Posts Tagged ‘Réformes’

Aux sons des fêtes

décembre 16, 2019

 

Les fêtes arrivent avec leur bonne sève

Quand dehors la rue grogne avec ses grèves

Qui ralentissent de faire des nettes emplettes

Dans la pleine liberté de ma conscience muette

 

Les réformes avec ses formes qui nous renferment

Produisent la contestation où des langues haranguent

Les tribunes des plateaux et des hémicycles en vagues

Pour nous conduire comme des bœufs attelés à la ferme

 

Les plus courageux jettent l’éponge par la démission

Les récalcitrants indifférents s’accrochent à leur vision

Pour nous diluer leur pilule dans le verre des âges

Afin de taire notre colère dans la tempête de la rage

 

Bernard NKOUNKOU

 

France: De nombreuses écoles seront fermées le 5 décembre

novembre 28, 2019

La grève risque d’être très suivie dans les institutions du public. L’enseignement privé pourrait être touché à la marge.

De nombreuses écoles maternelles et primaires publiques pourraient être fermées ou très perturbées dans leur fonctionnement le 5 décembre, jour de grève contre la réforme des retraites. Et sans doute au-delà. Des mairies risquent d’être dans l’impossibilité de proposer un service minimum. D’abord parce qu’une intersyndicale enseignante a déposé un préavis, lequel s’annonce «plutôt très bien suivi» selon les intéressés, quelle que soit la région, les professeurs étant «très inquiets au sujet de la réforme des retraites». À Paris, au moins 192 écoles sur 628 ont déjà assuré qu’elles seraient fermées, selon le Snuipp-FSU, la totalité des enseignants y faisant grève. Il n’y aura par ailleurs «très probablement, pas de service de restauration ni de service de garderie» dans la plupart des écoles, explique un directeur d’établissement.

Beaucoup de parents ont déjà anticipé le problème. À l’approche de la grève, la plateforme de garde d’enfants Yoopies constate ainsi une hausse de 87 % de la demande par rapport à un jeudi normal… Pour l’instant, les préavis déposés ne tiennent que pour la journée du 5 mais les syndicats d’enseignants ne cachent pas que la grève pourrait être reconduite le vendredi 6 et le lundi 9 décembre.

«La poursuite de la grève se décidera le 4 ou le 5 décembre», explique Frédérique Rolet, du syndicat du secondaire Snes-FSU, selon qui la grève pourrait être effectivement prolongée dans certains établissements et territoires, notamment en Seine-Saint-Denis. Philippe Vincent, responsable du syndicat des chefs d’établissement du Snpden-Unsa, ne croit pas, en revanche, à un mouvement long: «Il y aura certainement plus d’absents à cause des difficultés de transports qu’à cause de la grève. Les derniers mouvements enseignants n’ont pas donné grand-chose… Nous craignons surtout la contagion de mouvements violents autour des établissements.»

Parents furieux

Grèves ou absences, certaines écoles n’hésitent pas à annoncer la couleur: «Jusqu’au 20 décembre, l’accueil sera fortement perturbé sur les temps scolaires et périscolaires, en raison des grèves», a annoncé l’école maternelle de la rue de Bercy, dans le 12e arrondissement, écrivant aux parents furieux: «Nous comptons sur votre compréhension et votre soutien.» À tort ou à raison, certains parents anxieux ont déjà prévu d’envoyer leurs enfants «chez les grands-parents jusqu’à Noël». Ailleurs, d’autres tentent de s’organiser pour garder leur progéniture à tour de rôle entre deux séances de télétravail. «Je ne peux pas me permettre de prendre des jours, je viens de commencer un nouveau travail. Et mon conjoint est conducteur à la SNCF, réquisitionné pour assurer le service minimum! Nous n’avons pas de famille à proximité. Je ne sais pas comment nous allons faire», se désespère une mère.

Sept solutions (plus ou moins bonnes) pour se déplacer un jour de grève

VTC, voitures ou vélo…notre journaliste spécialiste des transports François Delétraz vous donnent des astuces pour se déplacer un jour de grève.

