Posts Tagged ‘révision de la constitution’

Burundi: le gouvernement adopte un projet de révision constitutionnelle permettant à Nkurunzinza de se maintenir au pouvoir en 2020

octobre 26, 2017

 

Le président burundais Pierre Nkurunziza à Gitega, en janvier 2016. © STR/AP/SIPA

Un projet de révision de la Constitution adopté mardi par le gouvernement prévoit que « le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable ». Sans surprise, la société civile s’est insurgée contre ce texte.

C’est un projet de révision de la Constitution très polémique qu’a adopté mardi 24 octobre le gouvernement du Burundi au cours d’un Conseil des ministres extraordinaire. Objectif : permettre au président Pierre Nkurunziza de briguer dès 2020 deux nouveaux septennats, ont confirmé jeudi à l’AFP de hauts responsables burundais sous couvert d’anonymat.

Dans le texte, ce projet de révision de la Constitution prévoit que « le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable », mais ajoute qu’ « aucun président ne peut diriger plus de deux mandats consécutifs ».

L’accord d’Arusha balayé

Cette révision changerait en profondeur la Constitution du Burundi, issue de l’accord de paix signé en 2000 à Arusha et qui avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile, responsable de plus de 300 000 morts entre 1993 et 2006.

Elle « ne touche pas aux quotas de 60% de hutus (ethnie majoritaire, 85% de la population), 40% de tutsis (14%) et au moins 30% de femmes au gouvernement et au Parlement, ainsi que les 50-50 dans l’armée et la police, mais ne fait plus référence à l’Accord de paix d’Arusha », a confirmé l’un de ces hauts responsables.

Cet accord, dont l’actuelle Constitution est l’émanation et qui dit clairement qu’aucun président ne peut diriger le Burundi plus de 10 ans, avait pourtant été le cheval de bataille des opposants à la réélection du président Nkurunziza pour un troisième mandat en avril 2015, qui a précipité la crise actuelle.

« Pierre Nkurunziza joue avec le feu »

Sans surprise, le projet de loi a suscité de très vives critiques et inquiétudes. « Pierre Nkurunziza joue avec le feu. Cette révision pourrait causer une nouvelle période d’insécurité dans le pays et provoquer l’irréparable, c’est-à-dire une crise politique qui ne pourrait plus être résolue », estime ainsi Me Armel Niyongere, l’une des principales figures de la société civile burundaise en exil, contacté par Jeune Afrique.

« Nous demandons à l’Union africaine et à la communauté internationale en général d’être vigilante sur ce nouveau projet de loi », ajoute Armel Niyongere, dénonçant une « nouvelle violation de l’accord d’Arusha ».

Un référendum prévu « très rapidement »

Selon un autre haut responsable burundais, le Conseil des ministres a décidé que ce texte serait « soumis à un référendum populaire très rapidement, probablement en février au plus tard ». Ce projet tient compte des propositions formulées par une commission mise en place en mai par Pierre Nkurunziza, après des consultations menées pendant un an auprès de 26 000 Burundais, qui avaient notamment montré que la « majorité » de ces personnes avaient en commun « la volonté de supprimer la limite des mandats (présidentiels) », a-t-il stipulé.

Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005 et réélu en juillet 2015 pour un troisième mandat controversé, avait déjà ouvert la voie à un autre mandat. En décembre 2016, il avait laissé entendre qu’il pourrait se représenter en 2020, « si le peuple le demand(ait) ».

Mali: le président suspend la révision constitutionnelle, l’opposition crie victoire

août 19, 2017

Bamako – Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a décidé de « surseoir » à l’organisation d’un référendum sur son projet de révision de la Constitution, une décision célébrée samedi dans les rues de Bamako par plusieurs milliers d’opposants.

Le 21 juin, le gouvernement malien avait déjà décidé de reporter à une date ultérieure le référendum initialement prévu le 9 juillet 2017.

La révision de la Constitution de 1992, la première depuis 25 ans, vise notamment à « mettre en oeuvre certains engagements de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali » signé en mai-juin 2015 entre le gouvernement et l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du pays. Il prévoit aussi la création d’un Sénat et d’une Cour des comptes.

« Dans l’intérêt supérieur de la nation et de la préservation d’un climat social apaisé, j’ai décidé, en toute responsabilité, de surseoir à l’organisation d’un référendum sur la révision constitutionnelle », a déclaré IBK vendredi soir à la télévision.

