Posts Tagged ‘Rohingyas’

Ouest de la Birmanie: l’ONU fait état d’une « souffrance inimaginable »

octobre 2, 2017

Un camp de fortune où sont réfugiés des Rohingyas ayant fui la Birmanie, le 2 octobre 2017 à Balukhali au Bangladesh / © AFP / FRED DUFOUR

Les Nations unies ont qualifié lundi d' »inimaginable » « l’ampleur de la souffrance humaine » dans l’ouest de la Birmanie, théâtre de violences depuis plus d’un mois et qui a été ouvert pour la première fois à la communauté internationale.

L’organisation demandait depuis plusieurs semaines un accès à cette région du nord de l’Etat Rakhine, qu’ont quittée plus d’un demi-million de membres de la minorité musulmane rohingya. Ils fuient une opération de l’armée birmane qualifiée d' »épuration ethnique » par l’ONU.

Depuis le début des violences fin août déclenchées par des attaques de la rébellion rohingya, la zone nord de l’Etat Rakhine était bouclée par l’armée birmane et inaccessible.

Outre les Nations Unies, plusieurs ambassadeurs ont pris part à cette visite d’une journée dans les principales zones concernées par les violences, organisée par le gouvernement birman.

Ils se sont rendus dans le district de Maungdaw, le plus proche de la frontière du Bangladesh, zone qui était à 90% peuplée de musulmans rohingyas avant août et qui comptent aujourd’hui des dizaines de villages brûlés et désertés de leurs habitants.

Dans son communiqué, l’ONU a appelé à l' »arrêt des violences » et a également demandé un « accès sans restriction pour l’aide humanitaire ». Mais aussi pour les organisations de défense des droits de l’Homme afin de permettre une « évaluation globale de la situation sur le terrain » pour répondre « aux besoins de toutes les communautés ».

Dans la zone, des dizaines de villages ont été réduits en cendre et des milliers de Rohingyas seraient déplacés ou cachés dans les forêts, survivant avec peu de nourriture et sans aide médicale.

Près de 30.000 bouddhistes et hindous ont également été déplacés par les combats depuis fin août.

Au Bangladesh, dans les camps près de la frontière, autorités et ONG sont débordées face à l’afflux de 500.000 nouveaux réfugiés. Elles ne parviennent pas à les nourrir et s’inquiètent des risques sanitaires.

Les Rohingyas, plus grande population apatride au monde, sont traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2017 18h01)

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Les Rohingyas du Bangladesh ont besoin d’une aide « massive »(HCR)

septembre 24, 2017

Le Haut commissaire de l’ONU aux réfugié, Filippo Grandi visite le camp de Kutupalong au Bangladesh, le 23 septembre 2017. / © AFP/Archives / DOMINIQUE FAGET

Le Bangladesh a besoin d’une aide internationale « massive » pour fournir vivres et abris aux plus de 430.000 Rohingyas qui ont fui la Birmanie ces dernières semaines, a déclaré dimanche le Haut commissaire de l’ONU aux réfugiés.

Filippo Grandi a dit que les défis étaient « immenses » après avoir visité les camps bondés de Cox’s Bazar, dans le sud du Bangladesh.

« J’ai été frappé par l’ampleur incroyable de leurs besoins. Ils ont besoin de tout, ils ont besoin de vivres, ils ont besoin d’eau potable, ils ont besoin d’abris, ils ont besoin de soins sanitaires dignes de ce nom », a-t-il déclaré à la presse.

Selon un dernier bilan de l’ONU, 436.000 membres de cette minorité musulmane apatride ont fui au Bangladesh ces dernières semaines pour échapper à une campagne de répression de l’armée birmane, qualifiée d' »épuration ethnique » par les Nations unies.

M. Grandi a fait état d’une « générosité locale incroyable » mais jugé qu’il fallait désormais « la renforcer par une aide internationale massive, financière et matérielle ».

Le Haut commissaire a ajouté que le flux des arrivées s’était ralenti ces derniers jours mais qu’il était impossible de savoir s’il s’était arrêté.

Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) fournit son « aide technique » pour aider le Bangladesh à enregistrer les Rohingyas, considérés par la Birmanie comme des migrants illégaux, a-t-il également déclaré.

Les autorités bangladaises ne considèrent comme réfugiés qu’une infime partie des 700.000 Rohingyas qui vivent dans des camps près de la frontière avec la Birmanie, les autres étant à leurs yeux des ressortissants birmans sans papiers.

Le Bangladesh ne prévoit pas « pour l’instant » d’accorder le statut de réfugiés aux Rohingyas arrivés récemment, a prévenu Amir Hossain Amu, ministre chargé de la sécurité nationale.

« Nous voulons que les Royinghas retournent sur leurs propres terres ».

Le Bangladesh a commencé à donner des cartes d’identité aux nouveaux arrivants et à enregistrer leurs données biométriques, un processus qui devrait prendre plusieurs mois.

Bon nombre de Rohingyas espèrent pouvoir rentrer en Birmanie. La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s’est dite « prête » cette semaine à organiser le retour de ceux dont le statut de réfugiés venus de Birmanie aurait été vérifié.

M. Grandi a espéré que l’aide apportée par l’ONU au processus d’enregistrement fournirait à celui-ci « la crédibilité nécessaire, qui est si urgente, pas seulement pour le rapatriement mais aussi pour l’aide ».

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2017 14h29)                

Crise des Rohingyas: attaque et accident compliquent l’aide humanitaire

septembre 21, 2017

Une réfugiée rohingya attend avec son enfant de l’aide humanitaire à Teknaf, au Bangladesh, le 20 septembre 2017 / © AFP / DOMINIQUE FAGET

Prises à la gorge par l’afflux de réfugiés au Bangladesh et cibles d’attaques en Birmanie, les organisations humanitaires peinaient jeudi à venir en aide aux centaines de milliers de réfugiés rohingyas, victimes, selon le président français Emmanuel Macron, d’un « génocide ».

En quelques heures, un bateau de la Croix-Rouge a été attaqué par une foule hostile en Birmanie et au moins neuf humanitaires ont été tuées dans l’accident au Bangladesh d’un camion de la même ONG.

Ces derniers acheminaient des denrées alimentaires pour les plus de 420.000 musulmans rohingyas qui fuient les exactions de l’armée et ont trouvé refuge au Bangladesh.

Près d’un mois après le début de l’opération de l’armée, déclenchée par des attaques de postes de police par des rebelles rohingyas, le président français a parlé jeudi d’un « génocide ».

Le chef de l’Etat a confirmé que la France « prendra l’initiative avec plusieurs de ses partenaires du Conseil de sécurité » pour que les Nations unies condamnent « ce génocide qui est en cours, cette purification ethnique, et que nous puissions agir de manière concrète ».

Pour les réfugiés, dont les récits font état de viols, de meurtres, de torture, les conditions sont de plus en plus difficiles dans le sud-est du Bangladesh, zone reculée de cet Etat très pauvre.

Et « cette crise est loin d’être terminée », a prévenu Jens Laerke, porte-parole du bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), qui précise que de nouveaux réfugiés continuent à passer la frontière quotidiennement.

Les pluies torrentielles de ces cinq derniers jours ont transformé en bourbiers les camps surpeuplés et leurs environs, où campent avec les moyens du bord les nouveaux arrivants, faute de place ailleurs.

A certains endroits, l’eau monte dans les tentes jusqu’à un mètre. Les autorités redoutent des glissements de terrain meurtriers.

Ces conditions météo sont à l’origine de l’accident du camion de la Croix-Rouge: « La route est étroite et a été endommagée par les pluies des derniers jours », a expliqué à l’AFP Anwarul Azim, garde-frontière bangladais.

La distribution alimentaire du jour a dû être annulée, a indiqué à l’AFP une porte-parole de la Croix-Rouge internationale (CICR).

L’organisation a par ailleurs été victime d’une attaque de l’autre côté de la frontière à Sittwe, dans la capitale de l’Etat Rakhine.

La police birmane a mis plusieurs heures à disperser une foule hostile qui s’en prenait à l’aide de pierres et de cocktails Molotov à un bateau chargé d’équipements destinés aux civils touchés par les troubles.

