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Zimbabwe: Mugabe, jeune retraité « jovial », selon son neveu

novembre 26, 2017

Robert Mugabe, le 22 août 2013 à Harare / © AFP/Archives / ALEXANDER JOE

L’ex-président du Zimbabwe Robert Mugabe se porte bien et se réjouit, à 93 ans, de pouvoir profiter de sa retraite politique forcée, a affirmé dimanche son neveu quelques jours après la chute du plus vieux dirigeant en exercice de la planète.

« Il va bien. Je suis allé le voir, il est assez jovial », a déclaré à l’AFP Leo Mugabe, fils de Sabina, soeur défunte de M. Mugabe.

« En réalité, il se réjouit de sa nouvelle vie, de pouvoir s’occuper d’agriculture et de pouvoir rester dans sa maison à la campagne. Il a bien pris les choses », a-t-il poursuivi.

Au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, Robert Mugabe a démissionné mardi après un coup de force de l’armée provoqué par le limogeage de son vice-président Emmerson Mnangagwa, qui lui a succédé vendredi.

Lâché par les militaires et son propre parti, la Zanu-PF, le « camarade Bob » a fini par céder sous la menace d’une procédure de destitution lancée au Parlement.

Depuis sa chute, la presse et la rue bruissent d’informations non confirmées sur les conditions de son départ, négocié avec l’armée.

Dans son édition dominicale, le quotidien zimbabwéen The Independant a affirmé que l’ex-chef de l’Etat avait obtenu une enveloppe de 10 millions de dollars, l’immunité contre toute poursuite judiciaire et l’assurance de garder ses biens.

Son neveu Leo Mugabe n’a pas souhaité commenter ces détails.

– ‘Dans la loi’ –

Interrogé par l’AFP, l’ancien porte-parole de Robert Mugabe, George Charamba, a lui aussi refusé de confirmer un tel accord mais a rappelé que « les conditions de la retraite du président sont définies dans la loi ».

« Ce n’est pas à l’ordre du jour à ce stade », a poursuivi M. Charamba. « Ce sera à la commission de la fonction publique de le préciser en vertu de la loi et en fonction du statut et du respect dus au père fondateur de la nation ».

Le proche de l’ancien président a démenti à plusieurs reprises qu’il avait négocié son immunité.

Les déclarations de son neveu confirment que Robert Mugabe et son épouse Grace ont, pour l’heure, écarté la piste d’un exil, évoquée ces derniers jours.

Lors d’une rencontre vendredi à son domicile de Harare, l’ancien chef de l’Etat a confié à l’ancien président Sam Nujoma et à l’actuel vice-président namibiens Hifikepunye Pohamba que « lui et sa famille n’ont pas l’intention de quitter le Zimbabwe », a affirmé le parti namibien au pouvoir (Swapo).

Le neveu de Robert Mugabe a par ailleurs indiqué que son épouse Grace avait l’intention de se consacrer désormais à la construction d’une université au nom de son époux.

« J’aime bien son état d’esprit, elle reste auprès de lui tout le temps », a déclaré à l’AFP Leo Mugabe.

– ‘Justice’ –

« C’est une personne formidable. Elle veut continuer à superviser la construction de l’université Robert Mugabe, de sorte qu’ils aient quelque chose à faire », a-t-il ajouté.

En août dernier, le gouvernement du Zimbabwe avait dévoilé un projet de construction d’une université à Mazone, à 35 km de la capitale Harare. Ce projet, d’un coût estimé à un milliard de dollars, avait suscité de vives critiques dans un pays ruiné, asphyxié financièrement et où le taux de chômage dépasse les 90%.

Détestée des Zimbabwéens à cause de ses extravagances et de son goût prononcé pour le luxe, Grace Mugabe a causé l’intervention des militaires en ordonnant l’éviction de M. Mnangagwa, qui lui barrait la route de la succession de son mari.

Inspirateur de la fronde antirégime qui a secoué le Zimbabwe l’an dernier, le pasteur Evan Mawarire a souhaité dimanche que Robert Mugabe et ses proches soient traduits en justice.

« De nombreux habitants de ce pays ont été abusés et opprimés, il est important qu’on leur rende justice », a-t-il déclaré à l’AFP.

Robert Mugabe a dirigé le Zimbabwe d’une poigne de fer, réprimant systématiquement toute voix dissonante. Des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, tuées ou emprisonnées sur son ordre, selon les ONGs.

Son successeur, Emmerson Mnangagwa, a promis vendredi, lors de son discours d’investiture, d’engager le pays sur la voie de la démocratie. Mais son passé de fidèle du régime Mugabe sème le doute sur ses capacités à tenir cette promesse.

