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Congo-Musique : le festival « Rumba un jour, rumba toujours » organisé à Pointe-Noire

avril 8, 2022

L’Institut français du Congo (IFC) donne la possibilité aux Ponténégrins de vibrer, depuis le 5 avril, au rythme de l’histoire et des sons de la rumba congolaise à travers son festival « Rumba un jour, rumba toujours » qui réunit des grands noms de cette musique tels Sam Mangwana, Théo Blaise Nkounkou, Cosmos Mutuari, Maïka Munan, Ballou Canta, Kevin Mbouandé, Fredy Massamba, Sean Milano, Lize Babindamana ainsi que Les Bantous de la capitale qui livrent un concert ce 8 avril à Canal Olympia.

Depuis son inscription par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité, la rumba congolaise fait de plus en plus parler d’elle. Le festival « Rumba un jour, rumba toujours », qui prendra fin le 16 avril prochain, se veut un vecteur d’un message à la fois culturel et festif en s’appuyant sur la diversité, l’échange et la mixité. Par cet événement, l’IFC entend aussi faire rayonner le centenaire de la ville de Pointe-Noire dont les festivités débuteront le 11 mai prochain. Il propose ainsi une belle occasion d’annoncer ces festivités et aussi de célébrer cette belle musique qu’est la rumba.

C’est par une grande conférence de presse qui a réuni tous les participants à l’IFC que « Rumba un jour, rumba toujours » a été lancé. Plusieurs activités ont été retenues, entre autres, des ateliers (Likembé, piano, voix et guitare à l’espace Yaro, Renatura et autres) avec des références comme Maïka Muna et Ballou Canta ainsi que Pototo et Yohan Babindamana ; des projections de films « Rumba congolaise : histoire et économie », réalisé par Patrick Ndandu Mulassa, et «Rumba» d’Olivier Lichen ; des conférences et tables rondes avec d’éminents intervenants chargés de développer les différentes thématiques. Il s’agit notamment de « Les Bantous de la capitale et moi » par Théophile Obenga (Egyptologue, linguiste et historien) et Ida Ngamporo (maire de Djiri à Brazzaville) ; « Panorama de la vie musicale à Pointe-Noire, des années 1960 à 1980 » par Charles Bouetoumoussa (membre du Comité scientifique de la rumba).

Le programme du 7 avril prévoyait une conférence de presse et un showcase de Kevin Mbouadé au lycée Charlemagne (les mêmes activités auront aussi lieu le 12 avril à l’école Crayola) et une conférence sur « Les attentes consécutives à l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine de l’humanité » par le Pr Yoka Liye Mudaba et Joachim Goma Thethet à l’IFC. Autres thèmes qui seront développés au cours du festival, «La rumba comme herméneutique de la littérature orale et de la religion traditionnelle Kongo (comité Bantou & Meno Nkumbi Nzila chez les Bantous de la capitale », le 13 avril à l’IFC par Kovo N’sondé ; « Les figures légendaires de la rumba», le 14 avril au lycée Français-Charlemagne par le journaliste Clément Ossinondé ; « Rumba congolaise patrimoine immatériel de l’humanité: quel impact économique pour les pays concernés ? » par Didier Mumengi avec le réalisateur Patrick Ndandu Mulassa.

Le 16 avril, le public débattra avec Maxime Foutou, Dominique Olessongo, Maika Munan, Clément Ossinondé et José Wasenberg sur les droits d’auteurs, les grands auteurs/compositeurs spoliés des grands morceaux de rumba qui ont marqué l’histoire, la professionnalisation- de la création de l’œuvre à sa diffusion, le statut du musicien.

Les Bantous de la capitale, premiers à monter sur la scène du festival

Très attendus du public depuis le lancement de l’événement, en raison de la carrure des artistes et groupes retenus,  les concerts de musique ont démarré le 7 mars à Canal Olympia (arrondissement 1, Emery-Patrice-Lumumba, à Mpita). Et ce sont les légendaires Bantous de la capitale qui ont eu l’honneur de monter en premier sur la scène de « Rumba un jour, rumba toujours ». Ils seront suivis du géant Sam Mangwana qui se produira le 9 avril. Le 16 avril ce sera le tour de l’exceptionnel Maïka Munan de monter sur scène avec ses célèbres invités, notamment Théo-Blaise Nkounkou, Ballou Canta, Fredy Massamba, Liz Babindamana et Sean Milano. Une belle fusion de l’ancienne et de la jeune génération de la rumba congolaise qui promet d’être très colorée. Le festival « Rumba un jour, rumba toujours »  sera clôturé par le concert du talentueux Kevin Mbouandé, à Canal Olympia.

