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Au Soudan, manifestations, blocages de routes et médias censurés

janvier 16, 2022
Au Soudan, manifestations, blocages de routes et medias censures
Au Soudan, manifestations, blocages de routes et médias censurés© AFP/-

Médecins protestant contre des attaques d’hôpitaux, agriculteurs dénonçant l’augmentation de l’électricité et médias réclamant le droit de couvrir la crise au Soudan: le pouvoir militaire est de nouveau dimanche dans le viseur de la contestation.

A Khartoum, en blouse blanche, des dizaines de médecins ont remis au parquet général deux rapports sur des attaques contre des blessés, des médecins et des hôpitaux dans la répression tous azimuts des manifestants protestant contre le putsch le 25 octobre du chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane.

L’Organisation mondiale de la Santé elle-même a confirmé « 11 attaques depuis novembre ».

« A chaque fois qu’il y a des manifestations, les forces de sécurité tirent des grenades lacrymogènes à l’intérieur même de l’hôpital où je travaille à Khartoum », raconte à l’AFP Houda Ahmed, une praticienne. « Elles viennent même nous attaquer jusque dans le service des urgences. »

Des blessés ont été sortis de force d’ambulances ou de lits d’hôpitaux et des médecins ont été passés à tabac jusque dans des salles d’opération, affirment régulièrement des médecins.

Mais malgré la répression qui a fait 64 morts parmi les manifestants -et un policier-, la société civile appelle à de nouvelles manifestations lundi pour réclamer la reprise en main par les civils de la transition vers la démocratie promise depuis 2019.

Blocage dans le nord

Dans le Nord, les Soudanais ont également manifesté dimanche contre la cherté de la vie dans un des pays les plus pauvres au monde. La semaine dernière, le ministère des Finances a annoncé doubler le prix du kilowatt d’électricité mais face au tollé, le pouvoir militaire a gelé sa décision.

Malgré la reculade, des centaines de manifestants ont bloqué les routes du Nord, notamment vers l’Egypte, pour réclamer une annulation pure et simple de cette augmentation.

Ils ont interdit le passage de tout véhicule « tant que les autorités n’auront pas annulé cette augmentation car elle signe l’acte de décès de notre agriculture », martèle à l’AFP Hassan Idriss, un manifestant.

Toute augmentation ou suppression des subventions étatiques sur les produits de base peut mener au pire au Soudan où les 45 millions d’habitants doivent déjà composer avec une inflation avoisinant les 400 % et où selon l’ONU en 2022 30 % des Soudanais auront besoin d’aide humanitaire.

En 2018, la révolte qui renversa l’année suivante le président Omar el-Béchir avait été déclenchée par une décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Le chef de la diplomatie sous Béchir, Ibrahim Ghandour, et « d’autres co-détenus » ont entamé une grève de la faim qu’ils ne cesseront qu’une fois libérés ou présentés devant un « tribunal impartial », selon ses proches.

Récemment, le parquet a ordonné la libération de plusieurs responsables du régime Béchir, mais le général Burhane, seul aux commandes du Soudan, a ordonné leur maintien en détention.

« Intimidation » de la presse

« C’est la première interférence dans les affaires judiciaires de l’histoire de notre pays », s’est insurgée la famille de M. Ghandour alors que le général Burhane est accusé par les manifestants de chercher à réimposer les hommes du régime déchu, dont il est lui-même issu.

Avant les manifestations anti-putsch prévues lundi, le ministère de l’Information a retiré l’accréditation d’Al-Jazeera Live, une chaîne qatarie, l’accusant de « couverture non professionnelle » visant à « déchirer le tissu soudanais ».

En novembre, le chef du bureau d’Al-Jazeera à Khartoum, le Soudanais Al-Moussalami al-Kabbachi, avait été détenu trois jours sans aucune charge.

L’ambassade des Etats-Unis à Khartoum a dénoncé « un pas en arrière », tandis qu’Al-Jazeera a dénoncé sur Twitter une « intimidation », appelant « les autorités à autoriser son équipe à reprendre le travail ».

En décembre, le bureau d’une chaîne financée par Ryad, Al-Arabiya, a été attaqué par des officiers, ses journalistes tabassés et ses équipements saisis.

