Posts Tagged ‘Roumanie’

Roumanie : un cinquième décès après une attaque dans un hôpital psychiatrique

août 19, 2019

 

Une femme âgée de 88 ans blessée ce week-end par un patient dans un hôpital psychiatrique de Roumanie est morte dans la nuit de dimanche à lundi, portant à cinq décès le bilan de cette attaque, a annoncé la ministre de la Santé Sorina Pintea.

«Cette patiente souffrant de plusieurs maladies est morte à la suite d’un arrêt cardiaque», a déclaré Sorina Pintea, qui a annoncé la démission de la directrice de l’établissement de Sapoca (nord-est). Une enquête a été ouverte sur cet incident, intervenu dans la nuit de samedi à dimanche. Un homme âgé de 38 ans, interné volontairement pour une cure de désintoxication, a frappé à l’aide d’un support de perfusion plusieurs patients de la salle de soins où il se trouvait, avant d’entrer dans la salle voisine et de frapper à nouveau d’autres personnes présentes. Touchées à la tête, trois des victimes ont péri sur place. Une quatrième, transférée aux urgences de la ville proche de Buzau pour un traumatisme crânien, n’a pas pu être sauvée par les médecins.

Neuf autres personnes avaient été blessées dans cette attaque. L’agresseur a tenté de fuir mais a été arrêté par un policier et placé en garde à vue. «Tout s’est passé en moins d’une minute», avait assuré la directrice de l’hôpital, Viorica Mihalascu. Toutefois, Sorina Pintea a mis en doute cette version des faits, faisant état d’une «longue série d’erreurs» de la part du personnel. «Il est impossible que personne n’ait entendu le bruit fait par l’agresseur», a-t-elle lancé, ajoutant que le support de perfusion n’aurait pas dû être laissé à la portée des malades.

Tous les hôpitaux psychiatriques du pays feront l’objet d’un contrôle du ministère à la suite de cet incident, promet le gouvernement.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Roumanie: des milliers de manifestants demandent la démission du gouvernement

août 11, 2019

ROMANIA-GOVERNMENT-DEMO

Plusieurs milliers de Roumains ont manifesté samedi à Bucarest Daniel MIHAILESCU / AFP

Plusieurs milliers de Roumains ont manifesté samedi à Bucarest pour demander la démission du gouvernement de gauche, un an jour pour jour après un rassemblement violemment réprimé par les forces de l’ordre.

«Voleurs» et «Démission», ont scandé les manifestants – 24.000 selon l’agence de presse nationale Agerpres – qui s’étaient rassemblés devant le siège du gouvernement, nombre d’entre eux brandissant des drapeaux nationaux. «Le pays avance dans la mauvaise direction, il n’y a aucun avenir pour les jeunes ici», a déploré Bogdan Iliescu, un étudiant en médecine âgé de 19 ans. «Nous voulons un gouvernement qui travaille pour nous, pas pour ses propres intérêts», a-t-il déclaré à l’AFP.

Il figurait parmi les quelque 80.000 personnes dispersées à l’aide de gaz lacrymogène, de canon à eau et de coups de matraque alors qu’elles manifestaient pacifiquement au même endroit, le 10 août 2018. Plus de 450 personnes avaient été blessées et 700 avaient porté plainte contre les forces de l’ordre. Un an plus tard, l’enquête visant les chefs de la gendarmerie marque le pas. Plus tôt dans la journée, le président de centre droit Klaus Iohannis, à couteaux tirés avec le gouvernement social-démocrate de Viorica Dancila, avait qualifié de «tragédie» ces événements et il avait appelé les forces de l’ordre à s’abstenir de violence à l’égard des manifestants.

