur des discussions de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) qui s’est tenue le 23 mai 2022 à Paris. Le délai de l’appel à candidature a été ramené à cette occasion à six mois au lieu de douze comme prévu par la procédure d’élection du règlement unique, adopté pour la première fois dans l’histoire de l’OIF le 16 mars dernier, dans le cadre de la transformation institutionnelle lancée par la secrétaire générale.

Cette décision n’a pas été prise pour empêcher toute concurrence, comme l’ont estimé un peu tôt certains, mais bien pour tenter de respecter au mieux les toutes nouvelles procédures, tout en tenant compte des impératifs du calendrier. Surtout, ce sont les ministres des pays membres qui ont décidé, après un débat à huis clos auquel n’assistait pas la secrétaire générale, et à l’unanimité, de raccourcir de six mois le délai réglementaire pour que les élections puissent bien se dérouler en marge du prochain sommet.

Ce qui signifie que le prochain sommet de Djerba sera bien électif ?

Oui, contrairement à ce qui était prévu à l’origine en 2020. Mais depuis cette date, le sommet a été reporté par deux fois et en novembre prochain, Louise Mushikiwabo aura, selon ce que prévoit la Charte de la Francophonie, terminé le mandat de quatre ans pour lequel elle avait été élue en 2018, sans possibilité de prolonger son mandat. Faute de sommet à la mi-mandat il y a deux ans, ce qu’ont eu ses prédécesseurs, la secrétaire générale aura pour la première fois depuis sa nomination l’occasion de faire le bilan de son action, en ce qui concerne notamment la réorganisation interne de l’OIF et l’impact de celle-ci sur l’échiquier mondial, dont elle a fait ses priorités.

Comment va se dérouler cette élection ?

Suivant la toute nouvelle procédure, pour la première fois, le secrétaire général de l’OIF ne sera pas désigné de manière discrétionnaire mais sur la base d’un appel à candidatures, et d’une audition de chaque candidat par les ministres de la CMF qui en ont fixé la date au 6 octobre. La désignation elle-même ne se fera plus par consensus mais bien après un vote à la majorité simple. Plusieurs pays, prenant acte du bouleversement de l’agenda ces deux dernières années, semblaient envisager un temps une reconduction automatique de Louise Mushikiwabo, avant que cette solution de compromis n’émerge, pour permettre aux pays qui le souhaitent de présenter leurs candidats.

À commencer par l’actuelle secrétaire générale ?

Elle ne fait pas mystère de « sa disponibilité » pour poursuivre ses fonctions pour un nouveau mandat afin de poursuivre le travail qu’elle a entamé. Mais elle doit attendre, là encore pour des questions de procédures, que son pays la désigne officiellement. Ce qui pourrait intervenir dès les toutes prochaines semaines. Elle sera alors, comme les autres postulants, auditionnée avant la tenue du sommet.

Lequel est toujours prévu à Djerba ?

Oui, le sommet se tiendra bien à Djerba, en présentiel, les 19 et 20 novembre, malgré les réserves que posent certains pays membres face à la situation politique interne à la Tunisie.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

France-Réélection d’Emmanuel Macron : comment les chefs d’État africains ont-ils réagi ?

avril 25, 2022

Tour d’horizon des principales réactions à la reconduction au pouvoir de celui qui, en 2017, nourrissait beaucoup d’ambitions pour le continent.

Le président ivoirien Alassane Ouattara et Emmanuel Macron au Forum de Paris sur la paix. world leaders at Inaugural dinner for the Paris Peace Forum. Alassane Ouattara, president de Cote d’Ivoire, Emmanuel Macron, president de la Republique francaise/ © Eric TSCHAEN-POOL/SIPA

Dimanche 24 avril, Emmanuel Macron a été réélu avec 58,6% des voix pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de la France face à Marine Le Pen, la candidate de l’extrême droite, qui réalise tout de même un score historique :  41,4%.

Communiqués officiels, tweets… Les réactions se multiplient sur le continent et permettent d’illustrer assez fidèlement l’état des relations diplomatiques entre Paris et les capitales africaines.

