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Un autre oligarque russe meurt dans des conditions mystérieuses

mai 11, 2022

Alexander Subbotin, ancienne pointure de la compagnie pétrolière russe Lukoil, a été retrouvé mort empoisonné au venin de crapaud, rapporte « The Independent ».

Alexander Subbotin, un ancien haut responsable du geant petrolier russe Lukoil, a ete retrouve mort empoisonne au venin de crapaud dans la maison d'un chaman, a Mytichtchi. (image d'illustration)
Alexander Subbotin, un ancien haut responsable du géant pétrolier russe Lukoil, a été retrouvé mort empoisonné au venin de crapaud dans la maison d’un chaman, à Mytichtchi. (image d’illustration)© NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

Un nouveau décès d’oligarque est venu s’ajouter à la longue liste des milliardaires russes morts de manière suspecte, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, le 24 février. Comme l’indique le quotidien britannique The Independent, Alexander Subbotin, ancien dirigeant de la compagnie pétrolière russe Lukoil, est décédé à l’âge de 43 ans des suites d’un empoisonnement au venin de crapaud. Pour soigner une soirée arrosée, le magnat russe aurait rendu visite à un chaman qu’il connaissait depuis plusieurs années, dans la ville de Mytichtchi, située en proche banlieue de Moscou.

Pour l’aider à se sentir mieux, le chaman lui aurait effectué une incision dans la peau pour y administrer quelques gouttes de venin de crapaud, explique The Independent. Après plusieurs vomissements, l’état de santé d’Alexander Subbotin aurait commencé à s’améliorer. Avant de se dégrader subitement. Après l’avoir vu développer une forte douleur thoracique, le chaman a conseillé à l’oligarque de prendre un calmant et de se reposer dans sa cave. Alexander Subbotin n’en ressortira jamais et est retrouvé mort quelques heures plus tard. Il aurait été victime d’une crise cardiaque, même si un examen médico-légal doit encore établir la cause exacte de son décès.

Six autres oligarques retrouvés morts dans des conditions obscures

Depuis fin janvier, six autres oligarques russes et leurs familles ont été retrouvés morts dans des circonstances que les enquêtes de police ne sont pas encore parvenues à éclaircir. Jugés proches du Kremlin, nombreux sont ceux à dénoncer des meurtres déguisés des autorités russes. Leonid Shulman, Alexander Tyulyakov et Vladislav Avaev, qui ont tous trois occupé par le passé des postes importants au sein de la société Gazprom, se sont suicidés en l’espace de trois mois.

Les corps de trois autres oligarques ont également été retrouvés à leur domicile et la thèse du suicide est, là encore, privilégiée pour l’heure par les enquêteurs. Mikhail Watford, magnat du pétrole, a été découvert pendu dans le garage de son manoir, au Royaume-Uni, Vasily Melnikov, ancien salarié de la société MedStom, retrouvé mort dans son appartement de Nijni Novgorod et Sergey Protosenya, l’ancien directeur général de Novatek, se serait pendu dans son jardin de sa maison en Espagne. Dans la plupart des cas, leur dépouille se trouvait aux côtés de celles de leurs femmes et enfants. Le décès d’Alexander Subbotin ne manquera sans doute pas d’intensifier les spéculations quant aux méthodes du Kremlin à l’égard des oligarques russes, depuis le début de la guerre en Ukraine.

Avec Le Point

Le Canada impose de nouvelles sanctions contre 203 Russes du Donbass

avril 27, 2022
Mélanie Joly devant une série de micros.

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, lors de son arrivée au sommet de l’OTAN, le 7 avril 2022 Photo: AP/Olivier Matthys

Affaires mondiales Canada a annoncé mercredi que de nouvelles sanctions ont été imposées à plus de 200 personnes pour avoir soutenu les attaques du président Poutine dans la région du Donbass.

Les sanctions canadiennes se concentrent sur la nouvelle tentative russe d’annexer des zones du Donbass, en ciblant les personnes qui tentent de soutenir la prochaine phase de la guerre russe contre l’Ukraine.

Parmi les personnes sanctionnées, on retrouve 11 fonctionnaires et 192 autres membres des conseils populaires des territoires séparatistes de Louhansk et de Donetsk.

Le Canada a imposé des sanctions contre plus de 1000 personnes ou entités de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie depuis l’invasion du 24 février, portant à 1400 le nombre total depuis l’annexion de la Crimée en 2014.

La semaine dernière, le Canada a ajouté 14 autres Russes à sa liste de sanctions, dont les deux filles de Vladimir Poutine, Maria Vorontsova et Katerina Tikhonova.

Le Canada veut ainsi montrer l’unité internationale, affirme le premier ministre. Le message envoyé à la Russie avec l’application de toutes les sanctions est que nous sommes unis et que le reste du monde répond fortement [au conflit], a expliqué Justin Trudeau à son entrée à la Chambre des communes.

« Le Canada utilise tous les outils à sa disposition pour s’assurer que l’ordre international fondé sur des règles est maintenu et que les complices de violations du droit international répondent de leurs crimes »— Une citation de  Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères

Mardi, la ministre Joly a indiqué mardi que le gouvernement canadien s’apprêtait à présenter un projet de loi qui permettrait d’utiliser les avoirs gelés pour aider les victimes de cette guerre.

La Russie réplique à l’international

De son côté, la Russie a expulsé trois diplomates norvégiens et a interdit l’entrée au pays à 287 membres de la Chambre basse du Parlement britannique.