Et d’autres journalistes ont rapporté avoir été arrêtés ou attaqués en couvrant les manifestations.

Avant le putsch, le Soudan était 159e sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. L’ONU considère qu’il est aujourd’hui « de plus en plus hostile aux journalistes ».

Par Le Point avec AFP

Abidjan : les Shawarmamas, ces Sisyphes des tropiques

janvier 9, 2022
Dans les rues d’Abidjan. © Bruno Levy pour JA

En uniforme vert, chapeau de paille et bottes de plastique, ces femmes âgées balaient sans relâche les routes de la ville sous le soleil écrasant.

« La route précède le développement », disait Houphouët-Boigny. « Tout commence par la route », clament les pontes du FMI. Alors, imaginez une ville planifiée par des houphouëtistes passés par le FMI. Abidjan grandit, grossit, s’étire et s’étale en de larges et belles routes. Des balafres noir macadam sillonnent la ville dans tous les sens. Le développement ne doit pas être loin. Alors on chouchoute nos routes. On les confie aux Shawarmamas.

JE LES SURNOMME LES SHAWARMAMAS PARCE QU’ELLES CUISENT, CHAUFFÉES AU-DESSUS PAR LE SOLEIL ET EN DESSOUS PAR LE GOUDRON

Quand on circule en ville, il est impossible de ne pas remarquer cette armée de femmes âgées sur les grands boulevards. Consciencieusement, elles balaient le sable venu des plages où elles ne mettent jamais les pieds. Dans l’étuve tropicale géante, elles sont recouvertes, jusqu’aux phalanges gantées : uniforme vert, chapeau de paille et bottes de plastique. Je les surnomme les Shawarmamas parce qu’elles cuisent, chauffées au-dessus par le soleil et en dessous par le goudron. Sisyphes modernes des tropiques, elles passent et repassent sur le même ouvrage parce que cette ville est pauvre en beaucoup de choses, mais pas en sable.

L’état permanent d’embouteillage obligeant à rouler au pas, les Shawarmamas profitent pleinement des gaz d’échappement. Elles sont gracieusement servies par des camions antédiluviens comme par des berlines dernier cri ou encore des « france-aurevoir », vieilles voitures importées d’Europe qui se refont une vie en voie de développement sur les routes africaines.

AU MOINDRE RALENTISSEMENT, LES ROUTES SE TRANSFORMENT EN MARCHÉS BITUMÉS

Les Shawarmamas sont les témoins silencieux du commerce florissant des embouteilleurs et embouteilleuses. Car à Abidjan, au moindre ralentissement, les routes pour lesquelles le pays s’endette sur les marchés financiers se transforment en marchés bitumés. Vendeurs et vendeuses apparaissent d’on ne sait où et se précipitent entre les voitures. Des légions d’enfants et de très jeunes adultes. Personne ne s’étonne qu’ils ne soient pas en classe, encore moins qu’ils « travaillent » à leur âge.

Du sachet d’eau fraîche à l’électroménager, de l’artisanat local à la chinoiserie bancale, faire ses courses révèle tout son sens en ces lieux et circonstances. Abidjan roads mall ! Mouvement commercial par vitres interposées. L’argent circule au sens propre.

Ruissellement

Alors les Shawarmamas se courbent, passent le balai avec plus de vigueur. Pas seulement parce qu’un superviseur tranquillement assis à l’ombre les observe, mais parce qu’elles sont pleines de l’espoir que la route chérie fasse ruisseler un jour sur elles autre chose que des litres de sueur. L’espoir est tout ce qui reste à qui concède déjà tant en dignité à passer la journée à balayer une route qu’un camion-balai peut nettoyer en quelques minutes. Elles ne sont pas dupes. Elles savent que leur travail permet à quelqu’un d’engranger une meilleure marge bénéficiaire tout en clamant que lui, au moins, « offre » un emploi « à des centaines de nos mères ». Elles ont peu de choix pour éviter que leurs enfants ne finissent comme ceux avec qui elles partagent la chaussée.

