Posts Tagged ‘Roch Marc Christian Kaboré’

Investiture de Kaboré : Ouattara, Issoufou, Condé… Une dizaine de chefs d’État présents

décembre 28, 2020
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors de son ivestiture pour un second mandat, le 28 décembre 2020 à Ouagadougou.

Plusieurs chefs d’États ont pris part à la cérémonie d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré, réélu président du Burkina Faso pour un second mandat le 22 novembre.

« Je resterai attentif aux préoccupations de l’ensemble de mes compatriotes, surtout en ce qui concerne la réconciliation nationale, la paix et la sécurité, gages de toute action de développement », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré lors de son investiture, dont la cérémonie s’est déroulée dans la matinée du 28 décembre en présence d’une dizaine de chefs d’État.

Les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest à Ouaga

C’est dans un Palais des Sports de Ouaga 2000 au public clairsemé, en raison des contraintes imposées par la pandémie de coronavirus, qu’il s’est adressé aux 1 200 invités triés sur le volet. Tous masqués, ils ont été tenus de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires, en raison de la flambée de nouvelles contaminations observée dans le pays, avec près de 3 000 nouveaux cas enregistrés depuis le début de décembre.

Une dizaine de chefs d’État d’Afrique de l’Ouest ont effectué le déplacement à Ouagadougou. Depuis dimanche, l’aéroport de la capitale bukinabè a été le théâtre d’une véritable ballet aérien d’avions présidentiels.

Au premier rang des personnalités présentes pour l’occasion, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Ghanéen Nana Akufo Addo, le Guinéen Alpha Condé, le Bissau Guinéen Umaro Sissoko Embaló, le Libérien George Weah, le Mauritanien Mohammed Ould El Ghazouani, le Nigérien Mahamoudou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Togolais Faure Gnassingbé. Une forte présence de ses pairs que Roch Marc Christian Kaboré n’a pas manqué de saluer lors de son discours.

Le président de la transition au Mali, Bah N’Daw, était pour sa part représenté par son Premier ministre, Moctar Ouane. Arrivé le 27 décembre, le Premier ministre Malien a été reçu par son hôte. À l’issu des échanges, il a déclaré être « très heureux de cette belle leçon de démocratie que le Burkina vient d’administrer à l’ensemble du continent à travers la préparation, l’organisation, le déroulement et l’issue des scrutins présidentiel et législatif ».

« Ceci s’est passé dans un contexte sécuritaire difficile, incertain, mais le résultat a révélé la grande maturité du peuple Burkinabè. C’est un message fort envoyé à l’ensemble de nos pays. Cette élection a permis de révéler ce qu’un peuple uni peut faire pour son développement », a-t-il ajouté.https://www.youtube.com/embed/43NdzIZhJ3M?feature=oembed

En effet, si les élections législatives et la présidentielle du 22 novembre ont été émaillées de quelques incidents, le processus a été salué par de nombreux observateurs. Les candidats malheureux ont tous reconnu leur défaite. Certains ont d’ailleurs pris part à la cérémonie sobre et solennelle de ce lundi, l’instar de Zéphirin Diabré, Kadré Désiré Ouédraogo, Eddie Komboïgo, Tahirou Barry ou encore Gilbert Noël Ouédraogo.

Vers de « larges consultations »

Kaboré a rendu hommage aux populations victimes du terrorisme ainsi qu’aux forces de défenses et de sécurité pour leur « détermination essentielle pour préserver la paix et l’unité nationale ».

Il a également décliné les axes majeurs de  l’action qu’il compte mener durant les cinq prochaines années, dont la sécurité, le renforcement de la démocratie, les réformes de l’administration et des services publics, l’investissement dans les infrastructures, les réformes foncières et agricoles et l’implication de la diaspora dans la construction du pays. Mais pour parvenir à atteindre ces objectifs, il a invité les Burkinabè « au travail ».

