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Ethiopie: Le HRC demande l’accès aux camps de réfugiés érythréens du Tigré

décembre 1, 2020

 ETHIOPIE: LE HRC DEMANDE L'ACCÈS AUX CAMPS DE RÉFUGIÉS ÉRYTHRÉENS DU TIGRÉ© Reuters/Baz Ratner

GENEVE (Reuters) – Le Haut Commissariat de l’Onu aux réfugiés (HCR) a demandé mardi aux autorités éthiopiennes l’autorisation d’accéder aux camps de réfugiés érythréens du Tigré qui abritent 96.000 personnes et dont les réserves alimentaires seraient épuisées depuis un mois.

« Notre extrême inquiétude vient du fait que nous entendons parler d’attaques, de combats près des camps. Nous entendons parler d’enlèvements et de renvois forcés, c’est donc très important pour nous d’avoir cet accès pour aller voir ce qui s’est passé là-bas », a déclaré Babar Baloch, porte-parole de l’organisation, lors d’un point de presse.

Selon Addis-Abeba, l’armée éthiopienne a achevé ce week-end la reprise en main de la région dissidente, ce que Debretsion Gebremichael, président du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF), a démenti.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a ordonné le 4 novembre à l’armée d’intervenir dans cette région du nord du pays peuplée de cinq millions d’habitants pour y restaurer l’état de droit après avoir imputé l’attaque d’une base gouvernementale aux forces locales.

Avec Reuters par (Stephanie Nebehay avec Emma Thomasson à Berlin, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault)

Human Right Watch dénonce des disparitions forcées de réfugiés burundais de Tanzanie

novembre 30, 2020

Les services de sécurité tanzaniens ont arrêté arbitrairement, torturé ou fait disparaître de force depuis un an une vingtaine de réfugiés burundais des camps de Tanzanie, a dénoncé lundi 30 novembre l’organisation Human Right Watch (HRW).

La police tanzanienne a «arrêté et fait disparaître de force sept (…) réfugiés et demandeurs d’asile depuis janvier 2020» dont «le sort est toujours inconnu», affirme l’organisation dans un rapport publié lundi.

En outre, «entre octobre 2019 et août 2020, la police et les services de renseignements tanzaniens ont (…) torturé et détenu arbitrairement au moins 11 Burundais pendant plusieurs semaines dans des conditions déplorables dans un poste de police à Kibondo, dans la région de Kigoma» dans le nord-ouest de la Tanzanie, près de la frontière avec le Burundi, explique HRW. «Trois d’entre eux ont été libérés en Tanzanie et les autorités tanzaniennes ont reconduit de force les huit autres au Burundi en août, où ils sont détenus sans chef d’inculpation», poursuit l’organisation de défense des droits de l’Homme qui évoque une possible «collusion entre les agents des deux pays».

Selon les témoignages recueillis par HRW, au moins neuf d’entre eux ont assuré avoir subi des tortures dans les cachots du poste de police de Kibondo. Selon eux, «les policiers et agents des services de renseignements les ont soumis à des chocs électriques, ont frotté leur visage et leurs parties génitales avec du piment et les ont frappés et fouettés». Ceux qui ont été relâchés sont retournés dans les camps de réfugiés, a établi HRW, qui précise que ces arrestations ont eu lieu dans les camps de réfugiés de Mtendeli et Nduta dans la région de Kigoma,

«Les disparitions forcées de réfugiés et de demandeurs d’asile burundais en Tanzanie commises par les autorités tanzaniennes sont des crimes odieux, notamment en raison de l’angoisse et de la souffrance causées aux membres des familles, qui, pour nombre d’entre eux, ont fui des abus similaires au Burundi», dénonce Mausi Segun, directrice de la division Afrique de HRW. Fin octobre, plus de 150.000 réfugiés burundais se trouvaient encore dans trois camps en Tanzanie, alors que près de 100.000 sont rentrés depuis septembre 2017. Plus de 400.000 Burundais avaient fui dans les pays voisins au plus fort de la crise née de la décision de Pierre Nkruunziza, aujourd’hui décédé, de briguer un 3e mandat présidentiel.