La Russie a aussi expulsé dix diplomates japonais. Ceux-ci doivent quitter Moscou avant le 10 mai prochain.

Depuis l’offensive que mène Vladimir Poutine en Ukraine depuis la fin février, une pluie de sanctions et de condamnations internationales s’en est suivie.

Depuis Moscou rétorque avec les expulsions de nombreux diplomates internationaux.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

Ukraine: « Le massacre de Boutcha était délibéré », dit Kiev

avril 3, 2022

C’est en reprenant la ville de Boutcha après le départ des troupes russes que les soldats ukrainiens ont découvert plusieurs cadavres dans les rues. Photo: Reuters/Zohra Bensemra

Au 39e jour de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a accusé la Russie de « massacre délibéré » après la découverte de plusieurs cadavres à Boutcha, une ville située au nord-ouest de la capitale, Kiev, juste après le retrait des troupes russes. Plus de 400 habitants y auraient été tués par les forces d’occupation, d’après les autorités ukrainiennes.

En se repliant, les Russes laissent derrière eux un désastre total et de nombreux dangers, a déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Les corps de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires récemment libérés près de Kiev, a indiqué la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova. Les experts médico-légaux en ont déjà examiné 140, a-t-elle précisé.

S’exprimant plus tôt sur Twitter, le conseiller présidentiel Mykhaïlo Podoliak a décrit l’horreur :

« [Nous avons découvert] les corps d’hommes et de femmes tués les mains liées. Les pires crimes du nazisme sont de retour en Europe. Ceci a été fait délibérément par la Russie. »— Une citation de  Mykhaïlo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne

Les corps de 57 personnes ont été retrouvés dans une fosse commune à Boutcha, a déclaré dimanche Serhii Kaplytchny, chef des secours locaux.

Des cadavres gisent dans une rue de Boutcha, au nord-ouest de Kiev, après le retrait des forces russes. Photo : Getty Images/Ronaldo Schemidt

Les journalistes de l’Agence France-PresseAFP qui se sont rendus sur place ont pu constater qu’une dizaine de cadavres étaient visibles, certains étant partiellement inhumés.

L’Agence France-PresseAFP a indiqué avoir vu la veille les corps sans vie d’au moins vingt hommes qui portaient des vêtements civils dans une rue de Boutcha. Un des hommes avait les mains liées et les cadavres étaient éparpillés sur plusieurs centaines de mètres.

On ne pouvait pas déterminer la cause de leur mort dans l’immédiat, mais une personne présentait une profonde blessure à la tête.

Tous ces gens ont été fusillés. Ils [les Russes] les ont tués d’une balle dans la nuque, a affirmé à l’Agence France-PresseAFP le maire de Boutcha, Anatoly Fedorouk.

Le maire a aussi fait état de 280 personnes déjà enterrées dans des fosses communes, car il était impossible de le faire dans les trois cimetières de la municipalité.

Un homme à la recherche de nourriture à Boutcha, le 2 avril 2022. Photo: Getty Images/Ronaldo Schemidt

Aux yeux du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Moscou doit payer pour ce massacre délibéré.

« Les Russes veulent éliminer autant d’Ukrainiens qu’ils le peuvent. Nous devons les arrêter et les expulser du pays. J’exige de nouvelles sanctions dévastatrices du G7 immédiatement. »— Une citation de  Dmytro Kouleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères

Moscou dément toute responsabilité

Par la voix de son ministère de la Défense, la Russie a réagi rejetant ces accusations.

« Pendant la période au cours de laquelle cette localité était sous le contrôle des forces armées russes, pas un seul résident local n’a souffert d’actions violentes. »— Une citation de  Extrait du communiqué du ministère russe de la Défense

Moscou a ajouté que son armée avait distribué 452 tonnes d’aide humanitaire aux civils dans ce secteur.

Le ministère a ajouté que tous les habitants avaient eu la possibilité de quitter librement la localité vers le nord, alors que les banlieues sud de la ville étaient la cible de tirs des troupes ukrainiennes 24 heures sur 24.

Pour ce qui est des images de cadavres dans les rues de la ville, c’est une nouvelle production du régime de Kiev pour les médias occidentaux, poursuit le communiqué du ministère de la Défense.

Il a assuré que toutes les unités militaires russes s’étaient retirées de Boutcha le 30 mars, au lendemain de l’annonce par la Russie qu’elle allait réduire de façon significative son activité dans le nord de l’Ukraine.

Vague d’indignation en Occident

Les États-Unis et l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN ont exprimé dimanche leur horreur devant les récits d’atrocités imputées aux forces russes.

Ces images sont un coup de poing à l’estomac, a réagi le secrétaire d’État américain Antony Blinken sur la chaîne CNN en rappelant avoir prévenu avant l’agression de la Russie que ce pays risquait de commettre des atrocités.

Deux personnes poussent leur vélo en traversant une rue où gisent plusieurs cadavres à Boutcha, au nord-ouest de Kiev. Photo : Getty Images/Ronaldo Schemidt

Le secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, Jens Stoltenberg, a pour sa part dit estimer que les violences de Boutcha étaient horribles et a dénoncé une brutalité inédite en Europe depuis des décennies.

Il est absolument inacceptable que des civils soient pris pour cibles et tués, et cela souligne l’urgence de mettre fin à cette guerre, a-t-il affirmé sur la même chaîne.

