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Canada-Visas étudiants refusés : un rapport fédéral évoque de possibles « préjugés raciaux »

juin 4, 2022

Un comité parlementaire interpelle Immigration Canada au sujet des « nombreux obstacles » rencontrés par les demandeurs en provenance de l’Afrique francophone.

Les bureaux d'Immigration Canada.

Un rapport fédéral réclame des changements d’envergure à Immigration Canada, notamment en ce qui a trait au traitement des demandes de permis d’études déposées par des étudiants étrangers francophones. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

« Différences systémiques », décisions « souvent arbitraires » : le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer les taux de refus « élevés » des demandes de permis d’études déposées par des étudiants africains francophones.

Ce comité vient de rendre public, sans tambour ni trompette, un rapport qui tape sur les doigts d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Une liste de 35 recommandations a été produite afin de revoir essentiellement le recrutement et l’acceptation d’étudiants étrangers, principalement au Québec.

Comme l’avait expliqué Radio-Canada l’automne dernier, les taux de refus de ces permis d’études, délivrés par Ottawa, ont bondi au Québec au cours des dernières années.

La proportion de rejet, pour des étudiants en provenance de l’Algérie, de la République démocratique du Congo, du Togo, du Sénégal ou encore du Cameroun peut avoisiner ou dépasser les 80 %.

Composé d’élus de toutes les allégeances politiques, ce comité fédéral a interrogé, du 1er février au 1er mars dernier, plus de 30 témoins, y compris le ministre de l’Immigration, Sean Fraser.Des étudiants marchent dans un corridor d'une université.

Les taux de refus des demandes d’étudiants qui proviennent de certains pays d’Afrique de l’Ouest et qui souhaitent étudier au Québec ou dans un établissement francophone canadien dépassent les 80 %. Photo : Radio-Canada/Sarah Déry

De nombreux obstacles pour les étudiants étrangers

Ce rapport confirme les nombreux obstacles rencontrés par ces étudiants francophones africains qui souhaitent étudier en français au Québec ou dans un établissement francophone dans une autre province canadienne.

« Si les ressortissants du continent africain peuvent jouer un rôle dans la pérennité de communautés francophones au Québec et dans le reste du Canada, les étudiants originaires d’Afrique ont beaucoup de difficulté à venir étudier au pays. »— Une citation de  Extrait du rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration

Ces étudiants pourraient être tentés d’aller ailleurs, comme en France, qui livre une forte concurrence au Canada pour attirer des étudiants francophones, souligne ce rapport tout en évoquant les conséquences concrètes de cette réalité.

Pour plusieurs établissements, accueillir des étudiants étrangers permet d’avoir une plus grande marge de manœuvre financière et, parfois, d’assurer leur survie dans certaines régions.

« Le manque d’étudiants étrangers est durement ressenti par les communautés d’accueil et aussi par les étudiants canadiens, qui risquent de ne pas avoir accès à certains programmes à cause des problèmes d’inscription. »— Une citation de  Extrait du rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration

Comment explique-t-on ces taux de refus élevés? Les décisions des agents de visas d’IRCC pourraient être teintées par des préjugés raciaux, est-il écrit dans ce rapport, qui rappelle aussi que des employés d’IRCC ont déjà fait état de tels problèmes.

La publication de données sur les résultats des formations antiracistes et anti-oppression entreprises par le ministère devrait être faite, suggère ce comité, qui demande aussi à Immigration Canada de fournir un plan détaillé […] en vue de favoriser l’atteinte des objectifs d’immigration francophone et de remédier à la pénurie de main-d’œuvre qui sévit au Canada, y compris au Québec.

Une directive devrait aussi être envoyée à tous les bureaux canadiens des visas pour leur rappeler les obligations du gouvernement fédéral en matière d’immigration francophone, mentionne-t-on.

Ce rapport demande aussi à IRCC de revoir les critères d’un programme destiné aux étudiants du Nigeria et de réévaluer ses exigences financières.

À l’heure actuelle, pour venir au Canada, les ressortissants de ce pays doivent démontrer qu’ils ont l’équivalent de 30 000 $ canadiens dans leur compte bancaire, contre 10 000 $ pour les étudiants d’autres pays.

La création d’un ombudsman est recommandée

Réclamée depuis plusieurs années, notamment par le Bloc québécois, qui est aussi à l’origine de ce rapport, la création d’un ombudsman à Immigration Canada fait partie des recommandations du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration. Un ombudsman permettrait de superviser les activités et les politiques du ministère en matière d’immigration.Sean Fraser parle assis à une table de presse.

Le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, a déjà affirmé être ouvert à certains changements au sein de son ministère. Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Vérification et surveillance du système Chinook

Utilisé pour traiter les demandes de permis d’études par Immigration Canada, le système informatique Chinook est également dans le viseur de ce comité, qui veut plus d’informations et plus de transparence au sujet de ce logiciel.

Dénoncé par plusieurs experts et élus au cours des derniers mois, Chinook a été mis en œuvre en mars 2018 par le ministère fédéral de l’Immigration pour étudier les dossiers et pour en accélérer le traitement.

Certains témoins ont fait part de leurs préoccupations quant à l’utilisation de Chinook, un programme informatique utilisé […] pour afficher sur un seul écran une série de demandes ainsi que les documents connexes, peut-on lire dans ce rapport.

