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Burkina : le président Kaboré écarté, le lieutenant-colonel Damiba prend le pouvoir

janvier 24, 2022
Roch Marc Christian Kaboré, en octobre 2019. © Mikhail Metzel/TASS/Sipa USA/SIPA

Selon un communiqué lu par les militaires sur les ondes de la radio-télévision nationale, le chef de l’État a été destitué, ce lundi 24 janvier. Un « Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration » annonce prendre la tête du pays.

Les militaires putschistes ont confirmé, aux environs de 17h30 TU, le renversement du président Roch Marc Christian Kaboré. La déclaration, signée du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, « président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration[MPSR] » a été lue à la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB).

« Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire et de l’incapacité manifeste du pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré à unir les Burkinabè pour faire face efficacement à la situation et suite à l’exaspération des différentes couches sociales de la nation, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration a décidé d’assumer ses responsabilités devant l’Histoire, a lu le capitaine Sidaoré Kader Ouédraogo, coiffé d’un béret bleu. Le mouvement, qui regroupe toutes les composantes de forces de défense et de sécurité, a ainsi décidé de mettre fin au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré  ce 24 janvier 2022. »

« Tournant décisif »

Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022.
Capture d’écran des militaires burkinabè lisant la déclaration annonçant la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale, le lundi 24 janvier 2022. © DR / RTB

Il a dans la foulée annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale ainsi que la fermeture des frontières terrestres et aériennes du Burkina Faso. Il a également précisé que le coup d’État avait eu lieu « sans effusion de sang et sans aucune violence physique à l’encontre des personnes arrêtées ». Il a promis que le MPSR présenterait « un calendrier de retour à l’ordre constitutionnel ». Il s’agit, a-t-il conclu, d’un « tournant décisif » pour le Burkina Faso.

« Le président Kaboré a voulu éviter un bain de sang », avait confié un membre de son proche entourage, joint par Jeune Afrique peu de temps avant la lecture du communiqué, laissant entendre qu’il s’était résolu à démissionner.

Jusqu’au bout, Roch Marc Christian Kaboré aura tenté de trouver une issue pour rester au pouvoir. « Il pensait encore pouvoir trouver une solution pour que toutes les forces armées ne rallient pas les putschistes », glisse l’un de ses intimes qui l’a eu au téléphone hier. Mais le chef de l’État savait sa marge de manœuvre réduite d’autant que, derrière les mutineries qui ont éclaté hier dans plusieurs camps et casernes du pays, se dessinait le scénario d’une action concertée.

À Emmanuel Macron, Alassane Ouattara ou encore Macky Sall, avec lesquels il a échangé dans l’après-midi de ce dimanche, le président burkinabè a répété la même chose : « Nous essayons de gérer la situation. Nous avons entamé des discussions avec les mutins et nous espérons un dénouement favorable. »

SELON LE MPP, LE CHEF DE L’ÉTAT A ÉCHAPPÉ À UNE TENTATIVE D’ASSASSINAT

Le dénouement surviendra, mais il ne lui sera pas favorable. Dès dimanche soir, une fois la parenthèse de la victoire des Étalons en huitièmes de finale de la CAN refermée, les événements se précipitent. Des mutins prennent d’assaut sa résidence personnelle, dans le quartier de la Patte-d’Oie. Deux véhicules de sa garde rapprochée sont criblés de balles. Leurs sièges, filmés par la foule le lendemain, sont maculés de taches de sang. Quatre membres de sa sécurité sont blessés.

Ses proches affirment qu’il a été exfiltré et placé en « lieu sûr » par les gendarmes qui composent sa garde. Son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), affirme même que le chef de l’État a échappé à une tentative d’assassinat.

Tout au long de ce lundi, plusieurs de ses collaborateurs affirment qu’il est en sécurité et qu’ils échangent avec lui. Une version contredite par d’autres sources, selon lesquelles il est au contraire entre les mains des putschistes. La confusion règne, mais une chose est sûre : alors que les heures passent, le chef de l’État, invisible et introuvable, voit le pouvoir lui échapper. Les putschistes contrôlent les abords de la présidence et de sa résidence, ainsi que la télévision nationale.

En coulisses, les tractations entre militaires progressent. L’ensemble de l’armée, y compris la gendarmerie, réputée fidèle à Kaboré, semble se rallier aux putschistes. Malgré les pressions politiques et diplomatiques pour maintenir le président en place, l’affaire semble entendue. Difficile, dès lors, de voir comment le rapport de force pouvait s’inverser. Contrairement à ce qu’il espérait il y a encore quelques heures, Roch Kaboré n’y est pas parvenu. Il rejoint désormais la liste – qui ne cesse de s’allonger – des chefs d’État ouest-africains renversés par un putsch.

