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Monnaie : le FMI appelle à ne pas considérer le bitcoin comme une panacée contre les défis économiques en Afrique

avril 28, 2022

Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé jeudi à ne pas voir le bitcoin comme une panacée contre les défis économiques auxquels l’Afrique fait face, au lendemain de l’adoption par la Centrafrique de la cryptomonnaie comme monnaie officielle.

« Dans l’hypothèse d’un mouvement bien préparé vers la numérisation et par le biais de l’utilisation des monnaies numériques des banques centrales, les cryptomonnaies peuvent contribuer à un système de paiements plus robuste » sur le continent, a indiqué le directeur du département Afrique au FMI, Abebe Aemro Selassie, au cours d’une conférence de presse. Mais « adopter simplement la possibilité d’utiliser le bitcoin est quelque chose qui doit être surveillé de manière très, très attentive, il faut s’assurer que le cadre législatif, la transparence financière et la gouvernance sont bien en place », a poursuivi le dirigeant.

La Centrafrique a annoncé mercredi avoir adopté le bitcoin comme monnaie officielle au côté du franc CFA et légalisé l’usage des cryptomonnaies, assurant être le premier pays à le faire en Afrique. Le 7 septembre 2021, le Salvador avait été le premier pays au monde à adopter le bitcoin comme monnaie légale et le FMI avait immédiatement dénoncé une décision dangereuse pour la stabilité financière, l’intégrité financière et la protection des consommateurs. 

La volatilité du bitcoin peut donner le vertige. En 2021, les cours avaient flambé de plus de 150% et atteint un plus haut historique de 68 991 dollars, avant de s’effondrer de plus de 30%. Même si le marché s’est assagi en 2022, les variations restent très fortes : -17% en février, +8% en mars et +10% en avril. 

Pour l’heure, seuls le Salvador et la Centrafrique ont adopté le bitcoin comme monnaie légale mais d’autres pays envisagent de le faire, certains ayant enclenché des processus législatifs dans ce sens, selon le site spécialisé Coinmarketcap.com. 

Par Adiac-Congo avec AFP

Dieudonné Nzapalainga : « En Centrafrique, la France a ouvert la porte à l’éléphant russe »

décembre 18, 2021
Dieudonné Nzapalainga, alors archevêque, participe à la prise en charge des réfugiés pullo dans un centre pour musulmans déplacés fuyant les milices anti-balaka, à Yaloke, à quelque 200 km à l’est de Bangui, le 4 mai 2014. © ISSOUF SANOGO/AFP

L’ACTU VUE PAR. Chaque samedi, « Jeune Afrique » invite une personnalité à décrypter des sujets d’actualité. À nouveau engagé dans le dialogue de sortie de crise en Centrafrique, le cardinal Dieudonné Nzapalainga espère contrer l’égoïsme des puissants.

Le voilà de nouveau au cœur du chaos. En ce mois de décembre, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, ancien archevêque de Bangui nommé au Sacré Collège en 2016 par le pape François, a décidé de reprendre la route. Le 13, le prélat centrafricain de 54 ans va quitter Bangui pour sillonner le pays, à la rencontre de ses évêques, de la population et, aussi, des combattants rebelles qui défient toujours le gouvernement.

Dialoguer, encore. Espérer, surtout, être en mesure d’endiguer la violence et de favoriser cette paix qui semble fuir sa Centrafrique. Garder la foi, enfin, alors que l’espoir d’une élection libre s’est évanoui depuis un an dans une énième reprise des combats et de la violence. « Je dois y croire », explique-t-il à Jeune Afrique, alors que nous le contactons par téléphone à son domicile de Bangui.

Jeune Afrique : Il y a un an, la Centrafrique s’apprêtait à voter pour l’élection présidentielle et espérait mettre la guerre civile derrière elle. Depuis, le pays est retombé une nouvelle fois dans la violence. Est-ce décourageant ?

Cardinal Dieudonné Nzapalainga : Il est vrai qu’il y a eu beaucoup d’espoir. Les Centrafricains espéraient aller aux élections et s’y exprimer librement. Cela n’a pas été le cas, si ce n’est à de rares endroits à Bangui ou dans certaines villes. À la place, nous avons eu la violence et la souffrance. Évidemment, cela peut créer de la déception, amener les gens à se poser des questions. Mais ça ne peut pas être le cas pour quelqu’un qui, comme moi, est un croyant, qui plus est un leader religieux. Je reste persuadé que, dans le cœur de chacun, il y a la puissance nécessaire pour amener le changement. Je dois y croire et être présent pour chercher chez l’homme cette force qui nous permettra de nous construire, de mettre de côté nos égoïsmes et d’arrêter de nous autodétruire.

