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Entre réfugiés, passeurs et contrebandiers, à Kassala, près de l’Érythrée

juillet 3, 2021

Reportage. À 15 km de la frontière érythréenne, Kassala est le symbole de tout ce que charrie le récent conflit dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie.

Parmi les personnes presentes a Kassala, cette famille Rashaida prend la pose.
Parmi les personnes présentes à Kassala, cette famille Rashaïda prend la pose.© Morgane Wirtz

De hautes montagnes raides cisaillent le ciel. À leur pied, une multitude de petites maisons brunes et vertes : Kassala. L’entrée dans cette ville de l’est du Soudan se fait par une large route goudronnée. Sur les bas-côtés, des garages, de longues files devant les pompes à essence et des centaines de 4×4 Toyota Hilux. « Ce sont les véhicules utilisés par les passeurs », explique Hamit Ibrahim, journaliste local. « L’Érythrée est à 15 kilomètres d’ici. Les habitants de Kassala travaillent principalement dans l’agriculture ou dans la contrebande. Ils transportent tout en Érythrée : du sucre, des céréales, du pétrole, tout », ajoute-t-il.

À l’entrée de la ville de Kassala, des centaines de Toyota Hilux témoignent des activités des contrebandiers (juin 2021).© Morgane Wirtz – Hans Lucas

Aaron* est l’un d’entre eux. Il a 28 ans. Grand de taille, le visage ceint d’une fine barbe, il a fui l’Érythrée il y a trois mois. La contrebande de marchandises vers l’Érythrée lui permet de vivre dans sa ville d’accueil. « J’ai une moto. J’importe du sucre, des confiseries, du Coca et de l’eau », explique-t-il. Aaron utilise des routes frauduleuses, loin des postes de sécurité pour voyager. Il change plusieurs fois de vêtements, se couvre d’un turban pour passer pour un Soudanais. « Tu peux gagner de l’argent là-dedans, mais c’est très dangereux. S’ils m’attrapent, ils vont me renvoyer en prison », ajoute-t-il.

« Nous ne voyions pas le soleil »

Aaron avait 18 ans lorsqu’il est entré en prison pour la première fois. Sa faute ? Ne pas s’être présenté à l’entraînement militaire. Depuis 1995, la loi érythréenne impose 18 mois de service national à toute personne atteignant sa dernière année de scolarité. Mais dans la pratique, le service militaire est indéterminé et peut durer jusqu’à 15, 20 ans ou plus. « La prison était une expérience très difficile. Nous étions 400 dans une petite pièce. Nous n’avions pas de place pour dormir. Nous ne voyions pas le soleil », se souvient Aaron. Après huit mois, il a passé son entraînement militaire, puis a servi dans l’armée pendant six ans.

« En février dernier, ils ont voulu nous envoyer dans la région d’Omhajer, pour un entraînement, explique le jeune homme. On ne leur a pas fait confiance, parce qu’on sait qu’il n’y a pas d’entraînements dans cette zone. Ils allaient m’envoyer au Tigré pour me battre. C’est une région très dangereuse. Certains sont morts. D’autres ont été arrêtés », ajoute-t-il. Les troupes érythréennes soutiennent les forces nationales de défense éthiopienne dans le conflit en cours au Tigré. Depuis le 4 novembre 2020, une guerre a éclaté dans cette région au nord de l’Éthiopie, opposant le gouvernement fédéral au gouvernement régional tigréen. « J’ai pensé que si je mourais au Tigré, l’État n’allait pas s’occuper de ma famille. Ils n’allaient rien leur donner. Alors, j’ai décidé de fuir », explique Aaron.

