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Royaume-Uni : pourquoi les jours de Boris Johnson au 10 Downing Street sont comptés

janvier 16, 2022

Confronté à de multiples accusations portant sur le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street en 2020, Boris Johnson vacille malgré des excuses présentées mercredi au Parlement. Le Premier ministre est contesté par l’opposition travailliste et par des députés de son propre camp, où des Tories veulent organiser un vote de défiance pour le faire démissionner.

Bientôt la sortie pour le principal artisan du Brexit ? Boris Johnson est dans la tourmente depuis plusieurs semaines, à la suite de multiples affaires révélées par la presse britannique concernant le non-respect des règles du confinement au 10 Downing Street au printemps et à l’hiver 2020.

Dernière en date : des pots ont été organisés chaque vendredi à Downing Street pendant le confinement, a affirmé samedi 15 janvier le journal The Mirror. Photos à l’appui, le tabloïd explique que « tout au long de la pandémie, le personnel de Downing Street a organisé des ‘vendredis du vin’, Boris Johnson assistant régulièrement à ces rencontres. (…) Le Premier ministre encourageait ses collaborateurs à ‘se défouler’ malgré l’interdiction de se réunir à l’intérieur, conformément aux règles de confinement. » Et d’ajouter que ces « apéros du vendredi » étaient « programmés dans les agendas électroniques d’une cinquantaine d’employés du N° 10, entre 16 h et 19 h chaque semaine ».

Cette affaire, qui finit de fragiliser Boris Johnson, vient ponctuer un mois de révélations ayant constamment mis le Premier ministre sur le devant de la scène : la presse britannique a d’abord révélé et s’est indignée de la tenue d’une fête clandestine au 10 Downing Street en décembre 2020, au moment où les Britanniques étaient soumis à des restrictions sanitaires. Boris Johnson, qui a alors affirmé ne pas avoir été présent à cette fête, a promis des sanctions.

Une semaine plus tard, The Guardian et The Independent ont révélé que « Boris Johnson s’est joint au personnel du N° 10 pour une fête à Downing Street » en mai 2020, lors du premier confinement au Royaume-Uni. « Il s’agissait de réunions de personnes au travail parlant du travail », a justifié le Premier ministre quelques jours plus tard. 

Mais c’est la chaîne ITV qui a mis le feu aux poudres en révélant, le 10 janvier, que l’invitation à cette fête – intitulée « Apportez votre alcool » – a été envoyée « par courriel à une centaine de personnes par le secrétaire personnel de Boris Johnson, Martin Reynolds, et la fête a rassemblé une quarantaine de convives, dont le chef du gouvernement ».

« Politiquement, le Premier ministre est un mort-vivant »

Le « Partygate » a valu à Boris Johnson de présenter « du fond du cœur » ses excuses, mercredi, à la Chambre des communes, affirmant au sujet de la garden party de mai 2020 : « Je croyais implicitement que c’était un événement professionnel. »

L’opposition travailliste lui a répondu qu’il fallait qu’il démissionne. « La fête est finie, Boris Johnson », a lancé le chef de file du Labour, Keir Starmer. « Après des mois de tromperie, (voici) le spectacle pathétique d’un homme qui est arrivé au bout du chemin. Sa défense – il ne s’est pas rendu compte qu’il était à une fête – est tellement ridicule qu’elle est insultante pour le peuple britannique. »

The party is over @BorisJohnson.

Resign.— Keir Starmer (@Keir_Starmer) January 12, 2022

Face aux appels à sa démission, Boris Johnson a expliqué qu’il n’était pas en mesure d’anticiper les résultats de l’enquête interne menée par Sue Gray, secrétaire permanente du Cabinet Office, sur plusieurs événements organisés au 10 Downing Street pendant les périodes de confinement.

Cette enquête va durer au moins plusieurs semaines. « Il ne s’agit pas d’une enquête parlementaire formelle, d’une enquête menée par un juge (…), donc ce (ne sera) pas le dernier mot », estime auprès de Sky News Catherine Haddon, chargée de mission à l’Institute for Government. « Toutefois, le rapport pourrait contenir des éléments si explosifs et si accablants qu’ils provoqueraient une crise politique pour le Premier ministre. Il devra alors (…) obtenir suffisamment de soutien pour rester à la tête du pays. »

Et les soutiens se font rares actuellement pour Boris Johnson. Sa fin pourrait être précipitée avant même les conclusions de l’enquête de Sue Gray, tant certains députés de son propre camp politique semblent souhaiter sa démission. « Il me semble, j’en ai peur, que politiquement, le Premier ministre soit un mort-vivant », a déclaré le député conservateur Sir Roger Gale.

D’autres, comme le député conservateur William Wragg, considèrent que la position de Boris Johnson est « intenable ». « Il revient au Parti conservateur, si ce n’est au Premier ministre lui-même, de prendre cette décision », a aussi déclaré sur la BBC celui qui est le vice-président du Comité 1922. 

C’est d’ailleurs ce puissant comité, en charge de l’organisation parlementaire du Parti conservateur, qui pourrait pousser le Premier ministre à la démission. Plusieurs députés Tories ont déjà envoyé une lettre de défiance au Comité 1922, et il en faut au total 54 – soit 15 % des membres du groupe conservateur au Parlement – pour déclencher un vote de défiance qui conduirait probablement Boris Johnson à la démission.

