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Canada/Québec: François Bugingo passe aux aveux

juin 1, 2015
François Bugingo

François Bugingo

Le reporter François Bugingo passe aux aveux. Il avoue avoir commis plusieurs fautes journalistiques et se dit victime de «lynchage médiatique». Dans un long texte publié vendredi soir sur sa page Facebook, intitulé «Toute une carrière pour des erreurs de jugement?», le journaliste est revenu sur l’enquête publiée par La Presse.

«J’ai romancé une histoire vue sur internet de l’exécution d’un ex-bourreau à Misrata pour rendre plus prenante une chronique. Je me suis approprié une histoire apprise sur Sarajevo que je trouvais bien révélatrice de l’ambiguïté de la guerre», avoue François Bugingo.

«Car oui, erreurs de jugement, il y a eu. Expliquées par une obsession de capter l’intérêt du public québécois à des sujets qui lui paraissent très souvent lointains», écrit l’homme.

Le reportage, publié samedi dernier, a révélé que le journaliste a inventé de toutes pièces plusieurs reportages internationaux.

«J’ai prétendu une mission européenne en Égypte plutôt qu’admettre simplement avoir écourté mon séjour au Caire après avoir réalisé que mon offre de pigiste ne serait pas sollicitée par une quelconque rédaction: pêché d’orgueil», poursuit le chroniqueur.

François Bugingo se dit victime d’une campagne de salissage, «du lynchage médiatique», d’une violence «inouïe». Il dit cependant ne pas y voir une guerre d’empires médiatiques.

«Il n’est pas question que je cautionne cette lecture. Les manquements sont miens. Les responsabilités sont entièrement miennes. En aucun temps mes collaborateurs y ont participé. Et la punition qui m’est infligée publiquement ne devrait surtout rejaillir ni sur eux, ni sur mes employeurs», indique François Bugingo.

Il raconte avoir décidé d’écrire ce texte pour sa famille et ses amis, à qui il ne veut pas imposer une autre semaine «de pression médiatique». Il entend prendre du recul pour réfléchir à son avenir professionnel. «Qu’importe le chapeau que je porterai demain, je ne vous dis pas adieu, mais bien au revoir», conclut-il.

Le reporter s’est engagé à remettre sa carte de presse à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

Mercredi, le 98,5FM a annoncé avoir accepté la démission du chroniqueur à la suite d’une rencontre. La direction avait déjà suspendu M. Bugingo samedi dernier.

La fin de cette collaboration fait suite à celle du Groupe Média, qui inclut TVA Nouvelles, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec. Lundi dernier, le regroupement médiatique a indiqué qu’il mettait définitivement fin à sa collaboration avec François Bugingo.

Lapresse.ca par Jasmin Lavoie

Canada/Québec: Quel avenir pour Bugingo?

mai 31, 2015
François Bugingo  Photo :  Radio-Canada

François Bugingo Photo : Radio-Canada

«Pour le restant de mes jours, je vais devoir faire face à des gens qui ne croiront pas un seul mot de ce que je leur dis, sur à peu près n’importe quel sujet.»

«Pour le restant de mes jours, je vais devoir faire face à des gens qui ne croiront pas un seul mot de ce que je leur dis, sur à peu près n’importe quel sujet.»

C’est ce que la plus grande menteuse de l’histoire du journalisme américain, Janet Cooke, a confié en 1996. Quinze ans plus tôt, elle s’était fait pincer pour avoir créé de toutes pièces un reportage pour le Washington Post.

Cooke n’a plus jamais travaillé en journalisme après qu’on eut découvert qu’elle avait menti à ses lecteurs, ses collègues et ses patrons.

Quel genre de carrière François Bugingo peut-il espérer avoir après les allégations sur ses reportages inventés? Si sa vie suit la même trajectoire que celle de Janet Cooke, ce ne sera pas jojo.

Une menteuse compulsive 

L’histoire de Janet Cooke est tristement fascinante.

En 1980, la reporter de 26 ans est engagée au Washington Post, où elle travaille sous la supervision de Ben Bradlee et de Bob Woodward (éditeur et journaliste derrière le fameux scoop du Watergate qui a causé la chute du président Nixon).

Le premier mensonge de Janet Cooke: elle trafique son CV, s’inventant des diplômes et des prix complètement bidon.

Quelques mois après son arrivée, elle écrit un portrait poignant de Jimmy, un héroïnomane de 8 ans, décrivant dans le détail les injections d’héro de son pusher. Mais deux jours après avoir reçu le prix Pulitzer (l’Oscar du journalisme) pour ce reportage, elle a dû rendre le prix, démissionner et admettre non seulement qu’elle n’avait pas rencontré Jimmy mais qu’il n’existait pas! Et elle a reconnu que la moitié de son C.V. était un tissu de mensonges.

Janet Cooke ne s’est pas excusée, elle a seulement ­disparu de la circulation.

Puis quinze ans plus tard, en 1996, elle a accordé une ­entrevue au magazine GQ. On y apprenait qu’elle travaillait à 6 $ l’heure, comme vendeuse, dans un centre d’achats de Kalamazoo, un bled paumé du Michigan. Son repas du soir était souvent un simple bol de céréales. Sans l’aide financière de sa mère, elle serait devenue sans-abri.

Elle reconnaissait qu’elle avait commis une énorme ­erreur et s’excusait, enfin!

Si elle avait menti au Washington Post, disait-elle, c’est que son papa était très méchant avec elle quand elle était jeune et qu’elle avait appris à mentir pour éviter ses ­colères… Bref, une pauvre victime.

En 1996, Janet Cooke affirmait que sa punition (son ­exclusion du métier) était démesurée par rapport à la faute commise.