Celui-ci contenait des vêtements, de l’eau et des moustiquaires et devait se rendre vers Maungdaw, district du nord, épicentre des troubles depuis fin août.

« Notre personnel est sain et sauf, le chargement n’a pas été endommagé et nous allons poursuivre nos actions comme prévu », a indiqué à l’AFP Graziella Leite Piccoli de la Croix-Rouge internationale.

Etrangers

Depuis le début des troubles, la majeure partie des opérations sont arrêtées en Etat Rakhine. L’accès aux populations déplacées, qui sont toujours sur les routes ou cachées dans les montagnes et les forêts, est impossible pour l’instant.

Mercredi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le second vice-président birman Henry Van Thio, a néanmoins assuré que l’aide humanitaire était désormais « la première priorité » de son gouvernement.

Il s’est voulu rassurant sur la situation dans la droite ligne du discours de la dirigeante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, mais sans parvenir à rassurer les Nations unies qui parle d' »exemple classique d’épuration ethnique »

L’Arabie saoudite a donné 100 tonnes de nourriture et d’équipements – tentes, matelas, couvertures – a annoncé jeudi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Beaucoup de familles dorment encore dehors sans abris adéquats, nourriture ou eau potable », a expliqué Mohammed Abdiker de l’OIM.

En Birmanie, l’opinion est chauffée à blanc par ces critiques internationales. Les Rohingyas sont considérés comme des étrangers venus du Bangladesh, même s’ils vivent souvent dans l’ouest du pays depuis des générations.

Le sentiment antimusulman est très répandu dans ce pays d’Asie du Sud-Est à plus de 90% bouddhiste, qui est sorti récemment de décennies de dictature militaire et qui a placé en Aung San Suu Kyi tous ses espoirs.

Fidèle à sa rhétorique, le chef de l’armée birmane a réaffirmé jeudi sur sa page Facebook que les musulmans de l’ouest du pays étaient des « étrangers qui s’étaient emparés des terres des locaux » à l’époque de la domination britannique.

Avant la crise actuelle, environ un million de Rohingyas vivaient en Birmanie.

Romandie.com avec(©AFP / 21 septembre 2017 15h37)                

Sur la crise des Rohingyas, le discours ambigu d’Aung San Suu Kyi

septembre 19, 2017

Aung San Suu Kyi lors d’un discours à la nation le 19 septembre 2017 à Naypyidaw / © AFP / Ye Aung THU

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s’est efforcée mardi de répondre aux critiques de la communauté internationale sur la crise des Rohingyas sans s’aliéner la puissante armée birmane, ni une opinion publique aux profonds sentiments anti-musulmans.

S’exprimant à Naypyidaw quelques heures avant l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU, elle a d’ailleurs fait le choix de parler en anglais pour sa grande adresse télévisée, un discours destiné au monde, qui n’était même pas sous-titré pour ses concitoyens.

Elle n’y reprend pas la rhétorique distillée par son gouvernement depuis plus de trois semaines de crise, qui assimilait les Rohingyas à des terroristes. Mais elle évite aussi de critiquer frontalement la puissante armée, avec laquelle elle doit composer. Une ambiguïté relevée par les analystes.

« Ce n’est pas qu’une question de langue, mais de contenu », relève Maël Raynaud, consultant indépendant spécialiste de la Birmanie: « elle n’a pas grand chose à dire à la Nation, qui la soutient quasiment à l’unanimité ».

A travers le pays, des milliers de Birmans s’étaient rassemblés pour regarder le discours sur écran géant, l’occasion surtout de montrer leur soutien à Aung San Suu Kyi en agitant son portrait et le drapeau national.

« Nous n’avons rien compris du discours d’Aung San Suu Kyi. Mais nous voulons lui montrer notre soutien. Quand son discours a été fini, nous avons applaudi et sommes rentrés chez nous », a expliqué à l’AFP Cho Cho, une habitante de l’Etat Karen, dans le nord-est du pays.

L’adresse à la Nation annoncée a d’ailleurs été rebaptisée au dernier moment « briefing diplomatique ».

