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Côte d’Ivoire : Ouattara, Gbagbo et Bédié, le tango des éléphants

juillet 12, 2022

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Attendues depuis le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, il y a un an, les retrouvailles d’Alassane Ouattara et de ses deux prédécesseurs sont imminentes. Un cliché historique qui confirmera que les « vieux » refusent la retraite politique ?

© Damien Glez

Est-ce l’effet de la trêve médiatique estivale ou les signes insistants d’une certaine nostalgie afropolitique ? Les anciens chefs d’État squattent l’actualité africaine du moment. En mode « disparition » comme l’Angolais José Eduardo dos Santos décédé vendredi 8 juillet à Barcelone ; en mode « traque » comme le Gambien Yahya Jammeh cerné par l’étau judiciaire.

En même temps que la Côte d’Ivoire intriguait pour réunir quatre anciens chefs d’État burkinabè autour du condamné Blaise Compaoré – celui-ci n’en côtoiera finalement qu’un (Jean-Baptiste Ouédraogo), Roch Marc Christian Kaboré, Yacouba Isaac Zida et Michel Kafando ayant décliné l’invitation de Paul-Henri Sandaogo Damiba -, le pays de Félix Houphouët-Boigny feuilletonnait la réunion d’un autre boys band : les retrouvailles annoncées des trois anciens présidents vivants de la République ivoirienne.

Simple selfie ?

Après de légitimes hésitations et de sincères encombrements d’agendas, le temps semble venu. Laurent Gbagbo rentré le 28 juin de plusieurs semaines de déplacement privé à Bruxelles et Henri Konan Bédié débarqué ce 10 juillet de sa ville de Daoukro, les deux anciens présidents ont pu signaler leur disponibilité à s’asseoir, qui à droite de l’actuel locataire du palais, qui à gauche.À LIRECôte d’Ivoire : le parti de Gbagbo à l’heure des comptes

Si les titans de la politique ivoirienne contemporaine ont souvent dansé le tango en duo, à l’occasion d’alliances opportunistes dont ils ont épuisé les combinaisons, ils ont rarement présenté une bourrée au grand public, cette danse qui peut se pratiquer à trois partenaires. La rencontre au sommet est imminente, probablement le 14 juillet. Simple selfie à trois ? Des sourires hypocrites pour une photographie historique en guise de terminus ? Les « vieux » Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo – 245 ans à eux trois – ne sont pas du genre à prendre de la distance avec la politique politicienne opérationnelle.

Élections en ligne de mire

La rencontre au sommet s’inscrit donc en contrepoint du dialogue politique du début d’année. Et l’ordre du jour, devant ou derrière les caméras, devrait être concret : la perspective des élections locales et régionales de 2023, le projet de loi créant deux nouveaux sièges à la commission centrale de la Commission électorale indépendante (CEI), la question des prisonniers considérés par certains comme « politiques », depuis les crises électorales de 2010-2011 et de 2020, mais aussi la présidentielle de 2025. Un scrutin sur lequel chaque ancien chef d’État entend bien peser, avec toute l’ambiguïté qui sied sur sa participation éventuelle au casting…

La rencontre de ce mois de juillet n’offrira sans doute que des vœux de fraternité dont on a appris qu’ils étaient souvent pieux. Peut-être faudra-t-il s’en contenter, voire s’en réjouir. Car le proverbe populaire indique que « Quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui meurent ». La Côte d’Ivoire est bien le pays des éléphants, alors qu’ils dansent la bourrée.

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Burkina Faso – Damiba : « Nous n’avons pas le luxe de perdre du temps en polémiques »

juillet 9, 2022

Le président de la transition a reçu Blaise Compaoré ce vendredi au palais de Kosyam. Et a répondu au tollé suscité par le retour au pays de l’ancien chef de l’État, condamné à la prison à vie dans le dossier Sankara.

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba en compagnie de Blaise Compaoré, à Ouagadougou, vendredi 8 juillet. © OLYMPIA DE MAISMONT/AFP

Huit ans après l’avoir quitté en catastrophe sous la pression de la rue, Blaise Compaoré a de nouveau foulé le tapis rouge du palais de Kosyam, ce vendredi 8 juillet. L’ancien président, démarche lente et amaigri dans son costume bleu nuit, avait été convié par le lieutenant-colonel Damiba – en compagnie des autres ex-chefs de l’État burkinabè – à participer à une rencontre de « haut niveau » pour promouvoir la réconciliation nationale.