Les derniers accords de paix ne datent que de février 2019. Comment expliquez-vous que la violence soit revenue aussi rapidement ?

Je crois qu’il y a eu un manque de sincérité. À Khartoum, certains sont venus dialoguer avec des intentions cachées. Ils ont signé pour la paix mais le cœur n’y était pas. Ils ne pensaient pas au développement du pays, à la fin de la souffrance et de la misère. Quand on regarde l’état de délabrement de la Centrafrique, on pourrait s’attendre à ce que cela provoque un sursaut patriotique, mais cela n’est pas le cas.

DANS LE CŒUR DE CHACUN, IL Y A LA PUISSANCE NÉCESSAIRE POUR AMENER LE CHANGEMENT

Dans les deux camps, les intérêts égoïstes continuent de prendre le dessus. On se bat pour des ressources, pour des mines, pour de l’or. On se bat pour la conquête d’un pouvoir, d’un territoire, d’un sous-sol. Quoi qu’on en dise, que ce soit dans le cas de la Séléka il y a des années, ou aujourd’hui de la CPC [Coalition des patriotes pour le changement], il n’y a aucune homogénéité au sein des groupes armés. Ils ne se battent pas pour le peuple. Ils n’ont que des intérêts qui finissent souvent par diverger.

Récemment, Hassan Bouba, ministre issu des groupes armés et suspecté de crimes par la Cour pénale spéciale, a été arrêté puis relâché sans avoir été jugé. Est-ce un mauvais message envoyé aux victimes ?

Dès 2015, au forum de Bangui, nous avons dit : « Non à l’impunité. » Nous avons dit : « Si nous voulons la paix et l’État de droit, il faut une justice indépendante et libre. » Le président actuel était présent et tenait le même discours. Pourtant, dans cette affaire, ce n’est pas cette justice que nous avons vue. Bien sûr, le ministre est présumé innocent. Mais, s’il est suspecté de crimes, pourquoi n’est-il pas resté en détention le temps que la justice détermine, en toute indépendance, s’il est coupable ou non ? Il n’aurait pas dû sortir de prison avant cela.

Le gouvernement centrafricain travaille à l’organisation d’un dialogue national. Qu’en attendez-vous et quel rôle pourrez-vous y jouer ?

Notre rôle est toujours le même : celui de la médiation. Nous avons un représentant dans l’équipe de préparation du dialogue. Sa mission est d’aider les autres parties et de les guider au-delà de leurs intérêts personnels et politiciens. Ce dialogue doit absolument être celui de la remise en question, de la sincérité. En Centrafrique, nos enfants sont nés dans la guerre et ont grandi dans la guerre. Est-ce que nous allons les laisser mourir dans la guerre ? C’est la seule question qui doit être à l’esprit des parties présentes au dialogue. Le rôle de notre Église est de leur rappeler.

Quel est le message que vous adresseriez au président et à son gouvernement avant ce dialogue ?

Je leur demanderais d’oublier leurs intérêts personnels, de tendre la main à ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires. Jésus a tendu la main. Jésus a donné une nouvelle chance à ceux qui s’étaient égarés. C’est le jusqu’au-boutisme qui nous a conduit à la situation dans laquelle nous sommes.

PARLER AUX REBELLES EST UNE TÂCHE DIFFICILE CAR IL FAUT ABSORBER L’AGRESSIVITÉ ET LA TRANSFORMER EN DIALOGUE

Parlez-vous également avec les groupes rebelles de la CPC ?

Oui. D’ailleurs, quand ils ont attaqué Bangui, en décembre 2020, nous sommes allés les voir. Nous leur avons expliqué que les victimes de leur attaque étaient des frères, des sœurs, des mères. Nous parlons à tout le monde pour faire cesser les violences. C’est une tâche difficile car il faut absorber l’agressivité et la transformer en dialogue. Il faut toucher le cœur des rebelles mais aussi consoler les victimes, leur expliquer qu’il ne faut pas tomber dans la vengeance et faire confiance à la justice. C’est le seul chemin.