Peut-être qu’à force de balayer les routes, c’est l’ensemble du pays qui va devenir propre. Rester digne, s’accrocher à la symbolique. Quand la route aura définitivement mené au bonheur, peut-être se souviendra-t-on qu’un jour, à Abidjan, les camions-balais étaient des Shawarmamas.

Gauz

Avec Jeune Afrique par Gauz

Écrivain ivoirien, auteur de « Debout payé » (2014), « Camarade papa » (2018), et « Black Manoo » (2020).

Mali : et si le manque de routes tuait davantage que la guerre ?

novembre 19, 2021
Des bouchons dans les rues de Bamako, au Mali, en novembre 2010. © DR

Bouchons, dégradations, travaux aléatoires… La faiblesse des infrastructures routières dans le pays conduit à des situations de détresse sociale dont les autorités feraient bien de se préoccuper.

Il s’appelle Arouna Bengaly. Il est l’archétype de tout ce qu’une nation devrait valoriser chez l’un de ses enfants. Malgré son faible niveau d’instruction et ses origines modestes, à force de travail, il est aujourd’hui l’un des meilleurs menuisiers aluminium de la capitale, Bamako. Dans son petit atelier du quartier de l’Hippodrome, il emploie une dizaine d’apprentis qui fabriquent portes, fenêtres, armoires… Les besoins de transport l’ont récemment poussé à acquérir une camionnette de livraison, utilisée par tout le voisinage pour divers besoins. Mais aujourd’hui, Bengaly, le jeune homme serviable et souriant, est en colère.

Une si longue liste de griefs

Comme pour beaucoup de jeunes travaillant à Bamako, la célébration de Maouloud a été l’occasion pour Bengaly de retourner auprès de sa famille restée à la campagne, en parcourant les 360 kilomètres qui séparent Bamako de Sikasso, le chef-lieu de la grande région qui longe les frontières ivoirienne et burkinabè. Ce trajet, d’ordinaire sans embûche, est aujourd’hui rendu délicat par de nouvelles pratiques – le rançonnage autour de certains villages et l’implantation de groupes armés jihadistes dans la région.

À Sikasso, la fête est rapidement endeuillée : une cousine de la famille, enceinte de presque huit mois, a été mordue par un serpent dans un village voisin et n’est arrivée à l’hôpital régional qu’après plusieurs heures de calvaire. Réalisant qu’il est trop tard pour la mère, les médecins pratiqueront une césarienne pour sauver le bébé, qui décèdera tout de même.

À QUOI SERVENT TOUS LES DOCTEURS SI ON NE PEUT ARRIVER À TEMPS À L’HÔPITAL ?

Le retour vers Bamako est marqué par un énorme bouchon à l’entrée de la ville – une impressionnante escorte militaire a été chargée de protéger des engins miniers arrivés de Côte d’Ivoire et se dirigeant vers la région de Kayes. De retour à l’atelier, une cigarette à la main, Bengaly fulmine de colère. À quoi servent tous les docteurs si l’on ne peut arriver à temps à l’hôpital après une morsure de serpent ? Pourquoi toutes les routes nationales du pays doivent-elles passer par Bamako ? Pourquoi les autorités ne construisent-elles pas des routes pour relier les quartiers périphériques de Bamako entre eux et ainsi désengorger le centre ? Pourquoi les entreprises qui construisent des routes ne sont-elles pas inquiétées quand leurs ouvrages sont dégradés avant même leur inauguration ? Pire encore, pourquoi se voient-elles confier de nouveaux chantiers ? La liste des griefs est longue.

La quincaillerie Bengaly, à Bamako.
La quincaillerie Bengaly, à Bamako. © DR

Bengaly est en colère et pourtant, à bien des égards, il sait qu’il est un privilégié. Originaire du poumon économique du Mali, il n’a pas été poussé à bout par les dérives d’un système qui n’offre aucune autre perspective aux enfants des régions du centre et du nord du Mali que celle des armes.

Barricades de fortune

La riche actualité malienne (discours aux Nations unies, expulsions de diplomates ou arrestations de « parlementaires ») ne saurait occulter le fait que le citoyen malien est dépourvu de presque tout – et dans ce tableau, le manque d’infrastructures routières est particulièrement accablant.