Rishi Sunak et Liz Truss évoqués pour succéder à Boris Johnson

Cette situation de plus en plus tendue au sein du camp conservateur indique au moins que le Premier ministre est tombé « en disgrâce » vis-à-vis de ses pairs, comme l’explique à RFI Sophie Loussouarn, docteure spécialiste de l’histoire politique du Royaume-Uni : « Boris Johnson connaît la disgrâce après avoir gagné une majorité de 80 sièges à la Chambre des communes lors des dernières élections législatives, c’est-à-dire la plus grande victoire pour les conservateurs depuis 1987. (…) Ce soulèvement est une humiliation pour (lui), qui a perdu la confiance d’une partie de ses députés ».

Dans sa situation actuelle, Boris Johnson est sur un siège éjectable et les conversations pour lui succéder à la tête des Tories ont démarré bien avant les accusations qu’il affronte depuis des semaines, comme l’indiquait en décembre dernier The Independent.

Deux noms reviennent avec insistance pour briguer le poste de Premier ministre : le chancelier de l’Échiquier – le ministre chargé des Finances et du Trésor – Rishi Sunak et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss, « l’un des ministres les plus expérimentés (du gouvernement) Johnson » selon Politico.

I’ve been on a visit all day today continuing work on our #PlanForJobs as well as meeting MPs to discuss the energy situation.

The PM was right to apologise and I support his request for patience while Sue Gray carries out her enquiry.— Rishi Sunak (@RishiSunak) January 12, 2022

Absent à la Chambre des communes mercredi lorsque Boris Johnson a présenté ses excuses, Rishi Sunak est soupçonné par plusieurs médias britanniques de prendre ses distances avec le Premier ministre en lui ayant apporté un soutien timoré dans un tweet : « (Boris Johnson) a bien fait de présenter ses excuses et je soutiens sa demande de faire preuve de patience; »

Dans l’immédiat, Boris Johnson entend s’attaquer à la « culture sous-jacente » à Downing Street ayant permis des fêtes pendant des périodes de confinement. Selon le Sunday Times, le Premier ministre va bientôt annoncer des mesures « pour sauver son poste », parmi lesquelles l’interdiction de l’alcool dans les bureaux du 10 Downing Street. Dont il reste pour le moment le locataire, même dans la tourmente.

Avec France24 par Jean-Luc Mounier

Le Royaume-Uni annonce à son tour un boycottage diplomatique des JO de Pékin

décembre 8, 2021
Deux voies de circulation suspendues sont cerclés par des anneaux représentant le mouvement olympique.

Un technicien chinois travaille sur une boîte électrique le long d’une autoroute menant à des sites de compétition pour les Jeux olympiques. Photo: Reuters/Thomas Peter

À l’instar des États-Unis et de l’Australie, le Royaume-Uni a annoncé mercredi qu’il boycottera diplomatiquement les Jeux olympiques d’hiver de Pékin, en Chine. Le Canada n’a toujours pas dit s’il compte se joindre au mouvement.

Il y aura effectivement un boycottage diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, a dit le premier ministre britannique Boris Johnson à la Chambre des communes.

Il n’est pas prévu que des ministres y assistent […] ni d’autres responsables, a ajouté le chef du gouvernement conservateur, qui avait précédemment indiqué qu’il n’était pas question d’un boycottage sportif.

M. Johnson a fait valoir que Londres soulevait régulièrement auprès de Pékin la question du respect des droits de la personne par le régime chinois, en particulier le traitement infligé à la minorité musulmane ouïgoure.

Nous soulevons régulièrement ces sujets auprès des Chinois et je l’ai fait moi-même auprès du président Xi quand je lui ai parlé récemment, a déclaré Boris Johnson.

Le mouvement de boycottage diplomatique des Olympiques de Pékin a été lancé lundi par les États-Unis, qui ont dit agir de la sorte pour protester contre le génocide des Ouïgours, dans la province chinoise du Xinjiang.

Le gouvernement australien lui a emboîté le pas mercredi matin, évoquant aussi des violations des droits de la personne en Chine, et une série d’autres désaccords.

La décision américaine a provoqué la colère de Pékin, celle de l’Australie, le mépris, la diplomatie chinoise estimant que tout le monde se fiche de savoir si Canberra envoie ou non des représentants officiels.

En attendant une décision d’Ottawa

Le Canada, qui a eu son lot de différends avec la Chine depuis trois ans, n’a toujours pas dit si son gouvernement allait imiter ses alliés, mais soutient que des négociations sont en cours à ce sujet.

On réfléchit encore à notre posture par rapport aux [Jeux] olympiques, a dit le premier ministre Justin Trudeau mardi. Nous sommes en train de regarder comment s’aligner avec le plus grand nombre de partenaires possible, a-t-il ajouté, en promettant une annonce dans les semaines à venir.

Conservateurs, bloquistes et néo-démocrates disent tous être en faveur d’un boycottage diplomatique visant à protester contre le traitement des Ouïgours par le gouvernement chinois. Le Parlement a d’ailleurs adopté une motion reconnaissant le « génocide » des Ouïgours l’hiver dernier.

Mardi, le nouvel ambassadeur américain à Ottawa, David Cohen, n’a pas caché qu’il s’attend à ce que le gouvernement Trudeau suive le mouvement de boycottage.

Les propos de Justin Trudeau sont identiques à ceux des États-Unis. Je suis très confiant que le Canada et les États-Unis auront la même politique envers la Chine en ce qui concerne Jeux olympiques, a-t-il dit.

