Posts Tagged ‘référendum’

Les Cubains appelés à débattre de leur nouvelle Constitution

août 13, 2018

Une infirmière lit le projet de nouvelle constitution, pendant le débat populaire qui a débuté le 13 août, à la polyclinique Nguyen Van Troi, à La Havane, à Cuba / © AFP / YAMIL LAGE

Les Cubains sont appelés à débattre à partir de lundi de leur projet de nouvelle Constitution qui reconnaît le rôle du marché et de l’activité privée dans l’économie de l’île communiste.

Avant le référendum national prévu le 24 février 2019, le projet doit être discuté au préalable lors d’un débat populaire, organisé du 13 août au 15 novembre dans les entreprises, les écoles et universités et les quartiers, et auquel ont été conviés à participer les quelque 1,4 million de Cubains émigrés ou exilés, une première depuis la révolution de 1959.

La date de lancement correspond à l’anniversaire du défunt leader Fidel Castro, né le 13 août 1926 et décédé le 25 novembre 2016.

A cette occasion, les fresques en hommage à l’ancien président ont été rénovées dans les rues de La Havane.

Le projet de nouvelle Constitution reconnaît le rôle du marché et de l’activité privée, mais toujours sous tutelle du Parti communiste, parti unique au pouvoir. Il a été approuvé en juillet par le Parlement.

Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a succédé au pouvoir à Raul Castro le 19 avril, a assuré que, lors de la consultation populaire, « chaque Cubain pourra exprimer librement ses opinions ».

La future Constitution rétablit le titre de président de la République et ceux de vice-président et de Premier ministre. Elle limitera à 60 ans l’âge pour être candidat à la présidence, et ce pour un mandat de cinq ans, avec possibilité d’un second mandat dans la foulée.

Elle ouvrira également la voie au mariage homosexuel, une des principales revendications de la communauté LGBT cubaine.

Romandie.com avec(©AFP / (13 août 2018 23h02)

États-Unis: les élections de mi-mandat, un référendum sur la destitution de Trump, dit son avocat

août 2, 2018

 

Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et avocat du président américain Donald Trump, a estimé mercredi que les élections de mi-mandat représentent en fait un référendum sur le processus de destitution de son client.

Les élections de mi-mandat, un référendum sur la destitution de Trump, dit son avocat

© Saul Loeb
M. Giuliani a tenu ces propos non pas comme avocat du président, mais « en tant que citoyen préoccupé et en tant que républicain ».

« Si les démocrates prennent le contrôle de la Chambre, pensez-vous qu’ils vont traiter le président Trump de manière équitable? » a-t-il demandé lors d’un discours au cours duquel il a donné son appui à Eddie Edwards, qui brigue l’investiture républicaine pour un siège du New Hampshire au Congrès.

Deux demandes de destitution ont déjà été proposées à la Chambre des représentants par le démocrate Al Green.

Selon lui, Donald Trump s’était associé à des causes faisant la promotion du racisme et il avait incité à « la haine et l’hostilité ».

Concessions de Mueller pour rencontrer le président

À Washington, le procureur spécial Robert S. Mueller, chargé d’enquêter sur l’ingérence russe lors de l’élection présidentielle de 2016, aurait offert à l’équipe juridique de Donald Trump d’alléger son questionnaire sur la collusion avec la Russie s’il pouvait rencontrer en personne le président américain.

M. Mueller serait prêt à poser moins de questions sur une potentielle obstruction de la justice par M. Trump, un sujet que ses avocats souhaitent éviter, selon des sources auprès de plusieurs médias américains.

L’équipe juridique présidentielle souhaiterait que l’entretien entre les deux hommes ne porte que sur des événements avant son arrivée au pouvoir en 2016. Elle avait offert initialement des réponses écrites aux questions du procureur spécial, les avocats du président étant très réticents à ce que M. Trump rencontre M. Mueller en personne.