Le privé touché ici ou là

L’enseignement privé, globalement épargné, pourrait être touché ici ou là: au collège-lycée parisien Les Francs-Bourgeois, «un professeur sur dix se déclare gréviste pour le 5 décembre. Du jamais vu. Habituellement, c’est plutôt un sur cent vingt professeurs», assure l’un d’eux. «Quelques collègues se mettront en grève. Mais la fidélité à l’institution est assez importante. Ils ont envie de faire grève mais ne veulent pas pénaliser les enfants», explique Luc Viehé, du syndicat Spelc. Dans les écoles privées, c’est surtout la débrouille qui bat son plein pour épargner les familles. Le cuisinier d’une école parisienne a déjà prévu de dormir, si besoin, au sein de l’établissement pour assurer la cantine!

Ailleurs, des enseignants habitant loin ont demandé s’ils pouvaient être hébergés par les familles. «Les absences des enseignants constituent un vrai sujet de préoccupation», explique Hubert Salaün, porte-parole de la deuxième fédération de parents d’élèves de l’enseignement public qui réside à Chantilly (Oise). «Les parents peuvent se débrouiller pour aller travailler en prenant le train s’ils se lèvent très, très tôt. Mais ils seront bloqués si leurs jeunes enfants n’ont pas classe.»

Le Figaro.fr par Marie-Estelle Pech

L’OMC, le FMI et la Banque mondiale exhortent à réformer les règles du commerce mondial

septembre 30, 2018

Washington – Le manque de réformes des règles du commerce international nourrit les tensions au risque de saper la croissance de l’économie mondiale et le recul de la pauvreté, mettent en garde dimanche l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Les échanges de services représentent les deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) mondial et de l’emploi ainsi que près de la moitié du commerce mondial « mais les barrières douanières sur les services sont globalement aujourd’hui aussi élevées que celles qui étaient imposées aux biens (manufacturés) il y a 50 ans », constatent les trois organisations internationales dans un rapport conjoint.

Les changements dans la nature des échanges commerciaux n’ont ainsi pas été complètement pris en compte dans les évolutions de la réglementation internationale, ajoutent-elles.

Ce rapport est publié alors que les appels se sont multipliés ces derniers mois notamment en Europe, au Canada ou aux Etats-Unis pour réformer l’OMC, une institution basée à Genève.

Une intégration complète du commerce des biens et services « peut jouer un rôle bien plus grand en dynamisant la prospérité », poursuivent le FMI, l’OMC et la Banque mondiale sans toutefois faire de recommandations.

Elles ajoutent qu’il est nécessaire que les opportunités de commerce offertes par exemple par les technologies de l’information ou le commerce en ligne « se reflètent dans (…) la politique commerciale d’aujourd’hui ».

Ces organisations rappellent que l’ouverture du commerce international après la Seconde guerre mondiale et jusqu’au début des années 2000 a largement contribué à améliorer les modes de vie et à réduire la pauvreté dans le monde « mais celle-ci demeure incomplète » aujourd’hui.

Les taxes douanières ont diminué de manière drastique, en commençant dans les pays développés, puis dans les pays émergents et les économies en voie de développement. Elles sont passées en moyenne de 31% en 1980 à 9% en 2015 dans les pays émergents et de 10 à 4% dans les pays avancés, « grâce aux réformes » prises jusqu’au début des années 2000.

Les organisations rappellent en outre que le volume des échanges commerciaux a augmenté en moyenne de 7% pendant les années 90, un taux deux fois plus élevé que la croissance du PIB mondial mais a ensuite décéléré avec un ratio de 1,5% entre 2001 et 2007.

Ce ralentissement « est essentiellement dû à un rythme de réformes du commerce plus lent suivant les progrès remarquables réalisés à partir des années 80 jusqu’au début des années 2000 », insistent-elles.

Les organisations notent que les taxes douanières et certaines politiques nationales entravent aujourd’hui l’expansion du commerce international.

De leurs côtés, de plus en plus de pays notamment européens, le Canada et les Etats-Unis estiment que l’OMC ne répond pas de manière appropriée aux distorsions commerciales causées notamment par la Chine, accusée de subventionner massivement son économie.

Jeudi, l’OMC a abaissé sa prévision de croissance pour le commerce mondial en 2018 et 2019 (à +3,9% et 3,7%) en raison d’une « exacerbation des tensions commerciales ».

Les Etats-Unis et la Chine se livrent depuis des mois à une guerre commerciale à coups de taxes douanières supplémentaires.

