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Crise au Liban: « Il faut établir des listes de noms et sanctionner les responsables »

septembre 17, 2021

Emmanuel Macron à Beyrouth, le 31 août 2020

Le Parlement européen a voté une résolution pour accélérer la prise de sanctions contre les dirigeants libanais à l’origine de la situation très préoccupante du pays. Entretien avec le député français Christophe Grudler, qui appelle à maintenir la pression internationale.

Condition préalable à l’octroi de l’aide internationale, le Liban s’est doté le 10 septembre d’un nouveau gouvernement tant attendu, avec une répartition des postes égales entre chrétiens et musulmans, conformément au système confessionnel. Mais la pression internationale ne faiblit pas. Le parlement européen a voté, ce 16 septembre, une résolution non contraignante réclamant un durcissement des sanctions contre des responsables de la grave crise politique et économique que traverse le pays.

Le texte déposé par le groupe du Parti populaire européen (PPE), l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), les Conservateurs et réformistes européens (CRE), le groupe Verts/ALE et la liste centriste Renaissance – ou Renew Europe, qui regroupe La République en marche (LREM), le Mouvement démocrate (Modem), Agir et le Mouvement radical –, a bénéficié d’un consensus, avec 575 voix sur 685 députés présents.

Enquête entravée

Effondrement des institutions, corruption endémique, crise financière exacerbée depuis fin 2019, hausse du taux de pauvreté, protestations populaires, manque de redevabilité des hauts responsables, cette résolution souligne la situation extrêmement préoccupante que traverse le pays, exacerbée par la crise du Covid-19 et l’accueil des réfugiés syriens. Les auteurs du texte dénoncent le rejet par les députés, motivés par des intérêts privés, du plan de sauvetage gouvernemental soutenu par le FMI. Ils reprochent également à des figures politiques libanaises clés d’avoir entravé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020 et refusé la demande de levée d’immunité de certains membres du parlement. Accusant directement une poignée de personnalités d’être responsable d’un « désastre », ils pointent notamment du doigt le gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé, et son frère.

Dans ce contexte, les députés européens appellent à la mise en œuvre de réformes profondes, proposent l’ouverture d’une enquête internationale indépendante et  exhortent le Service européen pour l’action extérieure à établir clairement des listes de personnalités et d’entités responsables. Entretien avec le député français Christophe Grudler, membre de Renew Europe et porteur de ce texte.

Jeune Afrique : Le 16 septembre, le Parlement européen a réclamé un durcissement des sanctions contre les responsables libanais. Quels pays ont été à l’initiative de cette résolution ?

Christophe Grudler :  Les francophones, et les députés français en premier lieu, sont à la pointe du sujet du fait de leurs attaches culturelles et amicales avec le Liban. Mais quand j’ai porté ce texte, nous avons aussi bénéficié de la solidarité de nombreux collègues allemands, suédois, belges et italiens. Il y a eu un consensus autour d’un objectif : aider concrètement le peuple libanais.

TOUS LES PAYS DOIVENT COOPÉRER POUR CONCLURE L’ENQUÊTE SUR L’EXPLOSION DU PORT DE BEYROUTH

Le Conseil de l’Europe a déjà adopté fin juillet un cadre légal pour sanctionner les responsables de la crise. Vous appelez désormais à la création d’un tribunal spécial chargé des affaires de corruption et à la mise en œuvre de réformes structurelles. En quoi ce texte peut faire évoluer concrètement la situation ? 

Nous réclamons une enquête et des sanctions contre les responsables, il faut établir des listes de noms et se donner les moyens de contrôler ces personnalités. Nous parlons au nom du peuple européen, notre but est d’obtenir des actes forts rapidement. Nous appelons à la coopération de tous les pays afin d’identifier les biens mal acquis et de conclure l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth. Nous demandons également la mise en place d’une commission de suivi des élections de 2022 et nous sommes convaincus que le Service européen pour l’action extérieure s’en saisira.

En quoi votre démarche peut-elle accélérer la contribution des États européens sur ces dossiers ?

Les listes de noms seront établies sur la base d’une enquête internationale indépendante, sachant qu’il existe déjà des investigations en Suisse ou en France sur le gouverneur de la Banque du Liban et une enquête indépendante autour du blanchiment d’argent en Europe. Nous souhaitons que les États membres échangent des informations, en association également avec la Suisse et la Grande-Bretagne. Cette cohérence entre pays est nécessaire.