Évoquant des actes révoltants commis par l’armée russe contre des civils en Ukraine, la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a réclamé une enquête pour crimes de guerre.

« Les attaques acharnées contre des civils innocents durant l’invasion illégale et injustifiée de l’Ukraine par la Russie doivent faire l’objet d’une enquête pour crimes de guerre. »— Une citation de  Liz Truss, ministre britannique des Affaires étrangères

Nous devons faire toute la lumière sur ces crimes commis par l’armée russe, a déclaré de son côté le chancelier allemand Olaf Scholz.

Les auteurs de ces crimes et leurs commanditaires doivent rendre des comptes, a-t-il dit, réclamant notamment que des organisations internationales aient accès à la région pour documenter ces atrocités.

Le chef du gouvernement italien Mario Draghi pense lui aussi que la Russie doit payer. Les autorités russes doivent cesser immédiatement les hostilités, mettre fin aux violences contre les civils et devront rendre des comptes, a-t-il ajouté.

Les autorités russes devront répondre de ces crimes, a quant à lui déclaré le président français Emmanuel Macron.

Se disant choqué, le président du Conseil européen, Charles Michel, a lui aussi accusé l’armée russe d’avoir commis des atrocités dans la région libérée de Kiev. Il a également réclamé davantage de sanctions à l’encontre de Moscou.

L’Union européenneUE aide l’Ukraine et des ONG à rassembler les preuves nécessaires pour intenter des poursuites devant les cours internationales, a précisé le président du Conseil européen.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et CNN

Chinois et Russes avancent leur vision d’un nouvel ordre mondial

mars 30, 2022

Les ministres chinois et russe des Affaires étrangères, Wang Yi et Sergueï Lavrov (archives) Photo: AP

Un ordre mondial « plus juste ». Cinq semaines après l’invasion de l’Ukraine, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a obtenu mercredi auprès de son allié chinois une réaffirmation de l’amitié « sans limites » des deux pays face aux États-Unis.

Face à la résistance ukrainienne et à l’unité des démocraties occidentales, qui ont pris des sanctions sans précédent contre elle, la Russie ne peut compter que sur la puissance chinoise pour échapper à un isolement économique total.

Dans ce contexte, Sergueï Lavrov a profité d’un entretien bilatéral dans l’est de la Chine avec son homologue Wang Yi pour annoncer l’avènement du nouvel ordre mondial rêvé par les deux pays.

Nous vivons une étape très sérieuse dans l’histoire des relations internationales, a-t-il déclaré, dans une vidéo de l’entretien diffusée par son ministère.

Je suis convaincu qu’à l’issue de cette étape, la situation internationale sera nettement plus claire et que nous […] nous dirigerons vers un ordre mondial multipolaire, juste, démocratique, a-t-il lancé à son hôte.

Dans un communiqué diffusé par Moscou, les deux pays ont annoncé vouloir poursuivre l’approfondissement de la coordination en politique étrangère et élargir l’action commune, mais sans annoncer de mesures concrètes de soutien de la Chine à la Russie.

Les puissances occidentales ont mis en garde Pékin contre tout soutien au régime du président russe Vladimir Poutine qui permettrait à Moscou d’atténuer l’impact des sanctions.

Les entreprises chinoises font preuve de prudence dans leurs échanges avec la Russie, de peur d’être frappées indirectement par ces sanctions.

M. Lavrov a donc dû se contenter d’une réaffirmation du caractère illimité de l’amitié entre les deux pays face au rival américain commun.

La coopération sino-russe est sans limites. Notre recherche de la paix est sans limites, notre défense de la sécurité est sans limites, notre opposition à l’hégémonie est sans limites, a énuméré un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, interrogé sur la visite du ministre russe.

Depuis le 24 février, Pékin s’est refusé à condamner l’invasion de l’Ukraine.

Début mars, Wang Yi avait même salué une amitié solide comme un roc avec Moscou et défendu les préoccupations raisonnables de la Russie pour sa sécurité.

Quelques semaines avant la guerre, Vladimir Poutine avait lui-même été chaleureusement reçu par son homologue chinois Xi Jinping à Pékin. Les deux pays avaient alors célébré une amitié sans limites et dénoncé l’extension de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN.

Sergueï Lavrov doit participer en Chine à deux jours de réunions sur l’Afghanistan, durant lesquelles il devrait côtoyer un diplomate américain.

Pékin et Moscou ont vu dans le départ des forces américaines de Kaboul une preuve de l’affaiblissement de l’Amérique.

La réunion, organisée à Tunxi (est), dans la grande région de Shanghai, rassemble sept pays voisins de l’Afghanistan. Le chef de la diplomatie des talibans au pouvoir à Kaboul, Amir Khan Muttaqi, est également attendu, selon l’agence Chine nouvelle.

Parallèlement doit se tenir une réunion d’un mécanisme de consultation sur l’Afghanistan, avec la participation de diplomates de la Chine, de la Russie, du Pakistan, mais aussi des États-Unis.

Selon un porte-parole du département d’État américain, le représentant spécial de Washington pour l’Afghanistan, Tom West, doit assister à la réunion.

Ces rencontres surviennent une semaine après une visite de Wang Yi à Kaboul, pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir des fondamentalistes islamistes en août dernier.

La Chine partage une petite frontière de 76 kilomètres à très haute altitude avec l’Afghanistan.

