Posts Tagged ‘Révolution’

Il y a quarante ans, le début de la Révolution iranienne

janvier 6, 2018

Des touristes et des religieux près du sanctuaire de Fatima Massoumeh, dans la ville sainte de Qom en Iran, le 14 décembre 2017 / © AFP / ATTA KENARE

Dans les yeux d’enfant de Mohammad Hassan Sharifizadeh, la révolution qui allait emporter le dernier chah d’Iran a commencé il y a quarante ans par une scène particulièrement inhabituelle dans une mosquée de Qom.

Le 18 dey 1357 du calendrier iranien (8 janvier 1978), « j’avais huit ans » et « nous avions une cérémonie religieuse », se souvient ce vendeur de confiseries sur l’esplanade du sanctuaire de Fatima Massoumeh, lieu de pèlerinage qui vaut à Qom d’être l’une des villes saintes les plus importantes d’Iran: le mollah « a enlevé son turban et l’a jeté par terre en affirmant qu’on avait insulté notre source d’inspiration », l’ayatollah Ruhollah Khomeiny.

Symboliquement, ce geste qui revient à se déposséder d’un signe sacré est extrêmement fort et ne peut être justifié que par une offense des plus violentes. Et ce jour-là, l’affront est de taille.

La veille, le journal gouvernemental Ettelaat a publié un pamphlet intitulé « L’Iran et le colonialisme rouge et noir » et particulièrement insultant pour l’ayatollah Khomeiny, opposant au chah Mohammad Reza Pahlavi et en exil depuis 1964.

L’article accuse celui qui allait devenir le père de la République islamique d’Iran d’être un agent britannique, insinue qu’il n’est pas vraiment Iranien, qu’il complote avec les communistes et tente de discréditer son autorité religieuse.

Publié le matin à Téhéran, le quotidien n’arrive alors que dans l’après-midi à Qom, à 120 km plus au sud. Enseignant dans l’une des « hawzat » (séminaires théologiques) de la ville, l’ayatollah Seyyed Hossein Moussavi Tabrizi, 70 ans, se souvient de la façon dont il a pris connaissance du pamphlet.

– ‘Provocation’ –

« Il était environ 19H00, deux ou trois de mes étudiants très en colère m’ont apporté le journal et dit de lire l’article », raconte à l’AFP cet ancien procureur général et élu par deux fois député avant de revenir enseigner à Qom.

« C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase », dit-il. « Insulter (Khomeiny) comme ça, en disant qu’il était le valet des Anglais, c’était insulter l’ensemble du clergé, une provocation ».

Rapidement, la riposte s’organise. Le soir même, l’ayatollah Tabrizi réunit une dizaine de dignitaires religieux. Il y est « décidé d’arrêter les cours le lendemain en signe de protestation », une mesure rarissime, « et de dénoncer l’article le surlendemain lors des cours et de prendre position en faveur de l’imam » Khomeiny.

Le 8 janvier, la grève des étudiants s’accompagne de manifestations et de heurts sans gravité avec la police. Le 9, se souvient l’ayatollah Tabrizi, la contestation grossit avec le soutien des marchands du bazar, qui se mettent eux aussi en grève.

Des milliers de personnes scandent dans la rue des slogans hostiles au gouvernement et au monarque, dont l’autorité est minée par une politique de réformes et de modernisation hautement impopulaire, tout comme son alliance avec les Etats-Unis, dans un environnement d’aggravation des inégalités sociales sur fond de corruption généralisée et de dérive autocratique.

– ‘Ils ont tiré’ –

Religieux au front ceint d’un turban blanc, Abolfazl Soleimani, avait 24 ans à l’époque. « J’étais présent dans les manifestations, la police a commencé a tirer, d’abord en l’air, je crois, et ensuite sur les gens, des religieux, des non religieux, des bazaris. Il y a eu des morts et des blessés ».

« Les premières informations font état de 20 ou 30 morts, mais en réalité, il n’y en eut peut être pas plus que cinq », note l’écrivain et historien britannique Michael Axworthy dans son livre « Revolutionary Iran » -non traduit en français.

