Posts Tagged ‘Réseau Social’

Faille sur le réseau social de Google, 500.000 comptes exposés

octobre 8, 2018

New York – Google a indiqué lundi avoir découvert et colmaté « immédiatement » en mars une faille dans son réseau social Google+ ayant exposé des données personnelles d’un demi-million de comptes.

A la suite de cette faille et ayant constaté une grande inactivité des utilisateurs, le géant de l’internet a décidé de fermer pour les particuliers ce réseau social auquel sont automatiquement inscrites les personnes possédant une adresse gmail.

Le nom des propriétaires de 500.000 comptes, leur adresse électronique, leur profession, leur sexe et leur âge sont les principales données ayant été exposées, assure Google sur son site.

Des données postées par les utilisateurs comme des messages, des informations sur le compte Google, des numéros de téléphone n’ont pu être vues ni consultées, ajoute le groupe de Mountain View (Californie), avançant toutefois qu’il ne pouvait identifier avec certitude les utilisateurs touchés par la faille, ni leur localisation.

Outre le demi-million de comptes, jusqu’à 438 applications sont également concernées par cette faille mise au jour lors d’un audit interne.

Google affirme que les développeurs d’applications n’étaient pas au courant de la faille et ne se seraient donc pas servis des données exposées: « Nous n’avons pas trouvé de preuve montrant que les données ont été employées de façon inappropriée ».

Google+, qui revendique des millions d’utilisateurs, est principalement utilisé par des professionnels s’intéressant à des sujets bien spécifiques et pouvant consulter les mises à jour de leurs contacts via des « cercles ».

Ces derniers sont en fait des groupes de contacts créés par l’utilisateur selon les critères de son choix: intérêts, catégories de clients, relations, etc et au sein desquels il est possible de décider du contenu qui sera partagé.

Romandie.com avec(©AFP / 08 octobre 2018 18h53)                                                        

Facebook confronté à une campagne de désabonnements et des class-action

mars 21, 2018

Facebook, le réseau social aux plus de deux milliards d’usagers doit faire face à sa chute en bourse et à un mouvement de désabonnement / © AFP / Eric BARADAT

« Quitter Facebook » (#deletefacebook »): Mis en cause dans l’utilisation de données de millions d’utilisateurs à leur insu, le réseau social aux deux milliards d’usagers fait face à une campagne de désabonnements et à une chute en Bourse.

Son PDG emblématique, Mark Zuckerberg, est jusqu’à présent resté silencieux mais pourrait s’exprimer dans les 24 prochaines heures, affirment plusieurs médias américains.

Son silence, ainsi que celui de son bras droit Sheryl Sandberg, a contribué à accentuer la défiance à Wall Street. Depuis lundi l’action Facebook a perdu quelque 10% et des dizaines de milliards de dollars de valorisation boursière même si le titre semblait se stabiliser mercredi.

La colère contre Facebook, qui a laissé le cabinet britannique Cambridge Analytica utiliser les données de 50 millions d’utilisateurs à leur insu, elle, restait égale.

Brian Acton, co-fondateur de l’application de messagerie Whatsapp rachetée à prix d’or en 2014 par Facebook, a joint sa voix à celle de nombreux internautes et appelé à quitter le réseau social qui compte aujourd’hui plus de deux milliards d’utilisateurs.

« Il est temps. #deletefacebook » (quitter Facebook), a écrit sur son compte twitter M. Acton, qui travaille désormais pour Signal, une application de messagerie rivale de Whatsapp. « Effacer et oublier. Il est temps de se soucier de la vie privée », a-t-il ajouté.

Plusieurs sites internet proposent des astuces pour se désabonner, avertissant toutefois que le processus de désabonnement est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

Facebook propose aux utilisateurs une option « désactiver » son compte, qui permet de suspendre temporairement ce dernier. Le journal de l’utilisateur ne sera plus disponible mais certaines informations comme les messages envoyés resteront elles visibles.

Les utilisateurs qui optent pour « supprimer » ne pourront eux plus réactiver leur compte. Les messages envoyés à des amis resteront accessibles. Les copies de certains éléments tels les journaux de connexion restent également dans la base de données de Facebook.

La suppression définitive du compte peut prendre jusqu’à 90 jours mais, durant cet intervalle les informations ne sont plus accessibles. Si l’utilisateur se reconnecte, la demande de suppression est annulée, prévient Facebook.