«La crainte de subir des violences, d’être arrêtés et d’être expulsés a incité de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile burundais en Tanzanie à quitter le pays», avait conclu HRW dans un rapport de 2019

Par Le Figaro avec AFP

HCR : trois cent un réfugiés burundais rapatriés de la RDC

novembre 12, 2020

Ces réfugiés exilés en République démocratique du Congo (RDC) ont manifesté la volonté de retourner dans leur pays depuis mai 2020.

Les réfugiés burundais retournent chez eux (Ph.Net)

Le processus de rapatriement a été arrêté à la uite de la propagation de la pandémie de covid-19. La RDC et le Burundi ont été obligés de fermer leurs frontières pour contenir cette maladie. Ce qui a aussi interrompu le processus de rapatriement volontaire des refugiés burundais vivant en RDC.

Le trois cent un réfugiés burundais rapatriés chez eux constituent le quatrième convoi de réfugiés à être organisé depuis septembre 2020. Cette opération de rapatriement s’inscrit dans le cadre des solutions durables que propose le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) pour les réfugiés. Près de quarante-huit mille réfugiés burundais vivent dans la province du Sud-Kivu.

Selon le HCR, tous les réfugiés candidats au rapatriement ont été soumis à un examen médical avant leur départ pour le Burundi. Pour les protéger contre la covid-19, ils ont, chacun, reçu des masques faciaux. « A leur arrivée au Burundi, les réfugiés rapatriés sont soumis à un test virologique permettant de déterminer s’ils sont porteurs du virus », précise le HCR dans un communiqué de presse.

À la suite de la présidentielle de mai 2020, des réfugiés ont exprimé leur volonté de bénéficier d’une aide pour faciliter leur retour au Burundi. Cependant, la pandémie du coronavirus a poussé la RDC et le Burundi à fermer leurs frontières pour contenir la propagation du virus, interrompant ainsi le rapatriement volontaire des réfugiés. L’opération de rapatriement volontaire des réfugiés burundais fait suite à un accord tripartite signé en 2009 par le HCR et les gouvernements de la RDC et du Burundi. Pour rappel, depuis septembre 2020, le HCR a assisté près de mille deux cents réfugiés burundais qui sont rentrés chez eux.

Avec Adiac-Congo par Blandine Lusimana 

Le Vatican va ouvrir un centre d’accueil pour réfugiés à Rome

octobre 12, 2020

Un immeuble de Rome appartenant à des religieuses va être transformé en centre d’accueil pour une soixantaine de réfugiés, a annoncé lundi 12 octobre l’aumônier responsable des oeuvres de charité du pape François.

Le cardinal polonais Konrad Krajewski – parfois surnommé le «Robin des bois» du pape par la presse italienne – a précisé dans un communiqué que le centre accueillerait tout particulièrement des femmes seules ou avec enfants, ou encore des familles vulnérables, au cours de leurs premiers mois en Italie après leur arrivée grâce à des couloirs humanitaires.

Le besoin d’accueillir dignement les migrants a été répété par le pape François dans une récente lettre encyclique consacré à la fraternité, a-t-il souligné. L’immeuble romain a été mis gratuitement à la disposition du pape par les soeurs siciliennes de «la Divine Providence de Catane». Le centre d’accueil sera géré par la communauté catholique laïque italienne Sant’Egidio, qui organise depuis 2015 des couloirs humanitaires depuis la Syrie, la Corne de l’Afrique et la Grèce.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: la justice invalide un accord avec les États-Unis sur les réfugiés

juillet 22, 2020

 

La Cour fédérale du Canada a invalidé mercredi un accord controversé passé avec les Etats-Unis, qui oblige les demandeurs d’asile qui tentent de franchir la frontière canadienne à demander d’abord l’asile sur le sol américain. La cour a jugé que cette «Entente sur les tiers pays sûrs», un accord passé en 2004 et dénoncé par des associations de défense des réfugiés, violait la Charte canadienne des droits et libertés. Cette charte prévoit notamment que «chacun à droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne», a rappelé la juge Ann Marie McDonald dans son jugement.