Par Jeune Afrique

Burkina Faso: Le président Roch Marc Christian Kaboré a toujours eu des problèmes avec son armée

janvier 24, 2022

Avec France24

Ce que l’on sait de la tentative de coup d’Etat au Burkina Faso

janvier 24, 2022

Les informations en provenance du Burkina Faso sont encore floues. Le président Kaboré aurait été arrêté après des mutineries qui se sont déclenchées partout dans le pays le 23 janvier 2022. Article rédigé par

Le siège de campagne du Mouvement pour le progrès du peuple (MPP), le parti au pouvoir, a été incendié à Ouagadougou par un groupe de jeunes soutenant le rôle de l'armée et opposés au président Roch Marc Christian Kabore, le 23 janvier 2022. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)
Le siège de campagne du Mouvement pour le progrès du peuple (MPP), le parti au pouvoir, a été incendié à Ouagadougou par un groupe de jeunes soutenant le rôle de l’armée et opposés au président Roch Marc Christian Kabore, le 23 janvier 2022. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

La situation politique au Burkina Faso reste incertaine ce 24 janvier 2022. Le président Roch Marc Christian Kaboré a été arrêté et est détenu, selon des sources sécuritaires contactées par l’AFP, à la caserne Sangoulé Lamizana, située dans la capitale Ouagadougou, ainsi que le chef du Parlement et des ministres. Une déclaration des auteurs de cette tentative de coup d’Etat, dont l’identité n’est pas encore confirmée, est attendue depuis plusieurs heures. Selon les médias burkinabè, la télévision nationale est aux mains d’hommes armés. En attendant, voici ce que l’on sait. 

Le fil des événements 

L’arrestation probable du président Kaboré, annoncée lundi 24 janvier, est l’épilogue d’une mutinerie qui s’est déclarée dans plusieurs casernes du Burkina Faso pour réclamer le départ des chefs de l’armée et des « moyens adaptés » à la lutte contre les jihadistes qui frappent ce pays depuis 2015. Des tirs ont été ainsi entendus toute la journée du dimanche 23 janvier 2022 dans plusieurs camps militaires, notamment ceux de Sangoulé Lamizana, de Baba Sy et sur la base aérienne à Ouagadougou. Des mutineries ont également éclaté à Kaya et Ouahigouya, dans le nord du Burkina, où sont concentrées la majorité des attaques jihadistes, selon des habitants et des sources militaires. En fin de journée, des tirs ont été entendus près de la résidence du chef de l’Etat.

Dans un communiqué pointant les informations diffusées sur les réseaux sociaux, rapporte Le Faso.net, le gouvernement avait reconnu dans la journée du 23 janvier des tirs dans plusieurs casernes, tout en démentant « une prise de pouvoir par l’armée ». Dans la soirée, le président Kaboré avait décrété « jusqu’à nouvel ordre » un couvre-feu de 20h à 5h30 (locales et GMT) et le gouvernement avait annoncé la fermeture des écoles lundi et mardi.

Sans nouvelles du président burkinabè

Le chef de l’Etat burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a été arrêté et est en détention au camp Sangoulé Lamizana de Ouagadougou qui abrite la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca), une prison militaire. « Le président Kaboré, le chef du Parlement (Alassane Bala Sakandé) et des ministres sont effectivement aux mains des soldats », à la caserne Sangoulé Lamizana de Ouagadougou, a déclaré à l’AFP une source sécuritaire, information confirmée par une autre source au sein des services de sécurité.

Dans un communiqué diffusé le 24 janvier, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui s’était dite de nouveau préoccupée par la situation au Burkina Faso a déclaré qu’elle tenait « les militaires responsables de l’intégrité physique » du président burkinabè.

Le général Gilbert Diendéré, proche de l’ancien président Blaise Compaoré renversé en 2014 est aussi détenu dans la prison du camp Sangoulé Lamizana. L’officier a été condamné à 20 ans de prison pour une tentative de putsch en 2015 contre le président Kaboré, et est actuellement jugé pour son rôle présumé dans l’assassinat en 1987 de l’ancien président Thomas Sankara. C’est également dans ce camp qu’est emprisonné, depuis le 14 janvier, le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana, soupçonné par le pouvoir burkinabè d’être à l’origine d’une tentative de coup d’Etat. L’ancien chef de corps du 12e régiment d’infanterie commando du Burkina Faso a été accusé d’avoir projeté de « déstabiliser les institutions ».

Des militaires en colère 

« Nous voulons des moyens adaptés à la lutte » anti-jihadiste « et des effectifs conséquents », ainsi que le « remplacement » des plus hauts gradés de l’armée nationale, a affirmé dans un enregistrement sonore parvenu à l’AFP un militaire de la caserne Sangoulé Lamizana, sous couvert de l’anonymat. Il a en outre souhaité « une meilleure prise en charge des blessés » lors des attaques et des combats avec les jihadistes, ainsi que « des familles des défunts ». Le dénuement dans lequel semblent se trouver les soldats burkinabè fait écho à la situation décrite par les soldats maliens au nord de leur pays, également occupé par les jihadistes, et qui a conduit à un coup d’Etat dans ce pays en 2012.  

