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Royaume-Uni : les interminables vacances de Boris Johnson

août 15, 2022

Pour la deuxième fois en deux semaines, le Premier ministre démissionnaire est en congé, alors que les Britanniques subissent plusieurs crises.

Boris Johnson a ete apercu en Grece avec son epouse.
Boris Johnson a été aperçu en Grèce avec son épouse.© MATEUSZ WLODARCZYK / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Au moment où le Royaume-Uni subit plusieurs crises, en particulier une inflation record, le Premier ministre sortant Boris Johnson a entamé une semaine de vacances, son deuxième repos en 15 jours, a confirmé, lundi, son bureau. « Le Premier ministre est en vacances cette semaine », a indiqué un porte-parole de Downing Street, en soulignant que les chefs de gouvernement, même absents, restent « informés de tous les dossiers urgents et prennent des décisions, particulièrement en matière de sécurité nationale ».

Ce porte-parole n’a pas précisé où Boris Johnson se trouvait, mais, selon le quotidien The Times, il s’est rendu avec son épouse Carrie en Grèce, où il a été photographié dans un supermarché d’une banlieue d’Athènes. Cette escapade à l’étranger intervient une semaine après que Boris Johnson, qui a démissionné début juillet après des mois de scandale, a passé quelques jours en Slovénie pour une « lune de miel » avec sa femme, de 24 ans sa cadette et épousée il y a un an, la troisième union pour le dirigeant politique.

Ce dernier a promis de rester aux affaires jusqu’à la désignation d’un nouveau chef du Parti conservateur. Seuls deux candidats restent en lice, la cheffe de la diplomatie Liz Truss et l’ancien ministre des Finances Rishi Sunak. Le résultat de l’élection interne à la formation politique est attendu le 5 septembre.

Le Royaume-Uni confronté à l’inflation et à la sécheresse

Les nouvelles vacances de Boris Johnson interviennent alors que des voix se sont élevées dans la classe politique britannique pour lui reprocher d’être aux abonnés absents au moment où ses compatriotes souffrent d’une très forte augmentation du coût de la vie, avec en particulier une explosion des prix de l’électricité. Downing Street avait affirmé la semaine dernière qu’il reviendrait « au futur Premier ministre » d’agir face à cette crise, et non à Boris Johnson, censé expédier les affaires courantes.

Le pays fait également face à une sécheresse historique qui frappe de plein fouet le secteur agricole et a rendu nécessaire la mise en place de restrictions d’arrosage dans plusieurs régions. Selon The Times, Boris Johnson a l’intention de se lancer dans « une série de visites et de discours » après son retour le week-end prochain, afin d’inciter son successeur à continuer à défendre ses priorités, notamment le soutien du Royaume-Uni à l’Ukraine face à l’invasion russe.

Avec Le Point avec AFP

Canicule en Europe : le Royaume-Uni dépasse les 40°C, un record historique

juillet 19, 2022
Des gens se rafraîchissent, les pieds dans l'eau de la fontaines de Trafalgar Square, dans le centre de Londres, le 17 juin 2022.

Le mercure a dépassé mardi le record jamais atteint au Royaume-Uni avec 40,2 °C à l’aéroport Heathrow. Photo: AFP via Getty Images/Carlos Jasso

La température a dépassé mardi le seuil des 40 °C au Royaume-Uni, une première dans ce pays frappé comme le reste de l’Europe occidentale par une canicule qui occasionne des feux de forêt dévastateurs, notamment en France.

Il s’agit du deuxième phénomène de chaleur intense en à peine un mois en Europe. Cette multiplication est une conséquence directe de la crise climatique, selon les scientifiques, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.

Le mercure a dépassé un niveau jamais atteint au Royaume-Uni avec 40,2 °C à 11 h 50, heure locale, à l’aéroport d’Heathrow, dans l’ouest de Londres, a annoncé l’agence météo Met Office.

Le record historique de températures – qui datait de juillet 2019 avec 38,7 degrés – avait déjà été battu dans la matinée avec plus de 39 °C recensés au sud de Londres.

C’est sûr que les Anglais ne sont pas habitués à ça. C’est dur d’être dehors, même à l’ombre c’est étouffant, a déclaré à l’AFP Emily Nixon, 34 ans, qui lundi a trouvé refuge dans une piscine municipale de la capitale britannique.

Après avoir vécu lundi la journée la plus chaude de l’année, les Britanniques ont passé la nuit la plus chaude jamais enregistrée dans le pays avec des températures qui par endroits ne sont pas descendues sous les 25 °C.

Le ministre des Transports Grant Schapps a souligné sur la BBC que non, les transports publics du pays datant de l’époque victorienne n’étaient pas en mesure de gérer de telles chaleurs.

Tous les trains sont annulés à cause de la chaleur. Je ne comprends pas. Ils ont des trains en Australie. Qui fonctionnent. Quel est le problème ici?, s’est agacé Ashley Meeloo, un usager de 62 ans à Londres.

Le gouvernement a été accusé de prendre le phénomène à la légère. Le premier ministre démissionnaire Boris Johnson a séché une réunion d’urgence sur la crise dimanche, préférant assister à un pot de départ, et le vice-premier ministre Dominic Raab a dit aux Britanniques de profiter du soleil.

Un panneau routier avertissant les automobilistes des prévisions de canicule pour les 18 et 19 juillet.

L’agence météorologique britannique annonce que les températures pourraient dépasser mardi la barre des 40 degrés dans le sud-est du pays. Photo : Getty Images/AFP/Damien Meyer

Des militants écologistes du groupe Extinction Rebellion ont brisé mardi matin des vitres de News UK, qui édite notamment le tabloïd The Sun, pour protester contre le traitement de la canicule dans certains médias.

The Sun a choisi de mettre en une des images de femmes en bikinis, de plages et d’enfants heureux avec des glaces, a dénoncé le groupe. Un autre tabloïd a titré lundi Ce n’est pas la fin du monde, stay cool and carry on [restez au frais et continuez].

Léger répit en France

Ailleurs en Europe, les Pays-Bas, qui ont enregistré lundi leur jour le plus chaud de l’année avec 35,4 °C, étaient confrontés déjà à des températures de 33 degrés vers 9 h 20 GMT. Quelque 39 °C sont attendus dans l’après-midi.

La Belgique redoute des records, le thermomètre pouvant grimper par endroits jusqu’à 40 °C. Exceptionnellement, les grands musées gérés par l’État fédéral sont accessibles gratuitement aux plus de 65 ans, qui peuvent y trouver de la fraîcheur.

En France, la température devrait baisser mardi sur la façade atlantique après une nuit compliquée en Gironde sur le front des deux incendies géants qui ont déjà ravagé 17 000 hectares de forêt.

Lundi, les records ont été battus dans plusieurs villes : 39,3 °C à Brest [nord-ouest], 42 °C à Nantes [centre ouest] ou 42,6 °C à Biscarosse [sud-ouest], selon Météo France. Le record absolu dans le pays, 46 °C, remonte au 28 juin 2019 à Vérargues [sud].

Quelque 16 000 personnes ont dû être évacuées lundi sous plus de 40 °C en raison des feux dans la région de Bordeaux.

En Bretagne, région généralement peu touchée par les feux de forêt, près de 1400 hectares de végétation sont partis en fumée dans le Finistère et 500 personnes ont été évacuées, 260 sapeurs-pompiers étant encore à pied d’œuvre mardi matin.