Radio-Canada.ca avec Associated Press, CNN et Washington Post

Burundi: vers un référendum à huis clos

mai 16, 2018
Pierre Nkurunziza, le président burundais, lors du lancement de la campagne pour le « Oui » au référendum constitutionnel lancé par le CNDD-FDD (au pouvoir), le 2 mai 2018 à Bugendana, dans la province de Gitega. © STR/AP/SIPA

Pierre Nkurunziza, le président burundais, lors du lancement de la campagne pour le « Oui » au référendum constitutionnel lancé par le CNDD-FDD (au pouvoir), le 2 mai 2018 à Bugendana, dans la province de Gitega. © STR/AP/SIPA

Le Burundi a rendez-vous avec les urnes pour un référendum constitutionnel, jeudi 17 mai. Un vote qui se déroulera sans aucun observateur international puisque, selon la Commission électorale, aucune mission d’observation n’a sollicité d’accréditation.

Jeudi, après une campagne menée dans un contexte tendue et entachée d’épisodes de violence meurtrière, les électeurs burundais sont appelés à se prononcer sur le projet d’amendement de la Constitution de 2005 lors d’un référendum critiqué par l’opposition et la communauté internationale. Aucune mission d’observation n’a été mise en place, les différentes institutions internationales ne souhaitant pas cautionner le processus de révision du texte fondamental. Résultat, le référendum burundais, qui devrait sans surprise voir le « oui » l’emporter, se déroulera à huis clos.

« En raison de circonstances imprévues, l’EAC [Communauté d’Afrique de l’Est, East African Community en anglais, ndlr] n’enverra pas de mission d’observation au référendum du 17 mai au Burundi. Nous souhaitons au gouvernement et au Burundi un référendum pacifique », déclare à Jeune Afrique Richard Owora, chargé de la communication et affaires publiques au sein de l’EAC.

Désapprobation de l’UA à l’ONU

Lors d’un meeting du CNDD-FDD en faveur du « oui » au référendum constitutionnel au Burundi, le 14 mai 2018 à Bujumbura. © STR/AP/SIPA
 

En février dernier, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, déclarait déjà sur la chaîne allemande Deutsche Welle, que « le dossier [burundias] est entre les mains de la communauté est-africaine », et que « jusqu’à ce que les choses soient claires, l’UA n’est pas à même d’envoyer des observateurs si les règles ne sont pas connues d’avance ».

Une position clarifiée par le président de la Commission de l’UA dans sa lettre du 9 mai adressée au président ougandais Yoweri Museveni, médiateur dans le conflit burundais. Après avoir vivement critiqué la tenue du référendum du 17 mai, Moussa Faki Mahamat y enjoint le président Museveni d’agir « pour faire face à la situation ».

Une posture déjà adoptée en 2015, lors de la présidentielle : l’Union africaine avait alors déjà refusé d’envoyer une mission d’observation, marquant ainsi sa désapprobation vis-à-vis du scrutin qui avait permis à Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat considéré comme inconstitutionnel.

 

Pierre Nkurunziza, lors des festivités de l’Indépendance du Burundi, le 1er juillet 2017. © REUTERS/Evrard Ngendakumana

Nous avons échoué à faire temporiser le pouvoir burundais

Même son de cloche au niveau de l’Union européenne, dont la cheffe de la diplomatie, Federica Mogherini, a dénoncé le 8 mai le « climat d’intimidation et de répression » qui règne au Burundi.

« Jouer le rôle d’observateur implique beaucoup de travail en amont, pour évaluer le contexte, qui n’a pas pu être mené », explique un diplomate européen joint par JA qui précise que c’est à l’initiative du pays qui organise le vote d’accepter la présence d’observateurs internationaux. « On a vite compris qu’il n’y avait pas cette volonté de la part des autorités burundaises pour ce référendum. »

Les Nations unies ne feront pas l’exception et n’enverront pas de mission d’observation. Michel Kafando, envoyé spécial des Nations unies pour le Burundi, était chargé de soutenir la médiation entre le pouvoir et l’opposition, à Arusha.

Contacté par Jeune Afrique, il affirme que « tout a été fait pour que le projet qui allait être soumis au référendum fasse l’objet d’un consensus au sein de la classe politique burundaise. Mais nous avons échoué à faire temporiser le pouvoir burundais. Nous attendons maintenant de voir comment le vote va se dérouler.

Malgré l’échec du dialogue, Michel Kafando affirme que les Nations unies y restent attachées sur le principe : « Il est primordial que les parties s’entendent et adopte une vision commune de l’avenir. L’objectif de l’ONU est désormais de préparer l’élection de 2020, pour cela le dialogue doit continuer. »

La presse internationale tenue à l’écart

Si les journalistes étrangers qui désirent se rendre au Burundi pour couvrir ce référendum sont légion, ils se trouvent confronté à un obstacle : l’obtention du visa. « Nous sommes nombreux à avoir tenté, sans succès. Maintenant, il est compliqué pour nous de couvrir l’actualité au Burundi », témoigne un reporter basé en Ouganda, membre de l’Association des correspondants étrangers en Afrique de l’Est.