– Pluie de class-action –

Les candidats au désabonnement se servant de Facebook pour se connecter sur d’autres applications ou d’autres sites peuvent par ailleurs connaître des problèmes au moment de s’identifier. Ils devront également penser à leur présence sur d’autres applications rattachées au réseau social comme Instagram, Whatsapp et Messenger.

Mercredi, il était difficile de savoir si les appels aux désabonnements étaient suivis et le nombre de personnes ayant effectivement quitté le réseau social.

Pour Roger McNamee, un des investisseurs les plus réputés de la Silicon Valley et un des premiers actionnaires de Facebook, la crise actuelle a fait une victime importante: la confiance placée dans le réseau social par ses utilisateurs. Or celle-ci est la clé du succès de la société.

« Le problème c’est le mépris insensé pour les droits des utilisateurs à la vie privée et une indifférence vis-à-vis du respect des données qu’ils ont confiées à Facebook », a déploré M. McNamee sur la radio américaine NPR.

« Je ne sais pas exactement ce qui se passe mais j’ai bien peur qu’il y ait un problème systémique avec les algorithmes et que le modèle économique de Facebook permette à de mauvais acteurs de nuire à des utilisateurs innocents de Facebook », regrette l’investisseur.

Des utilisateurs et des petits porteurs n’ont pas attendu et ont décidé de porter l’affaire devant des tribunaux pour demander d’être dédommagés.

Des cabinets d’avocats américains ont annoncé mercredi avoir déposé des plaintes et recours en nom collectif (class action) au nom de citoyens et d’actionnaires. Celles-ci doivent toutefois encore être acceptées par un juge pour être instruites.

Toujours sur le plan juridique, plusieurs enquêtes ont été ouvertes aux Etats-Unis par les régulateurs, dont la Commission fédérale du commerce (FTC) et les procureurs de New York et du Massachusetts.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mars 2018 17h56)

Twitter supprime un compte lié à Boko Haram

février 24, 2015

Abubakar Shekau, chef du groupe Boko Haram, dans l'une de ses vidéos de propagande.
Abubakar Shekau, chef du groupe Boko Haram, dans l’une de ses vidéos de propagande. © AFP

Le site de microblogging Twitter a supprimé lundi un compte ouvert depuis le 8 février, présenté comme celui de la nébuleuse islamiste nigériane Boko Haram. Une action que réclamaient de nombreux abonnés du réseau social.

Twitter a supprimé dans la nuit du 23 au 24 février un compte diffusant des messages attribués au groupe terroriste nigérian Boko Haram. Actif depuis le 8 février, celui-ci reflétait la volonté des islamistes de marquer une nouvelle ère dans leurs efforts de propagande. Non seulement en communiquant à travers un média « moderne », mais aussi en essayant de donner leur propre version des événements, notamment aux médias occidentaux.

Près de 5000 abonnés en deux semaines

Le compte avait préféré délaisser le nom « Boko Haram » (facilement détectable par les modérateurs de Twitter) pour celui de @Urwatu_Wutqa (« l’islam pur »). En deux semaines, une quinzaine de tweets dont des photos de la bataille de Gombe, le 18 février, ont été publiés. Outre les messages idéologiques en arabe, le compte a également diffusé deux tweets (en anglais et en français) destinés à démentir des informations données par l’armée nigériane faisant état d’une reprise de la ville de Baga (nord-ouest) le 21 février.

Vers un nouveau compte ?

Passé presque inaperçu depuis sa création, le compte a été mis en lumière après les tweets de démenti de la reprise de Baga, publiés le 21 février. De nombreux utilisateurs du réseau social se sont alors lancés dans une campagne pour parvenir à la suppression de @Urwatu_Wutqa.

Twitter affirme régulièrement son attachement à la liberté d’opinion. L’entreprise supprime néanmoins des comptes jugés haineux ou faisant l’apologie du terrorisme. Mais les délais de désactivation peuvent être longs en raison de l’immensité du réseau. Pas sûr donc que cette stratégie empêche Boko Haram de se relancer assez vite dans l’aventure en créant un nouveau compte sous une autre identité.