Selon des organisations de défense des droits de la personne, au moins un million de Ouïgours et d’autres minorités turcophones, principalement musulmanes, sont incarcérés dans des camps au Xinjiang. La Chine est accusée d’y stériliser de force les femmes et d’imposer un travail forcé.

Pékin affirme que les camps sont en fait des centres de formation professionnelle destinés à éloigner leurs pensionnaires de la radicalisation.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin

novembre 29, 2021
Migrants illegaux: "pas de remise en cause" des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin
Migrants illégaux: « pas de remise en cause » des accords du Touquet, il faut un accord UE/Royaume-Uni, selon Darmanin© AFP/FRANCOIS LO PRESTI

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a affirmé lundi qu’il n’y aurait « pas de remise en cause » des accords du Touquet sur la frontière franco-britannique et souhaité un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour endiguer les traversées de migrants illégaux dans la Manche.

Il faut un « accord Union européenne (UE) et Grande-Bretagne » car « cela ne peut pas être un simple accord de réadmission de migrants sur le territoire » français, a déclaré M. Darmanin, rejetant fermement la proposition du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il s’exprimait lors d’une conférence de presse après la réunion le matin d’un Conseil de défense de sécurité intérieure, présidée par le chef de l’État Emmanuel Macron, et consacrée à la lutte contre les traversées de la Manche par des immigrés clandestins.

« Ce que nous voulons », a-t-il insisté, « c’est un accord équilibré qui offre de réelles solutions y compris aux problèmes de la France et de l’Europe (…) Nous ne voulons pas d’un accord unilatéral ».

Gérald Darmanin a annoncé que le Premier ministre Jean Castex écrirait mardi à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l’élaboration de cet accord.

« C’est un accord qui règle le travail entre la Grande-Bretagne et les pays frontaliers dans un cadre d’immigration pas négocié lors du Brexit », a souligné le ministre.

M. Darmanin a par ailleurs rejeté toute « remise en cause » des accords du Touquet (2004) qu placent la frontière britannique côté français, ainsi que l’ont suggéré plusieurs personnalités d’opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l’immigration légale.

Par ailleurs, il a mis en garde les Britanniques contre toute velléité de remettre à la mer les migrants qui arriveraient sur leurs côtes, ce qui serait « une ligne rouge inacceptable ». « Nous n’accepterons jamais la pratique des refoulements en mer », a-t-il assuré, car « le Royaume-Uni n’est pas exonéré du droit international ».

Plus tôt lundi matin, Gérald Darmanin avait appelé le Royaume-Uni à ouvrir un « accès légal à l’immigration » et à prendre « ses responsabilités ».

« Que faire avec les Anglais ? Et bien qu’ils changent leur législation, qu’ils prennent leurs responsabilités », avait-il lancé sur BFM/RMC, rappelant que, chaque année, 30.000 demandes d’asile sont enregistrées en Grande-Bretagne contre environ 150.000 en France.

Soulignant la nécessité de lutter contre les passeurs, le ministre a annoncé le doublement des effectifs de l’Office central dédié à la lutte contre l’immigration clandestine.

Il a prévu de se rendre mardi en « Slovénie » et vendredi en « Pologne » dans le cadre de la préparation du Conseil des ministres de l’Intérieur européen le 9 décembre prochain, qui évoquera le dossier.

Par Le Point avec AFP

Les premiers cas de variant Omicron détectés en Europe

novembre 27, 2021

Des passagers en provenance d’Afrique australe ont été déclarés positifs à la COVID-19 à leur retour en Europe. Les autorités du Royaume-Uni ont confirmé des cas du variant Omicron chez des voyageurs et d’autres États, notamment l’Allemagne et les Pays-Bas, surveillent de près des cas potentiels.

Un centre de vaccination contre la COVID-19 à Duisburg, en Allemagne (archives)

© Martin Meissner/Associated Press Un centre de vaccination contre la COVID-19 à Duisburg, en Allemagne (archives)

Au Royaume-Uni, deux cas du variant Omicron ont été rapportés samedi par le ministre de la Santé, Sajid Javid. Les deux personnes et leur entourage immédiat sont en isolement et subissent de nouveaux tests de dépistage.

Le premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé samedi durcir les mesures d’entrée dans son pays afin de ralentir la propagation du variant Omicron du coronavirus.

En raison du nouveau variant, nous devons maintenant aller plus loin et mettre en place un nouveau régime de tests», a déclaré le dirigeant lors d’une conférence de presse, nous demanderons à toute personne entrant au Royaume-Uni de passer un test PCR» deux jours après son arrivée et de s’isoler jusqu’à ce qu’elle ait le résultat».

Dès dimanche, le Royaume-Uni interdira aussi les vols en provenance du Malawi, du Mozambique, de la Zambie et de l’Angola.

Le variant Omicron est, selon toute vraisemblance, déjà présent en Allemagne», a annoncé sur Twitter le ministre régional des Affaires sociales, Kai Klose.

Des tests réalisés vendredi soir sur un passager arrivé en provenance d’Afrique du Sud à l’aéroport de Francfort, le principal du pays le plus peuplé de l’Union européenne, ont révélé plusieurs mutations typiques d’Omicron», a-t-il ajouté.

En raison de cette forte suspicion, cette personne est en isolement à son domicile. L’analyse complète des résultats est encore en cours», a souligné le ministre.Le premier cas potentiel du variant Omicron en Allemagne a été détecté chez un voyageur qui a atterri à Francfort.