Quoi qu’il en soit, la nouvelle de la répression à Qom se répand et provoque des manifestations ailleurs dans le pays. Le 18 février, conformément à la tradition chiite, des commémorations sont organisées dans douze villes au 40e jour du deuil en l’honneur des morts de Qom.

A Tabriz (nord-ouest), la situation dégénère. La police tire sur la foule, tuant vraisemblablement 13 personnes, écrit M. Axworthy: un cycle de manifestations/répression meurtrière de « quatre fois quarante jours » est lancé, qui s’arrêtera en juin, sans doute par peur de violences à grande échelle de la part du pouvoir.

Mais l’Histoire est en marche. La deuxième moitié de l’année 1978 voit la contestation s’amplifier. « Tout régime répressif creuse sa propre tombe », estime l’ayatollah Tabrizi.

Le 16 janvier 1979, le chah quitte l’Iran. Il n’y reviendra plus. L’ayatollah Khomeiny quitte la France pour rentrer à Téhéran le 1er février où il est accueilli par une foule immense. Le dernier gouvernement de l’Iran impérial tombera 10 jours plus tard.

Les autorités prévoient de grandes cérémonies pour célébrer le 40e anniversaire de la « victoire de la révolution » dans un an, signe de la longévité du régime islamique malgré les prédictions des opposants et les rares mouvements de protestation.

Romandie.com avec(©AFP / 06 janvier 2018 14h48)

Vatican: Le pape réclame une révolution et dénonce l’égoïsme des riches

juin 18, 2015

Le pape François a appelé jeudi les puissants de ce monde à agir vite pour sauver la planète, menacée de destruction par le consumérisme. Il a publié une encyclique en forme de manifeste contre l’égoïsme économique et social des pays riches.

Tout au long des quelque 200 pages de cette encyclique sur l’environnement, le pape prend la défense des plus pauvres, grandes victimes du réchauffement climatique.

Mais ce texte, le premier entièrement de la main de Jorge Bergoglio, dénonce aussi un système économique soumis au diktat du marché et une « culture du déchet », bien au-delà de ce réchauffement qui menace la planète de destruction.

« Aujourd’hui, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue », résume ainsi le pape dans cette encyclique. Son titre « Laudato si' » (« Sois-loué »), est inspiré d’un cantique de son modèle, François d’Assise.

Soumissions
Ce sont d’ailleurs les puissances d’argent qui ont jusqu’à présent réussi à faire échouer les tentatives de remèdes au changement climatique, affirme le pape argentin. « La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des sommets mondiaux sur l’environnement », écrit-il.

Et pour éviter que la Terre, « notre maison commune » ne se transforme en un « immense dépotoir », le pape argentin préconise une révolution sociale, économique et culturelle. « L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre le réchauffement », affirme ainsi le pape.

Des énergies renouvelables
A commencer par le recours aux énergies fossiles, à bannir au plus vite, juge le souverain pontife, pour qui le charbon et le pétrole doivent « progressivement » mais « sans retard » être remplacées par des énergies renouvelables. Cette transition énergétique majeure, qu’il appelle de ses voeux, ne se fera toutefois que si les pays riches acceptent d’aider les plus pauvres, principales victimes du mode de vie des plus aisés.

Et les pays riches devront, selon lui, même aller plus loin encore en acceptant si nécessaire la décroissance. « L’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties », écrit ainsi le pape.

Romandie.com

Égypte : une « deuxième révolution de la colère » le 8 juillet ?

juin 24, 2011

« La deuxième révolution de la colère » : c’est le nom de l’événement créé sur Facebook par des protestataires égyptiens. Ils appellent à un rassemblement le 8 juillet prochain pour « sauver la révolution » et exhorter les politiques à s’attacher prioritairement aux revendications qui ont mené à la chute d’Hosni Moubarak.