Aung San Suu Kyi l’a elle-même expliqué d’entrée de jeu dans son discours, rappelant que cette année, elle n’avait pas pu se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies en raison de cette crise et comptait « partager avec la communauté internationale les défis auxquels est confrontée » la Birmanie.

– discours pour l’ONU –

Avec ce discours à Naypyidaw, la capitale administrative, devant un parterre d’ambassadeurs, « elle tente de regagner un peu de crédibilité internationale, sans pour autant s’aliéner les militaires et l’opinion publique », très xénophobe dans son ensemble, estime lui aussi Phil Robertson, représentant de l’ONG Human Rights Watch pour l’Asie.

Elle a évité cette fois-ci de dénoncer l' »iceberg de désinformation » des médias internationaux, qu’elle critiquait comme pro-rohingyas dans un communiqué début septembre, mettant alors de l’huile sur le feu, dans un pays gagné ces dernières semaines par un forte colère contre la communauté internationale.

Elle s’est abstenue aussi de marteler l’expression « terroristes extrémistes », qui revient sans cesse dans ses communiqués de presse en birman.

Elle qui est critiquée pour sa froideur a même eu des élans compassionnels dans son discours, se disant « profondément désolée » pour les victimes du conflit, avec plus de 420.000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas réfugiés au Bangladesh depuis des attaques, le 25 août, de rebelles rohingyas.

Cela n’a pas empêché les critiques de fuser, Amnesty International dénonçant sa « politique de l’autruche ».

« Elle n’est pas allée assez loin dans la reconnaissance du fait que les militaires sont derrière » les incendies de villages et divers abus dans la zone de conflit et agissent avec des milices bouddhistes extrémistes, regrette Laura Haigh, spécialiste de la Birmanie à Amnesty International.

Le service de presse d’Aung San Suu Kyi assure de son côté que la traduction en birman du discours d’Aung San Suu Kyi sera bientôt disponible sur le site internet du gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2017 14h32)                

Birmanie: Suu Kyi annule un déplacement à l’ONU en pleine crise des Rohingyas

septembre 13, 2017

Des réfugiés rohingyas de Birmanie arrivent en bateau à Teknaf, le 12 septembre 201 au Bangladesh / © AFP / MUNIR UZ ZAMAN

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a annulé un déplacement à l’Assemblée générale des Nations unies alors que l’ONU a récemment affirmé que la minorité rohingya de Birmanie était victime d’un « nettoyage ethnique » et réunit son Conseil de sécurité mercredi sur ce dossier.

L’ex-dissidente et prix Nobel de la paix est sous le feu des critiques de la communauté internationale pour son silence sur le sort de cette minorité musulmane du pays, qui fuit à nouveau en masse la Birmanie.

D’après les derniers chiffres des Nations unies mercredi, plus de 379.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh depuis fin août, pour fuir une campagne de répression de l’armée birmane, consécutive à des attaques de rebelles rohingyas. Quelque 60% d’entre eux sont des enfants.

Et des milliers d’autres seraient toujours sur les routes.

Les réfugiés arrivent au Bangladesh épuisés, démunis, affamés, après des jours de marche sous la pluie. Autorités locales et organisations internationales peinent à prendre en charge cette marée humaine, d’une ampleur sans précédent pour ce conflit.

Le fleuve Naf, qui marque une frontière naturelle entre les deux pays, continue de charrier des cadavres: sept nouveaux corps, dont des enfants, ont été retrouvés échoués sur la rive mercredi par les autorités bangladaises. Certaines dépouilles portaient des traces de balles.

Depuis le début des troubles, près de 100 personnes ont péri noyées en tentant de passer au Bangladesh.

Bien que sous le feu des critiques internationales, Aung San Suu Kyi reste très peu loquace sur la crise et continue d’afficher son soutien à l’armée dans son opération contre les « terroristes ».

L’ancienne icône de la démocratie, qui semble s’enfoncer dans son silence, « n’assistera pas à l’Assemblée générale de l’ONU » fin septembre, a annoncé à l’AFP Zaw Htay, son porte-parole.