Les manifestants de Bucarest ont également rendu hommage à Alexandra et Luiza, deux adolescentes enlevées et assassinées, des affaires qui ont bouleversé la Roumanie. Les appels de détresse d’Alexandra, 15 ans, qui avait appelé le 25 juillet à trois reprises le numéro d’urgence 112, affirmant avoir été enlevée et violée et donnant des indices sur le lieu où elle était séquestrée, avaient été dans un premier temps ignoré par la police. Les forces de l’ordre avaient mis 19 heures pour retrouver la maison du suspect et y pénétrer, après une série de bourdes qui a coûté leur poste au chef de la police, Ioan Buda, et au ministre l’Intérieur, Nicolae Moga.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Roumanie: découverte d’une fosse commune contenant les restes de corps de Juifs

juillet 2, 2019

 

Des archéologues ont exhumé de nombreux restes humains près d’un secteur où ils avaient déjà découvert en 2010 une fosse commune contenant les dépouilles de plus de 100 Juifs tués par l’armée roumaine durant la Seconde Guerre mondiale, a déclaré mardi le parquet général de Roumanie. Des procureurs militaires ont ordonné le 30 juin la délimitation d’un périmètre de protection autour de ce secteur.

«Prévenus par l’Institut Elie Wiesel, nous avons ouvert une enquête concernant la découverte le 29 juin de nombreux restes humains au cours de fouilles archéologiques effectuées à proximité du lieu où une fosse commune avait été retrouvée en 2010», ont déclaré les procureurs. L’Institut Elie Wiesel a déclaré que la fosse découverte en 2010 se trouvait dans une zone boisée appelée Vulturi, dans la commune de Popricani à 400 km au nord de Bucarest, par laquelle les troupes roumaines et allemandes étaient passées au début de leur offensive contre l’Union soviétique.

Une commission internationale dirigée par le prix Nobel de la paix Elie Wiesel a conclu en 2004 que 280.000 à 380.000 Juifs roumains et ukrainiens avaient été tués en Roumanie et dans les zones occupées par les forces roumaines durant la Seconde Guerre mondiale. Nombre d’entre eux ont été éliminés au cours des pogroms comme le massacre de près de 15.000 Juifs à Iasi, tout près de la frontière moldave, ou sont morts dans des trains de la mort ou dans des camps. Vulturi est le deuxième endroit de Roumanie où est retrouvée une fosse commune depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En 1945, 311 corps avaient été retrouvés dans trois fosses communes de Stanca Roznovanu, à Iasi. La communauté juive de Roumanie comptait 750.000 membres avant la guerre. Seuls 8000 à 10.000 Juifs vivent encore dans ce pays.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Un réseau de prostitution roumain démantelé au Portugal

juin 4, 2019

 

Les autorités portugaises ont démantelé un réseau de prostitution actif dans plusieurs pays européens, arrêtant mardi dans le nord du pays huit Roumains dans le cadre d’une enquête menée depuis décembre en coopération avec Europol.

«Ce groupe qui opérait au Portugal et dans d’autres pays de l’Union européenne profitait de la vulnérabilité des victimes», a indiqué la police des frontières (SEF). L’opération a permis de libérer une vingtaine de femmes de nationalité roumaine qui ont reçu une assistance psychologique d’une équipe spécialisée dans l’aide aux victimes. Ce coup de filet a été lancé par plus d’une centaine d’inspecteurs de cette police et de ses collègues européens. Les suspects ont été mis en examen pour des crimes de trafic d’être humain, association criminelle, proxénétisme aggravé et blanchiment de capitaux.

Par Le Figaro.fr avec AFP

En Roumanie, le pape béatifie sept évêques martyrs du régime communiste

juin 2, 2019

Pope Francis visits Romania

Le pape François à son arrivée à la cérémonie de béatification de sept évêques gréco-catholiques roumains. REUTERS/Remo Casilli

Le pape François a béatifié dimanche sept évêques gréco-catholiques roumains, des «martyrs de la foi» emprisonnés et torturés par le régime communiste. «Les nouveaux Bienheureux ont souffert et sacrifié leur vie, en s’opposant à un système idéologique totalitaire et coercitif», a déclaré le pape lors d’une messe géante à Blaj (centre), au troisième et dernier jour de sa visite en Roumanie. D’après les organisateurs, quelques 60.000 fidèles étaient rassemblés sur le Champ de la liberté de cette ville de 20.000 habitants, siège de l’Eglise uniate (dite aussi gréco-catholique).