Pour parvenir à la réconciliation nationale, Kaboré a annoncé qu’il lancera dans les mois à venir de « larges consultations « . « La réconciliation nationale ne saurait faire l’économie des crimes de sang, des crimes économiques et politiques qui, de 1960 à nos jours, continuent d’envenimer les rapports entre les Burkinabè. Elle doit aller au-delà des questions conjoncturelles pour nous permettre de définir ensemble les bases d’une société burkinabè fondée sur les valeurs cardinales du travail, de la probité, de la dignité et de la défense de l’intérêt national », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique

Burkina : le parti de Kaboré n’obtient pas la majorité absolue à l’Assemblée

novembre 29, 2020
Le président Roch Marc Christian Kaboré s'adresse à ses supporters à Ouagadougou, le 26 novembre 2020.

Le parti du président Marc Roch Christian Kaboré, réélu pour un second mandat au Burkina Faso, n’a pas obtenu la majorité législative lors du double scrutin présidentiel et législatif du 22 novembre et devra négocier avec ses alliés et sans doute l’opposition pour obtenir une majorité à l’Assemblée.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est crédité de 56 sièges par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et n’atteint donc pas la majorité absolue qui est de 64 sièges, sur un total de 127.

Le parti de Roch Marc Christian Kaboré, élu dès le premier tour de la présidentielle avec 57,87% des suffrages, pourrait toutefois obtenir cette majorité avec l’aide de partis alliés.

Il devrait ainsi faire appel au Nouveau temps pour la démocratie, le parti de l’actuel ministre des Transports, Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a obtenu 13 sièges.

D’autres petits partis, comme l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS) avec ses 5 sièges, le RPI (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pourraient venir en renfort, mais sans certitudes.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, représente la deuxième force politique avec 20 sièges.

Son candidat, Eddie Komboïgo, était arrivé deuxième de la présidentielle, avec 15,48% des suffrages.

L’ex-parti au pouvoir devient ainsi la première formation de l’opposition, en lieu et place de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), de Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

Nostalgie croissante

Vendredi, le président Kaboré avait annoncé sur Twitter avoir reçu les félicitations des principaux chefs de l’opposition, dont Zéphirin Diabré.

Considéré jusque là comme le chef de l’opposition, Zéphirin Diabré est arrivé en troisième position avec 12,46% des voix, derrière le président Kaboré et Eddie Komboïgo (15,84%). Ce dernier représentait le parti de l’ex-président Compaoré, dont le régime fait l’objet d’une nostalgie croissante.

Eddie Komboïgo n’avait pas reconnu le résultat vendredi soir mais plusieurs autres candidats malheureux à l’élection présidentielle ont déjà félicité Roch Marc Christian Kaboré, selon lui.

« Je salue la démarche républicaine » des candidats « venus me féliciter ». Il s’agit notamment de l’unique femme candidate, Yeli Monique Kam, arrivée 12e avec 0,53% des voix, de l’ancien ministre de M. Kaboré, Tahirou Barry (2,19%), de Gilbert Noël Ouédraogo (1,55%), d’Ablassé Ouedraogo (1,80%) et de Kiemdoro Do Pascal Sessouma (0,70%).

La communauté internationale a rencontré des représentants de l’opposition et de la majorité pour arriver à un consensus dans ce pays fragilisé par les attaques jihadistes et une crise économique provoquée par l’insécurité mais aussi le coronavirus.

Discours rassembleur

« Notre classe politique a le devoir de donner le bon exemple, pour le salut du Burkina Faso et des générations futures », avait lancé Roch Marc Christian Kaboré lors d’une soirée festive au siège de campagne de son parti.

Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a tenu un discours rassembleur, lançant des appels du pied à l’opposition.

« Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit, promettant une « concertation permanente » et « d’être le président de tous les Burkinabè, sans exception ».

Les éventuels recours doivent être déposés devant le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’État dans les sept jours à compter de l’annonce des résultats. Ces deux institutions doivent proclamer les résultats définitifs dans les quinze jours qui suivent l’expiration du délai imparti pour les recours.

Sans titre

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina Faso : Roch Marc Christian Kaboré réélu pour un second mandat, selon la Ceni

novembre 26, 2020
Roch Marc Christian Kaboré, lors de son premier meeting, à Bobo Dioulasso.