Soldate malgré elle

Aster* aussi a fui l’Érythrée et le service national. Elle vit dans la région de Kassala depuis un an et demi. Elle accepte de parler dans un endroit sécurisé, loin des regards et des oreilles indiscrètes. « J’étais très jeune quand j’ai rejoint l’armée, j’avais 18 ans », commence-t-elle. Les soldats l’ont arrêtée sur son lieu de travail pour l’emmener au camp militaire. Elle y est restée près d’un an. « On apprend tout là-bas. On s’entraîne, on manie les armes », explique Aster. Elle porte un long voile mauve, des boucles d’oreilles et un piercing doré dans la narine. Ses ongles sont vernis et ses yeux finement soulignés de khôl. « Ils tirent sur ceux qui essayent de s’enfuir. Je connais quelqu’un qui est mort alors qu’il tentait de s’échapper », ajoute-t-elle. « Toutes sortes de harcèlements ont lieu pendant l’entraînement militaire. Même les très jeunes filles. Ils désignent une femme qui leur plaît. Leur maison est à côté de la nôtre. Et ils nous appellent. Quand le chef nous demande, nous n’avons pas le choix, nous devons le rejoindre », explique la jeune Érythréenne. Une fois son entraînement terminé, Aster a rallié l’armée. « J’étais soldate. Si quelqu’un faisait quelque chose de mal, nous devions l’arrêter. Ce n’était pas mon choix. Je devais le faire. Les décisions ne sont pas entre nos mains », ajoute-t-elle. Épuisée par ce travail forcé et par les pressions subies de la part de ses collègues – tous des hommes –, Aster a profité d’une période de repos pour s’enfuir. Elle a traversé la frontière à pied, en pleine nuit, accompagnée de quelques amies.

Centre de réception

Entre 7 500 et 9 000 personnes arrivent chaque année d’Érythrée, indique la Commission gouvernementale soudanaise pour les réfugiés. Depuis le début du conflit au Tigré, 62 166 réfugiés supplémentaires, principalement des Éthiopiens, ont fui vers la région, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Une partie des nouveaux arrivants érythréens est enregistrée et logée au centre de réception de Wedsherify, avant d’être transférée au camp de réfugiés de Shegarab. Devant la porte de métal blanc du centre, un groupe de femmes aux voiles colorés attendent. « Nous n’avons pas de nourriture, aidez-nous », implore l’une d’entre elles, en montrant ses papiers de demande d’asile.

Derrière la grille, un hangar où une soixantaine de lits, certains défoncés, se juxtaposent. Quelques dizaines de réfugiés sont ici. Certains sont malades. Ils demandent des médicaments. Des enfants jouent entre les couchages. « J’ai 13 ans, explique Khalid. Je suis venu tout seul. Mon frère est en Égypte et il est enregistré comme réfugié auprès des Nations unies. Il a entamé la procédure pour être réinstallé aux Pays-Bas. Moi je veux aller au camp de Shegarab et aussi commencer la procédure », affirme-t-il. Il a profité des vacances scolaires pour traverser la frontière à pied. Un petit garçon souriant se tient à côté de lui. « C’est Salomon, un voisin. Il a huit ans, explique Khalid. Lui aussi, il est venu tout seul. Son père est mort et sa mère a une maladie mentale », explique-t-il. Salomon lève ses grands yeux et demande : « Tu m’emmènes avec toi en Europe ? »

Refuge instable

Dans les centres de réception, tout comme dans les camps de réfugiés, la sécurité et la stabilité sont un réel défi. Des membres des renseignements érythréens et soudanais se mélangent aux réfugiés et aux déserteurs érythréens ou éthiopiens. « Ils menacent de nous déporter, de nous renvoyer en Érythrée. Il y a quatre jours, six personnes ont été emmenées dans un véhicule des forces de sécurité. S’ils essayent de nous attraper, nous allons tenter de fuir, à pied, vers une autre région », indiquent des demandeurs d’asile érythréens.

En bordure de la frontière entre le Soudan et l’Érythrée, une voiture de contrebandiers dépasse un convoi (juin 2021).© Morgane Wirtz – Hans Lucas

La situation géopolitique impacte les réfugiés. « Après que la guerre civile éclate en Éthiopie, les autorités soudanaises ont pensé que c’était le moment opportun pour reconquérir la région d’al-Fashaga. Ils ont attaqué la zone et déplacé les Éthiopiens. À présent, les troupes se rassemblent. Peut-être qu’il y aura une guerre entre les deux pays. Cette situation pourrait affecter les réfugiés qui arrivent ici », prévient Hammit Ibrahim, le journaliste local.

Point de départ

La région de Kassala, c’est aussi une zone où vivent de nombreux Rashaïda. Ils habitent de petits villages ou des maisons modestes, devant lesquelles trônent leurs 4×4. « Les Rashaïda sont riches. Ils travaillent dans tout ce qui rapporte de l’argent ; l’or, les dromadaires et le trafic d’êtres humains », explique Hammit Ibrahim. Jusqu’en 2013, des réfugiés étaient régulièrement enlevés dans la région et envoyés au Sinaï où ils étaient torturés contre rançon. « Il y a toujours cela, mais ça arrive moins souvent. Aujourd’hui, c’est vers le centre du Soudan que les victimes sont emmenées et torturées », ajoute le journaliste.

