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Canada/Jeune Camerounaise expulsée: «ce n’est qu’un au revoir, Québec»

janvier 28, 2020

La Camerounaise expulsée promet de revenir

Une jeune programmeuse camerounaise a promis de revenir un jour au Québec, quelques instants avant d’en être expulsée lundi soir pour avoir travaillé après la fin trop rapide de ses études.

« Ce n’est qu’un au revoir, Québec. Je veux revenir vivre avec vous », a soufflé Rose Eva, 23 ans, en larmes, avant de franchir les contrôles de sécurité lundi soir à l’aéroport Montréal-Trudeau, d’où elle a quitté le sol canadien.

  • Écoutez l’entrevue de Stéphane Handfield, avocat spécialiste en immigration avec Jonathan Trudeau à QUB Radio

Elle était entourée d’une vingtaine d’amis et de membres de sa famille habitant au Québec, fort émotifs.

« Je suis anéantie. Je suis tombée en amour avec les Québécois qui sont tellement chaleureux. Merci aux Québécois qui ont fait tant pour moi. Desquels j’ai tellement appris », a-t-elle assuré.

Travail non permis

La Camerounaise est arrivée au Québec en 2017 pour suivre une technique en programmation informatique à l’Institut Teccart à Montréal. Elle a ajouté ce diplôme à une maîtrise en finances de l’Université de Yaoundé, au Cameroun.

Immigration Canada lui reproche de ne pas avoir cessé de travailler la journée même de l’obtention de son diplôme, puis d’avoir fait modifier son visa.

Étant montée en grade plus vite que prévu grâce à ses efforts, Rose Eva a plutôt continué de travailler pendant quelques semaines à la boutique de vêtement qui l’a employée à temps partiel durant ses études. Elle ne se doutait pas que ce ne lui était pas permis.

On lui demande donc de quitter le Canada même si elle a reçu plusieurs offres d’emploi après que son histoire eut été médiatisée. Il faut dire que ses compétences sont recherchées au Québec.

De retour au Cameroun, elle pourra tenter sa chance pour revenir au pays.

Son dernier espoir d’éviter de retourner dans son pays natal lundi était l’appui du ministre de l’Immigration, qui n’est pas intervenu.

Avec Le Journal de Montréal.com par Stéphane Sinclair

Jeune programmeuse camerounaise expulsée du pays: trop parfaite pour le Canada

janvier 27, 2020

Une Camerounaise quittera le pays aujourd’hui pour avoir travaillé après avoir fini ses études trop rapidement

Jeune programmeuse expulsée du pays: trop parfaite pour le Canada – Entrevue avec Rose Eva
La jeune programmeuse camerounaise sera finalement expulsée du pays ce soir pour avoir travaillé après avoir réussi ses études en un temps record.

SAINT-JÉRÔME | La jeune programmeuse camerounaise sera finalement expulsée du pays ce soir pour avoir travaillé après avoir réussi ses études en un temps record et alors qu’elle reçoit des offres d’emploi fermes de compagnies informatiques en pleine pénurie de main-d’œuvre.

«Je suis dévastée. Je n’arrive pas à comprendre la logique derrière mon expulsion. Nous sommes en pénurie de main-d’œuvre. Je parle français et je m’étais adaptée», a soupiré Rose Eva, 23 ans, rencontrée pendant qu’elle préparait sa valise, hier, à Saint-Jérôme.

  • Rose Eva était à l’émission Franchement dit sur QUB radio: 

Elle sera expulsée aujourd’hui, à moins d’un miracle. Son vol de Royal Air Maroc doit décoller à 20 h de l’aéroport Montréal-Trudeau.

Son erreur, selon les fonctionnaires d’Immigration Canada : elle aurait dû cesser de travailler la journée même de l’obtention de son diplôme, puis faire modifier son visa d’étudiante pour pouvoir être employée sans aller à l’école.

On lui demande donc de quitter le Canada, même si elle a reçu des offres d’emplois fermes après que son histoire eut été médiatisée une première fois.

Deux autres offres lui ont été faites après d’autres entrevues la semaine dernière.

«Ils m’ont dit qu’ils avaient vraiment besoin de mes compétences», souligne Rose Eva.

Fernande Messina console sa soeur Rose Eva alors qu’elle faisait ses valises hier à Saintt-Jérôme en raison de son expulsion du pays le dimanche 26 janvier 2020 / Photo: collaboration spéciale Stéphane Sinclair

Double formation

Rose Eva est arrivée au Québec en 2017 pour faire une technique en programmation informatique à l’Institut Teccart à Montréal.

Elle possédait déjà une maîtrise en finances de l’Université de Yaoundé au Cameroun, son pays natal. Sa sœur habitait déjà à Saint-Jérôme, ce qui a facilité sa venue au pays.

La jeune femme étudiait à temps plein et travaillait à temps partiel dans une boutique de vêtements de Mirabel, comme la loi le lui permettait.

À force d’efforts, elle a réussi à prendre de l’avance pour terminer son programme avant les autres étudiants. Elle a obtenu son diplôme le 17 septembre dernier, soit trois mois plus tôt que prévu. Son visa expirait seulement en mars.

Pas de mensonge

Le 28 décembre, Rose Eva s’est présentée aux douanes de Lacolle afin de demander le statut de résidente permanente.

Après une série de questions, on lui a demandé la date de fin de ses études et si elle avait travaillé par la suite. La Camerounaise a répondu honnêtement.

Son objectif était d’avoir un emploi au Québec dans le domaine de la programmation de logiciels pour des banques ou des commerces qui veulent vendre leurs produits en ligne.

«On a tous eu un coup de foudre pour elle», dit un patron

Le député bloquiste de Rivière-du-Nord, Rhéal Éloi Fortin, a dit que le ministre de l’Immigration du Canada, Marco Mendicino, a confirmé prendre le dossier de Rose Eva en main il y a une semaine.

Le cabinet du ministre québécois de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Simon Jolin-Barrette, serait aussi intervenu auprès du gouvernement fédéral.

Le directeur du programme Immigration à la Fédération des chambres de commerce du Québec, Benoît Malric, aurait lui aussi posé un geste en sa faveur.

«C’est un non-sens. On a besoin d’elle. Les lois doivent être adaptées à la pénurie de main-d’œuvre du Québec», a dit M. Malric.

Le Tribunal a néanmoins validé l’avis d’expulsion jeudi dernier.

Rose Eva a commencé à faire ses valises hier et a profité de la neige une dernière fois.

«Même la neige va me manquer, dit-elle. Merci quand même pour tout, et au revoir, Québec!»

La jeune femme pourra refaire une demande de résidence permanente seulement dans un an.

«On a été quatre à la rencontrer en entrevue et on a tous eu un coup de cœur pour elle. On la veut avec nous», dit Stéphanie Sauvé, directrice Innovation et croissance RH chez Beslogic.

Avec Le Journal de Montréal.com par Stéphane Sinclair