Roch Marc Christian Kaboré est arrivé en tête du scrutin présidentiel, avec 57,87%, devant Eddie Komboïgo (15,48%) et Zéphirin Diabré (12,46%), selon les résultats provisoires délivrés par la Commission électorale nationale indépendante.

Roch Marc Christian Kaboré visait le « coup KO ». C’est donc chose faite. Le président burkinabè, qui se présentait pour ce scrutin à un second mandat présidentiel, a obtenu 57,87% des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires communiqués par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a recueilli 12,46%.

Eddie Komboïgo, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), obtient 15,48%.

Kadré Désiré Ouédraogo (« Agir ensemble »), obtient 3,36%, Tahirou Barry (Mouvement pour le changement et la renaissance) a recueilli 2,19% des suffrages et Ablassé Ouédraogo (Faso Autrement) 1,80%.

Viennent ensuite Gilbert Noël Ouédraogo, de l’Alliance pour la démocratie et la fédération – Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA), qui a obtenu 1,55% des voix ; Yacouba Isaac Zida, du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), qui a obtenu 1,52% ; et Abdoulaye Soma, avec 1,41%. Les autres candidats n’ont pas dépassé la barre des 1%.

Les résultats des législatives, eux, n’ont pour le moment pas été communiqués. La Ceni a en théorie une semaine pour le faire, à compter du jour du scrutin.

Ces résultats provisoires, qui doivent encore être confirmés pas la Cour constitutionnelle, ont été proclamés ce jeudi 26 novembre, à l’issue d’une semaine qui aura vu les tensions s’accentuer au fil de l’annonce des résultats, délivrés au compte-goutte. Démarré dès le lundi 23, au lendemain du scrutin présidentielle et des législatives, la proclamation des résultats commune par commune a été un temps suspendue après les critiques portées par l’opposition sur le mode de décompte.

Contexte sécuritaire

Les candidats de l’opposition signataires d’un accord politique par lequel ils s’engagent à soutenir le mieux placé d’entre eux dans l’éventualité d’un second tour, ont émis des doutes sur la crédibilité et la sincérité des résultats dès le jour du vote. Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, avait notamment évoqué des « achats de conscience et de cartes d’électeurs » et une « modification à la dernière minute de la cartographie électorale ».

« Aucun cas n’a été signalé au niveau de nos structures », lui avait pour répondu, dès dimanche, Newton Ahmed Barry, le président de la Ceni.

La Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (Codel), qui avait déployé près de 4 000 observateurs sur le terrain, avait pour sa part noté que « de manière générale, malgré quelques difficultés observées çà et là, la majorité des bureaux de vote ont ouvert à l’heure et fonctionné normalement ».

Le double scrutin – la présidentielle et les législatives – s’est déroulé dans un contexte sécuritaire tendu. Dans les zones les plus frappées ces derniers mois par les attaques, situées majoritairement dans les régions du nord et de l’est, 1 318 bureaux – sur les 21 154 au niveau national – qui n’ont pas pu ouvrir. Au total, 6 % du corps électoral n’a pas pu se rendre aux urnes en raison de la menace terroriste.

Avec Jeune Afrique

La diaspora burkinabè soutient Roch Marc Christian Kaboré

août 9, 2020

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré. © Présidence du Burkina Faso

 

La diaspora burkinabè a lancé samedi à Abidjan son premier mouvement politique pour peser sur l’élection présidentielle de novembre au Burkina.

Quelque milliers de délégués venus de 18 pays ont lancé dans un grand hôtel de la capitale économique ivoirienne, un mouvement politique dénommé « C’est le moment! »

« Nous avons décidé de porter notre choix sur le président Roch Marc Christian Kaboré qui brigue un deuxième mandat parce qu’il a permis à la diaspora de prendre part aux élections, d’obtenir dix sièges au parlement (dans la prochaine législature) et de disposer d’un ministère des Burkinabè de l’étranger », a aussitôt déclaré Moumouni Pograwa, son porte-parole.

