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La panne qui va coûter très cher à BlackBerry

octobre 14, 2011

Le fabricant a rétabli ce jeudi ses services. Les dégâts seront considérables, alors que l’entreprise perd du terrain face à ses concurrents.

Après trois jours de panne et de silence, l’heure est aux excuses chez RIM, le fabricant des smartphones BlackBerry. Mike Lazaridis, le fondateur du groupe, a annoncé hier en milieu d’après-midi le rétablissement des e-mails et d’Internet et a surtout présenté ses excuses dans une vidéo.

Il n’est pas sûr que ce soit suffisant pour rétablir la confiance de ces clients à qui on a vanté pendant des années l’irréprochable qualité des services des BlackBerry. Les dégâts sont considérables. Pendant près de quatre jours, la grande majorité des 70 millions de BlackBerry en circulation dans le monde ont subi de très longues ruptures de services.

Cette panne frappe par son ampleur et intervient au plus mauvais moment, alors que l’entreprise est critiquée par des actionnaires et que son rival Apple sort l’iPhone 4S.

«On peut rapprocher cette panne de ce qui s’est produit en début d’année chez Sony avec le piratage des données bancaires. Le service n’avait pas été affecté, mais cela a suscité la même perte de confiance des clients. Dans les deux cas, la crédibilité en terme d’image de marque est atteinte», e xplique Jean-Michel Huet, directeur associé du cabinet Bearing Point. Pour s’en sortir, il faut non seulement que RIM fasse son mea culpa, éventuellement qu’il indemnise les clients, et surtout qu’il donne la garantie que cela ne se reproduira pas. «Il y a trois ou quatre ans, le réseau de Bouygues Telecom était tombé en panne. Ils avaient indemnisé les clients en leur offrant une journée de forfait», relate-t-il.

Dans l’immédiat, RIM pourrait être confronté à des réclamations financières importantes. Vodafone, Telefonica (Espagne), Emirates Telecommunications envisagent d’indemniser leurs abonnés puis de se retourner contre BlackBerry. Les opérateurs pourraient se montrer moins généreux dans leurs subventions à l’achat d’un BlackBerry, contrariés d’avoir eu à gérer «un déluge d’appels».

Des clients captifs

Pour autant, RIM a l’avantage qu’une partie de ses clients sont captifs: les entreprises ne vont pas changer toute leur flotte de mobiles du jour au lendemain, et les particuliers sont souvent sous engagement et ne peuvent donc pas changer de mobile. Le fabricant canadien dispose d’un peu de temps pour regagner la confiance de ses clients. Mais pas de tous. «Il y a déjà des entreprises qui envisagent de quitter RIM et s’interrogent sur sa fiabilité», assure Carolina Milanesi, analyste chez Gartner.

Cette panne risque aussi de freiner le développement de RIM dans les pays émergents. Le groupe commence à peine à s’implanter en Inde, l’un des pays les plus affectés par le bug! Pour compenser la baisse de ses ventes aux États-Unis et au Canada, le fabricant avait décidé de mettre l’accent sur ces pays.

En outre, le management du groupe est confronté à une grave crise de confiance qui ne va s’arranger en raison des difficultés de la société. Au dernier trimestre, ses ventes ont reculé de 19 %, à 10 millions de smartphones, tandis que son résultat net était divisé par plus de deux, à 329 millions de dollars, pour un chiffre d’affaires en chute de 10 % en un an, à 4,2 milliards de dollars. Certains actionnaires, dont des fonds d’investissement, réclament un changement de direction ou une mise en vente du groupe. Les problèmes rencontrés cette semaine, aggravés par le manque de communication du groupe au début de la semaine, alimentent leur mécontentement. Hier, le titre cédait 3,43 % à l’ouverture de Wall Street, accusant un repli de plus de 60 % sur un an.