L’opposition est descendue dans la rue pour célébrer ce qu’elle considère comme une victoire contre un projet qu’elle combattait.

Nous sommes ici pour célébrer une victoire, le retrait du projet référendaire. Nous remercions les milliers de militants qui sont présents au meeting. Nous resterons vigilants pour la suite », a déclaré Amadou Thiam, vice-Président de la plateforme « Touche pas à ma Constitution », qui a rassemblé quelques milliers de personnes dans les rues de la capitale malienne samedi, selon un correspondant de l’AFP.

Dans son allocution, le chef de l’Etat malien avait souligné que son « devoir » était « d’expliquer tous les bénéfices que la révision constitutionnelle apporterait au rétablissement de la paix, à la consolidation de nos institutions et à l’amélioration de la gouvernance ».

« Je constate toutefois que dans le climat actuel ces explications peinent à être entendues et acceptées », avait ajouté Ibrahim Boubacar Keïta.

« Nous devons prendre le temps de nous retrouver pour échanger sans détour », a-t-il estimé, tout en regrettant que de « profonds clivages menacent d’ébranler durablement (la) cohésion nationale ».

Le 5 juillet, la Cour constitutionnelle avait demandé au gouvernement d’apporter des « corrections » au projet de révision constitutionnelle, acceptant la requête de l’opposition sur l’article évoquant la durée du mandat des sénateurs désignés par le président, qui n’était nullement mentionnée dans la texte.

En revanche, la Cour avait rejeté une autre requête réclamant l’annulation du référendum déposée par l’opposition, qui avait organisé plusieurs manifestations.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature de l’accord de paix de 2015. Depuis, ces attaques se sont étendues dans le centre et dans le Sud et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Romandie.com avec(©AFP / 19 août 2017 15h15)

Une maladie africaine

avril 9, 2016

 

Nous avons cru que la majorité des pays africains étaient en route pour la démocratie et que, dans cette voie, ils cheminaient d’un bon pas et enregistraient des progrès réels. Il nous faut déchanter.

Dans la plupart des pays de l’Union africaine (UA) – ils sont plus de cinquante ! -, on a renoncé au coup d’État pour accéder au pouvoir.

Et l’on a opté pour les urnes.

Il ne se passe pas de mois sans qu’un pays ou l’autre organise chez lui des élections législatives ou présidentielle.

Il arrive même, comme en ce mois de mars, qu’il y ait simultanément plusieurs scrutins. Tout se passe comme si l’Afrique tout entière avait adhéré à cette formule magique : le pouvoir par les urnes.

Mais les élections africaines sont-elles transparentes et pluralistes ? Sont-elles propres et honnêtes ? Leurs résultats désignent-ils ceux que les électeurs ont voulus et rejettent-ils ceux qu’ils ont écartés ?

De moins en moins, parce que dans la majorité des pays, ces élections sont marquées par des irrégularités, et qu’au lieu de s’atténuer au fil des années le phénomène s’aggrave, tend à devenir la règle.

On s’adonne à la triche et au truquage à tous les stades : lors de l’établissement des listes, au moment du vote, et après, lors du dépouillement : l’emporte celui qui triche mieux que son ou ses concurrents.

S’il n’est pas porté remède à cette dégradation, l’Afrique et les Africains seront la risée du monde, et l’on en viendra à parler « d’élections à l’africaine ».

Des élections honnêtes et régulières ne suffisent pas à garantir qu’un régime soit démocratique. Mais elles sont le fondement de la démocratie et si ce fondement n’est pas là, s’il n’est pas solide, aucune construction démocratique n’est possible.

Deux catégories de politiciens sont responsables de cette maladie africaine :

1) Tout d’abord, et principalement, ceux qui sont déjà au pouvoir et s’y accrochent. Ils y tiennent plus qu’à la prunelle de leurs yeux et ne se voient pas sans ce pouvoir devenu pour eux une seconde nature.

Leurs proches et leurs entourages leur ont fait croire que, sans eux, le pays sombrerait dans le chaos.

Une éventuelle alternance est leur hantise : il convient donc de la conjurer, coûte que coûte.

2) Viennent ensuite ceux qui aspirent à les remplacer et s’en croient capables. Pour avoir une chance d’y parvenir, ils s’adonnent, eux aussi et tout autant, aux délices et au poison du truquage des élections.

Ils se font ainsi les complices de ceux à qui l’exercice du pouvoir donne infiniment plus de moyens dont ils usent et abusent.