Si Chinook ne peut pas, à lui seul, rendre des décisions et refuser des demandes, les élus membres de ce comité permanent estiment que les fonctions de ce logiciel pourraient avoir une influence sur les décisions, et ce, à l’insu d’IRCC.

Ainsi, par exemple, aucune évaluation de l’impact algorithmique n’a été faite, peut-on lire dans ce document, qui réclame la vérification de Chinook par une tierce partie et la surveillance indépendante de cet outil.

Interrogé par Radio-Canada, le cabinet du ministre Sean Fraser a sobrement indiqué avoir pris connaissance de ces recommandations.

Nous allons étudier le rapport et allons déposer une réponse officielle à une date ultérieure, a précisé une porte-parole.

Au cours de son audition auprès de ce comité, le ministre Fraser avait fait preuve d’ouverture à certains changements tout en évoquant la volonté d’avoir plus de souplesse dans l’étude des demandes de permis d’études.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Congo: Pourquoi les policiers et gendarmes escrocs de la RN1 refusent-ils les 2000 frs d’un chauffeur Béembé ?

mai 21, 2022
 Pourquoi les policiers et gendarmes escrocs de la RN1 refusent-ils les 2000 frs d’un chauffeur Béembé ?

Sur la RN1 entre Mouyondzi et Pointe-Noire, tous les policiers et gendarmes habitués à arnaquer les conducteurs ont boycotté un chauffeur au nom de Nazaire Mpika qu’ils soupçonnent d’être un sorcier. Aucun policier et gendarme n’ose prendre le billet de 2000 frs qu’il tend à chaque contrôle. Il semblerait que cet argent aurait perturbé le sommeil des agents.

Le véhicule conduit par le Béembé Nazaire Mpika est sans doute l’unique qui fait Mouyondzi – Pointe Noire et vice versa sans rencontrer aucune difficulté lors des contrôles routiers. Après avoir souffert des tracasseries des policiers sur la RN1, Nazaire Mpika avait décidé d’en finir avec en travaillant tous les billets de 2000 frs qu’il leurs remettait.

Les policiers voleurs victimes du Béembé racontent comment parfois les 2000 frs disparaissent dans leurs poches ou dans les portes-monnaies de leurs épouses. Un policier raconte que dans un bar de Dolisie au moment de payer sa consommation, son billet de 2000 frs s’est transformé en du papier simple et on l’a traité de bandit par les serveurs.

Des choses mystiques qui ont poussé ces policiers à fermer les yeux sur le véhicule du Béembé Nazaire Mpika. Le chauffeur s’en félicite d’ailleurs et parfois s’amuse à tendre un billet de 2000 frs aux policiers sans qu’on ne le lui demande. Les policiers refusent toujours.

Sur la RN1, en dehors des péages, les forces de l’ordre ont érigé des barrages que tout conducteur ne doit franchir que moyennant un billet de banque. Les véhicules qui transportent les produits agricoles des pays du Niari sont les premières victimes de cette escroquerie policière.

Entre Mouyondzi et Nkayi, les gendarmes par exemple exigent un pot-de -vin de 15000 frs à tout camion chargé de marchandises. Une libération pour Nazaire Mpika qui peut désormais s’en passer grâce à ses billets de 2000 frs composés.

Avec Lecongolais.fr

Guerre en Ukraine : le G7 s’engage à ne plus acheter de pétrole russe

mai 8, 2022

Les pays du G7 se sont engagés dimanche à supprimer progressivement les importations de pétrole russe afin de priver Moscou de ses revenus.

Emmanuel Macron participe a une visioconference avec les dirigeants du G7 sur l'Ukraine a l'Elysee a Paris, le 8 mai 2022.
Emmanuel Macron participe à une visioconférence avec les dirigeants du G7 sur l’Ukraine à l’Élysée à Paris, le 8 mai 2022. 
 © THIBAULT CAMUS / POOL / AFP

Dimanche 8 mai, le G7 s’est engagé à interdire ou supprimer progressivement les importations de pétrole russe. Selon la Maison-Blanche, cette décision va porter « un coup dur » à la principale artère irriguant l’économie de Vladimir Poutine en le privant des revenus dont il a besoin pour « financer sa guerre » contre l’Ukraine.

L’exécutif américain ne précise pas quels engagements exactement a pris chacun des membres du G7, à savoir l’Allemagne (qui en a la présidence cette année), le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Le G7 tenait dimanche, en visioconférence, sa troisième réunion de l’année, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le choix de la date est hautement symbolique : les Européens célèbrent le 8 mai la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe.

Un embargo sur le pétrole russe

Cette réunion de dimanche se tient par ailleurs à la veille de la parade militaire du 9 mai en Russie, qui marque la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie. Les Occidentaux font preuve jusqu’ici d’une très étroite coordination dans leurs annonces de sanctions contre la Russie, mais n’avancent pas au même rythme quand il s’agit de pétrole et de gaz russes. Les États-Unis, qui n’en étaient pas de grands consommateurs, ont d’ores et déjà interdit l’importation d’hydrocarbures russes.

Les États membres de l’Union européenne, sous pression pour se joindre au mouvement, mais beaucoup plus dépendants de la Russie, continuaient dimanche à mener d’intenses tractations pour mettre en place un embargo sur le pétrole russe. Washington a par ailleurs annoncé une nouvelle salve de sanctions contre la Russie, autour de deux axes majeurs : les médias et l’accès des entreprises et des grandes fortunes russes aux services de conseil et de comptabilité dont les Américains et les Britanniques sont les grands spécialistes mondiaux.

