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RDC : reprise des combats entre factions de la rébellion du M23

mars 9, 2013

Des rebelles du M23 à Bunagana le 7 mars 2013 Des rebelles du M23 à Bunagana le 7 mars 2013 © AFP

Après une semaine de trêve, les combats ont repris le 9 mars dans l’Est de la République démocratique du Congo entre deux factions rivales des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), a-t-on appris auprès de la branche fidèle au général Sultani Makenga.

Le 27 février, les pro-Makenga ont destitué le président politique du M23, Jean-Marie Runiga, l’accusant notamment de soutenir le général mutin Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

« Ce matin, vers 05h00 (03h00 GMT), les hommes du général Ntaganda et de Runiga, conduites par le colonel Ngaruye Baudouin, sont venues attaquer la base militaire de Rumangabo », a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de la branche du M23 pro-Makenga. Rumangabo est située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu. « Nous avons repoussé l’ennemi et nous sommes en train de continuer à les poursuivre avec la dernière énergie (…) en direction de Kibumba », a-t-il ajouté.

>> Lire aussi : « RDC-M23 : Jean-Marie Runiga, entre la bible et le kalachnikov

Kibumba, ville-frontière avec le Rwanda, est située à une vingtaine de kilomètres au Nord de Goma. Elle est le nouveau fief de Jean-Marie Runiga et la localité d’où le M23, alors soudé, avait lancé une offensive contre l’armée qui s’était soldée par l’occupation de Goma fin novembre.

Dans une déclaration à l’AFP, Jean-Marie Runiga a nié s’être allié au général Ntaganda et a accusé en retour le général Makenga d’avoir fait « défection » et d’avoir « reçu l’argent » du chef de l’État congolais Joseph Kabila pour « torpiller » les pourparlers de paix de Kampala.

Depuis la signature le 24 février d’un accord-cadre de l’ONU pour la pacification de l’Est congolais, signé par onze pays africains, des combats meurtriers ont opposé les deux factions du M23, qui se partagent des zones adossées au Rwanda et à l’Ouganda voisins.

Des experts de l’ONU accusent ces deux voisins de la RDC de soutenir la rébellion, que l’armée congolaise combat depuis près d’un an au Nord-Kivu – des accusations que Kigali et Kampala démentent. Depuis décembre, des pourparlers de paix se tiennent à Kampala, en Ouganda, mais avancent laborieusement. Jeudi, la branche pro-Makenga a désigné Bertrand Bisimwa comme nouveau président du M23.

Le 7 mars, la branche pro-Makenga a désigné Bertrand Bisimwa comme nouveau président du M23.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: nouveaux combats, des milliers de personnes fuient en Ouganda

mars 1, 2013

GOMA (RDCongo) – Quatre mille personnes ont fui vers l’Ouganda après des nouveaux combats entre factions rivales de la rébellion congolaise dans l’est de la RDCongo, a indiqué la Croix-Rouge vendredi.

De violents affrontements ont opposé ces factions de la rébellion congolaise du M23 de jeudi à vendredi matin dans la région du Rutshuru, à une trentaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.

Les partisans de Jean-Marie Runiga, ancien chef politique du M23, récemment destitué de son poste, ont affronté des fidèles de Sultani Makenga, commandant militaire du groupe rebelle.

La rivalité entre Sultani Makenga et Jean-Marie Runiga, déjà ancienne, s’est accentuée avec la signature de l’accord signé le 24 février à Addis Abeba destiné à ramener la paix dans l’est de la RDC.

Runiga aurait, selon plusieurs sources militaires, souhaité reprendre l’offensive armée alors que Makenga prône une stabilisation. Des premiers affrontements en début de semaine avaient fait une dizaine de morts quand le convoi de Makenga avait été attaqué.

Le M23 avait accepté en décembre de cesser les hostilités et de négocier avec Kinshasa sous la pression internationale, l’Ouganda dirigeant une médiation au nom des pays des Grands Lacs.

Les combats se seraient soldés par une trentaine de morts, d’après une source militaire occidentale, qui n’a pas pu être confirmée dans l’immédiat.

Quatre mille réfugiés (de RDC) ont traversé la frontière vers l’Ouganda, a indiqué la Croix-Rouge dans un communiqué publié à Nairobi.

