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Oubliant le chaos, les riches Vénézuéliens sirotent leurs cocktails

juin 19, 2017

Une boîte de nuit à Caracas, au Venezuela, le 25 mai 2017 / © AFP / LUIS ROBAYO

Temple du luxe dans différents endroits du monde, le Buddha-Bar a fait un choix étonnant quand il a débarqué en Amérique du Sud: Caracas, où une élite oublie entre deux cocktails la violente crise politique et économique qui frappe le Venezuela.

« Vous profitez à Caracas de la même chose qu’à New York, Dubaï, Saint-Pétersbourg », vante Cristhian Estephan, un des propriétaires de l’établissement, franchise de celui initialement ouvert à Paris et reconnaissable à l’énorme statue d’un Bouddha assis en position du lotus.

Alors que défilent des plats alléchants comme le thon « Bouddha roi », des côtes de porc grillées aux douze épices ou des tacos de mérou aux trois piments, on a du mal à imaginer qu’au dehors, le Venezuela vit l’une de ses pires crises depuis des décennies.

Dans ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut, des aliments basiques comme la farine ou le sucre sont quasi-introuvables. La population, qui rend le président socialiste Nicolas Maduro responsable de ce naufrage, manifeste presque tous les jours depuis deux mois et demi. Le pays est pratiquement à l’arrêt et les violences autour des rassemblements ont déjà fait plus d’une soixantaine de morts.

Les Vénézuéliens les plus aisés souffrent eux aussi des pénuries et de l’inflation galopante mais reconnaissent que ce n’est « rien » comparé au calvaire quotidien des autres habitants. Car ils ont le privilège d’avoir accès aux dollars, qui leur permettent de vivre dans l’autre Venezuela, celui des restaurants et bars à la mode, toujours pleins malgré la crise.

« Nous, la journée, on lance des pierres. Et la nuit, on vient ici », commente Ahisquel, une cliente du Buddha-Bar qui avec son mari, directeur de production d’une compagnie pétrolière internationale, sort une soirée par semaine.

– ‘Petit moment de détente’ –

« Après avoir participé aux manifestations, c’est bien d’avoir un petit moment de détente, même si la vraie détente, on ne l’aura pas tant que ce gouvernement ne s’en ira pas », ajoute cette femme qui ne travaille pas et vit dans un quartier de l’est de Caracas, « là où sont les putschistes », rit-elle, en référence au surnom que leur donne le président Maduro.

« It’s very difficult », ajoute son mari, utilisant un anglais parfait pour illustrer un phénomène crucial au Venezuela: « dans ce pays, si tu n’es pas payé en monnaie étrangère, c’est impossible de vivre », le bolivar perdant constamment de sa valeur.

Beaucoup de riches Vénézuéliens ont déjà quitté le pays. Quand le défunt ex-président Hugo Chavez (1999-2013) a entamé sa révolution bolivarienne, ils ont pris la direction de Madrid, Los Angeles ou Miami.

Mais d’autres ont décidé de rester, dont l’homme d’affaires Lorenzo Mendoza, l’un des hommes les plus fortunés du pays.

La société de sondages Datanalisis calcule que les riches représentent 16% de la population au Venezuela. Selon les experts, il s’agit en majorité de « Bolibourgeois », des personnes qui ont beaucoup gagné sous le gouvernement chaviste.

« C’est un socialisme qui a produit des milliardaires très puissants, majoritairement des fonctionnaires du gouvernement ou des partisans de celui-ci, et ils constituent actuellement l’un des principaux soutiens de l’exécutif », explique la sociologue Colette Capriles, de l’université Simon Bolivar.

Leur bonne fortune tourne autour de l’industrie pétrolière, dans ce pays aux plus grandes réserves de brut de la planète.

« La structure de la richesse au Venezuela est celle d’un Etat rentier, dépendant du secteur pétrolier. L’Etat est celui qui distribue cette rente et le gouvernement chaviste l’utilise pour favoriser ceux qu’il faut favoriser », selon Mme Capriles.

– Sushis inaccessibles –

Mais tous les riches Vénézuéliens ne sont pas chavistes, bien au contraire.

« Nous fuyons quand nous voyons des Bolibourgeois, on les reconnaît de loin », affirme ainsi Carlos, avocat de 49 ans et membre du Caracas Country Club, au bord de la piscine entourée d’arbres et d’un terrain de golf.

Pour la très grande majorité des habitants, les prix des restaurants sont tout simplement prohibitifs. Au Buddha-Bar, huit sushis de saumon et langoustine coûtent 55.700 bolivars, soit plus du quart du salaire minimum mensuel — qui est de 200.000 bolivars, soit 91 dollars au taux officiel le plus élevé et 24 au marché noir.

Et à la tombée de la nuit, la simple perspective de sortir dans la rue fait peur: Caracas devient une ville quasi-déserte, dans ce pays au taux d’homicides parmi les plus élevés au monde (70,1 pour 100.000 habitants en 2016).

Mais « la classe aisée ne renonce pas à sortir », assure Cristhian Estephan.