Mais les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu. Beaucoup de Burkinabè n’ont en effet pas digéré le retour en toute impunité de Compaoré, arrivé à Ouagadougou la veille après huit ans d’exil en Côte d’Ivoire, alors qu’il avait été condamné début avril à la prison à perpétuité pour son rôle dans l’assassinat de Thomas Sankara.

Kaboré se tient à distance

Depuis, la polémique n’a cessé d’enfler. Conviés à la rencontre, Michel Kafando et Yacouba Isaac Zida, qui avaient dirigé la transition post-Compaoré en 2015, ont vite fait savoir qu’ils ne comptaient pas participer. Idem pour Roch Marc Christian Kaboré, qui est resté chez lui et n’a pas souhaité être associé à cette initiative. Dans la matinée, plusieurs dizaines de ses militants s’étaient mobilisés autour de son domicile, au quartier de la Patte d’Oie, pour protester contre une éventuelle participation à cette rencontre.

C’est donc sans eux que Blaise Compaoré et Jean-Baptiste Ouédraogo ont été reçus par Paul-Henri Sandaogo Damiba à Kosyam, avec près de deux heures de retard sur le planning initial. À l’issue de l’entretien, les trois hommes se sont présentés devant la presse à l’entrée du palais présidentiel. Mais seul Damiba a parlé, Compaoré et Ouédraogo se contentant de lui serrer la main à la fin de sa courte allocution.

Selon le président de la transition, le « seul et unique objectif de cette rencontre avec les anciens chefs de l’État » est la « recherche de la cohésion sociale au regard de la situation difficile que traverse » le Burkina Faso. « En plus des efforts fournis par les forces engagées et l’ensemble des populations contre les terroristes, il nous est apparu opportun d’examiner avec nos prédécesseurs les conditions qui pourront forger une solide cohésion entre les Burkinabé », a démarré Damiba.

L’intérêt supérieur du Burkina Faso

Puis l’officier, accusé par ses adversaires de travailler au retour du régime Compaoré, a tenu à répondre aux critiques. « Beaucoup de communications partisanes ont voulu dénaturer le sens et la portée de cette initiative. L’urgence de la préservation de l’existence de notre patrie commande une synergie d’actions qui ne nous autorise pas à nous donner le luxe de perdre du temps en polémiques, a-t-il indiqué. Aux Burkinabè qui se sont exprimé en défaveur de notre démarche, nous leur disons que ce processus n’est pas fait pour consacrer l’impunité, mais pour contribuer à la recherche de solutions pour un Burkina Faso de paix et de cohésion. Nous les appelons à mettre l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute considération politique ou partisane. »

Rappelant qu’il les avait conviés, Damiba a également évoqué le cas des trois absents. Selon lui, Michel Kafando n’a pas pu se présenter « pour des raisons de santé », mais a envoyé un « message de soutien ». Zida, exilé au Canada depuis 2016, n’a quant lui « pas pu faire le déplacement pour des raisons administratives ».

Compaoré dans son village natal de Ziniaré

Quant à Kaboré, il a, d’après Damiba, été « physiquement empêché par un groupe d’individus » de participer à la rencontre. Une version officielle dont lui-même semble douter, puisqu’il a pris soin de « l’inviter à ne pas se mettre en marge de la démarche en cours ». Selon le président, des dispositions seront prises pour « poursuivre en bilatéral les concertations avec les anciens chefs d’État qui n’ont pas pu participer à la rencontre », mais aussi « limiter les résistances politiques et associatives ».

Après avoir passé une nuit dans la « villa Kadhafi » appartenant à l’État et située à proximité de Kosyam – elle est ainsi nommé car l’ancien dictateur libyen y avait logé lors d’un voyage à Ouagadougou à la fin des années 1990 –, Blaise Compaoré pourrait se rendre à Ziniaré, son village natal, où se situe la résidence familiale et où réside sa sœur, Antoinette. Selon l’un de ses proches, il regagnera ensuite Abidjan « dimanche au plus tard ».

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Canada: Les centenaires, la « génération grandiose »

mai 17, 2022

Le Canada compte de plus en plus de centenaires. Selon le dernier recensement, il y en avait 9535 en 2021. Rencontres avec trois aînés encore en pleine forme.