Certains ont accepté de se diriger vers un camp de transit, mais la plupart préfèrent rester près de la frontière pour voir comment la situation évolue, a précisé à l’AFP une porte-parole de la Croix-Rouge, Catherine Ntabadde-Makumbi.

Par ailleurs, au moins 36 personnes dont 10 civils ont été tués dans d’autres combats qui se déroulent dans la même région depuis mercredi, opposant l’armée régulière congolaise à une milice, l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain, selon l’ONU.

Mercredi, un obus a touché un hôpital à Kitchanga, ville proche de Goma, blessant ou tuant 57 personnes, a indiqué vendredi l’ONU.

Trois à quatre mille civils ont alors trouvé refuge autour de la base de la Monusco (Mission de l’ONU en RDC) à Kitchanga, toujours selon l’ONU.

Ces nouveaux affrontements ont eu lieu quelques jours après la signature, dimanche dernier à Addis Abeba, par 11 pays de la région et sous l’égide de l’ONU, d’un accord-cadre censé améliorer la sécurité dans l’est de la RDC, une région riche en minerais en proie à des rébellions depuis deux décennies.

Le Mouvement du 23 mars avait lancé une offensive dans le Nord-Kivu au printemps 2012, accusant le gouvernement de ne pas avoir respecté un accord de paix signé le 23 mars 2009, qui aurait dû permettre l’intégration des rebelles dans l’armée régulière.

L’ONU et Kinshasa avaient accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir cette rébellion.

Romandie avec (©AFP / 01 mars 2013 23h07)

RDC : Jean-Marie Runiga, chef politique du M23, démis de ses fonctions

février 28, 2013
De g.à dr. Sultani Makenga, chef militaire du M23, et Jean-Marie Runiga, coordonnateur politique De g.à dr. Sultani Makenga, chef militaire du M23, et Jean-Marie Runiga, coordonnateur politique © AFP

Dans un communiqué publié le 28 février, le chef militaire du Mouvement du 23 mars (M23), Sultani Makenga, annonce la destitution de Jean Marie Runiga, le coordonnateur politique du groupe rebelle, accusé de connivence avec le général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale.

Au Mouvement du 23 mars (M23), la rupture est consommée entre les pro-Nkunda et les pro-Ntaganda. Le chef militaire de la rébellion qui sévit dans l’est de la RDC, Sultani Makenga, réputé fidèle au général déchu Laurent Nkunda, a destitué, le 27 février, le président de sa branche politique, Jean-Marie Runiga, qu’il accuse de soutenir le général mutin Bosco Ntaganda. « Jean-Marie Runiga vient d’être destitué de ses fonctions de président du mouvement pour incapacité et incompétence. Il appuie financièrement un général recherché par la Cour pénale internationale : le général de brigade Bosco Ntaganda », a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.

L’intérim de la présidence politique est assuré par le « général » Sultani Makenga qui était jusqu’à présent responsable militaire du mouvement rebelle. « Jean-Marie Runiga a détourné les ressources financières du mouvement pour appuyer des activités illégitimes et prohibées, notamment le recrutement des cadres politiques et militaires pour le compte du général Bosco Ntaganda », rapporte un communiqué publié par la rébellion. Le document précise que cet appui, qualifié de « haute trahison », a permis au général mutin de « tenter une incursion dans l’espace sous notre contrôle pour y semer troubles et divisions ».

« Aveux »

La destitution a été prise « devant le haut-commandement militaire et devant le congrès », réunis le 27 février, a indiqué le lieutenant-colonel Kazarama. Selon lui, Jean-Marie Runiga « a reconnu qu’il avait collaboré » avec Ntaganda, « donc il a avoué », a-t-il dit. Le porte-parole a expliqué que l’ex-président politique a quitté la résidence qu’il habitait à Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda, pour « rejoindre » le général Ntaganda dans le « parc des Virunga », à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda – deux pays accusés par l’ONU de soutenir le M23, ce qu’ils réfutent. Il a par ailleurs souligné que des militaires pro-Ntaganda ont quitté le M23 avec Runiga, mais n’a pas pu donner leur nombre.

Cette rupture intervient alors que des affrontements ont opposé, quatre jours plus tôt, les deux factions rivales du mouvement rebelle. Selon une source hospitalière à Rutshuru, ceux-ci auraient fait 10 morts, mais selon le gouvernement 17 morts ont été dénombrés après des échanges de tirs. Dès le premier jour de sa création, en mai, le M23 a réfuté tout lien avec le général Ntaganda, sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont l’enrôlement présumé d’enfants soldats.