Avec Point avec par Par notre envoyée spéciale à la frontière érythréenne, Morgane Wirtz

L’actrice américaine Angelina Jolie soutient des réfugiés maliens au Burkina

juin 20, 2021
L'actrice americaine Angelina Jolie soutient des refugies maliens au Burkina
L’actrice américaine Angelina Jolie soutient des réfugiés maliens au Burkina© AFP/OLYMPIA DE MAISMONT

L’actrice américaine Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), est venue soutenir dimanche des milliers de réfugiés maliens ayant fui la violence jihadiste, dans le camp de Goudebou, dans le nord-est du Burkina Faso, a constaté l’AFP.

La star américaine est arrivée au camp de réfugiés de Goudebou à bord d’un hélicoptère, accompagnée du ministre burkinabè des Affaires étrangères Alpha Barry, pour la commémoration de la journée mondiale des réfugiés, célébrée chaque 20 juin.

« Je célèbre cette journée chaque année depuis 40 ans avec des réfugiés dans différents pays, et je n’ai jamais été aussi préoccupée par l’état des déplacements dans le monde qu’aujourd’hui », a déclaré Angelina Jolie, après la visite du vaste camp, situé à une centaine de kilomètres de la frontière malienne.

« La vérité est que nous ne faisons pas la moitié de ce que nous pourrions et devrions faire pour trouver des solutions pour permettre aux réfugiés de rentrer chez eux ou pour soutenir les pays d’accueil », a-t-elle ajouté, appelant à soutenir les pays qui accueillent les réfugiés comme le Burkina Faso.

En mars 2020, après une nouvelle attaque contre le poste de sécurité de ce camp, situé près de Dori, et qui abritait jusqu’à 9.000 réfugiés, ceux qui étaient restés après de précédentes attaques avaient dû fuir à leur tour, occasionnant la fermeture de fait de Goudebou.

Depuis décembre, les autorités burkinabè et le HCR ramènent les réfugiés dans ce camp, après avoir renforcé le dispositif sécuritaire, avec davantage de personnels militaires, plus de patrouilles et à terme la construction d’une caserne.

Entre décembre et juin, près de 11.000 personnes venant de villes du nord du Burkina sont revenues à Goudebou, selon le HCR.

« Les réfugiés sont meurtris car le contexte sécuritaire se dégrade au jour le jour malgré les efforts consentis par les autorités burkinabè, leurs partenaires et les forces de défense et de sécurité dans la région du Sahel », a déclaré le représentant des réfugiés de Goudebou, Wanadine ag Mohamed.

Il a rappelé le drame de Solhan (nord-est du Burkina), au cours duquel 132 personnes selon les autorités et 160 selon des sources locales, ont été tuées dans une attaque menée par des jihadistes présumés dans la nuit du 4 au 5 juin.

Depuis 2012, quelque 22.000 réfugiés de diverses nationalités ont trouvé refuge au Burkina Faso, dont de nombreux Maliens fuyant les exactions des groupes jihadistes dans le nord et le centre de leur pays.

Mais le Burkina est devenu à son tour la cible d’attaques jihadistes depuis 2015, qui ont fait plus de 1.400 morts et contraint un million de personnes à fuir leurs foyers, en raison d’attaques de groupes jiadistes liés à Al-Qaida ou à l’Etat islamique.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Biden va accepter plus de réfugiés après les restrictions imposées par Trump

février 4, 2021

BIDEN VA ACCEPTER PLUS DE RÉFUGIÉS APRÈS LES RESTRICTIONS IMPOSÉES PAR TRUMP

© Reuters/TOM BRENNER 

WASHINGTON (Reuters) – Joe Biden a déclaré jeudi vouloir porter à 125.000 le nombre de réfugiés susceptibles d’être accueillis par les Etats-Unis, soit environ huit fois plus que sous son prédécesseur Donald Trump, qui avait abaissé ce seuil à des niveaux historiquement bas.