L’an dernier, à la tribune de cette Assemblée générale, la prix Nobel de la paix, qui dirige de facto le gouvernement birman depuis avril 2016, s’était engagée à soutenir les droits de la minorité musulmane.

Elle avait promis de « s’opposer fermement aux préjugés et à l’intolérance » et de promouvoir les droits de l’homme, tout en demandant à la communauté internationale de se montrer « compréhensive et constructive ».

Suu Kyi « nous avait promis la paix mais nous ne l’aurons jamais. Nous avons été et continueront sans cesse à être persécutés », a déploré un réfugié Rohingya qui vit depuis 25 ans au Bangladesh.

Impératif moral –

Mais cette nouvelle crise est au contraire « un exemple classique de nettoyage ethnique », caractérisé par « exécutions », des « tirs sur des civils en fuite » et des incendies de villages, d’après le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.

La réunion, à huis clos, du Conseil de sécurité prévue à 15H00 GMT s’annonce divisée: la Chine, qui est le premier investisseur étranger en Birmanie, a réitéré son « soutien » à Naypyidaw et loué « ses efforts pour préserver la stabilité de son développement national ».

« Nous espérons que le Conseil de sécurité va proposer des décisions substantielles et notamment un embargo sur les armes », a déclaré Phil Robertson de Human Rights Watch.

Traités comme des étrangers dans ce pays à plus de 90% bouddhiste d’Asie du Sud-Est, les Rohingyas sont apatrides, même si certains vivent là depuis des générations.

Ils sont victimes de multiples discriminations: travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, règles de mariage injustes et confiscation des terres.

Plusieurs prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai et l’archevêque sud-africain Desmond Tutu puis le dalaï lama, admiré par Aung San Suu Kyi, l’ont appelée à intervenir.

Mais la tâche d’Aung San Suu Kyi est compliquée par la montée des bouddhistes extrémistes ces dernières années. Et surtout par la grande autonomie de l’armée birmane, qui reste toute puissante dans cette zone de conflit et tient les rênes de trois ministères importants: l’Intérieur, les Frontières et la Défense.

« Aung San Suu Kyi doit parler, c’est un impératif moral pour elle », a estimé Phil Robertson, ajoutant que « ce n’est pas seulement sa réputation internationale qui est en jeu, mais aussi son statut vis-à-vis de l’armée ».

La cause des Rohingyas a trouvé ces derniers jours un écho particulier dans le monde musulman, où les images présentées comme des exactions de l’armée birmane sont largement partagées sur les réseaux sociaux. Mardi, le guide suprême iranien Ali Khamenei a estimé que leur sort marquait « la mort du prix Nobel de la paix ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 septembre 2017 12h27)

Dans l’exode des Rohingyas, des enfants seuls et vulnérables

septembre 13, 2017

Des réfugiés rohingyas de Birmanie arrivent à Teknaf, le 12 septembre 2017 au Bangladesh / © AFP / MUNIR UZ ZAMAN

Le garçon rohingya perdu a fait le voyage depuis la Birmanie seul, se raccrochant à des étrangers d’autres villages pour franchir rivières et jungles, jusqu’à ce qu’ils atteignent le Bangladesh. Pays où il n’avait nulle part où aller, et plus aucune famille.

« Des femmes dans le groupe ont demandé: +Où sont tes parents ?+. J’ai dit que je ne savais pas où ils étaient », raconte Abdul Aziz, 10 ans. Son nom a été modifié pour protéger son identité.

« Une femme a dit: +Nous allons prendre soin de toi comme notre enfant, viens avec nous+. Et je les ai suivis. »

Plus de 1.100 enfants rohingyas fuyant les violences dans l’ouest de la Birmanie sont arrivés seuls au Bangladesh depuis le 25 août, selon les derniers chiffres de l’Unicef.

Ces mineurs isolés sont particulièrement vulnérables aux abus sexuels, au trafic des êtres humains et au traumatisme psychologique, s’inquiète l’agence onusienne spécialisée dans les droits de l’enfant.