Mais plusieurs ONG et des rapports de l’ONU affirment que le M23 était en réalité dirigé par Bosco Ntaganda, ex-chef l’état-major du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une rébellion intégrée dans l’armée en 2009 et dont sont issus la plupart des membres du M23.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDCongo : les rebelles du M23 veulent s’inspirer des rebelles centrafricains

janvier 3, 2013

Jean-Marie Runiga, le responsable politique du Mouvement du 23 mars (M23), actif depuis mai dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a déclaré jeudi vouloir s’inspirer de la rébellion centrafricaine du Séléka qui menace de renverser le président Bozizé.

« La rébellion de la République centrafricaine nous a beaucoup inspirés par rapport à ce qui se passe au pays » car les rebelles du Séléka revendiquent aussi l’application d’accords de paix « non respectés », a déclaré à la presse Jean-Marie Runiga, depuis Bunagana, une ville-frontière avec l’Ouganda située au nord de Goma.

« Nous ne ferons que suivre l’exemple de ce qui se passe » en Centrafrique, a-t-il insisté, accompagné du chef militaire du M23, le général Sultani Makenga, et du député d’opposition congolais Roger Lumbala qui, depuis peu, affiche son soutien aux rebelles.

En Centrafrique, la coalition du Séléka a pris les armes le 10 décembre pour réclamer le respect de plusieurs accords de paix signés entre le gouvernement et des rébellions. Elle a rapidement conquis la majeure partie du pays, jusqu’à la ville de Sibut, à 160 kilomètres de Bangui.

Vendredi, les pourparlers de sortie de crise doivent reprendre entre le gouvernement congolais et le M23. Des pourparlers qui lui avaient été promis par les Etats de la région des Grands Lacs après que les rebelles ont quitté le 1er décembre Goma, ville-clé de l’Est tombée 11 jours plus tôt.

D’après les Etats des Grands Lacs, les rebelles devaient se retirer à au moins 20 km au nord de Goma mais, en réalité, ils restent aux portes de la ville. La Mission de paix de l’ONU – forte de 18. 000 hommes en RDC – s’est dite prête à envoyer des renforts si nécessaires.

« Nous continuons à demander un cessez-le-feu ainsi que des négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa. Si celui-ci ne veut pas, nous emploierons le langage que (le président Joseph) Kabila comprend. Et cette fois-ci nous irons très loin », a menacé Jean-Marie Runiga.

« Le langage que Kabila comprend, ce sont les armes, a-t-il précisé. Et l’exemple que nous en avons c’est qu’après la chute de Goma, le dialogue a été ouvert à Kampala. Si c’est dans cette voie-là qu’il veut encore s’engager, cette fois-ci nous irons très loin.  »

Selon le chef politique de la rébellion, la délégation du M23 doit se mettre en route pour Kampala jeudi.

Lundi, le Conseil de sécurité de l’ONU a sanctionné le M23 d’un gel de ses avoirs et d’une interdiction de voyager. Et il a ajouté à la liste des individus déjà ciblés Jean-Marie Runiga et Eric Badege, présenté comme « un commandant du M23 soupçonné d’exactions contre des femmes et des enfants ».

« On tue les gens en Syrie, et partout dans le monde, mais les Nations Unies n’ont jamais sanctionné (. . . ). Mais nous, qui n’avons rien fait à la population, on nous sanctionne. Ce n’est pas correct », a dénoncé Jean-Marie Runiga, alors que l’ONU et des ONG accusent le M23 de graves exactions (viols, assassinats, pillages. . . ).

L’armée combat le M23 depuis mai dans la province riche et instable du Nord-Kivu (est). Des experts de l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda, voisins de la RDC, de soutenir le M23, ce que nient catégoriquement Kigali et Kampala. Depuis avril, selon l’ONU, les combats ont fait 500. 000 déplacés et réfugiés, qui vivent dans des conditions difficiles.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : Sultani Makenga affirme que le M23 quittera Goma d’ici à vendredi

novembre 27, 2012
Makenga : 'On a commencé à retirer nos forces' dans le Masisi. Makenga : « On a commencé à retirer nos forces » dans le Masisi. © Michele Sibiloni/AFP

Le chef militaire du Mouvement du 23 Mars (M23), Sultani Makenga, a assuré, mardi 27 novembre, qu’il respectera la demande du sommet de Kampala concernant un retrait de ses troupes de Goma, occupée depuis le 20 novembre. Il se donne jusqu’à vendredi pour entamer ce repli vers les « positions initiales » de la rébellion « dans le territoire de Rutshuru », au Nord-Kivu.