Une femme est assise près d'une fontaine à Paris.

En France, les températures devraient baisser un peu, mais les autorités du pays ont appelé à la prudence. Photo : Getty Images/AFP/Stefano Rellandini

Ça brûle toujours en Espagne et au Portugal

En Espagne, où la vague de chaleur extrême sévit depuis près de dix jours, les feux de forêt continuaient de faire rage mardi matin, notamment dans la province de Zamora [nord-ouest]. Selon les autorités régionales, près de 6000 personnes ont dû être évacuées à cause des flammes qui ont détruit plusieurs milliers d’hectares de prairies et de forêts.

Un léger répit était annoncé côté températures par l’agence météorologique nationale, alors que le mercure a allègrement dépassé les 40 degrés ces derniers jours.

Le changement climatique tue des personnes […], mais aussi notre écosystème, notre biodiversité, a réagi lundi le président du gouvernement Pedro Sanchez.

Au Portugal, plus de 1400 pompiers continuaient de lutter mardi matin contre les incendies dans le centre et le nord du pays.

Les deux feux de forêt les plus préoccupants à l’extrême nord du pays. L’un d’entre eux mobilisait mardi près de 700 pompiers et a conduit dans la soirée de lundi à l’évacuation de 300 personnes.

Un couple de septuagénaires a trouvé la mort lundi dans la zone après être sorti de la route alors qu’il tentait d’échapper aux flammes.

Une nouvelle hausse des températures est prévue dès mercredi dans le pays.

Un avion Canadair qui éteint le feu.

Au Portugal, les feux font toujours rage. Photo : Getty Images

Toute l’Allemagne est aussi confrontée à cette vague de chaleur, mais en Basse-Saxe [nord-ouest], les températures pourraient atteindre aujourd’hui les 40 degrés et donc s’approcher du maximum de 42,6 degrés enregistré dans cette région en juillet 2019 par le service météorologique allemand (DWD).

Environ la moitié du territoire de l’UE est actuellement confrontée à un risque de sécheresse à cause de l’absence prolongée de précipitations, qui expose des pays comme France, la Roumanie, l’Espagne, le Portugal et l’Italie à une probable baisse de rendement des cultures, selon la Commission européenne.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

L’Europe occidentale brûle toujours sous les effets de la canicule

juillet 16, 2022
L'Europe occidentale brule toujours sous les effets de la canicule
L’Europe occidentale brûle toujours sous les effets de la canicule© AFP/PATRICIA DE MELO MOREIRA

Une partie de l’Europe occidentale continuait de lutter samedi contre des feux de forêt dévastateurs, conséquence d’une vague de chaleur, selon les prévisionnistes, qui pourrait faire tomber plusieurs records de température au début de la semaine prochaine.

Dans le sud-ouest de la France, la mobilisation des pompiers ne faiblissait pas samedi pour fixer les incendies, particulièrement en Gironde où près de 10.000 hectares de forêt sont partis en fumée depuis mardi, dans un contexte de canicule généralisée où les températures pourraient atteindre 40°C localement, selon Météo-France.

Dans le touristique bassin d’Arcachon, en bord d’océan atlantique, les efforts déployés ont permis de ralentir la progression du feu. « Nous sommes toujours, et c’est une satisfaction, à 3.150 hectares brûlés, mais le feu n’est toujours pas maîtrisé », a déclaré à la presse un représentant de l’Etat, en saluant « l’énorme intensité et mobilisation » des pompiers.

Des reprises ont eu lieu ces dernières heures du côté de plages proches.

Plus dans les terres, le feu continue de progresser dans deux petites communes, avec désormais « plus de 7.000 hectares » brûlés, selon les autorités.

Ces feux, qui mobilisent plus d’un millier de pompiers, ont entraîné depuis mardi l’évacuation de plus de 12.000 personnes.

Accalmie en péninsule ibérique

Le Portugal connaissait une relative accalmie, avec un seul incendie important encore actif samedi, dans le nord du pays.

« Nous prévoyons de circonscrire ce feu dans la journée », a déclaré le commandant de la protection civile André Fernandes.

Ce feu semblait perdre en intensité en début d’après-midi, ont témoigné sur place des journalistes de l’AFP. Si la colline boisée d’où s’échappait de la fumée blanche était inaccessible aux pompiers, l’action d’un hélicoptère anti-incendie parvenait à ce stade à limiter la progression des flammes.

La veille, un avion bombardier d’eau qui combattait un feu de forêt dans la région de Guarda (nord) s’est écrasé, provoquant la mort du pilote, son unique occupant.

Selon un bilan de la protection civile portugaise, les incendies de la dernière semaine ont fait deux morts et une soixantaine de blessés. D’après ses estimations, ces feux ont ravagé, depuis le début de la canicule, entre 12.000 et 15.000 hectares de forêt et de broussailles.

En Espagne, des dizaines d’incendies faisaient toujours rage du nord au sud du pays. Dans la région d’Estrémadure, limitrophe du Portugal, un tronçon de l’autoroute A5, reliant Madrid à la frontière portugaise, a pu être rouvert à la circulation après avoir été fermé pendant plus de douze heures en raison d’un brasier.

A l’extrême sud, en Andalousie, un feu près de Malaga a obligé à l’évacuation préventive de plus de 3.000 personnes, selon les services de secours andalous.

En Grèce, les pompiers continuaient de combattre un foyer qui s’était déclaré vendredi matin, provoquant l’évacuation préventive de sept villages dans une zone rurale de la préfecture de Rethymno, sur l’île de Crête.

L’Agence météorologique espagnole a maintenu pratiquement tout le pays sous différents niveaux d’alerte aux températures élevées samedi, avec des valeurs supérieures à 40ºC dans de nombreuses régions et jusqu’à 44ºC par endroits.

Au Portugal, seule la région de l’Algarve au sud ne se trouvait pas en alerte à la chaleur. Dans le reste du pays, l’Institut météo prévoit samedi des températures pouvant atteindre les 42°C par endroits.

Alerte rouge au Royaume-Uni

Plus au nord de l’Europe, au Royaume-Uni, un comité de crise composé de ministres du gouvernement britannique devait se réunir dans la journée de samedi après que l’agence météorologique nationale a émis la toute première alerte « rouge » pour chaleur extrême, mettant en garde contre un « risque pour la vie ».

Le Met Office a déclaré que dans le sud de l’Angleterre, les températures pourraient dépasser les 40°C pour la première fois lundi ou mardi, pouvant ainsi battre le record de 38,7°C datant de 2019.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a conseillé aux Londoniens de n’utiliser les transports publics ces jours-là qu’en cas de « nécessité absolue ». Les compagnies ferroviaires ont également invité les passagers à éviter de voyager.

Certaines écoles du sud de l’Angleterre ont annoncé aux parents qu’elles resteraient fermées en début de semaine prochaine.

Cette vague de chaleur est la deuxième en à peine un mois en Europe. La multiplication de ces phénomènes est une conséquence directe du réchauffement climatique selon les scientifiques, les émissions de gaz à effet de serre augmentant à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.

Par Le Point avec AFP

Royaume-Uni : la liste des candidats à la succession de Johnson se précise

juillet 13, 2022

Après un premier vote au Parlement britannique, mercredi 13 juillet, six prétendants au poste de Premier ministre restent encore dans la course.

