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Côte d’Ivoire/Hamed Bakayoko (ministre de l’Intérieur): «Blé Goudé est en lieu sûr»

février 1, 2013

 

Reconciliation
© Abidjan.net par Atapointe
Reconciliation nationale : Hamed Bakayoko échange avec le COJEP
31 Janvier 2013. Abidjan Plateau. Le ministre d`Etat, ministre de l`Interieur Hamed Bakayoko a échangé avec une délégation du Congrés de Jeunes Patriotes (COJEP) de Charles Blé Goudé

«Je prends bonne note de votre demande. Vous demandez la clémence du chef de l’Etat. Je me ferai fort de transmettre cette demande. Ce que je peux cependant noter, c’est que Charles Blé Goudé a été arrêté dans le cadre d’une procédure judiciaire. Nous sommes tous engagés dans le processus de paix et de réconciliation. La réconciliation a ses exigences, elle a ses contraintes. Vous demandez également une loi d’amnistie pour toutes les personnes qui font l’objet de poursuites. Nous enregistrons cette demande. Mais, nous disons aussi que la loi d’amnistie est un processus qui ne peut pas faire l’économie de la justice, de la repentance et du pardon. Notre pays a connu une crise très grave. Il y a les parents des victimes.

Il y a des milliers de morts. Il y a des dégâts. C’est vrai, Il faut s’arrêter à un moment donné pour faire la comptabilité de tout cela et des dégâts. Mais, on ne peut pas, si nous voulons prospérer, si nous voulons améliorer notre société, faire l’économie de la justice. Je viens de recevoir des Ong des droits de l’Homme. Elles ont par contre demandé d’aller au bout du processus judicaire. Et, pour tout le monde. Je prends bonne note de vos demandes. Mais, je pense qu’il est important que nous soyons en contact. C’est déjà important. Beaucoup se sont interrogé sur le lieu de détention de Charles Blé Goudé. Il n’est pas détenu de façon clandestine. Il est en résidence protégée. Vous connaissez la personnalité de Charles Blé Goudé. Un ministre de l’Intérieur a quand même un certain nombre d’informations. Ce n’est pas évident d’assurer sa sécurité dans une maison d’arrêt ordinaire. On l’a fait pour plusieurs personnalités.

Et ce n’est pas la première fois dans le monde. Dans tous les grands pays, les prisonniers d’une certaine catégorie bénéficient d’une protection particulière. Le président Gbagbo lui-même n’était pas dans une maison d’arrêt, il était dans une villa. Mme Gbagbo n’est pas dans une maison d’arrêt, elle est dans une villa. Parce qu’on ne sait pas où sont les ennemis. Vous avez bien suivi la polémique. Charles Blé Goudé a-t-il fait un deal avec le pouvoir ou pas. On ne sait donc pas quelles sont les personnalités qui peuvent menacer sa vie. Nous, nous voulons le garder dans des conditions protégées jusqu’à ce que les choses évoluent. Je reçois donc votre visite comme un acte qui va nous permettre de continuer le dialogue, les discussions. Comme vous l’avez dit, vous êtes un mouvement de jeunes. Et je considère que la réconciliation concerne tout le monde. On ne peut pas la faire en dehors de vous. Mais, je tiens à dire qu’on est d’abord seul devant la justice. Quiconque au nom d’une corporation, au nom du gouvernement pose des actes répond de ses actes devant la justice. Je vous encourage à continuer votre travail d’encadrement. Parce que cette jeunesse qui a un point d’ancrage dans votre mouvement a besoin de repères et a besoin d’être gérée. Il faut donc aller au-delà des émotions pour prendre en compte l’avenir de notre pays, pour prendre en compte l’avenir de cette jeunesse.

Aujourd’hui c’est un procès, il faut faire confiance en la justice. Vous demandez la clémence du chef de l’Etat. C’est un acte positif. Tout cela suivra un processus et on vous reviendra. Je considère que nous devons garder le contact. Vos entretiens avec la Cdvr sont une étape importante aujourd’hui de tout ce processus. Il n’y a aucune contradiction. Nous sommes tous pour la réconciliation. Mais, la réconciliation, c’est aussi la vérité, c’est la justice. Il faut qu’à un moment donné nous puissions, tous, nous mettre d’accord sur ce que nous voulons pour notre pays ensemble. Nous aurons d’autres occasions pour poursuivre ces échanges».

Propos recueillis par K. M. D

Crise ivoirienne : démarrage d’un mois de deuil et de « purification »

mars 18, 2012

La Commission de réconciliation ivoirienne a lancé samedi à Abidjan un mois de deuil et de  « purification », pour commencer à tourner la page de la crise post-électorale de  décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts, a constaté l’AFP.
Plusieurs milliers de personnes, dont de nombreuses femmes, ont assisté dans  une ambiance festive à la cérémonie de lancement présidée par le patron de la  Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), l’ex-Premier ministre  Charles Konan Banny. Chefs traditionnels et chefs religieux, chrétiens et  musulmans, ont invité successivement à ce temps de deuil et de « purification »  après le sang versé, en invoquant les traditions des communautés  ivoiriennes.
« Il est bon d’être ensemble », a lancé M. Banny,  s’agenouillant un instant en signe de repentance, sous les acclamations du  public. « Il est mieux d’être réconcilié pour vivre sur une terre de paix »,  a-t-il ajouté. M. Banny a souhaité que le pays « tourne le dos à la violence »  après les crimes commis durant la crise: « plus jamais cela en Côte  d’Ivoire! »
Interrogations et critiques

Reconnaissant le scepticisme partagé par les deux camps rivaux concernant le  chantier qu’il pilote, il a appelé les Ivoiriens à « convaincre les uns et les  autres qu’il faut se réconcilier ».
Née du refus de l’ex-président Laurent  Gbagbo de reconnaître sa défaite à l’élection de novembre 2010 face à Alassane  Ouattara, la crise a fait quelque 3.000 morts et s’est achevée le 11 avril 2011  par l’arrestation de M. Gbagbo après deux semaines de guerre, épilogue d’une  décennie de tourmente. Installée fin septembre 2011 et voulue par M. Ouattara,  la Commission de réconciliation suscite beaucoup d’interrogations et de  critiques dans la classe politique, la presse et l’opinion, en raison notamment  de sa lenteur à démarrer ses travaux.
Elle est censée monter en puissance  dans les prochains mois en installant des commissions locales à travers le pays,  en vue d’audiences publiques.

Jeuneafrique.com  avec AFP