La cour a toutefois suspendu l’application de son jugement pendant six mois, afin de donner au Parlement le temps d’y répondre. L’accord canado-américain stipule qu’une personne demandant l’asile doit déposer sa demande dans le premier pays où elle entre, soit le Canada soit les Etats-Unis. Plusieurs associations de défense des réfugiés et l’opposition au gouvernement de Justin Trudeau l’ont dénoncé à plusieurs reprises. Elles estiment que les Etats-Unis de Donald Trump, qui ont durci les règles en matière d’asile, ne sont plus un «pays sûr» pour les réfugiés.

Le jugement cite notamment le cas d’une femme musulmane originaire d’Ethiopie, Nedira Mustefa, qui a été maintenue à l’isolement pendant une semaine dans un centre de détention américain après avoir été renvoyée par les autorités canadiennes. Elle a décrit l’expérience comme une épreuve «terrifiante» et «psychologiquement traumatisante». «Le Canada ne peut pas fermer les yeux sur les conséquences» de cet accord sur cette femme, écrit la juge. «Tout démontre de façon claire que ceux qui sont renvoyés aux Etats-Unis par les autorités canadiennes sont sanctionnés par une détention.»

Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, des dizaines de milliers de personnes ont franchi la frontière américano-canadienne afin de déposer leur demande d’asile au Canada. La Cour fédérale avait été saisie par plusieurs associations, dont Amnesty International. «L’Entente sur les tiers pays sûrs est à l’origine de graves violations des droits humains depuis plusieurs années, confirmées sans équivoque dans cette décision», s’est félicitée France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnesty Canada francophone. «Cela ne peut pas continuer un jour de plus, d’autant plus que la Covid-19 n’épargne pas les centres de détention de migrantes et migrants aux Etats-Unis», poursuit-elle dans un communiqué transmis à l’AFP. Elle demande en outre à Ottawa de «revenir sur sa décision de fermer la frontière aux demandeurs d’asile» en raison de la pandémie. Une porte-parole du ministre fédéral de la Sécurité publique Bill Blair, a pour sa part indiqué que le gouvernement «évaluait» le jugement, rappelant qu’il n’entrerait pas en vigueur avant fin janvier 2021. «L’accord sur les pays tiers sûrs reste en vigueur», a-t-elle commenté.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: Reprise de la réinstallation des réfugiés et situation du virus en Espagne

juin 18, 2020

Coronavirus: l’ONU reprend ses opérations pour les réfugiés dans des pays tiers

L’ONU a annoncé jeudi la reprise de ses opérations de voyages de réinstallation dans des pays tiers pour les réfugiés, qui étaient suspendues depuis mars en raison de la crise du coronavirus, retardant le départ de quelque 10.000 réfugiés.

Les agences de l’ONU en charge des réfugiés et des migrations ont annoncé ensemble «la reprise des départs en vue d’une réinstallation» pour les réfugiés dont le départ pour des pays tiers a déjà été approuvé

Coronavirus: l’Espagne va revoir en hausse le nombre de morts

Le gouvernement espagnol va réviser à la hausse le nombre de morts du nouveau coronavirus, à «environ 28.000» contre 27.136 actuellement, un chiffre «gelé» depuis début juin, a annoncé jeudi le directeur du centre d’alertes sanitaires.

Le bilan officiel des décès n’a pas bougé depuis le 7 juin, après que les méthodes de comptabilisation des cas et des décès ont été modifiées fin mai. «Malheureusement, nous avons un pourcentage important, aux alentours de 28.000, demain nous donnerons des données plus fiables et plus sûres, mais aux alentours de 28.000 décès», a expliqué Fernando Simon lors de sa conférence de presse quotidienne.

Jusqu’à fin mai, alors que l’épidémie était en net recul, le ministère de la Santé faisait état de 50 à 100 nouveaux décès quotidiens. Mais depuis le changement de méthode, le chiffre est tombé à moins de cinq, voire aucun mort durant plusieurs jours. L’opposition de droite et d’extrême droite accuse le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez de cacher le nombre réel de morts.

Le Dr Simon a reconnu récemment que le nombre total de morts avait été «gelé» en raison de «divergences» dans les chiffres, notamment dues, selon lui, à des retards dans certaines régions. Les régions sont compétentes en matière de santé en Espagne. Le bilan global reste donc inchangé le temps que les régions revoient leurs données.

