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RDC : démission de Russ Feingold, le cow-boy de Barack Obama dans la région des Grands Lacs

février 22, 2015

Cet ancien sénateur démocrate du Wisconsin a soutenu Obama en 2008.
Cet ancien sénateur démocrate du Wisconsin a soutenu Obama en 2008. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

L’envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands lacs et la RDC, Russ Feingold, va quitter son poste, qui l’a vu fortement s’impliquer dans les négociations entre les rebelles du M23 et le gouvernement de Kinshasa.

Mais ses propos récurrents appelant le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir ont suscité régulièrement des commentaires outragés de Kinshasa.

Russ Feingold, un ancien sénateur démocrate, avait pris ses fonctions en juin 2013 et durant son mandat il a joué un rôle très important dans la région des Grands lacs, a affirmé vendredi Jennifer Psaki, la porte-parole du département d’État qui a annoncé son départ.

À en croire la presse américaine, Russ Feingold souhaiterait se préparer à tenter de reprendre son siège de sénateur à la faveur des élections de 2016. M. Feingold s’est énormément impliqué dans les négociations qui ont mené à la fin du conflit entre Kinshasa et les rebelles du M23 dans l’est de la RDC fin 2013.

Selon Mme Psaki, Russ Feingold a également contribué à recentrer l’attention de la communauté internationale sur la menace posée par les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), également dans l’est de la RDC. Ils ne seraient plus aujourd’hui qu’environ 1.500 à 2.000 combattants disséminés essentiellement au Nord et au Sud-Kivu (Est).

En janvier, l’armée congolaise avait annoncé une offensive contre les FDLR avec l’aide de la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC). Mais Kinshasa a ensuite annoncé renoncer à cette collaboration, après que les Nations unies eurent indiqué retirer leur soutien à cette opération.

« Cela ne nous regarde pas »

Interrogé par l’AFP sur le départ de M. Feingold, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré : « Nous n’avons pas de commentaire à faire. S’il part pour des raisons personnelles, c’est son affaire et cela ne nous regarde pas ».

En 2014, Russ Feingold a répété à plusieurs reprises, notamment lors de séjours en RDC, que les États-Unis étaient fermement opposés à toute tentative du président congolais Joseph Kabila de se maintenir à son poste au-delà du terme de son mandat en 2016.

Au pouvoir depuis 2001, M. Kabila n’a pas le droit, aux termes de la Constitution congolaise, de se représenter à sa propre succession lors de la prochaine présidentielle dont la date vient d’être fixée au 27 novembre 2016.

Ses propos ont été dénoncés à plusieurs reprises par M. Mende comme une ingérence inacceptable. Interrogé sur les divergences de vues qu’il a pu avoir avec M. Feingold, M. Mende a déclaré à l’AFP : « Il n’est plus envoyé spécial donc cela ne nous pose plus de problème. Nous regardons de l’avant. »

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: Washington veut l’assurance que la présidentielle aura lieu en 2016

février 9, 2015

Kinshasa – Les États-Unis attendent d’avoir au plus vite l’assurance que la prochaine élection présidentielle en République démocratique du Congo aura lieu en 2016, a déclaré lundi à Kinshasa l’émissaire américain pour la région des Grands Lacs, Russell Feingold.

Nous aimerons voir le calendrier [électoral] complet aussi vite que possible, et que celui-ci confirme en particulier que l’élection présidentielle aura lieu avant fin 2016, a déclaré M. Feingold lors d’une conférence de presse.

Nous espérons qu’il comportera un engagement clair à tenir l’élection présidentielle avant la fin de 2016 comme le demande la Constitution, a-t-il insisté.

Pour ce qui est de savoir s’il faut tenir des élections locales [en 2015], franchement, c’est du ressort du peuple et du gouvernement congolais, pour autant que de telles élections ne sont pas utilisées pour retarder celles qui sont prévues par la Constitution, a ajouté M. Feingold.

Nous [les États-Unis] sommes opposés à ce que l’on modifie les constitutions pour favoriser les dirigeants déjà au pouvoir, ou à ce que l’on revoie les processus électoraux pour maintenir un chef d’État en poste, a ajouté M. Feingold,

Ce n’est pas une politique que nous appliquons uniquement vis-à-vis de la RDC. C’est une approche valable pour tous les pays de la région et au-delà, a encore dit le représentant spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs.

Âgé de 43 ans et au pouvoir depuis 2001, le président congolais Joseph Kabila ne peut se représenter au terme de son mandat, qui expire fin 2016, mais ses détracteurs le soupçonnent de chercher à tout faire pour rester au pouvoir au-delà de cette date, ce que dément le gouvernement, dénonçant des procès d’intention.

Le Parlement congolais a adopté le 25 janvier une nouvelle loi électorale après plusieurs jours de violences meurtrières provoquées par l’examen de ce texte au Parlement.

A l’origine des troubles : une disposition qui ouvrait la possibilité d’un report de la prochaine présidentielle, en liant sa tenue aux résultats d’un recensement général de la population non encore commencé et susceptible, selon certains analystes, de durer trois ans. La disposition controversée a été retirée, mais les opposants à la loi estiment toujours que celle-ci peut donner lieu à un glissement du calendrier électoral et être utilisée pour retarder la présidentielle.

Une fois la loi électorale promulguée, la Commission électorale nationale indépendante devra publier le calendrier complet des élections à venir jusqu’à la fin de 2016 : élections locales, provinciales et sénatoriales en 2015, et législatives et présidentielle en 2016.

La Communauté internationale attend cet échéancier pour décider du soutien financier qu’elle pourrait accorder au processus électoral congolais.

Romandie.com avec(©AFP / 09 février 2015 19h51)