S’exprimant au département d’Etat, le président américain a annoncé qu’il promulguerait ce jeudi un décret en ce sens face à « un besoin mondial sans précédent ».

Joe Biden s’est engagé à renouer avec la tradition de terre d’accueil des Etats-Unis, après quatre ans durant lesquels les admissions sur le territoire ont été restreintes par Donald Trump, qui les a abaissées à 15.000 cette année.

« Reconstruire ce qui a été si abîmé prendra du temps, mais c’est précisément ce que nous allons faire », a déclaré Joe Biden, en précisant que ce niveau de 125.000 réfugiés s’appliquerait au cours du prochain exercice budgétaire commençant en octobre 2021.

Dans ce décret, Joe Biden devrait appeler les agences américaines à prendre des mesures pour accélérer le traitement des demandes de réfugiés et pour souligner le rôle joué par le changement climatique dans les migrations de populations à travers le monde, selon deux sources proches du dossier.

Avec Reuters par (Alexandra Alper, Steve Holland et Ted Hesson; version française Camille Raynaud, édité par Bertrand Boucey)

Ethiopie: Le HRC demande l’accès aux camps de réfugiés érythréens du Tigré

décembre 1, 2020

 ETHIOPIE: LE HRC DEMANDE L'ACCÈS AUX CAMPS DE RÉFUGIÉS ÉRYTHRÉENS DU TIGRÉ© Reuters/Baz Ratner

GENEVE (Reuters) – Le Haut Commissariat de l’Onu aux réfugiés (HCR) a demandé mardi aux autorités éthiopiennes l’autorisation d’accéder aux camps de réfugiés érythréens du Tigré qui abritent 96.000 personnes et dont les réserves alimentaires seraient épuisées depuis un mois.

« Notre extrême inquiétude vient du fait que nous entendons parler d’attaques, de combats près des camps. Nous entendons parler d’enlèvements et de renvois forcés, c’est donc très important pour nous d’avoir cet accès pour aller voir ce qui s’est passé là-bas », a déclaré Babar Baloch, porte-parole de l’organisation, lors d’un point de presse.

Selon Addis-Abeba, l’armée éthiopienne a achevé ce week-end la reprise en main de la région dissidente, ce que Debretsion Gebremichael, président du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF), a démenti.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a ordonné le 4 novembre à l’armée d’intervenir dans cette région du nord du pays peuplée de cinq millions d’habitants pour y restaurer l’état de droit après avoir imputé l’attaque d’une base gouvernementale aux forces locales.

Avec Reuters par (Stephanie Nebehay avec Emma Thomasson à Berlin, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault)

Human Right Watch dénonce des disparitions forcées de réfugiés burundais de Tanzanie

novembre 30, 2020

Les services de sécurité tanzaniens ont arrêté arbitrairement, torturé ou fait disparaître de force depuis un an une vingtaine de réfugiés burundais des camps de Tanzanie, a dénoncé lundi 30 novembre l’organisation Human Right Watch (HRW).

La police tanzanienne a «arrêté et fait disparaître de force sept (…) réfugiés et demandeurs d’asile depuis janvier 2020» dont «le sort est toujours inconnu», affirme l’organisation dans un rapport publié lundi.

En outre, «entre octobre 2019 et août 2020, la police et les services de renseignements tanzaniens ont (…) torturé et détenu arbitrairement au moins 11 Burundais pendant plusieurs semaines dans des conditions déplorables dans un poste de police à Kibondo, dans la région de Kigoma» dans le nord-ouest de la Tanzanie, près de la frontière avec le Burundi, explique HRW. «Trois d’entre eux ont été libérés en Tanzanie et les autorités tanzaniennes ont reconduit de force les huit autres au Burundi en août, où ils sont détenus sans chef d’inculpation», poursuit l’organisation de défense des droits de l’Homme qui évoque une possible «collusion entre les agents des deux pays».