Jeuneafrique.com par Edmond d’Almeida

Shakira : nouvelle reine de Facebook avec 100 millions de fans !

juillet 19, 2014

 Shakira fait un coucou à ses  millions de fans !

Shakira fait un coucou à ses millions de fans !


Un nouveau record pour la colombienne

Shakira est officiellement la femme la plus aimée de Facebook. La colombienne vient en effet d’atteindre le nombre record de 100 millions de « likes » sur le réseau social. Une première mondiale.

Shakira se souviendra longtemps de ce vendredi 18 juillet. En effet, la star vient de franchir le cap des 100 millions de fans sur le réseau social Facebook. Un record qu’elle peut se vanter d’être la seule à avoir établi jusqu’à présent.

Non loin d’elle, sa consoeur Rihanna, qui avoisine les 90 millions de fans risquerait bien de rapidement la rejoindre ! A moins que le rappeur Eminem, avec ses 91 millions, ne lui vole la vedette. Une chose est sûre, ce n’est pas Madonna qui risque de lui dérober son titre. Avec ses 18 millions d’admirateurs, la Madonne fait pâle figure aux côtés des jeunettes.

« Je suis honorée, et très émue d’avoir atteint les 100 millions, a quant à elle confié Shakira en apprenant la nouvelle. Les réseaux sociaux et tout particulièrement Facebook m’ont aidé moi et les autres artistes à faire le lien entre nos prestations scéniques et notre public » Une nouvelle que le fondateur de Facebook en personne, Mark Zuckerberg, s’est empressé de commenter à son tour. « Félicitations ! a-t-il écrit que la page officielle de la chanteuse. Voici un extraordinaire record pour une extraordinaire personne. »

Afin de célébrer l’événement, l’interprète de Waka Waka a posté une vidéo rétrospective retraçant tous ses meilleurs moments sur le réseau social au fil des années, parmi lesquels ses œuvres de charité, ses couvertures d’albums, ou encore des photos de son fils de 18 mois Milan, sans oublier bien sur de remercier ses fans !

Une bonne nouvelle pour commencer l’été, qui, après la défaite de son mari Gérard Piqué avec l’équipe d’Espagne lors de la dernière Coupe du Monde de football, promet plus que jamais d’être placé sous le signe de la joie !

Voici.fr par J.D

Twitter bloqué en Turquie: pas à l’Etat de décider comment les citoyens communiquent

mars 21, 2014

BERLIN – Le gouvernement allemand a critiqué vendredi la décision turque de bloquer l’accès à Twitter dans le pays, en jugeant, dans un message posté justement sur ce réseau social, que ce n’était pas à l’Etat de décider comment les citoyens communiquent.

Dans une société libre, le choix des moyens utilisés pour communiquer appartient aux citoyens, pas à l’Etat. #Turquie, a écrit le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, sur son compte Twitter.

Un peu plus tard, lors d’une conférence de presse gouvernementale régulière, la porte-parole adjointe du gouvernement, Christiane Wirtz, a refusé d’employer le mot de censure à ce propos.

Elle a rappelé que l’Allemagne s’engage en faveur de la liberté d’expression et que Berlin considère ce genre de mesures, qui entravent ou bloquent les moyens de communication modernes, comme négatives.

Le responsable des droits de l’Homme du gouvernement allemand, Christoph Strässer, a estimé de son côté: en bloquant Twitter, la Turquie a franchi une frontière qui devrait être une ligne rouge pour un candidat à l’adhésion de l’UE.

Il est inacceptable et intolérable de limiter de cette manière la liberté de la presse et d’expression, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a de son côté rappelé: ce n’est pas nouveau que nous observons des lacunes en termes de liberté de la presse en Turquie. Il a toutefois assuré que le sujet sera abordé lors des discussions avec le gouvernement Erdogan et que l’opinion allemande sera clairement exprimée.

Les autorités turques des télécommunications (TIB) ont annoncé tard jeudi soir avoir bloqué l’accès à Twitter sur ordre de la justice, après la menace lancée par M. Erdogan d’interdire le réseau social en représailles à la publication d’enregistrements d’écoutes téléphoniques le mettant en cause dans un scandale de corruption.

De nombreux internautes ont toutefois pu rapidement contourner cette interdiction en passant par d’autres serveurs proxy et des réseaux VPN notamment.