Abidjan, Kigali, Niamey, Dakar ne cachent pas leur joie

Sans surprise, les pays avec lesquels Emmanuel Macron entretient de bonnes relations n’ont pas tardé à réagir. À Dakar, le président Macky Sall, également à la tête de l’Union africaine, a « félicité chaleureusement le président Emmanuel Macron pour sa victoire », en lui adressant ses « meilleurs vœux de succès dans l’exercice de son second mandat ». Même ton à Libreville, où le président Ali Bongo Odimba a salué la « brillante réélection » de son homologue et exprimé sa volonté de « construire l’avenir » ensemble.

Le Nigérien Mohamed Bazoum salue quant à lui le nouveau mandat « d’un partenaire précieux dans le combat contre le terrorisme » et « son expérience des sujets internationaux en général et du Sahel en particulier ». L’enjeu est de taille pour Niamey, dont Emmanuel Macron a décidé de faire sa nouvelle place forte dans la région après le départ des troupes françaises du Mali.

Mêmes éloges en Côte d’Ivoire, où le président Alassane Ouattara a adressé ses « chaleureuses félicitations au président pour sa réélection », affirmant se « réjouir de poursuivre avec lui le renforcement des liens d’amitié et de coopération » entre leurs deux pays.

Réaction enthousiaste également à Djibouti. Dans un communiqué officiel publié immédiatement après la victoire d’Emmanuel Macron, s’adressant à « Monsieur le président et Cher ami », Ismaïl Omar Guelleh exprime ses « félicitations chaleureuses » à l’occasion de sa « brillante réélection », ainsi que ses « sincères remerciements » en raison de ses « engagements maintes fois démontrés au service de l’Afrique ».

Aucune voix pour Le Pen au Rwanda

Au Rwanda, Paul Kagamé a sans doute suivi les déclarations des candidats français sur les questions mémorielles. Si depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron a multiplié les efforts pour tenter d’apaiser la relation entre les deux pays, son adversaire, Marine Le Pen, a pour sa part affirmé à plusieurs reprises vouloir mener une politique de « non repentance ».  C’est donc sans véritable surprise que le président Kagamé a félicité son homologue pour sa réélection, qu’il juge « bien méritée » et qu’il décrit comme le « fruit » d’une « vision et d’un leadership cherchant à unifier et non à diviser ». À noter : Marine Le Pen n’a recueilli aucune voix au Rwanda.

Au Togo, les « chaleureuses félicitations » de Faure Essozimna Gnassimbé ont été nuancées par la déclaration de son ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, qui a déclaré « attendre beaucoup plus de consultations, de discussions avec les dirigeants africains ».

Silence radio au Mali, en Guinée et au Burkina Faso

Il est néanmoins des capitales qui n’ont dit mot. Silence radio à Bamako, Conakry et Ouagadougou, où des colonels sont au pouvoir. Depuis les putschs intervenus ces deux dernières années dans ces trois pays, les relations avec la France se sont notablement dégradées. Bamako est même devenue ouvertement anti-française.

Ces derniers mois, le ton n’a cessé de monter, suscitant le désengagement militaire de la France,  l’expulsion de l’ambassadeur français au Mali et la conclusion d’un contrat entre la société de mercenaires russe Wagner et le Mali. Un rapprochement qui a provoqué la colère du gouvernement d’Emmanuel Macron, mais qui n’a sans doute pas déplu à la russophile Marine Le Pen. Décidément, le temps où Emmanuel Macron avait choisi Ouagadougou pour prononcer son premier discours de politique africaine semble lointain. 

Scénario comparable au Maghreb

Au Maghreb, les relations ambivalentes qu’entretiennent le président français et les autorités algériennes et, dans une moindre mesure, marocaines expliquent sans doute l’absence de réaction officielle à ce stade.

Pour rappel, lors d’une conférence de presse organisée dans l’entre-deux tour de l’élection présidentielle sur le thème de la politique internationale, Marine Le Pen avait eu l’occasion d’exposer sa vision des relations avec l’Afrique. Elle s’était notamment attardée sur l’Algérie, avec laquelle elle avait affirmé vouloir mener un dialogue « clair et décomplexé » et une politique « exactement inverse » de celle de son concurrent. C’est d’ailleurs en Algérie que la candidate avait enregistré son plus mauvais score à l’étranger en 2017, avec 3,36% des votes.