Dix jours avant le référendum, le Conseil national de communication (CNC), autorité de régulation des médias au Burundi, avait ordonné la suspension des radios BBC et Voice of America pour une durée de six mois pour « traitement tendancieux » de l’information.

L’ONG Human Right Watch, qui n’enverra personne au Burundi pour le scrutin, indique « qu’il est devenu plus difficile de confirmer les détails des abus commis dans le climat de peur qui s’est emparé du pays ».

Amnesty International confirme. « Il est actuellement très compliqué de mener des enquêtes sur terrain par risque de représailles aux interlocuteurs », regrette Rachel Nicholson, chercheuse sur le Burundi pour l’ONG.

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) explique de son côté être persona non grata à Bujumbura « depuis le rapport de 2016 [qui dénonçait un risque de génocide contre les Tutsis] et les réactions qu’il a suscitées ».

 

Meurtres et disparitions forcées

Des soldats et policiers à Ruhagarika, après l’attaque qui a fait plus de 26 morts, le 11 mai 2018 dans la province de Cibitoke, au Burundi. © AP/SIPA

 

Jugé inopportun par la communauté internationale, l’opposition et la société civile, le changement constitutionnel – qui balayera une fois voté plusieurs acquis des Accords de paix d’Arusha signé en 2000 – se tiendra dans un contexte de peur et de tensions.

Dernier épisode sanglant en date, le 11 mai,  26 personnes ont été tuées en une nuit par un groupe armé à Buganda, dans la province Cibitoke, dans le nord-ouest du pays. Les assaillants, qualifiés par les autorités de « terroristes », se sont ensuite repliés vers la RDC voisine.

Depuis l’éclatement de la crise en avril 2015, déclenchée par la volonté de Pierre Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat controversé, « la Ligue ITEKA [une organisation locale des droits humains interdite de travailler au Burundi depuis octobre 2016, ndlr] a recensé 1710 meurtres, 486 cas de disparitions forcées, 558 victimes de torture et 8 561 arrestations arbitraires, majoritairement liés à la crise politique et à la répression du régime », relève la FIDH dans son nouveau rapport. Le HCR quant à lui comptait plus de 430 000 réfugiés burundais jusqu’au 26 avril dernier éparpillés dans les pays de la sous-région.

Jeuneafrique.com par et

 

Burundi: référendum pour permettre à Nkurunziza de se maintenir au pouvoir

mai 15, 2018

Le président burundais Pierre Nkurunziza lors du lancement de la campagne pour le référendum constitutionnel, à Gitega le 2 mai 2018 / © AFP/Archives / STR

Les Burundais se prononcent jeudi par référendum sur une réforme de la Constitution qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en place jusqu’en 2034, confortant ainsi un pouvoir de plus en plus autocratique.

Avec des opposants impuissants, en exil pour la plupart, sous la coupe d’un régime brutal pour les autres, il ne fait guère de doute que le texte qui permettrait à M. Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, de briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020, sera adopté.

Quelque 4,8 millions d’électeurs, soit environ 40% de la population, voteront pour le « oui » ou le « non » (« Ego » et « Oya », en kirundi). Peu de voix devraient manquer à l’appel, car une peine d' »un à trois ans de prison » est prévue pour quiconque appellerait à l’abstention.

Comme depuis la candidature controversée en avril 2015 de M. Nkurunziza à un troisième mandat, qui a plongé le pays dans une crise politique ayant fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés, la campagne pour le référendum a été marquée par les intimidations et la répression.

Le pouvoir a prévu un fort déploiement sécuritaire, par crainte que des groupes rebelles n’essaient de perturber la consultation. Des hommes armés non identifiés et aux motivations inconnues ont ainsi tué 26 personnes samedi dans le nord-ouest du pays.

Au total, 26 partis, pour beaucoup proches du parti au pouvoir CNDD-FDD, et la coalition d’indépendants Amizero y’Abarundi (« Espoir des Burundais ») ont été autorisés à faire campagne.