La succession de Boris Johnson a Downing Street bat son plein au Royaume-Uni.
La succession de Boris Johnson à Downing Street bat son plein au Royaume-Uni. © STEFAN ROUSSEAU / POOL / AFP

La succession de Boris Johnson à Downing Street bat son plein au Royaume-Uni. Le nombre de candidats en lice s’est réduit à six, mercredi 13 juillet. Au terme d’un premier tour de scrutin, réservé aux députés conservateurs, l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak est arrivé en tête avec 88 votes, devant Penny Mordaunt avec 67 votes.

Quasi inconnue du grand public au Royaume-Uni la semaine dernière, la secrétaire d’État au Commerce extérieur fait une ascension fulgurante. Avec un slogan « PM4PM », jouant sur ses initiales et celles du titre de Premier ministre, Penny Mordaunt, 49 ans, a lancé mercredi sa campagne en se définissant comme la « meilleure chance de gagner » pour les conservateurs aux prochaines élections, car elle serait « la candidate que les travaillistes craignent le plus ». La fibre patriotique de cette réserviste de la Royal Navy, qui pose fièrement devant l’Union Jack sur sa photo de campagne, semble parler à la base du parti, à qui il reviendra de départager les deux finalistes lors d’un vote par correspondance dont le résultat est attendu le 5 septembre.

Favorite dans les sondages

Un sondage YouGov réalisé les 12 et 13 juillet auprès de plus de 800 adhérents du parti la donne largement favorite : elle obtient 27 %, loin devant la secrétaire d’État à l’Égalité Kemi Badenoch (15 %) et l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak, ex-aequo avec la cheffe de la diplomatie Liz Truss, avec 13 %. En finale, elle l’emporterait haut la main quel que soit son adversaire. En revanche, seuls 11 % des Britanniques (16 % chez les conservateurs) sont capables de la nommer en voyant son visage, selon une autre étude (Savanta ComRes).

Ancienne ministre de la Défense – première femme à ce poste –, elle joue la carte du sérieux et du renouveau. L’un de ses mots d’ordre est qu’il est temps de parler plus du navire que du capitaine.

« Sérieux défis »

Elle a aussi pour elle le fait d’avoir fait campagne pour le Brexit dès 2016, positionnement important pour toute une frange du parti qui conserve une certaine fidélité à Boris Johnson et entend faire barrage à Rishi Sunak. « Faible taux d’imposition, État réduit, responsabilité personnelle. Nous devons revenir à cela, car nous avons de sérieux défis à relever », a-t-elle lancé dans un premier discours de campagne mercredi matin, où elle s’est montrée confiante et tout à son aise.

Un récent sondage du site Conservative Home, auprès d’un panel de plus de 800 membres du parti, la donne également en tête. Considérée par la communauté LGBTQ + comme l’un de ses rares alliés chez les conservateurs, Penny Mordaunt a été accusée par le site spécialisé PinkNews d’avoir « capitulé » face à « l’aile anti-trans » du parti, après avoir déclaré après sa candidature que les femmes trans ne sont pas des femmes biologiques.

Née le 4 mars 1973 à Torquay, dans le sud-ouest de l’Angleterre, Penny Mordaunt est la fille d’un parachutiste et d’une enseignante. Elle a deux frères, dont un jumeau, et a perdu sa mère, emportée d’un cancer du sein, quand elle avait 15 ans. Pour payer sa scolarité, elle multiplie les petits boulots, travaille à l’usine, devient l’assistante d’un magicien pour aider sa famille avant d’étudier la philosophie à l’université de Reading.

Saut périlleux arrière

Elle fait ensuite carrière dans les relations publiques, et a conseillé William Hague quand il dirigeait le parti conservateur (1997-2001) alors dans l’opposition sous Tony Blair. Elle a aussi travaillé aux États-Unis pour la campagne présidentielle de George W. Bush. « J’ai appris qu’avec de la détermination, on peut à peu près tout faire », disait-elle dans une interview en 2021 dans le magazine The House.

Longtemps bénévole, Penny Mordaunt a notamment œuvré dans des hôpitaux et des orphelinats en Roumanie. Après un premier échec en 2005, elle est élue députée depuis 2010, avec une majorité de plus en plus importante à chaque scrutin. Elle décroche son premier poste gouvernemental en 2014 puis enchaîne plusieurs ministères (Forces armées, Personnes handicapées, Développement international, Femmes et égalité).

Hors politique, elle s’est illustrée en participant à la télévision à un concours de plongeon caritatif en 2014, dont elle a été éliminée après avoir échoué sur un saut périlleux arrière depuis le plongeoir de 7,5 mètres. La même année, elle attire l’attention publique lors d’un discours sur le bien-être des volailles, truffé de termes à double sens, défi qui lui avait été lancé lors de son entraînement en tant que réserviste.

Avec Le Point

Royaume-Uni : Boris Johnson démissionne de la tête du Parti conservateur

juillet 7, 2022

Fin de « party » chez les torys. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé, jeudi 7 juillet, sa démission du Parti conservateur mais indiqué qu’il resterait au pouvoir jusqu’à ce que soit désigné son successeur. Trois ans après son accession à Downing Street, Boris Johnson, 58 ans, s’est trouvé poussé vers la sortie par une avalanche de démissions au sein de son gouvernement après une succession de scandales. Au total, une soixantaine de départs ont été annoncés au sein du gouvernement depuis mardi, dont cinq ministres, un exode d’une rapidité sans précédent dans l’histoire politique britannique.

Lors de sa brève allocution, « BoJo » s’est montré « fier des réalisations de ce gouvernement », pour lesquelles il s’est « battu ». « C’est clairement la volonté du Parti conservateur qu’il y ait un nouveau leader et donc un nouveau Premier ministre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse devant Downing Street, se disant « triste de démissionner du meilleur poste du monde ». Il a ajouté que le calendrier pour l’élection d’un nouveau leader conservateur serait précisé la semaine prochaine.

The Prime Minister @BorisJohnson makes a statement. https://t.co/EfgXuyazjw— UK Prime Minister (@10DowningStreet) July 7, 2022

« Mes amis, en politique, personne n’est indispensable. J’ai foi en ce système politique, qui élira un nouveau dirigeant. À ce nouveau dirigeant, homme ou femme, sachez que je vous soutiendrai autant que possible », a-t-il indiqué devant un parterre de journalistes.

La cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss a appelé « au calme et à l’unité » après la démission de Boris Johnson de chef du Parti conservateur. « Le Premier ministre a pris la bonne décision. (…) Nous avons besoin de calme et d’unité maintenant et de continuer à gouverner jusqu’à ce qu’un nouveau chef du parti soit désigné », a-t-elle déclaré dans un tweet envoyé depuis Bali, en Indonésie, où elle doit assister à une réunion ministérielle du G20 vendredi.

À la suite de cette annonce, la présidence ukrainienne a remercié le Premier ministre britannique pour son soutien. « Merci à Boris Johnson pour avoir compris la menace du monstre russe, avoir toujours été à l’avant-garde du soutien à l’Ukraine » et avoir « pris ses responsabilités dans les moments les plus difficiles », a écrit sur Twitter le conseiller de la présidence Mykhaïlo Podoliak. « Nous tous avons accueilli cette nouvelle avec tristesse. Pas seulement moi, mais aussi toute la société ukrainienne qui sympathise beaucoup avec vous », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a joint Boris Johnson par téléphone.