À Rabat où le premier mandat du président français a été ponctué de hauts et de bas, aucune réaction n’a été enregistrée pour l’instant, tout comme à Tunis.

Cela contraste avec la Mauritanie où le président de la République, Mohamed Ould Ghazouani a publié un vibrant message. Ce dernier a exprimé ses « chaleureuses félicitations » suite à une « brillante victoire à l’élection présidentielle française », ainsi que sa volonté de continuer à « conjuguer les efforts pour la réalisation des grands idéaux de justice et d’égalité qui fondent la culture entre les deux peuples ».

Avec Jeune Afrique par Soufiane Khabbachi

Centrafrique : la réélection de Faustin-Archange Touadéra validée par la Cour constitutionnelle

janvier 18, 2021
Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, le 27 décembre 2020, jour de l’élection présidentielle.

La victoire de Faustin-Archange Touadéra, proclamée par l’Autorité nationale des élections (ANE), a été validée par la Cour constitutionnelle. Les recours de l’opposition, qui invoquait des « fraudes massives », ont été rejetés.

C’est dans un contexte sécuritaire très tendu que la Cour constitutionnelle a validé, lundi 18 janvier, la réélection de Faustin-Archange Touadéra, avec 53,16% des voix. Les résultats provisoires, proclamés le 4 janvier par l’ANE, donnaient le chef de l’État vainqueur avec 53,92 % des suffrages, devant Anicet-Georges Dologuélé, de l’Union pour le renouveau en Centrafrique (Urca), et Martin Ziguélé, du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), arrivé troisième.

« C’est une grande victoire pour la démocratie, se réjouit Simplice Mathieu Sarandji, directeur de campagne de Touadéra. Cela prouve que le choix du peuple est respecté par les juges constitutionnels ».

La proclamation des résultats définitifs a été faite par Danièle Darlan, présidente de la Cour constitutionnelle, qui a jugé « irrecevables » les recours en annulation du processus électoral déposés par 13 des 16 candidats de l’opposition, qui dénonçaient des « fraudes massives » lors du scrutin.

La proclamation de ces résultats étaient initialement attendue le 19 janvier. Mais selon une source sécuritaire, la Cour constitutionnelle a justifié l’avancement de sa décision par les conditions sécuritaires du pays. Depuis mi-décembre, six groupes armés qui occupaient les deux-tiers de la Centrafrique se sont en effet alliés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), qui a largement perturbé la tenue du scrutin avant de mener une offensive sur Bangui, qui a été repoussée par les forces armées centrafricaines, soutenues par la Minusca et des militaires russes et rwandais.

« C’est un jour de deuil »

Pour l’opposition, réunie au sein de la coalition de l’opposition démocratique (COD-2020), l’arrêt de la Cour « est une décision politique ». « Au regard de tous les documents justifiant cette mascarade électorale, elle ne peut pas affirmer aujourd’hui qu’elle a dit le droit. C’est un jour de deuil, a déclaré à Jeune Afrique Mahamat Kamoun, président de la coalition. Pour nous, il n’y a pas eu d’élection en Centrafrique, et nous allons nous réunir pour rendre officielle cette position. »

Au siège du parti Mouvement cœurs unis (MCU) de Touadéra en revanche, c’est l’euphorie. Une centaine de personnes se sont rassemblées devant le siège de la formation pour scander des chansons à la gloire du chef de l’État.

« C’est un grand jour pour nous et le peuple centrafricain, qui avons bravé la peur sous les tirs des armes pour aller manifester notre devoir citoyen. Nous devons aujourd’hui nous réunir, opposition et majorité, afin de conjuguer nos efforts pour la restauration de la sécurité et de la paix dans notre pays, a affirmé le porte-parole du MCU, Évariste Ngamana. Je demande à l’opposition d’être démocratique. Il faut qu’elle se démarque de ceux qui veulent renverser et déstabiliser nos institutions. »

Avec Jeune Afrique par

18 janvier 2021 à 13h20 | Par Pacôme PabandjiMis à jour le 18 janvier 2021 à 15h00

Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un sixième mandat

janvier 16, 2021
Museveni a fait sauter le verrou constitutionnel des deux mandats en 2005, puis supprimé en 2017 la limite d’âge, alors fixée à 75 ans, pour briguer la magistrature suprême.