Nombre d’entre eux ont vu les membres de leur famille massacrés dans des villages de l’État Rakhine (aussi appelé Arakan) par l’armée birmane et les milices bouddhistes, des opérations qualifiées par les Nations unies de « nettoyage ethnique ».

D’autres ont eu la vie sauve à un cheveu. Certains enfants de cette minorité musulmane persécutée arrivent avec des blessures par balle.

Le nombre de mineurs arrivés au Bangladesh seuls, ou séparés de leur famille sur la route de l’exode, est voué à monter au fur et à mesure que de nouveaux cas sont portés à la connaissance des autorités et organisations internationales.

Plus de la moitié des 379.000 réfugiés rohingyas arrivés au Bangladesh depuis le 25 août, date du déclenchement de la nouvelle flambée de violences au Rakhine, sont mineurs, selon les estimations de l’ONU.

Au sein de cette marée humaine, repérer les enfants seuls revient à chercher une aiguille dans une botte de foin pour les responsables de protection de l’enfance. Dans les immenses camps de réfugiés, des tout-petits errent nus, des enfants dorment dehors ou jouent en solitaire dans les flaques d’eau sale.

– ‘Mangé des feuilles’ –

Les enfants seuls « au début ils parlent pas, ne mangent pas, ne jouent pas. Ils restent juste assis, immobiles, le regard dans le vide », témoigne auprès de l’AFP Moazzem Hossain, chargé de projet au sein de l’organisation caritative BRAC.

Son ONG, en partenariat avec l’Unicef, gère un espèce réservé aux enfants dans le camp de réfugiés de Kutupalong. Quarante-et-une de ces zones protégées sont en place à travers les campements du sud du Bangladesh.

Des enfants, certains portant leur petit frère ou petite sœur dans les bras, viennent dans ces rudimentaires abris en bois pour des ateliers de chant, s’amuser avec des jouets et des cubes.

Pour eux, ces interludes de paix constituent un répit bienvenu dans la misère noire des camps, transformés en bourbier par la pluie et où des réfugiés exténués se disputent le moindre espace libre.

Ces temps de jeu sont aussi l’opportunité pour les spécialistes d’étudier les enfants, d’en apprendre un peu plus sur leur histoire, d’enregistrer les nouveaux arrivants et surtout de repérer ceux qui voyagent seuls.

Mohammad Ramiz (le nom a été changé), 12 ans, s’est retrouvé sans personne en fuyant son village et s’est joint à un groupe d’adultes.

« Il y avait beaucoup de violences, donc j’ai traversé la rivière avec les autres », raconte-t-il à l’AFP.

« J’ai mangé des feuilles d’arbres et bu de l’eau pour survivre. »

Sans surveillance, ces enfants risquent de tomber aux mains de personnes mal intentionnées, avertit Christophe Boulierac, porte-parole de l’Unicef à Genève.

Dans la masse humaine qui continue chaque jour d’affluer dans la région du Bangladesh frontalière de la Birmanie, il est urgent de repérer les réfugiés mineurs seuls.

« Plus vite nous agissons, plus grandes sont les chances de retrouver leur famille », explique à l’AFP M. Boulierac.

« Le plus important est de les protéger car les enfants non-accompagnés, les enfants séparés, sont particulièrement vulnérables et en danger. »

Romandie.com avec(©AFP / 13 septembre 2017 12h58)                

Birmanie: combats entre les Rohingyas font 400 morts et des déplacés

septembre 1, 2017

Des policiers birmans aux abords de la frontière avec le Bangladesh dans l’État Rakhine, le 28 août 2018 / © AFP/Archives / STR

Les combats qui opposent des rebelles musulmans rohingyas et l’armée dans le nord-ouest de la Birmanie ont fait au moins 400 morts en une semaine et poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir vers le Bangladesh.

Environ 20.000 personnes seraient bloquées à la frontière entre les deux pays, dont certaines tentaient de traverser une rivière, à la nage ou sur des rafiots de pêche, pour se réfugier dans le pays voisin, au péril de leur vie. Dix-huit corps ont été retrouvés vendredi sur la rive bangladaise.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a appelé les forces de sécurité birmanes à la « retenue » contre la minorité musulmane.