« Bye Boris »

Toute la journée mercredi, les démissions s’étaient succédé. La séance hebdomadaire de questions à la Chambre avait été particulièrement houleuse pour Boris Johnson, avec de nouveaux appels à la démission dans son propre camp, des rires témoignant de sa perte d’autorité, et un « bye Boris » à la fin de la séance.

Mercredi soir, plusieurs ministres s’étaient rendus à Downing Street pour essayer, en vain, de convaincre Boris Johnson qu’ayant perdu la confiance du Parti conservateur, il devait démissionner, dans son intérêt et celui du pays. Le Premier ministre de 58 ans, qui affirme qu’il a un « mandat colossal » à accomplir, a riposté en limogeant par téléphone mercredi soir le ministre qui avait été le premier à venir lui conseiller de démissionner plus tôt dans la journée, Michael Gove, chargé du rééquilibrage territorial. Selon la BBC, Downing Street aurait qualifié Michael Gove de « serpent » indigne de la confiance de Boris Johnson.

Le mécontentement couvait depuis des mois, nourri notamment par le scandale des fêtes illégales à Downing Street pendant le confinement anti-Covid, alors que les Britanniques devaient respecter des règles très strictes. Boris Johnson, connu pour ne pas être à un mensonge près, avait varié dans ses explications, provoquant frustration puis colère des élus conservateurs, dans un pays confronté à une inflation record de 9 % et à des mouvements sociaux. Sa cote de popularité avait plongé, et près de 70 % des Britanniques souhaitent désormais son départ, selon deux sondages cette semaine.

La démission mardi soir du ministre des Finances Rishi Sunak et du ministre de la Santé Sajid Javid avait sonné l’hallali pour le Premier ministre, après un nouveau scandale sexuel impliquant le « whip » adjoint, chargé de la discipline des députés conservateurs, que M. Johnson avait nommé en février, « oubliant » des accusations passées de même type. Boris Johnson avait échappé le mois dernier à un vote de défiance, 40 % des députés conservateurs refusant cependant de lui accorder leur confiance.

Par Le oint avec AFP

Exclusif – Boris Johnson : « Nous sommes fiers du partenariat que nous avons noué avec le Rwanda »

juin 20, 2022

Alors que s’est ouvert ce lundi à Kigali le sommet du Commonwealth, le Premier ministre britannique défend la nouvelle politique migratoire du Royaume-Uni en dépit des polémiques. Dans l’entretien qu’il a accordé à The Africa Report et Jeune Afrique, il se dit aussi préoccupé par la situation sécuritaire dans le Sahel et par la montée en puissance des Russes sur le continent.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson quitte Downing Street pour se rendre à la séance des questions à la Chambre des communes, à Londres, en Grande-Bretagne, le 8 juin 2022. © HANNAH MCKAY/REUTERS

Boris Johnson s’attendait-il à un tel tollé en annonçant, mi-avril, la signature d’un accord avec le Rwanda pour qu’il accueille sur son territoire – et moyennant plusieurs millions de dollars – des migrants et demandeurs d’asile acheminés depuis le Royaume-Uni ? Les semaines qui ont suivi, les critiques ont plu sur le Premier ministre britannique, la Cour européenne des droits de l’homme allant jusqu’à annuler à la dernière minute le premier vol qui devait décoller le 14 juin dernier. 

C’est dans ce contexte que s’est ouvert, ce lundi à Kigali, le sommet du Commonwealth, auquel les dirigeants des pays membres participeront, jeudi et vendredi. Nul doute que Boris Johnson va tenter d’en profiter pour inverser la tendance et qu’il n’a aucune intention de faire marche arrière. Sur ce sujet et sur d’autres – de l’insécurité au Sahel aux menaces que le changement climatique fait peser sur l’Afrique –, il a répondu par écrit aux questions de The Africa Report et de Jeune Afrique.

L’accord passé avec le Rwanda en augure-t-il d’autres du même type ? Le Royaume-Uni va-t-il désormais sous-traiter « ses » migrants à des pays tiers ?

Boris Johnson : Il n’existe pas de solution unique pour lutter contre ces redoutables trafiquants d’êtres humains qui alimentent une immigration dangereuse et incontrôlée. Je suis fier du partenariat que nous avons noué avec le gouvernement rwandais, qui contribue à faire obstacle à ces bandes criminelles de passeurs.

Ce n’est toutefois qu’une partie d’une stratégie plus large visant à réformer un système de demande d’asile défaillant et à garantir des voies d’immigration sûres et légales. Il est clair depuis longtemps que la façon actuelle de faire, avec des personnes désespérées qui donnent toutes leurs économies à des passeurs et traversent l’océan dans des canots pneumatiques fragiles, ne fonctionne pas.

Mais des restrictions de plus en plus strictes en matière de visas empêchent les Africains ayant des raisons valables de se rendre au Royaume-Uni. N’est-ce pas contraire à la promesse d’une « Grande-Bretagne globale » ?

Le Royaume-Uni est ouvert sur le monde. Nos entreprises et nos universités accueillent les éléments les meilleurs et les plus brillants, d’où qu’ils viennent, dans le cadre d’un nouveau système de visa post-Brexit qui supprime les disparités pour les visiteurs non européens. Nous constatons déjà une augmentation de l’immigration qualifiée en provenance des pays non européens.

La crise des réfugiés en Ukraine a récemment entraîné des retards dans le traitement des demandes de visas des visiteurs, mais les entreprises et les touristes africains sont les bienvenus au Royaume-Uni.

Incapable d’exploiter pleinement les richesses en hydrocarbures, empêchée d’obtenir de l’énergie bon marché pour s’industrialiser, très touchée par les effets de la hausse des températures… L’Afrique risque d’être la grande perdante du changement climatique. Est-il utile de rappeler aux nations européennes à quoi ressemblerait réellement un exode climatique des migrants ? 

Que les pays qui émettent le moins soient les plus menacés par la hausse des températures est une grande tragédie. Mais la bonne nouvelle, c’est que nous avons désormais des solutions à portée de main. Nous savons ce qui fonctionne contre le changement climatique et comment associer les nouvelles technologies vertes à une croissance économique rapide. En Afrique, les possibilités de transformer les vastes ressources naturelles du continent en énergie solaire, éolienne et hydroélectrique, autrement dit en énergie propre, sont illimitées.

Le Royaume-Uni contribue déjà à atténuer les effets du changement climatique, notamment en luttant contre les inondations et en soutenant une agriculture résistante à la sécheresse. Nous travaillons avec les gouvernements et l’industrie pour empêcher la terrible destruction des habitats naturels et faire en sorte que les futurs réseaux de transport et d’électricité de l’Afrique protègent les habitants du continent et de la planète.

La diplomatie économique française est actuellement très offensive, y compris dans des pays comme le Nigeria et le Kenya, tandis que le Royaume-Uni semble marquer le pas. Le Brexit ne peut-il pas être une opportunité pour les entreprises britanniques qui souhaitent se développer sur le continent ?

Le libre-échange est la clé du progrès économique, il permet la paix et la prospérité. Je veux que le Royaume-Uni soit à l’avant-garde de la collaboration avec ses partenaires africains en matière d’innovation commerciale et de développement d’infrastructures vertes et propres. Nous soutenons aussi la vision africaine d’un accord de libre-échange continental qui, selon la Banque mondiale, permettra à 98 millions de personnes de sortir de la pauvreté d’ici à 2035.