Les uns et les autres ne pourraient pas continuer à polluer la politique de cette manière si l’opinion africaine tolérait moins de tels agissements ou, mieux, les rejetait et disqualifiait leurs auteurs.

Cette mansuétude à l’endroit des tricheurs les encourage à persévérer.

Fort heureusement pour la réputation de notre continent et pour l’avenir à long terme de la démocratie en Afrique, quelques pays, trop rares à mon goût, ont des dirigeants politiques qui respectent la Constitution, remettent leur mandat en jeu sans craindre l’alternance.

On reconnaît ces pays d’exception à des critères simples : les élections s’y tiennent à la date prévue, le gagnant n’abuse pas de sa victoire, le perdant admet sa défaite et les observateurs, nationaux ou étrangers, valident le scrutin.

Si l’on met de côté le Maroc, qui est une monarchie et, malheureusement, ne fait pas partie de l’UA*, on trouve dans ce palmarès les pays suivants : Afrique du Sud, Bénin, Botswana, Burkina Faso (depuis 2015), Cap-Vert, Centrafrique (depuis 2016), Côte d’Ivoire (depuis octobre 2015), Ghana, Guinée-Bissau, Mali, Maurice, Namibie, Nigeria, São Tomé, Sénégal, Tunisie, Zambie.

Une quinzaine de pays, grands, moyens ou petits et qui rassemblent moins de la moitié de la population du continent.

* Le Maroc a quitté l’OUA de l’époque, en novembre 1984, il y a trente et un ans !

Jeuneafrique.com par Béchir Ben Yahmed

Au Bénin, la révision de la Constitution au coeur des élections législatives dimanche

avril 24, 2015

Au Bénin, la révision de la Constitution au coeur des élections législatives dimanche
Au Bénin, la révision de la Constitution au coeur des élections législatives dimanche © AFP

Les Béninois se rendent aux urnes dimanche pour des élections législatives qui auront valeur de test pour le camp du président Thomas Boni Yayi, accusé par l’opposition de vouloir changer la Constitution pour briguer un troisième mandat lors de la présidentielle de 2016.

Au total, 4,4 millions d?électeurs doivent voter dimanche (entre 06H00 et 15H00 GMT) pour renouveler leurs 83 députés, lors d’un scrutin initialement prévu en mars dernier et dont la société civile craint qu’il puisse être marqué par des fraudes.

La campagne, qui doit prendre fin vendredi à minuit, a officiellement duré 15 jours. Mais la distribution des cartes d’électeurs n’ayant démarré qu’en fin de semaine dernière, à cause de différends sur le financement de l’opération, la vingtaine de partis en lice a attendu la dernière minute pour déployer banderoles et porte-voix.

Dans ce petit pays ouest-africain de 10 millions d’habitants, la classe politique se livre depuis plusieurs mois à une lutte acharnée sur une possible modification de la Constitution.

Le président Boni Yayi, au pouvoir depuis 2006 et dont le second mandat s’achève en 2016, souhaite engager des réformes constitutionnelles portant notamment sur l’imprescriptibilité des crimes économiques et l’inscription de la Cour des comptes dans la Constitution.

L’opposition, qui accuse le chef de l?État de vouloir en profiter pour supprimer la limitation des mandats présidentiels pour briguer un troisième mandat, refuse qu’il « tripatouille » la loi fondamentale.

– « Une campagne aux allures de référendum » –

« Le débat de fond sur les projets de société est inexistant ou du moins réduit » lors de ces législatives. « Du coup on assiste à une campagne aux allures d’un référendum centré sur la révision ou non de la Constitution », estime l’analyste politique Rock Sosthène Nepo.

« L’enjeu, pour le pouvoir, c’est d’avoir une très large majorité à l’Assemblée Nationale, ce qui permettrait au président d’envisager des réformes constitutionnelles et sans doute d’autoriser un troisième mandat », ajoute Gilles Yabi, analyste politique spécialiste de l’Afrique de l’Ouest basé à Dakar.

Même si, jusqu’à présent, M. Boni Yayi a toujours nié vouloir se présenter en 2016, « il a donné l’impression d’un président en campagne permanente » ces derniers mois, ce qui nourrit la thèse de l’opposition sur sa candidature l’année prochaine, pointe M. Yabi.

Le parti présidentiel, Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), détenait la majorité à l’Assemblée nationale jusqu’à récemment. Mais plusieurs députés ont claqué la porte du parti pour rejoindre des formations d’opposition à quelques semaines du scrutin. Il n’est pas exclu cependant que ceux-ci ou d’autres se rapprochent à nouveau du FCBE, dans un pays où les hommes politiques passent régulièrement d’un parti à l’autre au gré des opportunités du moment, selon les observateurs.