Bouclier face au terrorisme

Pour Moumouni Pograwa, « le président Kaboré a fait front contre le terrorisme et constitue un bouclier face à ce fléau ».

La diaspora burkinabè représente une communauté de sept millions de personnes, dont plus de la moitié vit en Côte d’Ivoire. Elle transfère chaque année l’équivalent de 58 milliards de FCFA (environ 88 millions d’euros) au Burkina.

Roch Marc Christian Kaboré a été investi le 11 juillet par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), son parti, pour briguer un second mandat, alors que le pays a sombré dans les violences jihadistes en cinq ans.

Rassemblement pro-Compaoré à Ouagadougou

Par ailleurs, samedi, à Ouagadougou, un rassemblement des partisans de l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré pour réclamer son retour au pays a été empêché.

Un imposant dispositif policier dressé aux abords de la Maison du peuple dans la capitale Ouagadougou, où devait se tenir la manifestation, a empêché des milliers de personnes de se rassembler. Aucune raison officielle n’a été donnée par les forces de l’ordre, certains policiers se contentant d’indiquer que le rassemblement est « reporté ».

Blaise Compaoré, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, vit actuellement en Côte d’Ivoire d’où il ne peut être extradé en raison de sa double nationalité ivoirienne obtenue grâce à son épouse.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle au Burkina Faso : Kaboré investi samedi par son parti

juillet 10, 2020

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l'issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l’issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020. © DR / Présidence du Faso

 

Le chef de l’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, doit être officiellement investi par son parti, samedi 11 juillet, pour briguer un nouveau mandat à la présidentielle de novembre.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) fait bloc derrière son chef, unique candidat à l’investiture. « C’est le président Kaboré que nous allons désigner pour être investi au titre de notre parti pour la prochaine présidentielle », explique le secrétaire exécutif du MPP, Lassané Savadogo. C’est le croisement entre le bilan et le programme proposé par le candidat qui détermine la position du parti […]. Il est le candidat le mieux placé pour porter le flambeau. »

La candidature du chef de l’État, 63 ans, devrait également être soutenue par l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), regroupement d’une quarantaine de formations politiques.

« Le faire élire au premier tour »

« Notre objectif, c’est de le faire élire au premier tour et avec un score plus confortable qu’en 2015. Nous voulons faire au-delà de 60 % », projette Lassané Savadogo.

Pourtant, selon un sondage réalisé en juin par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), la cote le président est en baisse, 63 % de la population n’étant « pas satisfaite des actions du président ».

« Les défis sécuritaires, la fronde sociale, la pandémie de Covid-19 et d’autres facteurs ont influencé négativement la mise en œuvre du programme, concède Lassané Savadogo, mais cela ne nous a pas fait dévier de nos objectifs fondamentaux. »

En 2015, l’élection de Roch Marc Christian Kaboré, avec 53,49% des voix, avait suscité de grands espoirs de développement et de changement. Mais sous sa présidence, le Burkina est devenu une zone rouge où les attaques jihadistes sont quasi quotidiennes, des pans entiers du pays étant inaccessibles.

Ces attaques, parfois entremêlées de conflits intercommunautaires, ont fait au moins 1 100 morts depuis 2015 et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

Nombreux candidats de l’opposition

Le chef de l’État devrait être opposé à plusieurs cadres de l’ancien du régime : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, de Balise Compaoré).

Parmi les autres grands candidats figurent le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, Tahirou Barry, ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, ainsi que le juriste Abdoulaye Soma.

Il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir. »

« Malgré le bilan mitigé du président Kaboré qui a réussi quelques actions, notamment le développement des infrastructures routières, il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir », soutient l’analyste politique Drissa Traoré, qui pointe aussi « la situation sécuritaire [qui] s’est considérablement dégradée ».

« Quatorze provinces, réparties dans les six régions du pays, sont sous état d’urgence. La tenue des élections dans ces zones en proie aux attaques est hypothétique. Ces populations sont plutôt préoccupées à sauver leurs vies », souligne-t-il.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Franc CFA : Kémi Seba interpellé au Burkina Faso pour « injure » à l’encontre du président Kaboré

décembre 25, 2019

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013.