Les médias pro-Kremlin sanctionnés

Les États-Unis vont sanctionner les chaînes de télévision Pervy Kanal, Rossiïa-1, et NTV. Il sera interdit à toute entreprise américaine de les financer par de la publicité ou de leur vendre des équipements. Autre axe d’attaque de Washington : interdire la prestation de services d’audit, de management, de conseil, de marketing, tous les services utilisés pour faire fonctionner des entreprises multinationales, mais aussi potentiellement pour contourner les sanctions ou dissimuler des richesses mal acquises.

Par Radio-Cnada avec AFP

Le G7 refuse de payer le gaz russe en roubles

mars 28, 2022

Gazprom fournit environ 40 % du gaz importé de l’Europe. Photo: Reuters/Maxim Shemetov

Les ministres de l’Énergie du G7 rejettent l’exigence du président russe, Vladimir Poutine, d’un paiement en roubles du gaz russe vendu par Moscou aux pays « inamicaux », a déclaré lundi le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, après des discussions avec ses homologues.

Tous les ministres du G7 se sont accordés sur le fait qu’il s’agissait d’une rupture unilatérale claire des contrats existants, a-t-il dit après une réunion en visioconférence.

Ils ont souligné une nouvelle fois que les contrats conclus étaient valides et que les entreprises devaient les respecter […]. Le paiement en roubles est inacceptable et nous appelons les entreprises concernées à ne pas se plier à l’exigence de Poutine, a-t-il ajouté.

La tentative de Poutine de nous diviser est évidente, mais comme vous pouvez le constater au vu de cette grande unité et de cette détermination, nous ne nous laisserons pas diviser.

La semaine dernière, le président russe a demandé à ce que les pays jugés inamicaux payent leurs achats de gaz et de pétrole russes en roubles, la monnaie nationale russe.

Le Kremlin a donc demandé au gouvernement, à la banque centrale russe et à Gazprom, qui fournit 40 % du gaz importé dans l’Union européenneUE, de lui soumettre d’ici au 31 mars des propositions visant à permettre le règlement en roubles.

Nous n’allons pas fournir de gaz gratuitement, c’est très clair, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, pendant une conférence téléphonique.

Dans notre situation, il n’est ni possible ni approprié de faire de la charité, a-t-il ajouté.

Cette décision du Kremlin vise à soutenir la monnaie nationale russe sur les marchés alors qu’une partie des réserves de la banque centrale est bloquée par les sanctions décrétées par les pays occidentaux en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Les pays membres de l’Union européenne, dont l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, qui sont de gros importateurs d’hydrocarbures russes, se sont fixé comme objectif de s’en passer totalement d’ici à 2027. D’ici la fin de l’année, ils ambitionnent même de couper leur dépendance du deux tiers.

Vendredi, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient faire en sorte de fournir 15 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié à l’Union européenneUE cette année, soit 10 % du gaz russe qu’elle importe. Les usines de liquéfaction américaine tournant déjà à plein régime, ces livraisons se feront au détriment d’autres pays, ont cependant souligné plusieurs experts.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

Centrafrique : Touadéra lance son dialogue« républicain » sans opposition ni rebelles

mars 23, 2022
Faustin-Archange Touadéra, le 30 mars 2021, lors de son investiture pour un second mandat à la tête de la Centrafrique. © Adrienne Surprenant/AP/SIPA

Le dialogue de réconciliation nationale promis de longue date par le président Faustin-Archange Touadéra s’est ouvert lundi. Il ne devrait cependant pas aboutir à des avancées notables : les groupes armés n’y ont pas été conviés, et l’opposition boycotte les discussions.

Il y a six jours, Faustin-Archange Touadéra avait annoncé, à la surprise générale, que le « Dialogue républicain » avec l’opposition et la société civile, promis il y a quinze mois, au lendemain de sa réélection contestée, aurait lieu lundi, mais avec un programme et des objectifs restés très vagues pour des débats prévus sur une semaine seulement.

Devant plusieurs centaines de participants de la majorité, de la société civile et de personnalités invitées à la cérémonie d’ouverture dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le chef de l’État a lancé les discussions ce lundi. Encadré par deux membres russes de sa garde rapprochée aux visages masqués, Faustin-Archange Touadéra a affirmé : « Nous sommes tous mobilisés autour des idéaux de paix […], il n’y a pas de sujet tabou, nous sommes là pour laver le linge sale en famille. »

Dimanche, la quasi-totalité des partis de l’opposition avaient annoncé leur refus de participer à ce dialogue, arguant principalement que les rebelles n’y étaient pas conviés – ce qu’ils savaient depuis quinze mois – et que le programme ne prévoyait rien sur la « question de la crise post-électorale », c’est-à-dire la réélection, non légitime à leurs yeux, de Touadéra, le 27 décembre 2020 par une partie très faible du corps électoral.

Exigences de la communauté internationale

« J’attends des débats francs sur ce qui concerne le pays, l’économie, la mauvaise gouvernance, la sécurité… Certains chefs des services supposés maintenir la sécurité commettent constamment des exactions contre la population, les groupes armés aussi, et cela ne peut plus durer », a plaidé l’avocat Bruno Gbiegba, participant issu de la société civile.