Romandie.com avec(©AFP / 26 novembre 2017 15h14)                

Mnangagwa promet au Zimbabwe de tourner le dos à l’ère Mugabe

novembre 24, 2017

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa et son épouse Auxilia lors de son investiture à Harare, le 24 novembre 2017 / © AFP / MUJAHID SAFODIEN

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a mis vendredi un point final aux trente-sept ans du règne autoritaire de Robert Mugabe, en promettant de redresser l’économie du pays et de tourner le dos à l’ancien régime.

Costume noir et cravate rouge sur chemise blanche, le nouveau maître du pays a prêté serment devant plusieurs dizaines de milliers de partisans enthousiastes, massés dans un stade de la banlieue de la capitale Harare.

« Moi, Emmerson Dambudzo Mnangagwa, jure qu’en tant que président de la République du Zimbabwe je serai loyal à la République du Zimbabwe et obéirai, soutiendrai et défendrai la Constitution et les lois du Zimbabwe, » a-t-il déclaré

A 75 ans, M. Mnangagwa prend les rênes du pays trois jours à peine après la démission historique du plus vieux dirigeant en exercice de la planète, 93 ans, poussé vers la sortie par son armée, son parti et la rue.

Dans un pays qui sort ruiné de l’ère Mugabe, les attentes des 16 millions de Zimbabwéens sont immenses. Mais les doutes persistent sur l’aptitude du nouveau chef de l’Etat, longtemps aux commandes de l’appareil répressif de Robert Mugabe, à rompre avec les habitudes de l’ancien régime.

« Nous voulons que nos enfants aient des emplois, nos hôpitaux des médicaments et nos écoles des livres », a résumé Prisca Siyapenda, un retraité de 52 ans venu acclamer le nouveau président dans un National Sports Stadium plein à craquer.

« Nous espérons un nouveau départ », a-t-il ajouté.

Conscient de la tâche titanesque qui l’attend, le « Crocodile », ainsi qu’il est surnommé pour son caractère impitoyable, a profité de son premier discours pour multiplier les promesses.

« Nous allons créer des emplois pour notre jeunesse et réduire la pauvreté pour toute la population », a lancé M. Ngangagwa, « les actes de corruption doivent cesser sur le champ ».

– ‘Père de la nation’ –

Il a aussi annoncé qu’il indemniserait les fermiers blancs expulsés manu militari de leurs propriétés au début des années 2000. Cette réforme, emblématique de l’ère Mugabe, avait valu à son prédécesseur une volée de critiques et de sanctions internationales.

M. Mnangagwa s’est par ailleurs engagé à protéger les investissements étrangers et à renouer avec la communauté internationale. « Dans ce monde global, aucune nation n’est, ne peut ou ne doit être une « île », a-t-il insisté.

Le nouveau chef de l’Etat n’a pas non plus manqué de rendre hommage à son prédécesseur, « père de la nation ». « Acceptons et reconnaissons tous son immense contribution à la construction » du pays, a-t-il lancé à la foule.

A la veille de son entrée en fonction, M. Mnangagwa s’est entretenu jeudi avec Robert Mugabe, à qu’il a promis, ainsi qu’à sa famille, les « conditions de sécurité et de bien-être maximales », a rapporté le quotidien gouvernemental The Herald.

Trois jours après la chute du régime, le sort réservé au couple présidentiel restait toutefois encore mystérieux.

« Je ne sais pas ce qui a été négocié mais je peux vous dire qu’aucun Zimbabwéen ne souhaite que Mugabe soit poursuivi en justice ou pendu ou lynché », a déclaré à l’AFP un de ses ministres, Supa Mandiwanzira, « les gens veulent tourner la page ».

Robert Mugabe a été poussé vers la sortie par un coup de force de l’armée, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre après le limogeage de M. Mnangagwa.

Cacique du régime depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, le « crocodile » a été sèchement remercié sur ordre de la Première dame Grace Mugabe, qui lui disputait la succession de son mari, à la santé de plus en plus fragile.

– ‘Coterie’ –

Après avoir résisté plusieurs jours aux pressions des militaires, de son parti, la Zanu-PF, et de la rue, « camarade Bob » a fini par capituler mardi en présentant sa démission, menacé par une procédure de destitution devant le Parlement.

« Il (M. Mugabe) a été victime de sa femme et de la coterie de conseillers qui l’entouraient », a commenté vendredi à l’AFP le ministre de la Cybersécurité Patrick Chinamasa, « nous ne voulions certainement pas que cela se termine comme ça ».

M. Mugabe a laissé derrière lui une économie ruinée par ses réformes dévastatrices. Avec un taux de chômage à 90%, les Zimbabwéens vivent de petits boulots, l’argent manque et le spectre de l’hyperinflation rôde.

« La priorité du nouveau gouvernement, c’est de redresser la situation économique et financière catastrophique du pays », a souligné l’analyste Robert Besseling, de EXX Africa.