« La scène politique est éclatée et très peu structurée (. . . ) et dominée par les personnalités » au Bénin, explique M. Yabi. On assiste donc à des « transhumances politiques » à la veille des élections, « certains candidats, qui s’estiment mal placés sur les listes, n’hésitant pas à changer de camp à la dernière minute ».

– Match de familles à Cotonou –

A Cotonou, « un match de familles » se joue avec d’un côté le « clan Boni Yayi », mené par Marcel de Souza et le jeune Chabi Yayi, 26 ans, respectivement le beau-frère et le fils du président, à la tête de la liste FCBE. En face, « le clan Soglo » représenté par Rosine et Léhady Soglo, l’épouse et le fils de l’ex-président Nicéphore Soglo, pour les couleurs de Renaissance Bénin (RB), une des nombreuses formations d’opposition qui détient neuf sièges de députés pour l’instant.

L’excitation montait dans les rues de la capitale économique, vendredi, à l’approche du scrutin, a constaté l’AFP, même si ces élections peinent à mobiliser les foules.

Au abords des centres de distribution des cartes électorales, de nombreux citoyens de sont plaint de n’avoir pas pu récupérer leur carte biométrique.

Au centre national de traitement des cartes d’électeurs, de nombreuses plaintes ont d’ailleurs été enregistrées. Les responsables reconnaissent certaines « erreurs » liées à des « défaillances techniques ».

« Des individus viennent chercher des cartes qui ne leur appartiennent pas. Beaucoup d’électeurs cherchent leurs cartes et ne les trouvent pas », a renchéri le défenseur des droits de l’Homme Martin Assogba, président de l’ONG Alcrer, qui dit craindre « des fraudes » du fait de ces dysfonctionnements.

Jeuneafrique.com

RDCongo: un député met en garde contre un scénario à la Burkinabè

octobre 31, 2014

 

RDCongo: un député met en garde contre un scénario à la Burkinabè
RDCongo: un député met en garde contre un scénario à la Burkinabè © AFP

Le député congolais Jean-Claude Muyambo issu de la majorité présidentielle mais en campagne contre une révision constitutionnelle a mis en garde vendredi contre un scénario à la Burkinabè en République démocratique du Congo si Joseph Kabila parvient à se maintenir au pouvoir au-delà de 2016.

« Les Sud-Africains sont en train de beaucoup investir dans notre pays. S’il y a des troubles chez nous, leurs investissements vont se volatiliser », a déclaré l’élu, lors d’un point presse à Johannesburg où plusieurs hauts responsables sud-africains ont été approchés, y compris à la présidence.

« Vous avez suivi ce qui s’est passé au Burkina Faso, il y a eu des pillages (. . . ) Nous voulons la démocratie chez nous et pour çà, nous avons besoin d’institutions stables et nous disons +non+ à la révision constitutionnelle », a-t-il ajouté.

Originaire de Kolwezi dans la province du Katanga (sud), M. Muyambo avait rallié M. Kabila en 2006, et maintenu son soutien en 2011, avant de partir en guerre contre une révision de la Constitution qui permettrait de se présenter à un troisième mandat de cinq ans.

Il a parrainé le mémorandum rédigé par dix associations issues de la société civile et défenseurs des droits de l’homme et remis aux autorités politiques sud-africaines pour demande « le soutien à la demande du peuple congolais que des élections démocratiques, libres et honnêtes soient organisées en 2016 ».

« On n’a pas de problème particulier avec M. Kabila », a souligné M. Muyambo, alors que le mémorandum souligne que M. Kabila ne peut se présenter une troisième fois « sans compromettre la paix (. . . ) et commettre un coup d’Etat constitutionnel ».

« Respecter la Constitution permettra au Congo d’aller de l’avant », a insisté l’un des signataires du mémorandum, Janvier Tshovu (« Opposition politique congolaise »).