Sur les 55 000 profils Facebook invités à participer à « La 2e révolution de la colère », plus de 9 000 ont déjà répondu présent à l’appel du 8 juillet au Caire. « Politiques de tous les bords qui débattez pour savoir s’il faut d’abord une Constitution ou des élections, sauvez d’abord votre révolution, sauvez l’Égypte d’abord. Notre révolution s’effondre », peut-on lire sur la page du résau social.

Les militants estiment que les revendications initiales, qui ont conduit Hosni Moubarak à quitter le pouvoir, ne sont pas satisfaites. Selon ces derniers, les échéances de calendrier se sont substituées à la défense des droits et des libertés.

Garantir les fondements de la démocratie

Cet appel à manifester est lancé dans un climat préélectoral dominé par la perspective d’une victoire du parti religieux des Frères musulmans aux prochaines législatives, en septembre 2011. De nombreuses voix appellent au report des élections pour laisser le temps aux partis de se structurer. Elles réclament également la rédaction d’une nouvelle Constitution en amont des scrutins afin de garantir les fondements d’un État démocratique et que la loi fondamentale ne puisse pas être rédigée sous la supervision d’un Parlement islamiste.

Le CSFA, objet de toutes les critiques

Des revendications que les auteurs de l’appel à manifester le 8 juillet estiment prématurées. Selon ces derniers, les priorités concernent la liberté d’expression dans le pays, la bonne tenue des procès publics et la fin des procès de civils en cours martiale.

À la tête du pays depuis la chute d’Hosni Moubarak, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) est l’objet de tous les mécontements. Les militants de la place Tahrir accuse l’armée de persister à employer les méthodes de l’ancien régime pour réduire à néant la protestation.

Jeuneafrique.com avec AFP

Les cornes de la révolution politique

juin 7, 2011

La révolution sociopolitique avait de longues cornes
Quand la dictature noire avait dépassé les bornes
Le sang des martyrs versé au rythme de la marche
Ressemblait à une grande vague et historique tâche

Après avoir longtemps brûlé le stop de la vertu
Il était tombé dans les vices des hommes têtus
Bravant la colère et le malheur du peuple affamé
Vaillant résistant debout comme un homme enflammé

Avançant avec le feu pimenté et salé du courage
Pour faire tomber les derniers garde-fous sauvages
Vieillissant dans la rouille brune de la politique
Il était une machine grippée à l’allure drastique.

Le peuple avait bien eu raison de son pouvoir
Pour bien l’enfermer dans le tiroir de l’histoire
Afin qu’il vive une nouvelle ère démocratique
A l’aube de grands changements dynamiques

Bernard NKOUNKOU

Les chaussures noires de la révolution

février 11, 2011

Les chaussures noires de la révolution
Ont usé leur talon dans la contestation
Montrées du bout des doigts en l’air
Dans la peau amplifiée de l’atmosphère

La colère noire cire de la foule excitée
Tension brûlante à bras et main levée
Grondait comme le tonnerre intempestif
Qui cherchait à atteindre le pic du récif

La marche de la révolution au zénith
Dressée de vitalité comme une crête
Qui ne pouvait tomber ainsi de la tête
Trouva l’ombre de la colère à la limite

Les manifestants avaient érigé les tentes
Chacune dans la disposition de la route
Attisant le feu et buvant à chaud le thé
A la place Tahrir point focal de la liberté.

Bernard NKOUNKOU

Le soleil de la révolution

février 1, 2011

Le soleil de la révolution
Se lève bien sur la nation
Où chaque enfant opprimé
Est fier d’arracher sa liberté

Solidaire vivant dans l’action
Au feu de la contestation
Quand la nuit se lève sur le jour
Pour la marche historique du grand jour

Jamais le peuple était au rendez-vous
Comme un seul homme et colosse debout
Prêt à renverser les verrous du pouvoir
Qui ont ventilé le discours du mouroir

Le courage a tué la peur
Dans la peau du citoyen rêveur
Qui se révolte du mensonge
Des promesses qui le rongent.

Bernard NKOUNKOU