Malgré son discours, le profil et la personnalité du nouveau maître du Zimbabwe suscitent quelques inquiétudes.

Fidèle parmi les fidèles du régime, Emmerson Mnangagwa, proche de la hiérarchie sécuritaire, plusieurs fois ministre, traîne derrière lui une sinistre réputation d’exécuteur des basses oeuvres de l’ex-président Mugabe.

« Des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont disparu ou ont été tuées », a rappelé Amnesty International.

Soucieux de rassurer, M. Mnangagwa a une nouvelle fois appelé vendredi ses concitoyens « reconstruire le pays ensemble ».

Le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), plaide pour un gouvernement d’union nationale jusqu’aux élections prévues en 2018.

Mnangagwa n’a pas encore levé le voile sur ses intentions mais il a promis que le scrutin se tiendrait « comme prévu ».

Contrairement à ses homologues du Mozambique ou de Zambie, le président sud-africain Jacob Zuma n’a pas assisté à l’investiture du nouveau chef de l’Etat zimbabwéen. Mais il a souligné « la nécessité de maintenir la paix et la stabilité ».

Romandie.com avec(©AFP / 24 novembre 2017 16h09)                

Zimbabwe: Mnangagwa devrait être nommé président par intérim mercredi (parti)

novembre 21, 2017

Harare – L’ancien vice-président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa devrait être nommé mercredi président par intérim après la démission mardi de Robert Mugabe, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.

« Le président du Parlement fera l’annonce demain » mercredi, a déclaré Simon Khaya-Moyo. « Le vice-président évincé Mnangagwa, que le comité central du parti a adoubé, devrait être celui qui prêtera serment en tant que président pour une période de 90 jours », a-t-il poursuivi.

Emmerson Mnangagwa avait été démis de ses fonctions de vice-président le 6 novembre par Robert Mugabe. Dimanche, la Zanu-PF l’a nommé président du parti, en remplacement de Robert Mugabe.

Emmerson Mnangagwa se trouvait mardi toujours en exil et « devrait rentrer dans les vingt-quatre heures » au Zimbabwe, selon Simon Khaya-Moyo.

Une fois qu’il aura été nommé président pour 90 jours, « il reviendra au Parlement d’élire la personne qu’ils souhaitent à la présidence jusqu’aux prochaines élections », a précisé le porte-parole du parti.

Avant la crise politique, les élections générales étaient prévues pour 2018.

Le président de l’Assemblée nationale, Jacob Mudenda, a confirmé qu’un nouveau chef de l’Etat serait nommé mercredi.

Robert Mugabe, 93 ans, a annoncé mardi sa démission après 37 ans à la tête du pays. Il a finalement renoncé sous les pressions de l’armée qui contrôlait le pays depuis une semaine, de la pression de la rue et de son parti, qui avait engagé mardi une procédure de destitution.

Romandie.com avec(©AFP / 21 novembre 2017 21h16)                                            

Zimbabwe: Washington voit dans le départ de Mugabe une « opportunité historique »

novembre 21, 2017

Washington – Le départ du président Robert Mugabe est une « opportunité historique pour les Zimbabwéens » et leur volonté d’en finir avec « l’isolement du Zimbabwe », a déclaré mardi le département d’Etat américain.

« Le Zimbabwe a une opportunité extraordinaire d’emprunter une nouvelle voie », a estimé le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson dans un communiqué, saluant un « moment historique ».

« Nous félicitons tous les Zimbabwéens qui ont fait savoir pacifiquement mais clairement que l’heure du changement était arrivée », a-t-il ajouté.

Il a appelé « toutes les parties » à « la retenue et au respect de l’ordre constitutionnel et civil »

Au-delà de la période de transition qui s’ouvre, « les Zimbabwéens devront choisir leurs propres dirigeants » par « des élections libres et équitables », a insisté le secrétaire d’Etat, souhaitant la mise en place de réformes économiques et politiques.

Le président Mugabe, 93 ans dont 37 passés au pouvoir, a mis un point final mardi à son règne sans partage sur le Zimbabwe en présentant sa démission sous la pression de l’armée, de son propre parti et de la rue. Son ancien vice-président Emmerson Mnangagwa, 75 ans, devrait être nommé dès mercredi président par intérim.

Romandie.com avec(©AFP / 21 novembre 2017 22h29)                   

Crise au Zimbabwe: les présidents sud-africain et angolais à Harare mercredi (Lourenço)

novembre 21, 2017

Luanda – Les présidents sud-africain Jacob Zuma et angolais Joao Lourenço se rendront mercredi à Harare pour tenter de trouver une issue à la crise politique au Zimbabwe, a annoncé mardi le chef de l’Etat angolais à Luanda.