Cependant, l’opposition et les experts de la région ont fustigé par avance un dialogue de réconciliation mené sans les rivaux politiques ni ennemis armés du régime, estimant qu’il ne pouvait déboucher sur aucune avancée concrète en dehors de la promesse vague d’une « feuille de route » destinée à mieux intégrer l’opposition et la société civile dans la gouvernance du deuxième pays le moins développé du monde, selon l’ONU. Ils jugent que le président ne fait que répondre à une exigence de la communauté internationale en tenant ce dialogue qu’elle finance. Une exigence de l’ONU notamment, qui maintient depuis des années sous perfusion ce pays où la moitié de la population survit dans un état d’insécurité alimentaire aiguë, et qui y a déployé à partir de 2014 l’une de ses plus coûteuses missions de Casques bleus.

Faustin-Archange Touadéra avait promis à la communauté internationale d’accomplir une telle démarche au lendemain de sa réélection, obtenue avec 53,16 % des suffrages certes, mais alors que moins d’un électeur sur trois avait eu la possibilité d’aller voter en raison de l’insécurité. Depuis, comme après son élection de 2016, quand la guerre civile entamée en 2013 avait commencé à se faire moins meurtrière, le chef de l’État et son Mouvement cœurs unis (MCU) règnent sans partage au sein du gouvernement comme du Parlement, grâce à l’appui de petits partis satellites.

Lors de la présidentielle, Bangui était menacée par l’offensive de plusieurs groupes armés occupant alors deux tiers du territoire. Touadéra avait appelé Moscou à l’aide et des centaines de paramilitaires russes étaient venus à la rescousse d’une armée démunie, s’ajoutant à ceux présents depuis 2018. Ces « instructeurs non armés » selon le Kremlin, « mercenaires » de la société privée de sécurité Wagner selon l’ONU, ont, depuis, facilement repoussé les groupes armés de la majorité des villes et territoires qu’occupaient ces derniers. Non sans être accusés par l’ONU et la France de commettre – tout comme les groupes armés et rebelles – des « crimes de guerre », et d’avoir fait main basse sur les ressources du pays.

Avec Jeune Afrique

Centrafrique : début du dialogue républicain en l’absence de l’opposition

mars 21, 2022

Le dialogue républicain sur la paix et la sécurité qui vise à réconcilier les Centrafricains s’est ouvert, le 21 mars, à Bangui. Mais l’opposition a annoncé qu’elle n’y prend pas part.

La tenue de la rencontre d’échanges qui doit durer jusqu’au 27 mars était une promesse du président Faustin Archange Touadéra après sa réélection. L’objectif affiché se résume jusqu’alors à « restaurer la paix et la sécurité ».

Les organisateurs ont diffusé une liste de cinq « thématiques », dont « Paix et sécurité », « Gouvernance politique, renforcement démocratique et institutionnel » et « Développement économique et social ».

L’opposition démocratique a refusé de prendre part au dialogue et dit avoir posé des conditions qui n’ont pas été prises en compte. C’est ce qui ressort de la concertation qui a eu lieu dimanche, entre les principales formations politiques de l’opposition.

Côté gouvernement, le président du comité préparatoire, le ministre d’Etat Obed Namsio, a dit regretter l’absence de l’opposition. Hormis deux représentants dans le présidium et malgré la « main tendue du chef de l’État ». « La porte est toujours ouverte », a-t-il lancé. « Ce n’est pas un dialogue de trop, mais une chance de plus pour la paix », a déclaré le président Archange Touadéra avant de donner le top départ pour trois jours de travail en commission puis trois jours de débat.

Avec Adiac-Congo par Yvette Reine Nzaba

Kiev refuse les évacuations vers le Bélarus et la Russie proposées par Moscou

mars 7, 2022

Un homme et son enfant fuient la ville d’Irpin, dans les faubourgs ouest de Kiev, en proie à des bombardements. Photo : Reuters/Carlos Barria

L’Ukraine a refusé lundi les couloirs humanitaires vers la Russie et le Bélarus proposés par Moscou et dénonce de nouvelles offensives sur plusieurs villes du pays, dont Kiev, après une nouvelle nuit de violents bombardements.

Au 12e jour de l’invasion russe, Moscou a annoncé l’instauration de cessez-le-feu locaux et l’ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l’évacuation de civils de plusieurs villes d’Ukraine, dont la capitale Kiev.

Mais la moitié de ces couloirs rejoignent la Russie ou le Bélarus – dont le territoire est utilisé comme arrière-base par Moscou pour envahir l’Ukraine depuis le 24 février – et ont aussitôt été rejetés par le gouvernement ukrainien.

Ce n’est pas une option acceptable, a déploré la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Les civils évacués n’iront pas au Bélarus pour ensuite prendre l’avion et aller en Russie, a-t-elle dit.

Moscou propose des couloirs humanitaires à Kiev… vers la Russie et le BélarusDes athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Les autorités ukrainiennes ont refusé les couloirs humanitaires vers le Bélarus et la Russie proposés par Moscou. Les détails avec Mariève Bégin.

Selon l’armée russe, la décision d’ouvrir des couloirs humanitaires a été prise après une demande personnelle du président français Emmanuel Macron adressée à son homologue russe Vladimir Poutine, lors de leur entretien de près de deux heures dimanche.