Pékin craint depuis longtemps que son voisin devienne une base de repli pour les séparatistes et islamistes de l’ethnie ouïgoure, majoritaire dans sa vaste région du Xinjiang (nord-ouest).

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

En périphérie de Kharkiv, petite avancée ukrainienne et cadavres russes

mars 28, 2022
En périphérie de Kharkiv, petite avancée ukrainienne et cadavres russes© AFP/Aris Messinis

Sur la carte, ce ne sont que quelques kilomètres et un hameau de quelques âmes. Pour les forces ukrainiennes, c’est néanmoins une petite victoire.

Les soldats ukrainiens ont chassé les troupes russes du village de Mala Rogan, à environ quatre kilomètres dans la campagne à l’est de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, a constaté l’AFP.

Lundi, sous un ciel bleu, mais un vent d’hiver toujours glacial, les militaires ukrainiens, brassard bleu pour se reconnaître entre eux, procédaient à des opérations de sécurisation et renforçaient leurs positions dans et autour des maisons en partie détruites de cette petite localité.

Les corps de deux soldats russes gisent, face contre terre, dans une allée de terre noire.

Au moins deux autres corps ont été jetés dans un puits, leurs grosses chaussures dépassent d’un tas de pierres. « Ca risque de contaminer l’eau », grogne un énergique sous-officier, casquette motif camouflage et poignard à la poitrine sur son gilet pare-balles.

« Il y a des cadavres russes un peu partout, on ne les a pas comptés », explique-t-il. L’un de ses hommes parle de 25 Russes tués, ajoutant : « un des nôtres est mort ».

« Il y a d’autres cadavres dans les environs du village. Les Russes s’en foutent de leurs morts, ils ne veulent pas les récupérer », commente avec une mine de dégoût le même sous-officier.

Plusieurs véhicules blindés russes ont été détruits dans les combats. Deux carcasses carbonisées sont encore présentes dans les cours des maisons aux toitures incendiées. Un camion russe frappé de la lettre Z est emmené à toute vitesse vers l’arrière du front dans un grondement de moteur. « Trophée ! », s’exclame un soldat dans un grand sourire.

50kg sur le dos

L’attaque par les forces de Kiev a été effectuée en milieu de semaine. Elle a été déclenchée à l’aube par un groupe de combattants qui se sont infiltrés pendant la nuit par le lit d’une rivière voisine.

« Nous portions chacun 50kg d’équipements sur les épaules, on avait des (lance-roquettes de fabrication américaine) Javelin », explique un participant à l’opération, le sergent Valery.

A 54 ans, cet ingénieur électricien à la barbe de moujik, qui était employé par le métro de Kharkiv, et ancien combattant de l’armée soviétique en Afghanistan, s’est enrôlé après le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février. « Je m’attendais à ce qu’on me donne une pelle et une vieille pétoire, comme en Afghanistan, mais regardez », s’étonne-t-il encore, écartant les bras pour montrer son bardage complet.

« Les combats ont duré une dizaine d’heures. Les Russes ont été surpris, ils étaient installés dans les caves où ils ont essayé résister. On leur a donné une chance de se rendre. Tant pis pour eux… », poursuit-il en haussant les épaules.

Près de 180 soldats russes étaient installés dans ce village. « Cinq d’entre eux ont été capturés, dont l’un a tenté de s’enfuir et a été lui aussi tué ». L’un des prisonniers a expliqué être un ancien du contingent russe en Syrie, toujours selon le sergent Valery.

« Les Russes agissent parfois en civil, ils s’infiltrent dans nos lignes », confie le militaire. Les tireurs russes cachés dans les maisons ou les bois environnants ont retardé la libération de Mala Rogan.

Il y a eu ensuite beaucoup de bombardements, dont deux au phosphore, il y a cinq jours sur une laiterie à l’entrée du village et, dimanche soir, sur une colline plus au sud. « C’était très beau tous ces feux dans la nuit », dit sur le ton de la plaisanterie un autre soldat.

La prise de Mala Rogan « est d’une grande importance, car c’est à partir de là qu’ils (les soldats russes) bombardaient en permanence des zones d’habitation de la ville », a déclaré à un média local le maire de Kharkiv, Igor Terekhov.

Des combats durent néanmoins depuis plusieurs jours pour le contrôle de la localité voisine de Vilkhivka, à quelques kilomètres plus au nord, une autre position avancée de l’armée russe d’où celle-ci bombarde également Kharkiv.

A Mala Rogan, la situation était relativement calme ce lundi, avec de fortes détonations dans le lointain.

« Ici on avance, mais à Vilkhivka, on piétine… », commente un autre soldat. « Il va falloir pourtant régler cette situation au plus vite, le printemps arrive, il sera bientôt temps de planter les patates ! », plaisante cet agriculteur dans le civil.

Par Le Point avec AFP

En fuyant Poutine, des Russes s’exilent dans une Serbie pro-Kremlin

mars 26, 2022

Dans les jours qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, ses amis ont été arrêtés, la liberté de parole s’est évanouie et l’économie russe a chancelé. Alors Marina a fait ses bagages et s’est enfuie de Moscou.

Mais à près de 2.000 kilomètres de là, à Belgrade, l’ancienne agente de voyages de 41 ans n’échappe pas à la propagande tentaculaire de la Russie. En Serbie, nombreux sont ceux à approuver le conflit.