Au pouvoir en Ouganda depuis 35 ans, Yoweri Museveni a été réélu pour un sixième mandat. Une réélection contestée par son principal rival, Bobi Wine, qui dénonce « une mascarade ».

Yoweri Museveni, à la tête du pays depuis 1986, a été réélu samedi pour un sixième mandat avec 58,64% des voix, a annoncé la commission électorale, sur fond d’accusations de fraude de son principal adversaire, Bobi Wine. Principal rival de l’ex-guérillero, ce dernier a obtenu 34,83% des voix, selon la commission.

La participation a été de 57,22% pour ce scrutin sous haute surveillance, durant lequel les autorités ont suspendu l’accès à internet et aux réseaux sociaux.

Bobi Wine – Robert Kyagulanyi de son vrai nom – a contesté les résultats du scrutin dès vendredi, en dénonçant « une mascarade complète » et en estimant avoir « largement remporté » l’élection.

Le domicile de Bobi Wine encerclé

Le député de 38 ans et ex-chanteur, populaire auprès de la jeunesse ougandaise, a dénoncé des fraudes massives – des bourrages d’urnes, des bulletins préremplis, des électeurs n’ayant reçu des bulletins que pour les législatives ou des agressions contre les observateurs de son parti, parfois chassés des bureaux de vote. Depuis vendredi soir, des soldats encerclent son domicile, en périphérie de la capitale, Kampala.

Les élections se sont déroulées à l’issue d’une campagne particulièrement violente, marquée par le harcèlement et les arrestations de membres de l’opposition, des agressions contre les médias et la mort d’au moins 54 personnes dans des émeutes après une énième arrestation de Bobi Wine, dont la campagne a été largement entravée au nom des restrictions anti-Covid.

Le scrutin s’est déroulé dans un calme apparent jeudi, mais sous la forte et oppressante présence de policiers anti-émeutes et de militaires, et sur fond de coupure d’internet, entrée samedi dans son 4e jour.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle en Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra réélu dès le premier tour

janvier 5, 2021
Le président Faustin-Archange Touadéra, candidat à un second mandat, lors d’un meeting à Bangui, le 19 décembre 2020.

Selon les résultats provisoires annoncés ce 4 janvier par l’Autorité nationale des élections, Faustin-Archange Touadéra a été réélu pour un second mandat, avec 53,92 % des suffrages. Anicet-Georges Dologuélé arrive en deuxième position.

Dans un contexte particulièrement tendu et sous la pression des groupes armés qui continuent de menacer Bangui, l’Autorité nationale des élections (ANE) a rendu publics ce 4 janvier les résultats provisoires de l’élection présidentielle dont le premier tour s’est tenu le 27 décembre dernier.

Un second mandat pour Touadéra

Selon ces chiffres, Faustin-Archange Touadéra est parvenu à remporter un second mandat, en totalisant 53,92 % des voix.

Derrière lui, Anicet-Georges Dologuélé, de l’Union pour le renouveau en Centrafrique (Urca), est le mieux placé des opposants avec 21 % des suffrages. Il devance lui-même un autre poids lourd de l’opposition, Martin Ziguélé, du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC, 7,46%).

Selon les résultats de l’ANE, les deux hommes échouent toutefois à pousser le président sortant au second tour.

Sous la pression de François Bozizé et des groupes armés

La tenue du scrutin du 27 décembre est longtemps restée incertaine, une partie de l’opposition ayant jusqu’au bout réclamé un report. Quelques jours avant le premier tour, les principaux groupes armés du pays s’étaient en outre rassemblés au sein d’une Coalition des patriotes pour le changement (CPC), laquelle s’était ensuite alliée à François Bozizé, devenu l’un des fers de lance de l’opposition depuis son retour en Centrafrique fin 2019.

Un temps candidat, avant que son dossier ne soit rejeté début décembre par la Cour constitutionnelle, l’ancien président avait rebattu les cartes de l’élection. Il avait apporté son soutien à Anicet-Georges Dologuélé, appelant à une candidature unique de l’opposition, avant de prendre le parti de la CPC et de prôner – à l’inverse de Dologuélé – le boycott des opérations de vote.