À Bamako, le traditionnel balai des minibus de transport, taxis, véhicules personnels et motocycles à deux ou trois roues, s’est enrichi récemment de motos-taxis. Les piétons, incapables de traverser les voies et excédés par la confusion générale, supplient les automobilistes à coups de « Allah-Kama » (Pour la grâce de Dieu !), une formule généralement associée aux mendiants. Les minibus ont même délaissé les routes goudronnées pour s’aventurer sur des ruelles, au cœur des habitations !

LES AUTOMOBILISTES DÉSESPÉRÉS SE CRÉENT DES DÉVIATIONS AU CŒUR D’UN DES QUARTIERS LES PLUS INSALUBRES DE LA CAPITALE

Conscients du danger pour les enfants, les populations du quartier de Missira ont bloqué toutes les artères avec des barricades de fortune. Des mesures de circulation alternée ont bien été adoptées dans les zones les plus congestionnées, mais sans grand succès. À Bougouba, l’unique voie qui mène au troisième pont lorsque les mesures de circulation alternée sont en vigueur, est en travaux depuis plusieurs mois. La voie est fermée depuis une semaine pour la réfection d’une centaine de mètres de goudron. Les automobilistes désespérés se créent des déviations au cœur d’un des quartiers les plus insalubres de la capitale. Un calvaire d’autant plus insupportable que la route reste fermée en prévision de travaux qui n’ont pas lieu depuis une semaine.

Du moins, à Bamako, y a-t-il encore des routes. Dans le reste du pays, des villages entiers sont livrés à eux-mêmes – le Nord est communément appelé le « pays sans route ». Dans les campagnes où l’agriculture et l’élevage sont les seules activités, le manque d’infrastructures routières augmente le coût des biens de consommation, et conduit à une isolation sanitaire qui tue probablement plus que la guerre. Lorsque les routes existent, elles ne sont praticables que de jour à cause des problèmes de sécurité, créant un plus grand engorgement.

Contrat social rompu

La relation entre l’État et les citoyens est régie par un contrat implicite, où les citoyens paient taxes et impôts en contrepartie de services publics. Ce contrat social est rompu. La transition malienne, qui s’est donnée pour mission l’amélioration de la sécurité sur le territoire ne peut réussir qu’à la condition de changer en profondeur les pratiques des agents de l’État. On ne peut qu’encourager les autorités maliennes à dépasser la rhétorique du changement pour proposer des actions concrètes pour rebâtir le Mali.

Par exemple, un programme de grands travaux, qui créerait de nouvelles infrastructures routières reliant le sud-ouest du pays (Kayes) au nord-est (Gao) et le sud-est (Sikasso) au nord-ouest (Tombouctou), relancerait l’activité économique en augmentant l’offre de travail dans la plupart des régions du Mali. Ensuite, une vingtaine de communes pourraient être connectées au réseau autoroutier chaque année, et les localités affectées par le conflit armé pourraient bénéficier d’infrastructures de bases (écoles, centre de santé, marché, adduction d’eau potable…) et de logements sociaux afin de faciliter le retour des déplacés.

 LE JOUR OÙ TOUS LES BENGALY DU PAYS PRENDRONT LES ARMES, NUL N’OSERA PLUS PARIER SUR L’AVENIR DU MALI

Enfin, un programme pilote, qui viabiliserait un quartier de la capitale chaque année poserait les jalons d’un nouveau contrat social. Des travaux récents en économie ont montré que lorsque l’État se met à bâtir, il y a des effets d’entraînement assez significatifs : les temps de transport diminuent, la productivité des ménages et la rentabilité des entreprises augmentent. Contrairement au mythe populaire, ce ne sont pas les problématiques de financement qui limitent ces programmes, mais plutôt la volonté politique.

Cet ambitieux programme de travail pendant la transition établirait une norme pour les futurs régimes, et peut-être offrira l’indispensable stabilité institutionnelle dont le pays a besoin pour sécuriser la paix et ouvrir les perspectives d’une croissance inclusive et durable. À défaut, on prend le risque de voir un jour tous les Bengaly du pays prendre les armes. Et à ce moment-là, nul n’osera plus parier sur l’avenir du Mali.