À la tête de la CPC se trouve officiellement François Bozizé, ancien président de la République et fervent chrétien. Comprenez-vous son choix de reprendre les armes et vous a-t-il déçu ?

La question est toujours la même : nos hommes politiques sont-ils capables de dépasser leurs intérêts personnels égoïstes pour vraiment travailler au vivre ensemble ? Dans le cas de l’ancien président François Bozizé, la réponse a été claire. Il a choisi le chaos. Il est désormais face à sa conscience. Comment le vit-il ? Si vous voyez l’intéressé, vous pourrez lui poser la question. Ce que je sais pour ma part, c’est que la Bible dit : « Tu ne tueras point. » Elle dit aussi de s’aimer les uns les autres. Aujourd’hui, en Centrafrique, nous en sommes loin.

Votre pays est au cœur des interrogations sur la place et l’influence prises par la Russie en Afrique. Que pensez-vous de cette polémique ?

Je crois qu’il faut revenir un peu aux origines : les Russes se sont engouffrés dans une ouverture qui avait été faite par la France. Quand la France a passé un accord à l’ONU avec Moscou pour permettre de livrer en Centrafrique des armes saisies en Somalie, elle a entrouvert une porte pour que l’éléphant russe entre dans notre maison. Maintenant, il est à l’intérieur et il s’est installé. Il est d’autant plus à l’aise que, sans lui, le président Touadéra et son gouvernement auraient sans doute été renversés en décembre 2020. Ce ne devait être que quelques armes et des instructeurs, mais quand les Russes sont arrivés, ils ont vu l’état de chaos dans lequel est notre pays et se sont dit qu’ils pouvaient aussi faire des affaires, implanter des entreprises, acheter des matières premières, exploiter des mines… Ils sont venus. Ils ont vu. Ils ont profité.

Comment l’Église doit-elle réagir face à cette situation ?

Nous devons réagir, condamner, tout faire pour empêcher les exactions qui touchent les populations civiles. En réalité, la question qui se pose en Centrafrique avec Wagner, c’est celle, plus vaste, de la guerre privée. Elle se pose et s’est posée ailleurs dans le monde. Comme en Irak il y a quelques années avec les Américains, nous avons aujourd’hui des mercenaires envoyés en Centrafrique avec l’aval de la Fédération de Russie. Ce ne sont pas des enfants de chœur. Oui, ils ont sauvé le gouvernement et ont rétabli un semblant de libre circulation à certains endroits. Mais cessons de dire que ces mercenaires se battent pour protéger le peuple. C’est faux : ils se battent pour des intérêts économiques égoïstes. Sur notre territoire se déroule un conflit de superpuissances qui a pour conséquence de prendre la population en otage. La Centrafrique n’est pas une jungle ou un far west pour les grandes puissances. Les droits de l’homme, ce n’est pas uniquement pour l’Europe, c’est aussi pour nous.

Ave Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Centrafrique : Henri-Marie Dondra nommé Premier ministre

juin 12, 2021
Henri-Marie Dondra, le ministre centrafricain des Finances, en novembre 2019 à Bangui.

L’ancien ministre des Finances a été nommé Premier ministre vendredi dans un décret présidentiel lu à la radio nationale.

« Monsieur Henri-Marie Dondra est nommé Premier ministre, chef du gouvernement » dans un décret « qui prend effet à compter de sa date de signature », le 11 juin.

Haut cadre du parti présidentiel, Henri-Marie Dondra était ministre des Finances et du Budget depuis cinq ans. Il remplace Firmin Ngrebada qui occupait le poste depuis février 2019 et qui avait remis sa démission la veille.

Un proche du président

Réputé proche du président Faustin-Archange Touadéra, Henri-Marie Dondra est reconnu pour ses compétences en matière de finance internationale et sa connaissance des programmes d’aide.

Le chef de l’État a été réélu le 27 décembre 2020 lors d’un scrutin pour lequel moins d’un électeur sur trois a eu la possibilité de se rendre aux urnes en pleine offensive rebelle. Depuis fin décembre, face aux rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) visant à le renverser, l’armée de Faustin-Archange Touadéra a reconquis une grande partie de plus des deux tiers du territoire que contrôlaient jusqu’alors des groupes armés rebelles, mais seulement grâce à l’engagement de centaines de paramilitaires russes dépêchés par Moscou.