Au-delà du duel entre Washington et Pékin, les Européens et d’autres grandes puissances économiques s’alarment d’une guerre commerciale généralisée alors que l’administration Trump a engagé un bras de fer avec tous les principaux partenaires des Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 13h11)                                                        

France: après le bac général, le bac pro et le CAP vont eux aussi être transformés

mai 28, 2018

Entrée du lycée professionnel Latécoère à Istres en 2012 / © AFP/Archives / BORIS HORVAT

Insérer les lycées professionnels au sein de campus ou de réseaux, revoir la liste des bacs pro et rendre leur intitulé plus compréhensible, remanier les trois années du lycée: avec ces trois axes annoncés lundi, le ministre de l’Éducation entend revaloriser la voie professionnelle à l’école.

Après la réforme du bac général et technologique, Jean-Michel Blanquer s’attaque à la voie professionnelle: éternelle mal-aimée du système éducatif français, elle compte quelque 700.000 élèves, qui préparent un bac pro, un CAP ou une mention complémentaire (formation d’un an après le bac pro ou le CAP).

Cette voie a connu plusieurs réformes au fil des ans, avec notamment la création du bac pro il y a 30 ans. Mais elle reste dévalorisée, contrairement à la situation dans d’autres pays comme l’Allemagne ou la Suisse. Très marquée socialement, elle accueille principalement des enfants des milieux les moins favorisés.

La réforme, qui s’inspire d’un rapport de la députée LREM Céline Calvez et du chef étoilé Régis Marcon, s’appuie sur trois « leviers ». Certaines mesures devraient commencer à être introduites à la rentrée 2019, certaines sous la forme d’expérimentations.

Il s’agit d’abord de renforcer la création de « véritables campus professionnels », conçus avec les régions, a déclaré lundi Jean-Michel Blanquer en conférence de presse.

Ils sont actuellement 78 sur le territoire mais peu existent sous la forme d’un réel campus, avec un lycée pro, un centre de formation des apprentis (CFA), parfois un IUT, un internat, des équipements sportifs et culturels, un incubateur d’entreprises et des lieux de formation continue.

Tous les lycées pro feront partie d’un réseau, thématique (le secteur de l’automobile par exemple) et régional.

Le deuxième axe de la réforme concerne la carte des formations, qu’il faut revoir afin de mieux prendre en compte les métiers de demain et réduire les effectifs d’élèves dans les filières qui insèrent mal sur le marché de l’emploi (par exemple le bac pro gestion-administration, 75.000 élèves).

– Deux modules en Terminale pro –

Le ministre veut aussi rendre plus lisible la liste des 80 bacs pro, dont les intitulés (du type « Industrie des procédés », ou encore « Chaudronnerie ») sont souvent hermétiques.

Les bacs pro seront ainsi regroupés en familles de métiers (métiers du bois, de bouche, de la relation clients, etc.).

Enfin, le parcours des élèves lors des trois années de lycée sera revu. La Seconde restera une Seconde pro mais la formation sera moins spécialisée. L’élève suivra lors de cette première année une formation par famille de métiers (par exemple le bâtiment), avant de se spécialiser en Première.

Cette mesure « impliquera inéluctablement une déprofessionnalisation des formations », s’insurge le Snuep-FSU, un des syndicats de l’enseignement professionnel, farouchement opposé à la réforme. Il y voit « une perte de savoir-faire pour les jeunes ».

Toujours en classe de Seconde, a précisé le ministre, les élèves passeront « un test de positionnement », l’équivalent d’un bilan des acquis. Une évaluation à laquelle seront également soumis les élèves des Secondes générale et technologique.

La classe de Terminale proposera deux modules: un pour les élèves visant l’insertion professionnelle après le bac, l’autre pour ceux qui souhaitent poursuivre en études supérieures (un BTS le plus souvent). La rentrée 2018 verra l’ouverture de 2.000 places en « classes passerelle », sas entre la Terminale et le BTS, afin de mieux préparer les jeunes aux études supérieures.

Tous les lycéens devront aussi réaliser « un chef d’œuvre », nom du projet à construire sur les deux dernières années, application concrète de leurs enseignements.

Pour le CAP, formation actuellement le plus souvent sur deux ans, le ministère veut qu’elle puisse être modulée sur un, deux ou trois ans, en fonction des besoins de l’élève.