Le président Macron n’a évidemment pas demandé de tels couloirs vers la Russie ou le Bélarus, a réfuté l’Élysée, avant que M. Macron lui-même ne dénonce lundi un discours hypocrite de la part des Russes qui consiste à dire : « on va aller protéger les gens pour les emmener en Russie ».

« Tout ça n’est pas sérieux, c’est du cynisme, moral et politique. »— Une citation de  Emmanuel Macron, président de la France, en entrevue à LCI

Ces derniers jours, deux tentatives pour évacuer des civils du port assiégé de Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, ont échoué, Kiev et Moscou s’accusant mutuellement de violer les conditions de l’évacuation.

Intenses bombardements dans le nord

Le corps d'un homme gît dans des décombres près d'une voiture.

Les bombardements à Kharkiv ont fait plusieurs morts le 6 mars 2022. Photo : AP/Marienko Andrew

Cette annonce survient alors que l’armée russe a intensément bombardé la nuit dernière la deuxième ville d’Ukraine, Kharkiv.

L’artillerie lourde a touché le complexe sportif d’une université locale, une tour de télévision et des immeubles civils, selon un journaliste de l’Agence France-PresseAFP.

La ville de 1,4 million d’habitants, proche de la frontière avec la Russie, dans le nord-est de l’Ukraine, est le théâtre de bombardements parmi les plus violents depuis le début de la guerre.

Selon l’état-major ukrainien, les forces russes concentrent aussi leurs efforts sur Tchernihiv (285 000 habitants) et Soumy (263 000 habitants). Tchernihiv se trouve notamment sur l’une des principales routes menant à Kiev.

D’intenses combats ont aussi eu lieu autour de la route menant vers Jytomyr (150 km à l’ouest de Kiev), qui est pilonnée et où bon nombre de maisons ont été détruites.

Et à 150 kilomètres au sud de Jytomyr, neuf personnes ont été tuées dimanche lors d’une attaque menée par l’armée russe contre l’aéroport de Vinnytsia.

Évacuations difficiles en banlieue de Kiev

Les combats continuent aussi de faire rage dans la banlieue nord-ouest de Kiev. Le maire de Gostomel, ville qui accueille une base militaire, a été tué alors qu’il distribuait du pain et des médicaments aux malades, et réconfortait les blessés, a annoncé la mairie.

À Irpin, le maire a affirmé lundi matin que les civils arrivaient à évacuer la ville sans qu’il n’y ait de bombardements. Mais le chemin est ardu, les civils devant traverser une rivière sur une planche de bois en raison des bombardements ukrainiens qui ont délibérément détruit le pont qui l’enjambait pour freiner l’avancée des Russes.

Et sur cette planche, tout doit passer : des femmes, des bébés, des vieillards, des chiens, des poussettes, des valises à roulettes, des vélos, des blessés sur des civières et même des corps roulés dans des tapis.

C’est dans ce secteur que huit habitants fuyant Irpin ont été tués dans la seule journée de dimanche, dont une famille avec ses deux enfants, selon les autorités.Des gens traversent une rivière sur une planche de bois sous un pont détruit.

Pour évacuer, les résidents d’Irpin, en banlieue de Kiev, doivent traverser une rivière sur une planche de bois, le pont ayant été détruit par des bombardements. Il s’agit de la seule route viable pour évacuer. Photo :Reuters/Carlos Barria

Le ministre ukrainien de l’Intérieur a affirmé lundi que 4000 personnes cherchaient toujours à fuir les banlieues de Kiev.

L’armée russe a massé des forces autour de Kiev et va probablement essayer de prendre la ville dans les prochains jours, a pour sa part estimé un conseiller du ministre de l’Intérieur.

Les forces ukrainiennes se tiennent prêtes à détruire le dernier pont reliant Kiev à son arrière-pays à l’ouest pour freiner la progression des chars russes.

La capitale se prépare à se défendre, a lancé le maire de Kiev et ancien champion de boxe Vitali Klitschko sur Telegram. Kiev tiendra! Se défendra! Dressons-nous ensemble! Gloire à l’Ukraine!, a-t-il clamé.

Le convoi d’une soixantaine de kilomètres de chars russes est toujours stationné au nord-ouest de la capitale.

La situation humanitaire se dégrade dans le sud

Dans la région de Kherson, près de la Crimée, dont les Russes ont pris le contrôle, de nombreux villages sont privés d’électricité, de gaz, d’eau, de nourriture et de médicaments.

Après Kherson, plus grande ville tombée aux mains des Russes depuis le début de l’invasion, la prochaine étape des troupes de Vladimir Poutine est Mykolaïev. Lundi matin, le maire de la région a affirmé que les chars russes tiraient en direction de l’aéroport régional.L'intérieur d'un appartement est en ruine.

Un immeuble résidentiel détruit par l’artillerie russe à Mykolaïev, le 7 mars 2022. Photo HOTO : via Reuters/Services d’Urgence ukrainiens

Des missiles russes tirés depuis la mer Noire se sont aussi abattus lundi sur le village de Touzly, dans la région d’Odessa, a indiqué un porte-parole militaire régional, Sergueï Bratchouk. Selon lui, les tirs ont visé des sites d’infrastructures cruciales, mais n’ont pas fait de blessé.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait aussi averti que la Russie se préparait à bombarder Odessa, port stratégique sur la mer Noire.

Le ministre de l’Éducation Sergiy Shkarlet a précisé de son côté que 211 écoles avaient été endommagées dans les bombardements.