Depuis 2018, la Russie concurrence en Centrafrique l’influence de la France en y multipliant ses investissements dans l’extraction des minerais et dans la coopération militaire notamment. La semaine dernière, l’ancien Premier ministre avait effectué un déplacement à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour attirer encore davantage d’investissements russes dans le pays.

Immenses enjeux

Dans le même temps, la France avait confirmé le gel de son aide budgétaire et la suspension de sa coopération militaire avec la Centrafrique, jugée « complice » d’une campagne antifrançaise téléguidée par Moscou.

Aux élections législatives, le parti de Faustin-Archange Touadéra, Mouvement Coeurs Unis (MCU) a obtenu une majorité relative, tout en restant loin de la majorité absolue. Henri-Marie Dondra avait été élu député dès le premier tour dans le premier arrondissement de Bangui, la capitale.

Les enjeux économiques et humanitaires dans le pays sont immenses pour le nouveau Premier ministre. L’ONU a estimé fin mai que près de la moitié de la population était en « situation d’insécurité alimentaire », en raison de l’épidémie de coronavirus, mais également à cause de la situation sécuritaire.

Par Jeune Afrique avec AFP

Tensions entre le Tchad et la Centrafrique : N’Djamena dénonce « un crime de guerre »

mai 31, 2021

Avec France24

Le président centrafricain fait des révélations sur sa coopération avec la Russie

mai 30, 2021

Avec Agence TV

Début de la campagne pour les présidentielle et législatives en Centrafrique

décembre 13, 2020
Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, ici en 2012, à Bangui.

La campagne pour le premier tour des élections présidentielle et législatives s’est ouverte officiellement samedi en Centrafrique, où le sortant Faustin-Archange Touadéra apparaît comme le favori.

Ce pronostic, quasi-unanime chez les politologues et observateurs étrangers, a été renforcé il y a une semaine par l’invalidation de la candidature de son plus grand rival, l’ex-président François Bozizé. La chute de ce dernier en 2013 a précipité le pays dans un conflit qui a fait des milliers de morts et poussé plus du quart des habitants à fuir leur domicile.

Les violences ont considérablement baissé notamment après un accord de paix en février 2019 entre 14 groupes armés et le gouvernement mais les milices, ex-Séléka, ex-anti-balaka ou autres, continuent sporadiquement de s’en prendre aux civils, même si les motifs de ces exactions sont aujourd’hui bien davantage crapuleux que communautaristes.

Premier meeting de Touadéra à Bangui

Le 27 décembre, c’est donc dans un pays où les combats ont beaucoup baissé d’intensité, mais encore aux deux tiers contrôlé par des groupes armés rebelles, qu’environ 1,8 million d’électeurs seront appelés à désigner un président et 140 députés. Le second tour est prévu pour le 14 février.

Le Code électoral fixait l’ouverture de la campagne officielle à samedi pour les deux scrutins. Pour la présidentielle, 17 candidats sont en lice, dont Faustin-Archange Touadéra, outsider élu par surprise au second tour en 2016.

Parmi les 16 autres candidats figurent notamment deux anciens Premier ministres, Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguélé.

Dans l’après-midi, Faustin-Archange Touadéra a tenu son premier meeting de campagne à Bangui.

« Premier tour K.O. ! »

Environ un millier de partisans vêtus de bleu et de blanc, les couleurs du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti de Faustin-Archange Touadéra, ont acclamé le président sur un terrain de football du nord de la capitale, en scandant « Premier tour K.O. ! », le slogan phare de sa campagne.

Le président-candidat a égrené les réalisations qu’il considère avoir menées à bien depuis 2016 : accord de paix avec les rebelles, investissements dans l’éducation et la santé, reconstruction de l’armée nationale… et il a martelé que la guerre et les coups d’État n’avaient plus leur place dans le pays.

Une claire référence à François Bozizé, putschiste récidiviste jusqu’à sa prise du pouvoir en 2003 et que le camp du sortant accuse de vouloir réitérer un coup de force.