Le CNDD-FDD a défendu le « oui » pour soutenir « l’indépendance et la souveraineté du Burundi », et en expliquant que « le projet de Constitution est une émanation de la volonté populaire ».

– « Arrêt de mort » –

Le Cnared, la principale plateforme de l’opposition en exil, a appelé au boycott. A ses yeux, le texte, qui introduit des modifications d’ampleur, bouleverse l’architecture institutionnelle du pays, en signant « l’arrêt de mort » de l’Accord de paix d’Arusha.

Signé en 2000, il avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi. Il spécifie qu’aucun président ne peut diriger le Burundi plus de 10 ans.

Les partis d’opposition intérieurs et Amizero y’Abarundi, conduite par le leader des ex-rebelles hutu des FNL, Agathon Rwasa, et représentée par cinq membres au gouvernement, sont aussi opposés à cette réforme.

Mais ils appellent à voter « non » plutôt qu’au boycott, par crainte de possibles représailles. Tous ont regretté de n’avoir reçu que très tardivement le texte définitif, officiellement publié le 8 mai seulement.

Populaire, M. Rwasa a réussi à mobiliser du monde, malgré l’arrestation de 30 de ses militants pendant la campagne. Lundi, « une véritable marée humaine » selon des journalistes sur place, a déferlé dans les rues de Gitega (centre), la deuxième ville du pays, pour son dernier meeting.

Le projet de révision a été critiqué par la communauté internationale, notamment l’Union africaine qui n’a pas envoyé d’observateurs. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont également dénoncé la répression qui accompagne ce référendum et l’absence de réel débat démocratique.

– « Campagne de terreur » –

Le pouvoir « mène depuis fin 2017 une campagne de terreur pour contraindre les Burundais(es) à voter +oui+ », constate, dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), qui dénonce les enlèvements, meurtres, passages à tabac ou arrestations arbitraires d’opposants présumés.

Ceux-ci ont été décrits, au plus haut sommet même de l’État, comme des ennemis de la Nation. Cela a amené les évêques de l’influente Église catholique à dénoncer un climat de « peur » et à juger que « le moment n’est pas opportun » pour une telle modification de la Constitution.

Pour accentuer son contrôle, le régime a aussi multiplié les mesures de rétorsion à l’égard des médias. Les radios britannique BBC et américaine VOA ont ainsi été interdites de diffusion pendant six mois.

Pour nombre d’observateurs, cette réforme risque surtout de radicaliser les positions des uns et des autres et de rendre encore plus difficile un retour au dialogue que la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) tente péniblement de favoriser depuis des mois.

Remanier la Constitution pour se maintenir au pouvoir est une pratique populaire parmi les dirigeants africains et ceux de la région des Grands lacs en particulier.

Au Rwanda, Paul Kagame, homme fort du pays depuis 1994, a été réélu président en 2017 grâce à une semblable réforme. En Ouganda, la limite d’âge pour devenir président a été changée en 2017, pour permettre à Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, de se représenter en 2021.

Romandie.com avec (©AFP / 15 mai 2018 16h17)                

Burundi: le référendum constitutionnel controversé fixé au 17 mai

mars 18, 2018

Nairobi – Le président burundais Pierre Nkurunziza a fixé au 17 mai la date du référendum sur une réforme constitutionnelle controversée qui pourrait lui permettre de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034, selon un décret présidentiel signé dimanche.

« Tous les citoyens burundais remplissant les conditions requises par la loi, résidant au Burundi ou à l’étranger, sont appelés à participer au référendum constitutionnel qui se tiendra le 17 mai 2018 », indique le texte du décret, publié sur internet par la radiotélévision nationale burundaise (RTNB).

Les autorités burundaises avaient précédemment annoncé que le référendum aurait lieu en mai, mais n’avaient pas fixé de date.

Le décret précise que la réforme sera adoptée si la proportion de votes favorables est de 50% plus une voix, une disposition critiquée par l’opposition et certains observateurs.

Ces derniers notent que la constitution prévoit que toute révision de cette dernière doit être approuvée « à la majorité des quatre cinquièmes des membres qui composent l’Assemblée nationale et des deux tiers des membres du Sénat ».

Le décret de dimanche ajoute par ailleurs que les partis ou individus souhaitant participer à la campagne pour ou contre cette réforme doivent s’inscrire auprès de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) entre le 23 mars et le 6 avril.