Cette « transformation » de la voie pro est complémentaire avec la réforme des deux autres bacs (général et technologique) et s’articule aussi avec celle de l’apprentissage, toutes présentées en février.

Jean-Michel Blanquer veut d’ailleurs que tous les lycées comptent une unité de formation par apprentissage (UFA), afin de « dépasser l’opposition entre apprentissage et enseignement professionnel scolaire ».

Le syndicat SE-Unsa, plutôt favorable à la réforme annoncée lundi, appelle toutefois à « surveiller de très près » le développement de l’apprentissage dans les lycées, craignant une concurrence entre ces deux systèmes.

Romandie.com avec (©AFP / 28 mai 2018 13h55)                

Cuba: les réformes de Raul Castro, un goût d’inachevé

avril 12, 2018

Le président cubain Raul Castro (d), le premier vice-président Miguel Diaz-Canel (g), le 8 octobre 2017 à Santa Clara / © AFP/Archives / YAMIL LAGE

Depuis que Raul Castro a succédé à son frère Fidel en 2006, le visage de Cuba a commencé à se transformer à la faveur de réformes longtemps impensables dans le pays communiste.

Aujourd’hui, les Cubains peuvent voyager à l’étranger, créer leur propre entreprise et même voir flotter le drapeau des États-Unis dans les rues de La Havane. Mais l’économie de l’île tarde à décoller, demeurant suspendue à des réformes cruciales.

– Dégel des relations avec les Etats-Unis

L’événement le plus marquant de l’ère Raul a eu lieu le 17 décembre 2014 lorsqu’il annonce à la télévision un rapprochement inattendu avec l’ancien ennemi américain de la guerre froide. Le 20 juin 2015, les deux pays renouent leurs relations diplomatiques et en mars 2016, le président cubain reçoit Barack Obama à La Havane.

Le processus de normalisation est freiné depuis l’arrivée à la Maison blanche du républicain Donald Trump, défenseur d’une ligne plus dure envers Cuba.

– Voyages et migration

En 2013, Raul Castro met fin aux restrictions draconiennes qui empêchaient les Cubains de voyager à l’étranger. Ils y sont désormais autorisés pour une période allant jusqu’à deux ans, ne perdant plus leurs biens ni leurs logements tant qu’ils sont partis en toute légalité.

Cette réforme a facilité les visites et le rapatriement des Cubains émigrés. De janvier 2013 à décembre 2016, plus de 670.000 Cubains ont réalisé plus d’un million de voyages vers d’autres pays.

– Secteur privé

Avec Raul Castro, l’économie cubaine a opéré une ouverture à l’initiative privée. Aujourd’hui, Cuba compte 580.000 petits travailleurs privés, ou « cuentapropistas », soit 12% de la population active.

L’octroi de nouvelle licences pour les activités les plus rentables, comme la restauration, est suspendu depuis août 2017 dans l’attente d’une nouvelle législation.

– Achat-vente

Fin 2011, Raul Castro a autorisé les particuliers à acheter et vendre leurs logements. Puis, en 2014, le marché automobile a été libéralisé mais les clients des concessionnaires étatiques se plaignent des prix exorbitants des véhicules neufs, parfois cinq fois supérieurs à ceux pratiqués à l’étranger.

– Internet

Depuis 2013, le gouvernement a ouvert l’accès à internet et installé plusieurs centaines de zones wifi publiques à travers le pays.

Mais les Cubains n’ont toujours pas accès à la 3G et les connexions à domicile ne concernent toujours qu’une infime partie de la population, faisant du pays un des plus mauvais élèves en la matière dans le monde.

– Investissement étranger

A partir de 2014, Raul Castro a fait évoluer la loi pour encourager l’investissement étranger, et inauguré le méga-port de Mariel, à 45 kilomètres à l’est de La Havane, une zone destinée à devenir le plus grand pôle industriel de Cuba.

Mais pour l’heure, du fait de l’embargo américain et des contraintes imposées par le gouvernement cubain, la moyenne des investissements étrangers demeure bien en deçà des objectifs du gouvernement, fixés à 2,5 milliards de dollars annuels pour soutenir une croissance de 4%.

