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CAN 2017 : Roger Milla dénonce la « trahison » des joueurs absents de la sélection camerounaise

janvier 16, 2017

Roger Milla pose aux côtés de la Coupe du monde lors d’une tournée promotionnelle à istanbul avant le début de l’édition 2010 en Afrique du Sud. © IBRAHIM USTA/AP/SIPA

La grande star camerounaise Roger Milla ne s’est pas montrée tendre avec les Lions indomptables qui ont préféré snober la CAN et la sélection pour rester dans leurs clubs en Europe. L’ancien attaquant parle tout simplement de « trahison ».

Sur les terrains, il allait droit au but. Depuis qu’il a terminé sa carrière il y a plus de 20 ans déjà, Roger Milla est resté tout aussi direct. En atteste sa déclaration de lundi au sujet des joueurs camerounais qui ont snobé leur sélection à l’occasion de la CAN: « C’est une trahison de dire non à son pays ! » a tempêté l’ancien attaquant des Lions indomptables depuis les couloirs de l’hôtel de la délégation du Cameroun à Libreville.

Matip et Choupo-Moting dans le viseur

« Vous ne pouvez pas faire de chantage à votre pays. Ça, jamais de la vie. S’ils préfèrent jouer dans leurs clubs, ils resteront dans leurs clubs et c’est tout. Le Cameroun est plein de joueurs, on n’a pas de souci de ce côté », a développé l’ex-joueur de Monaco et Saint-Étienne, désireux de faire comprendre à ces joueurs, parmi lesquels figurent Joël Matip (Liverpool) et Eric Choupo-Moting (Schalke 04), qu’ils n’étaient pas indispensables.

Fort de plusieurs décennies d’expérience dans le monde du football, le plus vieux buteur de l’histoire de la Coupe du monde (à 42 ans passés lors de la Coupe du monde 94) rappelle à qui veut l’entendre l’importance de figurer sous le maillot d’une équipe nationale pour se construire une grande carrière : « Ils sont fils du Cameroun et le seront toujours. C’est grâce au Cameroun qu’ils seront demain de grands footballeurs. S’ils ne sont pas en équipe nationale, il n’y a aucun grand club qui va les recruter. »

Hormis les deux joueurs déjà cités, pas moins de sept Lions indomptables sur 23 ont préféré rester dans leurs tanières en Europe. Matip se trouve d’ailleurs au centre d’un imbroglio puisque son club de Liverpool ne sait pas s’il peut le faire jouer, au risque d’être sanctionné par la Fifa, qui interdit à un joueur de disputer des matchs pour son club alors que sa sélection participe à une compétition.

Le sélectionneur Hugo Broos critiqué

Roger Milla a aussi mis en garde le sélectionneur du Cameroun, le Belge Hugo Broos, deux jours après un début de CAN en demi-teinte samedi (1-1 contre le Burkina Faso). « Si Hugo Broos continue de cette manière, je ne pense pas que cela marchera avec le Cameroun, parce que les Camerounais sont exigeants », a expliqué la figure tutélaire de la délégation.

« Je prends le cas par exemple de Zoua, qui est un avant-centre type. Moi j’ai joué avant-centre. Je ne peux pas accepter qu’un avant-centre puissant et technique comme lui quitte la défense adverse pour aller chercher le ballon dans la défense du Cameroun », a déclaré Roger Milla.

« Nous voulons retrouver notre rang. S’il n’y a pas de résultat, il va partir », a-t-il lancé à l’adresse d’Hugo Broos. « C’est à lui de faire des efforts pour que le Cameroun puisse être rayonnant », a conclu Roger Milla alors que le Cameroun doit affronter mercredi la Guinée-Bissau.

Jeuneafrique.com avec AFP

Cameroun : quand Roger Milla appelle à « tabasser » le sélectionneur étranger

mai 15, 2013
Roger Milla est ambassadeur itinérant du football camerounais depuis 2001. Roger Milla est ambassadeur itinérant du football camerounais depuis 2001. © AFP

Dans une interview accordée au quotidien camerounais « Le Messager », Roger Milla, l’ancien attaquant des Lions Indomptables, a tenu des propos d’une rare violence à propos de la probable arrivée d’un sélectionneur étranger.

Qu’il s’appelle Volker Finke, Raymond Domenech ou Antoine Kombouaré, le futur sélectionneur étranger du Cameroun est prévenu. « Dites à cet entraîneur qui s’apprête à débarquer au Cameroun de rebrousser chemin sinon nous allons le tabasser avant de le refouler chez lui. Nous ne pouvons pas accepter ces ennemis du pays », a lâché l’ambassadeur itinérant du football camerounais, Roger Milla, dans un entretien au Messager, paru le 13 mai.

« Milla est sanguin, il n’a pas vraiment tendance à réfléchir à ce qu’il dit. Mais là, c’est grave, car il lance ouvertement un appel à la violence, tout en faisant preuve d’un vrai racisme », accuse Pierre Lechantre, l’ancien sélectionneur des Lions que l’ancienne idole du foot africain n’a jamais ménagé.