Lucie Prisca Condhet N’Zinga

Célébration : la rumba congolaise et la Journée mondiale de la culture africaine

janvier 18, 2022

La culture africaine et afro-descendante, qui se célèbre le 24 janvier, sera aussi une occasion pour les deux Congo de manifester l’inscription de la rumba congolaise au patrimoine culturel et immatériel de l’humanité de l’Unesco.

Quelques pas de la rumba congolaise / Archives

À Kinshasa comme à Brazzaville et dans d’autres parties du continent se célèbrera la Journée mondiale de la culture africaine, un fait  musical, culturel et social très marquant.

En effet, il y a à peine quelques semaines, précisément le 14 décembre 2021,  que la rumba congolaise venait d’être inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco.  

Des sources proches des ministères de la Culture des deux Congo, cette célébration de la culture africaine et afro-descendante mettra plus l’accent sur ce fait d’une importance capitale qui venait de se passer à l’Unesco. Déjà, sur des réseaux sociaux et dans les médias locaux, les Congolais se sont réjouis de la reconnaissance par l’organe onusien de la rumba, véritable phénomène musical, culturel et social. « La rumba, c’est notre identité ! Sa reconnaissance internationale est une fierté et une richesse », déclarait Catherine Furaha, ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine de la République démocratique du Congo.

Pour sa part, Zacharie Bababaswe, chroniqueur musical, déclarait à l’AFP : « Rien de plus normal que le combat des Congolais aboutisse à cette reconnaissance universelle. Sentiments de réhabilitation et de reconnaissance pour cette belle musique dont le tempo est puisé dans les tripes des Congolais ». Quant à Jacques Iloki, vice-président de l’Association des peintres du Congo à Brazzaville, cette inscription est « une reconnaissance parce que la rumba est le trait d’union entre les deux rives du fleuve Congo ».

Pour les spécialistes, les origines de la rumba se situent dans l’ancien royaume Kongo. Avec la traite négrière, les Africains ont emmené leur culture et leur musique vers les Amériques. La rumba a ensuite été ramenée sur le continent africain par les commerçants, avec disques et guitares. Dans sa version moderne, la rumba a une centaine d’années. L’identité culturelle est ce par quoi se reconnaît une communauté humaine à travers ses pratiques, locales ou nationales, qui sont sociales, politiques, ethniques, religieuses et artistiques.

Cette identité culturelle renvoie à des valeurs et à des codes, à des modes de vie et de pensée, à des langues, des croyances et des traditions, à un vécu en commun et une mémoire historique, à un territoire. Malheureusement, l’Afrique a trop longtemps été privée de son identité culturelle. Ainsi, au-delà des similitudes, des formes convergentes de penser et de l’héritage commun, l’Africanité constitue également une destinée partagée, une fraternité dans la lutte de libération et un avenir commun qui doit être assumé en vue d’être maîtrisé.  

« L’histoire générale de l’Afrique », une oeuvre pionnière

Il n’est pas vain, dans ce sens, de rappeler le rôle majeur que joue l’Unesco dans l’adoption des textes normatifs et cadres juridiques pour promouvoir et protéger la culture africaine. Il est important aussi de faire allusion au travail colossal et titanesque « Coffret histoire générale de l’Afrique ». Ainsi, l’Unesco avait lancé en 1964 l’élaboration de « L’histoire générale de l’Afrique » pour remédier à l’ignorance généralisée sur le passé de ce continent. Pour relever le défi qui consistait à reconstruire une histoire de l’Afrique libérée des préjugés raciaux hérités de la traite négrière et de la colonisation et favoriser une perspective africaine, l’Unesco a fait appel aux plus grands spécialistes africains et internationaux de l’époque. L’élaboration des huit volumes de « L’histoire générale de l’Afrique » a mobilisé plus de 230 historiens et autres spécialistes pendant plus de 35 années.

« L’histoire générale de l’Afrique » est une œuvre pionnière, à ce jour inégalée dans son ambition de couvrir l’histoire de la totalité de ce continent, depuis l’apparition de l’homme jusqu’aux enjeux contemporains auxquels font face les Africains et leurs diasporas dans le monde. C’est une histoire qui ne laisse plus dans l’ombre la période précoloniale et qui insère profondément le destin de l’Afrique dans celui de l’humanité, en mettant en évidence les relations avec les autres continents et la contribution des cultures africaines au progrès général de l’humanité.

Notons que c’est à l’occasion de sa 40e session en 2019 que l’Unesco a proclamé le 24 janvier comme Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante. Cette date coïncide avec l’adoption de la Charte de la renaissance culturelle africaine, adoptée par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en 2006. La Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante célèbre les nombreuses cultures vivantes du continent africain et des diasporas africaines dans le monde entier, et les promeut comme levier efficace au service du développement durable, du dialogue et de la paix.