– Dette extérieure

Entre 2013 et 2016, Cuba est parvenu à renégocier sa dette extérieure publique avec tous ses créanciers, déboursant un total de 23 milliards de dollars d’arriérés et oeuvrant ainsi au rétablissement de sa crédibilité sur les marchés, ce qui doit lui permettre de capter de nouveaux financements.

– Unification monétaire

Cuba demeure en attente de la suppression de la dualité monétaire, un système unique au monde qui provoque depuis 1994 des distorsions dans l’économie.

Cette réforme aussi cruciale que complexe, mais maintes fois ajournée, vise à rompre avec la coexistence du peso cubain (CUP), utilisé pour les transactions strictement domestiques, et le peso convertible (CUC, égal au dollar américain, qui vaut entre 24 et 25 CUP) qui servait initialement à payer les produits et services importés.

– Réforme agricole

En 2008, la pays autorise les agriculteurs privés à recevoir en usufruit des terres en friche. Le secteur agricole est alors déclaré « stratégique » afin de moins dépendre des importations.

Depuis, l’Etat a distribué plus d’un million d’hectares, pratiqué le micro-crédit et facilité les conditions d’achat et de vente pour les privés, mais Cuba importe toujours 80% des aliments qu’il consomme.

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2018 13h21)                

Togo: pouvoir et opposition manifestent après l’échec de l’adoption des réformes constitutionnelle au parlement

septembre 20, 2017
CRS togolais face à des manifestants supportant le leader de l’opposition Jean-Pierre Fabre, à Lomé, le 9 mars 2010. © Sunday Alamba/SIPA/AP

L’opposition et le parti au pouvoir manifestent pendant deux jours à travers le pays, les uns pour réclamer le retour à la Constitution de 1992, les autres pour soutenir le chef de l’État. La veille, le Parlement a voté le projet de loi portant réforme Constitutionnelle, sans atteindre le quorum requis mais en ouvrant la voie à un référendum.

L’arithmétique est claire comme de l’eau de roche. Avec 91 inscrits, 62 voix pour, 0 contre et 1 abstention, l’Assemblée nationale est donc passée au vote à l’issue des travaux en commission, pour faire adopter le projet de loi portant réformes constitutionnelles déposé par le gouvernement quelques jours plus tôt. « Le vote est acquis à la majorité des 2/3. Cela oblige le gouvernement à en tirer toutes les conséquences, à savoir le recours au référendum afin de redonner la parole au peuple souverain », a déclaré Dama Dramani, le président de l’Assemblée nationale.

Concrètement, la loi qui n’est pas adoptée, devrait être soumise « très prochainement » à un référendum conformément à l’article 144 de la Constitution togolaise. Le texte dispose en effet que « le projet ou la proposition de révision est considéré comme adopté s’il est voté à la majorité des quatre cinquièmes des députés composant l’Assemblée nationale. À défaut de cette majorité, le projet ou la proposition de révision adoptée à la majorité des deux tiers des députés composant l’Assemblée nationale est soumis au référendum ».

La séance de mardi s’est tenue en absence des députés de l’opposition qui réclament toujours un « retour au texte originel de 1992 », notamment l’alinéa 2 de l’article 59. « Encore une fois le gouvernement et sa majorité parlementaire ont montré leur mauvaise foi en introduisant un texte bancal et provocateur, à prendre ou à laisser », a indiqué dans un communiqué Isabelle Ameganvi, présidente du groupe parlementaire de l’Alliance nationale pour le changement (ANC).

Troisième voie

« Les circonstances du vote de ce texte établissent à souhait que les partis de l’opposition ne se sont jamais situés dans la logique de réformes suivant les procédures en vigueur. Il apparaît clairement que leur stratégie est d’en appeler à l’insurrection sur fond d’incantations et de réclamations incohérentes », a indiqué à Jeune Afrique un responsable du parti au pouvoir.

Deux camps semblent désormais se distinguer au sein de l’opposition. Un qui compte sur la rue (majoritaire) et une minorité qui croit que le débat devrait se faire notamment sur la possibilité de l’actuel chef de l’État de se représenter en 2020. Entre la rue et le référendum, une troisième voie consisterait selon Gerry Taama, ancien candidat à la présidentielle, à « discuter à fond du code électoral tout en suspendant le processus en cours ».