Au début du mois, M. Erdogan avait déjà menacé d’interdire YouTube et Facebook après la diffusion des premiers enregistrements téléphoniques le mettant en cause dans le scandale de corruption qui fait vaciller depuis trois mois le sommet de l’Etat turc.

L’interdiction décrétée jeudi soir intervient en outre à une semaine des élections municipales, qui prendront des allures de référendum pour ou contre M. Erdogan.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mars 2014 15h11)

La face cachée de Facebook

juin 25, 2011

Cette communauté virtuelle de 692 millions de personnes est devenue en cinq ans une grande puissance qui inquiète les Etats. Faits divers, terrorisme, trafics… les scandales se multiplient, mais rien n’entame le succès de la société californienne.

Carla avait 13 ans. Lundi dernier, elle a été battue à mort devant son collège, dans l’Hérault, par le frère d’une autre collégienne avec laquelle elle échangeait depuis des semaines des messages haineux sur Facebook. Une escalade verbale sur le «réseau social» à propos d’une obscure rivalité amoureuse a débouché sur une tragédie. Et tous, parents, enseignants, magistrats, découvrent avec effarement que la communauté virtuelle des «amis» peut – aussi – engendrer l’horreur.

Il y a avait bien eu quelques signes avant-coureurs. Ce garçon de 17 ans retrouvé hagard et à moitié nu dans une rue de Paris, début mai, après une nuit de tortures et d’humiliations, victime d’un piège tendu par une fille de 16 ans rencontrée sur Facebook. Ou encore cet homme de 30 ans qui débarque à Angers chez les parents d’une gamine de 13 ans après des mois de romance torride sur Facebook. L’homme avait obtenu qu’elle se déshabille devant sa webcam. Les parents ont porté plainte.

Les faits divers impliquant Facebook sont chaque jour plus nombreux, reconnaît-on dans les tribunaux, sans pouvoir les quantifier. Aux États-Unis, la police a compté plus de 100.000 plaintes au cours des cinq dernières années. Pour des actes de terrorisme, des suicides en direct, du harcèlement sexuel, des appels à la haine raciale… Un mineur sur sept inscrits subirait des brimades, des propositions sulfureuses. Les forces de l’ordre s’in quiètent du volume d’informations personnelles, sensibles et non protégées.

Si les détraqués n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour sévir, ils ont trouvé sur la toile quantité de proies ingénues en mal de plaire. C’est avec la promesse de ne plus jamais être seul, de faire du monde un univers d’amis, que Facebook a conquis le monde. Les scandales ont beau éclater, qui montrent les dangers de cette intimité dilapidée, rien n’entrave sa marche triomphale.

Chaque jour, des milliers de personnes s’inscrivent sur le réseau pour se jeter avidement dans la conversation mondiale. En France, seuls les plus hauts revenus résistent. Ils ne sont «que 60%» sur Facebook, selon ComScore, la société qui mesure les audiences sur le net. Ils ont souvent plus de 50 ans et regardent avec consternation l’humanité babiller, s’épancher, se mettre presque à nu. Ils sont d’autant plus réticents qu’ils bénéficient d’un réseau à l’ancienne, construit sur la sélection, par écoles, par diplômes, par voisinage. Facebook et ses connexions directes, qui bousculent les hiérarchies traditionnelles pour imposer le tutoiement à tous les âges, les dérangent. «Facebook concrétise la société des pairs: on communique à l’horizontale, il n’y a plus de chef, de père!», analyse le sociologue Stéphane Hugon. Beaucoup de parents s’inquiètent. Ils aimeraient que leurs enfants s’en détournent, «mais c’est tellement simple d’y aller que l’interdire est vain, reconnaît Laure, directrice dans une agence régionale de santé. Et tous leurs copains s’y trouvent». Les plus rétifs finissent par céder, car «priver les enfants de Facebook revient à leur refuser le téléphone portable», résume Benoît Thieulin, directeur de l’agence de communication numérique La Netscouade.

En quelques années, tout le web a été repeint en bleu, celui du réseau inventé en 2004 par un jeune étudiant de Harvard, Mark Zuckerberg. Certains se demandent si Facebook ne va pas dévorer le net. La planète des amis réunit 692 millions de membres. C’est l’un des plus vastes pays au monde ! Un humain sur dix est sur Facebook. Et le nombre vertigineux de membres grimpe d’heure en heure. Aujourd’hui, 32 millions de Français sont inscrits. La moitié du pays.