Modibo Seydou Sidibé

Avec Jeune Afrique par Modibo Seydou Sidibé

Professeur d’économie à la Duke University (États-Unis)

France-Guadeloupe: manifestants et forces de l’ordre bloquent et débloquent les routes

novembre 18, 2021
Guadeloupe: manifestants et forces de l'ordre bloquent et debloquent les routes
Guadeloupe: manifestants et forces de l’ordre bloquent et débloquent les routes© AFP/Carla BERNHARDT

La Guadeloupe s’est réveillée jeudi matin avec de très nombreux points de blocages sur les routes liés aux manifestations contre l’obligation vaccinale, selon plusieurs sources, alors que la nuit a été émaillée de plusieurs incidents comme des véhicules enflammés.

Peu avant 06H00 (11H00 à Paris), la route devant le CHU de Guadeloupe était bloquée dans les deux sens par des pneus érigés en barrière tenue par une « trentaine de manifestants, la plupart cagoulés », a constaté une vidéaste de l’AFP.

La barrière a été plusieurs fois démontée par les forces de l’ordre et remontée par les manifestants avant d’être enflammée sur l’un des deux axes. Le feu a ensuite été éteint, la route a été débloquée et la circulation a repris.

Sur les autres axes routiers, y compris dans les petites routes des Grands Fonds, dans la campagne guadeloupéenne, des barrages parfois vides de manifestants bloquent le passage. Certains sont démontés par les automobilistes eux-mêmes, selon des images qui circulent sur les réseaux sociaux.

Non loin du siège du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) qui concentre une partie des mécontentements du fait de l’obligation vaccinale des pompiers, un véhicule a été enflammé durant la nuit à côté de feux de pneus et de palettes. Certains ont tenté dans la matinée de passer en déplaçant les palettes mais les quelques personnes présentes sur le barrage les ont ensuite remises, a encore constaté la journaliste de l’AFP.

Des barricades étaient aussi dressées sur d’autres points connus dans l’île pour être régulièrement bloqués lors des manifestations.

Dans un communiqué, l’Union des Entreprises-Medef « condamne fermement les entraves à la liberté de circuler ». « Où allons-nous ? Quelle est la légitimité de ceux qui interdisent l’accès aux soins ? », a questionné l’organisation patronale.

« Après des mois de mesures restrictives pour notre population et pour l’économie du pays, il est inacceptable de laisser prospérer cette spirale de l’autodestruction », a-t-elle ajouté, en estimant que les entreprises, où la grève générale appelée par les syndicats n’est pas très suivie, sont tout de même paralysées par les blocages.

Par ailleurs, l’épidémie de Covid reprend légèrement en Guadeloupe, bien que « la situation reste stable au niveau hospitalier », selon un communiqué de la préfecture, avec un taux de positivité à 1,5 %. « Le respect des mesures de protection individuelle et collective est impératif », rappelle le communiqué.

APar Le Point avec AFP

Le cauchemar de la pluie

décembre 20, 2019

 

Boueuses sont les routes de mon pays

Qui ont endossé le brassard de la pluie

Défiant les constructeurs du génie civil

Qui se grattent la tête et leur nombril

 

Chacun au volant de son véhicule

Dans l’espoir d’une sortie honorable

Tente d’emprunter un passage sûr

Avant de tomber comme une mûre

 

La pluie n’est plus l’amie d’un bon sommeil

Elle fait peur et produit des insomnies sous le ciel

Où les riverains et les habitants perdent l’œil

D’un bon repos corporel dans la nuit paisible

 

Bernard NKOUNKOU

 

Congo/Pool: le satisfecit de la population après la réouverture des routes

mars 26, 2018

Fermé pendant près de deux ans, du fait de l’insécurité, le tronçon Kinkala-Mindouli-Kindamba a été ouvert officiellement à la circulation, la semaine dernière.

La Commission ad hoc mixte paritaire de l’accord du 23 décembre 2017 a amorcé, le week-end dernier, la réouverture des voies dans le département du Pool. Une action qui a redonné du sourire à la population locale qui tire son bénéfice de la vente des produits agricoles. L’acte fait partie des termes de cet accord entre le gouvernement et les représentants du pasteur Ntoumi, visant le retour définitif à la paix dans cette partie du pays.