La Hongrie s’est certes opposée à l’enquête d’un juge international sur des personnalités libanaises mais nous sommes parvenus à créer un courant transversal englobant presque tous les groupes parlementaires, mis à part ceux de l’extrême gauche et de l’extrême droite. Chacun pourra influer sur les décisions des responsables de son État. Au-delà de cette résolution, nous avons créé des liens entre collègues de différentes nationalités et partis. Nous comptons ainsi suivre le dossier et nous rendre sur place s’il le faut pour constater les réalités du terrain.

À PARTIR DU MOMENT OÙ DES RESPONSABLES ONT ÉTÉ IDENTIFIÉS, ILS POURRONT ÊTRE SANCTIONNÉS

Pour quelles raisons soulignez-vous dans ce texte l’implication du Hezbollah et d’autres factions dans la crise politique et économique que traverse le pays ?

Quelles que soient les factions, notre objectif principal est la lutte contre la corruption. À partir du moment où des responsables ont été identifiés, ils pourront être sanctionnés, leurs biens mal acquis gelés, et une fois ces groupes affaiblis, nous pourrons parler de nation libanaise. Ce qui tue le Liban, c’est l’enfermement autour du communautarisme.

S’agit-il de remettre en cause un autre point sensible du Liban, le système confessionnel ?

L’objectif est de développer un système d’appartenance nationale au Liban. Il s’agit d’une nation et non pas d’une fédération. Tout ce qui renforcera ce sentiment fera du bien à tout le monde.

Le pays ayant été placé sous perfusion économique par les bailleurs, la responsabilité internationale est-elle engagée dans la faillite structurelle d’un État corrompu ?

L’enquête indépendante permettra d’établir toutes les responsabilités, mais elles sont avant tout celles des gouvernants. Les financeurs ne sont pas responsables du refus du précédent gouvernement de libérer des éléments d’enquête autour du port de Beyrouth, ni de l’opposition de la commission des finances à la levée de l’immunité parlementaire.

SI CE GOUVERNEMENT NE VEUT PAS COOPÉRER, IL SERA REJETÉ COMME SES PRÉDÉCESSEURS

En pleine déroute économique, doublée d’une crise sanitaire, le pays doit négocier un accord avec le FMI. Faut-il maintenir la pression internationale et européenne dans ce contexte ?

C’est nécessaire car si ce gouvernement ne veut pas coopérer, il ne pourra pas réussir et sera rejeté comme l’ont été ses prédécesseurs. La pauvreté, la grande précarité énergétique et alimentaire du pays lui imposent de reconnaître les erreurs passées et d’agir de manière positive. Ce sont des conditions préalables à l’aide internationale et au retour de l’argent de la diaspora. Il faut que ce gouvernement fasse ses preuves. La pression internationale permet de montrer que tout ne lui est pas dû.

L’UE a apporté une assistance économique au Liban et des aides d’urgence. Mais vous appelez à faire en sorte que ces fonds parviennent réellement dans les mains des acteurs de terrain…

Nous ne pouvons pas nous permettre de voir l’argent destiné à aider les Libanais aller dans la poche de quelques oligarques. C’est ce qui a pu se produire par le passé et l’enquête pourra le prouver. Il y a déjà des présomptions soulignées par l’enquête d’Amnesty International et par des juges européens. Nous demandons plus de moyens européens humains pour contrôler le bon usage de ce qui a été envoyé, avec la mise en place d’une task force internationale.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

RD Congo: sanctions de l’UE contre 8 responsables congolais et un ex-rebelle

mai 29, 2017

L’Union européenne a décidé lundi d’infliger des sanctions à huit responsables de l’appareil sécuritaire en République démocratique du Congo, dont trois ministres ou anciens ministres, et un ex-chef rebelle pour de « graves violations des droits de l’homme ». / © AFP/Archives / GEORGES GOBET

L’Union européenne a décidé lundi d’infliger des sanctions à huit responsables de l’appareil sécuritaire en République démocratique du Congo, dont trois ministres ou anciens ministres, et un ex-chef rebelle pour de « graves violations des droits de l’homme ».

Cette liste, publiée au Journal officiel de l’UE, s’ajoute à celle de sept personnes soumises à des sanctions depuis décembre 2016 « en réponse aux entraves au processus électoral et aux violations des droits de l’Homme qui y étaient liées », a indiqué le Conseil de l’UE dans un communiqué.

Ces sanctions, qui touchent notamment le directeur de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Kalev Mutondo, « impliqué dans l’arrestation arbitraire d’opposants et de militants de la société civile consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager dans l’Union.

Parmi les responsables sanctionnés figurent aussi le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, actuellement en Chine accusé d’être responsable de la « politique répressive menée envers les médias ».