« Le secrétaire général s’inquiète fortement des informations sur les débordements durant les opérations conduites par les forces de sécurité de Birmanie dans l’Etat de Rakhine et il appelle à la retenue et au calme pour éviter une catastrophe humanitaire », a indiqué vendredi un porte-parole.

L’armée birmane avait annoncé plus tôt dans la journée sur sa page Facebook que « les corps de 370 terroristes avaient été retrouvés » et que 15 soldats et 14 civils avaient également été tués dans ces opérations.

Le dernier bilan il y a deux jours faisait état de 110 morts.

Les violences ont commencé après l’attaque vendredi dernier (25 août) d’une trentaine de postes de police par la rébellion naissante, l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA). Depuis ce jour là, l’armée birmane a lancé une vaste opération dans cette région très pauvre et reculée.

Des dizaines de milliers de Rohingyas ont pris la route. Selon les derniers chiffres de l’ONU vendredi, 38.000 personnes sont arrivées au Bangladesh depuis une semaine. Ces réfugiés sont quasiment tous des Rohingyas.

Et comme lors de la dernière explosion de violence en octobre dernier, l’armée est accusée d’exactions.

Originaire du village de Kyet Yoe Pyin, une jeune Rohingya a raconté que le cauchemar qu’a vécu son village quand l’armée est arrivée.

« L’armée et des complices bouddhistes sont venus dans notre village et ont cruellement assassiné les hommes, les femmes et les enfants », a confié par téléphone à l’AFP, cette jeune Rohingya de 23 ans, tout juste réfugiée à Cox’s Bazar au Bangladesh. L’AFP n’a pas vu vérifier ces informations.

La région est bouclée depuis octobre par l’armée et aucun journaliste ne peut s’y rendre de façon indépendante.

Des survivants ont raconté à l’ONG locale Fortify Rights que pendant près de cinq heures l’armée avait semé le chaos dans le village de Chut Pyin.

« Mon frère est mort brûlé. Nous avons trouvé les autres membres de ma famille dans les champs. Ils avaient des marques d’impact de balles et certains des blessures par arme blanche », a raconté Abdul Rahman, 41 ans.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié de « génocide » les violences perpétrées. « Ceux qui ferment les yeux sur ce génocide perpétré sous couvert de démocratie en sont les collaborateurs », a-t-il dit lors d’un discours célébrant la fête musulmane du sacrifice (Aïd al-Adha) à Istanbul.

M. Erdogan a réitéré sa volonté d’aborder le sujet lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, plus tard ce mois-ci.

– Frontière fermée –

Une partie de ceux qui ont réussi à fuir les combats se retrouvent bloqués à la frontière avec le Bangladesh, sans aucune ressource, une situation humanitaire jugée sérieusement préoccupante par l’ONU.

Son envoyée spéciale pour les Nations unies en Birmanie, Yanghee Lee, a réclamé que le cycle de la violence soit « rompu de manière urgente ».

Plus de 400.000 réfugiés rohingyas se trouvent déjà au Bangladesh après avoir fui lors de vagues de violences précédentes. Et le pays, qui ne veut plus en accueillir davantage, a fermé sa frontière.

Désespérés, nombre de Rohingyas tentent donc leur chance à la nage ou sur des petites embarcations à travers la rivière Naf, qui marque une frontière naturelle entre la Birmanie et la pointe sud-est du Bangladesh.

Les flots de ce cours d’eau peuvent être particulièrement capricieux en cette période de mousson en Asie du Sud.

Au total, ces derniers jours 41 se sont échoués, a indiqué un officiel de la région de Cox’s Bazar, sous le couvert de l’anonymat.

Des centaines d’autres villageois de l’ethnie Rakhine, bouddhistes, ont également fui leurs habitations pour rejoindre les villes birmanes hors de la zone des troubles.

Une commission internationale dirigée par l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a récemment appelé la Birmanie à donner plus de droits à sa minorité musulmane des Rohingyas, qui compte environ un million de personnes, faute de quoi elle risque de « se radicaliser ».

Mais le pouvoir birman, emmené par l’ex-dissidente Aung San Suu Kyi, est jusqu’ici sur une ligne dure, dans le sillage de l’armée.