© Michael Probst/Associated Press Le premier cas potentiel du variant Omicron en Allemagne a été détecté chez un voyageur qui a atterri à Francfort.

Les Pays-Bas aux aguets

Aux Pays-Bas, les autorités ont isolé 61 personnes déclarées positives à la COVID-19 à leur arrivée sur deux vols en provenance d’Afrique du Sud vendredi. Les autorités mènent des investigations supplémentaires pour voir si certains voyageurs portent le variant Omicron.

Les avions sont arrivés aux Pays-Bas en provenance de Johannesburg et de Le Cap, peu de temps après que le gouvernement néerlandais eut interdit les vols en provenance des pays d’Afrique australe.

Les 539 voyageurs déclarés négatifs ont été autorisés à rentrer chez eux ou à poursuivre leur voyage vers d’autres pays. En vertu de la réglementation gouvernementale, ceux qui vivent aux Pays-Bas et qui sont autorisés à rentrer chez eux doivent s’isoler pendant au moins cinq jours.

De son côté, le premier ministre tchèque Andrej Babis a affirmé samedi qu’un laboratoire local effectuait des recherches sur un prélèvement réalisé sur une femme qui s’était rendue en Namibie, qui a été déclarée positive à la COVID-19 à son retour.

Elle est rentrée par avion en République tchèque par l’Afrique du Sud et Dubaï», a tweeté M. Babis. La femme était vaccinée, elle a des symptômes modérés et nous aurons le résultat du séquençage demain».

Les autorités italiennes enquêtent elles aussi sur un possible cas du variant Omicron, après qu’une personne rentrée récemment du sud de l’Afrique a été déclarée positive à la COVID-19

La Belgique avait déjà annoncé le premier cas connu en Europe du nouveau variant Omicron. Il s’agissait d’une personne non vaccinée arrivée le 11 novembre d’Égypte par la Turquie.

Il existe un risque élevé à très élevé» que le variant Omicron se répande en Europe, estime pour sa part l’agence de santé de l’UE.

De nombreux pays ont banni les vols en provenance de différents États africains (archives).

© ALY SONG/Reuters De nombreux pays ont banni les vols en provenance de différents États africains (archives).

Restrictions aux pays d’Afrique australe

Une multitude de pays, dont le Canada, l’Australie, le Brésil, l’Iran, le Japon, la Thaïlande et les États-Unis, se sont joints à l’Union européenne et au Royaume-Uni pour imposer des restrictions aux pays d’Afrique australe en réponse aux avertissements concernant la transmissibilité du nouveau variant, en dépit des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a déconseillé de prendre des mesures de restriction aux voyages.

Malgré l’arrêt des vols, il y a de plus en plus de preuves que le variant se répand déjà. Outre l’Europe, des cas ont aussi été signalés chez des voyageurs en Israël et à Hong Kong.

L’OMS a nommé le nouveau variant Omicron, le qualifiant de variant « préoccupant » en raison de son nombre élevé de mutations et de certaines preuves précoces qui démontrent qu’il possède un degré d’infection plus élevé que les autres variants.

Cela signifie que les personnes qui ont contracté la COVID-19 et se sont rétablies pourraient être sujettes à l’attraper à nouveau. Cela pourrait prendre des semaines avant de savoir si les vaccins actuels sont moins efficaces contre lui.

Propagation rapide

La propagation rapide du variant chez les jeunes en Afrique du Sud a alarmé les professionnels de la santé, même s’il n’y avait aucune indication immédiate que le variant provoque une maladie plus grave. En seulement deux semaines, Omicron a transformé une période de faible transmission du virus dans le pays en une période de croissance rapide.

Un certain nombre de sociétés pharmaceutiques, dont AstraZeneca, Moderna, Novavax et Pfizer, ont déclaré avoir mis en place des plans pour adapter leurs vaccins à la lumière de l’émergence d’Omicron.

Les fabricants de vaccins évaluent comment adapter leurs produits pour affronter le nouveau variant (archives).

© JUSTIN TALLIS/AFP Les fabricants de vaccins évaluent comment adapter leurs produits pour affronter le nouveau variant (archives).

Le professeur Andrew Pollard, directeur de l’Oxford Vaccine Group qui a développé le vaccin AstraZeneca, a exprimé un optimisme prudent quant au fait que les vaccins existants pourraient être efficaces pour prévenir les maladies graves dues au variant Omicron.

Il a déclaré que la plupart des mutations semblent se trouver dans des régions similaires à celles d’autres variants.

Cela vous dit qu’en dépit de ces mutations qui existent dans d’autres variants, les vaccins ont continué à prévenir des maladies graves au fur et à mesure que nous traversons l’Alpha, le Bêta, le Gamma et le Delta», a-t-il déclaré à la radio de la BBC.

Au moins d’un point de vue spéculatif, nous avons un certain optimisme quant au fait que le vaccin devrait toujours protéger contre une forme de maladie grave du nouveau variant, mais nous devons vraiment attendre plusieurs semaines pour que cela soit confirmé.»

Il a ajouté qu’il est extrêmement improbable qu’on assiste au redémarrage d’une pandémie dans une population vaccinée comme nous l’avons vu l’année dernière».

Certains experts ont déclaré que l’émergence du variant illustrait à quel point l’accumulation de vaccins dans les pays riches menace de prolonger la pandémie.