« Nous devons nous départir de la peur. Nous allons vous inviter à être aux aguets et à adopter le même comportement qu’au Burkina Faso », a-t-il ajouté, à l’adresse de ses compatriotes, qui forment une importante diaspora en Afrique du Sud.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina-Faso dans la tourmente dérapante de la révision de la constitution

octobre 30, 2014
Un manifestant tué à balles réelles le 30octobre 2014, à Ouagadougou

Un manifestant tué à balles réelles, le 30octobre 2014, à Ouagadougou

Le rendez-vous de la révision de la constitution à l’hémicycle a accouché d’une souris. L’Assemblée nationale a été prise d’assaut par des manifestants qui sont partis de tous les arrondissements de Ouagadougou pour exprimer le ras-le-bol de 27 ans de pouvoir de Blaise Compaoré, qui veut solliciter une rallonge de mandat présidentiel.

Dans l’entêtement politique, à vouloir contourner le referendum au prix d’un vote de confiance de la majorité, le feu vert n’as pas été franchi quand tout a vite changé dans la matinée.

Après le feu qui a brûlé à l’Assemblée où les députés étaient coincés, toutes tendances confondues, entraînant le pillage et le feu aux voitures en stationnement dans l’air de l’Assemblée. Ce sont les domiciles de nombreux dirigeants proches du pouvoir qui ont été saccagés et brûlés.

Les domiciles de François Compaoré, frère cadet de Blaise Compaoré et de Djamila Compaoré fille du président ont été saccagés par les manifestants ainsi que celui de Paramanga Ynli, président du Conseil économique. Quant à celui de Gilbert Noël Ouédraogo, il a aussi cramé.

Dans cette spirale de la colère du peuple, les résidences de Soungalo Apollinaire, président de l’Assemblée nationale et de Moussa Ouattara, ministre de l’enseignement secondaire et supérieur ont été saccagées.

La mairie et le siège du parti au pouvoir ont été incendiés à Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays.

Dans cette escalade de la violence et la peur qui habite de nombreux proches du président, ils cherchent maintenant un abri sûr. C’est ainsi que François Compaoré, le frère du président du Faso, voulant sortir du pays, a été arrêté à l’aéroport.

L’aéroport a été fermé. Tous les vols au départ ou à l’arrivée de la capitale burkina sont annulés. Les combats se poursuivent devant le palais présidentiel. La diffusion des programmes de RFI et de la radio nationale en FM a été interrompue à Ouagadougou.

Blaise Compaoré, âgé aujourd’hui de 63 ans, arrive, par un coup d’état sanglant à36 ans, en 1987, à la mort de Thomas Sankara. Il roule joyeusement sa bosse entre deux septennats allant de 1992 à 1998 puis de 1998 à 2005. Insouciant de ne pouvoir laisser le pouvoir à d’autres, il révise la constitution et revient au quinquennat qu’il doit terminer en 2015. Il prend le goût de gesticuler et de rouler les Burkinabé dans la farine.

Par le jeu d’une ruse politique avec des gants diplomatiques, il veut tordre le cou à l’article 37 de la constitution rédigée en 2000 pour faire sauter les verrous de la limitation de deux mandats du fameux quinquennat taillé pourtant à sa mesure.

Il se frotte les mains et croit avoir le peuple burkinabé qui veut en découdre définitivement avec lui pour le moudre dans la farine du mil et du sorgho.

Bernard NKOUNKOU

L’Assemblée nationale burkinabè en flammes

octobre 30, 2014

Des manifestants ont incendié à Ouagadougou l’Assemblée nationale burkinabè. C’est là que devait se tenir dans la matinée le vote d’une révision de la Constitution très controversée permettant le maintien au pouvoir du chef de l’Etat Blaise Compaoré.

Plusieurs bureaux, dont celui du président du Parlement, ont été ravagés par les flammes, mais l’hémicycle, mis à sac, semblait encore épargné par l’incendie à 11h00, a constaté un correspondant de l’AFP. D’épaisses fumées noires sortaient par les fenêtres brisées du Parlement.

Plus d’un millier de manifestants avaient réussi à pénétrer dans l’Assemblée nationale. Du matériel informatique a été pillé et des documents en papier incendiés, selon un correspondant de l’AFP. Les forces de l’ordre, qui avaient commencé par tirer au gaz lacrymogène sur les manifestants, ont ensuite battu en retraite.

Pour le 3e jour, les manifestants protestent contre une réforme de la constitution ouvrant la voie au maintien au pouvoir de Blaise Compaoré. Le mandat du président, au pouvoir depuis le coup d’Etat de 1987, expire l’année prochaine. En l’état actuel, après deux septennats et deux quinquennats, la Constitution ne lui permet pas de briguer un nouveau mandat.