Avec Adiac-Congo par Faustin Akono

RDC-Congo : comment la rumba a fait chavirer l’Unesco

décembre 15, 2021
La rumba est entrée au patrimoine immatériel de l’Unesco, ce mardi 14 décembre 2021. © Dom

Cinq ans après la cubaine, la rumba congolaise a fait son entrée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Un projet porté par Kinshasa et Brazzaville, qui n’ont pas ménagé leurs efforts.

En juin 2019, peu avant sa mort, Fumu Fylla, alors président du Comité rumba du Congo, déclarait : « Le rythme de la rumba congolaise est la cadence même du fleuve Congo, avec ses secousses vertigineuses, avec ses élans impétueux et fusionnels. » C’était lors d’une réunion des comités scientifiques des deux Congos chargés d’élaborer le plaidoyer pour l’inscription de leur rumba sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Indépendance Cha-Cha

Devant opérer le choix d’un élément d’exception, les experts ont opté pour la rumba congolaise « parce qu’elle est l’expression par excellence de notre passion de vivre, de notre résilience, justifiait le document de plaidoyer. Compagne de route et de lutte de l’histoire politique des Congos, elle a fini par devenir, non plus seulement un moment festif et un défouloir, mais un vecteur de mobilisation des consciences populaires  ».

À ce titre, les chansons Indépendance Cha-Cha, de la star kinoise Joseph Kabasele (Grand Kallé), et Pont sur le Congo, du poète brazzavillois engagé Franklin Boukaka, sont des références significatives.

Pour le dossier de candidature, l’Unesco a posé cinq questions essentielles concernant la viabilité de la danse : la reconnaissance des communautés locales, l’intérêt des scientifiques pour la rumba, de même que le degré d’implication des États candidats dans sa sauvegarde et sa promotion, spécialement avec des inventaires fiables comme « pièces à conviction ».

À ces interrogations, les experts ont répondu positivement en indiquant, notamment, que l’histoire montre que la rumba congolaise est de tradition populaire, que la communauté scientifique est arrivée à cerner l’essence et le sens de la chanson. Mais également des « ambiances » – comme disent les Congolais –, à savoir : la danse, la sape, les associations de plaisance et d’entraide, la vocation des « bars » comme temples de plaisirs, avec leurs rythmes, leurs idoles et leurs « fans », leurs vestales et leurs rituels.

Démarche inédite, l’Institut national des arts de Kinshasa sort progressivement la rumba congolaise de l’oralité, en mettant sur partitions, dans des répertoires périodiques, ses œuvres emblématiques.

Inépuisable créativité

Malgré des accointances génétiques partagées dans les Amériques, notamment dans le giron afro-cubain, des variables substantielles sont apparues. La rumba congolaise se distingue entre autres par la prédominance du lingala, langue « préfabriquée » à partir des parlers vernaculaires de la partie septentrionale du bassin du Congo, puis enrichie par les échanges sur le parcours du fleuve ainsi que par des codes de l’armée coloniale et, surtout, comme support littéraire de la chanson populaire urbaine, dans ses variations à la fois romantiques et satiriques. La rumba congolaise continue de s’approprier les innovations contemporaines de la « world music » dans une inépuisable créativité.

La pluralité des influences qui l’ont engendrée autant que le succès mondial de ses différentes déclinaisons font reconnaître la rumba comme porteuse d’une identité sociale transversale qui la hisse à la notoriété planétaire.

En fin de compte, pour nous Congolais, notamment les professionnels et les entrepreneurs culturels, l’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité n’est que le point de départ de la vraie aventure de sa promotion, de sa sauvegarde et de sa viabilité. Pour qu’au centre d’un continent inventif, entreprenant, la rumba soit la métaphore d’un grand Congo (celui de Lumumba, de Kabasele, de Boukaka, de Tchicaya U Tam’si), cœur battant d’une Afrique vivante.

André Yoka Lye

Avec Jeune Afrique par André Yoka Lye

Président de la Commission mixte RDC-Congo pour la promotion de la rumba

La rumba congolaise, patrimoine culturel immatériel de l’humanité

décembre 14, 2021

L’Unesco a annoncé mardi l’admission sur sa liste de cette musique phare des deux Congo.

Le chanteur congolais Papa Wemba, surnommé le « roi de la rumba », lors d’un concert au New Morning à Paris en février 2006.
Le chanteur congolais Papa Wemba, surnommé le « roi de la rumba », lors d’un concert au New Morning à Paris en février 2006. PIERRE VERDY / AFP

Au paradis des ambianceurs des deux rives du fleuve Congo, les Papa Wemba, Grand Kallé, Wendo, Tabu Ley Rochereau, Franklin Boukaka et autres Pamelo Mounka sont heureux : la rumba congolaise fait officiellement partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

L’Unesco, réunie cette semaine pour étudier une soixantaine de candidatures, a annoncé mardi 14 décembre sur Twitter que la rumba congolaise – dossier présenté par la République démocratique du Congo (RDC) et le Congo-Brazzaville – était admise sur sa liste. Elle y rejoint la rumba cubaine, inscrite en 2016 et, pour l’Afrique centrale, les polyphonies pygmées de Centrafrique (2003) ou les tambours du Burundi (2014).Li

« Cette richesse venue du Congo et exportée dans le monde entier constitue un des éléments de notre fierté », avait tweeté le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement de RDC Patrick Muyaya dès jeudi dernier, alors qu’une conférence de presse était organisée pour commenter l’événement, avec quelques jours d’avance. « Il est de notre devoir à tous de promouvoir la #Rumba », ajoutait-il.