« Nous avons décidé, moi et le président Jacob Zuma, de nous rendre à Harare demain matin », a déclaré M. Lourenço à la presse à l’issue d’une réunion d’urgence du bloc régional de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

La SADC note « avec grande inquiétude la crise politique en cours dans la République du Zimbabwe », selon le communiqué final de l’organisation.

En conséquence, le bloc régional a décidé « que le président Jacob Zuma, en sa capacité de président en exercice de la SADC, et Joao Lourenço, en sa capacité de président de l’organe (…) de coopération sécuritaire (de la SADC), se rendront au Zimbabwe immédiatement, le 22 novembre, dans le cadre d’une mission pour évaluer la situation ».

L’armée du Zimbabwe a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre après l’éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Depuis, le président Robert Mugabe, âgé de 93 ans, refuse obstinément de se plier aux appels pressants de ceux qui le somment de démissionner après trente-sept ans de pouvoir.

A la demande du parti au pouvoir, la Zanu-PF, le Parlement zimbabwéen était réuni mardi en session extraordinaire pour enclencher une procédure visant à destituer le chef de l’Etat.

Romandie.com avec(©AFP / 21 novembre 2017 14h44)

Zimbabwe: Mugabe et le vice-président limogé en contact

novembre 20, 2017

Capture d’image de la télévision zimbabwéenne diffusant l’allocution du président Robert Mugabe, le 19 novembre 2017 à Harare / © ZBC/AFP /

Les deux acteurs politiques principaux de la crise au Zimbabwe, le président Robert Mugabe et son vice-président déchu Emmerson Mnangagwa, sont en contact, a annoncé l’armée lundi, à la veille d’une procédure de destitution contre l’homme fort du pays depuis 1980.

Le chef d’état-major, le général Constantino Chiwenga, auteur d’un coup de force militaire dans la nuit du 14 au 15 novembre, a également appelé la population au « calme » et à « la patience », à l’avant-veille de nouvelles manifestations anti-Mugabe.

Samedi, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour demander la démission du plus vieux chef d’Etat en exercice de la planète, âgé de 93 ans.

L’armée a pris le contrôle du pays après la destitution, le 6 novembre, d’Emmerson Mnangagwa. Avec son départ forcé, la voie semblait dégagée pour la première dame, Grace Mugabe, afin que, le moment venu, elle succède à son mari. Un scénario inacceptable pour l’armée.

Depuis ce coup de force, le chef d’Etat a perdu un à un ses soutiens, y compris celui de son parti, la Zanu-PF, qui doit engager mardi une procédure de destitution contre lui.

En trente-sept ans au pouvoir, le très fin tacticien Robert Mugabe n’a jamais été aussi affaibli politiquement, mais il refuse toujours de céder le pouvoir.

Alors que les négociations semblaient au point mort, le général Constantino Chiwenga a annoncé lundi soir des « contacts entre le président et l’ancien vice-président ». Des « développements encourageants », selon lui.

Emmerson Mnangagwa, parti en exil dans la foulée de son éviction, est « attendu prochainement dans le pays », a-t-il précisé.

Dans le cadre d’entretiens entre l’armée et le président, « plusieurs garanties ont été données » et le président Mugabe « a accepté une feuille de route » pour une sortie de crise, a assuré le général Chiwenga sans donner plus de précisions.

Selon plusieurs analystes, le vieux dirigeant, accusé de violations ds droits de l’Homme et de corruption, joue la montre afin d’obtenir des garanties sur son immunité.

Trop c’est trop

Le temps presse pour Robert Mugabe car la Zanu-PF, qui l’a évincé ce week-end de la présidence du parti, a décidé lundi d’entamer une procédure de destitution.

Elle espère ainsi lui donner le coup de grâce, ce que ni l’armée ni la population descendue en masse dans la rue n’ont encore réussi.

« Trop, c’est trop. Mugabe doit partir », a déclaré à l’AFP un parlementaire de la Zanu-PF, Pesai Munanzvi. « Nous voulons nous débarrasser de cet animal », a renchéri son collègue, Vongai Mupereri, avant que le parti ne se prononce pour le lancement, dès mardi, de la procédure de destitution.

Devant la tour du siège de la Zanu-PF, une immense affiche représentant le « camarade Bob » a été vandalisée. Tout un symbole.

La Zanu-PF a mis ses menaces à exécution après le bras d’honneur que lui a adressé le président: il a superbement ignoré l’ultimatum de son parti qui lui enjoignait de démissionner d’ici à lundi midi (10H00 GMT).

Selon la Constitution zimbabwéenne, l’Assemblée nationale et le Sénat peuvent engager à la majorité simple, une procédure de révocation du président. Une commission d’enquête est alors formée pour formuler une résolution de destitution, qui doit ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers.

La Zanu-PF veut accuser Robert Mugabe « d’avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs » et de « ne plus être en capacité physique d’assurer son rôle compte tenu de son grand âge », a précisé le député Paul Mangwana.