«Ces pasteurs, martyrs de la foi, ont recueilli et laissé au peuple roumain un précieux héritage que nous pouvons synthétiser en deux mots : liberté et miséricorde», a-t-il ajouté, évoquant la «diversité des expressions religieuses» qui enrichit la Roumanie, majoritairement orthodoxe. Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1948, ces hauts prélats ont été arrêtés par des agents du régime communiste, sous l’accusation de «haute trahison», pour avoir refusé de se convertir à l’orthodoxie. Torturés et humiliés, ils sont morts en détention ou en réclusion dans un monastère orthodoxe et enterrés furtivement, les lieux de sépulture demeurant secrets pour quatre d’entre eux.

Pope Francis visits Romania

Le pape François a donné une messe géante à Blaj, durant laquelle il a béatifié sept évêques gréco-catholiques roumains Vatican Media/ Fourni par Reuters

Pope Francis visits Romania

Cette icône représente les sept prêtres béatifiés. Vatican Media/ Fourni par Reuters

Symboliquement, des barreaux des cellules où ils ont été emprisonnés ont été incorporés dans le trône créé spécialement pour la venue du pape. Les uniates sont des catholiques de rite byzantin issus d’une scission au sein de l’orthodoxie remontant à la fin du 17e siècle, lorsque la région de Transylvanie (centre) faisait partie de l’empire austro-hongrois: tout en conservant leurs pratiques orthodoxes, ils ont reconnu l’autorité du pape. Une allégeance que les communistes ne pouvaient tolérer: un décret adopté fin 1948 a interdit de facto le gréco-catholicisme et affirmé que ses fidèles étaient «revenus au culte orthodoxe». L’Eglise orthodoxe s’est ainsi vu attribuer les biens, et notamment les lieux de culte, de ces nouveaux hors-la-loi.

Soumis à de fortes pressions, la plupart des fidèles uniates abandonnèrent leur foi : s’ils étaient plus de 1,5 million en 1948, il ne sont plus que 200.000 aujourd’hui pour une population de 20 millions de Roumains, dont 86% d’orthodoxes. Sur les plus de 2.000 églises saisies par les communistes, moins de 150 leur ont été restituées ces trente dernières années. Ce différend patrimonial empoisonne toujours les relations entre les deux Eglises, même si, en prévision de la visite papale, les gréco-catholiques ont mis un bémol à leurs critiques.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Roumanie: décès en prison du commandant de « l’enfer du silence » communiste

novembre 5, 2018

Un ancien chef de prison communiste, Alexandru Visinescu, premier Roumain condamné à 20 ans de réclusion pour « crimes contre l’humanité », est mort derrière les barreaux lundi à l’âge de 93 ans, a annoncé l’administration pénitentiaire.

M. Visinescu avait été reconnu coupable en 2016, plus de 25 ans après la chute du régime communiste et du dictateur Nicolae Ceausescu, d’avoir soumis à un « régime d’extermination » les détenus politiques de l’un des pénitenciers les plus terribles de la Roumanie communiste, à Ramnicu Sarat (est).

Au moins quatorze détenus sont morts pendant qu’il dirigeait l’établissement, entre 1956 et 1963, dans cette prison surnommée l' »enfer du silence », où chaque prisonnier était enfermé seul dans une cellule, soumis à des sanctions cruelles et interdit d’adresser la parole à qui que ce soit.

Décrit comme une « brute » lors du procès, le premier du genre en Roumanie, M. Visinescu n’avait jamais exprimé de regrets ou demandé pardon aux victimes, affirmant avoir simplement « obéi aux ordres » de ses supérieurs et respecté les lois en vigueur.

Un autre ancien tortionnaire communiste, Ioan Ficior, pour sa part condamné en 2017 à 20 ans de réclusion pour « crimes contre l’humanité », est mort en prison en septembre.

La justice roumaine avait longtemps rechigné à se pencher sur les crimes du communisme avant d’accepter les premières plaintes visant des commandants de prison, plus de 20 ans après la chute de ce régime.