Autre élément de mécontentement pour l’armée burkinabè qui aurait pu justifier ce coup de force : la récente arrestation du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. « En rappel, cet officier supérieur, dont on dit à tort ou à raison, qu’il est aimé des troupes et qui commandait les forces anti-terroristes dans le front Nord, vient d’être arrêté pour soupçon de coup d’Etat », soulignait dans un article le journal burkinabè Le Pays. L’ancien chef de corps du 12e régiment d’infanterie commando du Burkina Faso a été mis aux arrêts alors qu’il attendait, à Ouagadougou,  une nouvelle affectation. Basé à Ouahigouya, chef-lieu de la région du Nord, le lieutenant-colonel Zoungrana, âgé de 41 ans, avait quitté son dernier poste le 21 décembre. Il était commandant du groupement des forces du secteur Ouest, engagées dans la lutte antiterroriste. L’officier avait été décoré pour ses faits d’armes, notamment pour avoir repris des localités assiégées.  

Des citoyens excédés par l’insécurité 

Au pouvoir depuis 2015, Roch Marc Christian Kaboré a été réélu en 2020 sur la promesse de faire de la lutte anti-jihadiste sa priorité. Un défi qu’il n’aurait pas relevé selon les Burkinabè qui manifestent depuis plusieurs semaines. La formation d’un nouveau gouvernement en décembre dernier n’aura rien changé au mécontentement général. Outre les accusations d’une partie de la population qui le trouve « incapable » de contrer les groupes terroristes, plusieurs partis d’opposition étaient montés au créneau pour demander son départ en raison d’une gestion du pays décrite par certains, peut-on lire sur Le Faso.net, comme « calamiteuse ». Tout au long de la journée du 23 janvier, des manifestants ont apporté leur soutien aux mutins et ont dressé des barrages de fortune dans plusieurs avenues de la capitale, avant d’être dispersés par la police, ont constaté des journalistes de l’AFP.

La veille, des incidents avaient éclaté à Ouagadougou et dans d’autres villes du Burkina Faso entre les forces de l’ordre et des manifestants qui ont bravé une nouvelle fois l’interdiction de se rassembler pour protester contre l’impuissance des autorités face à la violence jihadiste.  

« Effet de contagion »

La tentative de coup d’Etat que connaît le Burkina Faso était au cœur de rumeurs persistantes depuis plusieurs semaines. La restriction récente de Facebook via les données mobiles, expliquée pour des raisons sécuritaires par le pouvoir, la coupure de l’internet mobile plus généralement et les difficultés pour joindre le Burkina ces derniers jours semblent avoir été des signes avant-coureurs d’une situation politique qui se détériorait.

Ce 24 janvier, comme a pu le constater franceinfo Afrique, il est toujours difficile de joindre quelqu’un au Burkina Faso. Les conversations sont souvent inaudibles. Après le Mali et la Guinée, « un troisième coup d’Etat réussi en Afrique de l’Ouest compliquerait la tâche pour la Cédéao et les dirigeants ouest-africains, car il pourrait y avoir un effet de contagion », a confié à franceinfo le Guinéen Issaka Souaréexpert international sur les questions de paix, de sécurité et de gouvernance et enseignant à l’université Général Lansana Conté.

Dans un communiqué publié le 23 janvier, la Cédéao avait souligné qu’elle suivait « avec une grande préoccupation » la situation au Burkina Faso, avait réaffirmé son soutien au président Kaboré et avait « (appelé) au calme » tout en invitant les militaires à demeurer « dans une posture républicaine ». L’organisation sous-régionale, qui a pris des sanctions décriées contre le Mali où les putschistes souhaitent une transition de cinq ans, s’est dotée d’instruments pour en finir avec les coups d’Etats, récurrents dans la région dans les années 70-80.

Avec France Télévisions  Rédaction Afrique par

Falila Gbadamassi avec AFP 

Burkina Faso : le scientifique Lassina Zerbo nommé Premier ministre

décembre 11, 2021
Lassina Zerbo (ici en 2015) a été nommé Premier ministre du Burkina Faso le 10 décembre 2021. © Creative Commons / Wikimedia / Simonis

Ce géophysicien de 58 ans, évoluant à la lisière entre la science et la diplomatie, a été nommé vendredi 10 décembre en remplacement de Christophe Dabiré. Peu connu du grand public, il a de nombreux réseaux politiques.

Quelques minutes après l’allocution du président Roch Marc Christian Kaboré à la télévision publique appelant à célébrer le 61è anniversaire du pays dans la sobriété, le nom du nouveau Premier ministre a été dévoilé, vendredi 10 décembre. Au lendemain de la démission de Christophe Marie Dabiré, c’est Lassina Zerbo qui a été nommé. Un choix surprise : celui d’un fonctionnaire international de 58 ans, spécialisé en sciences mais ni en économie ni dans les questions militaires.