Elle voulait vraiment redevenir journaliste.

Or, presque 20 ans plus tard, elle n’a jamais retravaillé dans un média…

Le monde de François 

Il y a beaucoup de similitudes entre Cooke et Bugingo. Les deux ont enjolivé leur C.V. Les deux ont enjolivé leurs reportages. Mais la grosse différence, c’est qu’elle est ­Américaine, et lui Québécois.

En 1996, le studio américain Tri-Star a offert à Cooke ainsi qu’à Mike Sager, l’auteur de l’article du GQ, un contrat de 1,6 million $ pour les droits d’adaptation au cinéma. Le film, qui devait s’appeler Janet’s World, ne s’est jamais fait.

Si François Bugingo vivait aux États-Unis au lieu du ­Québec, peut-être qu’il aurait déjà été approché pour ­vendre les droits de son histoire.

Si elle est vraie.

Lejournaldequébec.ca par Sophie Durocher

Canada/Québec: L’histoire de Bugingo «attristante», dit Péladeau

mai 26, 2015
François Bugingo

François Bugingo

(Québec) Pierre Karl Péladeau trouve «attristante» l’histoire de François Bugingo qui vient de tomber de toutes les tribunes médiatiques pour avoir inventé plusieurs reportages sur l’actualité internationale.

Dans un article retentissant, La Presse a dévoilé l’affaire. M. Bugingo a collaboré au fil des ans avec plusieurs médias, comme Radio-Canada, Le Devoir et Québecor. En fin de semaine, la radio 98,5 a suspendu sa collaboration afin de vérifier les allégations. Lundi, TVA, le Journal de Montréal et le Journal de Québec ont mis fin à tout lien.

Le chef du Parti québécois et actionnaire de contrôle de Québecor, propriétaire notamment de TVA et du Journal de Montréal, a affiché de la sympathie envers l’homme. «Je trouve ça attristant, a commenté M. Péladeau. Je le connais, François. Je l’ai croisé à plusieurs reprises.»

Pierre Karl Péladeau n’a pas voulu condamner sans réserve M. Bugingo. Il a mentionné un commentaire de l’animateur radiophonique montréalais Paul Arcand. «Je l’écoutais qui disait que c’était un professionnel qui n’avait pas besoin de ça. Il était très énergique. Il faisait un bon travail. Sa situation, a-t-il convenu, «est extrêmement délicate».

Il l’a défendu en mentionnant que tout le travail du pigiste n’est pas fabrication. «C’est quelqu’un qui connaissait quand même très bien et qui continue à connaître bien la situation internationale. A-t-il commis des actes répréhensibles? Il semble que ce soit le cas. Mais encore une fois, ce serait imprudent de commencer à faire son procès de façon définitive.»

Lapresse.ca et LeSoleil.ca par Michel Corbeil

Canada/Québec: Bugingo n’est pas seulportnographe

mai 25, 2015

collaboration spéciale L’épisode de samedi soir de Laboratoire MAtv s’intéressera au multiculturalisme. Sur la photo: le mentor François Bugingo et l’animatrice Tamy Emma Pepin.

collaboration spéciale L’épisode de samedi soir de Laboratoire MAtv s’intéressera au multiculturalisme. Sur la photo: le mentor François Bugingo et l’animatrice Tamy Emma Pepin.

Le monde du journalisme est sens dessus dessous depuis les révélations autour de François Bugingo qui aurait un peu exagéré son apport à certaines négociations pour la libération d’otages à des endroits où il n’était pas. Comme si ce n’était pas arrivé au moins une fois à tout le monde dans sa vie.

D’ailleurs, le journalisme sportif offre lui-même son lot de fumistes. À commencer par nous, au Sportnographe, qui analysons souvent les matchs de Canadien sans les avoir vus. Vous en doutiez vous? Sûrement peut-être que oui. Est-ce que notre analyse est moins pertinente que celle des journalistes sportifs qui couvrent les matchs en direct du Centre Bell? Non.

Non parce que les journalistes sportifs ne suivent pas le match eux non plus. À voir le nombre de gazouillis qu’ils produisent pendant les parties, il est scientifiquement impossible qu’ils lèvent le nez de leur téléphone plus de trois fois par période. Lorsqu’ils se disent impressionnés par le travail de PK Subban, ils parlent probablement de la dernière photo que le défenseur a mis sur Instagram.

La mythomanie fait rage aussi chez les descripteurs. À la télé, on en met plus que le client en demande en matière d’arrêts spectaculaires qui ne sont pas si spectaculaires que ça. C’est encore plus flagrant à la radio où on a souvent l’impression d’assister à un match d’anthologie avant de réaliser, en ouvrant la télé, que tout ça n’était que chimère et que les deux équipes ont joué la trappe pendant 60 minutes avant que Canadien ne perde 1-0 en fusillade.

Ce n’est pas tout. On essaie même de nous faire accroire que Michel Therrien répond aux questions des journalistes, alors qu’il ne fait que répéter les réponses que les journalistes lui ont mises dans la bouche.

En plus de tout ça, si vous voulez notre avis, Patrice Brisebois n’existe pas pour vrai. Mais ça reste à confirmer.

Avec Canadien, tout est faux et ce n’est pas grave. Ça s’appelle de l’information-spectacle. Si François Bugingo est dans le trouble à cause d’une entrevue possiblement inventée avec le fils de Khadafi, c’est simplement parce que le fils de Khadafi n’a pas la chance de jouer sur le deuxième trio de Canadien. Et ça, c’est bien dommage. Il aurait fait un excellent goon.

Lemetro.ca par  Olivier Niquet