Au total, plus de 600.000 Roumains ont été condamnés et emprisonnés pour des motifs politiques entre 1945 et 1989, selon le Musée mémorial des victimes du communisme de Sighet.

Romandie.com avec(©AFP / (05 novembre 2018 16h36)                                                        

Roumanie: premier jour de vote pour un référendum anti-mariage gay controversé

octobre 6, 2018

Une affiche appelant à « défendre les enfants de Roumanie » et à voter « oui » au référendum sur l’interdiction du mariage gay, le 2 octobre 2018 dans une rue de Bucarest / © AFP / Daniel MIHAILESCU

L’affluence était modérée samedi dans les bureaux de vote de Roumanie au premier jour d’un référendum controversé visant à graver dans la Constitution l’interdiction du mariage gay, avec l’espoir, pour la gauche au pouvoir, de remobiliser son électorat.

Les 19 millions d’électeurs du pays ont jusqu’à dimanche soir pour approuver un changement de la définition du mariage afin que seuls « un homme et une femme » puissent s’unir et non plus des « époux », comme le stipule actuellement la loi fondamentale.

Seuls 2,54% d’entre eux s’étaient déplacés à la mi-journée, selon les premiers chiffres officiels, alors que la principale inconnue du scrutin est la participation: le seuil de 30% des inscrits doit être atteint pour valider le résultat.

D’un point de vue légal rien ne changera à l’issue du référendum, puisque la législation roumaine n’autorise actuellement ni le mariage entre personnes de même sexe ni l’union civile. Les adversaires du scrutin fustigent un vote dont le seul effet a été de laisser libre cours aux discours homophobes et dont l’enjeu serait de faire oublier les déboires de la gauche au pouvoir.

– Le vote comme « bénédiction » –

Les responsables politiques au pouvoir ont d’ailleurs été parmi les premiers à se rendre aux urnes, comme la cheffe du gouvernement social-démocrate Viorica Dancila ou le puissant patron des sociaux-démocrates Liviu Dragnea.

« Le moment est venu de décider nous-mêmes comment nous voulons vivre dans notre pays », a-t-il déclaré, assurant qu’il ne s’agissait « absolument pas d’un vote contre une minorité ».

Les sociaux-démocrates du PSD au pouvoir comptent sur ce scrutin pour mobiliser la Roumanie rurale et conservatrice, le coeur de leur électorat alors que le parti est en perte de vitesse, accusé de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption et de contrôler la justice qui a épinglé nombre de ses élus.

Les résultats définitifs du référendum sont attendus lundi et le même jour, Liviu Dragnea doit comparaître pour son procès en appel dans une affaire d’emplois fictifs qui lui a valu trois ans et demi de prison ferme en première instance.

« Participer au vote est un droit, un honneur et une bénédiction », a exhorté samedi Daniel, le patriarche de la puissante Eglise orthodoxe.

« Nous n’avons rien contre les minorités ou contre les homosexuels, car nous ne sommes pas racistes, au contraire nous sommes un peuple chaleureux et pacifique », assure à l’AFP Viorel Zburau, un agent immobilier favorable au changement de la constitution.

Un militant distribue des tracts appelant à voter « oui » au référendum sur l’interdiction du mariage gay, le 3 octobre 2018 à Bucarest, en Roumanie / © AFP / Daniel MIHAILESCU

Les opposants au vote faisant le pari du boycott, la victoire du « oui » à une modification constitutionnelle est assurée, avec un score qui pourrait atteindre 90% des suffrages et une participation de 34%, selon un sondage de l’Institut CURS publié vendredi.

« On ne vote pas sur l’amour. Le gouvernement ferait mieux d’utiliser cet argent pour construire des hôpitaux », tranchait samedi Mihai, 28 ans, vendeur dans un supermarché, à l’instar de nombreux Roumains sceptiques à l’égard du scrutin.

Le référendum émane d’une « initiative citoyenne », proche de l’Eglise, qui a présenté les signatures de trois millions de personnes ayant conduit à l’organisation de la consultation pour défendre « la famille traditionnelle ».