Ce diplômé de géophysique à l’université de Paris XI en France travaillait jusqu’ici à la Commission Préparatoire du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), un poste à la lisière entre sciences et diplomatie. Basé à Vienne, il résidait d’ailleurs depuis plusieurs semaines à Ouagadougou pour y organiser une vaste conférence internationale, finalement reportée sine die.

Bons réseaux politiques

Peu connu par grand public, il l’est en revanche du milieu politique, au sein duquel il n’hésitait pas à dévoiler ses ambitions. Soutenu par Djibrill Bassolé, ministre des affaires étrangères sous Blaise Compaoré, le nouveau Premier ministre possède de bons réseaux qui transcendent les clivages politiques, selon un observateur avisé. Il était reçu par le président burkinabè à chacun de ses séjours à Ouagadougou.

« Nous souhaitions que le Premier ministre ne soit pas un membre de la diaspora, mais il a été difficile de trouver la personnalité adéquate. Il nous fallait un Premier ministre avec de l’envergure pour gérer les égos. Donc le chef de l’État a tranché en faveur de Lassina Zerbo », glisse sous couvert de l’anonymat un cadre du parti présidentiel.

Crise politique et sécuritaire

La tâche du nouveau locataire de la Primature s’annonce ardue. Outre la composition de son équipe, il va devoir faire face à une crise sécuritaire, politique et sociale. Après l’attaque d’Inata lors de laquelle 53 gendarmes ont été tués, dimanche 14 novembre, des manifestations d’ampleur ont eu lieu contre le pouvoir, accusé d’être impuissant face aux terroristes. Des protestations qui ont sans doute précipité la démission de Christophe Dabiré.

Confronté depuis cinq ans à la violence des groupes terroristes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique et à l’État islamique, le Burkina Faso connaît une grave dégradation de sa situation sécuritaire. Alors que le Nord et l’Est du pays étaient déjà fragilisés, un nouveau front s’est ouvert au Sud-ouest, dans la région frontalière de la Côte d’Ivoire. 

Depuis 2015, les exactions causées par les groupes jihadistes ont fait plus de 2 000 morts (dont 400 soldats) et contraint plus d’1,4 million de personnes à fuir de chez elles. « Nos concitoyens se posent des questions. Nous devons les rassurer et leur montrer que nous sommes capables de défendre notre pays », a déclaré le président Kaboré le 10 décembre.

Enfin, le gouvernement Zerbo devra également relancer l’économie. À commencer par convaincre la communauté des investisseurs d’aider au financement du méga-plan de développement 2021-2025.

Ce nouveau référentiel de développement doit être financé à 63 % via la mobilisation de ressources propres, les 37 % restants devant venir de financements extérieurs et/ou innovants. Un quart de ces financements extérieurs (environ 2,1 milliards d’euros) ont déjà fait l’objet d’accords avec les partenaires du développement. Il reste encore 6,4 milliards d’euros à trouver.

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

Burkina Faso : des centaines de manifestants demandent le départ du président Kaboré

novembre 27, 2021
Des policiers tirent des gaz lacrymogènes contre des manifestants, le 16 septembre 2021, à Ouagadougou. © AFP/ISSOUF SANOGO

Malgré l’interdiction de la mairie, des rassemblements sont en cours dans la capitale du Burkina Faso. Les protestataires demandent le départ du président Roch Marc Christian Kaboré face à son incapacité à mettre fin à l’insécurité.

Bravant l’interdiction décrétée par les autorités, ils sont nombreux à être descendus manifester dans les rues de Ouagadougou. Depuis le début de la matinée, les pneus brûlés et les jets de pierres font face aux gaz lacrymogènes des policiers qui tentent de disperser le rassemblement.

Les policiers anti-émeutes faisaient face manifestants place de la Nation, en plein centre de la capitale burkinabè, qui était quadrillée par un important dispositif de sécurité et où tous les commerces étaient fermés.

« La marche est interdite, dispersez-vous, rentrez chez vous », a lancé un policier aux manifestants avant la charge des forces de l’ordre. Le rassemblement des manifestants qui souhaitaient dénoncer « l’incapacité » du président Roch Marc Christian Kaboré à faire face à la violence jihadiste qui ravage le Burkina, avait été interdit par la mairie de Ouagadougou.

Manifestations dans plusieurs grandes villes

L’un des manifestants, Fabrice Sawadogo, un jeune de 28 ans, a affirmé qu’ « après sept ans d’incapacité face aux attaques terroristes qui nous endeuillent chaque jour, il est temps de demander le départ du régime ». « Nous n’avons pas à négocier avec un gouvernement incompétent qui doit admettre qu’il a échoué », a-t-il affirmé.