« Des habitants me disent qu’ils soutiennent la Russie quand ils apprennent que je viens de Russie. Ils disent cela pour exprimer leur soutien, mais il s’avère que ce soutien englobe aussi Poutine, ses agissements et la guerre », raconte Marina à l’AFP, taisant son nom de famille pour des raisons de sécurité.

Dans les semaines après l’invasion, la Serbie est devenue une porte de sortie pour de nombreux Russes. Le petit pays des Balkans est l’une de leurs rares destinations possibles après les interdictions de vol massives sur le continent européen, avec des liaisons régulières entre Moscou et Belgrade.

Depuis des siècles, la Russie et la Serbie entretiennent des liens fraternels fondés sur leur héritage slave et orthodoxe. Mais avec la crise actuelle, des contradictions sont rapidement apparues.

Les Russes s’exilant en Serbie sont pour certains dans l’opposition au Kremlin, ou fuient les conséquences catastrophiques dans la Fédération provoquées par l’invasion.

La Serbie est un cas singulier en Europe, bon nombre de Serbes reportant leur affection pour la Russie sur le maître du Kremlin, soutenant son « opération spéciale » contre l’Occident en Ukraine.

Ils partagent avec Moscou une haine de l’Otan. Le souvenir des bombardements sur Belgrade par l’Alliance atlantique en 1999 pour mettre fin à la guerre au Kosovo est toujours vivace.

« La honte et la colère »

Belgrade est la seule ville d’Europe qui fut le théâtre de manifestations massives pour soutenir la guerre de Vladimir Poutine et dénoncer l’Otan. Le gouvernement serbe, lui, a condamné le conflit à l’ONU tout en refusant de s’aligner sur les sanctions occidentales contre Moscou.

Ce paradoxe est compliqué à gérer, témoigne Marina. Elle dit que ses conversations avec des partisans serbes du président russe déclenchent des émotions difficiles à supporter, entre colère, désespoir et honte.

« Il s’avère que cette personne est bombardée par la propagande russe et croit vraiment que les photos de villes détruites et de gens morts en Ukraine sont des faux », déplore-t-elle. « Et cet état d’esprit est si prégnant que j’estime ne pouvoir rien faire alors j’abandonne, et j’interromps la conversation ».

Il n’existe aucun chiffre officiel sur le nombre de Russes exilés en Serbie mais un groupe Telegram destiné aux nouveaux arrivants compte des centaines de participants.

Parmi les sujets de conversation, des conseils sur la façon de se comporter face aux avances malvenues de Serbes pro-Poutine.

Le spécialiste en informatique Iakov Borevitch a raconté à l’AFP avoir choisi la Serbie du fait de « la proximité de sa culture » et de sa « mentalité » avec la Russie ».

Mais il a du mal avec les opinions pro-Kremlin, y compris une fresque dépeignant Vladimir Poutine près de son nouvel appartement portant l’inscription « frère » en cyrillique.

« Eloignement »

Il explique malgré tout comprendre les sentiments des Serbes quand nombre de ses compatriotes confondent patriotisme et soutien à Vladimir Poutine.

« Peut-être que, pour la population du pays, pour la Serbie, le visage du pays c’est le dirigeant, et la manifestation de sentiments positifs envers les Russes(…) passe par le respect » de ce dirigeant, dit-il.

Mais des lignes de fractures apparaissent d’après lui en Russie entre le caractère « russe, qui vient de l’intérieur et de la base et le dirigeant, qui vient d’en haut. Chaque jour, ces groupes s’éloignent de plus en plus les uns des autres ».

Pour beaucoup, partir fut difficile, une décision prise de surcroît en quelques heures, se traduisant par la vente express de tous les biens et des adieux hâtifs aux êtres chers.

« Mon père m’a dit que je n’étais plus un patriote et que je devais rester pour contribuer à l’économie », dit Kirill, un ingénieur de 31 ans. « Mais je comprenais parfaitement que si je restais, tous mes impôts allaient directement contribuer à la guerre ».

Toutefois, il ne sait pas s’il va rester en Serbie ou rentrer un jour à Saint-Pétersbourg.

D’autres craignent de ne jamais revoir leur pays alors qu’un nouveau rideau de fer sépare la Russie du reste du monde.

« Dès que je suis arrivée ici, je me suis sentie soulagée d’un grand poids », dit Marina. « Maintenant, je suis horrifiée par ce qu’il se passe en Russie ».

Par Le Point avec AFP

« Ils sont là, à côté » : les Finlandais craignent leurs voisins russes

mars 4, 2022
Alexander Stubb au bord d'un lac

L’ancien premier ministre finlandais Alexander Stubb est professeur à la European University Institute. Photo : Radio-Canada/Raphaël Bouvier-Auclair

La guerre en Ukraine a eu des conséquences géopolitiques importantes en Finlande. Pour la première fois cette semaine, un sondage montrait qu’une majorité de la population était favorable à l’idée d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), alliance militaire dont le pays, tout comme la Suède, ne fait pas partie.

L’ancien premier ministre finlandais Alexander Stubb, aujourd’hui professeur à la European University Institute, nous offre son regard sur les relations avec l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, mais aussi avec la Russie, voisine de son pays.

Nous l’avons rencontré près d’Helsinki, la capitale de la Finlande.

Raphaël Bouvier-Auclair : Comment le débat sur la relation entre la Finlande et l’OTAN a-t-il évolué au cours des dernières semaines?