A Kinshasa et Brazzaville, les spécialistes situent les origines de la rumba dans l’ancien royaume Kongo, où l’on pratiquait une danse appelée Nkumba, qui signifie « nombril », parce qu’elle faisait danser homme et femme nombril contre nombril.

Musique de « résistance et de résilience »

Avec la traite négrière, les Africains ont emmené dans les Amériques leur culture et leur musique. Ils ont fabriqué leurs instruments, rudimentaires au début, plus sophistiqués ensuite, pour donner naissance au jazz au nord, à la rumba au sud. Avant que cette musique soit ramenée en Afrique par les commerçants, avec disques et guitares.

La rumba dans sa version moderne a une centaine d’années. C’est une musique des villes et des bars, de rencontre des cultures et de nostalgie, de « résistance et de résilience », de « partage du plaisir aussi », avec son mode de vie et ses codes vestimentaires (« la sape »), expliquait récemment à l’AFP le Pr André Yoka Lye, directeur à Kinshasa de l’Institut national des arts (INA). Pour lui, la rumba est « tentaculaire, présente dans tous les domaines de la vie nationale ». Elle est marquée par l’histoire politique des deux Congo, avant et après l’indépendance.

Elle a connu des hauts et des bas, ses stars font parfois polémique voire scandale, ses réseaux de production et de distribution sont critiqués pour manquer de rigueur. Mais elle vit et se renouvelle, assure-t-on dans les deux capitales congolaises, où on compte sur cette inscription au patrimoine mondial pour lui donner une notoriété nouvelle, y compris auprès des Congolais eux-mêmes. « Nous sommes le pays de la rumba, qu’est-ce que nous en faisons ? », s’interrogeait le ministre de la communication de RDC.

Par Le Monde avec AFP

Célébration : le 141e anniversaire de Brazzaville au rythme de la rumba congolaise

septembre 29, 2021

Célébré sur le thème « Brazzaville et la rumba congolaise », le 141e anniversaire de la fondation de Brazzaville s’étendra du 5 au 7 octobre autour des tables rondes, des projections documentaires et d’une exposition.

L’exécution de la rumba/DR

Initiée par l’Institut français du Congo (IFC) en partenariat avec la mairie de Brazzaville, Les Dépêches de Brazzaville et le ministère de la Culture et des Arts, la commémoration du 141e anniversaire de Brazzaville mettra l’accent sur la rumba congolaise, dont la campagne d’inscription sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité se fait conjointement en ce moment avec la République démocratique du Congo. L’événement permettra, ainsi, au public de découvrir des documentaires retraçant l’histoire de la rumba congolaise, une exposition ainsi qu’un cycle de conférences réunissant des experts de la musique congolaise.

L’ouverture de ce rendez-vous, le 5 octobre, se fera par la projection du documentaire « Hommage à Edo Ganga », réalisé en 2020 par Prince Kloz Baloubeta et produit par l’IFC. Le film laisse à voir un concert présenté par Médard Milandou avec la participation des artistes musiciens Zao, Roga-Roga et biens d’autres en hommage au dernier des fondateurs du mythique orchestre Les bantous de la capitale, Edo Ganga, décédé l’année dernière.

S’en suivra, dans la même journée, une conférence sur le thème « L’histoire de la rumba à Brazzaville, au Congo », ainsi que le vernissage d’une exposition collective dévoilant les pochettes de vinyle, coupures de presse, photos des lieux et figures emblématiques de la rumba congolaise. Un travail regroupant le photographe Désiré Kinzenguélé, Nicolas Bissi, le collectif Bisso na Bisso et Les Dépêches de Brazzaville.

Le lendemain de l’ouverture sera ponctué par la diffusion du documentaire « Hommage à Franklin Boukaka », un film d’environ 1h 20 mn réalisé également l’an dernier par Prince Kloz Baloubeta. Visionnaire, humaniste, ardent défenseur de la cause des Noirs, le musicien congolais Franklin Boukaka aurait eu 80 ans en 2020. Pour lui rendre hommage, Zao, l’orchestre Kimbanguiste et le chœur Jubilate Deo ont repris ses plus grands succès. Un concert assaisonné de témoignages de ceux que l’artiste a connus et inspirés.