Portrait de Laurette Hinse

Laurette Hinse-Fortin habite Victoriaville, au Québec. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Laurette Hinse, 102 ans

Laurette Hinse nous accueille dans son 1 et demie d’une résidence pour personnes âgées de Victoriaville. Elle aura 103 ans le 12 août et ça ne paraît pas. Elle est solide, complètement lucide. Je m’efforce de vivre le mieux possible et d’essayer de ne pas donner d’ouvrage aux autres! Je suis chanceuse parce que je suis autonome.

Le secret de sa longévité? Elle ne le sait pas, mais elle a été active toute sa vie. J’ai commencé à enseigner en 1936 à 150 piasses par année! C’est comique, hein? C’était Duplessis qui était premier ministre, pis on voulait tous l’étouffer!

Elle parle de son enfance dans une famille de cultivateurs de Tingwick où vivaient 13 enfants. Puis elle s’attarde sur son mari. Ovide travaillait dans une mine d’amiante. Ils dansaient beaucoup ensemble, ils ont même gagné un trophée. Il est mort en 1994.

« On a trois personnes de notre famille qui viennent de décéder en deux mois. Plus jeunes que moi! Alors, tu sais… je les vois partir… c’est vide en arrière de toi, là. »— Une citation de  Laurette HinseLaurette Hinse-Fortin passe le balai.

Laurette Hinse-Fortin est très active au quotidien. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Elle se sent bien dans son petit logement, et heureusement, parce qu’avec les mesures sanitaires imposées pendant la COVID, elle a dû vivre cinq périodes de confinement. Elle se souvient d’un mois difficile après sa chirurgie pour remplacer une hanche… à 100 ans.

Je sors de l’hôpital, je fais 14 jours dans une autre demeure. Je sors de cette demeure-là, je m’en viens chez moi et je fais un autre 14 jours! Aïe, tu veux mourir! Mais on passe au travers, dit-elle avec un sourire. Elle a fini par attraper la COVID. Elle a été malade deux jours, puis s’est sentie mieux.

Sur un meuble, on voit des photos de famille. Laurette Hinse a la chance d’avoir deux filles, cinq petits-enfants et huit arrière-petits-enfants. Ils l’appellent et lui rendent parfois visite. La vie est alors plus belle. Moi, je ne suis pas prête à dire que les aînés sont oubliés, dit-elle, une référence aussi à son intégration dans la société québécoise. Sauf que, parfois, ses filles doivent l’aider.

Laurette Hinse-Fortin près de son lit.

Laurette Hinse-Fortin assise seule dans son petit appartement. Voici le reportage de Jean-Sébastien Cloutier. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Si j’ai besoin de téléphoner à un docteur, c’est un robot qui nous répond. Le robot dit toujours je n’ai pas compris votre nom!… C’est pas un service pour les aînés. Passe-t-elle en priorité pour voir son médecin à 102 ans? Ça peut prendre six mois avant d’avoir un rendez-vous!, répond Mme Hinse en dénonçant le manque de personnel en santé.

Elle nous parle aussi du jour où elle a voulu changer sa télévision. L’employé au téléphone ne l’a pas prise au sérieux quand elle lui a dit son âge. C’est comme si c’était une punition d’avoir 102 ans!

Ces obstacles ne l’empêchent pas d’être encore heureuse. Sa recette : Trouver des choses qui nous font plaisir. Si tu attends après les autres, tu peux attendre longtemps!Portrait de Guy Paquette

Guy Paquette habite Saint-Bruno-de-Montarville. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Guy Paquet, 101 ans

Guy Paquet a mis sa belle chemise saumon pour nous rencontrer. Il nous attend silencieusement dans le hall d’entrée de sa résidence de Saint-Bruno-de-Montarville. On ne verra donc pas le vélo stationnaire en haut dans son logement, mais on comprend vite que c’est un sportif malgré ses 101 ans. Il marche vite et à petits pas.

On sort faire l’entrevue. Mes parents m’ont mis pensionnaire dans un collège privé, puis là, j’en ai fait des exercices. Et du sport, il y en avait pas pour rire! C’était un bon début, commence-t-il pour expliquer sa bonne forme. J’ai de la difficulté avec le sommeil, mais ça, c’est un petit détail.

Au quotidien, il ne s’ennuie pas : Je fais 25 minutes de marche, je regarde les nouvelles à la télé, je lis mon journal, ça, ça occupe deux heures au moins. Puis il y a toutes sortes d’activités : laver du linge, laver de la vaisselle… Et il se met à rire.