Alexander Stubb : Je dirais au cours des derniers jours! C’est vraiment une révolution. Normalement, on était à peu près à 50 % contre l’adhésion à l’OTAN et 20 % pour. Maintenant c’est complètement bouleversé. On a vu un sondage d’opinion de 53 % en faveur, moins de 30 % contre et à peu près 19 % des gens qui n’ont pas encore décidé. C’est un changement historique.

Question : Est-ce que ce changement dans l’opinion publique va forcer les politiciens, y compris ceux qui sont plutôt réfractaires à adhérer à l’OTAN, à repenser leur position?

Réponse : Certainement, mais ce n’est pas la raison. Moi, je trouve que la raison, c’est que la situation de sécurité en Europe a complètement changé. C’est un moment comme en 1989, c’est un moment comme en 1939. C’est pour ça qu’il faut analyser notre situation de sécurité. Je crois que la population finlandaise a vraiment peur et c’est pour ça que la réaction a été assez forte. Donc oui, ça va pousser notre président, notre première ministre, notre ministre des Affaires étrangères et de la Défense à peut-être trouver un chemin pour devenir membre de l’OTAN.

Question : Vous êtes favorable depuis longtemps à l’idée d’une adhésion à l’alliance…

Réponse Oui, j’étais déjà favorable dans les années 1990. Mais maintenant, à mon avis, ce n’est pas l’heure. Il ne faut pas seulement faire une analyse, il faut rester calme. Il faut être vraiment Finlandais. Parce qu’on a maintenant en Russie un président vachement agressif. Il ne faut pas un autre conflit ici en Finlande ou en Suède. Donc, il faut trouver un chemin. Il faut trouver la date et obtenir une sorte de garantie de sécurité alternative. Et, enfin, on pourra être membre.

Le Téléjournal avec Céline Galipeau

La violence de la Russie fait peur à la Finlande

Le reportage de Raphaël Bouvier-Auclair

Question : Justement, le Kremlin a averti la Finlande et la Suède, qui ne fait pas non plus partie de l’alliance, qu’il y aura des conséquences si ces pays se joignent à l’OTAN. Il faut prendre ces menaces au sérieux?

Réponse Oui, parce que maintenant Vladimir Poutine a trois demandes. La première est de prendre l’Ukraine et la Crimée. La deuxième : trouver une solution en matière de sécurité dans l’est de l’Europe. Et la troisième est de ne pas menacer la Russie dans le nord, avec la Finlande et la Suède. C’est pour ça qu’il faut rester calme. La situation est vraiment critique. Il faut penser que nous partageons 1300 km de frontière avec la Russie. Ils sont là, à côté. Donc, c’est difficile.

Question : Quelle est la situation de la Finlande en matière de défense?

Réponse Nous sommes assez en sécurité. Nous avons une défense indépendante et forte. Nous avons plus de 60 avions de chasse F-18 et nous avons acheté 64 engins F-35. Nous sommes complètement compatibles avec l’OTAN, puisque nous faisons beaucoup d’exercices avec eux. Oui, la situation sécuritaire en Finlande est critique, mais en même temps nous sommes bien préparés. Nous avons apporté notre contribution en matière de défense.

Question : Vous soulignez la collaboration qui existe déjà entre votre pays et l’OTAN. Qu’est-ce qu’une adhésion viendrait concrètement changer?

Réponse Concrètement, il y a deux changements. D’abord être un membre permet d’être protégé par l’article 5 de la charte de l’OTAN et d’avoir une garantie de sécurité. L’autre élément est de faire partie d’un système de sécurité politique et en matière de défense. Je pense que l’Europe sera divisée en deux et que la Russie sera complètement isolée. Dans ce cas-là, la Russie va agir d’une manière très agressive. Il faut donc choisir d’avoir une sécurité maximale. Et la sécurité maximale pour la Finlande, c’est l’OTAN.

Question : La Finlande et la Russie ont développé des relations dans plusieurs dossiers au cours des dernières décennies. Est-ce que vous allez devoir revoir votre relation avec votre voisin?

Réponse Aujourd’hui, au début de mars, on n’a pas de relation avec la Russie. Il faut comprendre cela. On ne peut pas discuter avec Poutine. C’est très difficile d’envoyer des messages. On va voir un pays qui est complètement, complètement isolé. Avant, nous avions développé des bases en matière de sécurité. C’est-à-dire, une bonne relation avec la Russie, mais également une bonne relation avec l’Union européenne, l’OTAN, les États-Unis et le Canada. Tout cela, bien sûr, en ayant aussi une défense indépendante. Mais maintenant, un de ces piliers a été détruit : notre relation avec la Russie. C’est pour cela qu’il faut commencer une analyse de notre sécurité.

Radio-Canada avec Raphaël Bouvier-Auclair

Certains propos ont été synthétisés à des fins de compréhension.

Canada: Un avion transportant des Russes forcé d’atterrir à Yellowknife

mars 3, 2022

L’aéroport de Yellowknife (archives) Photo : GOUVERNEMENT DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST

Un avion transportant des Russes en route vers l’Arctique a été obligé d’atterrir mardi à Yellowknife, selon la ministre de l’Infrastructure des Territoires du Nord-Ouest, Diane Archie.

Il semble que l’avion et ses passagers étaient en route vers Resolute, au Nunavut, avec l’intention de participer à une expédition terrestre planifiée dans l’Arctique dans un véhicule utilitaire tout-terrain, a déclaré Diane Archie mercredi à la Chambre des communes.