Selon les témoignages recueillis par HRW, au moins neuf d’entre eux ont assuré avoir subi des tortures dans les cachots du poste de police de Kibondo. Selon eux, «les policiers et agents des services de renseignements les ont soumis à des chocs électriques, ont frotté leur visage et leurs parties génitales avec du piment et les ont frappés et fouettés». Ceux qui ont été relâchés sont retournés dans les camps de réfugiés, a établi HRW, qui précise que ces arrestations ont eu lieu dans les camps de réfugiés de Mtendeli et Nduta dans la région de Kigoma,

«Les disparitions forcées de réfugiés et de demandeurs d’asile burundais en Tanzanie commises par les autorités tanzaniennes sont des crimes odieux, notamment en raison de l’angoisse et de la souffrance causées aux membres des familles, qui, pour nombre d’entre eux, ont fui des abus similaires au Burundi», dénonce Mausi Segun, directrice de la division Afrique de HRW. Fin octobre, plus de 150.000 réfugiés burundais se trouvaient encore dans trois camps en Tanzanie, alors que près de 100.000 sont rentrés depuis septembre 2017. Plus de 400.000 Burundais avaient fui dans les pays voisins au plus fort de la crise née de la décision de Pierre Nkruunziza, aujourd’hui décédé, de briguer un 3e mandat présidentiel.

«La crainte de subir des violences, d’être arrêtés et d’être expulsés a incité de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile burundais en Tanzanie à quitter le pays», avait conclu HRW dans un rapport de 2019

Par Le Figaro avec AFP

HCR : trois cent un réfugiés burundais rapatriés de la RDC

novembre 12, 2020

Ces réfugiés exilés en République démocratique du Congo (RDC) ont manifesté la volonté de retourner dans leur pays depuis mai 2020.

Les réfugiés burundais retournent chez eux (Ph.Net)

Le processus de rapatriement a été arrêté à la uite de la propagation de la pandémie de covid-19. La RDC et le Burundi ont été obligés de fermer leurs frontières pour contenir cette maladie. Ce qui a aussi interrompu le processus de rapatriement volontaire des refugiés burundais vivant en RDC.

Le trois cent un réfugiés burundais rapatriés chez eux constituent le quatrième convoi de réfugiés à être organisé depuis septembre 2020. Cette opération de rapatriement s’inscrit dans le cadre des solutions durables que propose le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) pour les réfugiés. Près de quarante-huit mille réfugiés burundais vivent dans la province du Sud-Kivu.

Selon le HCR, tous les réfugiés candidats au rapatriement ont été soumis à un examen médical avant leur départ pour le Burundi. Pour les protéger contre la covid-19, ils ont, chacun, reçu des masques faciaux. « A leur arrivée au Burundi, les réfugiés rapatriés sont soumis à un test virologique permettant de déterminer s’ils sont porteurs du virus », précise le HCR dans un communiqué de presse.

À la suite de la présidentielle de mai 2020, des réfugiés ont exprimé leur volonté de bénéficier d’une aide pour faciliter leur retour au Burundi. Cependant, la pandémie du coronavirus a poussé la RDC et le Burundi à fermer leurs frontières pour contenir la propagation du virus, interrompant ainsi le rapatriement volontaire des réfugiés. L’opération de rapatriement volontaire des réfugiés burundais fait suite à un accord tripartite signé en 2009 par le HCR et les gouvernements de la RDC et du Burundi. Pour rappel, depuis septembre 2020, le HCR a assisté près de mille deux cents réfugiés burundais qui sont rentrés chez eux.

Avec Adiac-Congo par Blandine Lusimana 

Le Vatican va ouvrir un centre d’accueil pour réfugiés à Rome

octobre 12, 2020

Un immeuble de Rome appartenant à des religieuses va être transformé en centre d’accueil pour une soixantaine de réfugiés, a annoncé lundi 12 octobre l’aumônier responsable des oeuvres de charité du pape François.

Le cardinal polonais Konrad Krajewski – parfois surnommé le «Robin des bois» du pape par la presse italienne – a précisé dans un communiqué que le centre accueillerait tout particulièrement des femmes seules ou avec enfants, ou encore des familles vulnérables, au cours de leurs premiers mois en Italie après leur arrivée grâce à des couloirs humanitaires.