La dernière journée de ces moments de célébration permettra au public de suivre la diffusion du film documentaire « Sur les chemins de la rumba », de David Pierre Fila. Sorti en 2014 et d’une durée d’environ 1h 38 mn, le long-métrage fait voyager avec une simplicité apparente à travers un cheminement de l’autre côté du monde. Le film entraîne donc le spectateur à travers les côtes africaines, du Bassin du Congo, de Cuba… afin de lui partager l’harmonie, la beauté, des hommes et femmes, ainsi que des paysages qu’incarne cette musique.

Notons que plus qu’un genre musical, la rumba est un héritage commun des deux Congo, qui a connu sa maturité après l’indépendance des pays africains dans les années 1960. Les pères fondateurs sur le plan national sont, entre autres, les artistes Ganga Edo, Franklin Boukaka, Pamelo Mounk’a, Antoine Moundanda, etc.

Merveille Atipo

Congo-Musique: Clément Ossinondé en séjour à Brazzaville

juillet 26, 2021

Depuis début juillet, c’est de Brazzaville que Clément Ossinonde publie ses chroniques sur la musique congolaise. En tant que membre du comité scientifique national du Congo, il participe aux travaux de l’inscription de la rumba sur la liste du patrimoine culturel de l’humanité de l’Unesco.

Clément Ossinonde et Marie Coco Demba, membre de l'UMC

Photo : Clément Ossinonde et Marie Coco Demba, membre de l’UMC

Aux côtés de ses pairs, Honoré Mobonda, Ghislain Amédée Moussoungou, Jean Omer Ntady, Charles Bouetoumoussa-Bouetoum-Kiyindou, Romain Pindou et du Pr Joachim Ngomathéthé, pour ne citer que ces membres, Clément Ossinonde met à profit ses connaissances dans le domaine musical. Il participe également à la réflexion de la relance des activités de l’orchestre les Bantous de la Capitale.

Par la fréquence soutenue de ses chroniques sur les réseaux sociaux, Clément Ossinonde se trouve, pour ses « suiveurs », toujours à Lyon. Pourtant, c’est de Brazzaville qu’il les distille depuis le début du mois de juillet.

Un peu comme le journaliste destiné à raviver la mémoire des mélomanes, avec une précision dans le temps et l’espace, il porte un éclairage, tantôt sur les chansons qui ont fait le Congo et demeurent tant savoureuses que ludiques à travers les générations, tantôt sur leurs auteurs mythiques, et évoque en même temps le rôle pionnier des maisons d’éditions.

À chaque description, il illustre son récit par une photo et une bande sonore. C’est un passionné portant une pédagogie preuve à l’appui.

« Une volonté de garder la mémoire musicale pour mieux la connaître et assurer la survie de la musique des deux Congo« , pourrait résumer ce travail de mémoire sans répit.

Extrait de la chronique sur l’orchestre les Bantous de la Capitale :

(Nouvelle appellation de l’orchestre Bantous, adoptée en 1962 à Bruxelles)

1962 – L’ orchestre Bantous fait sa première tournée outre-atlantique. Il est d’ailleurs le premier orchestre congolais de Brazzaville à se rendre en Europe, précisément à Bruxelles et à Paris.

Une tournée fructueuse car 50 disques CD, soit 100 chansons, vont être enregistrés dans un temps record sous la marque CEFA. Mais au terme de l’enregistrement de 99 chansons, une va manquer pour parvenir à réunir 100 chansons. C’est à ce moment que Célestin Kouka va entonner « Orchestre Bantous de la capitale  » et le coup était joué.

Ce titre « Orchestre Bantous de la capitale » sera plébiscité comme celui qui devait donner au groupe un attribut. Célestin Kouka peut donc se révéler légitimement en étant l’auteur.

Tel est le devoir de mémoire poursuivi régulièrement par Clément Ossinonde.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

RDC : Ferré Gola, force tranquille de la rumba

mars 6, 2021
Le chanteur congolais Ferré Gola à Paris, pour la promotion de son nouvel album, en février 2021.

Après un single symphonique, le « Padre » prévoit la sortie de deux albums à la fin du mois de mars. Évitant soigneusement les polémiques, il poursuit son ascension, et continue de moderniser la rumba.

On n’y croyait plus. Le premier rendez-vous, en janvier, avait été annulé en raison du tournage inopiné d’un clip en Guadeloupe. Le deuxième avait été maintes fois repoussé. Et lorsqu’on pensait que tout était finalement calé (suite à l’échange d’une trentaine de mails avec son attachée de presse), un coup de fil, une heure avant l’entretien, douchait nos espoirs­ : « Désolé, il doit partir en studio pour un enregistrement… » Quelques pourparlers plus tard, Ferré Gola pointait son nez… surmonté d’une paire de lunettes en édition limitée.