Éviter « des violences inutiles qui plongeraient le pays dans le chaos »

Pour Mohamed Madi Djabakate, président du Conseil d’administration du Centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC), la recherche d’un compromis entre les deux camps doit être la priorité en ce moment. « Il ne sert à rien de dépenser l’argent du contribuable pour organiser un référendum. Je suis d’avis avec plusieurs analystes que la réforme du système électoral est tout aussi importante que la révision de la Constitution, laquelle doit comporter des dispositions importantes sur la Ceni », explique-t-il.

De nombreuses voix s’élèvent ainsi pour appeler les deux camps à la retenue lors des manifestations de ces deux jours afin d’éviter « des violences inutiles qui plongeraient le pays dans le chaos ».

Jeuneafrique.com par – à Lomé

Togo: les évêques plaident pour les réformes à la veille d’une semaine de manifestations

septembre 18, 2017
CRS togolais face à des manifestants supportant le leader de l’opposition Jean-Pierre Fabre, à Lomé, le 9 mars 2010. © Sunday Alamba/SIPA/AP

Alors que la procédure parlementaire sur le projet de réforme constitutionnelle se poursuit sur fond de blocages, la Conférence des évêques du Togo s’est prononcée dimanche, pour la première fois depuis le début des événements politiques qui secouent le pays.

Leur prise de parole était attendue depuis des semaines. C’est chose faite depuis ce dimanche 17 septembre, date à laquelle dans toutes les cathédrales du pays des prières dites « de supplication en faveur de la paix, plus précisément en faveur des réformes institutionnelles et constitutionnelles », ont été organisées. L’objectif, selon les évêques, est « d’implorer la lumière de l’Esprit Saint sur les plus hautes autorités [du] pays afin qu’elles opèrent urgemment les réformes demandées par le peuple conformément à la Constitution de 1992 ».

Après avoir invité « les protagonistes à s’inscrire dans une démarche responsable, sincère et constructive », la conférence des évêques a indiqué sa préoccupation face aux « violences exercées par les forces de l’ordre et de sécurité sur les populations dans certaines localités du pays, après les manifestations des 6 et 7 septembre 2017 ».

Décrispation

Interrogé sur radio Maria Togo, Mgr Nicodème Barrigah, qui a dirigé la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) entre 2009 et 2012, a expliqué que les évêques n’ont pas choisi « un camp contre celui du peuple ». Depuis deux ans en effet, l’Église catholique renforce sa présence dans le débat public en publiant des lettres pastorales au ton inhabituellement fort à l’endroit de l’ensemble de la classe politique du pays.

Fin avril, à l’occasion de la fête de l’Indépendance, les prélats avaient déjà posé un diagnostic sur la situation sociale et politique. « Disons-le en toute sincérité, derrière les apparences illusoires de paix, les cœurs s’endurcissent, les positions se radicalisent, les mains jadis tendues pour le dialogue et la fraternité se referment », avaient alors averti les évêques. Ces paroles prennent tout leur sens aujourd’hui au vu des récents événements dans le pays.

En ce qui concerne le débat sur les réformes, l’Église appelle les acteurs à s’entendre pour opérer les changements souhaités par le peuple. « Nous pensons qu’un débat de fond doit être mené sur cette question afin que les réformes soient faites effectivement selon la Constitution de 1992 pour décrisper la situation et qu’on puisse passer à autre chose », a indiqué Mgr Nicodème Barrigah.

Référendum

La procédure parlementaire suit cependant son cours, même si, selon les observateurs, aucun miracle n’est à attendre de ce côté-là. « Après le vote du projet de loi introduit par le gouvernement par (sic) la Commission des lois, il n’y a plus aucun doute sur la suite des événements. Ne pouvant réussir à rassembler les 4/5e des députés pour faire adopter cette révision à l’Assemblée, nous allons probablement aller vers un référendum, puisque le parti au pouvoir dispose des 2/3 des députés pour passer par cette voie. Ceci en vertu de l’article 144 de notre Constitution. Et tout ça reste légal », a fait observer l’opposant Gerry Taama.

Le blocage, rappelons-le, se situe au niveau de l’alinéa 2 de l’article 59 de la Constitution de 1992, qui dispose qu’ « en aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats ». Une phrase que ne reprend pas le projet de loi du gouvernement (tout comme la recommandation numéro 5 de la CVJR) et qui selon l’opposition devrait conduire le président Faure Gnassingbé à ne plus se représenter en 2020.