Quitter l’Union européenne a offert aux entreprises et aux investisseurs britanniques d’énormes possibilités d’accroître le commerce avec des économies clés comme le Nigeria et le Kenya, et je suis heureux de les voir les saisir à pleines mains. Les faits parlent d’eux-mêmes : les échanges entre le Royaume-Uni et l’Afrique ont augmenté de près de 30 % depuis 2020, et nous avons désormais conclu des accords commerciaux avec 18 pays du continent, soit plus que [lorsque nous appartenions à] l’Union européenne.

Mais nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. Je suis déterminé à voir davantage d’entreprises britanniques en Afrique, qui soumissionnent pour des contrats et encouragent le talent et l’innovation.

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) estime qu’en 2021, l’Afrique a perdu près de 88 milliards en raison de la fuite illicite des capitaux. Une grande partie de cet argent a transité par des dépendances du Royaume-Uni, comme les Îles Vierges britanniques ou des paradis fiscaux comme Jersey et Guernesey. Pourquoi votre gouvernement britannique ne finance-t-il pas mieux ses agences de lutte contre la corruption, étant donné que la réduction de ces flux illicites renforcerait les économies africaines ?

La corruption prive une nation de ses ressources légitimes et étouffe la croissance économique. Elle est odieuse. Nous nous efforçons de lutter contre dans le monde entier en augmentant nos budgets dédiés – 760 millions de livres l’année dernière – et en fournissant une assistance technique directe aux gouvernements africains pour lutter contre le blanchiment d’argent.

Lorsque des fonds sont récupérés, ils peuvent être réinvestis dans le développement. Plus tôt cette année, par exemple, 4,2 millions de livres volées par le gouverneur de l’État du Delta et récupérées par des agences britanniques, ont été rendues au Nigeria pour être allouées à des travaux d’infrastructure publique essentiels.

Il convient de noter que les territoires britanniques d’outre-mer et les dépendances de la Couronne ont leurs propres gouvernements élus, qui sont responsables de leur politique en matière de services financiers. Ils se sont engagés à mettre en place des registres accessibles au public indiquant les propriétaire des entreprises qui y sont enregistrées, ce qui est une mesure positive et progressiste.

Les politiciens britanniques sont-ils bien placés pour faire la leçon aux gouvernements africains en matière de responsabilité et de bonne gouvernance ?

Je ne crois pas qu’il faille donner des leçons à qui que ce soit. Chaque pays peut faire plus en matière de reddition des comptes, mais la réalité est que le Royaume-Uni dispose d’institutions solides, de médias libres et équitables et d’un système judiciaire indépendant pour demander des comptes au gouvernement.

Nous travaillons en partenariat avec un certain nombre de pays africains pour améliorer la gouvernance. En Tanzanie par exemple, le Royaume-Uni aide le gouvernement à mettre en œuvre sa stratégie de gestion des finances publiques. En Zambie, nous avons financé un système de suivi des votes géré par la société civile lors des dernières élections.

Le Royaume-Uni soutient-il la secrétaire générale Patricia Scotland pour un second mandat à la tête du Commonwealth ?

Nous lui sommes bien sûr reconnaissants pour les services qu’elle a rendus au Commonwealth, mais j’ai décidé que nous soutiendrions la candidate jamaïcaine Kamina Johnson Smith pour être la prochaine secrétaire générale. Elle possède une vaste expérience et a le soutien de tout le Commonwealth pour unir cette famille unique de nations. Alors que nous sortons de la pandémie et que nous devons faire face aux retombées mondiales de l’invasion barbare de l’Ukraine par la Russie, un nouveau secrétaire général pourra relever les défis et saisir les nombreuses opportunités qu’offre le Commonwealth.

Avec l’influence croissante de la Russie au Sahel et la capacité décroissante de la France à tenir la ligne, que peut offrir le Royaume-Uni aux gouvernements africains du Sahel ?

Il est important que la communauté internationale ne perde pas de vue le Sahel, où les mercenaires russes et les ramifications du groupe État islamique sèment l’insécurité et la souffrance. J’en ai discuté avec mon ami, le président ghanéen Nana Akufo-Addo à Londres il y a quelques mois. Le Royaume-Uni s’est engagé à renforcer la coopération en matière de sécurité avec nos alliés en Afrique de l’Ouest.

Nous proposons une réponse humanitaire, en fournissant 160 millions de livres d’aide à la région depuis 2019, et nous utilisons notre présence diplomatique dans toute la zone pour promouvoir la paix et la stabilité, y compris par le biais de contributions de troupes à la mission de l’ONU au Mali, par exemple, et du travail de résolution des conflits au Niger.

Comment le Royaume-Uni peut-il influencer positivement les pourparlers de paix en Éthiopie ?

La crise au Tigré a été très préoccupante, menaçant de faire reculer les récents progrès démocratiques et économiques en Éthiopie. Le Royaume-Uni s’est engagé à travailler avec les différentes parties pour soutenir le processus de paix, et ma ministre de l’Afrique, Vicky Ford, a travaillé avec le gouvernement d’Addis-Abeba pour faire avancer les choses.

La seule façon de mettre fin à la violence et d’atténuer la crise humanitaire est de trouver une solution politique négociée. Nous aimerions voir les parties se mettre autour de la table pour des discussions sérieuses.

Avec Jeune Afrique par Nicholas Norbrook

Pour les demandeurs d’asile au Royaume-Uni, l’escale à Kigali

avril 23, 2022

Moyennant 145 millions d’euros, le Rwanda s’est engagé à accueillir sur son territoire les migrants refusés par le pays de Boris Johnson.

© GLEZ

La mesure ressemble à une règle du jeu de Monopoly, où l’obtention de certains scores aux dés peut vous propulser vers des cases bien plus éloignées que ne le suggère le nombre de points obtenus. Pour avoir tenté une traversée de la Manche d’une quarantaine de kilomètres, des demandeurs d’asile partis de France pourraient se retrouver à 6 592 kilomètres de la destination souhaitée. C’est en effet au Rwanda que le gouvernement britannique pourrait expédier certains demandeurs d’asile. Kigali deviendrait alors une sorte de zone de transit.

La mesure peut paraître surréaliste. Mais depuis 2019, en accord avec l’Union européenne et l’ONU, le Rwanda accueille déjà près de 1 000 demandeurs d’asile qui, eux, n’ont pas réussi à quitter le continent africain. Bloqués en Libye, ceux-ci sont « téléportés » au camp de transit de Gashora où ils sont notamment pris en charge par l’agence des Nations unies pour les réfugiés, dans l’attente du traitement de leurs demandes d’émigration en Europe.

PAUL KAGAME MÉNAGE LA CHÈVRE DE LA FRANCOPHONIE ET LE CHOU DU COMMONWEALTH

Soucieux de ménager la chèvre de la Francophonie et le chou du Commonwealth, Paul Kagame entend décliner le principe, cette fois, avec le Royaume-Uni « brexité ». Si certains observateurs pensent irréalisable le transfert massif de demandeurs d’asile vers le Rwanda – le Premier ministre britannique évoque des « dizaines de milliers de personnes » concernées pour près de 145 millions d’euros – le pari est peut-être d’abord dissuasif, certains obstacles juridiques étant, de toute façon, susceptibles de gripper le projet.