La Coalition du 27 novembre, regroupant trois organisations de la société civile, avait appelé « l’ensemble des Burkinabè à sortir massivement dans une ambiance pacifique [ce samedi 27 novembre], pour dénoncer l’insécurité grandissante et exiger le départ du chef de l’Etat », Roch Marc Christian Kaboré.

Qualifiant de « très chaotique » la situation au Burkina Faso « marquée par une sécurité en lambeau », le porte-parole de la coalition, Moussa Konaté, a annoncé qu’outre Ouagadougou, des manifestations étaient également prévues à Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays, et dans d’autres grandes villes.

Suspension de l’internet mobile

« Nous sommes dans un contexte d’insécurité que tout le monde dénonce. On ne devrait pas entreprendre des marches dont on ne voit véritablement pas la revendication », avait rétorqué Benewende Sankara, ministre de l’Habitat, dénonçant au nom de la majorité présidentielle des « manifestations inopportunes ». D’autres mouvements de la société civile ont appelé à se démarquer de ces manifestations pour « ne pas être complices de ceux qui veulent jeter le chaos dans le pays ».

Alors que la colère grandit au Burkina Faso, le gouvernement a « décidé de prolonger la suspension de l’internet mobile pour une durée de 96 heures à compter de mercredi », sur l’ensemble du territoire national, après une précédente interruption de quatre jours, officiellement pour « raison de sécurité ».

La colère après Inata

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l’est du pays.

L’attaque d’un détachement de gendarmerie à Inata il y deux semaine a profondément choqué les Burkinabè. D’autant qu’avant cette attaque particulièrement meurtrière (au moins 57 personnes dont 53 gendarmes ont été tuées), le détachement avait demandé de l’aide.

« Nous devons mettre fin aux dysfonctionnements inacceptables qui sapent le moral de nos troupes combattantes et entravent leur efficacité dans la lutte contre les groupes armés terroristes », a déclaré jeudi 25 novembre au soir le président Kaboré. Mais ces paroles ne semblent pas avoir convaincu les centaines de personnes qui manifestaient leur ras-le-bas ce samedi.

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina Faso : la grogne monte contre Roch Marc Christian Kaboré

novembre 18, 2021
Inauguration d’un monument a la mémoire de Thomas Sankara à Ouagadougou, le 2 mars 2019. © Sophie Garcia

Des marches d’une ampleur inédite depuis plusieurs années ont eu lieu dans le pays. Initialement organisées pour protester contre l’insécurité, elles se sont muées en manifestations de colère contre le président.

Combien étaient-ils mardi 16 novembre à arpenter les grandes artères de Ouagadougou pour protester contre les exactions des groupes terroristes qui endeuillent les Burkinabè ? Des milliers ? Plusieurs dizaines de milliers ? Cela faisait des années qu’on n’avait vu pareille mobilisation.

Au lendemain de l’ultimatum que lui a lancé l’opposition pour mettre fin aux actions sanglantes des terroristes, Roch Marc Christian Kaboré va devoir composer avec un nouveau front : la colère grandissante d’une partie de ses compatriotes qui se sentent « abandonnés » face à la violence des groupes terroristes alliés au groupe État islamique (EI) et à Al-Qaïda.

Colère crescendo

Comme une onde de choc, les manifestations hostiles au régime du président Kaboré, réélu il y a près d’un an pour un second et dernier mandat, se sont étendues de la capitale à plusieurs villes comme Bobo-Dioulasso, Dori, Titao, Kantchari. « Nous sommes désormais à un tournant dans la lutte contre le terrorisme. Soit le régime reconnaît ses erreurs et se rattrape en posant des actes forts pour regagner la confiance du peuple, soit il reste dans le déni, explique Mahamoudou Sawadogo, expert burkinabè en sécurité. La situation va alors s’empirer et la colère populaire ira crescendo. »

Dans tous les rassemblements, les slogans ont dépassé les questions sécuritaires pour devenir politiques. Les manifestants réclamaient le départ de Roch Marc Christian Kaboré et de son gouvernement. La mobilisation s’est poursuivie mercredi 17 novembre dans certaines villes comme Kaya. Cette ville, située à 100 km au centre-nord de la capitale, a vu sa population tripler ces derniers mois à cause de l’arrivée de déplacés venus des zones où l’insécurité est forte.

« Le président Kaboré a failli à son serment de protéger et de défendre notre pays. Il doit donc tirer les conséquences de son échec, et sa démission est la conséquence logique de sa gestion calamiteuse », martèle Marcel Tankoano, membre du directoire national du Mouvement populaire « Sauvons le Burkina Faso ».

Sauver le Faso

À l’initiative de cette fronde, ce Mouvement qui dit agréger environ 200 organisations de la société civile explique avoir été débordé par l’ampleur de la mobilisation. Il tient à clarifier le sens de sa lutte. « Nous n’avons aucun agenda politique caché. L’urgence est de sauver le Faso. Nous n’avons pas chassé Blaise Compaoré en 2014 pour laisser ce pays s’effondrer aujourd’hui », avance Tankoano, qui n’exclut d’autres actions.