– « Nourrir la haine » –

Une interdiction gravée dans la Constitution rendrait plus difficile, voire impossible, tout changement futur de la loi en faveur des couples homosexuels, s’inquiètent les adversaires de la consultation. Ils craignent que d’autres initiatives soient lancées remettant en cause le cadre de l’avortement ou de l’éducation sexuelle.

Le référendum a suscité de vives critiques au sein des institutions européennes qui ont rappelé Bucarest à ses engagements en matière de droits de l’Homme.

« Je ne veux pas que les valeurs de la famille soient transformées en arguments pour (…) nourrir les démons les plus noirs, la haine contre les minorités sexuelles », a lancé le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans.

Selon le sociologue Marius Pieleanu de l’Institut Avangarde, de telles mises en garde de l’étranger risquent toutefois d’avoir l’effet inverse, alors que les discours souverainistes et méfiants envers l’Europe gagnent du terrain en Roumanie.

« Une partie des indécis pourraient justement se mobiliser en raison de cette attitude qu’ils perçoivent comme hostile envers la Roumanie », a-t-il déclaré à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 16h11)

Roumanie: émoi après une caricature de Simona Halep dans Charlie Hebdo

juin 15, 2018

Une caricature de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo assimilant la numéro 1 du tennis mondial Simona Halep à une ferrailleuse après sa victoire en finale à Roland-Garros suscite une telle tempête en Roumanie que Paris a dû procéder vendredi à une mise au point.

Paru mercredi, le dessin surmonté de l’inscription « Une Roumaine remporte Roland-Garros » représente la joueuse brandissant la coupe conquise le 9 juin et s’exclamant « Ferraille! Ferraille! », dans une allusion aux ferrailleurs roms parcourant la France.

Cette caricature signée Félix « offense les Roms, les Roumains et Simona Halep », a relevé le commentateur Cristian Tudor Popescu sur la télévision privée Digi24, plusieurs journaux dénonçant de leur côté un contenu « raciste ».

Dans un pays lassé d’être réduit à sa minorité rom très pauvre et régulièrement associée à des faits de délinquance dans l’ouest de l’Europe, la vague d’indignation a submergé les réseaux sociaux, des centaines de Roumains n’hésitant pas à réagir sur la page Facebook de Charlie Hebdo.

« Vous n’avez le moindre respect pour une grande championne, notre Simona Halep, je n’aime pas voir comment mes concitoyens roumains sont traités par votre revue. JE SUIS SIMONA! », s’est ainsi indignée Roxana Anghel.

« Il y a peu, des milliers de Roumains étaient #JeSuisCharlie. Et voilà comment ils nous remercient », souligne Bogdan, un autre internaute, en référence au mouvement de solidarité internationale suscité par les attaques jihadistes qui avaient décimé la rédaction de l’hebdomadaire parisien le 7 janvier 2015.

Face à l’ampleur prise par le mouvement de mécontentement, l’ambassade de France à Bucarest a émis vendredi un communiqué de presse soulignant que « cette publication n’engage que son auteur et ne représente en rien le sentiment de l’opinion publique française ».

Toutefois, « la liberté d’expression et la liberté de la presse sont des principes fondamentaux de la République française », a rappelé l’ambassadrice Michèle Ramis.

Interrogée par des médias roumains, Simona Halep a refusé de s’exprimer au sujet de la caricature.

La joueuse de 26 ans avait été accueillie triomphalement par plus de 15.000 personnes au stade national de Bucarest lundi à son retour de France où elle avait décroché son premier titre en Grand Chelem face à l’Américaine Sloane Stephens (3-6, 6-4, 6-1).

Romandie.com avec(©AFP / 15 juin 2018 14h03)                                                        

Prisons secrètes de la CIA: la Lituanie et la Roumanie condamnées

mai 31, 2018

/ © AFP / SAUL LOEB

Après la Pologne en 2015, la Lituanie et la Roumanie ont été condamnées jeudi par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour leur participation au programme de prisons secrètes de la CIA, épinglées pour complicité et de multiples violations.