Le nouveau système de comptabilisaton est censé, selon le gouvernement, permettre de détecter plus rapidement les foyers de contagion en cas de reprise de l’épidémie. L’Institut national de la statistique et un organisme de recherche public ont par ailleurs annoncé fin mai que le pays avait globalement enregistré depuis mi-mars une surmortalité de 43.000 décès par rapport à la moyenne des dix dernières années.

Par Le Figaro avec AFP

Le Canada accorde 27 M$ de plus aux pays accueillant des réfugiés vénézuéliens

mai 26, 2020
© Fournis par La Presse canadienne
OTTAWA — Le Canada a surenchéri sur ses deux rivaux pour un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, mardi, lors d’une conférence internationale portant sur la crise des réfugiés vénézuéliens.Le Canada a accordé 27 millions $ supplémentaires en soutien aux pays d’Amérique du Sud confrontés à cette crise, comparativement aux 6,7 millions $ accordés par la Norvège et 1,5 million $ par l’Irlande.

Ces contributions ont été annoncés lors d’une vidéoconférence de trois heures et demie protégée par mot de passe, au cours de laquelle les représentants de chaque pays se sont tour à tour exprimés sur l’importance de cette cause. Des millions de Vénézuéliens ont trouvé refuge dans les pays voisins, fuyant le gouvernement répressif de Nicolas Maduro.

Il est rare que le Canada se démarque pour ses dépenses sur la scène internationale: sa candidature pour un siège temporaire au puissant Conseil de sécurité de l’ONU est régulièrement critiquée par des experts qui soulignent que la Norvège et l’Irlande dépensent toutes deux beaucoup plus par habitant pour le développement international.

Les deux pays européens déploient également plus de Casques bleus que le Canada dans le cadre des missions de l’ONU, un autre domaine qui est considéré comme crucial pour démontrer son engagement envers les Nations unies.

Les trois pays se disputent deux sièges non permanents pour un mandat de deux ans à partir de l’année prochaine. L’Assemblée générale des Nations Unies doit se prononcer sur la question le mois prochain.

Dans le cadre de sa campagne, le gouvernement de Justin Trudeau a fait moussé son leadership en présentant le Canada comme un acteur clé dans la reconstruction du monde post-pandémie.

La ministre du Développement international, Karina Gould, rapporte que cette nouvelle contribution fait passer le soutien financier du Canada à 80 millions $ au cours des deux dernières années pour les causes humanitaires de l’hémisphère ouest.

L’Union européenne et l’Espagne étaient les hôtes de la conférence de mardi, visant à alléger la pression sur des pays comme la Colombie, le Pérou et l’Équateur, qui subissent les plus grands contrecoups de la deuxième crise de réfugiés en importance sur la planète.

Les systèmes de santé et d’éducation des pays voisins du Venezuela sont mis à rude épreuve, alors qu’ils doivent absorber cinq millions de réfugiés tout en faisant face à la COVID-19.

La ministre colombienne des Affaires étrangères, Claudia Blum, a précisé que son pays avait accueilli 1,8 million de réfugiés vénézuéliens, leur donnant accès aux soins de santé et permettant aux enfants de fréquenter les écoles publiques.

Mme Blum a toutefois ajouté que son pays a besoin de plus d’argent pour faire face au nombre croissant de réfugiés vénézuéliens, qui devrait atteindre 6,5 millions d’ici la fin de l’année, dont 2,4 millions en Colombie.

Le Canada a accepté de tenir la prochaine conférence à cet effet, prévue pour le début de l’année prochaine.

Avec La Presse canadienne par Mike Blanchfield

Un troisième camp de réfugiés en Grèce frappé par le coronavirus

avril 21, 2020

Cent cinquante migrants, hébergés dans un hôtel dans le sud de la Grèce, ont été diagnostiqués positifs au nouveau coronavirus mardi 21 avril, quelques heures après l’annonce d’un plan de levée du confinement en vigueur dans le pays pour freiner la propagation du virus.