Moins de 6 % des personnes en Afrique ont été entièrement immunisées contre la COVID-19, et des millions de travailleurs de la santé et de personnes vulnérables n’ont pas encore reçu une seule dose. Ces conditions peuvent accélérer la propagation du virus, offrant plus de possibilités pour qu’il évolue vers un variant dangereux.

Depuis fin 2019, la pandémie a fait au moins 5,18 millions de morts dans le monde, selon un décompte de l’AFP.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, de Reuters et et l’Associated Press

Explosion de Liverpool: le Royaume-Uni relève le niveau de la menace terroriste

novembre 15, 2021
Explosion de Liverpool: le Royaume-Uni releve le niveau de la menace terroriste
Explosion de Liverpool: le Royaume-Uni relève le niveau de la menace terroriste© AFP/Paul ELLIS

Le Royaume-Uni a relevé lundi à « grave » le niveau de la menace terroriste sur le sol britannique, après l’explosion d’un taxi à Liverpool (nord de l’Angleterre), qualifiée d' »acte terroriste » par la police.

Cette attaque, qui a fait un mort – le terroriste présumé – vient rappeler « le besoin pour chacun de nous de rester vigilant », a déclaré le Premier ministre Boris Johnson lors d’une conférence de presse, soulignant que « le peuple britannique ne se laissera jamais intimider par le terrorisme ».

« Nous ne cèderons jamais devant ceux qui veulent nous diviser », a-t-il ajouté.

Ce relèvement du niveau de la menace signifie que les autorités considèrent comme hautement probable une attaque terroriste.

Quatre hommes ? âgés de 20 à 29 ans ? ont été arrêtés depuis l’explosion dimanche du taxi devant un hôpital pour femmes de Liverpool, a annoncé la police qui a évoqué lundi un « acte terroriste » tout en précisant que ses motivations « restaient à déterminer ».

La ministre de l’Intérieur Priti Patel a souligné qu’il s’agissait de la deuxième attaque en un mois, après le meurtre le 15 octobre du député David Amess lors d’une permanence parlementaire à une soixantaine de kilomètres de Londres. Son auteur présumé a été inculpé pour meurtre et préparation d’actes terroristes.

Les enquêteurs pensent que l’engin explosif de Liverpool a été « fabriqué » par le passager du taxi, qui est décédé dans l’explosion.

La police a perquisitionné deux adresses à Liverpool. A l’une d’elle, avenue Rutland, « des éléments importants ont été trouvés et des recherches supplémentaires seront nécessaires aujourd’hui et potentiellement dans les prochains jours », a indiqué la police.

Le passager avait emprunté le taxi dans cette avenue, demandant au chauffeur de l’emmener à l’hôpital pour femmes, situé à dix minutes en voiture.

C’est devant cet hôpital que l’explosion est survenue dimanche matin, au moment où le Royaume-Uni commémorait les victimes des guerres, à l’occasion du « Dimanche du Souvenir ».

Elle s’est produite juste avant 11H00 (locale et GMT), heure à laquelle la nation se recueillait en silence, et à quelques centaines de mètres de la cathédrale de Liverpool où des centaines de soldats, vétérans et membres du public étaient rassemblés.

« Nous ne pouvons pas établir de lien à ce stade mais c’est une piste d’enquête que nous explorons », a déclaré lors de la conférence de presse lundi Russ Jackson, chargé de la police antiterroriste de la région, à propos de ces commémorations.

Il a précisé que les enquêteurs pensaient connaître l’identité du passager tué mais ne souhaitaient pas la révéler pour le moment.

« Bravoure incroyable »

Blessé lors de l’explosion, le chauffeur de taxi a été qualifié de « héros » par des responsables politiques et des tabloïds qui ont affirmé qu’il avait permis d’éviter des morts.

« Il semble que le chauffeur de taxi en question se soit comporté avec une présence d’esprit et une bravoure incroyables », a déclaré Boris Johnson lundi lors d’une visite dans un centre médical de Londres.

D’après The Daily Mail, le chauffeur a repéré que son passager avait l’air « suspect » et l’a enfermé dans le taxi, avant de s’échapper.

« Le chauffeur de taxi, dans ses efforts héroïques, a réussi à éviter ce qui aurait pu être une catastrophe absolument horrible à l’hôpital », a déclaré la maire de Liverpool, Joanne Anderson sur la BBC, confirmant qu’il avait « verrouillé les portes » du véhicule.

Il a depuis quitté l’hôpital où il était soigné, selon la police.

La police antiterroriste est chargée de l’enquête avec, selon la BBC, le soutien du service de renseignement MI5.

Appel à la vigilance

La police locale avait expliqué avoir été alertée vers 11H00 et être immédiatement intervenue.

Des images ont montré une large fumée grise s’échappant des lieux de l’explosion et un véhicule carbonisé.

Phil Garrigan, chef des pompiers du Merseyside, a déclaré que l’incendie du véhicule était « complètement développé » à l’arrivée des véhicules de secours.

La police a exhorté la population à « rester calme mais vigilante ».

Par Le Point avec AFP

Royaume-Uni : une sculpture monumentale qui dérange pour le jubilé de la reine

novembre 2, 2021

La validation du projet par le gouvernement britannique a suscité la colère des habitants de la région, comme le rapporte le « Guardian ».