Cimetière aquatique

Bluff ou pas, les intervenants du secteur des réfugiés expriment des inquiétudes quant à la situation des droits de l’homme au Rwanda. Boris Johnson rétorque que seuls les hommes célibataires seraient concernés par le voyage vers Kigali et que cette expédition vaudrait de toute manière bien mieux que la traite des êtres humains perpétrée par « d’ignobles passeurs » qui transforment la mer en un « cimetière aquatique ».

De son côté, le Rwanda affirme que les demandeurs d’asile auraient droit à un logement décent, « à une protection totale en vertu de la législation rwandaise, à l’égalité d’accès à l’emploi, à l’inscription aux services de santé et aux services sociaux » et même à une procédure d’asile alternative. En 2022, 28 526 personnes ont traversé la Manche à bord de petits bateaux.

Moyennant 145 millions d’euros, le Rwanda s’est engagé à accueillir sur son territoire les migrants refusés par le pays de Boris Johnson.

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Les pays « hostiles » à Moscou, dont le Canada, seront remboursés en roubles

mars 7, 2022

Depuis le 1er janvier, et plus particulièrement depuis le début de la guerre en Ukraine, la monnaie russe a perdu 45 % de sa valeur.

Un rouble russe sur un symbole du dollar.

Un rouble russe sur un symbole de dollar. Photo : Getty Images/AFP/Kirill Kudryavtsev

Les autorités russes ont établi une liste de pays « hostiles » à la Russie, auxquels les particuliers et les entreprises russes pourront rembourser leurs dettes en roubles, monnaie dont la valeur a perdu 45 % depuis janvier, a indiqué lundi le gouvernement.

Cette liste de pays comprend entre autres les pays de l’Union européenne, l’Australie, le Royaume-Uni, le Canada, Monaco, la Corée du Sud, les États-Unis, la Suisse et Japon.

Ce texte a été préparé à la suite d’un décret présidentiel de vendredi, qui établissait en termes vagues une procédure provisoire de remboursement des dettes envers certains créanciers étrangers.

Pour ce faire, un débiteur pourra désormais demander à une banque russe de créer un compte spécial en roubles au nom du créancier étranger et de lui envoyer un paiement en équivalent rouble, au taux de change du jour de la Banque centrale.

Cette nouvelle procédure temporaire s’applique aux paiements supérieurs à 10 millions de roubles par mois en équivalent à la devise étrangère.

Il s’agit d’une des premières réponses russes aux sanctions sans précédent imposées à la Russie par de nombreux pays occidentaux à la suite de son intervention militaire en Ukraine.

Les sanctions ont provoqué une dépréciation historique du rouble et s’accompagnent du gel d’une partie des fonds des autorités à l’étranger, empêchant la Banque centrale de soutenir la devise russe.

Lundi, l’inquiétude des marchés se focalisait sur la possibilité de sanctions économiques qui viseraient directement le pétrole russe.

Première victime sur le marché des changes, la monnaie russe fondait de 10 % lundi vers 6 h (HNE), à 137,70 roubles pour un dollar, après avoir touché 142,18 roubles, un nouveau plus bas historique.

Depuis le 1er janvier, le rouble a dégringolé de 45 %.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Canada: Au revoir les camionneurs, bonjour l’Europe

mars 6, 2022

Justin Trudeau entame dimanche un voyage de six jours au Royaume-Uni, en Lettonie, en Allemagne et en Pologne. Au cœur des discussions, bien sûr, la guerre en Ukraine — un conflit qui, malgré toutes ses horreurs, a permis au premier ministre canadien de tourner la page sur une crise domestique qui lui collait à la peau.

Justin Trudeau.

Le gouvernement Trudeau a multiplié les sanctions depuis l’invasion russe en Ukraine. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

À 16 h 40, le mercredi 23 février, Justin Trudeau terminait un dernier point de presse sur la controversée Loi sur les mesures d’urgenceIl venait d’annoncer qu’il mettait fin à cette législation extraordinaire qui avait permis, disait-il, de chasser les camionneurs du centre-ville d’Ottawa.

L’invocation de la loi a encouragé certaines personnes à quitter [les lieux] et a permis aux forces de l’ordre de pouvoir en finir avec ces occupations, expliquait alors le premier ministre.

Cinq heures plus tard, une autre occupation débutait, celle-là beaucoup plus sanglante : Vladimir Poutine lançait ses troupes à l’assaut de l’Ukraine. La guerre était de retour en Europe.

En coulisses, plusieurs libéraux pensent que l’invasion russe et, surtout, la réponse canadienne coordonnée avec celle des alliés ont permis à Justin Trudeau de retrouver sa stature d’homme d’État.

L’enjeu des camionneurs, c’est complètement disparu des écrans radars, confie une source libérale, qui croit que pour beaucoup de gens, la guerre en Ukraine a mis les choses en perspective, entre autres sur ce que ça voulait dire, défendre la liberté.

Un sondage réalisé par la firme Research Co. à la fin de février montre que 52 % des Canadiens interrogés approuvent la réponse du premier ministre dans le dossier ukrainien.Trudeau entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand  et Chrystia Freeland.

Justin Trudeau, entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand et Chrystia Freeland, lors d’une annonce sur de nouvelles sanctions imposées à la Russie. Photo: The Canadian Press/Adrian Wyld

Même des personnes généralement critiques quant à la politique étrangère de Justin Trudeau reconnaissent que son gouvernement a bien agi jusqu’à maintenant.

Je pense que le gouvernement canadien a été à la hauteur de ce qui était demandé par les alliés, lance Jocelyn Coulon, au bout du fil. L’ancien conseiller de l’ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion avait publié en 2018 Un selfie avec Justin Trudeau, un ouvrage dans lequel il reprochait au premier ministre son manque d’ambition sur le front diplomatique.

M. Coulon complimente aussi la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui a eu le ton juste dans les dernières semaines : On voit qu’elle a pris de l’assurance dans les dossiers de politique étrangère.

Le travail de la vice-première ministre a également été remarqué. Une source gouvernementale confirme d’ailleurs que Chrystia Freeland a joué un rôle clé dans les discussions auprès des alliés occidentaux, qui ont permis d’aboutir à l’imposition de sanctions contre la Banque centrale russe.

Dialoguer avec ses adversaires

Toutefois, si le Canada a commis un sans faute jusqu’à maintenant, sa réponse n’est pas pour autant suffisante, croit Jocelyn Coulon. Comme il le faisait déjà dans son livre, l’ex-conseiller reproche au gouvernement Trudeau de ne pas avoir entamé de dialogue direct avec la Russie.Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine reste intransigeant dans sa volonté de continuer la guerre en Ukraine. Photo : Getty Images/MikhaiI Klimentyev

Il n’y a eu, par exemple, aucune rencontre bilatérale entre Vladimir Poutine et Justin Trudeau depuis l’élection de celui-ci, en 2015. Or, dans les dernières années, tous les autres leaders du G7 se sont entretenus avec le président russe, souvent à plusieurs reprises, malgré leur désapprobation de l’invasion de la Crimée en 2014.

Il faut toujours parler non seulement à nos amis, mais aussi à nos adversaires, ajoute Jocelyn Coulon. C’est là que la diplomatie prend son sens.

Le professeur Justin Massie, expert en sécurité internationale à l’Université du Québec à Montréal, abonde dans le même sens : C’est important de dialoguer même avec ses ennemis, même quand on est en conflit. Il cite en exemple la démarche de la France dans les derniers jours, qui s’est démarquée par sa diplomatie pour tenter d’organiser un corridor humanitaire afin de sortir les personnes de Kiev.