Grand-père

Dans une déclaration surréaliste à la télévision dimanche soir, Robert Mugabe avait ignoré les appels à la démission, provoquant un coup de tonnerre dans le pays.

Très influents, les anciens combattants de la guerre d’indépendance lui ont à nouveau ordonné lundi de partir.

« Epargne d’autres troubles au pays. Sinon, nous allons ramener le peuple du Zimbabwe dans les rues », lui a lancé leur chef, Chris Mutsvangwa, qui a confirmé une nouvelle manifestation anti-Mugabe mercredi dans la capitale.

Sous l’oeil bienveillant de l’armée, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà envahi samedi les rues d’Harare et de Bulawayo (sud-ouest) aux cris de « Bye bye Robert » ou « Adieu grand-père ».

Dans la foule des manifestants, figuraient plusieurs ministres.

Ils sont convoqués, avec leurs collègues du gouvernement, pour un conseil des ministres mardi à 09H00 (07H00 GMT). « Tous les ministres doivent être présents », a prévenu la présidence.

Des centaines d’étudiants ont également manifesté lundi sur le campus de l’université d’Harare pour exiger le départ du chef de l’Etat. « Nous sommes en colère et déçus par le discours de Mugabe », a déclaré un de leurs meneurs, Shepherd Raradza.

Dans la soirée, l’université a annoncé qu’elle fermerait dès mardi pour les vacances de fin d’année et que les examens auraient finalement lieu en janvier.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 21h47)                

Zimbabwe: le Znanu-PF veut engager dès mardi la procédure de destitution de Mugabe

novembre 20, 2017

Harare – Le parti au pouvoir au Zimbabwe veut engager dès mardi la procédure de destitution du président Robert Mugabe, qui a jusqu’ici ignoré les appels à la démission formulées par sa propre formation politique, a annoncé un député de la Zanu-PF.

« Nous espérons une session des deux chambres du Parlement demain (…) Nous espérons que la motion (lançant la procédure) passera demain » mardi, a dit devant la presse Paul Mangwana, un haut responsable de la Zanu-PF, avant une réunion d’urgence des députés et sénateurs du parti.

« Nous voulons nous débarrasser de cet animal appelé Mugabe, il doit partir », a renchéri auprès de l’AFP le député Vongai Mupereri, en assurant que le parti dispose des « voix suffisantes » pour le faire.

La Zanu-PF avait retiré dimanche à son chef historique toutes fonctions dans le parti et avait menacé de le destituer s’il ne démissionnait pas avant lundi midi.

L’ultimatum ayant expiré, le parti s’apprête à en tirer les conséquences.

Selon la Constitution zimbabwéenne, l’Assemblée nationale et le Sénat peuvent engager à la majorité simple une procédure de révocation du président pour « faute grave », « manquement à la Constitution », « violation délibérée de la Constitution » ou « incapacité ».

Une commission d’enquête conjointe est alors formée pour formuler une résolution de destitution, qui doit ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers.

La Zanu-PF veut accuser Robert Mugabe « d’avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs » et de « ne plus être en capacité physique d’assurer son rôle compte tenu de son grand âge », a précisé le député Mangwana.

Le plus vieux dirigeant en exercice au monde, 93 ans dont 37 à la tête du Zimbabwe, est accusé d’avoir favorisé sa femme Grace Mugabe dans la course pour sa succession, au détriment de l’ancien vice-président Emmerson Mnangagwa.

Le limogeage de ce dernier il y a deux semaines a entraîné un coup de force de l’armée, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 16h31)                                            

Zimbabwe: Mugabe déjoue tous les pronostics en s’accrochant au pouvoir

novembre 19, 2017

Robert Mugabe s’est adressé à la télévision, le 19 novembre 2017 à Harare / © AFP / STR

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, a créé dimanche soir une énorme surprise et la confusion en ignorant les nombreux appels à démissionner et sa spectaculaire éviction quelques heures plus tôt de la direction de son parti.

Lors d’une déclaration péniblement prononcée en direct à la télévision nationale, le plus vieux dirigeant en exercice de la planète, 93 ans, a même déclaré qu’il présiderait le mois prochain le congrès de son mouvement, la Zanu-PF.

« Le congrès doit se tenir dans les prochaines semaines. J’en présiderai les débats », a-t-il affirmé lors de son allocution, diffusée depuis un salon du palais présidentiel où il était flanqué de généraux en tenue et d’officiels.

Le Zimbabwe tout entier s’attendait dimanche soir à ce que Robert Mugabe remette sa démission, quelques jours après le coup de force de l’armée.

A l’issue d’une nouvelle réunion avec les militaires dimanche soir, une source de son entourage avait même rapporté sous couvert de l’anonymat à l’AFP qu’il avait accepté de quitter ses fonctions.