La sculpture est une celebration du jubile de la reine Elizabeth II.
La sculpture est une célébration du jubilé de la reine Elizabeth II.© OLI SCARFF / POOL / AFP

Pour les uns, c’est une reconnaissance bien méritée pour célébrer le jubilé de platine de la reine d’Angleterre. Pour d’autres, une attraction qui fera venir les touristes en nombre dans le plus au nord des comtés de l’Angleterre. Mais pour une partie des habitants du comté de Northumberland, l’installation d’une imposante sculpture, proche d’une pale de turbine, de 55 mètres de haut est un acte de « vandalisme écologique » qui risque d’incommoder le paysage de toute une région.

Comme le rapporte le Guardian, un urbaniste envoyé par le gouvernement britannique a affirmé son soutien à la sculpture ce mardi, malgré le refus du permis de construire par le conseil du comté de Northumberland. L’installation de l’œuvre va donc pouvoir aller de l’avant. La sculpture, intitulée Ascendant, a été créée par l’artiste Simon Hitchens afin de célébrer l’année du jubilé de platine, 70 ans de règne, de la reine Elizabeth II. Selon le Guardian, elle se présente comme un échantillon prélevé à l’intérieur de la colline sur laquelle elle se dresse, à travers le substrat rocheux.

« Vandalisme écologique »

Mais la structure monolithique suscite de nombreuses critiques chez les artistes et les habitants de la région qui y voient une forme proche de celles que l’on pouvait trouver dans l’Europe de l’Est soviétique. La galeriste Mary Ann Rogers, à la tête d’un rassemblement de 2 000 personnes opposées au projet, se déclare « dévastée » : « Je vis à quelques kilomètres du site et c’est un endroit très spécial. On s’y promène dans le calme, on y écoute les oiseaux, je suis outrée qu’ils y fassent quelque chose d’aussi insensé. » « Ironie monumentale », « vandalisme écologique », l’œuvre ressemble pour elle à « un cimeterre, un couteau, une épée ».

Le troisième vicomte Devonport, Terence Kearley, est le propriétaire du terrain et instigateur du projet. Cet ancien membre de la Chambre des lords assure que la construction n’aura aucun effet sur l’environnement et se réjouit de la décision gouvernementale. « Nous avons l’ambition de créer une sculpture qui, non seulement, célébrera la reine et le Commonwealth, mais sera aussi un véritable phare pour les visiteurs et touristes de la région profitable pour l’économie locale », affirme-t-il. Jusqu’à 3,5 millions d’euros doivent désormais être récoltés pour mener le projet à bien.

Avec Le Point

COP26 : le discours du président Denis Sassou N’Guesso lors de la première journée

novembre 2, 2021

Le chef de l’Etat congolais, président de la Commission climat du Bassin du Congo, a pris la parole, le 1er novembre, devant l’assemblée des dirigeants présents à Glasgow, en Ecosse, pour plaider la cause du continent africain et du Bassin du Congo. Retrouvez l’intégralité de son discours.

Le président Denis Sassou N’Guesso à la tribune de la Conférence sur le climat de Glasgow /AFP

• Excellences mesdames et messieurs les chefs d’État et de gouvernement,

• Distingués délégués,

• Mesdames et messieurs.

Permettez-moi, avant tout propos, d’exprimer mes sincères remerciements à sa majesté la reine Elisabeth II, au gouvernement et au peuple du Royaume-Uni, pour l’hospitalité et l’accueil chaleureux qui ont été réservés à ma délégation et à moi-même.

Permettez-moi aussi, en ma qualité de président de la Commission Climat du Bassin du Congo regroupant seize États d’Afrique centrale et de l’est, ainsi que le royaume du Maroc, de dire toute l’importance que nous accordons à cette COP 26, particulièrement cruciale pour l’avenir de l’Humanité.

Mon pays, la République du Congo, se situe au sein du Bassin du Congo, cet immense massif de forêts et de tourbières qui est aujourd’hui le premier capteur de carbone net de la planète après la déforestation de l’Amazonie.

À elles seules, les tourbières de la Cuvette centrale séquestrent 31 milliards de tonnes de carbone, soit trois années d’émissions mondiales. La place qu’occupe le Bassin du Congo dans la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris est donc absolument incontournable.

Vous l’avez clairement compris : le Bassin du Congo rend au monde des services écosystémiques inestimables. Mais, que reçoit-il en échange ? Hélas, très peu.

En effet, les pays industrialisés, à qui incombe la responsabilité historique du dérèglement climatique, se montrent réticents à mobiliser les financements nécessaires à la concrétisation de leurs engagements. Les grandes difficultés auxquelles se heurte l’application de l’article 6 de l’Accord de Paris, qui engage les pays riches à soutenir les efforts d’atténuation et surtout d’adaptation des pays en développement, en sont la preuve évidente.

La République du Congo, en ce qui la concerne, a déjà soumis au secrétariat de la Convention sa contribution déterminée au niveau national révisée. Nos ambitions, qui prennent en compte l’ensemble des secteurs d’émission des gaz à effet de serre, ont été rehaussées et la République du Congo fait figure d’élève modèle au palmarès de l’écologie mondiale.

Je ne cesse de le répéter sur toutes les tribunes, depuis le Sommet de Rio en 1992, la détermination des pays du Bassin du Congo en général, et celle de la République du Congo en particulier à préserver ce vaste ensemble est totale. Toutefois, cet engagement va de pair avec la volonté, tout aussi inexorable, de poursuivre notre développement économique et social, pour le bien-être de nos populations. Ces deux objectifs ne s’excluent pas, ils se complètent.

Exiger de nous un ralentissement de notre développement pour que la planète respire mieux, serait, en effet, profondément injuste et même immoral.