En six ans, les violences, parfois mêlées à des affrontements intercommunautaires, ont fait environ 2 000 morts et contraint 1,4 million de personnes à fuir leurs foyers, principalement dans le nord du Burkina Faso.

Dimanche 14 novembre, l’armée avait annoncé la mort de 20 soldats du détachement d’Inata, dans le Soum. Un bilan qui s’est depuis alourdi à 53 tués, parmi lesquels 49 soldats, alors que des rumeurs persistantes que Jeune Afrique n’a pu confirmer évoquent des pertes plus élevées.

Pendant que l’exécutif déclarait avoir neutralisé près de 90 présumés terroristes qui tentaient d’attaquer le détachement du groupement de sécurisation et d’intervention rapide stationné à Toéni, dans le Nord-Ouest, une note circulant sur les réseaux sociaux affirme que les soldats tombés à Inata manquaient de rations alimentaires.

Si l’information n’a pas été confirmée par les autorités, mercredi 17 novembre, le président Kaboré a tout de même dit à demi-mot son indignation sur le fait que des soldats aient pu manquer de ravitaillement et ne pas recevoir leurs primes. Il a promis une enquête et des « sanctions sans exception »

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

Investiture de Kaboré : Ouattara, Issoufou, Condé… Une dizaine de chefs d’État présents

décembre 28, 2020
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors de son ivestiture pour un second mandat, le 28 décembre 2020 à Ouagadougou.

Plusieurs chefs d’États ont pris part à la cérémonie d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré, réélu président du Burkina Faso pour un second mandat le 22 novembre.

« Je resterai attentif aux préoccupations de l’ensemble de mes compatriotes, surtout en ce qui concerne la réconciliation nationale, la paix et la sécurité, gages de toute action de développement », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré lors de son investiture, dont la cérémonie s’est déroulée dans la matinée du 28 décembre en présence d’une dizaine de chefs d’État.

Les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest à Ouaga

C’est dans un Palais des Sports de Ouaga 2000 au public clairsemé, en raison des contraintes imposées par la pandémie de coronavirus, qu’il s’est adressé aux 1 200 invités triés sur le volet. Tous masqués, ils ont été tenus de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires, en raison de la flambée de nouvelles contaminations observée dans le pays, avec près de 3 000 nouveaux cas enregistrés depuis le début de décembre.

Une dizaine de chefs d’État d’Afrique de l’Ouest ont effectué le déplacement à Ouagadougou. Depuis dimanche, l’aéroport de la capitale bukinabè a été le théâtre d’une véritable ballet aérien d’avions présidentiels.

Au premier rang des personnalités présentes pour l’occasion, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Ghanéen Nana Akufo Addo, le Guinéen Alpha Condé, le Bissau Guinéen Umaro Sissoko Embaló, le Libérien George Weah, le Mauritanien Mohammed Ould El Ghazouani, le Nigérien Mahamoudou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Togolais Faure Gnassingbé. Une forte présence de ses pairs que Roch Marc Christian Kaboré n’a pas manqué de saluer lors de son discours.

Le président de la transition au Mali, Bah N’Daw, était pour sa part représenté par son Premier ministre, Moctar Ouane. Arrivé le 27 décembre, le Premier ministre Malien a été reçu par son hôte. À l’issu des échanges, il a déclaré être « très heureux de cette belle leçon de démocratie que le Burkina vient d’administrer à l’ensemble du continent à travers la préparation, l’organisation, le déroulement et l’issue des scrutins présidentiel et législatif ».

« Ceci s’est passé dans un contexte sécuritaire difficile, incertain, mais le résultat a révélé la grande maturité du peuple Burkinabè. C’est un message fort envoyé à l’ensemble de nos pays. Cette élection a permis de révéler ce qu’un peuple uni peut faire pour son développement », a-t-il ajouté.https://www.youtube.com/embed/43NdzIZhJ3M?feature=oembed

En effet, si les élections législatives et la présidentielle du 22 novembre ont été émaillées de quelques incidents, le processus a été salué par de nombreux observateurs. Les candidats malheureux ont tous reconnu leur défaite. Certains ont d’ailleurs pris part à la cérémonie sobre et solennelle de ce lundi, l’instar de Zéphirin Diabré, Kadré Désiré Ouédraogo, Eddie Komboïgo, Tahirou Barry ou encore Gilbert Noël Ouédraogo.

Vers de « larges consultations »

Kaboré a rendu hommage aux populations victimes du terrorisme ainsi qu’aux forces de défenses et de sécurité pour leur « détermination essentielle pour préserver la paix et l’unité nationale ».

Il a également décliné les axes majeurs de  l’action qu’il compte mener durant les cinq prochaines années, dont la sécurité, le renforcement de la démocratie, les réformes de l’administration et des services publics, l’investissement dans les infrastructures, les réformes foncières et agricoles et l’implication de la diaspora dans la construction du pays. Mais pour parvenir à atteindre ces objectifs, il a invité les Burkinabè « au travail ».