La Cour constitutionnelle a invalidé sa candidature le 3 décembre, au motif que l’ex-chef de l’État est poursuivi dans son pays notamment pour « assassinats » et « tortures » et sous le coup de sanctions de l’ONU qui lui reproche d’avoir soutenu depuis son exil la contre-insurrection de milices anti-balaka.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle en Centrafrique : la candidature de François Bozizé invalidée par la Cour constitutionnelle

décembre 3, 2020
François Bozizé, lors du dépôt de sa candidature, le 9 novembre 2020.

La Cour constitutionnelle a invalidé la candidature de François Bozizé à la présidentielle prévue le 27 décembre prochain. Quatre autres candidats ont été recalés.

L’ancien président centrafricain, chassé du pouvoir en 2013 par la rébellion de l’ex-Séléka, ne pourra pas participer à la présidentielle. La Cour constitutionnelle a annoncé l’invalidation de la candidature de François Bozizé, de même que celle de quatre autres candidats à la magistrature suprême, ce jeudi 3 décembre à la mi-journée.

Selon nos informations, confirmées par le  Kwa na Kwa (KNK), parti de l’ancien président, la Cour a estimé que les sanctions des Nations unies dont François Bozizé fait l’objet étaient incompatibles avec une candidature à la présidence.

« Mandat d’arrêt international »

« Le candidat fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé contre lui le 31 mars 2014 » devant la justice de son pays, notamment « pour assassinats, arrestations, séquestrations, détentions arbitraires et tortures », a précisé la Cour. L’instance a également souligné que, « selon les termes » d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, « le candidat fait l’objet de sanctions, renouvelées le 28 juillet 2020 » et qu’il « déroge au critère de bonne moralité inscrit dans le Code électoral ».

Les Nations unies n’ont pas réagi officiellement à cette annonce. Contacté par Jeune Afrique, le Sénégalais Mankeur Ndiaye, qui dirige la mission onusienne en Centrafrique, affirme cependant « suivre de près » la situation.

Quatre autres candidatures rejetées

Les quatre autres candidatures rejetées sont celles de Jean-Michel Mandaba, Bertrand Bali Kemba, Freddy Michael Guele-Gongassoua et Armel Sayo, pour des motifs de corruption et d’appartenance à des groupes armés. Des arguments qui avaient déjà été mis en avant par la Cour constitutionnelle pour justifier sa décision, le 28 novembre, de rejeter plusieurs candidatures aux élections législatives qui se tiendront à la même date que la présidentielle.

L’ancien président centrafricain, qui vivait en exil depuis sa chute en 2013, était rentré dans son pays le 16 décembre 2019 en toute discrétion. Il a cependant très rapidement reconquis sa place sur la scène politique centrafricaine, avant de déclarer officiellement sa candidature, en juillet dernier.

Avec Jeune Afrique par Pacôme Pabandji – à Bangui

Centrafrique : à Bangui, les habitants du PK5 dans la crainte de violences électorales

décembre 1, 2020
Au rond-point Koudoukou, à l'entrée du PK5, à Bangui, le 26 décembre 2019.

À un mois du premier tour des élections législatives et présidentielle prévues le 27 décembre, le quartier musulman du PK5, épicentre des dernières violences politiques en Centrafrique, retient son souffle.

Chemise bleue et chapeau noir vissé sur la tête, Abdouramane Yaya s’exprime à coup de grands gestes de la main face à une dizaine de jeunes réunis au siège du Mouvement cœurs unis (MCU, au pouvoir) du quartier musulman du PK5. En cette matinée du 26 novembre, le coordinateur local du parti du président Faustin-Archange Touadéra les forme à une opération de sensibilisation « à la paix » organisée dans ce quartier en proie à des violences régulières. « Notre arrondissement a trop souffert des violences. C’est à vous, à nous, d’expliquer à chaque habitant l’importance de ce calme, car cette fois, nous devons voter dans la paix », martèle Abdouramane Yaya.

Les artères du troisième arrondissement ont beau être très fréquentées, l’agitation commerçante peine à cacher une inquiétude bien palpable : celle de voir surgir de nouvelles violences préélectorales comme lors des élections de 2015-2016, quand des miliciens avaient ouvert le feu sur des électeurs. En 2013 déjà, le quartier était devenu l’épicentre des violences dans la capitale après la chute de l’ancien président François Bozizé, aujourd’hui candidat. Les miliciens de la Séléka, à majorité musulmane, s’y étaient alors repliés pour échapper aux attaques de la milice antibalaka, à dominante chrétienne.