C’est pourquoi vous me permettrez de faire ici, une fois de plus, le plaidoyer du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, initiative commune des pays membres de la Commission Climat du Bassin du Congo auxquels s’est joint le royaume du Maroc, et qui n’attend plus qu’à être abondé avec l’engagement de tous nos partenaires.

En prenant la décision de protéger et de conserver le Bassin du Congo pour le bien de l’humanité, nous avons su prendre nos responsabilités.

A chacun désormais d’assumer les siennes. Je vous remercie.

Avec Adiac-Congo par La Rédaction

COP26 : la reine Elizabeth II ne sera finalement pas de la partie

octobre 26, 2021

La souveraine britannique a renoncé, sur avis médical, à participer à la conférence onusienne sur le climat, qui doit s’ouvrir à Glasgow en fin de semaine.

Cela faisait plusieurs jours que l'etat de sante de la monarque britannique, 95 ans, suscitait quelques interrogations.
Cela faisait plusieurs jours que l’état de santé de la monarque britannique, 95 ans, suscitait quelques interrogations.© ANDY BUCHANAN / POOL / AFP

La reine Elizabeth II, 95 ans, a renoncé à participer à la conférence de l’ONU sur le climat COP26 à la suite d’un avis lui enjoignant de « se reposer », a annoncé mardi le palais de Buckingham.

« À la suite d’un avis lui conseillant de se reposer, la reine effectue des tâches légères au château de Windsor. Sa Majesté a décidé à regret de ne pas se rendre à Glasgow pour assister à la réception de la COP26 le lundi 1er novembre », a annoncé le Palais dans un communiqué, moins d’une semaine après que la souveraine a passé une nuit à l’hôpital.

Par Le Point avec AFP

La haute-commissaire britannique espère l’aide canadienne en vue de la COP26

octobre 24, 2021

OTTAWA — Le Canada est toujours un partenaire fiable pour combattre les changements climatiques, même si les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté au cours des dernières années, soutient la nouvelle haute-commissaire britannique à Ottawa.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

Susannah Goshko a déclaré à La Presse Canadienne que le gouvernement Trudeau a fait preuve de leadership sur la scène mondiale dans la lutte aux changements climatiques.

Elle souligne notamment que le Canada a doublé ses engagements financiers et augmenté ses cibles de réduction des émissions de carbone. Cela met de la pression sur les autres pays.

Mme Goshko s’est prononcée à ce sujet au moment où le Royaume-Uni se prépare à présider la prochaine conférence de l’ONU sur le sujet des changements climatiques, la COP26, qui se déroulera le mois prochain à Glasgow, en Écosse.

Le premier ministre Justin Trudeau a dû essuyer les critiques de ses rivaux politiques et des groupes environnements lors de la récente campagne électorale. Les émissions de carbone ont continué d’augmenter de 2015 à 2019, la plus récente année où les données sont disponibles, au Canada.

On ignore si les nouvelles politiques fédérales ont permis au pays de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre au cours des deux dernières années, mais les plus récentes données ont nourri la vision selon laquelle la réputation du Canada a été ternie depuis 2015.

Mais pas aux yeux des Britanniques, selon Mme Goshko.

«Il est bien sûr difficile de faire ce qui est nécessaire pour atteindre nos objectifs climatiques, dit-elle. La transition vers une économie carboneutre est vraiment, vraiment délicate. La chose importante en ce qui concerne le Canada, c’est que la volonté d’y parvenir existe.»

Le Canada s’est engagé cette année à être carboneutre d’ici 2050. Il a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030.

Cette volonté exprimée par le gouvernement canadien démontre «le puissant leadership du Canada» dans ce domaine, affirme Mme Goshko. Elle souligne aussi l’action commune du Canada et de l’Allemagne pour convaincre les pays riches à mobiliser 100 milliards $ pour aider les pays pauvres à combattre les changements climatiques.

«C’est le genre de leadership dont nous avons besoin. Il faut que tous les pays intensifient leurs efforts si on veut que la prochaine COP soit une réussite.»

Selon elle, il est crucial que la Chine, qui est le plus important émetteur mondial de GES, joue un rôle à la COP26, mais le gouvernement britannique attend toujours de savoir si le président Xi Jinping sera présent dès l’ouverture de la conférence.

La haute-commissaire rappelle que même si la Chine est très énergivore, il est le pays qui investit le plus dans les énergies renouvelables.

Faire front à la Chine

Mme Goshko a été une conseillère de haut rang de l’ancien secrétaire aux Affaires étrangères Dominic Raab pendant la période qui a vu un renforcement des liens entre les deux pays.

Elle a pu observer une amitié se développer entre M. Raab et l’ancien ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, avant et après le début de la pandémie de COVID-19.

Mme Goshko rapporte que son ancien patron était très enthousiaste à l’idée d’approfondir les relations du Royaume-Uni avec le Canada, notamment à la suite du Brexit.

Cela s’est manifesté par un appui constant au Canada pour dénoncer l’emprisonnement arbitraire de Michael Kovrig et de Michael Spavor, qui ont été finalement libérés en septembre.

La diplomate rappelle que le Canada a été l’un des premiers à condamner les violations des droits de la personne à Hong Kong. Il a sanctionné la Chine pour avoir maltraité la minorité ouïghoure dans la province de Xinjiang.

«Je ne peux pas me souvenir d’une fois où le Canada aurait refusé de nous appuyer sur ces sujets», dit-elle.