Les troupes de Vladimir Poutine continuent leur siège à Marioupol, dans le sud-est du pays, où les vivres et les médicaments manquent désespérément. Quelques habitants ont tout de même réussi à fuir avant la fermeture du corridor humanitaire.

Ils ont déclaré que la ville de 430 000 habitants avait été dévastée.

« Nous avons tout vu : des maisons en flammes, tous les gens assis dans des sous-sols. […] Pas de communication, pas d’eau, pas de gaz, pas de lumière. Il n’y avait rien. »— Une citation de  Yelena Zamay, qui a fui vers l’une des républiques autoproclamées de l’est de l’Ukraine détenues par des séparatistes prorusses

Des centaines de morts, des milliards de dommages

Le bilan des morts reste perdu dans le brouillard de la guerre. L’Organisation des Nations uniesONU rapporte lundi 406 civils tués, incluant 27 enfants, et 801 autres blessés, mais avertit également que ce nombre est largement sous-estimé.

Plus de 1,7 million de personnes ont quant à elles fui l’Ukraine, toujours selon l’Organisation des Nations uniesONU. Cela constitue la crise de réfugiés à avoir éclaté le plus rapidement depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Si les bombardements continuent, si on continue à bombarder les villes, de manière indiscriminée, on peut s’attendre à cinq millions d’exilés, a pour sa part averti Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.

L’Organisation mondiale de la santé signale pour sa part neuf attaques – sept vérifiées et deux probables – contre des infrastructures médicales en Ukraine.

Mykhaïlo Podoliak, membre de la délégation ukrainienne qui participe à une troisième ronde de négociations avec les Russes lundi, a publié un sombre bilan de l’invasion sur Twitter lundi : 202 écoles, 34 hôpitaux et plus de 1500 bâtiments résidentiels touchés par des bombardements.

Plus de 900 localités sont aussi complètement privées d’électricité, d’eau et de chauffage, selon M. Podoliak.

Le ministre des Infrastructures évalue pour sa part les dommages causés par la guerre à 10 milliards de dollars.

Avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

France: Primaire de la gauche : malgré les refus, Hidalgo persiste et signe

décembre 12, 2021

L’édile a proposé une primaire cette semaine. Jadot, Mélenchon, Roussel… Tous ont décliné. Mais la socialiste ne lâche rien, comme elle le dit au « JDD ».

Anne Hidalgo

« Unissez-vous, sinon on n’y arrivera pas. » C’est afin de répondre à cette inquiétude qu’Anne Hidalgo a lancé son idée, mercredi sur TF1, d’une primaire de la gauche. Le hic ? Depuis, elle n’a reçu aucune réponse positive de la part des autres grandes figures lancées dans la course à l’Élysée. L’Insoumis Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Yannick Jadot, le communiste Fabien Roussel… Tous ont largement décliné cette idée d’une seule et même personnalité à gauche pour 2022. Seul Arnaud Montebourg avait déjà annoncé qu’il y était favorable. Mais cela ne semble pas décourager l’édile parisien. Dans les colonnes du Journal du dimanche du 12 décembre, elle tend une nouvelle fois la main… au candidat écologiste, surtout.

« La réaction de Yannick Jadot est un peu trop rapide. C’est davantage une réaction d’état-major », analyse-t-elle après le refus d’EELV. « Je l’invite à continuer d’y réfléchir, d’autant plus qu’il avait lui-même déclaré qu’il s’y inscrirait si le nombre de participants dépassait les 300 000 et si j’y étais favorable », ajoute-t-elle en référence à la primaire. Selon elle, toutes les conditions sont réunies pour que Yannick Jadot accepte sa proposition, d’autant qu’il y a « urgence » : « Un constat s’impose : la seule manière d’y parvenir aujourd’hui, c’est l’union. »

Une « hypocrisie totale », selon Jean-Luc Mélenchon

Anne Hidalgo reconnaît qu’elle avait, dans un premier temps, refusé de participer à la primaire populaire. Mais, après réflexion, son opinion a changé. Elle dit avoir « pris ses responsabilités » et juge que l’union est le seul moyen de parvenir à « mobiliser les électeurs de gauche ». « Les Français doivent être les seuls arbitres de ces différentes gauches (…) Et si la gauche veut être au second tour, il faut une primaire en amont du premier tour », insiste-t-elle. Toujours selon elle, la France est à « un moment critique pour la démocratie ». Ses craintes ne sont nullement voilées : « La gauche est menacée de disparition. »

Mais ses appels ne semblent pas recevoir d’écho à gauche. Invité de France Inter et de France Info, dimanche 12 décembre, Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois rejeté l’idée d’une primaire de la gauche, évoquant des désaccords sur des « questions fondamentales ». Selon lui, « c’est aux électeurs de trancher ». « Tout cela est, à mes yeux, assez pitoyable. Je n’en pense pas beaucoup de bien, car je n’ai toujours pas compris qui devait s’allier avec qui (…) Je devrais renoncer à tout parce que, tout à coup, nous aurions la formule magique ? » a-t-il ajouté, non sans ironie. Dénonçant au passage une « hypocrisie totale ». « Ces gens-là ne cherchent pas l’union mais une sortie de secours », a-t-il également lancé.