Le besoin d’accueillir dignement les migrants a été répété par le pape François dans une récente lettre encyclique consacré à la fraternité, a-t-il souligné. L’immeuble romain a été mis gratuitement à la disposition du pape par les soeurs siciliennes de «la Divine Providence de Catane». Le centre d’accueil sera géré par la communauté catholique laïque italienne Sant’Egidio, qui organise depuis 2015 des couloirs humanitaires depuis la Syrie, la Corne de l’Afrique et la Grèce.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: la justice invalide un accord avec les États-Unis sur les réfugiés

juillet 22, 2020

 

La Cour fédérale du Canada a invalidé mercredi un accord controversé passé avec les Etats-Unis, qui oblige les demandeurs d’asile qui tentent de franchir la frontière canadienne à demander d’abord l’asile sur le sol américain. La cour a jugé que cette «Entente sur les tiers pays sûrs», un accord passé en 2004 et dénoncé par des associations de défense des réfugiés, violait la Charte canadienne des droits et libertés. Cette charte prévoit notamment que «chacun à droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne», a rappelé la juge Ann Marie McDonald dans son jugement.

La cour a toutefois suspendu l’application de son jugement pendant six mois, afin de donner au Parlement le temps d’y répondre. L’accord canado-américain stipule qu’une personne demandant l’asile doit déposer sa demande dans le premier pays où elle entre, soit le Canada soit les Etats-Unis. Plusieurs associations de défense des réfugiés et l’opposition au gouvernement de Justin Trudeau l’ont dénoncé à plusieurs reprises. Elles estiment que les Etats-Unis de Donald Trump, qui ont durci les règles en matière d’asile, ne sont plus un «pays sûr» pour les réfugiés.

Le jugement cite notamment le cas d’une femme musulmane originaire d’Ethiopie, Nedira Mustefa, qui a été maintenue à l’isolement pendant une semaine dans un centre de détention américain après avoir été renvoyée par les autorités canadiennes. Elle a décrit l’expérience comme une épreuve «terrifiante» et «psychologiquement traumatisante». «Le Canada ne peut pas fermer les yeux sur les conséquences» de cet accord sur cette femme, écrit la juge. «Tout démontre de façon claire que ceux qui sont renvoyés aux Etats-Unis par les autorités canadiennes sont sanctionnés par une détention.»

Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, des dizaines de milliers de personnes ont franchi la frontière américano-canadienne afin de déposer leur demande d’asile au Canada. La Cour fédérale avait été saisie par plusieurs associations, dont Amnesty International. «L’Entente sur les tiers pays sûrs est à l’origine de graves violations des droits humains depuis plusieurs années, confirmées sans équivoque dans cette décision», s’est félicitée France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnesty Canada francophone. «Cela ne peut pas continuer un jour de plus, d’autant plus que la Covid-19 n’épargne pas les centres de détention de migrantes et migrants aux Etats-Unis», poursuit-elle dans un communiqué transmis à l’AFP. Elle demande en outre à Ottawa de «revenir sur sa décision de fermer la frontière aux demandeurs d’asile» en raison de la pandémie. Une porte-parole du ministre fédéral de la Sécurité publique Bill Blair, a pour sa part indiqué que le gouvernement «évaluait» le jugement, rappelant qu’il n’entrerait pas en vigueur avant fin janvier 2021. «L’accord sur les pays tiers sûrs reste en vigueur», a-t-elle commenté.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: Reprise de la réinstallation des réfugiés et situation du virus en Espagne

juin 18, 2020

Coronavirus: l’ONU reprend ses opérations pour les réfugiés dans des pays tiers

L’ONU a annoncé jeudi la reprise de ses opérations de voyages de réinstallation dans des pays tiers pour les réfugiés, qui étaient suspendues depuis mars en raison de la crise du coronavirus, retardant le départ de quelque 10.000 réfugiés.

Les agences de l’ONU en charge des réfugiés et des migrations ont annoncé ensemble «la reprise des départs en vue d’une réinstallation» pour les réfugiés dont le départ pour des pays tiers a déjà été approuvé

Coronavirus: l’Espagne va revoir en hausse le nombre de morts

Le gouvernement espagnol va réviser à la hausse le nombre de morts du nouveau coronavirus, à «environ 28.000» contre 27.136 actuellement, un chiffre «gelé» depuis début juin, a annoncé jeudi le directeur du centre d’alertes sanitaires.

Le bilan officiel des décès n’a pas bougé depuis le 7 juin, après que les méthodes de comptabilisation des cas et des décès ont été modifiées fin mai. «Malheureusement, nous avons un pourcentage important, aux alentours de 28.000, demain nous donnerons des données plus fiables et plus sûres, mais aux alentours de 28.000 décès», a expliqué Fernando Simon lors de sa conférence de presse quotidienne.