Transports Canada travaille maintenant avec les services frontaliers du Canada pour évaluer la situation, a indiqué Mme Archie.

Le ministre canadien des Transports a annoncé le 27 février qu’il fermait l’espace aérien aux exploitants d’aéronefs russes dans la foulée des sanctions imposées à la Russie.

Lundi, Transports Canada a accusé un vol de la compagnie russe Aeroflot d’avoir violé cette interdiction. Les conséquences potentielles et les mesures d’exécution seront déterminées une fois que les faits seront clarifiés, a déclaré Mme Archie à propos de l’avion qui a atterri à Yellowknife.

La ministre n’a pas dit ce qui était arrivé aux passagers à bord de l’avion.

Nous sommes tous conscients de la terrible et injustifiée invasion de l’Ukraine, et j’apprécie que nous soyons tous très vigilants dans ce monde, y compris ceux d’entre nous dans les Territoires du Nord-Ouest [qui] restent préoccupés par l’agression du gouvernement russe envers ses paisibles voisins, a déclaré Mme Archie.

Répondant au député de Hay River South, Rocky Simpson, qui se demandait si cela ressemble au film Les Russes arrivent, car le problème est sérieux, la ministre a répondu : Je tremble, décrivant sa réaction quand elle a reçu l’appel concernant le vol mardi.

Radio-Canada avec les informations de CBC

Centrafrique : les mercenaires russes accusés d’atrocités sur des civils

juin 16, 2021

Un rapport alarmant, publié le 14 juin par CNN et l’ONG The Sentry, dénonce les atrocités commises en Centrafrique par les mercenaires russes pour contrôler les mines d’or et de diamant.

Le rapport fait ainsi état « de massacres, d’exécutions extrajudiciaires, de cas de torture, de pillage, d’enlèvements pour rançon, d’incendies de villages et de viols collectifs » perpétrés par le groupe Wagner, une société militaire russe ayant des liens avec le Kremlin, en alliance avec des forces armées loyales favorables au président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Les enquêtes menées par CNN et The Sentry leur ont permis de rassembler des preuves et témoignages sur plusieurs cas de violations de droits humains, dont sont victimes les civils centrafricains qui se trouvent au milieu de la lutte entre les forces armées nationales soutenues par les mercenaires russes et les rebelles connus sous le nom de Seleka.

CNN et The Sentry ont cité un rapport compilé par la force de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca) qui corrobore les accusations. Ce rapport indique que « les Faca et les forces bilatérales, en particulier les Russes et des éléments supposés être syriens, pourraient avoir commis des crimes de guerre, notamment en exécutant des civils et d’autres individus qui ne participaient pas aux hostilités ».

Plus de 2000 formateurs russes

Ce nouveau rapport dénonce une croissance de la présence de militaires russes en Centrafrique. La plupart des mercenaires sont présentés comme des formateurs venus de la Russie pour entraîner l’armée locale. Seulement, apprend-on, si en 2017, le nombre de ces formateurs pour l’armée centrafricaine était au nombre de 170, en 2021, il s’élève à 2300.

Selon les auteurs du document, cette croissance sert des objectifs multiples, y compris le contrôle des zones riches en minérais. Près de Bambari, par exemple, il existe d’importants gisements d’or à Ndassima. En 2020, le gouvernement aurait révoqué la licence d’une société canadienne dans cette zone et l’aurait accordée à une autre dénommée Midas resources répertoriée comme une entité russe. Des témoins affirment aussi que ces mercenaires russes expulsent les habitants des zones minières.

« Tout ce qui est minier est leur priorité […]. A Bambari, dans les quartiers de Bornou et d’Adji, ils pillent à la recherche d’or et de diamants », déclare un témoin.

Pour John Prendergast, cofondateur de Sentry, « Ce nouveau mode de pillage très lucratif constitue une menace grandissante, semant la mort et la dévastation, et mettant en danger la paix et la sécurité non seulement en République centrafricaine, mais également dans diverses autres zones sensibles de par le monde. Des mesures urgentes sont requises de la part de la communauté internationale ».

The Sentry et CNN ne sont en réalité pas les premiers à s’inquiéter de l’escalade de violences en Centrafrique. Dans un communiqué publié le 31 mars, l’ONU a émis des inquiétudes sur la présence de mercenaires russes en République centrafricaine. Trois organisations russes ont été pointées du doigt par l’institution dans son rapport. Il s’agit en l’occurrence de: Sewa security services; Lobaye invest SARLU et le fameux groupe Wagner, déjà connu pour être impliqué dans la guerre civile libyenne.

D’après les Nations unies, il est essentiel de clarifier les rôles de tous les partenaires internationaux de la RCA et de distinguer les actions des forces de la Minusca, de celles des organisations militaires privées. Dans leur rapport publié le 14 juin, CNN et The Sentry ont également fait un certain nombre de recommandations aux gouvernements et institutions financières internationales pour l’arrêt des atrocités en Centrafrique.

Face à l’urgence de la situation, l’heure ne devrait normalement plus être aux dénonciations, aux expressions d’inquiétude, ou aux recommandations, mais plutôt à une prise de conscience de la gravité des incidents en RCA. Il faut pour la communauté internationale agir pour mettre fin à ces cas de violations des droits humains, dont plusieurs pays africains riches en ressources minières font l’objet. Plusieurs ONG ont par le passé dénoncé comment des conflits sont entretenus sur des années en Afrique centrale (RDC, Rwanda, Ouganda, Burundi) avec pour but le pillage des ressources minières.