Agenda de ministre, ton mesuré de diplomate et bling-bling d’une éminence de la sape. Le « Prés » (pour « président »), comme son équipe le surnomme, cumule les signes extérieurs de distinction. « L’image est fondamentale aujourd’hui. Si tu veux que les gens téléchargent, il faut avoir une bonne image », lâche-t-il tandis que la maquilleuse, qu’il a dépêchée pour l’occasion, poudre ses pommettes.

CHEZ NOUS, QUAND TU ES NOUVEAU, LES MUSICIENS TE TAPENT, C’EST COMME ÇA. ALORS OUI, ON ME TAPAIT

Dans l’organigramme compliqué des groupes congolais, qui n’a rien à envier à celui des multinationales, il est à présent tout en haut… après avoir été tout en bas, le petit qu’on malmenait à ses début dans le Wege Musica Maison Mère. « Chez nous, quand tu es nouveau, que tu n’es pas à l’aise ou que tu ne suis pas le rythme, les musiciens te tapent, c’est comme ça. Alors oui, on me tapait », reconnaît-il dans un demi-sourire.

Entre Kinshasa, Paris et Bruxelles

Mais ce temps est lointain. Rumba des jeunes (son groupe du quartier Bandal Nord, quand il était adolescent), Wenge Musica, Les Marquis de Maison Mère, Quartier Latin, puis carrière en solo à partir de 2007… Ferré (surnom donné en référence au styliste italien Gianfranco Ferré) a fait bien du chemin depuis ses débuts. À 45 ans, le voilà à la tête d’une organisation internationale pléthorique. « Il y a 56 personnes qui dépendent de moi, reconnaît-il. Des musiciens, des danseurs, mon staff entre Kinshasa, Paris et Bruxelles. »

Chanteur insatiable, auteur, compositeur et producteur, celui qu’on a baptisé « Chair de Poule », cumule les casquettes. « Et j’aimerais bien créer aussi ma marque de vêtements », ajoute-t-il tandis que l’on admire, intrigué, sa bague maousse en forme de crâne incrustée de diamants (« des vrais », précise-t-il). « Créer une marque, comme l’a fait Fally Ipupa ? », demande-t-on. En guise de réponse, l’artiste dégaine un sourire de sphinx.

Jamais il ne prononcera le nom de ses principaux rivaux, Fally et Koffi Olomidé, qui se disputent le titre de roi de la rumba depuis la disparition brutale de Papa Wemba. Quant aux éléments les plus prometteurs de la nouvelle génération, il citera Rebo Tchulo (une artiste de son écurie qui a « une belle voix, un beau physique ») et Innoss’B… Mais il faudra lourdement insister pour qu’il cite nommément des artistes.

AU CONGO, QUAND TU COMMENCES À MONTER, TOUTE LE MONDE A LES YEUX SUR TOI ET VEUT TE COMBATTRE

« Je ne dis plus de noms, assume-t-il. Je reste dans mon coin pour éviter les polémiques. Et je reste indifférent, même si on me provoque tout le temps. Au Congo, quand tu commences à monter, tout le monde a les yeux sur toi et veut te combattre… Et les polémiques sont souvent attisées par les fans. » Des fans, le Padre en a… « Gaulois », « Gladiators », les groupes Facebook mettent souvent de l’huile sur le feu dans les clashs réels ou imaginaires entre artistes de cette gigantesque arène qu’est la scène musicale congolaise.

Au-dessus de la mêlée

Mais l’admirateur de Franco veut voir plus loin, au-dessus de la mêlée, et se focaliser sur son art. Pour son quatrième album, QQJD (Qu’est-ce que j’avais dit), sorti en 2017, il avait visé haut : trois galettes (Blue, Red, Gold) contenant chacune 11 titres et mixant savamment la rumba à diverses influences, du RnB en passant par le ndombolo et le soukous.

Un tour de force… même si les artistes, congolais notamment, ont fini par nous habituer à des productions fleuves. Maître Gim’s, par exemple, avait sorti pas moins d’une soixantaine de titres pour son projet Ceinture noire et ses rééditions, entre 2018 et 2019.

EN SUIVANT L’EXEMPLE DE PAVAROTTI J’AI VOULU DÉVELOPPER UNE AUTRE DIMENSION DE MON ART

Pour ne pas se laisser distancer par ses rivaux, le Padre devait revenir sur un nouvel exploit. Son single  Regarde-moi, dans une formule inédite (piano-voix secondé par un orchestre symphonique), a mis tout le monde d’accord. « Pour moi ce virage lyrique était un nouveau challenge, en suivant l’exemple de Pavarotti j’ai voulu développer une autre dimension de mon art », lâche l’autodidacte que rien, décidément, ne semble effrayer.