Les internautes français passent en moyenne quatre heures et demie par mois sur Facebook, mais certains y vivent littéralement. Jamais ils ne ferment leur profil, ce fameux espace où ils se présentent, rassemblent leurs contacts, lisent les nouvelles de leurs amis. Il faut imaginer que la moitié des jeunes de 18 à 34 ans démarrent leur journée par une visite sur Facebook. Beaucoup y restent, comme si fermer leur profil revenait à se boucher une oreille. Ils vivent connectés en permanence, ont renoncé aux mails… Tout vient à Facebook. Toutes les vingt minutes, 1,3 million de photos rejoignent Facebook, devenu le plus vaste album photo au monde. On y trouve les portraits des vivants et même de bébés en gestation, puisque beaucoup postent les clichés des échographies, mais aussi des morts, qui restent là, avec leurs yeux grands ouverts, souriants dans le ciel numérique, indifférents aux turbulences d’ici-bas.

Toutes les vingt petites minutes, donc, presque 2 millions de personnes ajoutent une note à leur profil, acceptent un nouvel ami, tandis que 2,6 millions d’autres légendent une photo ou postent un commentaire sur le profil d’un ami en ligne. Facebook ne dort jamais. Facebook propose sans cesse des nouveaux amis. Facebook a horreur du vide et offre des murs à crayonner.

Né dans la culture du campus américain, ce réseau est un rêve d’adolescent: celui de rester connecté au groupe en permanence. De voir et d’être vu, avec un certain culte de la trans gression. Les étudiants américains profitent de leurs années campus pour s’adonner aux blagues potaches, à la drague assidue, aux soirées arrosées… Facebook a démultiplié l’écho de ces fêtes. Ces clichés sont parfois fatals aux étudiants une fois leur diplôme en poche: très vite, les employeurs se sont mis à chercher sur lesréseaux sociaux des renseignements sur le comportement de leurs futurs employés. Désormais, 45 % des recruteurs américains déclarent utiliser les sites de réseaux sociaux (Facebook, Myspace, Linkedin, Twitter, etc.) pour trouver des informations sur des candidats qui postulent à leurs offres d’emplois, selon un sondage Louis Harris.

Si les jeunes comprennent peu à peu que Facebook peut leur jouer des tours, les malentendus persistent sur la confidentialité des messages postés sur le réseau. Peut-on critiquer son employeur sur Facebook? La jurisprudence hésite encore. Récemment, trois employés de la société d’ingénierie Alten ont été licenciés pour avoir décrié leur hiérarchie sur leurs profils. Les prud’hommes ont entériné cette décision, car les profils n’étaient guère protégés. Les amis des amis pouvaient voir les messages. Les juges ont considéré que «dans ces conditions, Facebook devenait une plate-forme de communication et non un espace privé», souligne Thomas Saint-Aubin, spécialiste du droit du numérique. D’autres affaires seront jugées ces prochains mois. Pour l’avocate Christiane Féral-Schuhl, futur bâtonnier de Paris, «la confidentialité est une illusion sur le réseau. Tous les contenus peuvent être recopiés par les amis et diffusés largement. En réalité, nous vivons une sorte de Mai68 numérique, un déshabillage public. Cette liberté est grisante, mais il faut comprendre que Facebook est un espace public, qu’on ne peut pas tout dire, tout faire. Au risque de diffamer.» D’autant qu’internet n’oublie rien. Les accusations restent, disséminées sur la toile, même après une relaxe.

Petit à petit, chacun réalise que Facebook n’est pas une alcôve, mais une chambre sans porte qu’il faut apprendre à ranger. «Les jeunes ont compris qu’il fallait segmenter leurs contacts sur le net, assure Benoît Thieulin, de La Netscouade. Ils réservent Facebook à leurs amis et gèrent leurs contacts professionnels sur Viadeo ou LinkedIn.» La segmentation se poursuit sur Facebook, où ils passent des heures à paramétrer leur compte. «Ils cantonnent leurs parents dans un groupe, donnent un libre accès à leur profil à leur vrais amis, mais le limitent pour les copains du lycée», précise ce spécialiste du web.