Côté centre, on tance également la proposition d’Anne Hidalgo. Présent, dimanche, sur BFMTV, François Bayrou a lui aussi comparé l’idée d’une primaire à une « porte de sortie à une situation qui est une impasse absolue » pour la maire de Paris. « Ce sont trois gauches antagonistes et qui ne disent pas la même chose », estime-t-il par ailleurs. Et le centriste de poser un constat implacable sur le camp de la rose : « Quand on pense que c’est le Parti socialiste, cela donne une idée d’une espèce de dévitalisation que ce courant connaît. »

Un appel au sursaut, depuis Perpignan

La primaire populaire, entreprise par des militants indépendants afin de désigner un seul et unique candidat à gauche en vue du scrutin d’avril prochain, aura lieu le 27 janvier. Auprès du JDD, Anne Hidalgo confirme qu’elle y sera candidate et tend une longue perche à Yannick Jadot qui, selon elle, doit y participer. « Nous ne pouvons pas dire aux jeunes générations : nous avons vu les nuages menaçants s’amonceler et nous avons préféré rester dans notre zone de confort », justifie-t-elle. Le temps est venu, dit-elle, de se mettre en ordre de bataille, en dépit des critiques : « Le train est parti. La primaire populaire aura lieu et j’y participerai. »

En déplacement à Perpignan, dimanche, la candidate socialiste a une nouvelle fois appelé à l’union de la gauche. Lors de son meeting, elle a ainsi scandé : « Comment ne pas entendre les Français et les Françaises qui nous appellent à l’union ? Sans union, il n’y a pas de destin pour la gauche. » Anne Hidalgo a ainsi renouvelé son appel à une primaire de la gauche, avant le premier tour du scrutin présidentiel, « parce que la division c’est la résignation, c’est l’impuissance, c’est l’abstention ». Auprès des militants socialistes présents, comme aux autres candidats de gauche, l’édile a appelé au sursaut : « Réveillez-vous ! Mesurez le danger qui nous guette. »

Avec Le Point

Canada-Étudiants africains francophones refusés au Québec : « C’est un scandale! »

décembre 1, 2021

Depuis plusieurs années, les cégeps et les universités du Québec se heurtent à un problème commun et constant : les demandes de permis d’études provenant d’Afrique francophone sont massivement refusées par Ottawa.

Immigration Canada rejette massivement, depuis plusieurs années, les demandes de permis d'études provenant de certains pays d'Afrique francophone, au grand désarroi de nombreux établissements québécois.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Immigration Canada rejette massivement, depuis plusieurs années, les demandes de permis d’études provenant de certains pays d’Afrique francophone, au grand désarroi de nombreux établissements québécois.

«C’est un scandale!», s’emporte Sylvain Blais, le directeur général du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

L’an passé, les cégeps ont accueilli près de 5000 étudiants étrangers, dont plus de deux tiers de Français. Un nombre en hausse constante depuis une décennie.

Le nombre d’Africains est cependant famélique. On compte par exemple autant de Camerounais accueillis dans le réseau collégial public que de Chinois, soit environ 4 % des effectifs internationaux.

«Inacceptable», «discriminatoire», «un bourbier»

Au Québec, comme l’a expliqué Radio-Canada la semaine passée, le taux de refus de ces dossiers est nettement plus élevé que dans le reste du Canada.

En moyenne, tous pays confondus, 61 % des demandes de permis d’études visant un établissement québécois, qui avait déjà donné son accord à l’étudiant, ont été rejetées en 2020. Des chiffres bien différents de l’Ontario (47 %) et de la Colombie-Britannique (37 %), les deux autres provinces qui accueillent le plus d’étudiants étrangers au pays.

Ces données varient encore lorsqu’on se penche sur la citoyenneté de ces étudiants. L’immense majorité des demandes provenant du Sénégal, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Togo, de la Guinée, de l’Algérie ou de la République démocratique du Congo – des pays où la langue française est couramment utilisée – sont refusées par Immigration Canada.

Le ministre Fraser troublé

Selon l’entourage du nouveau ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, ce dernier aurait été troublé par ces récentes révélations. Il est au fait de l’enjeu, il se penche sur la question et a demandé des pistes de solution, car les chiffres semblent indiquer un problème», nous a-t-on glissé.

L’ensemble des universités et des cégeps contactés par Radio-Canada ignoraient jusqu’à maintenant ces données et l’ampleur de ces refus.

«C’est inacceptable et scandaleux», affirme, avec véhémence, le président de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay.

«Cette situation nuit à l’image des cégeps» qui tentent de recruter des étudiants à travers le monde «pour assurer la vitalité de nos programmes», reprend-il.

«On se bat, mais on fait face à une action bureaucratique indescriptible et un bourbier qui met vraiment à mal nos efforts», reprend Bernard Tremblay.

Le Cégep de Matane recrute désormais, en grande majorité, des étudiants français.

© Boris Firquet/Radio-Canada Le Cégep de Matane recrute désormais, en grande majorité, des étudiants français.

Face à cette problématique, des établissements ont confié à Radio-Canada avoir abandonné l’idée d’attirer des étudiants africains. C’est le cas par exemple du Cégep de Matane.

«On a consacré beaucoup d’efforts en Afrique du Nord, pour très peu de résultats. On a toujours été confrontés à la difficulté d’avoir ces permis», raconte Brigitte Lavoie, qui s’occupe du développement international de l’établissement.

Même constat dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’était 99 % d’énergie pour 1 % de rendement», se désole France Voisine, directeur adjoint des études du Cégep de Saint-Félicien.