Sous le choc de l’allocution du président, le chef des anciens combattants de la guerre d’indépendance Chris Mutsvangwa a immédiatement riposté en appelant la population à descendre une nouvelle fois dans la rue mercredi pour exiger le départ de Robert Mugabe.

« Ce discours était totalement déconnecté de la réalité. Nous soutiendrons toute procédure de destitution et appelons à manifester mercredi », a déclaré à l’AFP M. Mutsvangwa.

– « Camaraderie » –

Sous l’oeil bienveillant de l’armée, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà envahi samedi les rues de la capitale Harare et de la deuxième ville du pays, Bulawayo (sud-ouest), aux cris de « Bye bye Robert » ou « Adieu grand-père ».

Les militaires ont pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi pour protester contre la décision du président de limoger le vice-président Emmerson Mnangagwa. Casus belli pour eux, son éviction faisait de la Première dame Grace Mugabe la favorite de la course à la succession de son mari, à la santé déclinante.

« Quels que soit les pour et les contre de l’opération de l’armée, moi, en tant que commandant en chef, je reconnais les problèmes qui ont été soulevés », a déclaré dimanche soir M. Mugabe, sans mentionner son épouse.

Et d’ajouter, sibyllin, « nous devons apprendre à pardonner et résoudre nos contradictions, réelles ou ressenties, dans un esprit de camaraderie zimbabwéenne ».

Plus tôt dimanche, la direction de la Zanu-PF avait pourtant démis Robert Mugabe de son poste de président du parti et l’avait enjoint de rendre les rênes du pays « d’ici lundi » à la mi-journée, faute de quoi elle engagerait une procédure de destitution.

A la suite de l’adresse à la nation, l’ancien ministre des Finances Patrick Chinamasa a prévenu que la procédure serait effectivement lancée si le président ne se pliait pas à l’ultimatum.

– « totalement hallucinante » –

« Les gens doivent redescendre dans la rue, ce n’est pas juste », a déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat un agent de sécurité dans les rues quasi désertes du centre d’Harare. Dans les bars, les Zimbabwéens qui avaient suivi le discours en direct, sont partis immédiatement après, décontenancés.

L’intervention de Robert Mugabe est « totalement hallucinante », a réagi un analyste, Derek Matyszak. Le président « se comporte comme si les décisions de son parti n’avaient aucune importance ».

Lors de sa réunion d’urgence, le parti a également remplacé son chef par l’ancien vice-président Emmerson Mnangagwa. Ce dernier, un dur surnommé « le crocodile », a dans la foulée été nommé candidat officiel de la Zanu-PF à l’élection présidentielle de 2018 à la place de Robert Mugabe.

L’ambitieuse et impopulaire Première dame Grace Mugabe, 52 ans, qui brigue ouvertement depuis des mois la succession de son époux, a elle été purement et simplement exclue du parti.

Les décisions de la Zanu-PF ont été saluées par une population avide de changements, dans un pays ruiné où le taux de chômage avoisine les 90%. « Même si sa décision arrive tard, la Zanu-PF a enfin fait le bon choix », se réjouissait Trymore Chabata, un vendeur de rue, ajoutant que « Mugabe est un problème depuis longtemps ».

Depuis son coup de force, l’armée tente de négocier à l’amiable le départ du président Mugabe, afin de préserver son statut de héros de la guerre d’indépendance. Elle l’a même laissé se rendre vendredi à une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare, alors qu’il est officiellement assigné à résidence.

La crise politique au Zimbabwe provoque de nombreuses inquiétudes dans la région.

Mardi, plusieurs dirigeants de pays membres de la SADC (Communauté de développement économique de l’Afrique australe), dont le président sud-africain Jacob Zuma et son homologue angolais Joao Lourenço, doivent se réunir à Luanda pour en débattre.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 01h57)                

Zimbabwe: Robert Mugabe a jusqu’à lundi pour quitter le pouvoir, parle ce soir à la nation

novembre 19, 2017

 

Zimbabwe : Robert Mugabe a jusqu'à lundi midi pour quitter le pouvoir

Robert Mugabe, le 17 novembre dernier. Depuis mercredi, le président du Zimbabwe est retranché en résidence surveillée avec son épouse Grace Mugabe. PHILIMON BULAWAYO/REUTERS

Dimanche, Robert Mugabe a été démis de ses fonctions de président du parti au pouvoir et sommé de quitter le pouvoir.

• Mugabe sommé de démissionner

L’autoritaire Robert Mugabe, au pouvoir au Zimbabwe depuis 1980, a été désavoué dimanche par son parti qui l’a menacé de destitution s’il ne quittait pas d’ici lundi midi la présidence du pays. Encore impensable il y a quelques jours, la Zanu-PF a lancé un ultimatum au «camarade Bob», qui, à 93 ans, s’accroche au pouvoir malgré son assignation à résidence depuis mercredi. «Il doit démissionner de la présidence du Zimbabwe et s’il ne l’a pas fait d’ici lundi midi (…), le président du Parlement enclenchera la procédure de destitution», a déclaré, sous les vivats, le porte-parole de la Zanu-PF, Simon Khaye Moyo, à l’issue d’une réunion d’urgence du parti.