Des nouveaux membres plus âgés, des profils plus austères

Régler cette mécanique fine est un art que tout le monde ne maîtrise pas. Beaucoup préfèrent nettoyer leur profil, comme Adrien, 23 ans, qui a retiré «les photos limite» de sa page. En revanche, il est plus difficile de contrôler les clichés postés par les amis. On peut enlever son nom s’il apparaît sur l’image. «C’est laborieux, ça ne supprime pas les photos du net, mais ça limite les dégâts», dit Adrien. La tâche va devenir titanesque, car Facebook vient de lancer la reconnaissance faciale et l’étiquetage automatique des photos postées sur le réseau ! Une initiative particulièrement intrusive que dénonce la Cnil. D’autant que cette identification a été activée d’office et discrètement. Il faut la désactiver pour ne pas contribuer au fichage de vos amis.

Pour prendre un nouveau départ sur le net, Lucas, 22 ans, a «bien pensé fermer mon profil pour en créer un nouveau… mais j’allais perdre tous mes contacts». Alors, il a éliminé des chapelets de vagues connaissances pour se limiter à une centaine d’amis. En moyenne, les profils français en contiennent 130. Fermer son profil, c’est aussi perdre son journal intime.

De nous, Facebook sait tout. Nos souvenirs, nos émotions lui appartiennent. Et lorsque certains veulent quitter le réseau social, ils découvrent qu’il est pratiquement impossible de récupérer ce journal intime. Invités VIP certes, mais aussi otages. Même si, depuis quinze jours, on peut exiger un fichier Zip, sorte de grande enveloppe qui contient nos petites affaires…

Pour éviter les déboires, les plus prudents choisissent de tout verrouiller sur leur profil, pour ne laisser apparaître que leur nom, un jour de naissance et parfois un diplôme. A mesure que les adultes et les seniors rejoignent le réseau, les profils austères se multiplient. Cette pudeur nouvelle n’est pas du goût de Face book. L’exhibitionnisme dope l’audience. On vient lire sur Facebook les frasques de nos people à nous, nos amis. De plus, le groupe américain, basé à Palo Alto, dans la Silicon Valley, en Californie, vit de nos petits secrets: il se délecte de nos sorties, de nos achats, de nos passions, qu’il vend à prix d’or à des annonceurs.

C’est grâce à cette publicité ciblée que Facebook est devenu un géant de l’internet. La société de Mark Zuckerberg a réalisé 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier et prévoit le double pour cette année. Des revenus déterminants pour justifier la valorisation de Facebook, qui pourrait atteindre 100 milliards de dollars lors de l’introduction en Bourse programmée en 2012. A condition que le réseau ne s’essouffle pas, comme c’est arrivé à Myspace avant lui. En plus des annonces, Facebook s’apprête à engranger des millions grâce à sa monnaie, les «Facebook credits», que l’on devra obligatoirement utiliser pour acquérir les objets virtuels servant notamment dans les jeux : 30 % du montant des transactions restera dans les poches de Facebook. Selon le site TechCrunch, cette monnaie sera «l’American Express des nouvelles générations»!

Tout ce que le net invente, Facebook l’aspire. Pour garder ses membres, le réseau a promu la recherche «sociale». Plutôt que de taper dans Google le nom d’un spectacle, on peut interroger ses contacts. S’ils ont aimé, cette recommandation aura plus de valeur que des avis anonymes. Mais pour devenir un véritable moteur de recherche, Facebook a aussi ouvert ses portes aux contenus, aux articles, aux infos. Il suffit de cliquer sur un symbole Like pour intégrer ces pages aux profils. Et désormais, «on ne surfe plus de site en site, mais d’ami en ami. Ils deviennent notre filtre. C’est le règne de l’entre-soi», résume Stanislas Magniant, directeur de Net Intelligenz, la branche internet de Publicis. Facebook a ainsi capté une partie de la recherche d’informations sur le net. La moitié des jeunes s’informent uniquement sur Facebook.