Mais les fans attendent surtout la sortie, fin mars, des nouveaux albums studios. Car il y aura cette fois deux disques. Le premier, Dynastie, sera complètement tourné vers la rumba congolaise, avec des invités issus de sa première formation, Wenge Musica. Le second, aux sonorités plus urbaines, baptisé Harmonie, devrait permettre de conquérir de nouveaux fans à l’international.

La formule, adoptée par Fally, avec le carton Tokooos invitait Wizkid, Booba ou encore R. Kelly pour aider sa voix à traverser les frontières. Ferré Gola, lui, reste mystérieux sur ses invités… mais on sait que des pourparlers ont été entamés avec Maître Gim’s, et que le Congolais apprécie la musique de Naza.

Éducateur de masse

En attendant, le Padre va continuer à profiter d’un quotidien qu’il décrit comme très sage : « Je fais ma vie dans le quartier de Bastille, à Paris, quand je ne suis pas à Kin… je mange à la maison… » De l’extérieur, pourtant, on a le sentiment qu’il est sur tous les fronts. Le Padre est un père, d’un nombre d’enfants qu’il ne nous donnera pas, mais qui semble conséquent… attaché à leur éducation à l’école française.

Le chanteur congolais Ferré Gola à Paris en février 2021, pour la promotion de son nouvel album

C’est aussi un « éducateur de masse », comme il aime à se définir, qui fut l’un des premiers à sortir un clip rappelant les bons gestes pour contrer le Covid, l’année dernière. Et un médiateur inter-cultures, qui a tenu à tourner ses deux derniers clips en Guadeloupe, en janvier, pour poursuivre le dialogue entre la musique congolaise et antillaise.

Mais les membres de son staff le décrivent surtout comme un bosseur infatigable, un « talent inné », « extrêmement discipliné », qui ne cesse jamais de créer, comme s’il était en permanence « traversé par la musique. » Une vidéo Youtube assez surprenante le montre d’ailleurs en pleine improvisation vocale, à peine levé et un mug à la main, avant une séance de travail en Guadeloupe.

Malgré la pandémie qui l’a amené à renoncer à de nombreuses dates, il a joué les 12 et 13 février au Palais de la culture et à l’Hôtel Ivoire d’Abidjan. Et surtout, il travaille à la reformation de Wenge Musica Maison Mère. Plusieurs nouveaux titres sont, assure-t-il, d’ailleurs déjà enregistrés. Un événement que les fans attendaient depuis longtemps… Le Prés’ devrait continuer longtemps à rallier les suffrages.

Un gêneur nommé Covid

« Le Covid a tout compliqué… regrette Ferré Gola. Aujourd’hui, je ne joue quasiment plus. Je vis sur mes économies. Bien sûr, j’ai fait quelques dates et des lives à la maison, mais ce n’est plus pareil. » Le virus, le chanteur est bien placé pour en parler. Après avoir été l’un des premiers à mettre en ligne un single pour faire de la pédagogie sur les gestes barrières, il a attrapé la maladie lors d’un concert, fin 2020.

« J’ai pris des médicaments traditionnels de chez nous, du gingembre, du thé Mondongo (NDLR : à partir d’une plante plus connue sous le nom de maniguette)… ça a duré deux semaines. » Il espère qu’une éclaircie permettra de planifier plus de dates pour 2021, avec notamment, et c’est un scoop, un grand concert prévu pour décembre au Casino de Paris.

Avec Jeune Afrique par Léo Pajon

Fally Ipupa, le prince congolais de la rumba mondialisée

février 9, 2016

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Fally Ipupa au Festival des musiques urbaines d’Anoumabo près d’Abidjan, le 26 avril 2015. Crédits : SIA KAMBOU / AFP
On le surnomme Dicap la Merveille, El Maravilloso, El Magnifico et on en passe. La marque des grands de la scène musicale congolaise. Autant de « galons » pour ce général 5 étoiles de la rumba gagnés sur ce champ de bataille de Kinshasa où la concurrence entre artistes est aussi impitoyable qu’aux Etats-Unis, où les groupes apparaissent et prennent fin aussi vite qu’une pluie tropicale.

Fally Ipupa va fêter cette année ses dix ans de carrière solo et celui qui fait partie du club très privé des stars du continent s’est donné pour objectif d’être la première vedette de son pays à conquérir le marché mondial. « J’ai fait le tour de l’Afrique, je n’ai plus rien à y prouver, affirme-t-il. Je veux aller de l’autre côté, donner du plaisir aux publics asiatiques, européens ou américains. »

Rumba survitaminée

Le jeune homme introverti né à Bandal, le quartier des musiciens de la capitale, après des débuts timides dans une myriade de formations, s’est mué en beau gosse ambitieux au fil des ans. En 1999, son transfert, à l’âge de 22 ans, dans le groupe Quartier Latin, la célébrissime formation du non moins célébrissime Koffi Olomidé, fit déjà couler beaucoup d’encre.