L’hôtel, placé en isolement depuis le 16 avril, est le troisième établissement de réfugiés confiné après ceux de Ritsona et Malakasa, au début du mois. Des tests de contamination ont été menés dans cet hôtel, qui abrite 470 réfugiés, après qu’une femme enceinte a été diagnostiquée porteuse du virus la semaine dernière, selon le ministère de l’Immigration.

«Aucune raison de paniquer»

Les résultats montrent que 150 personnes ont été contaminées mais aucune n’a développé les symptômes du COVID-19, a déclaré le ministre adjoint de la Protection civile, Nikos Chardalias, ajoutant qu’il n’y avait «aucune raison de paniquer».

La Grèce a fait état à ce stade de 2245 contaminations au coronavirus et de 116 morts dans l’ensemble du pays. Mardi, le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas, a déclaré à la presse qu’Athènes travaillait sur un plan de déconfinement progressif, qui prévoit notamment la reprise des services judiciaires à partir du 27 avril. (Lefteris Papadimas et Renee Maltezou; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot

Par Le Figaro avec Reuters

Canada-Parrainage de réfugiés : Québec mettra fin au système de messagers

janvier 21, 2020

 

Un homme se penche sur des boîtes de documents.
© Ivanoh Demers Un homme se penche sur des boîtes de documents.
 

C’est la dernière fois que le système de messagers sera utilisé pour déposer des candidatures, assure Québec.

Attendu de pied ferme par les journalistes mardi matin dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le ministre Jolin-Barrette a reconnu d’entrée de jeu que le dépôt des demandes de parrainage ne s’était pas bien déroulé en début de semaine.

Le ministre a assuré du même souffle que son ministère reverra en profondeur le processus de dépôt des demandes de parrainage de réfugiés pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise. Mais comme la demande est très forte, il y aura malgré tout toujours des mécontents, a prévenu Simon Jolin-Barrette.

Il faut comprendre qu’il y a un nombre limité de places pour les réfugiés, soit 750 pour cette année. Ça faisait un an et demi que le programme était fermé. J’ai rouvert le programme tel qu’il était sous le Parti libéral, et manifestement il y a des améliorations à apporter et je vais les faire, a-t-il assuré.

Un processus chaotique

Le nombre de dossiers acceptés étant restreint, des dizaines de personnes qui désiraient parrainer des réfugiés ont dû attendre tout le week-end dans des locaux aménagés à la hâte au ministère de l’Immigration, à Montréal, pour conserver une place dans la file d’attente jusqu’à l’ouverture des bureaux lundi matin.

Comme Québec a exigé que les demandeurs aient recours à un service de messagerie pour livrer leur dossier au ministère, nombre d’entre eux ont fait la file toute la fin de semaine pour conserver leur place, qu’ils ont cédée ensuite à leur messager. D’autres ont payé des coursiers à fort prix pour faire la file toute la fin de semaine.

Certains coursiers déposaient plus d’une dizaine de demandes à la fois, ce qui a provoqué beaucoup de frustration chez les demandeurs. D’autres personnes ont aussi été vues en train d’acheter littéralement des places dans la file d’attente en payant plusieurs milliers de dollars.

Le ministre assure que des enquêtes ont été ouvertes sur les dénonciations de corruption et d’intimidation dans la file d’attente qui ont été rapportées par des demandeurs lors du week-end dernier.

Jolin-Barrette se défend de manquer d’humanité

Accusé dans les médias de manquer d’empathie et d’humanité, notamment dans ses politiques sur l’Immigration, Simon Jolin-Barrette s’est défendu en expliquant que dès qu’il avait appris qu’il y avait une file d’attente à l’extérieur ce week-end, il a immédiatement ordonné que des locaux soient ouverts et aménagés à l’intérieur du ministère de sorte que les gens n’aient pas à attendre dehors par grand froid.

S’il a attendu jusqu’à tard lundi avant de réagir, c’est qu’il voulait voir comment allait se dérouler le dépôt des demandes et faire le point avec son équipe avant de présenter sa réaction publique, a-t-il ajouté.

Simon Jolin-Barrette n’a émis qu’une déclaration ministérielle hier en fin de journée pour commenter les événements qui affectaient son ministère.