Après avoir accepté la veille le principe d’un retrait de Goma, le chef militaire du Mouvement du 23 Mars (M23) en a précisé les délais, mardi 27 novembre. « Demain ou après demain (…) au plus tard dans trois jours, on va quitter Goma (…) On nous avait demandé de nous retirer à 20 kilomètres [lors du sommet de Kampala, samedi dernier, NDLR] et nous allons le faire, il n’y a pas de problème », a déclaré Sultani Makenga. Sans évoquer les conditions énumérées un peu plus tôt par le président du M23 et chef politique de la rébellion, Jean-Marie Runiga.

D’ici à vendredi, la capitale provinciale du Nord-Kivu devrait être libre, après une semaine d’occupation par les rebelles. Selon Makenga, le délai de 48 heures initialement prévu serait trop court pour rassembler ses troupes avant de se replier. « Nous avons des forces à Masisi, un territoire à l’ouest de Goma. On a commencé à retirer nos forces, nos forces sont en mouvement, dans cette zone », a-t-il poursuivi.

Rassemblement

« On attend nos forces qui sont loin de Goma, qu’elles arrivent au lieu de rassemblement avant un retour aux positions initiales dans le territoire de Rutshuru », à la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda. En échange, Kinshasa devrait prendre en compte les « revendications légitimes » du M23 mais rien n’indique pour l’instant l’ouverture de négociations directes entre les belligérants, que Kinshasa a jusqu’à présent rejetées.

Lors de son déplacement à Kampala, lundi, Makenga n’a pas pu voir les responsables militaires congolais. « Je suis arrivé en retard à cause du mauvais temps, et le chef d’état-major du Congo était déjà reparti », a-t-il expliqué à son retour en RDC. Une réunion des chefs d’état-major des armées des pays de la région des Grands Lacs est cependant prévue vendredi à Goma pour s’assurer du respect par les rebelles de leur engagement à quitter la ville, a annoncé le chef d’état-major ougandais, Aronda Nyakairima.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: les rebelles veulent des négociations et la démilitarisation de Goma

novembre 19, 2012
RDC: les rebelles veulent des négociations et la démilitarisation de Goma RDC: les rebelles veulent des négociations et la démilitarisation de Goma © AFP

Le mouvement rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo a annoncé lundi qu’il « exigeait » du gouvernement dans un délai de 24 heures l’annonce de « l’ouverture de négociations politiques directes » et « la démilitarisation totale de la ville et de l’aéroport de Goma ».

Le M23, qui a mené une offensive jusqu’aux portes de Goma, la capitale du Nord-Kivu, exige « la déclaration officielle et publique à la radio et la télévision nationale par le gouvernement de Kinshasa dans un délai ne dépassant pas 24 h annonçant l’ouverture de négociations politiques directes avec le M23 élargies à l’opposition politique, à la société civile et à la diaspora congolaise ».

Le M23 exige également « la démilitarisation de la ville et de l’aéroport de Goma dans un délai ne dépassant pas 24 h et la protection des populations par les forces de maintien de la paix de la Monusco (Mission des Nations unies pour le maintien de la paix au Congo) présentes dans la ville dans l’exercice de leur mission première ».

Si ces exigences ne sont pas satisfaites, le M23 annonce dans un communiqué sa volonté de « poursuivre sa résistance contre le gouvernement de Kinshasa jusqu’à sa chute ».

Attribuant aux forces régulières la reprise des combats qui ont abouti à leur déroute, le président du M23, Jean Marie Runiga, reconnait que l’avancée sur Goma des troupes du M23, appelées Armée révolutionnaire congolaise ont « provoqué une série d’inquiétudes de la communauté internationale ».