Cette campagne officielle ne commencera que deux semaines avant le référendum, et personne n’est encore autorisé à défendre ouvertement le oui ou le non.

Mais l’opposition dénonce un « deux poids-deux mesures flagrant », estimant que les ministres et responsables du parti au pouvoir (Cndd-FDD) n’hésitent pas à faire campagne pour le oui, notamment au cours d’une « campagne d’explication » lancée le 12 décembre par le gouvernement.

Plusieurs dizaines de militants d’opposition ont été arrêtés sous l’accusation de promouvoir le non, depuis le début de la campagne d’explication pour ce référendum.

L’opposition a également dénoncé des enrôlements forcés d’électeurs pour faire face selon elle « au peu d’engouement » de la population pour ce référendum. La Ceni avait indiqué le 20 février que plus de 5 millions de Burundais s’étaient inscrits sur les listes électorales pour le référendum et pour les élections générales de 2020.

Le gouvernement a adopté fin octobre 2017 un projet de révision de la Constitution, soumis à référendum, qui permettrait au président Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, de briguer à partir de 2020 deux mandats de sept ans. Le projet a été critiqué par la communauté internationale, notamment l’Union africaine.

Toute l’opposition burundaise est vent debout contre une révision constitutionnelle qui selon elle « va signer la mort » de l’Accord de paix signé en 2000 à Arusha, lequel avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (1993-2006) ayant fait plus de 300.000 morts.

L’annonce en avril 2015 de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat avait plongé le Burundi dans une crise politique qui a fait depuis au moins 1.200 morts et plus de 400.000 déplacés, et sur laquelle la Cour pénale internationale a ouvert une enquête.

Romandie.com avec(©AFP / 18 mars 2018 16h50)                                            

Espagne: la police tente d’empêcher par la force le référendum en Catalogne

octobre 1, 2017

Heurts entre la police et des partisans de l’indépendance de la Catalogne devant le bureau de vote de Ramon Llull à Barcelone le 1er octobre 2017 / © AFP / Fabio Bucciarelli

 

La police espagnole a fait usage de la force dimanche pour empêcher des milliers de Catalans de voter lors du référendum interdit sur l’indépendance de leur région, faisant plus de 90 blessés, Madrid et Barcelone se renvoyant la responsabilité des incidents.

De Gérone à Figueras, des milliers de Catalans s’étaient massés dès l’aube pour faire barrage et protéger pacifiquement les installations de ce scrutin qui constitue, selon le quotidien El Pais, le « plus grand défi » de l’Etat espagnol depuis la mort de Franco en 1975.

Rapidement les policiers anti-émeutes ont forcé plusieurs bureaux de vote pour saisir bulletins de vote et urnes. A Barcelone, selon des témoins, ils ont tiré des balles en caoutchouc puis chargé à coups de matraques contre des milliers de personnes qui étaient descendues dans la rue pour participer au scrutin.

« Ils ont emporté six ou sept urnes (…). Ils sont entrés en défonçant la porte. Nous étions à l’intérieur en chantant l’hymne catalan et nous entendions des coups très violents sur la porte », a raconté Marc Carrasco, chargé d’un bureau de vote dans la capitale de cette riche région dont la sécession aurait des conséquences incalculables.

De son côté, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 11 membres des forces de l’ordre avaient été blessés, certains ayant été visés par des jets de pierres.

Selon les services de santé régionaux, au total en Catalogne, 92 personnes ont été blessées, dont deux gravement – une victime d’un infarctus et une atteinte à l’oeil – dans des heurts entre la police et des partisans du référendum.

Des milliers de citoyens ont quand même réussi à voter, selon les images des télévisions. Les électeurs devaient répondre par « oui » ou par « non » à la question: « Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat indépendant sous forme de république ? ».

Quelque 2.300 bureaux avaient été mis en place par l’exécutif régional pour permettre aux 5,3 millions de Catalans de voter mais le gouvernement espagnol avait annoncé la veille avoir mis sous scellés 1.300 bureaux. En fin de matinée, le gouvernement catalan assurait que 73% des bureaux restaient ouverts.