Il ajoute qu’il va encore au cinéma avec une amie. Il a aussi un fils de 59 ans qu’il voit régulièrement.

Guy Paquet est discret et réfléchit longtemps avant de parler, mais quand il est question de ses 35 années de service dans les Forces armées, les mots déboulent. Il a combattu en France, un mois après le Débarquement de Normandie. Je faisais partie d’une unité d’artillerie. On envoyait des obus de 100 livres. C’était pas près de la ligne de feu, c’était plutôt en arrière. On était moins en danger.

Il est bien au courant de ce qui se passe en Ukraine. Oh mon Dieu, c’est affreux… ça détruit un beau pays. La guerre, c’est toujours quelque chose à éviter.

Sa femme s’appelait Cécile Migneault. Elle est morte en 2015, précise-t-il après quelques secondes de réflexion. Il berce sa chaise en silence et pense à tous ceux qui sont partis. L’émotion monte, ses pensées voyagent. J’aurais tellement aimé… revenir en arrière. C’était moins vite.

Il revient sur le sujet; le monde d’aujourd’hui va trop vite à son goût. Mon Dieu, ça va trop vite, c’est des changements subits. Internet, par exemple, le dépasse.

« Je trouve que l’Humanité ne va pas bien du tout. »— Une citation de  Guy Paquet, 101 ans

Lui, il va bien, nous assure-t-il. Il se désole du manque de personnel en santé, mais pour l’instant, au moins, il garde la forme et se sent bien traité par les employés de sa résidence. Il nous a redonné notre micro et il est rentré pour le lunch. Toujours droit comme un chêne.Portrait d'Hélène Girard

Hélène Girard habite Saint-Bruno. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Hélène Girard, 98 ans

Ce 6 mai, Hélène Girard fête ses 98 ans dans une résidence de Saint-Bruno et ses deux filles viennent lui porter des fleurs. Je ne pensais jamais me rendre là. Jamais. Je suis chanceuse d’avoir mes enfants. Beaucoup. Ce sont eux qui m’aident à poursuivre mon chemin. Je ne sais pas quand il va s’arrêter.

À voir son énergie quand elle danse debout sur sa marchette, ce chemin pourrait encore continuer quelques années. Le secret, c’est… je ne sais pas… bien se nourrir, bien faire attention à nous autres.

Son audition est toutefois en train de lui faire défaut. On doit parler fort et répéter les questions. Ça ne l’empêche pas de regarder RDI, elle aime bien Patrice Roy, nous confie-t-elle.

Vieillir amène quand même des obstacles pour cette ancienne hyperactive et grande travailleuse. Elle trouve ça difficile. J’ai toujours travaillé, j’ai toujours fait du bénévolat, j’ai fait n’importe quoi… Si j’avais du travail à faire, j’aimerais ça pour me désennuyer. Je pourrais continuer d’écrire ma vie, mais j’ai de la misère à écrire.

Par contre, elle a toute sa mémoire et nous raconte son militantisme passé pour le Parti québécois et son admiration pour René Lévesque, qu’elle a déjà croisé plusieurs fois. Elle rêve encore d’un pays : J’ai confiance au Québec. Oui, j’aimerais ça que ça se fasse avant que je parte!, lance-t-elle avant de rire de bon cœur.Hélène Girard avec deux personnes

Hélène Girard fait partie de la « génération grandiose ». Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Mais ses yeux s’embuent quand elle évoque son grand amour : Ça fait 25 ans que je suis seule, j’ai vécu 50 ans avec mon mari. Je m’encourage tout le temps, j’ai toujours hâte que ça aille mieux, je me bats tout le temps.

La solitude lui pèse souvent. De ne pas pouvoir parler à quelqu’un. C’est dans la prière que je peux m’adresser, que je peux parler.

Malgré ces moments plus sombres, elle se trouve chanceuse d’avoir ses filles et sa famille. Et d’être si bien entourée dans sa résidence. Ça fait 15 ans que je suis ici! Ahhh, j’ai des beaux souvenirs, très beaux souvenirs!

Hélène Girard a repris sa marchette et est partie avec ses fleurs. Tout le monde lui a souhaité bonne fête. Dans la résidence, c’était la vedette du jour. L’an dernier, le Canada comptait 110 705 aînés de 94 ans et plus, comme elle, soit 19 % de plus qu’en 2015. Statistique Canada les a surnommés la génération grandiose.