Les rues du pays seront prises d’assaut les 20 et 21 septembre prochains par les partisans des deux camps. Les Évêques demandent de leur côté aux leaders politiques « d’éviter d’organiser le même jour des manifestations antagonistes, de peur que ces rassemblements ne débouchent sur des affrontements aux conséquences imprévisibles ».

Jeuneafrique.com par – à Lomé

Togo: l’opposition « n’attend rien » des réformes annoncées par le pouvoir

septembre 10, 2017
Plus de 100 000 personnes, selon Amnesty international, ont manifesté au Togo les 6 et 7 septembre pour réclamer une limitation du nombre de mandats présidentiels. © PIUS UTOMI EKPEI/AFP

Les leaders de l’opposition togolaise ont déclaré dimanche ne « rien attendre » de la réforme constitutionnelle annoncée par le gouvernement avant les manifestations anti-pouvoir massives de ces derniers jours.

Eric Dupuy, porte-parole de la coalition de cinq partis d’opposition Cap 2015 – une des organisatrices des manifestations de mercredi et jeudi qui réclamaient une alternance politique – a qualifié cette réforme de « dilatoire ». « Nous n’attendons rien de cela », a-t-il répété.

Le président du Togo, Faure Gnassingbé, a pris le pouvoir il y a 12 ans à la mort de son père, Gnassingbé Eyadéma. Le général Eyadéma avait lui même dirigé le petit pays ouest-africain pendant près de 40 ans après un coup d’Etat militaire.

L’opposition togolaise réclame depuis dix ans que la Constitution – modifiée en 2002 – soit révisée, notamment afin d’y réintroduire une limitation des mandats (10 ans au plus).

Le nombre de mandats présidentiels au centre du bras de fer

Dans un communiqué publié à la suite du Conseil des ministres mardi soir, le gouvernement avait joué l’apaisement en annonçant des réformes constitutionnelles concernant la « limitation des mandats et le mode de scrutin ». Toutefois, la limitation à deux mandats présidentiels ne se fera pas de manière rétroactive, selon le projet de loi.

Le président Gnassingbé a officiellement remporté les élections présidentielles de 2005, 2010 et 2015, mais l’opposition n’a pas accepté ces résultats.

Les Nations unies ont appelé l’opposition togolaise à travailler avec le gouvernement. Elle semble toutefois dubitative face aux promesses du pouvoir. « Nous n’avons pas encore connaissance du texte du projet de loi. A ce stade il nous est difficile d’en parler », a affirmé M. Dupuy.

Mercredi et jeudi, les Togolais ont manifesté massivement à Lomé et dans une moindre mesure en province à l’appel d’une coalition de 14 partis, pour réclamer des réformes et le départ du président Faure Gnassingbé.

Le régime actuel s’inscrit dans la continuité de celui du père

« C’est une mobilisation populaire sans précédent depuis des années, qui touche pour la première fois presque toutes les villes secondaires du pays, ça c’est vraiment nouveau », a déclaré à l’AFP Gilles Yabi, analyste politique spécialiste de l’Afrique de l’Ouest.

« Il est difficile de savoir si la mobilisation actuelle va aboutir à un changement politique », relativise cependant M. Yabi. « Le gouvernement a toujours su créer des commissions et des instances de dialogue mais rien n’a jamais abouti », déplore-t-il.

Pour l’analyste, le président togolais « n’est pas prêt à renoncer au pouvoir ». « Le régime actuel s’inscrit dans la continuité de celui du père, qui fut l’un des plus brutaux que le continent africain ait connu », a-t-il estimé.

Réunion extraordinaire du Parlement mardi

Au moins 80 personnes avaient été interpellées à Lomé suite à ces manifestations. Dimanche, Eric Dupuy a expliqué que des groupes de défense des droits de l’Homme lui avaient assuré que tous les détenus avaient été relâchés dans la nuit de samedi à dimanche, ce qui n’a pas encore été confirmé par les autorités.