« Personne ne peut me voler mon vote et la satisfaction d’avoir voté, quoi qu’il arrive. J’ai même pleuré parce que cela fait des années que nous nous battons pour cela, et j’ai vu devant moi une femme de 90 ans qui votait en un siège roulant », a raconté à l’AFP dans le petit village de Llado Pilar Lopez, 54 ans.

Dans le quartier barcelonais de Nou Barris, Enrique Calvo, un retraité de 67 ans originaire d’une région voisine, lui n’a pas voté parce qu’il ne voulait pas donner de « légitimité » au scrutin. « C’est mal géré, tant par le gouvernement catalan que par le gouvernement central de Madrid ».

– Tribunes vides au Barça –

Dans l’après-midi, le silence régnait à Barcelone, troublé ponctuellement par le vrombissement d’hélicoptères, des cris de manifestants et des sirènes de police. Des dizaines d’hommes et de femmes faisaient la queue pour voter.

Signe du caractère exceptionnel de la situation dans un pays passionné de football, le Camp Nou du FC Barcelone n’a pas ouvert aux spectateurs en signe de protestation. Le club, « inquiet » par les heurts, a décidé de jouer à huis clos son match contre Las Palmas, la Ligue de football ayant refusé de reporter le match.

C’est donc sans ses milliers de spectateurs, massés en vain devant les grilles, que le Camp Nou a accueilli ce match de la 7e journée du Championnat d’Espagne. Et l’enceinte, considérée comme la plus grande d’Europe avec 99.000 places, sonnait étonnamment creux à chaque accélération du capitaine et quintuple Ballon d’Or Lionel Messi…

– Barcelone et Madrid se renvoient la responsabilité –

Le président indépendantiste de l’exécutif catalan Carles Puigdemont a dénoncé la « violence injustifiée » dont a fait usage la police nationale.

M. Puigdemont lui-même n’a pas pu voter comme prévu dans un centre sportif de sa ville de Gérone car des policiers sont entrés de force pour saisir le matériel électoral. Il est finalement allé dans un autre bureau proche de Gérone.

La numéro deux du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria et le préfet de Catalogne Enric Millo l’ont pressé de mettre fin à la « farce » du référendum, le rendant responsable des éventuelles violences qui en découleraient.

Une sécession de la Catalogne, pesant 19% du PIB du pays, serait au saut dans l’inconnu, comparable à celui du Brexit déclenché par un référendum en juin 2016.

– Une majorité souhaitait un référendum légal –

Les habitants de la région, où l’indépendantisme gagne du terrain depuis le début des années 2010, sont divisés presque à parts égales sur l’indépendance. Mais les Catalans souhaitent majoritairement, à plus de 80%, un référendum d’autodétermination légal, selon les derniers sondages.

Ni les poursuites judiciaires ni les arrestations ou perquisitions n’ont dissuadé les indépendantistes de cette région où vivent 16% des habitants du pays d’organiser le scrutin qui, souligne Madrid, ne dispose ni de listes électorales transparentes, ni de commission électorale, ni de comptage des voix par un organisme impartial.

Lors d’un entretien avec l’AFP samedi Carles Puigdemont avait déclaré qu’en cas de victoire du oui il y aurait des « décisions politiques » qui pourraient déboucher sur une déclaration d’indépendance.

Romandie.com avec(©AFP / 01 octobre 2017 19h08)                

Irak/Kurdistan: ruée dans les magasins à Kirkouk avant le référendum

septembre 23, 2017

Kirkouk (Irak) – Les habitants de la ville multicommunautaire de Kirkouk, au nord de Bagdad, se ruaient samedi dans les magasins à l’approche du référendum controversé sur l’indépendance du Kurdistan irakien, prévu lundi, a constaté un journaliste de l’AFP.

La province de Kirkouk ne figure pas dans les trois provinces qui forment la région autonome du Kurdistan irakien mais cette zone pétrolière que se disputent Bagdad et Erbil a été incluse dans le référendum, au grand dam du Premier ministre irakien Haider al-Abadi.

Les habitants de la capitale provinciale craignent une détérioration de la situation en cas de tenue du référendum.

« Les prix de la nourriture ont augmenté de 20%. Ce que font les politiciens bénéficie uniquement aux commerçants et ce sont les habitants pauvres qui trinquent », a affirmé à l’AFP Omran Khodr, vendeur sur un marché.