Le vieillissement de la population québécoise va s’accélérer. Selon les prévisions, il y aura, en 2041, quatre fois plus de 85 ans et plus qu’en 2011, dit Danis Prud’Homme, directeur général du Réseau FADOQ.

Est-ce qu’on est prêts aujourd’hui? Je dirais non. On a actuellement 4000 personnes en attente de soins et services en CHSLD. Ensuite, il y a le côté soins à domicile. On peine à livrer les services dont les gens ont besoin pour les maintenir à domicile et être autonomes le plus longtemps possible.

Il se réjouit du plan d’action de 2,9 milliards de dollars annoncé au début du mois par Marguerite Blais pour améliorer les services en hébergement de longue durée. On ne peut pas être contre la vertu. Ça prendra des investissements majeurs dans le personnel autant dans les CHSLD qu’à domicile.

Question d’humaniser les soins pour des aînés qui peuvent encore beaucoup nous apporter, rappelle Danis Prud’Homme : Ces gens-là ont quand même bâti notre société, ils ont une expérience et une expertise très valorisantes, donc ça, c’est une chose. Deuxièmement : le bénévolat… Et, évidemment, ces gens-là redonnent. Ce sont des grands-parents, des arrière-grands-parents.

Avec Radio-Canada par Jean-Sébastien Cloutier

Guinée : les putschistes annoncent des rencontres pour former un gouvernement

septembre 12, 2021

Mamady Doumbouya, le 10 septembre 2021 à Conakry, après une rencontre avec la mission dépêchée en Guinée par la Cedeao.

Les putschistes au pouvoir en Guinée ont annoncé l’ouverture à partir de mardi 14 septembre d’une série de rencontres pour préparer la formation d’un gouvernement.

Ces rencontres, annoncées samedi soir par les militaires à la télévision nationale, s’inscrivent dans le cadre de la « concertation » promise pour fixer les lignes d’une transition politique et former un gouvernement.

Les militaires, menés par le colonel Mamady Doumbouya, recevront mardi les chefs des partis politiques, puis ceux des confessions religieuses ; mercredi les organisations de la société civile, puis les représentations diplomatiques ; jeudi les patrons des compagnies minières implantées en Guinée, puis les organisations patronales ; vendredi les banques et les syndicats, indiquent les communiqués lus à la télévision.

Mission de la Cedeao

Le coup d’État a fait monter le prix de l’aluminium à son plus haut niveau depuis des années sur les marchés – la Guinée est l’un des premiers producteurs mondiaux de bauxite, principal minerai pour la production d’aluminium – et la junte s’est employée à rassurer les partenaires du pays de la poursuite des activités et du respect des engagements pris.

Les militaires qui ont déposé le président Alpha Condé le 5 septembre ouvriront cette concertation alors que la Cedeao doit à nouveau se prononcer sur les suites à donner au putsch. L’organisation ouest-africaine exige un « retour immédiat à l’ordre constitutionnel » et a suspendu la Guinée de ses organes de décision. Elle doit à présent examiner le rapport d’une mission dépêchée dans ce pays vendredi, avant de décider d’éventuelles nouvelles mesures.

« Toute manifestation de joie » interdite

Si la chute d’Alpha Condé a été saluée par des scènes de liesse, le comité militaire désormais à la tête du pays a cependant annoncé samedi soir l’interdiction de toute manifestation de soutien. Le colonel Doumbouya remercie les Guinéens de leur « adhésion massive à sa vision exprimée à travers des scènes de joie dans l’ensemble du pays. Toutefois le président (du comité) interdit toute manifestation de joie de quelque nature que ce soit », selon les termes d’un autre communiqué lu à la télévision.

La junte a aussi annoncé la mise à disposition d’un numéro vert pour dénoncer tout abus des forces de sécurité. Les abus de ces dernières sont constamment dénoncés par les défenseurs des droits humains.

Par Jeune Afrique avec AFP

Canada-Québec: Un match de volley pour trouver l’amour!

juillet 12, 2021

Les célibataires se déconfinent en Mauricie et sont prêts à renouer avec la vie sociale… et plus encore! L’organisme à but non lucratif Cours après moi tenait ce dimanche un match de volleyball afin de faciliter les rencontres dans un cadre de vie active… et pour faciliter les possibles rapprochements après de longs mois d’isolement!