« Pour permettre une issue pacifique à la situation actuelle » notre mouvement exige « la cessation immédiate de l’offensive militaire » menée par l’armée mais aussi par une coalition avec les FDLR (Forces démocratique de libération du Rwanda), des groupes armés et des groupes locaux Maï Maï, ajoute encore le communiqué.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: la rébellion Mouvement du 23 mars devient l’Armée révolutionnaire du Congo

octobre 21, 2012
RDC: la rébellion Mouvement du 23 mars devient l'Armée révolutionnaire du Congo RDC: la rébellion Mouvement du 23 mars devient l’Armée révolutionnaire du Congo © AFP

Le bras armé du Mouvement du 23 mars (M23) qui opère depuis mai dans l’est de la République démocratique du Congo a été rebaptisé Armée révolutionnaire du Congo, et ce groupe promet de riposter à toute attaque des forces loyalistes, imminente, selon elle.

« L’armée du M23 (. . . ) est désormais appelée l’Armée révolutionnaire du Congo (ARC) » et le colonel Sultani Makenga passe de commandant à « général de brigade » du groupe armé, annonce un résumé de la conférence de presse, samedi, de Jean-Marie Runiga, président du M23.

M. Runiga s’est exprimé depuis Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda, dont il revient tout juste. Il y avait exposé ses doléances au président ougandais Yoweri Museveni, médiateur de la crise, et regretté que les négociations soient restées « indirectes » avec les représentants du pouvoir congolais.

Mais samedi, d’après le résumé, il a dénoncé que les pourparlers visaient à « tromper la vigilance du M23 en lui faisant croire à une possible négociation, pendant que Kinshasa réorganisait son armée défaite par le M23 en y incorporant des nouvelles unités » composées de divers groupes armés locaux et étrangers.

Il est notamment évoqué une collaboration avec les Forces démocratiques de libération du Rwnada (FDLR), une rébellion hutu qui commet des exactions dans l’est de la RDC et dont certains membres sont recherchés par Kigali pour leur participation au génocide contre les Tutsi de 1994 au Rwanda.

« Nous assistons au renforcement des positions militaires des FARDC sur la ligne de front où les FDLR et les FARDC se préparent à ce qu’ils appellent l’assaut final contre nos positions », a affirmé Jean-Marie Runiga, cité dans le résumé.

« Nous demandons au gouvernement de cesser toute velléité belliciste et revenir sur la table des négociations. Dans le cas contraire, le M23 se défendra », a-t-il menacé, alors qu’une force neutre doit être déployée d’ici décembre pour combattre les groupes « négatifs », dont le M23 et les FDLR.

Le M23 est surtout composé d’ex-membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une rébellion intégrée dans l’armée en 2009. Il contrôle une partie du Rutshuru, un territoire adossé au Rwanda et à l’Ouganda, accusés par l’ONU de soutenir la rébellion – ce que démentent Kigali et Kampala.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : le M23, une rébellion militaire de plus en plus politique

août 20, 2012

Jean-Marie Runiga (au centre), coordonnateur politique du M23, le 21 juillet 2012 à Bunagana. Jean-Marie Runiga (au centre), coordonnateur politique du M23, le 21 juillet 2012 à Bunagana. © James Akena/REUTERS

Alors que l’envoi d’une force neutre dans l’est de la RDC est en négociation, les rebelles du M23 mettent désormais en avant des revendications de politique générale. Une stratégie dont les finalités restent obsucures, mais qui pourrait servir à gagner du temps.

Après avoir mis en place une ébauche d’administration dans les zones qu’ils contrôlent, les rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23) poursuivent leur mutation. Dimanche 19 août, ses responsables ont annoncé avoir formé un cabinet politique. Composé de 25 membres, celui-ci compte un président, un chef militaire, un secrétaire exécutif, et des chefs de départements. « Leur rôle sera la gestion de la population dans la zone que nous contrôlons », explique le colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.

Alors que son action a exacerbé les tensions ethniques, le mouvement affiche désormais sa volonté de prendre ses responsabilités envers les populations. Sa restructuration confirme en tout cas l’évolution de la rébellion depuis le début du conflit, en avril. Né de la défection d’ex-membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le M23 cherche aujourd’hui à prouver qu’il est une structure politique aux ambitions nationales légitimes. « Nous voulons montrer à la communauté internationale et nationale que le M23 n’est pas simplement une organisation militaire, mais un mouvement politico-militaire », dit le colonel Kazarama.