S’il reconnaît un coup de frein à la vie nocturne depuis le début de la vague de manifestations le 1er avril, il est sûr que bientôt, cela reviendra à la normale: « C’est dans les pires moments que les gens se rencontrent ou se marient. Les gens mangent, le show doit continuer! »

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2017 16h51)                

Afrique: Chers riches, gardez vos miettes !

juin 24, 2015
    La théorie ultralibérale du ruissellement est remise en cause par le FMI., alors même que l'Afrique connaît une croissance phénoménale du nombre de millionnaires. © Damien Glez/J.A


La théorie ultralibérale du ruissellement est remise en cause par le FMI., alors même que l’Afrique connaît une croissance phénoménale du nombre de millionnaires. © Damien Glez/J.A

Le nombre croissant de millionnaires en Afrique constituerait un espoir pour les moins fortunés, si l’on en croit la « théorie du ruissellement ». Hélas, même le Fonds monétaire international bat en brèche cette utopie de la bonne conscience.

« Sans les uns qui mangent du pain à table, les autres ne profiteraient pas des miettes qui tombent sur le sol ». L’image est la traduction triviale et culinaire de la théorie ultralibérale du « ruissellement » selon laquelle l’enrichissement d’une minorité profite à tous, y compris – et surtout – dans un contexte d’inégalités. Le principe est celui du plus festif des breuvages dévalant, de haut en bas, une pyramide de coupes de champagne. « Chouette ! », peuvent alors s’écrier les Africains aspirants smicards, au moment où ils apprennent que de nouveaux et rares privilégiés accèdent à une fortune qui laisse présager un peu de miel sur les miettes…

Selon l’African 2015 Wealth Report (AWR) du cabinet de recherche britannique New World Wealth (NWW), le continent dit « noir » aurait même de quoi être le champion de l’écoulement des richesses le long de la pyramide sociale ; notamment dans certains pays comme l’Afrique du Sud ou l’Égypte, mais aussi le Mozambique, la Côte d’Ivoire ou la Zambie. De fait, l’Afrique enregistre actuellement la plus forte croissance au monde en matière de nombre d’individus fortunés. Au cours des 14 dernières années, le nombre de particuliers possédant au moins un million de dollars à investir aurait augmenté de 145% sur le continent. Pourtant, à l’échelle mondiale, et sur la même période des 14 dernières années, cette donnée n’aurait progressé « que » de 73%. En Afrique, elle devrait encore augmenter de 45% en moins de 10 ans. En valeur absolue, 161 000 résidents africains détiendrait une fortune cumulée de 660 milliards de dollars.

L’enrichissement des riches nocif pour le PIB

Mais voilà, le concept de ruissellement ne ruisselle guère plus dans les esprits des théoriciens de la finance, y compris du présumé ultralibéral Fonds monétaire international. Le 1er juin, l’institution pilotée par Christine Lagarde publiait l’étude intitulée « Causes et conséquences de l’inégalité de revenus ». Longtemps convaincu que les baisses d’impôts des riches favorisaient l’épargne et donc les investissements et donc la croissance, le Fonds semble découvrir, aujourd’hui, que l’enrichissement des plus fortunés est, au contraire, nocif pour la progression du Produit intérieur brut.

Conscient, comme l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), que les inégalités se sont creusées sans impact vertueux, le rapport du FMI indique qu’une augmentation de 1 % des 20 % les plus aisés aurait pour effet plus ou moins direct une amputation de 0,08 point de la croissance dans les cinq années qui suivent. À l’inverse, c’est bien une hausse de 1 % des revenus les plus faibles qui permettrait à la croissance de progresser de 0,38 point sur cette période identique.

À chacun son petit pain et les miettes seront bien gardées…

Jeuneafrique.com par

Vatican: Le pape réclame une révolution et dénonce l’égoïsme des riches

juin 18, 2015

Le pape François a appelé jeudi les puissants de ce monde à agir vite pour sauver la planète, menacée de destruction par le consumérisme. Il a publié une encyclique en forme de manifeste contre l’égoïsme économique et social des pays riches.

Tout au long des quelque 200 pages de cette encyclique sur l’environnement, le pape prend la défense des plus pauvres, grandes victimes du réchauffement climatique.

Mais ce texte, le premier entièrement de la main de Jorge Bergoglio, dénonce aussi un système économique soumis au diktat du marché et une « culture du déchet », bien au-delà de ce réchauffement qui menace la planète de destruction.

« Aujourd’hui, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue », résume ainsi le pape dans cette encyclique. Son titre « Laudato si' » (« Sois-loué »), est inspiré d’un cantique de son modèle, François d’Assise.

Soumissions
Ce sont d’ailleurs les puissances d’argent qui ont jusqu’à présent réussi à faire échouer les tentatives de remèdes au changement climatique, affirme le pape argentin. « La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des sommets mondiaux sur l’environnement », écrit-il.

Et pour éviter que la Terre, « notre maison commune » ne se transforme en un « immense dépotoir », le pape argentin préconise une révolution sociale, économique et culturelle. « L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre le réchauffement », affirme ainsi le pape.

Des énergies renouvelables
A commencer par le recours aux énergies fossiles, à bannir au plus vite, juge le souverain pontife, pour qui le charbon et le pétrole doivent « progressivement » mais « sans retard » être remplacées par des énergies renouvelables. Cette transition énergétique majeure, qu’il appelle de ses voeux, ne se fera toutefois que si les pays riches acceptent d’aider les plus pauvres, principales victimes du mode de vie des plus aisés.

Et les pays riches devront, selon lui, même aller plus loin encore en acceptant si nécessaire la décroissance. « L’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties », écrit ainsi le pape.

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