Legault protège son ministre

La façon de faire du ministre Jolin-Barrette a été avalisée par le premier ministre François Legault, qui a pris sa défense tout en reconnaissant qu’il y [avait] beaucoup de travail à faire au ministère de l’Immigration.

Simon Jolin-Barrette, c’est un des meilleurs ministres. C’est l’un des jeunes les plus prometteurs en politique, a-t-il affirmé. Il travaille beaucoup d’heures par semaine, mais il y a tellement de choses à corriger…

Simon c’est quelqu’un de rigoureux, il voulait bien comprendre le dossier. Il a réuni son équipe hier pour bien comprendre aussi quelles étaient les alternatives à ce « premier arrivé premier servi », a ajouté le premier ministre.

Écoutez, on est en train de corriger 15 années où il y a eu du laisser-faire et où il n’y a pas eu d’amélioration, a tenu à rappeler François Legault en se défendant de se cacher derrière le bilan des libéraux.

Considérant le fait que des centaines de milliers de personnes veulent venir s’établir chaque année au Québec, le premier ministre Legault a expliqué que le Québec n’a pas les capacités économiques et les infrastructures d’intégration nécessaires pour accepter tous ces gens.

C’est pourquoi le système de dépôt des demandes devra être revu et amélioré rapidement pour gérer plus harmonieusement le flot de demandes en provenance de l’immigration économique, de la réunification des familles et des demandes des réfugiés, a réitéré le chef du gouvernement caquiste.

Avec Radio-Canada.ca par Stéphane Bordeleau

Les pays occidentaux tardent à accueillir des réfugiés de Libye, selon l’ONU

septembre 13, 2019

 

Les pays occidentaux tardent à tenir leur engagement à accueillir et réinstaller les réfugiés et demandeurs d’asile bloqués en Libye ou au Niger voisin, estime un haut responsable de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

La Libye, où transitent 90% des personnes voulant traverser la Méditerranée pour gagner l’Europe, héberge près de 50.000 réfugiés et demandeurs d’asile, selon le HCR qui les enregistre.

Au 1er septembre 2019, quatorze pays – le Canada, la France, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Finlande, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg, l’Espagne, la Belgique – ont promis d’accueillir certains de ces réfugiés et demandeurs d’asile, mais tardent à mettre leur promesse à exécution, déplore l’envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel.

Certains «pays peuvent avoir l’impression (…) qu’il n’y a plus d’urgence»

«Aujourd’hui, on est proches de la moitié» des 6606 promesses de réinstallation – une installation permanente dans un pays tiers – «qui ont été réalisées», a-t-il dit à l’AFP en marge d’un forum régional tenu cette semaine à Bamako sur les déplacés du Sahel. Certains «pays n’accélèrent pas leurs procédures ou peuvent avoir l’impression, quand des gens arrivent au Niger, qu’il n’y a plus d’urgence», dit-il.

«Nous avons aussi au HCR des lenteurs dues à un travail en profondeur pour faire parler les gens, vérifier leurs parcours», ajoute Vincent Cochetel. Le responsable du HCR se réjouit par ailleurs de la décision mardi du Rwanda d’accueillir des réfugiés et demandeurs d’asile de Libye sur son sol en attendant qu’ils trouvent un pays d’asile définitif. «On invite d’autres pays à se joindre à eux, mais c’est compliqué à négocier», dit-il, reconnaissant que «ça prend du temps et ça coûte cher».

Le chaos qui a suivi la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a fait de la Libye la voie privilégiée pour les migrants originaires d’Afrique de l’Est, du Sahel et du Moyen-Orient cherchant à rejoindre l’Europe.

Le HCR a appelé il y a deux ans la communauté internationale à accueillir des milliers de personnes en besoin urgent d’évacuation, soit parce qu’elles sont enfermées dans des conditions très dures dans des centres de rétention libyens, soit parce qu’elles sont très vulnérables. Une partie d’entre eux, évacués de Libye, attendent dans un centre de transit au Niger.

Le besoin de réinstallation est devenu plus pressant en 2019 avec l’intensification des hostilités dans la Libye en guerre, selon le HCR.

Par Le Figaro.fr avec AFP