Prêcher la réconciliation

Sous une chaleur avoisinant les 35 degrés alors que le soleil se lève à peine, Shérif et Yacoub Youssouf, deux frères membres de la représentation locale du MCU, discutent avec une famille. « Il s’agit de chrétiens qui ont toujours habité le PK5 : le mari a connu mon père à l’école primaire. Nous leur expliquons l’importance de la réconciliation », détaille Shérif Youssouf sous le regard bienveillant et fier d’Abdouramane Yaya.

Auteur de plusieurs négociations entre les groupes d’autodéfense musulmans et les autorités centrafricaines, Abdouramane Yaya est aussi à l’origine de plusieurs actions sociales pour le compte du parti de Faustin-Archange Touadéra. Dons aux mosquées, appuis aux écoles… Pour ce trentenaire, les occasions ne manquent pas de prêcher en faveur de la réconciliation, mais aussi et surtout du président centrafricain, candidat à sa succession.

Au PK5, les jeunes militants du MCU ne tarissent d’ailleurs pas d’éloges sur Hamza Mohammed, candidat du parti aux législatives dans la circonscription. Si sa candidature venait à être validée, ce dernier devra toutefois affronter un adversaire de taille : l’ancien président de l’Assemblée nationale et député sortant, Abdou Karim Meckassoua, du parti du Chemin de l’espérance. « Nous n’avons pas peur de lui. Si on a réussi à s’imposer ici et à rallier au MCU plusieurs militants de son parti, rien ne peut nous empêcher de le battre », estime Abdouramane Yaya.

« Les politiciens veulent nous manipuler »

Les partisans de Karim Meckassoua ne comptent pas leur laisser le champ libre. À quelques rues de là, Moussa Hassabarassoul réunit des jeunes à qui il parle « depuis des années » de paix et de cohésion entre communautés. « Je n’ai pas attendu cette période électorale pour sensibiliser sur la paix, fait valoir ce farouche opposant au président Faustin-Archange Touadéra. Je ne le fais pas pour des raisons politiques mais parce que nous devons rester vigilants et éviter les troubles ».

NOUS VOULONS PROUVER AU MONDE QU’IL N’EST PLUS QUESTION DE VIOLENCES ENTRE CHRÉTIENS ET MUSULMANS

Très influent au PK5, Moussa Hassabarassoul, à la tête d’un comité de paix, fait également office de médiateur entre les milices et les habitants, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Il est aussi un interlocuteur privilégié du gouvernement et de la mission de l’ONU en Centrafrique, la Minusca, dont il se sert pour passer des messages de paix et d’union.

Signe de sa popularité, plusieurs jeunes semblent en cette fin novembre captivés par son discours. Parmi eux, Abderamane Abdel, 23 ans. Ce jeune électeur, qui va voter pour la deuxième fois de sa vie, demande à être photographié à ses côtés. « Moussa Hassabarassoul, c’est mon frère musulman. Lors de la dernière présidentielle, on nous avait tiré dessus avec des roquettes, mais ça ne nous avait pas empêché de voter. Aujourd’hui, nous voulons prouver au monde que nous sommes matures et qu’il n’est plus question de violences entre chrétiens et musulmans, veut croire le jeune homme, tout sourire. Les politiciens veulent nous manipuler. Ils veulent encore créer des tensions au PK5, comme la dernière fois. Mais ça ne prendra pas. »

Peur des violences

Dans les rues de l’arrondissement, des patrouilles de la gendarmerie et des casques bleus de l’ONU effectuent des rondes chaque demi-heure. Pourtant, les tensions politiques sont déjà bien palpables. Le quartier, très convoité par différents partis politiques, reste l’épicentre des violences qui secouent la capitale à intervalles réguliers. Début novembre, lors d’un meeting de l’ancien président François Bozizé, plusieurs coups de feu y avaient été tirés.

CETTE FOIS, LES VIOLENCES NE PARTIRONT PAS DU PK5

Sans surprise, la campagne devrait donc en grande partie se jouer sur des thèmes sécuritaires dans le troisième arrondissement. Car si des miliciens ont bien rendu quelques armes au gouvernement, les habitants restent apeurés de voir ressurgir les violences. Derrière sa petite étale d’oranges dans le marché du PK5, Clotilde se souvient de ces longs mois passés à vivre dans un site de déplacés. « Je veux tourner la page des violences, je suis fatiguée de courir, soupire-t-elle. Ce quartier était un quartier de paix. Il faut qu’on prouve à tout le monde que que cette fois, les violences ne partiront pas d’ici ».