Mme Goshko soutient que la coopération militaire entre le Royaume-Uni et le Canada demeurait grande, notamment dans l’est de l’Europe et dans l’Arctique. 

Elle a maintenu que l’alliance entre les services de renseignement des deux pays, des États-Unis, de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, connue sous le nom des Five Eyes, demeurait une grande priorité pour le Royaume-Uni. Chaque pays membre cherche à renforcer ses capacités dans ce domaine. Il n’y a rien de contradictoire avec la formation de l’AUKUS, une nouvelle alliance entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.

«Je ne pense pas que l’AUKUS nuise à Five Eyes. Il ne sera pas logique pour nous qu’une organisation fonctionne au détriment de l’autre.»

Avec Mike Blanchfield, La Presse Canadienne

Royaume-Uni: Interrogations sur la santé d’Elizabeth II après une nuit à l’hôpital

octobre 22, 2021
Interrogations sur la sante d'Elizabeth II apres une nuit a l'hopital
Interrogations sur la santé d’Elizabeth II après une nuit à l’hôpital© AFP/Tolga Akmen

Tenue initialement secrète, la nuit passée à l’hôpital par Elizabeth II suscite vendredi des questions sur l’état de santé de la souveraine de 95 ans, qui a récemment gardé un agenda officiel chargé.

Ce n’est que lorsque le tabloïd The Sun a révélé l’information que le palais de Buckingham a officialisé, tard dans la soirée, l’hospitalisation. Cette dernière, qui a duré entre mercredi après-midi et jeudi midi, a été officiellement justifiée par la nécessité pour la reine de subir des « examens préliminaires » après avoir été mise au repos.

Selon une source interrogée par l’agence de presse PA, Elizabeth II, à qui le Premier ministre Boris Johnson a adressé ses voeux de rétablissement, « se repose et effectue des tâches légères » vendredi depuis le château de Windsor, en périphérie de Londres.

« Les sources royales cherchent à donner l’impression qu’elle en a juste fait trop mais ils risquent d’avoir du mal à convaincre le public maintenant », a observé Richard Palmer, journaliste au Daily Express.

Après presque 70 ans passés sur le trône, la reine continue d’afficher une bonne forme en public. Elle a participé ces derniers temps quasi quotidiennement à des engagements officiels et ses hospitalisations rendues publiques sont rarissimes, la dernière remontant à 2013 pour une gastroentérite. Elle a été vue la semaine dernière marcher avec une canne, une première depuis 2004.

Vaccinée contre le Covid-19, elle a encore accueilli mardi à un réception à Windsor en présence de Boris Johnson et de l’homme d’affaires américain Bill Gates, discutant debout avec les invités, sans masque.

Le lendemain matin, elle a annulé une visite en Irlande du Nord après avoir « accepté à contrecoeur » le conseil de ses médecins de se reposer.

Lorsque sa nuit à l’hôpital Edward VII de Londres a été rendue publique, des sources au palais se sont empressées de préciser aux médias britanniques qu’elle s’y était rendue pour consulter des spécialistes et qu’elle n’était restée toute la nuit que pour des raisons « pratiques ».

« Affection »

« Je pense qu’il y a une certaine irritation au palais ce matin que cela soit sorti, mais cela reflète l’énorme affection et inquiétude du pays », a estimé Robert Hardman, auteur d’ouvrages sur la famille royale, sur la BBC.

Elizabeth II détient le record de longévité sur le trône britannique, auquel elle a accédé en 1952. Elle reste une personnalité très aimée des Britanniques et dans le monde, louée pour avoir su préserver la monarchie malgré les transformations majeures subies par le Royaume-Uni pendant son règne, de la décolonisation au Brexit, et malgré les nombreuses crises la secouant, telles la mort de Diana en 1997.

Plus récemment, la fracassante mise en retrait de la monarchie de son petit-fils le prince Harry et de son épouse Meghan, partis en Californie, ou encore les accusations d’agressions sexuelles visant son fils Andrew sont venues ébranler l’institution.

Son héritier, le prince Charles, 72 ans, est bien moins populaire et la presse lui prête l’intention de réduire le train de vie de la monarchie en la limitant à quelques membres actifs de la famille.

« Je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter », relativise Kirsty Duffield, un Londonienne interrogée par l’AFP près du palais de Buckingham. « A son âge, c’est normal de faire des examens. C’est bon signe qu’elle soit sortie si vite ».

« Elle est en très bonne santé: elle monte toujours à cheval, sort de chez elle, c’est une femme très forte », approuve Katie Lavin, tout en concédant: « En même temps, elle a 95 ans ».

Charlie Liwood, un retraité, relève que la longévité de la mère d’Elizabeth II, morte à 101 ans. « En même temps, ces gens ont une vie facile »…

En dépit de régulières spéculations sur une mise en retrait, notamment après la mort en avril de son époux Philip à 99 ans, Elizabeth II, cheffe d’État de 16 royaumes, garde un agenda chargé.

Si elle ne se déplace plus à l’étranger et s’y fait représenter par son fils Charles. Elle a participé au sommet du G7 en recevant le président américain Joe Biden en juin, remet des décorations et reçoit les nouveaux ambassadeurs au Royaume-Uni, parfois par visioconférence.

La souveraine est attendue lors de la conférence de l’ONU sur le climat de la COP26 début novembre à Glasgow, en Écosse.

Par Le Point avec AFP