Kémi Séba à Dakar le 4 décembre 2013. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

L’activiste franco-béninois a été arrêté samedi à Ouagadougou, après avoir participé à une conférence sur le franc CFA. Il aurait tenu des « propos outrageants » à l’encontre du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

« Kémi Séba a été interpellé à son hôtel dans l’après-midi du samedi par des éléments de la gendarmerie nationale » après une conférence publique sur le franc CFA à l’université de Ouagadougou, a indiqué Hervé Ouattara, le responsable du « Front anti-CFA » qui organisait le débat.

« Au début, il a été amené à la compagnie de gendarmerie pour des raisons de sécurité parce que, semblerait-il, il y avait des jeunes du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir) qui voulaient porter atteinte à son intégrité physique », a expliqué l’avocat de Kemi Séba, Me Prosper Farama.

Plus tard, sur de nouvelles instructions du procureur, une procédure a été engagée contre lui pour « injure à l’encontre du chef de l’État », a-t-il indiqué. « On lui reproche d’avoir tenu des propos outrageants contre le président du Faso et une tentative de démoralisation des éléments engagés dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré Hervé Ouattara.

« Il aurait dit que le chef de l’État était une passoire politique, que si M. Kaboré ne prenait pas ses responsabilités, il serait châtié par la jeunesse », a expliqué Me Farama. « On lui reprocherait aussi d’avoir tenu des propos qui pourraient démoraliser ceux qui se battent au Burkina » contre le terrorisme, a poursuivi l’avocat.

Réforme majeure

Kémi Séba « a été entendu » dimanche et « l’agent enquêteur nous a signifié qu’il va transmettre le plus tôt possible les procès-verbaux au procureur », a ajouté Me Farama, affirmant ne pas pouvoir préciser « ce qu’il risque ».

« Une notification de poursuite lui sera faite par le parquet », a déclaré une source sécuritaire, précisant que « M. Séba est toujours en garde à vue ».

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Capochichi, qui se présente comme un « polémiste et conférencier panafricain », a ces dernières années organisé ou participé en Afrique à plusieurs manifestations hostiles au franc CFA. Il a plusieurs fois été interpellé ou expulsé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ou de Guinée.

Samedi, une réforme majeure du franc CFA a été annoncée par les présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron à Abidjan.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina Faso : un parti d’opposition suspendu pour avoir réclamé la « démission » du président

novembre 14, 2019

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le 14 septembre 2019 à Ouagadougou.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le 14 septembre 2019 à Ouagadougou. © AFP / Issouf Sanogo

 

Le Front patriotique pour le renouveau (FPR, opposition) a été suspendu de toute activité pendant trois mois mercredi par arrêté ministériel. Le parti réclamait la « démission sans délai » du président Roch Marc Christian Kaboré et du gouvernement.

« Les activités du parti politique dénommé Front patriotique pour le renouveau (FPR), sont suspendues (…) trois mois (…) au motif que les propos tenus par M. Aristide Ouédraogo, président du FPR lors des déclarations publiques des 3 et 11 novembre portent atteinte » à la loi sur les partis politiques, a indiqué dans son arrêté le ministre de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo.

Le ministre cite plusieurs articles qui prévoient notamment que « les partis doivent, dans leur programme et dans leurs activités, proscrire l’intolérance, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le fanatisme, le racisme, la xénophobie, l’incitation et le recours à la violence sous toutes ses formes (…) Ils s’abstiennent de répandre des opinions ou d’encourager des actions qui, d’une manière ou d’une autre, portent atteinte à la souveraineté, à l’intégrité et à la sécurité du Burkina Faso ».

Une situation « exécrable »

Le FPR ne pourra notamment pas pendant trois mois organiser de réunions publiques. Le parti se refuse à tout commentaire avant la réunion de la direction du FPR.