 

 Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est entretenu dimanche avec l'armée. Ici, un soldat de l'armée lors de la journée de mobilisation anti-Mugabe, qui s'est déroulée samedi à Harare.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe s’est entretenu dimanche avec l’armée. Ici, un soldat de l’armée lors de la journée de mobilisation anti-Mugabe, qui s’est déroulée samedi à Harare. PHILIMON BULAWAYO/REUTERS

Cet ultimatum est considéré comme une tentative de donner une fin sans heurts à un règne de 37 années après l’intervention de l’armée qui a écarté le vieux chef d’Etat de 93 ans dans la nuit de mardi à mercredi. Mugabe a rencontré une nouvelle fois les chefs de l’armée, dimanche, indique le journal The Herald. Les négociations visent à l’inciter à quitter le pouvoir de lui-même.

• Emmerson Mnangagwa remplace le président au sein du parti

Robert Mugabe a en outre été démis de ses fonctions à la tête de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, lors d’une réunion extraordinaire de son comité central dimanche, a annoncé Chris Mutsvangwa, chef de file des anciens combattants de la guerre d’indépendance, qui a joué un rôle clé dans l’éviction du chef de l’État. L’ex-vice-président Emmerson Mnangagwa, dont le limogeage la semaine dernière a précipité l’intervention de l’armée, le remplace et sera le candidat du parti au pouvoir à l’élection présidentielle de 2018, a annoncé un porte-parole du parti. Grace Mugabe, l’épouse du président, a été remplacée à la tête de la Ligue féminine du parti, a poursuivi Chris Mutsvangwa. «Nous irons jusqu’au bout», a-t-il assuré, interrogé par Reuters alors qu’il se rendait à la réunion du comité central, estimant que Robert Mugabe n’avait plus qu’à démissionner et à quitter le pays. «Il essaye de marchander pour s’en tirer dignement, mais il devra s’y faire», a-t-il ajouté.

• Une journée «historique» de manifestations

L’ultimatum posé par le parti à Robert Mugabe fait suite à l’une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis l’indépendance et l’arrivée au pouvoir du président en 1980. Des dizaines de milliers de Zimbabwéens se sont rassemblés samedi dans la capitale et la deuxième ville du pays, Bulawayo (sud-ouest) pour exiger son départ. «Un jour historique», a résumé samedi soir, avec une voix émue, la présentatrice du journal de la ZBC, la télévision d’État. «Trop c’est trop, Mugabe doit partir», «Repose en paix Mugabe», «Non à la dynastie Mugabe», «Au revoir grand-père», proclamaient des affiches brandies par des manifestants euphoriques dans un concert de klaxons et de vuvuzelas.

Des manifestants samedi 18 novembre brandissent une banderole dont le slogan signifie «Trop c'est trop, Mugabe doit partir».

Des manifestants samedi 18 novembre brandissent une banderole dont le slogan signifie «Trop c’est trop, Mugabe doit partir». -/AFP

Tout la journée de samedi, les manifestants, issus de tout bord politique, ont salué l’intervention de l’armée qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi et assigné à résidence Robert Mugabe. À Harare, l’armée, qui a officiellement apporté son soutien à cette journée anti-Mugabe, a stoppé en début d’après-midi des milliers de personnes qui se dirigeaient vers le palais présidentiel, provoquant l’incompréhension des manifestants. La foule s’est finalement dispersée dans le calme, sous l’œil de militaires masqués et lourdement armés.

• Mugabe parle ce soir à la nation

Le chef d’Etat zimbabwéen Robert Mugabe, pressé par son parti, l’armée et la rue de démissionner après trente-sept ans au pouvoir, s’adressera dimanche soir à la télévision, a annoncé le groupe audiovisuel public ZBC. « Le président RG (Robert Gabriel) Mugabe s’adressera à la nation en direct depuis le palais présidentiel ce soir. Restez connectés », a indiqué la ZBC dans un bandeau défilant en bas d’écran.

• Un sommet de l’Afrique australe mardi

La communauté de développement d’Afrique australe (CDAA) discutera de la crise politique au Zimbabwe mardi lors d’un sommet qui se tiendra à Luanda, la capitale angolaise.

Le figaro.fr avec AFP, Reuters Agences

Zimbabwe: Mugabe poussé vers la sortie par son parti

novembre 19, 2017

Un soldat contrôle des délégués à leur arrivée à une réunion cruciale du parti au pouvoir dimanche à Harare alors que le président Mugabe est lâché par ses principaux soutiens / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Le règne du président du Zimbabwe Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, ne semblait plus dimanche tenir qu’à un fil, après la décision humiliante de son parti de le limoger de la direction de la Zanu-PF, au lendemain de manifestations monstres exigeant son départ.