Avec Adiac-Congo par Josiane Mambou Loukoula et Ecofin

Les Russes boivent de moins en moins d’alcool

octobre 2, 2019

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Les Russes consomment désormais près de deux fois moins qu’en 1970 (21,5 litres). DMITRY KOSTYUKOV/AFP

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la consommation d’alcool en Russie a chuté de 43% entre 2003 et 2016, contribuant à une augmentation de l’espérance de vie, surtout chez les hommes. Russes et Français sont désormais à égalité avec 11,7 litres d’alcool par an.

Des Russes fréquemment ivres et grands consommateurs de vodka et d’autres boissons fortes plus ou moins frelatées: ces clichés qui, non sans raison, ont longtemps eu la vie dure méritent d’être relativisés. Si le pays est loin d’être devenu sobre, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé publié mardi indique que les Russes ont réduit leur consommation d’alcool de 43% en moins de quinze ans (entre 2003 et 2016 précisément). Une baisse que l’OMS explique notamment par la vigoureuse politique mise en place par les autorités et qui a favorisé la hausse de l’espérance de vie, en particulier chez les hommes, dans un pays en proie à un sérieux déficit démographique.

En 2016, l’OMS constatait que la consommation individuelle d’alcool en Russie avait diminué de 17,6 à 11,7 litres en dix ans. Des chiffres différents des statistiques officielles russes qui évoquent une chute de 18 à 9,3 litres par personne depuis 2012. Quoi qu’il en soit, cette évolution place désormais la Russie à des niveaux de consommation comparables, voire parfois inférieurs, à ceux observés dans l’Union européenne. Selon l’OMS, les plus gros buveurs au sein de l’UE sont les Lituaniens (18,2 litres par personne et par an), les Roumains et les Tchèques (13,6 litres), suivis par les Croates et les Bulgares (13,6 litres). À égalité avec les Russes, les Français ont consommé, eux, 11,7 litres d’alcool en 2016, soit près de deux fois moins qu’en 1970 (21,5 litres).

«La Fédération de Russie a longtemps été considérée comme l’un des pays où l’on boit le plus au monde», relève un rapport de l’OMS qui rappelle que l’alcool a fortement contribué à la surmortalité depuis les années 1990 et à la crise démographique qui a suivi la chute de l’URSS. «Ces dernières années, ces tendances ont été inversées», souligne l’OMS.

Les modes de consommation ont changé

Dans un pays qui compte 146,5 millions d’habitants – soit cinq millions de moins qu’en 1991-, la baisse de la consommation d’alcool a contribué à la hausse de l’espérance de vie, qui a atteint un niveau record en 2018, pour s’établir à 78 ans pour les femmes et 68 ans pour les hommes. Ces chiffres s’établissaient, début des années 1990, à 57 ans pour les hommes et 71 ans pour les femmes, selon les statistiques officielles.

Au milieu des années 1980, Mikhaïl Gorbatchev avait lancé une campagne très impopulaire contre l’alcoolisme. Toutefois, après la chute de l’URSS, en 1991, la consommation a explosé, ne cessant n’a cessé d’augmenter jusqu’au début des années 2000. Une époque dont restent notamment les images de Boris Eltsine apparaissant pris de boisson devant les caméras. En 2003, les Russes ont consommé en moyenne 20,3 litres d’alcool.

Peaufinant son image de sportif menant une vie saine, Vladimir Poutine, a ensuite décidé d’introduire des restrictions visant les spiritueux, en particulier la vodka, et l’interdiction de vente des boissons les plus alcoolisées dans les magasins après 23 heures. Depuis 2011, la Russie a mis en place une série de mesures préconisées par l’OMS. À la mi-septembre, une loi votée en première lecture à la mi-septembre prévoit la fermeture des petits débits de boissons, installés au rez-de-chaussée de nombreux immeubles d’habitation et qui permettent de contourner les limitations imposées à la vente d’alcool. Le prix minimum de vente au détail des alcools forts a aussi drastiquement augmenté, tandis que la publicité a été bannie et l’interdiction de vente aux mineurs très strictement appliquée.

«À quoi faut-il s’attendre si les Russes examinent la situation sans avoir bu ?»

Boris Bronstein dans Novaïa Gazeta.

Les modes de consommation se sont également modifiés. Si comme dans la plupart des pays nordiques, la bière reste très prisée – à Moscou, la moindre supérette de quartier en propose une invraisemblable variété -, la consommation de vodka a reculé l’an dernier et, dans une moins mesure, celle du vin.

Reste néanmoins un penchant, qui serait enraciné dans la culture et que certains justifient par la rudesse des conditions de vie et du climat. Les éditorialistes se sont emparés de l’affaire avec un humour parfois mordant. «À quoi faut-il s’attendre si les Russes examinent la situation sans avoir bu?», ironisait la semaine Boris Bronstein dans Novaïa Gazeta. «Les citoyens remarqueront que notre économie n’est pas si bonne que nous le souhaiterions. (…). Et celui qui aura repoussé son verre constatera, à son grand étonnement, l’ampleur de la corruption domestique…».

Par Le Figaro.fr par Alain Barluet Correspondant à Moscou