Dans une déclaration publiée le 3 novembre et dépeignant une situation nationale « simplement devenue exécrable » sur les plans économique, social et sécuritaire, « avec le terrorisme qui avance à grands pas et met à nue l’incapacité des gouvernants à sécuriser la nation », le FPR avait demandé la « démission sans délai du gouvernement actuel » du Burkina Faso.

Le 11 novembre, lors d’une sortie publique, Aristide Ouédraogo avait réitéré cet appel à la démission y compris celle du président Roch Marc Christian Kabore.

Jeuneafrique.com avec AFP

Macron au Burkina Faso, première « étape » d’une tournée et d’une « relation » africaine

novembre 27, 2017

Ouagadougou – Le président français Emmanuel Macron est arrivé lundi soir à 22h50 (heure locale et GMT) à Ouagadougou (Burkina Faso), première étape d’une tournée africaine de trois jours qui se poursuivra en Côte d’Ivoire et au Ghana

« C’est une nouvelle étape de notre relation avec votre pays et tout un continent », a affirmé le président français à la presse, quelques minutes après avoir été accueilli par le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

Le Burkina « est l’emblème de l’aspiration démocratique de la jeunesse africaine. Cette vitalité démocratique de la jeunesse du Faso c’est le visage du continent que nous voulons voir », a-t-il poursuivi en faisant allusion à l’insurrection populaire –à laquelle avaient participé des milliers de jeunes– qui avait mis fin à 27 ans au pouvoir de l’ancien président Blaise Compaoré en octobre 2014.

La mobilisation de la jeunesse avait aussi contribué à faire échouer le putsch de septembre 2015 conduit par l’ancien régiment de sécurité présidentielle de Blaise Compaoré.

« J’ai voulu rendre hommage à tout cela en faisant de Ouagadougou la première étape de ma tournée africaine », a insisté M. Macron.

Comme ses prédécesseurs, le chef de l’Etat français profitera de cette première tournée sur trois pays pour fixer le cadre de la politique africaine de son quinquennat, en s’adressant à la jeunesse.

Après une entrevue avec le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, il prononcera un discours devant 800 étudiants de l’Université de Ouagadougou, le temps fort de son voyage.

Il se prêtera ensuite au jeu des questions-réponses « sans filtre » avec les étudiants, alors que plusieurs organisations ont appelé à manifester contre la présence française en Afrique.

Mercredi, il visera la centrale solaire géante de Zagtouli, la plus grande d’Afrique de l’Ouest, avant de partir pour Abidjan, la capitale économique ivoirienne où se déroule le cinquième sommet Europe-Afrique.

Il y retrouvera les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine et de l’Union européenne, en tout plus de 80 dirigeants des 55 pays africains et 28 pays de l’UE.

Avec le président ivoirien Alassane Ouattara, il inaugurera le chantier du métro d’Abidjan, un projet colossal financé par un prêt français de 1,4 milliard d’euros et conduit par de grandes entreprises françaises.

Dernière étape, le Ghana, un pays anglophone choisi pour illustrer la volonté française d’un approche « continentale » de l’Afrique », pour redresser l’image et l’influence de la France au delà de ses anciennes colonies.

Romandie.com avec(©AFP / 28 novembre 2017 01h21)                                            

Burkina-Faso/Congo: Sassou négocie l’exil du putschiste Dienderé à Brazzaville

novembre 8, 2017

Gilbert Dienderé


En détention préventive depuis l’échec du coup d’État le plus bête au Monde, le général Burkinabé Gilbert Dienderé serait-il en passe d’être libéré pour un exil doré au Congo? Des tractations en ce sens pilotées par Denis Sassou Nguesso du Congo et Alassane Ouattara de la Côte D’Ivoire sont en cours.

Au soir du jeudi 17 septembre 2015, Gilbert Diendere signait sa descente aux enfers en s’érigeant comme leader d’un putsch contre les autorités de la transition au Burkina Faso. Face aux pressions internationales, mais et surtout à la détermination du peuple Burkinabé et des militaires loyalistes, le rêve de Gilbert Diendéré se poursuivait dans une cellule de la prison de Ouagadougou où il est détenu.