Jusqu’à fin mai, alors que l’épidémie était en net recul, le ministère de la Santé faisait état de 50 à 100 nouveaux décès quotidiens. Mais depuis le changement de méthode, le chiffre est tombé à moins de cinq, voire aucun mort durant plusieurs jours. L’opposition de droite et d’extrême droite accuse le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez de cacher le nombre réel de morts.

Le Dr Simon a reconnu récemment que le nombre total de morts avait été «gelé» en raison de «divergences» dans les chiffres, notamment dues, selon lui, à des retards dans certaines régions. Les régions sont compétentes en matière de santé en Espagne. Le bilan global reste donc inchangé le temps que les régions revoient leurs données.

Le nouveau système de comptabilisaton est censé, selon le gouvernement, permettre de détecter plus rapidement les foyers de contagion en cas de reprise de l’épidémie. L’Institut national de la statistique et un organisme de recherche public ont par ailleurs annoncé fin mai que le pays avait globalement enregistré depuis mi-mars une surmortalité de 43.000 décès par rapport à la moyenne des dix dernières années.

Par Le Figaro avec AFP

Le Canada accorde 27 M$ de plus aux pays accueillant des réfugiés vénézuéliens

mai 26, 2020
© Fournis par La Presse canadienne
OTTAWA — Le Canada a surenchéri sur ses deux rivaux pour un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, mardi, lors d’une conférence internationale portant sur la crise des réfugiés vénézuéliens.Le Canada a accordé 27 millions $ supplémentaires en soutien aux pays d’Amérique du Sud confrontés à cette crise, comparativement aux 6,7 millions $ accordés par la Norvège et 1,5 million $ par l’Irlande.

Ces contributions ont été annoncés lors d’une vidéoconférence de trois heures et demie protégée par mot de passe, au cours de laquelle les représentants de chaque pays se sont tour à tour exprimés sur l’importance de cette cause. Des millions de Vénézuéliens ont trouvé refuge dans les pays voisins, fuyant le gouvernement répressif de Nicolas Maduro.

Il est rare que le Canada se démarque pour ses dépenses sur la scène internationale: sa candidature pour un siège temporaire au puissant Conseil de sécurité de l’ONU est régulièrement critiquée par des experts qui soulignent que la Norvège et l’Irlande dépensent toutes deux beaucoup plus par habitant pour le développement international.

Les deux pays européens déploient également plus de Casques bleus que le Canada dans le cadre des missions de l’ONU, un autre domaine qui est considéré comme crucial pour démontrer son engagement envers les Nations unies.

Les trois pays se disputent deux sièges non permanents pour un mandat de deux ans à partir de l’année prochaine. L’Assemblée générale des Nations Unies doit se prononcer sur la question le mois prochain.

Dans le cadre de sa campagne, le gouvernement de Justin Trudeau a fait moussé son leadership en présentant le Canada comme un acteur clé dans la reconstruction du monde post-pandémie.

La ministre du Développement international, Karina Gould, rapporte que cette nouvelle contribution fait passer le soutien financier du Canada à 80 millions $ au cours des deux dernières années pour les causes humanitaires de l’hémisphère ouest.

L’Union européenne et l’Espagne étaient les hôtes de la conférence de mardi, visant à alléger la pression sur des pays comme la Colombie, le Pérou et l’Équateur, qui subissent les plus grands contrecoups de la deuxième crise de réfugiés en importance sur la planète.

Les systèmes de santé et d’éducation des pays voisins du Venezuela sont mis à rude épreuve, alors qu’ils doivent absorber cinq millions de réfugiés tout en faisant face à la COVID-19.

La ministre colombienne des Affaires étrangères, Claudia Blum, a précisé que son pays avait accueilli 1,8 million de réfugiés vénézuéliens, leur donnant accès aux soins de santé et permettant aux enfants de fréquenter les écoles publiques.

Mme Blum a toutefois ajouté que son pays a besoin de plus d’argent pour faire face au nombre croissant de réfugiés vénézuéliens, qui devrait atteindre 6,5 millions d’ici la fin de l’année, dont 2,4 millions en Colombie.

Le Canada a accepté de tenir la prochaine conférence à cet effet, prévue pour le début de l’année prochaine.

Avec La Presse canadienne par Mike Blanchfield