La lauréate du prix Nobel de la paix a accusé lundi les « terroristes » rohingyas, qui mènent ces attaques meurtrières dans l’ouest du pays, d’utiliser des enfants soldats et de mettre le feu à des villages.

Romandie.com avec(©AFP / 01 septembre 2017 23h07)

Angelina Jolie en Birmanie à l’invitation d’Aung San Suu Kyi

juillet 29, 2015

L’actrice américaine Angelina Jolie, critique du traitement de la minorité musulmane des Rohingyas par les autorités birmanes, est arrivée en Birmanie mercredi pour un voyage humanitaire. Elle répond à l’invitation de l’opposante Aung San Suu Kyi.

« J’ai hâte de rencontrer des gens, dont des groupes de femmes, la société civile, des déplacés et des jeunes, pour apprendre directement d’eux leurs inquiétudes et leurs espoirs pour leur avenir dans le pays », a-t-elle déclaré. Son itinéraire n’est pas connu pour des raisons de sécurité, mais il est très probable que l’Etat Rakhine, où vivent les Rohingyas, en fera partie.

L’actrice est envoyée spéciale pour l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Cette première visite a lieu suite à l’invitation de l’opposante Aung San Suu Kyi, dont le parti est grand favori des législatives du 8 novembre.

Critiques
L’actrice a déjà effectué des dizaines de visites dans des camps de réfugiés en Asie. Particulièrement touchée par la situation des Rohingyas, une minorité birmane musulmane persécutée, elle avait critiqué ouvertement le gouvernement thaïlandais en 2009, en suggérant qu’il ne faisait pas assez pour les aider. Elle était alors en visite dans un camp de réfugiés à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande.

Un nombre croissant de célébrités américaines ont dernièrement voyagé en Birmanie comme le couple Beyoncé et Jay-Z en décembre dernier. Ces visites contrastent avec les années d’isolement sous le gouvernement de la junte militaire, autodissoute en 2011.

Romandie.com

Birmanie: violence et faim mettent en danger 2.000 migrants en mer

mai 19, 2015

Rangoun – Au moins 2.000 migrants, dont des femmes et des enfants, sont pris au piège depuis 40 jours sur des embarcations au large de la Birmanie, d’après le Haut commissariat pour les réfugiés des Nations Unies.

Ils sont bloqués sur au moins cinq bateaux près des côtes de la Birmanie et du Bangladesh depuis plus de 40 jours, a déclaré mardi à l’AFP Vivian Tan, porte-parole pour le HCR à Bangkok, ajoutant que des informations font état de pénurie alimentaire, de déshydratation et de violence à bord.

En Asie du Sud-Est, un exode de migrants du Bangladesh et de Birmanie fuyant la misère ou les persécutions dure depuis des années, mais il prend depuis quelques jours une tournure plus visible, les filières clandestines se retrouvant apparemment désorganisées par la nouvelle politique répressive de la Thaïlande.

Certains migrants ont réussi à amasser environ 300 dollars pour payer les passeurs et revenir dans l’Etat Rakhine en Birmanie où vivent des centaines de milliers de Rohingyas, ethnie musulmane considérée comme l’une des plus persécutées au monde par la Birmanie, explique le HCR.

D’après les récits des rescapés, les conditions à bord des bateaux sont très préoccupantes, en raison de la violence et du peu de vivres.

Lundi, Rangoun a dit comprendre l’inquiétude internationale concernant le sort des migrants en Asie du Sud-Est, parmi lesquels de nombreux Rohingyas, fuyant le pays.

Les pressions de la communauté internationale sont de plus en plus fortes sur les pays d’Asie du sud-est pour que ceux-ci viennent en aide aux milliers de migrants à la dérive dans le golfe du Bengale.

Le destin tragique de milliers d’exilés du Bangladesh et de Birmanie fuyant la misère ou les persécutions dans leur pays d’origine fait écho au drame des migrants qui tentent de gagner l’Union européenne en traversant la Méditerranée.

Romandie.com avec(©AFP / 19 mai 2015 15h09)