L’organisme Cours après moi a tenu un match de volleyball ce dimanche. L’évènement a permis à 70 célibataires de s’amuser en plein air et de faire des nouvelles rencontres. - PHOTO: OLIVIER CROTEAU

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Ce sont près de 70 participants qui se sont rencontrés pour l’occasion dans la cour de l’école secondaire Chavigny, alors aménagée pour permettre à tout le monde de bien profiter de la journée. Des gens de tous les âges sont présents, et on enregistre une moyenne d’environ 35 ans. C’est le premier match de volleyball organisé par Cours après moi à Trois-Rivières. Lors de ses dernières visites, l’organisation avait mis de l’avant des activités d’escalade et de vélo. L’événement se déroule dans une grande convivialité, malgré le fait qu’il y ait un peu de compétition dans les matchs. La majorité des célibataires sont présents pour faire des liens sociaux, tout en passant du bon temps. C’est d’ailleurs un format qui semble fort apprécié des participants, qui en sont pour la plupart à leur première expérience

Des célibataires prêts à rencontrer après un long confinement

Pour Marie-Ève, 39 ans, cet événement est l’occasion de se faire un nouveau réseau et de rencontrer des gens; elle pense que c’est une tendance parmi les participants: «Beaucoup viennent chercher l’aspect social», dit-elle.

«Ça enlève le stress de la rencontre, on est là pour s’amuser au départ pis si l’amour est là, et bien tant mieux!» raconte pour sa part Mireille, une participante du groupe des plus de 50 ans.

Pour une majorité des participants interrogés, faire des rencontres en personne est nécessaire, après pratiquement un an et demi en confinement. Ça vient, de fait, permettre d’avoir des rencontres plus authentiques. «Ce n’est pas toujours simple et agréable les sites de rencontres. Il y a beaucoup de non-dits», déplore Étienne, un participant de 26 ans. «Tout le monde ne sait pas quoi faire, alors tout le monde fait un peu n’importe quoi!» ajoute-t-il.

Pour nombre de participants, les mesures sanitaires avaient compliqué les choses au chapitre des rencontres. Pour Rachel, 31 ans et bénévole à l’évènement, il y avait un stress à aller à un rendez-vous organisé. «Quand tu vas à une date Tinder, tu as la pression qu’il faut que ça fonctionne, qu’il faut que tu décides là», explique-t-elle en ajoutant que dans le contexte d’une compétition sportive, la rencontre amoureuse devient un avantage à une journée qui a le potentiel d’être plaisante en soi.

Pour beaucoup, c’est rafraîchissant de pouvoir être en plein air, à la suite des difficultés causées par le contexte pandémique. «Quand on a recommencé à dater, il y avait le stress de savoir si la personne était pro-covid ou anti-covid», confie Valéry, 26 ans. Elle ajoute aussi que le jugement des autres était flagrant lorsqu’il était question de rencontrer des gens en contexte de crise sanitaire.

La pandémie a été symptôme d’isolement pour beaucoup de participants. «C’était plus difficile de rencontrer», explique Marc-Olivier, en faisant référence à l’automne et à l’hiver passé.

Pour d’autres participants, ça devenait tout simplement trop compliqué de faire des rencontres. «Les gens avaient peur des gens, on était tous des dangers», se rappelle Cédric, 39 ans. «On n’avait pas le choix d’être seuls», déplore une autre participante.

Cependant, le confinement a été bénéfique pour plusieurs, car ils ont pu ainsi travailler sur eux-mêmes… et d’être prêts mentalement lorsque l’amour viendrait. Pour Dominic, 31 ans, la pandémie lui a permis de se centrer sur soi. Le jeune homme est bien entendu heureux de retrouver les interactions sociales, mais assure qu’il se débrouillait assez bien sans : «Je suis assez solo en partant».

En fait, le confinement n’aurait pas nécessairement rendu plus difficiles que d’habitude les rencontres entre célibataires. «C’est pas plus difficile, c’est toujours difficile», sourit Allison, 33 ans. «La pandémie a été très bénéfique pour le travail sur soi-même. Je suis plus prête, plus groundée», ajoute-t-elle.

Vers 15 h, tous les participants ont pu échanger verbalement grâce à une activité mise au point par les organisateurs, qui distribuaient des cartes permettant d’enrichir la conversation. Avec la pizza qui allait bientôt arriver sur le terrain, les célibataires semblaient aux anges et la plupart d’entre eux affichaient une forte intention de revenir… bien évidemment s’ils ne trouvent pas l’amour d’ici là!

Avec Alexis Lambert – Le Nouvelliste