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Richard Descoing: l’autopsie pas concluante

avril 4, 2012

L’autopsie du corps du directeur de Sciences Po Paris Richard Descoings n’a pas été concluante et de nouveaux tests sont nécessaires, a annoncé un porte-parole des services du médecin légiste à New York.
« Nous avons fait une autopsie aujourd’hui, mais elle n’est pas concluante, et nous devons faire d’autres tests toxicologiques et de tissus », a précisé cette porte-parole, Ellen Boracove, en précisant que les nouveaux examens prendraient une dizaine de jours.

Le directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, Richard Descoings, est décédé mardi à New York, dans une chambre de l’hôtel Michelangelo à proximité de Times Square. L’information, révélée par Le Figaro, a été confirmée par le directeur adjoint de Sciences Po Paris, Hervé Crès, qui n’a pas précisé les circonstances de ce décès.

Le corps du haut fonctionnaire est évacué de l'hôtel. Le corps du haut fonctionnaire est évacué de l’hôtel.Crédits photo : CHIP EAST/REUTERS

Son corps, nu, a été retrouvé sans vie dans sa chambre d’hôtel à Midtown, à Manhattan. Plusieurs sources évoquent la possibilité d’un suicide et une source proche des forces de l’ordre citée par l’agence Reuters parle de «circonstances suspectes». La police de New York a ouvert une enquête.

Tôt ce matin, le chef adjoint de la police, Paul Browne, a toutefois affirmé que les enquêteurs n’ont pas trouvé de «preuve d’acte criminel». Il a ajouté que le désordre dans la chambre s’expliquait par l’intervention des secours qui avaient cherché à ranimer Richard Descoings après l’avoir découvert mort vers 13 heures, heure locale (18 heures de Paris). Selon le correspondant de RTL sur place, l’ordinateur portable et le téléphone de Richard Descoings ont été retrouvés dans sa chambre d’hôtel et n’ont pas été jetés par la fenêtre de sa chambre, comme l’a affirmé la chaîne NBC.

Aucun signe d’effraction

Richard Descoings est décédé dans une chambre de l'hôtel Michelangelo, à proximité de Times Square. Richard Descoings est décédé dans une chambre de l’hôtel Michelangelo, à proximité de Times Square.Crédits photo : STAN HONDA/AFP

Richard Descoings se trouvait aux États-Unis sur l’invitation du secrétaire général des Nations unies, à l’occasion d’une réunion des grands leaders d’université, le «Global Colloquium of University Presidents», sous l’égide du secrétaire général des Nations unies. Selon l’agence Reuters, il ne s’est pas présenté mardi matin à l’ouverture de cette conférence. Des collègues ont alors téléphoné à son hôtel. Lorsque des employés du personnel se sont rendus à sa chambre une première fois, ils ont cru l’entendre ronfler et n’ont pas insisté.

Richard Descoings n’apparaissant toujours pas à la conférence, les employés se sont présentés de nouveau devant sa chambre et, cette fois-là, ont ouvert la porte. C’est là qu’ils ont découvert le corps du haut fonctionnaire. Il n’y avait aucun signe d’effraction mais des éléments laissant penser que de l’alcool avait été consommé. Des témoins affirment que plusieurs personnes discutaient tard dans la nuit dans la chambre 723. Mardi matin, deux personnes seraient sorties de la chambre, selon le même client cité par le New-York Times.

Le porte-parole de la police new-yorkaise a confirmé au journal Libération que le résultat de l’autopsie ne serait pas connu avant «plusieurs jours».

«À la demande de sa famille», a précisé Sciences Po, ses comptes Twitter et Facebook personnels ont été supprimés dans la nuit de mardi à mercredi. Un élément qui exclut la possibilité que Richard Descoings ait lui-même, avant son décès, fermé ces deux comptes.

Richard Descoings, 53 ans, a passé 16 ans à la tête de l’école de la rue Saint-Guillaume. En quatre mandats, il a profondément changé cette institution: ouverture à des élèves de familles pauvres, aux étudiants étrangers (40% du total actuel), création de six campus en province, hausse des droits d’inscription tempérée par des bourses, etc.

Fin 2011, Richard Descoings, qui était aussi membre du Conseil d’État, avait suscité la polémique en annonçant la suppression de l’épreuve de culture générale au concours d’entrée de Sciences Po. En janvier, sa rémunération, très au-dessus de celle des patrons d’universités et d’autres directeurs de grandes écoles, avait également fait débat.

Lefigaro.fr avec AFP