Lefigaro.fr par Elsa Bembaron, Marie-Cécile Renault

La guerre des prix fait rage dans les tablettes

août 9, 2011

«D’ici cinq ans, les tablettes supplanteront les PC dans les maisons», prédit un haut dirigeant de Fujitsu, fabricant d’ordinateurs qui va à son tour se lancer sur ce nouveau marché.

«Apple contre les défavorisés». Le titre de la dernière note sur le marché des tablettes de DisplaySearch force à peine le trait. Les concurrents de l’iPad accumulent les déconvenues.

Motorola a annoncé la semaine dernière avoir vendu 440.000 de ses tablettes Xoom au cours du dernier trimestre, ce qui est mieux qu’attendu. Mais il a revu ses objectifs à la baisse pour 2011. Il n’espère plus en vendre 2 millions dans l’année, mais entre 1,3 million et 1,5 million. Alors même que Motorola a mis en place une offre de remboursement de 100 euros pour l’achat de sa tablette, initialement à 579 euros. «Apple a fixé le prix de référence pour une tablette de 16 Go Wi-Fi : c’est 499 euros – ou dollars -, pas plus », ­remarque un analyste. Et même à ce prix-là, ça ne passe pas toujours. Motorola est loin d’être le seul à en avoir fait l’expérience. Acer a drastiquement revu ses ambitions. Le taïwanais mise désormais sur des ventes annuelles comprises entre 2,5 millions et 3 millions, loin des 5 à 7 millions initialement prévus. D’autres pourraient suivre, notamment RIM. Le fabricant du BlackBerry a vendu 500.000 Playbook en un trimestre, mais les ventes auraient rapidement ralenti.

Les baisses de prix et promotions en tous genres font peser un autre risque sur le marché : faire perdre aux consommateurs la notion du «juste prix».

Les tablettes auraient pu être un générateur de marges pour les fabricants, mais en révisant trop rapidement leurs tarifs, ceux-ci pourraient en avoir déjà perdu l’opportunité. «Les marques et les détaillants qui concurrencent Apple lui courent après, et dans leur désespoir, ils pourraient être en train de creuser leur propre tombe, souligne une étude de DisplaySearch. Cela donne l’impression que ces produits ne sont pas complètement finis.» Alors, avec ses 9 millions d’iPad vendus en trois mois sans aucune baisse de prix, Apple semble inattaquable, loin des tâtonnements des débuts de l’iPhone et des révisions de prix.

Les marges s’effacent

La concurrence ne faiblit pourtant pas. Samsung lancera deux nouvelles versions de sa tablette à la fin du mois, la Galaxy Tab 10.1 et la Galaxy Tab 8.9. Elles seront commercialisées respectivement à 489 euros et 459 euros, pour la version 16 Go Wi-Fi, soit exactement le prix d’un iPad. En choisissant un positionnement prix similaire à celui d’Apple, Samsung prend aussi un gros risque ; en cas d’échec commercial, il n’aura guère d’excuse. Et ce alors que la concurrence sur le marché des tablettes devrait encore s’intensifier en fin d’année. D’autres acteurs de poids feront leur entrée, comme Sony et Fujitsu.

Pourquoi cet engouement pour les tablettes, alors que seul Apple semble tirer son épingle du jeu ? Parce que de plus en plus d’acteurs du secteur sont convaincus que, très rapidement, les tablettes supplanteront les PC dans les maisons. Joseph Reger, le directeur technique de Fujitsu, s’est dit « convaincu que les ventes de tablettes dépasseront celles de PC (netbooks et notebooks) aux consommateurs d’ici à 2016». Il a, en outre, affirmé qu’Amazon pourrait lancer une tablette à 299 dollars : «Un consommateur pourrait s’en offrir deux pour le prix d’un PC.» Les tablettes répondraient aux principales attentes des particuliers, plus enclins à consulter du contenu qu’à en créer. Ils privilégient donc la portabilité et la facilité d’utilisation. Utilisables dans n’importe quelle pièce de la maison, elles feraient même disparaître la notion de bureau. Un gain de place en perspective !

Lefigaro.fr par Elsa Bembaron