Le temps d’affiner son talent exceptionnel de chanteur et en 2006, il se lance dans une carrière solo avec son premier album Droit chemin ; du ndombolo (cette rumba survitaminée qui branche les jeunes) aux accents neufs et un succès énorme : plus d’un million d’exemplaires, pirates ou non, écoulés sur le continent et dans la diaspora (dont un disque d’or en France). Deux autres opus, Arsenal de belles mélodies (2009) et Power-Kosa Leka (2013) l’imposeront définitivement.

« La musique congolaise a été l’histoire d’un véritable gâchis, lâche Fally Ipupa. Mes aînés, les Tabu Ley, Kanda Bongo Man, Werrason et autres JB Mpiana n’ont jamais voulu s’exporter hors du continent puisqu’ils y gagnaient énormément d’argent. » A quelques nuances près toutefois : Franco avait esquissé le grand saut vers le marché mondial avant de mourir en 1989. Papa Wemba avait, lui aussi, tenté une approche avec trois albums (Le Voyageur, Emotion et Molokaï) réalisés sous la houlette de la rock-star tiers-mondiste, Peter Gabriel, entre 1992 et 1998 ; et puis il y eut la chance exceptionnelle offerte à Koffi Olomidé quand les feux de l’actualité française et européenne se braquèrent sur son concert (une première pour une star africaine !) en 2000 dans la salle parisienne de Bercy archi-comble, une chance qu’il ne sut ou ne voulut pas saisir.

Mais pourquoi les rumberos d’antan auraient-ils eu à se soucier du marché occidental, eux qui régnaient alors en maîtres absolus sur les hit-parades de Dakar à Johannesburg, eux qui, accueillis tels des chefs d’Etat, remplissaient des stades et passaient (en option) par la case palais présidentiel toucher des bonus sonnants et trébuchants ? Il est loin, ce temps, semble dire Dicap la Merveille, 39 printemps au compteur. Papa Wemba a maintenant 66 ans, Koffi 60, Werrason 51. Une nouvelle génération a pris le pouvoir. Une génération qui a connu la mondialisation dès le plus jeune âge et pour qui surfer sur Internet est aussi naturel que taper dans un ballon de foot et résider à Paris aussi simple que vivre au pays, entouré des siens et immergé dans les traditions.

Les réseaux sociaux pour entretenir le buzz

« Dès l’âge de 17 ans, je fréquentais les kiosques de rue dans Kin pour jouer sur Nintendo, se rappelle Fally. Mais j’ai vraiment commencé à me servir de l’ordinateur en 2004 quand j’ai gagné un peu d’argent. » A l’instar d’un artiste français ou britannique, il se met à l’heure numérique, s’appuie sur les réseaux sociaux comme un élément majeur de sa stratégie pour entretenir le buzz, « même si le Web est encore un luxe pour nous ». « J’ai ouvert un blog en 2006 à l’occasion de la sortie de Droit chemin. Je dispose d’une page Facebook depuis 2007. Quant à mon compte Instagram, il est le plus visité de la RD Congo, avec plus de 3 000 visites par jour ! », s’exclame-t-il fièrement.

Nouveau pas en avant en avril 2013 : il signe un contrat portant sur trois albums avec la multinationale AZ/Capitol/Universal. Et depuis la mi-2015, il travaille sur son prochain CD en studio à Paris, en quête de la pierre philosophale qui lui ouvrirait les portes de la gloire mondiale. Et plus question de centaines de fans se faufilant dans les couloirs de ces « temples du son », à quêter des miettes de chansons ou un mot de la vedette comme c’est la coutume lorsqu’un un Koffi ou un JB Mpiana grave un nouveau disque, mais juste le staff nécessaire… le travail à l’occidentale autrement dit !

« Je veux qu’on écoute de la musique africaine car j’ai cette culture dans le sang, mais modulée pour les oreilles du monde entier », confie-t-il. Et très logiquement, Fally a réuni les ingrédients nécessaires à cette conquête internationale : un producteur, Skalpovitch (alias Skalp), qui s’est imposé dans le show-biz français comme un hit-maker (Magic System, Indila, Black M, Kendji Girac…), des textes en lingala, anglais et français, une musique entre european dance, rumba et ndombolo. Et surtout un nombre substantiel de featurings, ces produits d’appel indispensables à la réussite d’un album en 2016 : Black M, R.Kelly, la star de la soul-love américaine, et bien d’autres encore. On raconte même que Stromae, M. « Papaoutai », grand admirateur de l’idole kinoise, serait de la partie ! « Il peut conquérir les charts français, européens, voire au-delà, estime Skalp, j’y crois. »

Lemonde.fr par Jean-Michel Denis (contributeur Le Monde Afrique)