Romandie.com

Burkina Faso : le gouvernement adopte un projet de loi révisant la Constitution

octobre 21, 2014

Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.
Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. © Kenzo Tribouillard/AFP

Réuni en conseil des ministres extraordinaire mardi, le gouvernement burkinabè a décidé de soumettre à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à modifier la Constitution, une démarche qui doit entraîner la convocation d’un référendum. Objectif : permettre à Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat en 2015.

Le gouvernement burkinabè va passer par l’Assemblée nationale pour réviser la Constitution. Une démarche qui vise clairement à modifier l’article 37 de la loi fondamentale qui limite à deux les mandats présidentiels, ce qui empêche pour l’instant Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de briguer un nouveau mandat en 2015.

L’annonce du projet de loi a été faite mardi, à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire, par le ministre en charge de la Sécurité, Jérôme Bougouma. « En application du titre 15 de la Constitution, le conseil des ministres a adopté un projet de loi portant révision de la Constitution qui sera soumis à l’Assemblée nationale en vue de la convocation du référendum », a-t-il déclaré. Tôt dans la matinée, une source officieuse avait confirmé cette option à Jeune Afrique. Pour l’heure, le contenu du projet de loi n’a pas été officiellement communiqué. Aucune date n’a été avancée pour la tenue de ce référendum qui interviendra après le vote du projet de loi par les députés.

Mais d’intenses bruits de couloir évoquent déjà la date du 28 décembre. La décision du gouvernement intervient après l’échec du dialogue politique qu’avait initié le président Compaoré. Opposition et majorité n’avaient pas réussi à s’entendre sur le contenu du dialogue, et notamment sur le sort à réserver aux points de désaccord comme la modification éventuelle de l’article 37 ou la mise en place du Senat.

Jeuneafrique.com par Nadoun Coulibaly, à Ouagadougou

Des opposants veulent une présidentielle à deux tours au Gabon

septembre 26, 2014

L’Union des forces pour l’alternance (UFA), une coalition regroupant plusieurs partis politiques de l’opposition radicale, a réclamé vendredi, à Libreville, une révision de la constitution afin de ramener les mandats présidentiels à deux tours.

L’UFA veut revenir à la constitution de 1991 qui limitait le nombre de mandats présidentiels à deux, a déclaré Jules Aristide Bourdes Ogoulinguendé, président du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ) au cours d’une conférence de presse. Bourdes Ogoulinguendé était accompagné au cours de cette rencontre avec les journalistes du président du Parti social-démocrate (PSD), Pierre Claver Maganga Moussavou. Ces opposants ont également réclamé une réforme de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP), l’organe chargé de l’organisation et de la supervision des élections politiques au Gabon et l’accès aux médias publics en période non électorale. Cette conférence de presse s’est déroulée en l’absence d’une frange de cette coalition politique, notamment de l’Union nationale, parti dissout en 2011. Un parti dont plusieurs cadres influents ont accueilli, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping depuis sa démission du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir).

Actuellement, le président de la République, les députés, les conseillers locaux et les sénateurs sont élus à un seul tour de scrutin au Gabon.

Apanews.net

RDC : Tshisekedi, Kamerhe et Fayulu appellent au rassemblement le 4 août contre la révision constitutionnelle

juillet 29, 2014
Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise (UNC). © AFP

Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). © AFP

Dans une lettre commune publiée mardi, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, l’UNC de Vital Kamerhe et Ecide de Martin Fayulu appellent les Congolais à se réunir le 4 août sur une grande place de Kinshasa pour dénoncer tout projet de révision de la Constitution en RDC.

Trois partis, un objectif. Barrer la route à une éventuelle candidature de Joseph Kabila à la présidentielle de 2016. Dans une lettre publiée le 29 juillet, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi, l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecide) de Martin Fayulu, appellent au rassemblement des Congolais le 4 août sur une grande place de Kinshasa.

« Nous lançons un appel à la population de Kinshasa à venir nombreux assister à un meeting populaire de sensibilisation que nous organisons le lundi 4 août 2014 à la place Sainte-Thérèse de Ndjili (est de Kinshasa) », indique la déclaration des opposants lue mardi après-midi à la presse.

« Inopportunité de la révision constitutionnelle »

Conformément à la Constitution de la RDC, les organisateurs ont prévenu le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, de leur rassemblement, en précisant qu’il visait à débattre avec la population (…) plus principalement de « l’inopportunité de la révision constitutionnelle. »

La lettre a également été adressée pour information au ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, et au chef de la mission de l’ONU en RDC (Monusco).

Jeuneafrique.com avec AFP