Dimanche, la Zanu-PF a évincé Robert Mugabe de la présidence de sa propre formation, qu’il contrôlait d’une main de fer depuis des décennies.

Il a été immédiatement remplacé par Emmerson Mnangagwa, le vice-président qu’il avait démis de ses fonctions le 6 novembre, a indiqué à l’AFP un membre de la Zanu-PF qui participait à une réunon en urgence du parti.

Ces décisions sont le point d’orgue d’une semaine où le président a perdu un à un tous ses soutiens: l’armée d’abord, qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi; le peuple qui, toutes tendances politiques confondues, est descendu en masse dans la rue samedi; et ensuite la Zanu-PF, qui jusqu’à présent avait fait preuve d’une loyauté à toute épreuve vis-à-vis du « camarade Bob ».

L’éviction de Robert Mugabe de la présidence du parti a été saluée par des chants et des danses au quartier général de la Zanu-PF à Harare.

« Cette réunion historique marque le début d’une nouvelle ère », a lancé un cadre du parti, Obert Mpofu, qui présidait les débats.

Un scénario encore impensable il y a quelques jours.

Le président, désormais aux abois, devait rencontrer dimanche les militaires aux commandes du pays, qui tentent de lui arracher une reddition en douceur.

Les premières négociations jeudi avaient échoué: le chef de l’Etat âgé de 93 ans avait catégoriquement refusé de quitter la présidence.

« Il cherche à trouver une sortie digne », a avancé dimanche Chris Mutsvangwa, leader des anciens combattants de la guerre d’indépendance, un des anciens piliers du régime.

Cette organisation a lancé au vieil homme un ultimatum sans équivoque dimanche. « Il ferait mieux de renoncer », a prévenu Chris Mutsvangwa, « s’il ne le fait pas, l’armée doit en finir avec lui aujourd’hui ».

– ‘Repose en paix’ –

La pression n’a jamais été aussi forte sur Robert Mugabe.

Samedi, le Zimbabwe a connu l’une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis son indépendance en 1980.

Des dizaines de milliers de personnes – des partisans de la Zanu-PF comme de l’opposition – ont déferlé dans les rues d’Harare pour appuyer l’intervention de l’armée et demander au vieux dirigeant de partir.

« Repose en paix Mugabe », « Non à la dynastie Mugabe », « L’armée du Zimbabwe, voix du peuple », proclamaient des affiches brandies par des manifestants euphoriques.

L’armée est intervenue dans la nuit de mardi à mercredi après la destitution le 6 novembre du vice-président Emmerson Mnangagwa, ennemi juré de la Première dame.

Les militaires n’ont pas accepté la perspective que Grace Mugabe se retrouve en position de favorite pour succéder, le moment venu, à son mari, le plus vieux dirigeant en exercice au monde.

« Il est fâcheux que le président lui ait permis d’usurper son autorité, détruisant ainsi le parti et le gouvernement », a déploré dimanche la ligue des jeunes de la Zanu-PF qui a demandé l’éviction « à tout jamais » de Grace Mugabe du parti.

« Elle et ses proches associés ont profité ces cinq dernières années de la santé fragile » du président pour « usurper le pouvoir et piller les ressources de l’Etat », a renchéri Obert Mpofu, salutant le « joli travail » des militaires.

Emmerson Mnangagwa est désormais pressenti pour prendre la tête d’une éventuelle transition politique. A 75 ans, cet ancien fidèle du président Mugabe n’a pas été vu en public depuis son éviction.

Mais ses portraits ont été acclamés samedi dans les rues de la capitale, où des manifestants arboraient fièrement tout objet en forme de crocodile, le surnom de l’ancien vice-président, un homme connu pour son caractère impitoyable.

Jusqu’à présent, l’armée tente de négocier à l’amiable le départ du président Mugabe. Elle l’a même laissé se rendre vendredi à une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare.

L’armée tente de « le traiter avec respect et dignité », selon Anthoni van Nieuwkerk de l’université de Witwatersrand à Johannesburg, afin de mettre au plus vite un terme à ce coup de force militaire.

L’affaire n’est pas cependant aisée. Le président Mugabe a la réputation d’être coriace et un fin tacticien. Avant la crise, il avait déjà annoncé son intention de briguer un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle en 2018.

Il a plongé le pays dans une crise économique abyssale. Le pays manque cruellement de liquidités, obligeant les citoyens à faire la queue pendant de longues heures devant les banques, et affiche un taux de chômage d’environ 90%.

Romandie.com avec(©AFP / 19 novembre 2017 14h16)