Kirkouk, où se côtoient des Kurdes, des Arabes et des Turkmènes, est une zone disputée entre le gouvernement de Bagdad et les Kurdes d’Irak. Ces derniers affirment qu’elle leur revient historiquement, arguant que l’ancien dictateur Saddam Hussein les en a chassés et les a remplacés par des Arabes.

Cette ruée sur les magasins s’est produite au moment où l’organisme chargé d’organiser le référendum d’indépendance du Kurdistan irakien annonçait que la consultation aurait bien lieu lundi comme prévu.

« Le référendum aura lieu le jour prévu », le 25 septembre, a affirmé le Comité supérieur pour le référendum.

Dans le même temps, les divergences entre les deux grands partis kurdes traditionnels, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK de Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien) et l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK de Jalal Talabani), apparaissent au grand jour.

Car si M. Barzani tient à son référendum, Mullah Bakhtiar, membre du bureau politique l’UPK a affirmé à des journalistes que son parti « estime que l’alternative (au referendum) proposée par l’ONU et les grandes puissances est acceptable ».

« Nous pensons qu’en prenant en considération les conditions internationales (…), la proposition (…) répond aux objectifs stratégiques de notre peuple et nous avons informé Massoud Barzani et le PDK de notre position », a-t-il ajouté.

Le refus de l’UPK de participer au référendum réduirait grandement la portée de la consultation car si le PDK contrôle les provinces d’Erbil et de Dohouk, l’UPK tient celle de Souleimanyeh et la ville de Kirkouk.

La venue à Bagdad d’une délégation kurde n’a pas donné de résultats. La Coalition nationale, qui regroupe les organisations chiites, a affirmé après la rencontre qu’il n’y aurait aucune négociation si le référendum avait lieu.

Selon les autorités kurdes, une victoire du « oui » n’entraînera pas illico l’annonce de l’indépendance du Kurdistan irakien mais constituera un moyen de pression pour arracher à Bagdad des concessions sur des contentieux liés au pétrole et aux finances.

Mais Massoud Barzani subit depuis quelques jours des pressions et menaces internationales croissantes pour annuler cette consultation, qu’il a initiée.

Samedi, le Premier ministre turc Binali Yildirim a averti que la réponse de son pays au référendum d’indépendance du Kurdistan irakien aura des volets « sécuritaire » et « économique ».

Romandie.com avec(©AFP / 23 septembre 2017 18h08

Mali: des milliers de manifestants pour la révision de la Constitution

juin 28, 2017

Plusieurs milliers de Maliens ont manifesté aujour’hui à Bamako pour le projet de révision de la Constitution proposé par le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a reporté sine die il y a une semaine un référendum prévu le 9 juillet sur ce texte.

Quelque 6.000 partisans du « Oui » au référendum se sont rassemblés, à l’appel d’une vingtaine d’associations de jeunes, au Palais des sports de Bamako. Plusieurs centaines de personnes sont restées debout ou autour de l’enceinte de 5.000 places.

« Nous sommes venus ici pour montrer que nous aimons notre pays le Mali », a déclaré à la presse, Issoumaila Diallo, président de la plateforme pour le « Oui » au référendum . Selon un autre membre de cette plateforme , Moussa Goro, « la réforme constitutionnelle est nécessaire pour permettre l’application de l’accord de paix » signé en mai-juin 2015.

« La Constitution de 1992 mérite un toilettage, parce que le Mali évolue. Les partisans du non doivent revoir leur position », a ajouté M. Goro.

La révision de la Constitution, la première depuis 25 ans, vise notamment à mettre en oeuvre certains engagements de l’accord de paix signé entre le gouvernement, les groupes armés pro-Bamako et l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du pays, et prévoit la création d’un Sénat et d’une Cour des comptes.

Turquie/référendum: un responsable de l’opposition demande l’annulation du scrutin

avril 17, 2017

Istanbul – Le principal parti d’opposition turc a réclamé lundi l’annulation du référendum ayant approuvé la veille une révision constitutionnelle qui renforce les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, dénonçant des irrégularités.

« Il n’y a qu’une seule décision à prendre (…) C’est l’annulation du scrutin par le Haut-Conseil électoral (YSK) », a déclaré Bülent Tezcan, vice-président du CHP (social-démocrate), cité par l’agence de presse Dogan.

Le CHP, ainsi que le parti prokurde HDP, ont vivement critiqué une décision prise par le YSK d’accepter comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. L’opposition y a vu une manoeuvre rendant possible des fraudes.