Les groupes armés avaient quant à eux lancé plusieurs manœuvres militaires en direction de la capitale afin de mettre la pression sur le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra. Celui-ci, soutenu par la Minusca, la Mission de l’ONU, ainsi que par ses alliés russes et rwandais, était parvenu tant bien que mal à les tenir à distance de Bangui – où la peur reste toutefois de mise.

LA PEUR RESTE DE MISE À BANGUI

« Globalement, le vote a eu lieu et les électeurs sont venus. Il y a eu un engouement […] malgré de petits soucis sécuritaires dans quelques endroits », avait indiqué Momokoama Théophile, rapporteur général de l’ANE, après le premier tour.

« Nous avons eu des élections crédibles, engagées et populaires « , a quant à lui assuré le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui. Selon les chiffres de l’ANE, 655 019 électeurs sont allés voter (pour 642 956 suffrages valables) sur les 910 784 Centrafricains inscrits sur les listes électorales.

70 % des Centrafricains n’ont pas pu voter, selon l’opposition

L’opposition, qui a d’ores et déjà demandé l’annulation du scrutin, estimait quant à elle avant même l’annonce des chiffres de l’ANE qu’environ 70 % des Centrafricains n’avaient pas pu prendre part au vote, en raison du contexte sécuritaire.

En outre, plusieurs candidats, dont Mahamat Kamoun, Martin Ziguélé, Karim Meckassoua ou Nicolas Tiangaye, ont dénoncé le 3 janvier des malversations supposées ayant eu lieu le 27 décembre : recours abusif au vote par procuration, bourrage d’urnes, non-présentation de procès-verbaux aux représentants de l’opposition… Ils ont réclamé à l’ANE des clarifications sur les opérations de vote.

Vers un nouveau dialogue national ?

« Touadéra mérite plus que jamais son surnom de « président de Bangui », a déploré un opposant contacté par Jeune Afrique. Le pays reste aux mains des groupes armés et les élus n’ont aucune légitimité dans la mesure où près des trois quarts des Centrafricains n’ont pas pu voter. » « Les élections groupées n’ont pas été justes et inclusives et ne sont nullement l’expression de la volonté du peuple centrafricain », a résumé la coalition de l’opposition (COD-2020).

Selon nos informations, peu avant l’annonce des résultats, plusieurs groupes armés déclaraient encore souhaiter « aller jusqu’au bout » et « prendre Bangui ». Leurs combattants, qui ont notamment tenté ces derniers jours un coup de force sur Bangassou, font aujourd’hui face à quelque 11 500 Casques bleus de la Minusca, appuyés par plusieurs centaines de soldats rwandais et de mercenaires russes présents sur le terrain.

La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a invité ces dernières semaines le président Touadéra à organiser un nouveau dialogue national inclusif, sitôt les opérations électorales achevées, espérant empêcher une nouvelle escalade de la violence avec les groupes armés. Présidée par le chef de l’État congolais Denis Sassou N’Guesso, l’organisation régionale s’est déclarée disposée à superviser une concertation nationale.

Avec Jeune Afrique par Mathieu

Malawi: le président sortant Mutharika fait appel de l’annulation de sa réélection

février 4, 2020

 

Le président sortant du Malawi Peter Mutharika va faire appel de l’annulation lundi de sa victoire à l’élection présidentielle de 2019 par la Cour constitutionnelle, qui l’a jugée frauduleuse, a annoncé mercredi son porte-parole.

«Je peux confirmer que le professeur (…) Mutharika va faire appel du jugement de la Cour constitutionnelle annulant l’élection générale du 21 mai» 2019, a indiqué son porte-parole Mgeme Kalilani dans un SMS à l’AFP.

Par Le Figaro avec AFP

Le président de Ryanair touché à son tour par les turbulences

septembre 20, 2018

David Bonderman n’a été réélu à la tête du conseil d’administration de Ryanair / © AFP/Archives / Emmanuel DUNAND

Les actionnaires de Ryanair ont infligé jeudi un camouflet à son président, réélu avec difficulté lors d’une assemblée générale tendue par un climat de grèves inédit au sein de la compagnie aérienne.

David Bonderman n’a été réélu à la tête du conseil d’administration de la compagnie irlandaise à bas coût qu’avec 70,5% des suffrages, lors d’une assemblée générale annuelle organisée dans un hôtel à Gormanston près de Dublin, a constaté un journaliste de l’AFP.