Le ministre de l’Intérieur Ramazani Shadari est sanctionné pour être responsable de l’arrestation d’activistes et d’opposants pour la répression violente contre des membres du mouvement Bundu Dia Kongo, la répression à Kinshasa en janvier et février dernier et celle dans les provinces du Kasaï.

Son prédécesseur, Evariste Boshab, est lui visé pour avoir réprimé des manifestations en 2016 à Kinshasa pendant lesquelles « de nombreux civils ont été tués ou blessés par les forces de sécurité ».

Le gouverneur du Kasaï central, Alex Kande Mupompa (exécutions extrajudiciaires), l’ancien gouverneur du Haut-Katanga Jean-Claude Kazembe (répression au cours de laquelle 12 civils ont été tués), le commandant de la 31e Brigade des Forces Armées de la RDC, Muhindo Akili Mundos (exécutions extrajudiciaires et massacres) sont également sur la liste.

– Exécutions de femmes et d’enfants –

Tout comme le général de brigade Eric Ruhorimbere (exécutions de miliciens, de femmes et d’enfants) et le chef du service de renseignement, Kalev Mutondo,

Le neuvième sanctionné est le chef de milices Gédéon Kyungu Mutanga qui a « contribué à de graves violations des droits de l’homme et à des crimes de guerre tels que des exécutions de civils au Katanga » (sud-est) et est actuellement actif au Kasaï.

Interrogée par l’AFP à Kinshasa, une source gouvernementale congolaise a refusé de réagir officiellement.

« C’est très préoccupant », a néanmoins déclaré ce responsable sous le couvert de l’anonymat, accusant l’UE de chercher à « déstabiliser la RDC, comme la Libye ou l’Irak ».

Les sanctions interviennent au moment où l’UE reste « gravement préoccupée par la détérioration de la situation en RDC ». La « crise dans le Kasaï a atteint une ampleur exceptionnelle sur le plan à la fois sécuritaire, humanitaire et des droits de l’homme », selon le communiqué publié à Bruxelles.

Depuis septembre 2016, la région du Kasaï (centre du pays) est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa.

Selon l’ONU, ces violences ont fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,27 million de personnes. D’après le député d’opposition Delly Sesanga, le bilan de ces violences est de plus de 3.000 morts.

L’UE « exprime son inquiétude » quant aux retards pris par la « transition » politique, tandis que le président Joseph Kabila est toujours au pouvoir plus de cinq mois après la fin de son mandat.

Rpmandie.com avec(©AFP / 29 mai 2017 19h30)

                                      

Attentat en Tunisie: des responsables limogés, dont le gouverneur de Sousse

juillet 4, 2015

Tunis – Plusieurs responsables tunisiens, dont le gouverneur de Sousse, ont été limogés après l’attentat qui a coûté la vie à 38 touristes le 26 juin, a indiqué samedi à l’AFP un conseiller du Premier ministre.

Tout comme il y a eu des défaillances sécuritaires, il y a eu des défaillances politiques, a déclaré Dhafer Néji, conseiller en communication auprès du chef du gouvernement, en ajoutant que le gouverneur de Sousse (centre-est), région où a été perpétré l’attentat, avait été démis de ses fonctions.

Plusieurs responsables policiers ont aussi été limogés, parmi lesquels trois responsables de Sousse, un de Gaafour (nord-ouest), la ville d’origine du jihadiste qui a perpétré l’attentat de Port El Kantaoui, et un de Kairouan (centre), où le jeune homme étudiait, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ali Aroui, a confirmé à l’AFP que plusieurs responsables (de la police) ont été révoqués à Sousse et Kairouan, dont le chef du district de Sousse.

Identifié par les autorités comme Seifeddine Rezgui, un étudiant tunisien de 23 ans, le tireur a tué 38 touristes le 26 juin, dont 30 Britanniques, dans un hôtel et sur une plage, avant d’être abattu par la police.

Après l’attentat, les critiques contre les forces de sécurité, qui ont mis au moins 30 minutes à intervenir selon plusieurs témoignages, se sont multipliées en Tunisie. Les autorités ont pour la première fois vendredi admis une défaillance des services sécuritaires, le Premier ministre Habib Essid reconnaissant que la police avait été trop lente.

En l’espace de trois mois, 59 touristes étrangers ont péri en Tunisie: 38 à Port El Kantaoui, et 21 le 18 mars dans un attentat contre le musée du Bardo à Tunis, deux attaques revendiquées par le groupe Etat islamique.

Face à ces attentats et à la montée de la menace jihadiste dans le pays, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a décrété samedi l’état d’urgence.

Romandie.com avec(©AFP / 04 juillet 2015 19h59)