Éjecté du banc camerounais en septembre 2012, Denis Lavagne, n’est guère surpris par l’outrance de Milla. « « Il dérape souvent. Cette fois ci, il est allé encore plus loin, et c’est navrant. On peut se demander s’il n’est pas un peu xénophobe ou raciste… Mais son intérêt à lui, c’est que la sélection n’obtienne pas de résultat, qu’il prenne la présidence de la fédération afin de nommer un coach qui sera sous son influence. »

« Inacceptable »

Mais en multipliant les interventions pour défendre son ami Jean-Paul Akono, dont les jours à la tête des Lions sont comptés, l’ancien attaquant du Tonnerre Yaoundé « perd de sa crédibilité, juge Adel Amrouche, le sélectionneur algérien du Kenya. C’était un grand joueur, et quand on prend de l’âge, on est supposé mûrir. Lui, c’est tout le contraire. Un entraîneur, c’est un citoyen du monde. Appeler à la violence et tenir des propos racistes, c’est carrément inacceptable. »

L’ancien international camerounais Romarin Billong condamne lui aussi la sortie médiatique de son compatriote mais n’accrédite pas la thèse du racisme. « Je pense que Milla a une réaction de protectionnisme, qu’il préfère qu’on donne leur chance à des entraîneurs camerounais, ou qu’Akono soit maintenu. Mais il est allé trop loin. Tous ceux qui ont les compétences pour aider le football camerounais sont les bienvenus. » Et Pierre Lechantre de s’interroger sur la position de la présidence de la République. « Je ne pense pas que M. Paul Biya apprécie ces déclarations pleines de violence, alors que des Français ont été kidnappés au nord du pays en février et libérés, en partie grâce au chef de l’État… »

Jeuneafrique.com par Par Alexis Billebault 

Cameroun : Théophile Abega n’est plus, Bell et Milla lui rendent hommage

novembre 15, 2012

Théophile Abega est élu meilleur joueur de la CAN en 1984. Théophile Abega est élu meilleur joueur de la CAN en 1984. © DR

Théophile Abega est mort d’une crise cardiaque, à l’âge de 58 ans, jeudi 15 novembre à Yaoundé. Ancien capitaine des Lions indomptables du Cameroun, il a marqué le football africain des années 1970 et 1980. Roger Milla et Joseph Antoine Bell témoignent.

Sacré champion du Cameroun à plusieurs reprises, deux fois vainqueur de l’ancienne formule de la Ligue africaine des champions avec le mythique Canon de Yaoundé, vice-capitaine des Lions au Mondial espagnol de 1982… Théophile Abega est un monument du football africain. Il s’est éteint à Yaoundé, le 15 novembre, victime d’une crise cardiaque.

Théophile Abega vit le couronnement de sa carrière, qui avait commencé en 1973,  lorsqu’il est élu meilleur joueur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de 1984 en Côte d’Ivoire et, en toute logique, meilleur joueur africain de l’année. Personne n’a oublié son but décisif en finale contre le Nigeria (voir la vidéo ci-dessous).

En 1984, il signe au Toulouse FC, en France, avant de poursuivre et de finir sa carrière professionnelle à Vevey, en Suisse. En 1989, Abega raccroche les crampons et devient président du club de son cœur, le Canon de Yaoundé. Parallèlement, l’idole des stades entame une carrière politique et en 2007, se fait élire maire de la commune du 4e arrondissement de Yaoundé.

Deux anciens Lions témoignent

Roger Milla, ancien attaquant des Lions Indomptables, meilleur joueur africain de tous les temps :

« C’était plus qu’un ami, un frère. Comme footballeur, il restera pour moi sans aucun doute comme le meilleur de notre génération. Sur le plan technique, il était le plus fort. Je me souviens encore du but en finale à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 1984 contre le Nigeria. J’ai revu les images et écouté le reporter qui crie « Abega-Milla-Abega »…but ! Trop de souvenirs se bousculent dans ma tête. »

Joseph Antoine Bell, ancien gardien de buts des Lions indomptables :

« Je suis triste car je l’ai vu récemment et il ne me semblait pas malade. Ce que je retiens de lui, c’est son immense talent. J’ai rarement vu un joueur qui contrôlait le ballon sans le regarder. Quand je suis arrivé à Marseille, sa réputation m’avait précédé. Tout le monde me parlait de ce joueur évoluant à Toulouse qui jouait sans baisser la tête.

Et puis, quelle élégance dans la conduite de balle… Il avait déjà fait du chemin mais à l’époque, le football n’était pas très médiatisé. Aujourd’hui, les jeunes ne peuvent pas imaginer à quel point les anciens avaient du talent ».

Le résumé de la finale de la CAN de 1984 en Côte d’Ivoire, entre le Cameroun et le Nigeria (3-1) :

Jeuneafrique.com par Georges Dougueli