Cela signifie que des actionnaires possédant un total de presque 30% des titres n’ont pas voté pour sa reconduction – un taux remarquablement élevé.

L’an passé, M. Bonderman, un milliardaire américain présidant Ryanair depuis 22 ans, avait recueilli 89,1% des suffrages.

Le directeur général de la compagnie, Michael O’Leary, a en revanche été réélu très confortablement, avec 98,5% des suffrages.

Le président du conseil d’administration remplit un rôle de représentation et de contrôle, alors que la direction exécutive est assurée par le directeur général, en l’espèce le tonitruant M. O’Leary connu pour son ton volontiers provocateur, ses expérimentations surprenantes et ses changements de stratégie.

Lors d’un point presse après la réunion, M. O’Leary a accouru au secours de son président, présentant son apport comme « inestimable, notamment dans nos rapports avec Boeing », l’avionneur fournisseur exclusif de la compagnie.

Il a toutefois ajouté ne pas « sous-estimer » l’ampleur de la défiance à l’égard de M. Bonderman qu’il voudrait voir rester quand même au moins deux ans de plus.

L’importante minorité qui s’est prononcée contre M. Bonderman témoigne d’un malaise au moment où la première compagnie européenne fait face à une grogne inédite de son personnel depuis un an, marquée par plusieurs grèves.

– Fébrilité ? –

L’association LAPFF, qui représente des fonds de pension présents au capital de Ryanair, s’est félicitée de la défiance affichée à l’égard de M. Bonderman contre lequel elle avait appelé à voter.

« Ryanair n’a pas pris à bras le corps les inquiétudes autour de la relation troublée de l’entreprise et de ses employés et de son impact potentiel sur l’activité », a jugé le président du LAPFF, Ian Greenwood.

Une grève des personnels de cabine de Ryanair est appelée pour le 28 septembre par des syndicats en Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas et Portugal. Les syndicats réclament de meilleures conditions de travail et l’emploi de chaque salarié via un contrat relevant de son pays de résidence.

Un représentant syndical a pointé le fait que le choix du lieu de l’assemblée générale, un hôtel en bordure d’autoroute à 35 km de Dublin, montrait que « Raynair prend peur ».

« Cela ne donne pas l’image d’une entreprise sereine dotée d’un modèle social sain », a expliqué à l’AFP Stephen Cotton, secrétaire général de la Fédération internationale des travailleurs des transports.

Au mois d’août, la compagnie a connu un vaste mouvement coordonné de son personnel dans cinq pays européens: 400 vols annulés en pleine période de vacances et plus de 55.000 passagers touchés.

Le groupe fait face à une contestation sociale endémique depuis un an. Après avoir refusé de reconnaître et de discuter avec les syndicats lors de ses trois premières décennies d’existence, Ryanair a entamé une virage à 180 degrés en décembre dernier en acceptant de reconnaître les syndicats.

Le lancement de ce processus n’a pas mis fin à la grogne du personnel mais la compagnie a conclu quelques accords sociaux, par exemple au Royaume-Uni, en Irlande et en Italie, acceptant des augmentations de salaires et des améliorations des conditions de travail. Ces concessions font toutefois craindre aux actionnaires que la compagnie ne puisse plus dégager des profits aussi élevés. En un an, l’action Ryanair a perdu 17% à la Bourse de Dublin.

Romandie.com avec(©AFP / (20 septembre 2018 14h04)

Égypte: Sissi réélu président avec 97,08% des voix

avril 2, 2018

Le Caire – Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a été réélu pour un second mandat avec 97,08% des voix validées, soit près de 22 millions de voix, a annoncé lundi l’Autorité nationale des élections.

Le taux de participation, unique enjeu de ce scrutin sans compétition véritable, a été de 41,5%, a par ailleurs précisé Lachine Ibrahim, président de l’Autorité dans une conférence de presse.

Ce dernier a annoncé la « victoire » de M. Sissi sous les applaudissement de la salle.

Près de 25 millions d’Egyptiens on exprimé leur vote. Mais au total, plus de 92% des bulletins ont été validés, le reste ayant été rejeté comme non-conforme.

Les estimations annoncées depuis jeudi par la presse d’Etat, au lendemain d’un scrutin de trois jours, donnaient déjà M. Sissi victorieux à plus de 90%.