Le parlement togolais doit se réunir mardi pour une session extraordinaire. Le ministre togolais de la Fonction publique, Gilbert Bawara, a toutefois indiqué vendredi qu’il n’était pas certain que les parlementaires, qui devaient normalement rentrer en octobre, auraient le temps de débattre de la réforme en un jour.

Jeuneafrique.com

Présidentielle gabonaise : le rapport de l’UE dénonce des anomalies et préconise des réformes

décembre 12, 2016

La mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE) présente lundi son rapport sur l’élection présidentielle gabonaise, dont Jeune Afrique a obtenu copie.

Le rapport de 65 pages que la MOE s’apprête à rendre public lundi 12 décembre maintient ses critiques quant au résultat de l’élection présidentielle contestée du 27 août, qu’elle estime toujours entachée d’irrégularités.

« Ces anomalies mettent en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l’élection », indique le document, rédigé sur la base des rapports des observateurs de l’UE déployés à l’invitation du Gabon.

La Cour constitutionnelle mise en cause

Principale irrégularité pointée par la MOE : le score d’Ali Bongo Ondimba dans la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo, où le président sortant avait obtenu 95,47% des voix pour un taux de participation de 99,93%, selon les chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur. Des résultats remis en cause par la mission, qui souligne que ceux-ci « ont inversé la tendance constatée par la mission sur la base des résultats annoncés par les gouverneurs des huit autres provinces du pays ».

La Cour constitutionnelle n’est pas épargnée par les critiques de l’UE. Fin septembre, l’instance avait validé la réélection du président sortant après le rejet des recours déposés par l’opposition, dont Jean Ping. La mission « regrette l’opacité dans laquelle la procédure contentieuse des résultats a eu lieu » et déplore que la confrontation des procès-verbaux n’ait « pas été autorisée ». « Le traitement du contentieux par la Cour n’a pas permis de rectifier les anomalies observées lors de la phase de consolidation des résultats », affirme ainsi le rapport.

Les principales recommandations

Conséquence de ces critiques, la mission d’observation dresse une liste de recommandations « en vue des prochaines échéances électorales ». Première prescription : « renforcer l’indépendance de la justice en supprimant le lien de subordination des magistrats à l’égard de l’exécutif ». Mais il faut aussi « assurer la transparence des actes du Ministère de l’intérieur, de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP), de la Cour constitutionnelle et du Conseil national de la communication (CNC) », après que « l’accès aux médias publics et privés a été fortement déséquilibré en faveur du président sortant », ajoute la MOE.

Le rapport dénonce également les coupures et fortes restrictions d’Internet décidées après l’annonce des résultats provisoires. La mission recommande donc de « garantir l’accès non interrompu au réseau internet et aux réseaux sociaux y compris pendant la période électorale et postélectorale afin d’assurer l’exercice effectif de la liberté d’expression ».

« Nous allons prendre le temps d’étudier ces recommandations », a rapidement réagi le ministre gabonais des Affaires étrangères, Pacôme Moubelet-Boubeya (ministre de l’Intérieur pendant l’élection présidentielle), éludant les critiques du rapport.

Menaces contre les membres de la MOE 

En dépit des critiques de la MOE, aucune demande de sanction n’est formulée dans le document, contrairement à ce qu’espérait un temps l’opposition. La MOE avait déjà prévenu que le document ne pouvait en contenir et se limiterait « à l’analyse du processus électoral ». En revanche, le rapport « peut servir comme un document de référence pour informer les relations et la coopération entre le pays hôte de la MOE et l’Union européenne », explique un communiqué de la mission.

« C’est un bon rapport, nous ne sommes pas déçus, pas pour l’instant », fait-on valoir au sein de l’équipe de Jean Ping, qui précise que l’opposant doit rencontrer la délégation européenne en milieu d’après-midi.

Plusieurs fois reportée, la présentation de ces conclusions doit avoir lieu lundi en début d’après-midi en présence de la cheffe de la mission d’observation, l’eurodéputée Mariya Gabriel. Ces derniers mois, les relations entre Libreville et les observateurs européens ont été émaillées de vives tensions. Ce que rappelle d’ailleurs la mission dans son rapport : « La MOE et ses membres ont fait l’objet de menaces, ainsi que d’une campagne visant à porter atteinte à sa crédibilité, dans les réseaux sociaux et dans une partie de la presse gabonaise proche des autorités ».

Jeuneafrique.com