La Cour avait été saisie par deux prisonniers de Guantanamo, Abd al-Rahim al-Nachiri (contre la Roumanie) et Abou Zoubaida (contre la Lituanie), qui affirmaient avoir été détenus au secret dans ces pays entre 2004 et 2006. Leurs requêtes avaient été examinées publiquement par la Cour en juin 2016.

Dans deux arrêts distincts, la Cour a condamné les autorités roumaines et lituaniennes, pour plusieurs violations des droits de l’Homme dans ces prisons de l’agence de renseignement américaine.

Parmi les droits violés: l’interdiction de la torture, le droit à la liberté et à la sûreté des requérants, celui au respect de la vie privée, et leur droit à un recours effectif.

« La participation de la Lituanie au programme de détentions secrètes de la CIA l’a amenée à commettre de multiples violations des droits de l’Homme », de même que « la Roumanie a commis plusieurs violations des droit de l’Homme en se rendant complice du programme de détentions secrètes de la CIA », peut-on lire dans les deux arrêts de la Cour.

Si jusqu’ici ni Bucarest ni Vilnius n’ont admis l’existence de prisons secrètes présumées de la CIA sur leurs territoires – le parquet général roumain et le parquet lituanien ont tous deux ouvert une enquête concernant l’existence présumée de ces centres-, pour la Cour il n’y a pas de doute.

« La Roumanie a accueilli de septembre 2005 à novembre 2005 » une prison secrète dont le nom de code était « Site black », de même que « la Lituanie a accueilli une prison secrète de la CIA de février 2005 à mars 2006 », conclut la Cour dans ses deux jugements.

Le requérant Abou Zoubaida y a été détenu et « les autorités internes (lituaniennes) savaient que la CIA le soumettrait à des traitements contraires à la Convention », note la Cour, jugeant que « le pays est responsable des violations des droits de l’intéressé ».

– « Informations cruciales » –

Pour arriver à de telles conclusions, la Cour européenne a indiqué avoir « dû établir les faits à partir de différentes sources d’informations ».

Elle a dit avoir notamment trouvé « des informations cruciales » dans un rapport de la Commission d’enquête du Sénat américain sur la pratique de la torture à la CIA. Le rapport avait été rendu public en décembre 2014.

Le gouvernement lituanien a immédiatement réagi jeudi, n’excluant pas de faire appel du jugement.

« Nous analysons la situation, l’arrêt est particulièrement important, plus de 300 pages. Nous devons l’étudier en détail. Nous avons la possibilité de faire appel de cette décision. Nous considérerons cette possibilité », a déclaré à l’AFP le ministre lituanien de la Justice, Elvinas Jankevicius.

Vilnius et Bucarest devront verser 100.000 euros de dommages moraux à chacun des requérants.

Al-Nachiri, un Saoudien, est soupçonné d’avoir perpétré l’attentat contre le navire USS Cole, qui avait tué 17 Américains dans le port yéménite d’Aden en octobre 2000. Il affirmait avoir été détenu au secret en Roumanie d’avril 2004 à septembre 2006 et disait y avoir subi de mauvais traitements alors qu’il se trouvait aux mains des autorités américaines.

Ce dernier est toujours détenu par les autorités américains dans des conditions restrictives, selon la Cour.

Le second, Abou Zoubaida, un Palestinien apatride, est considéré comme l’un des principaux membres d’Al-Qaïda par Washington au moment de son arrestation. Il se plaignait d’avoir été emprisonné en Lituanie pendant plus d’un an, de février 2005 à mars 2006.

« Ce jugement constitue un sévère camouflet face aux tentatives honteuses de la Roumanie de cacher la vérité concernant l’accueil d’une prison secrète de la CIA », a réagi Amrit Singh, une des avocats d’Abd al-Rahim Al-Nachiri, qui y voit un arrêt « essentiel pour mettre fin à l’impunité de la complicité européenne dans le programme de torture de la CIA ».

Les deux arrêts ne sont pas définitifs, les gouvernements roumain et lituanien ayant trois mois pour faire appel et demander un réexamen devant la Grande chambre de la CEDH.

En février 2015, la CEDH, déjà saisie d’une requête de Zoubaida, avait définitivement condamné la Pologne pour son rôle dans les prisons secrètes de la CIA.