Pendant son court moment de gloire, le général Gilbert Diendere a bénéficié du soutien indéfectible de certains dictateurs Africains à l’instar de Denis Sassou Nguesso qui a mal digéré la chute de son collègue Blaise Compaoré.

Mais face à un peuple déterminé aucune dictature ne peut s’imposer. La victoire de Roch Marc Christian Kabore à la présidentielle a depuis donné l’occasion à Denis Sassou Nguesso de créer un pont entre Brazzaville et Ouagadougou.

Roch Christian Marc Kaboré s’est d’abord rendu à Oyo dans le village de Denis Sassou Nguesso où la situation du général Gilbert Diendéré a été évoquée. Le chef de l’État Congolais a demandé à son interlocuteur d’agir avec dextérité sur le dossier des Putschistes emprisonnés.

Ces négociations en coulisse ont permis aujourd’hui la mise en résidence surveillée du général Djibril Bassolé impliqué aussi dans le coup d’État. Gilbert Diendéré quant à lui rejoindra le Congo Brazzaville selon le compromis trouvé entre Alassane Ouattara, Denis Sassou Nguesso et Roch Marc Christian Kaboré.

Sacer-infos.com par Stany Franck

Burkina Faso: Roch Marc Christian Kaboré « souhaite » que la France extrade François Compaoré

novembre 5, 2017
Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à Paris le 13 avril 2017. © GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a souhaité dimanche que la justice française accepte d’extrader François Compaoré, frère de l’ancien chef de l’État, placé sous contrôle judiciaire en France dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

À quelques semaines d’une visite officielle du président Emmanuel Macron fin novembre à Ouagadougou, la première d’un chef d’État français depuis plus de vingt ans, M. Kaboré a aussi espéré que Paris lève prochainement le secret-défense sur ses archives concernant l’assassinat de Thomas Sankara en 1987.

« Pour nous et pour le peuple burkinabè, le souhait est que le tribunal (français) puisse extrader François Compaoré au Burkina Faso pour qu’il puisse répondre de ce qui lui est reproché », a déclaré M. Kaboré, lors d’une interview à Ouagadougou avec des journalistes de TV5 Monde, RFI et Le Monde.

« Je peux difficilement peser sur le dossier puisque c’est une question de justice, mais je considère que c’est déjà une grande victoire que le mandat d’arrêt ait connu son exécution sur le sol français », a ajouté le président burkinabè.

Arrêté dimanche dernier à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle, François Compaoré, 63 ans, a été laissé libre mais sous contrôle judiciaire, dans l’attente de l’examen de la demande d’extradition formulée dès le lendemain par le Burkina Faso.

Le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré est réclamé par la justice de son pays depuis le mois de mai, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et de trois compagnons de voyage, le 13 décembre 1998.

À la question de savoir si la France pourrait refuser d’extrader M. Compaoré au Burkina Faso parce que la peine de mort y est toujours en vigueur, le chef de l’État burkinabè a estimé que « ce ne devrait pas être un grand obstacle ».

« La peine de mort, même si elle est dans nos textes, n’est pas appliquée au Burkina Faso », a argué le président Kaboré, soulignant « qu’il y a déjà plus d’une vingtaine d’années que personne n’a été exécuté ».

Trente ans après l’assassinat toujours mystérieux du père de la révolution burkinabè Thomas Sankara, lors d’un coup d’état en octobre 1987, M. Kaboré a aussi souhaité que les autorités françaises acceptent de lever le secret-défense sur leurs archives, comme l’a officiellement réclamé le juge burkinabè en charge de l’enquête.

« Je pense que ce serait une bonne chose, ce serait une preuve de bonne foi quant à la manifestation de la vérité », a-t-il jugé.

Depuis l’ouverture de l’enquête, en mars 2015, « le dossier évolue, il y a eu 17 inculpations », a souligné le président Kaboré. « Je pense que c’est un dossier qui va connaître très rapidement un dénouement ».

Jeuneafrique.com avec AFP