Pour l’heure, seul le tronçon Kinkala-Mindouli-Kindamba a été ouvert officiellement à la circulation. Bassin de production non négligeable, la relance du trafic sur cette dorsale permettra aux riverains, meurtris depuis deux ans, de retrouver leurs équilibres économiques à travers la vente de divers produits agricoles.

« Vive la paix, nous sommes contents de la réouverture de cette voie. Cela nous permettra, comme d’habitude, de vendre facilement nos produits agricoles et de bien vivre. Si le gouvernement pouvait nous rouvrir également la voie ferrée dans les prochains jours, cela nous avantagerait », a souhaité maman Louise, une vieille dame rencontrée à Missafou, un village centre qui abrite également une gare ferroviaire.

« J’ai un grand verger, à pareil moment, je devais vendre beaucoup de filets de safous et d’autres fruits. La dernière fois, j’ai cultivé une importante bananeraie, hélas ! depuis que nous sommes en conflit, toute la production ne fait que pourrir. La guerre n’est pas bonne. Dieu merci que cette route soit rouverte à la circulation ! », a déclaré, pour sa part, le vieux André, en liesse totale à l’arrivée du cortège dans son village situé au sortir de la forêt de Bangou.

Il faut dire que le Pool fait partie des départements du Congo qui produisent en grande quantité et alimentent Brazzaville en produits agricoles. En temps de paix, la population située le long des routes et du chemin de fer vend un peu de tout. Elle commercialise de jour comme de nuit du foufou, du manioc, des légumes, des fruits et bien d’autres produits agricoles, mais aussi du charbon et du bois de chauffe, grâce auxquels elle vit au quotidien.

La route étant un facteur de développement, la réouverture des voies dans cette contrée est un signal fort mais aussi l’espérance d’une nouvelle vie.

Sacer-infos.com par Stany-Franck

Côte d’Ivoire: quand l’impunité tue sur les routes !

janvier 23, 2018

 
32 personnes sont mortes le 5 août 2011 dans un accident de bus à Abidjan, en Côte d’Ivoire. © DING HAITAO/SIPA

Les chiffres officiels font froid dans le dos : 1 458 accidents de la circulation, en deux semaines, en janvier 2018, 81 décès, 2 888 blessés. En Côte d’Ivoire, les années passent et se ressemblent en termes de comptabilité macabre sur les routes.

À en croire Youssouf Kouyaté, le directeur général de la Police, les causes des accidents sont, entre autres : le très jeune âge des chauffards (15 à 20 ans), la conduite sous l’effet de psychotropes ou en état d’ébriété, le non-respect voire la méconnaissance du code de la route, la délivrance de permis de conduire dans des conditions obscures, la corruption sur les routes, le mauvais état des routes et du matériel roulant, etc.

En réalité, toutes ces causes citées plus haut sont des conséquences. La vraie cause est l’impunité. Tout simplement. Une impunité dont l’une des manifestations les plus révoltantes reste les petits arrangements avec les textes et les procédures.

En effet, autant les autorités sont promptes à dresser des tableaux macabres des accidents de la route, autant il n’y a personne pour dresser un tableau récapitulatif des poursuites pénales contre des personnes ayant été impliquées dans des accidents, surtout mortels.

Police, justice, individus : à qui la faute ?

Combien de jeunes adolescents n’ayant pas le droit de conduire un véhicule ont été arrêtés par la police, jugés et condamnés ? À combien de personnes la police a déjà fait passer un éthylotest ? Et si tant est que la police conclue que des personnes conduisent dans un état d’ébriété, combien ont été déjà arrêtées, inculpées par le procureur et condamnées par la justice ? Pour l’heure, les journaux qui traitent de faits divers ne rendent pas compte de ces jugements…

La faute aux autorités policières qui ne poursuivent pas l’enquête jusqu’au bout ?

Combien de personnes font l’objet d’une instruction après un accident de la route, ayant occasionné la mort d’hommes ? La faute à qui ?

Au chauffard qui passe un coup de fil à un oncle haut placé dans l’administration, pour que le policier en face de lui, lui rende son permis de conduire, sans autre forme de procès ? Aux autorités policières qui ne poursuivent pas l’enquête jusqu’au bout ? Ou alors à la justice, qui passe tout cela par pertes et profits ?