Bien sûr, reconnaît M. Massie, la diplomatie a ses limites. Vladimir Poutine, malgré toutes les pressions des alliés, n’a montré aucun signe de retrait et poursuit sans vergogne ses bombardements contre les villes ukrainiennes. Il est cependant nécessaire, d’après le politologue, de garder le dialogue ouvert, ne serait-ce que pour tenter d’alléger la situation pour les populations civiles.Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président russe Vladimir Poutine.

Le président français Emmanuel Macron a eu plusieurs entretiens avec le président russe Vladimir Poutine. Photo : Getty Images/Michel Euler

Or, au Canada, ajoute-t-il, on n’aime pas beaucoup avoir l’air de discuter avec [nos] rivaux parce qu’on se fait accuser de complaisance par nos adversaires politiques, qui utilisent la politique étrangère à des fins partisanes. Et c’est malheureux.

Justin Massie déplore entre autres le fait que les conservateurs aient demandé d’expulser l’ambassadeur russe qui se trouve à Ottawa — une très mauvaise idée, selon lui : Même les États-Unis ont des relations directes et privilégiées avec la Russie pour éviter des interprétations ou des mauvais calculs qui pourraient, peut-être, mener à une escalade militaire.

La présence d’une large communauté ukrainienne au Canada – la troisième au monde – et ce que Jocelyn Coulon appelle l’influence très importante du lobby ukrainien au sein du gouvernement Trudeau ont aussi contribué, d’après l’ex-conseiller, à une absence de communication avec le géant russe.Le contrôle de l’Arctique constitue un enjeu sur lequel la Russie et le Canada devront inévitablement dialoguer dans les années à venir, selon Jocelyn Coulon.

La mainmise sur l’Arctique constitue un enjeu à propos duquel la Russie et le Canada, qui contrôlent environ 75 % du territoire, devront inévitablement dialoguer dans les années à venir. Or, Jocelyn Coulon estime qu’en « ayant une relation très mauvaise avec les Russes », le Canada « se positionne mal pour défendre ses intérêts dans l’Arctique ». Photo: East2West

Peu de succès en affaires étrangères

Même si Justin Trudeau ne va rencontrer que des alliés au cours de ce voyage en Europe, Justin Massie reconnaît que le gouvernement fédéral a bien géré jusqu’à maintenant le dossier ukrainien, surtout par comparaison avec certains ratés commis en matière de politique étrangère.

Le politologue cite en exemple le voyage en Inde, mais aussi les 200 Casques bleus que le Canada n’a jamais déployés comme prévu, le retrait de ses troupes du Mali avant la date demandée par l’Organisation des Nations uniesONU, ou encore l’échec du gouvernement libéral à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

La politique étrangère de Justin Trudeau n’a pas eu beaucoup de succès, mis à part la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américainALENA 2.0, le nouvel accord commercial avec les États-Unis signé sous Donald Trump, affirme M. Massie.

Les attentes dans ce conflit étaient donc assez basses d’après l’expert en sécurité internationale, encore plus après la crise des camionneurs qui a paralysé le centre-ville d’Ottawa, où on a vu un premier ministre plutôt absent dans les premières semaines du conflit.

Là, conclut-il, on sent que Justin Trudeau est plus présent et que son gouvernement multiplie les annonces. L’image d’inaction qui colle parfois à la peau du premier ministre semble donc plus difficile, jusqu’à maintenant, à apposer à sa réponse au conflit ukrainien.

Avec Radio-Canada par Laurence Martin

Les pays occidentaux durcissent leurs sanctions contre des banques russes

février 26, 2022

Ces nouvelles mesures financières contre Moscou ciblent notamment la plateforme SWIFT. Elles ont été adoptées par le Canada, les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la Commission européenne.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, entourée des premiers ministres danois, grec et portugais. Photo: AP/Olivier Hoslet

La violence de l’intervention russe en Ukraine a mené samedi les Occidentaux à s’entendre sur un nouveau train de sanctions contre Moscou, visant entre autres à exclure de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire SWIFT, rouage essentiel de la finance mondiale, a annoncé le gouvernement allemand, qui préside actuellement le forum du G7.

Le communiqué dévoilant ces nouvelles sanctions a été endossé par les États-Unis, le Canada, la Commission européenne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne. Ces deux derniers pays dépendants du gaz russe étaient jusque-là réticents à de telles représailles financières.

Nous remercions nos amis pour leur engagement à exclure certaines banques russes du réseau interbancaire SWIFT, a salué sur Twitter le premier ministre ukrainien, Denys Shmygal.

Les sanctions seront appliquées dans les prochains jours, ont déclaré les signataires. Elles prévoient également la fin des passeports dorés délivrés aux riches ressortissants russes et à leurs familles.

Les partenaires occidentaux ont décidé de restreindre encore davantage l’accès de la banque centrale russe aux marchés des capitaux, afin rendre plus difficiles ses tentatives pour soutenir le cours du rouble, en recul suite à la guerre en Ukraine.

L’objectif est de geler les transactions financières de l’institution et donc de rendre impossible la liquidation de ses actifs, a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une allocution vidéo après une réunion avec les dirigeants américains, français, allemands et italiens.

Concrètement, ces mesures visent à empêcher Vladimir Poutine d’utiliser les 630 milliards de dollars (environ 800 milliards de dollars canadiens) de réserves en devises de la banque centrale pour envahir l’Ukraine et défendre le rouble.Ursula von der Leyen parle en conférence de presse.

«Cela entraînera leur déconnexion du système financier international. Leur capacité d’agir globalement s’en trouvera affaiblie», a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Photo : Reuters/Johanna Geron

Selon l’Union européenne, environ 70 % du secteur bancaire russe est actuellement concerné par les sanctions.

Les Occidentaux veulent également lancer la semaine prochaine un groupe de travail transatlantique pour s’assurer de la mise en œuvre effective des sanctions financières décidées par les Occidentaux en identifiant et en gelant les actifs des personnes et entités visées.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se réuniront dimanche soir pour discuter de sanctions supplémentaires.

La Russie est devenue un paria économique et financier mondial, a résumé un haut responsable américain.

Une source américaine a également déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés achevaient la liste des banques qui seraient retirées du réseau SWIFT, ajoutant que les banques qui seraient envisagées en premier étaient celles se trouvant déjà sous le coup de sanctions américaines et européennes.

Au Canada, la vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, a exprimé sur Twitter l’implication de son gouvernement dans le retrait des banques russes de SWIFT. L’invasion du président Poutine ne doit pas réussir. Nous sommes debout aux côtés du courageux peuple ukrainien, a-t-elle réitéré.

L’Occident s’engage à livrer des armes à l’Ukraine

Missiles, lance-roquettes, mitrailleuses : les pays occidentaux ont également pris de nouveaux engagements en matière de livraison d’armements et de munitions en Ukraine.

Armes et équipements de nos partenaires sont en route pour l’Ukraine, s’est réjoui le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, samedi.

Des soutiens financiers et matériels ont notamment été annoncés de la part des États-Unis, de l’Allemagne, de la République tchèque, des Pays-Bas et de la Belgique.