M. Tezcan a en outre affirmé lundi que de nombreux électeurs n’avaient pas pu voter secrètement et que des opérations de comptage s’étaient déroulées à l’abri des regards.

« Cette élection qui a suivi le principe de +vote ouvert, comptage secret+ (…) va prendre place dans les pages sombres de l’histoire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au siège du CHP à Ankara, selon Dogan.

Le responsable a indiqué que le CHP déposerait un recours auprès du YSK « une fois que nos préparatifs seront terminés », ajoutant que la Cour constitutionnelle turque, voire la Cour européenne des droits de l’homme, pourrait être saisie.

Les Turcs ont approuvé à une courte majorité dimanche une révision constitutionnelle pour remplacer le système parlementaire par un système présidentiel qui doit élargir les prérogatives de M. Erdogan.

Pour le gouvernement, cette mesure est indispensable pour assurer la stabilité de la Turquie et lui permettre de faire face aux défis sécuritaires et économiques. Mais l’opposition dénonce une réforme visant à satisfaire les ambitions de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire par ses détracteurs.

Romandie.com avec(©AFP / 17 avril 2017 12h48) 

Turquie/référendum: l’UE presse Erdogan de chercher un « consensus national »

avril 16, 2017

Bruxelles – L’Union européenne (UE) a appelé dimanche le gouvernement turc à rechercher le « consensus national le plus large possible » après la courte victoire du « oui » au référendum accordant des pouvoirs accrus au président Recep Tayyip Erdogan.

« Au vu du résultat serré du référendum et des implications profondes des amendements constitutionnels, nous appelons (…) les autorités turques à rechercher le consensus national le plus large possible dans leur mise en oeuvre », écrivent dans un communiqué commun le président de la Commission de l’UE, Jean-Claude Juncker, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le responsable de l’élargissement de l’UE, Johannes Hahn, l’opposition turque craignant de son côté une dérive autoritaire.

Le président Erdogan a placé les relations avec l’UE au coeur de la campagne, critiquant Bruxelles pour l’absence de progrès dans les discussions en vue de l’intégration de la Turquie et usant du qualificatif de « nazi » à l’égard de l’Allemagne et des Pays-Bas, qui ont interdit les meetings électoraux aux communautés turques sur leur territoire.

« Les amendements constitutionnels, et particulièrement leur application concrète, seront évalués à la lumière des obligations de la Turquie en tant que candidate à l’Union européenne et en tant que membre du Conseil de l’Europe », ajoute le communiqué.

Le communiqué signale encore que l’UE « attend l’évaluation » des observateurs internationaux « quant aux irrégularités évoquées » par l’opposition turque dans le scrutin.

« Nous encourageons la Turquie à prendre en compte les inquiétudes et les recommandations du Conseil de l’Europe, y compris au sujet de l’état d’urgence », poursuit le communiqué de l’UE.

Le Conseil de l’Europe, qui comprend les 28 membres de l’Union européenne et la plupart des autres pays européens, suit notamment l’évolution des droits de l’homme, autre sujet conflictuel avec la Turquie, l’UE ayant signifié à plusieurs reprises à Ankara son inquiétude sur les purges massives déclenchées par le président Erdogan après le coup d’État manqué de juillet.

Dans un communiqué en son nom, le Conseil de l’Europe a également réagi dimanche soir au résultat de ce référendum, demandant à Ankara d' »envisager les prochaines étapes avec prudence » et de respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire.

« Etant donné le résultat serré, le pouvoir turc doit envisager les prochaines étapes avec prudence », a mis en garde le secrétaire général de l’organisation paneuropéenne, Thorbjørn Jagland.

« Il est de la plus grande importance de garantir l’indépendance du système judiciaire conformément au principe de l’Etat de droit inscrit dans la Convention européenne des droits de l’Homme », a insisté M. Jagland.

De son côté, le Premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, a été beaucoup plus direct sur son compte Twitter, estimant « étrange que la démocratie serve à limiter la démocratie ».

« Je ne remets pas en cause le droit de la majorité, mais je suis assez préoccupé par la nouvelle réforme constitutionnelle en Turquie », a ajouté le chef du gouvernement danois.

Romandie.com avec(©AFP / 17 avril 2017 00h43)