Pour parvenir à la réconciliation nationale, Kaboré a annoncé qu’il lancera dans les mois à venir de « larges consultations « . « La réconciliation nationale ne saurait faire l’économie des crimes de sang, des crimes économiques et politiques qui, de 1960 à nos jours, continuent d’envenimer les rapports entre les Burkinabè. Elle doit aller au-delà des questions conjoncturelles pour nous permettre de définir ensemble les bases d’une société burkinabè fondée sur les valeurs cardinales du travail, de la probité, de la dignité et de la défense de l’intérêt national », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique

Burkina : le parti de Kaboré n’obtient pas la majorité absolue à l’Assemblée

novembre 29, 2020
Le président Roch Marc Christian Kaboré s'adresse à ses supporters à Ouagadougou, le 26 novembre 2020.

Le parti du président Marc Roch Christian Kaboré, réélu pour un second mandat au Burkina Faso, n’a pas obtenu la majorité législative lors du double scrutin présidentiel et législatif du 22 novembre et devra négocier avec ses alliés et sans doute l’opposition pour obtenir une majorité à l’Assemblée.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est crédité de 56 sièges par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et n’atteint donc pas la majorité absolue qui est de 64 sièges, sur un total de 127.

Le parti de Roch Marc Christian Kaboré, élu dès le premier tour de la présidentielle avec 57,87% des suffrages, pourrait toutefois obtenir cette majorité avec l’aide de partis alliés.

Il devrait ainsi faire appel au Nouveau temps pour la démocratie, le parti de l’actuel ministre des Transports, Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a obtenu 13 sièges.

D’autres petits partis, comme l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS) avec ses 5 sièges, le RPI (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pourraient venir en renfort, mais sans certitudes.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, représente la deuxième force politique avec 20 sièges.

Son candidat, Eddie Komboïgo, était arrivé deuxième de la présidentielle, avec 15,48% des suffrages.

L’ex-parti au pouvoir devient ainsi la première formation de l’opposition, en lieu et place de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), de Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

Nostalgie croissante

Vendredi, le président Kaboré avait annoncé sur Twitter avoir reçu les félicitations des principaux chefs de l’opposition, dont Zéphirin Diabré.

Considéré jusque là comme le chef de l’opposition, Zéphirin Diabré est arrivé en troisième position avec 12,46% des voix, derrière le président Kaboré et Eddie Komboïgo (15,84%). Ce dernier représentait le parti de l’ex-président Compaoré, dont le régime fait l’objet d’une nostalgie croissante.

Eddie Komboïgo n’avait pas reconnu le résultat vendredi soir mais plusieurs autres candidats malheureux à l’élection présidentielle ont déjà félicité Roch Marc Christian Kaboré, selon lui.

« Je salue la démarche républicaine » des candidats « venus me féliciter ». Il s’agit notamment de l’unique femme candidate, Yeli Monique Kam, arrivée 12e avec 0,53% des voix, de l’ancien ministre de M. Kaboré, Tahirou Barry (2,19%), de Gilbert Noël Ouédraogo (1,55%), d’Ablassé Ouedraogo (1,80%) et de Kiemdoro Do Pascal Sessouma (0,70%).

La communauté internationale a rencontré des représentants de l’opposition et de la majorité pour arriver à un consensus dans ce pays fragilisé par les attaques jihadistes et une crise économique provoquée par l’insécurité mais aussi le coronavirus.

Discours rassembleur

« Notre classe politique a le devoir de donner le bon exemple, pour le salut du Burkina Faso et des générations futures », avait lancé Roch Marc Christian Kaboré lors d’une soirée festive au siège de campagne de son parti.

Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a tenu un discours rassembleur, lançant des appels du pied à l’opposition.

« Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit, promettant une « concertation permanente » et « d’être le président de tous les Burkinabè, sans exception ».

Les éventuels recours doivent être déposés devant le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’État dans les sept jours à compter de l’annonce des résultats. Ces deux institutions doivent proclamer les résultats définitifs dans les quinze jours qui suivent l’expiration du délai imparti pour les recours.

Sans titre

Par Jeune Afrique avec AFP

Burkina Faso : Roch Marc Christian Kaboré réélu pour un second mandat, selon la Ceni

novembre 26, 2020
Roch Marc Christian Kaboré, lors de son premier meeting, à Bobo Dioulasso.

Roch Marc Christian Kaboré est arrivé en tête du scrutin présidentiel, avec 57,87%, devant Eddie Komboïgo (15,48%) et Zéphirin Diabré (12,46%), selon les résultats provisoires délivrés par la Commission électorale nationale indépendante.