Faux permis de conduire

Que dire des permis de conduire qui seraient délivrés dans « des conditions obscures » ? À qui la faute ? Au ministre qui signe un document à la vue de dossiers techniques légalement constitués ou à la police qui, ayant mis aux arrêts un chauffard ne prend pas le soin de mener une enquête sur les conditions d’obtention de son permis de conduire ?

Si un conducteur n’est pas capable d’identifier clairement son auto-école, cela signifierait qu’il l’a obtenu dans « des conditions obscures »

Pourquoi est-il si compliqué en Côte d’Ivoire de remonter la filière des faux permis de conduire (s’il en existe, comme le laisse entendre le directeur de la police), alors que l’enquête paraît si simple ? Il suffit que la police qui interpelle un individu pris en flagrant délit de grave infraction au code de la route, mène une enquête préliminaire sur l’endroit où celui-ci a obtenu son permis de conduire.

Si un conducteur n’est pas capable d’identifier clairement l’auto-école (en novembre 2017, le ministère des Transports a suspendu 18 auto-écoles pour irrégularités) dans laquelle il a suivi ses cours, cela signifierait qu’il l’a obtenu dans « des conditions obscures ».

La vie des Ivoiriens sur les routes se trouve entre les mains de leur police et de leur justice

La police aurait ainsi le droit de le mettre aux arrêts et le parquet pourrait remonter la filière de ses complices, y compris les fonctionnaires qui auraient introduit des dossiers irréguliers, dans le circuit officiel. Ce même mode opératoire doit être observé pour les visites techniques et les assurances de véhicules.

Il n’y a pas de remède miracle, pour réduire l’inconscience sur les routes, si ce n’est qu’un retour à l’orthodoxie. En définitive, la vie des Ivoiriens sur les routes se trouve entre les mains de leur police et de leur justice. Aucune autre structure régalienne n’est mieux placée qu’elles pour mettre un terme à l’impunité qui tue sur les routes. Aucune !

Jeuneafrique.com par André Silver Konan,

journaliste et éditorialiste ivoirien, collaborateur de Jeune Afrique depuis Abidjan.

Iran: 700 morts sur les routes en deux semaines

avril 4, 2017

 

Embouteillage à Téhéran, le 12 septembre 2015 en Iran / © AFP/Archives / ATTA KENARE

Quelque 700 personnes ont été tuées pendant le nouvel an perse sur les routes en Iran, où le fort taux de mortalité au volant a poussé des leaders religieux à qualifier la mauvaise conduite de « péché ».

Une amélioration de 12% du taux de mortalité sur les routes pour les deux semaines de vacances de Norouz –qui se sont achevées le week-end dernier– par rapport à la même période l’an dernier, est toutefois à noter, a indiqué mardi le chef de la police Taghi Mehri.

Mais les chiffres exceptionnellement élevés –avec plus d’un demi-million de morts au cours des deux dernières décennies– a poussé des leaders religieux à agir.

« Violer le code de la route est un péché, et suivre les règles est un devoir religieux », a affirmé la semaine dernière le grand ayatollah Makarem Shirazi.

« Conduire pendant qu’on est fatigué, doubler illégalement et brûler un feu est interdit », avait-il déjà déclaré en 2014.

L’Iran est pratiquement le seul Etat parmi les pays à revenus intermédiaires à avoir un taux de mortalité sur les route aussi élevé.

Parmi les raisons avancées pour expliquer ce phénomène, la mauvaise qualité des voitures produites localement est souvent citée.

La police lutte désespérément pour faire respecter le code de la route et quelque 32.000 voitures et 20.000 motos ont été saisies au cours des trois premiers jours de Norouz pour des violations.

« Malheureusement, toutes les 71 minutes, une personne meurt sur les routes du pays à cause d’un accident », affirme l’adjoint au chef de la police Eskandar Momeni, cité par l’agence Tasnim.

« Le chiffre de l’année dernière était d’un mort toutes les 60 secondes, il y a donc une amélioration », dit-il, même si « toute mort sur les routes est choquante ».

Romandie.com avec(©AFP / 04 avril 2017 14h03)