Devant le succès des achats groupés, qui permettent d’obtenir des tarifs plus bas, la plateforme californienne vient de lancer son propre service. Elle propose aussi de la géolocalisation, le grand concept à la mode. Avec Lieux, on signale à ses amis où l’on se trouve. Cela favorise les rencontres IRL («in real life») et permet une publicité ultralocale. Vous déclarez être fatigué ? Une annonce pour un institut de massages près de chez vous apparaît…

Aujourd’hui, le dynamisme d’internet est largement conditionné par la puissance de Facebook. Jeux en ligne, services, pages de grandes marques : tout est taillé pour le réseau social qui, pour l’instant, accueille gratuitement tous ces acteurs. Mais si Facebook décidait de se faire payer pour héberger la page des fans de Coca-Cola et ses 20 millions de membres, il est entendu que la société accepterait pour ne pas perdre ces millions de contacts. «Dans le fond, analyse Bernard Benhamou, délégué aux usages numériques auprès du gouvernement, Facebook a compris que le web était trop compliqué pour le grand public et lui propose un produit simple, où tout est rassemblé.»

Les menaces de régulation contre Facebook fleurissent
Cette puissance inquiète les marchés comme les organismes de régulation. Car peu à peu, le net libre et ouvert des débuts se retrouve dominé par des géants californiens: Apple, Google, Face book, qui proposent des services complets. «C’est extrêmement périlleux pour les acteurs français du net, alerte Bernard Benhamou. D’autant que Facebook va bientôt devenir l’ami de tous les instants de la vie: au supermarché, je saurai ce que mes contacts ont préféré, avec la télévision connectée, j’apprendrai ce que regardent mes friends…»

De Paris à Washington, des menaces de régulation fleurissent. Une proposition de loi d’une sénatrice démocrate entend interdire à Facebook de divulguer par défaut d’autres informations que le nom du membre et sa ville de résidence. Les parents seraient aussi en droit d’exiger le retrait des informations personnelles de leurs enfants de moins de 18 ans ! Le texte doit bientôt être débattu. Pour tenter d’échapper aux foudres du Congrès, la société de Palo Alto a embauché, ces derniers mois, une solide équipe de lobbyistes formée d’anciens conseillers démocrates… et républicains. Les nouveaux chantres de l’amitié !

Lefigaro.fr Cécilia Gabozon

Facebook recule en Amérique du Nord

juin 14, 2011

Le réseau social, qui compte près de 700 millions de membres dans le monde, aurait perdu des utilisateurs aux Etats-Unis et au Canada au mois de mai, selon une étude d’Inside Facebook.

Fin de cycle, accident ou simple erreur de calcul ? Les derniers résultats d’audience de Facebook font déjà débat. Produites par le service études du site d’information Inside Facebook – indépendant de l’entreprise Facebook elle-même – , ces statistiques indiquent que le plus célèbre des réseaux sociaux serait en recul chez les internautes d’Amérique du Nord. Facebook aurait perdu 6 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis, entre avril et mai, et 1,52 million au Canada. Le site communautaire y compte désormais respectivement 149,4 et 16,6 millions de membres actifs.

Se basant sur son propre outil d’analyse, Inside Facebook a également constaté une petite érosion, de plus de 100.000 utilisateurs actifs, sur les marchés britannique, norvégien et russe. Fort de 687 millions de membres actifs dans le monde, Facebook a toutefois continué de progresser sur la période. Tiré par le Brésil, le Mexique ou l’Inde, le réseau social s’est enrichi de près de 12 millions d’internautes.

D’autres alertes

Inside Facebook reste prudent sur le sens de ces chiffres. «Nous allons suveiller de près pour voir quelles tendances émergent sur le long terme, note le service. Des bugs dans l’outil publicitaire de Facebook dont nous tirons ces informations, des changements saisonniers comme les fins d’études, et d’autres facteurs de court-terme peuvent influencer les chiffres sur un mois et masquer ce qui se passe réellement.»

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des analystes observent une baisse de régime chez Facebook outre-Atlantique. En mars dernier, l’institut de mesure d’audience Comscore avait relevé un ralentissement de la croissance de Facebook aux Etats-Unis. En avril, Nielsen avait alerté sur une baisse du temps passé sur Facebook par les internautes. Plus éloigné encore, Nielsen avait constaté une baisse de 5% des utilisateurs Facebook au Royaume-Uni dès début 2008 ! Exploré par 8,5 millions d’internautes britanniques alors, le réseau social en revendique désormais plus de 29 millions.

Lefigaro.fr par Marie-Catherine Beuth