Les Américains ont annoncé samedi une nouvelle aide militaire à l’Ukraine de 350 millions de dollars américains (445 millions de dollars canadiens). Cette aide comprendra de nouveaux moyens militaires défensifs qui permettront à l’Ukraine de combattre les menaces blindées, aéroportées et autres auxquelles elle fait face aujourd’hui, a déclaré le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, par voie de communiqué.Des membres de l’armée ukrainienne à bord de véhicules blindés à Kiev.

Des membres de l’armée ukrainienne à bord de véhicules blindés à Kiev Photo : Reuters/Valentyn Ogirenko

Selon un spécialiste de l’armée interrogé par l’Agence France-PresseAFP, les États-Unis sont les mieux équipés militairement pour offrir une assistance à l’Ukraine, puisque les armées européennes disposent d’un stock limité.

Quand vous envoyez 2000 mitrailleuses, vous les prenez sur votre propre stock […] Les armées européennes sont des armées pauvres. On n’a pas de matériel, pas d’argent, a déclaré le général Vincent Desportes, ex-directeur de l’École de guerre française.

La République tchèque a tout de même annoncé qu’elle allait faire don à l’Ukraine de mitrailleuses, de fusils automatiques et de précision, de pistolets et de munitions, pour une valeur de 7,6 millions d’euros (10,8 millions de dollars canadiens).

Les Pays-Bas, eux, ont indiqué qu’ils allaient fournir 200 missiles antiaériens Stinger et des équipements militaires destinés à l’autodéfense ukrainienne contre Moscou. Le ministère de la Défense des Pays-Bas a déclaré avoir expédié samedi une partie des marchandises déjà promises.

La Belgique fournira pour sa part 2000 mitrailleuses et 3800 tonnes de carburant à l’armée ukrainienne.Des soldats armés de lance-roquettes antichar.

Des lance-roquettes antichar déployées lors d’un entraînement militaire par l’armée allemande. Photo : Getty Images/Sean Gallup

Enfin, le gouvernement allemand a annoncé la livraison à l’Ukraine de 400 lance-roquettes antichars, rompant ainsi avec sa politique suivie ces dernières années d’interdiction de toute exportation d’armes létales en zone de conflit, a indiqué à l’AFP samedi une source gouvernementale.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a réagi en appelant le chancelier Olaf Scholz à continuer comme çaLa coalition antiguerre fonctionne, s’est réjoui samedi M. Zelensky, longtemps critique de l’attentisme des pays occidentaux, qui avaient jusqu’ici misé sur des sanctions économiques contre la Russie.

Contrairement à ses alliés, le Canada n’a pas annoncé de nouvelle assistance à l’Ukraine, mais il a rappelé, par voie de communiqué, qu’il répondait aux actes irresponsables et dangereux de la Russie au moyen de sanctions sévères, de contributions militaires supplémentaires à l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, d’une aide humanitaire, de matériel létal et non létal et de munitions.

Première application visible des sanctions occidentales

Les sanctions occidentales contre la Russie ont mené à l’interception d’un navire de commerce soupçonné d’appartenir à une entreprise russe, dans la Manche, ont annoncé samedi les autorités françaises. Cet imposant bateau de 127 mètres transportait des véhicules vers Saint-Pétersbourg, en Russie.

Il s’agit de la première application visible des mesures de rétorsion après l’invasion de l’Ukraine.Le navire commercial qui a été intercepté dans la Manche.

Ce bateau battant pavillon russe, le Baltic Leader, un cargo roulier construit spécialement pour le transport de véhicules, menait sa cargaison vers Saint-Pétersbourg (Russie). Photo: Reuters/Pascal Rossignol

Riposte de la Russie

La Russie a répliqué samedi aux sanctions occidentales en annonçant le gel des avoirs et la nationalisation des actifs d’entreprises de pays hostiles. La Russie répondra […] en saisissant les fonds d’étrangers et d’entreprises étrangères en Russie, a déclaré l’agence de presse RIA, citant Dmitri Medvedev, chef adjoint du Conseil de sécurité.

Moscou a aussi suspendu les lancements depuis la base spatiale de Kourou, en Guyane française, et rappelé son personnel technique en réaction aux sanctions de l’Union européenne (UE), a annoncé l’Agence spatiale russe, Roscosmos.

Un total de 87 personnes se trouvant actuellement en Guyane française sont ainsi appelées à rentrer en Russie. Le secteur aéronautique et spatial européen compte plusieurs partenariats avec la Russie.

Roscosmos dispose avec Arianespace d’une coentreprise, Starsem, pour exploiter la fusée Soyouz. Elle doit en principe lancer en 2022 huit fusées Soyouz : trois depuis Kourou (dont le satellite-espion français CSO-3) et cinq depuis le cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan.

En l’absence de fusées Soyouz, l’Europe n’aurait pas de capacité propre de lancement de certains satellites avant la mise en œuvre d’Ariane 6, dont le premier vol est attendu en fin d’année.

Cette riposte de Moscou constitue une réponse au Conseil européen, qui a décidé jeudi soir d’interdire l’exportation vers la Russie des avions, pièces et équipements de l’industrie aéronautique et spatiale. Un homme passe devant un camion militaire détruit par le feu après des combats.

Un militaire ukrainien marche près d’un véhicule endommagé, après des combats avec des soldats russes. Photo : Reuters/Valentyn Ogirenko

La Russie n’a plus besoin de liens diplomatiques avec l’Occident, a déclaré l’ancien président et haut responsable de la sécurité, Dmitri Medvedev.

S’exprimant sur les médias sociaux, il écrit qu’il était temps de cadenasser les ambassades. Il a ajouté que Moscou poursuivrait son opération en Ukraine jusqu’à l’atteinte des objectifs définis par le président Vladimir Poutine.

Blocages ciblés des espaces aériens

Si plusieurs pays européens ont fermé leur espace aérien aux compagnies russes à la suite de l’invasion de l’Ukraine, le Canada n’a toujours pas pris de décision à ce sujet.

La Russie a annoncé samedi la fermeture de son espace aérien aux avions venant de la Bulgarie, de la Pologne et de la République tchèque, en représailles à une décision semblable prise par ces pays.

KLM, branche néerlandaise du groupe Air France-KLM, et la compagnie allemande Lufthansa ont annoncé l’annulation de tous leurs vols vers la Russie pour la semaine à venir en conséquence des sanctions infligées par l’Union européenne à Moscou après l’invasion de l’Ukraine.

La raison immédiate en est qu’en raison du paquet de sanctions qui a été convenu dans un contexte européen, les pièces détachées d’avions ne peuvent plus être envoyées en Russie, a expliqué Air France-KLM.

L’Allemagne aussi indique avoir pris des dispositions pour fermer son espace aérien aux avions russes, en représailles à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

La compagnie nationale polonaise LOT a par ailleurs annoncé la suspension dès vendredi après-midi de ses vols à destination de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Ces annonces faisaient suite à une décision similaire du Royaume-Uni frappant la compagnie nationale russe Aeroflot.

La Russie a pour sa part réagi en interdisant le survol de son territoire à tous les avions liés au Royaume-Uni, y compris aux vols en transit. La Moldavie avait fermé dès jeudi son espace aérien.

La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, traverse plusieurs fois par jour l’espace aérien canadien pour ses vols aux États-Unis. Selon Ross Aimer, un expert des questions aériennes, l’espace canadien est crucial pour la compagnie. Il craint des représailles russes si le Canada bannit Aeroflot.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et La Presse canadienne