Romandie.com avec (©AFP / 31 mai 2018 13h14)                

Roumanie: l’eurodéputée sociale-démocrate Viorica Dancila nommée Premier ministre

janvier 17, 2018

Bucarest – Le président roumain de centre droit Klaus Iohannis a nommé mercredi l’eurodéputée Viorica Dancila au poste de Premier ministre, sur proposition du Parti social-démocrate (PSD, au pouvoir), qui a récusé lundi son deuxième chef de gouvernement en sept mois.

« Après avoir pesé tous les arguments, j’ai décidé de donner une nouvelle chance aux sociaux-démocrates et de nommer la personne qu’ils ont proposée », a déclaré M. Iohannis à l’issue de consultations avec les partis politiques.

« J’espère que le nouveau gouvernement se mettra rapidement au travail pour régler les choses et non pour les embrouiller », a ajouté le chef de l’Etat, visiblement agacé par la valse des dirigeants depuis la victoire de la gauche aux législatives fin 2016.

Si elle obtient l’investiture du Parlement, en principe une formalité, Mme Dancila deviendra la première femme à diriger un gouvernement roumain, mais aussi le troisième Premier ministre en l’espace de sept mois, ses deux prédécesseurs ayant été éjectés par leur PSD après avoir manifesté trop d’indépendance vis-à-vis de l’homme fort de cette formation Liviu Dragnea.

Diplômée de l’Institut du pétrole et du gaz de Ploiesti (sud) et eurodéputée depuis 2009, Mme Dancila, 54 ans, est considérée comme une proche de Liviu Dragnea. Les deux sont originaires du département de Teleorman (sud).

M. Dragnea, qui ne peut pas briguer le poste en raison d’une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale, avait fait nommer puis contraint à la démission les deux précédents Premiers ministres, Sorin Grindeanu et Mihai Tudose, ce dernier remercié lundi.

Alors qu’il n’avait pas caché hésiter à nommer à nouveau un candidat proposé par le PSD, « le président Iohannis a opté pour la stabilité, car provoquer une crise politique aurait été très grave pour la Roumanie », s’est félicité M. Dragnea.

Interrogé par des journalistes sur les qualités qui qualifiaient l’eurodéputée pour le poste de chef de gouvernement, le patron du PSD a relevé qu' »il s’agit d’une dame décente, agréable et très compétente ».

Selon M. Dragnea, le Parlement, où la coalition de gauche dispose d’une majorité solide, devrait être convoqué le 29 janvier pour le vote de confiance.

« Pour nous il est très important de mettre en oeuvre le programme (du PSD, ndlr) et de préparer la présidence tournante de l’UE », au premier semestre 2019, a souligné Mme Dancila.

Inconnue du grand public, la future dirigeante s’était fait remarquer en février en défendant devant le Parlement européen une tentative controversée du gouvernement roumain d’assouplir le code pénal qui aurait permis à certains responsables convaincus de corruption d’échapper à des poursuites.

Vivement critiqué par Bruxelles ce projet de loi avait été abandonné après avoir suscité une vague de contestation sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989.

La majorité a toutefois fait passer en décembre une réforme controversée de la justice faisant craindre, selon ses détracteurs, une réduction de l’indépendance des magistrats et une restriction des prérogatives du Parquet anticorruption.

Selon M. Dragnea, Mme Dancila a assuré appuyer cette réforme, ce qui a constitué un « argument en sa faveur » lorsque les sociaux-démocrates l’ont désignée.

Mercredi, une autre controverse impliquant le nom de l’eurodéputée faisait la une des médias roumains, qui ont rappelé que l’une de ses assistantes locales, Adriana Botorogeanu, est au coeur d’un procès pour emplois fictifs dans lequel est jugé M. Dragnea.

Mme Botorogeanu a reconnu devant les juges avoir travaillé à l’antenne du PSD de Teleorman, dirigée à l’époque par M. Dragnea, alors qu’elle était officiellement employée de la Protection locale de l’enfance.

Romandie.com avec(©AFP / 17 janvier 2018 17h51)