«C’est une aberration totale, surtout au moment où il y a des besoins de main-d’œuvre», affirme Sylvain Blais.

«C’est incohérent», souligne pour sa part Sabrina Potvin, coordonnatrice au Cégep de Jonquière. Ce dernier a récemment haussé le ton pour déplorer le refus d’Immigration Canada visant des étudiants ghanéens, qui avaient pourtant obtenu une bourse d’excellence du Québec.

«C’est un non-sens et c’est préoccupant. On a besoin d’une explication. Est-ce qu’on recrute pour rien dans certains pays? On a besoin de savoir», lance-t-elle.

Un traitement différent pour l’Inde et la Chine

Face au nombre important de demandes de résidences temporaires provenant de l’Inde et de la Chine, Immigration Canada a lancé, dès 2018, un programme d’intelligence artificielle pour traiter les demandes de visas touristiques. Ce système, qui a pour objectif d’éliminer certains biais discriminatoires, a, depuis, été élargi à l’étude des demandes de permis d’études de ces deux pays, qui se comptent, annuellement, par dizaines de milliers.

Avant la pandémie, en 2019, le taux d’acceptation des demandes de permis d’études étaient de 64 % pour l’Inde et de 85 % pour la Chine.

Ce programme d’intelligence artificielle est différent de l’outil informatique utilisé par les agents d’immigration pour analyser les dossiers provenant d’autres pays. En 2018, pour accélérer le traitement de ces demandes, Immigration Canada a lancé Chinook. Il s’agit d’un système qui réunit différentes informations dans une feuille de calcul Excel, avant que l’agent ne prenne une décision finale.

Un plan» réclamé à Immigration Canada

Plusieurs universités tiennent un discours similaire. Ce phénomène n’est pas nouveau», regrette le chancelier de l’Université de Montréal, Frantz Saintellemy.

Ce dernier cite l’un des principaux motifs de refus avancés par Immigration Canada : la crainte, par les agents, que l’étudiant ne retourne pas dans son pays d’origine. Mais dans les faits, dit-il, c’est le genre d’immigrants qu’on veut. «Il aura développé des compétences, il se sera intégré. On veut qu’ils restent le plus longtemps possible.»

Pierre Cossette, qui est recteur de l'Université de Sherbrooke, préside le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI).

© /Radio-Canada Pierre Cossette, qui est recteur de l’Université de Sherbrooke, préside le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI).

Il y a un manque d’arrimage dans l’application des stratégies des gouvernements provinciaux et fédéral», constate Pierre Cossette, recteur de l’Université de Sherbrooke et président du Bureau de coopération interuniversitaire.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un tel problème est soulevé. Au printemps, un rapport gouvernemental du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration avait mis en exergue cet enjeu.

Différents témoins ont relaté des exemples identiques, et les membres de ce comité avaient recommandé à Immigration Canada d’examiner les taux d’acceptation des étudiants étrangers dont les demandes sont traitées en Afrique, plus particulièrement dans les pays d’Afrique francophone» et d’élaborer un plan pour augmenter les taux d’acceptation des étudiants de cette région».

Une telle recommandation a-t-elle été suivie? Immigration Canada n’a pas répondu à nos questions.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Angleterre – « On a l’âge que l’on ressent » : Elizabeth II refuse un prix pour personnes âgées

octobre 19, 2021

La reine d’Angleterre estime ne pas remplir les critères pour accepter le prix décerné chaque année par le magazine « The Oldie ».

La reine d'Angleterre, Elizabeth II.
La reine d’Angleterre, Elizabeth II. © Avalon.red / Avalon / MAXPPP / PHOTOSHOT/MAXPPP

« On a l’âge que l’on ressent. » La reine Elizabeth II, 95 ans, a refusé un prix réservé aux personnes âgées par un magazine britannique, car elle estime ne pas remplir les critères, a indiqué mardi 19 octobre 2021 la publication, The Oldie. Ce magazine, qui revendique une alternative « légère » à une presse « obsédée par la jeunesse et la célébrité », a révélé avoir proposé au palais de Buckingham de remettre son prix « The Oldie of the Year » (« l’ancien de l’année ») à la souveraine, sur le trône depuis près de sept décennies.

Le titre a publié mardi la lettre de refus envoyée le 21 août du château écossais de Balmoral, où la reine passe les fins d’été, et signée de son secrétaire privé adjoint Tom Laing-Baker. « Sa Majesté pense qu’on a l’âge que l’on ressent et, par conséquent, ne pense pas remplir les critères pour accepter », est-il indiqué.

Le prince Philip, « oldie » de l’année 2011

Après avoir passé les confinements successifs au château de Windsor près de Londres, et en dépit de spéculations sur une mise en retrait après la mort en avril de son époux Philip, Elizabeth II participe ces derniers temps à de nombreux engagements publics. La semaine dernière, elle a été vue marcher en public avec une canne, une première depuis 2004.

Philip, décédé en avril à 99 ans, avait reçu le prix du « Oldie » de l’année en 2011, pour son 90e anniversaire. « Il n’y a rien de tel pour le moral que de se voir rappeler que les années passent et que la vieille carcasse commence à tomber en morceaux », avait alors écrit le duc d’Édimbourg, réputé pour son humour parfois peu diplomate, dans sa lettre de remerciement. « Mais c’est déjà agréable qu’on se souvienne de nous. »

Par Le Point avec AFP