Qualifiée de « mascarade » par certaines figures de l’opposition, l’élection présidentielle n’a pas réservé de surprise.

Archi-favori, M. Sissi avait pour seul adversaire Moussa Mostafa Moussa, un homme politique méconnu du grand public et partisan affiché du chef de l’Etat. Celui-ci a obtenu 2,92% des voix.

Parmi les prétendants à la course présidentielle, certains ont été emprisonnés – pour violation de la loi selon les autorités, d’autres ont renoncé en dénonçant des pressions.

Elu avec 96,9% des voix en 2014, M. Sissi est arrivé au pouvoir un an après la destitution par l’armée, dont il était alors le chef, du président islamiste Mohamed Morsi, à la suite de manifestations massives contre ce dernier.

Romandie.com avec(©AFP / 02 avril 2018 13h57)                                            

Seychelles: le président James Michel réélu pour la troisième fois

décembre 19, 2015

Victoria (Seychelles) – Le président des Seychelles James Michel a été réélu pour la troisième fois, en devançant de très peu son adversaire Wavel Ramkalawan lors d’un second tour inédit pour un scrutin présidentiel dans l’archipel, a annoncé samedi la Commission électorale.

M. Michel, 71 ans, candidat de Lepep (Le peuple, en créole), le parti au pouvoir depuis le retour du multipartisme en 1993, a recueilli 31.512 voix (50,15%), contre 31.319 (49,85%) à M. Ramkalawan, chef du Parti national des Seychelles (SNP), qui a immédiatement demandé un recompte des voix.

La différence en nombre de voix est de 193. Jamais une élection présidentielle aux Seychelles ne s’était décidée sur une marge aussi infime. C’était la première fois depuis 1993 que Lepep était poussé à un second tour.

Jusque-là, le parti de M. Michel – issu de l’ancien parti unique – avait toujours remporté la présidentielle dès le premier tour, avec au moins 54% des voix.

Aujourd’hui, le peuple a parlé. Il a fait son choix. Il a dit qu’il souhaitait que je continue sur la voie que j’ai ouverte (…), que je continue à mener les Seychelles vers la stabilité, la paix et la prospérité, a déclaré M. Michel, qui est en poste depuis 2004, après l’annonce de sa réélection.

En ce moment, il est plus que jamais nécessaire que nous continuions à créer plus d’unité dans notre pays, a-t-il ajouté. Nous avons plus que jamais besoin de travailler ensemble en tant que Seychellois (…) Le président élu est le président de tous les Seychellois et nous devons tous travailler ensemble pour nos Seychelles.

Réélu pour un troisième mandat de cinq ans, le dernier que lui autorise la Constitution, M. Michel a demandé à tous les Seychellois de respecter le choix des urnes. Il avait déjà appelé au calme, quel que soit le résultat de l’élection, après avoir voté.

Candidat pour la cinquième fois, M. Ramkalawan a également demandé à ses supporteurs de rester calmes. Mais il a annoncé avoir écrit au président de la Commission électorale pour qu’il y ait un recompte de tous les bulletins de vote.

Ce pasteur anglican, qui avait rallié derrière lui toute l’opposition pour le second tour, a expliqué qu’il allait s’entretenir samedi avec tous ses partenaires pour décider de la conduite à adopter.

Comme au premier tour (87,4%), les Seychellois se sont largement mobilisés pour ce second tour, avec un taux de participation de 86,8%.

M. Michel avait raté de peu l’élection au premier tour en recueillant 47,76% des voix. M. Ramkalawan n’avait obtenu que 35,33%, mais il a assez largement pioché dans les réserves de voix du troisième homme, Patrick Pillay, pour presque refaire son retard.

Pillay, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Santé du président Michel, avait récemment claqué la porte de Lepep avec d’autres cadres pour fonder Lalyans Seselwa (L’alliance seychelloise).

M. Michel était devenu chef de l’Etat en 2004 en succédant selon la Constitution à France-Albert René, dont il était le vice-président, ce dernier ayant démissionné avant l’expiration de son mandat. Il a ensuite été élu en 2006 et réélu en 2011, au premier tour à chaque fois.

Romandie.com avec(©AFP / 19 décembre 2015 11h11)