Avec Jeune Afrique par Pacôme Pabandji – à Bangui

Centrafrique : Ngaïssona et Yekatom coupables de crimes de guerre, selon la procureure de la CPI

septembre 19, 2019

Patrice-Édouard Ngaïssona, ancien chef de guerre anti-balaka, désormais membre du conseil d’administration de la CAF. © DR / Copie d’écran Facebook

 

Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré vouloir poursuivre pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » deux ex-chefs de milice centrafricains, Patrice-Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football, et le député Alfred Yekatom, dit « Rambo ».

Les deux hommes, anciens chefs de milice anti-balaka, sont accusés par les services de la procureure Fatou Bensouda de meurtres, viols, actes de torture, mutilations, destruction de biens et de bâtiments religieux, attaques contre des civils et enrôlement d’enfants soldats. La CPI a joint en février les deux affaires afin « d’accroître l’équité et la rapidité de la procédure ».

Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom sont apparus jeudi devant les juges lors d’une audience dite de confirmation des charges devant la chambre préliminaire de la CPI, en vue d’un éventuel procès.

« Cette chambre n’a pas vocation à se prononcer sur la culpabilité des suspects. Elle cherche à déterminer s’il existe des preuves suffisantes » pour justifier l’ouverture d’un procès, a déclaré le juge Antoine Kesia-Mbe Mindua.

« Je n’ai pas d’observations à faire »

Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la coalition de la Séléka, les milices d’autodéfense antibalaka (antimachettes) ont pris les armes, assurant défendre les intérêts des chrétiens face aux exactions des groupes armés musulmans.

Patrice-Edouard Ngaïssona, 52 ans, est soupçonné d’avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’ouest de la Centrafrique entre septembre 2013 et décembre 2014. « Je n’ai pas d’observations à faire », a-t-il déclaré lorsque le juge lui a demandé s’il voulait réentendre la liste des charges formulées par l’accusation.

Alfred Yekatom, 44 ans, surnommé « Rambo » en Centrafrique, a été remis à la Cour pour sa responsabilité pénale présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la même zone entre décembre 2013 et décembre 2014.

Patrice-Edouard Ngaïssona a été interpellé en France en décembre à la suite d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI, qui siège à La Haye. Il est apparu en janvier pour la première fois devant la Cour, deux jours après son extradition. Il a été précédé par Alfred Yekatom, dont la première comparution devant les juges de la CPI remonte à novembre, une petite semaine après son transfèrement historique vers La Haye, le premier depuis l’ouverture de l’enquête sur la Centrafrique en septembre 2014.

Par jeuneafrique.com avec AFP

Soudan: deux Casques bleus tués dans une attaque au Darfour

octobre 16, 2014

Nations unies (Etats-Unis) – Deux Casques bleus de la mission conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) ont été tués jeudi lors d’une attaque dans cette région de l’ouest du Soudan, a annoncé jeudi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Il n’a pas donné de détails sur cette attaque, soulignant lors d’un point de presse qu’octobre était un mois meurtrier pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Au Darfour, au Mali et en République centrafricaine, nous avons perdu 14 Casques bleus dans des attaques, presque un par jour, a-t-il énuméré. Cela souligne l’environnement exceptionnellement risqué dans lequel les Casques bleus opèrent aujourd’hui.

Les Casques bleus doivent pouvoir faire leur travail pour sauver des vies sans interférence, a affirmé M. Ban.

Neuf membres nigériens et un membre sénégalais de la Minusma (Mission de l’ONU au Mali) ont été tués dans des embuscades depuis début octobre dans le nord du Mali.

Un Casque bleu pakistanais a ensuite été tué en République centrafricaine et quatre autres membres de la Mission des Nations unies en RCA (Minusca) ont été blessés mercredi dans une embuscade à Bangui.

L’ONU a déployé 16 missions de maintien de la paix dans les points chauds du globe. Avec 130.000 Casques bleus en opération, leurs effectifs ont atteint cette année un record historique.

Romandie.com avec(©AFP / 16 octobre 2014 18h24)