Roch Marc Christian Kaboré visait le « coup KO ». C’est donc chose faite. Le président burkinabè, qui se présentait pour ce scrutin à un second mandat présidentiel, a obtenu 57,87% des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires communiqués par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a recueilli 12,46%.

Eddie Komboïgo, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), obtient 15,48%.

Kadré Désiré Ouédraogo (« Agir ensemble »), obtient 3,36%, Tahirou Barry (Mouvement pour le changement et la renaissance) a recueilli 2,19% des suffrages et Ablassé Ouédraogo (Faso Autrement) 1,80%.

Viennent ensuite Gilbert Noël Ouédraogo, de l’Alliance pour la démocratie et la fédération – Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA), qui a obtenu 1,55% des voix ; Yacouba Isaac Zida, du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), qui a obtenu 1,52% ; et Abdoulaye Soma, avec 1,41%. Les autres candidats n’ont pas dépassé la barre des 1%.

Les résultats des législatives, eux, n’ont pour le moment pas été communiqués. La Ceni a en théorie une semaine pour le faire, à compter du jour du scrutin.

Ces résultats provisoires, qui doivent encore être confirmés pas la Cour constitutionnelle, ont été proclamés ce jeudi 26 novembre, à l’issue d’une semaine qui aura vu les tensions s’accentuer au fil de l’annonce des résultats, délivrés au compte-goutte. Démarré dès le lundi 23, au lendemain du scrutin présidentielle et des législatives, la proclamation des résultats commune par commune a été un temps suspendue après les critiques portées par l’opposition sur le mode de décompte.

Contexte sécuritaire

Les candidats de l’opposition signataires d’un accord politique par lequel ils s’engagent à soutenir le mieux placé d’entre eux dans l’éventualité d’un second tour, ont émis des doutes sur la crédibilité et la sincérité des résultats dès le jour du vote. Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, avait notamment évoqué des « achats de conscience et de cartes d’électeurs » et une « modification à la dernière minute de la cartographie électorale ».

« Aucun cas n’a été signalé au niveau de nos structures », lui avait pour répondu, dès dimanche, Newton Ahmed Barry, le président de la Ceni.

La Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (Codel), qui avait déployé près de 4 000 observateurs sur le terrain, avait pour sa part noté que « de manière générale, malgré quelques difficultés observées çà et là, la majorité des bureaux de vote ont ouvert à l’heure et fonctionné normalement ».

Le double scrutin – la présidentielle et les législatives – s’est déroulé dans un contexte sécuritaire tendu. Dans les zones les plus frappées ces derniers mois par les attaques, situées majoritairement dans les régions du nord et de l’est, 1 318 bureaux – sur les 21 154 au niveau national – qui n’ont pas pu ouvrir. Au total, 6 % du corps électoral n’a pas pu se rendre aux urnes en raison de la menace terroriste.

Avec Jeune Afrique

La diaspora burkinabè soutient Roch Marc Christian Kaboré

août 9, 2020

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré. © Présidence du Burkina Faso

 

La diaspora burkinabè a lancé samedi à Abidjan son premier mouvement politique pour peser sur l’élection présidentielle de novembre au Burkina.

Quelque milliers de délégués venus de 18 pays ont lancé dans un grand hôtel de la capitale économique ivoirienne, un mouvement politique dénommé « C’est le moment! »

« Nous avons décidé de porter notre choix sur le président Roch Marc Christian Kaboré qui brigue un deuxième mandat parce qu’il a permis à la diaspora de prendre part aux élections, d’obtenir dix sièges au parlement (dans la prochaine législature) et de disposer d’un ministère des Burkinabè de l’étranger », a aussitôt déclaré Moumouni Pograwa, son porte-parole.

Bouclier face au terrorisme

Pour Moumouni Pograwa, « le président Kaboré a fait front contre le terrorisme et constitue un bouclier face à ce fléau ».

La diaspora burkinabè représente une communauté de sept millions de personnes, dont plus de la moitié vit en Côte d’Ivoire. Elle transfère chaque année l’équivalent de 58 milliards de FCFA (environ 88 millions d’euros) au Burkina.

Roch Marc Christian Kaboré a été investi le 11 juillet par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), son parti, pour briguer un second mandat, alors que le pays a sombré dans les violences jihadistes en cinq ans.

Rassemblement pro-Compaoré à Ouagadougou

Par ailleurs, samedi, à Ouagadougou, un rassemblement des partisans de l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré pour réclamer son retour au pays a été empêché.

Un imposant dispositif policier dressé aux abords de la Maison du peuple dans la capitale Ouagadougou, où devait se tenir la manifestation, a empêché des milliers de personnes de se rassembler. Aucune raison officielle n’a été donnée par les forces de l’ordre, certains policiers se contentant d’indiquer que le rassemblement est « reporté ».

Blaise Compaoré, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, vit actuellement en Côte d’Ivoire d’où il ne peut être extradé en raison de sa double nationalité ivoirienne obtenue grâce à son épouse.

Par Jeune Afrique avec AFP