De fait, les revendications du mouvement ont évolué en ce sens. Après avoir demandé le respect des accords du 23 mars 2009, puis s’être érigés en protecteur des communautés tutsies, les rebelles font maintenant de la bonne gouvernance et du respect du résultat de la présidentielle de 2011 leur nouveau cheval de bataille. En nommant des comités locaux de sécurité constitués de ses cadres de base, des autorités coutumières locales ainsi que des élites des communautés, le M23 cherche à améliorer son image auprès des habitants du Nord-Kivu. L’objectif est de montrer que la rébellion est capable de maintenir l’ordre et la paix dans une zone où le gouvernement de Kinshasa a échoué.

Quelles ambitions ?

La structure politique du M23

Président : Bishop Jean-Marie RUNIGA LUGERERO

Chef du haut commandement militaire : Colonel SULTANI MAKENGA

Secrétaire exécutif : Mr François RUCOGOZA TUYIHIMBAZE

Département des affaires politiques et administration du territoire : Mr SENDUGU MUSEVENI

Département des relations extérieures et de la coopération régionale : Me René ABANDI MUNYARUGERERO

Département des affaires sociales et humanitaires : Dr Alexis KASANZU

Département des Finances, Budget et Ressources Naturelles : Mr Justin GASHEMA

Département de l’Agriculture, Pêche et Élevage : Mr Déogratias NZABIRINDA NTAMBARA

Département de la Justice et des droits humains : Me Antoine MAHAMBA KASIWA

Département de la Réconciliation et de l’Unité Nationale : Mr Jean serge KAMBASU NGEVE

Département de Rapatriement des refugies et réinsertion des déplacés internes : Ir. Benjamin MBONIMPA

Département du Tourisme, Environnement et Conservation de la Nature : Prof Stanislas BALEKE

Département de la Jeunesse, Sport et Loisirs : Mr. Ali MUSAGARA

Reste qu’il est encore difficile de voir clair dans les ambitions du M23 : veulent-ils le retour au statu quo d’avant la rébellion ? Le mouvement veut-il aller plus loin, vers le fédéralisme ou un simple changement de gouvernement ? Officiellement, les représentants des rebelles se refusent à expliciter ce qu’implique à leurs yeux « le respect du résultat des urnes ». Mais, devant la rapidité avec laquelle la rébellion a gagné du terrain, certains de ses membres ont revu leur ambitions à la hausse et militent pour que le mouvement demande officiellement le départ du président Joseph Kabila. « C’est trop tard, il faut qu’il parte », martèle un membre du bureau politique.

Deux interrogations demeurent. La mutation du M23 transcrit-elle une réelle volonté de changement national ? Ou est-ce seulement une stratégie pour amener le gouvernement à parlementer ? « Beaucoup d’officiers du M23 aimeraient entamer des négociations avec le gouvernement mais savent très bien qu’ils ne le pourront pas avec, comme demande principale, le départ de Kabila », affirme Jason Stearns, ancien coordinateur du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.

« Ne pas surestimer leur puissance »

Mais d’abord, les rebelles sont-ils capables de menacer Kinshasa ? Pour l’instant non, estime Jason Stearns. « Il ne faut pas surestimer leur puissance, explique l’analyste. Le CNDP contrôlait un territoire trois plus grand que le M23 maintenant, et Kabila n’a pas quitté le pouvoir à cause de cela ». Moins puissant que ne l’était le CNDP, la rébellion se développe cependant rapidement. Les rebelles ont capturé beaucoup de munitions et de matériel, mis en place un camp de formation, alors que, dans le même temps, la multiplication des défections au sein des FARDC vers le M23 ou d’autres rébellions affaiblit encore plus l’armée.

À Goma, les dernières réunions de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) ont précisé la composition de la force neutre qui pourrait être déployée dans le Nord-Kivu et dont les questions logistiques restent à trancher. « Mais aucun bailleur fonds ou diplomate ne croit à cette force », assure Jason Stearns. « Dans le passé, les négociations ont été un moyen pour les rebelles de se réorganiser, de se renforcer, de nouer des liens avec des autres partenaires ».

Selon lui, le risque est que, faute de compromis politique, la confrontation militaire reprenne de plus belle « avec un M23 beaucoup plus organisé, plus formé, et plus fort qu’avant ».

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