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Ukraine: 15 morts à Kherson, six millions de foyers affectés par les coupures d’électricité

novembre 25, 2022
Ukraine: 15 morts a Kherson, six millions de foyers affectes par les coupures d'electricite
Ukraine: 15 morts à Kherson, six millions de foyers affectés par les coupures d’électricité© AFP/YURIY DYACHYSHYN

Quinze civils ont été tués vendredi par un bombardement russe sur Kherson, dans le sud de l’Ukraine, deux semaines après le retrait contraint des troupes russes de cette ville stratégique, alors que plus de six millions de foyers sont touchés dans tout le pays par des coupures d’électricité en raison des frappes de Moscou.

La stratégie de Moscou de viser les infrastructures essentielles, au moment où l’Ukraine a basculé dans des températures hivernales, est constitutive de « crimes de guerre » pour les alliés occidentaux de l’Ukraine, et qualifiée de « crime contre l’humanité » par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le bombardement le plus meurtrier de ces derniers jours a frappé Kherson: « 15 habitants de la ville ont été tués et 35 blessés, dont un enfant », a affirmé Galyna Lugova, une responsable de l’administration militaire de la ville, sur les réseaux sociaux. Elle a précisé que plusieurs « maisons privées et des immeubles de grande hauteur » avaient été endommagés.

« Les envahisseurs russes ont ouvert le feu sur un quartier d’habitations à l’aide de lance-roquettes multiples. Un grand immeuble a pris feu », avait précisé un peu plus tôt dans la journée Iaroslav Ianouchevitch, gouverneur de la région de Kherson. « En raison des bombardements russes constants, nous évacuons les patients des hôpitaux de Kherson ».

Le retrait russe de Kherson, dont Moscou espérait faire sa base dans le sud de l’Ukraine occupé, a rebattu les cartes dans cette guerre qui dure depuis neuf mois. La ville est stratégiquement située pour relier la péninsule de Crimée, annexée par la Russie depuis 2014, et le port ukrainien d’Odessa à l’ouest.

Dans le même temps, plus de six millions de foyers en Ukraine étaient affectés par des coupures d’électricité en Ukraine vendredi, deux jours après des frappes massives russes contre ce pays, selon Volodymyr Zelensky. « Ce soir, des coupures se poursuivent dans la plupart des régions et à Kiev », a ajouté le chef de l’Etat dans son adresse quotidienne.

« Economiser l’électricité »

Kiev – avec quelque 600.000 foyers privés d’électricité dans la soirée – et sa région, ainsi que les provinces d’Odessa (sud), de Lviv, de Vinnytsia (ouest) et de Dnipropetrovsk (centre-est), sont les plus touchées par les coupures, a-t-il ajouté, appelant les Ukrainiens à économiser l’électricité dans les zones où le courant a été rétabli.

« Nous devons endurer cet hiver – un hiver dont tout le monde se souviendra », a-t-il souligné sur Facebook.

Il avait visité plus tôt dans la journée Vychgorod, ville au nord de Kiev où les frappes ont fait six morts et des dizaines de blessés mercredi.

Les ingénieurs continuaient à réparer les dégâts à travers le pays.

Dans la capitale, « un tiers des logements de Kiev ont déjà du chauffage, les spécialistes continuent de le rétablir. La moitié des usagers sont toujours privés d’électricité », a dit son maire, Vitali Klitschko. « Au cours de la journée, les compagnies d’énergie prévoient de raccorder l’électricité pour tous les usagers en alternance », a-t-il assuré, à un moment où les températures avoisinaient zéro degré et où la pluie était de la partie.

Dans son appartement où le gaz pour la cuisine et le chauffage ont été débranchés, Albina Bilogoub a expliqué que ses enfants dormaient désormais tous dans une seule pièce pour se tenir chaud.

« C’est notre vie. Un pull, puis un deuxième, un troisième. Nous vivons comme ça maintenant », a-t-elle dit.

Face à ces bombardements massifs russes, l’Ukraine a reçu de la part des Occidentaux des systèmes de défense antiaérienne, mais il lui en faudrait davantage pour neutraliser les missiles et les drones de Moscou.

Paris et Berlin « soutiendront l’Ukraine jusqu’au bout de ce conflit », a assuré la Première ministre française Elisabeth Borne à Berlin, aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz. « Depuis le premier jour de cette guerre brutale, nos deux pays ont apporté un soutien indéfectible à l’Ukraine », a déclaré Mme Borne.

Le chancelier allemand a jugé de son côté que « la politique de terreur par les bombes de la Russie contre les infrastructures civiles en Ukraine doit prendre fin ». Il a rappelé que l’Allemagne et la France oeuvraient pour aider l’Ukraine « à reconstruire son infrastructure énergétique », en partie détruite.

En visite en Ukraine vendredi, le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a également annoncé de nouvelles aides aux Ukrainiens, en particulier l’envoi d’ambulances et un « soutien » aux « survivantes des violences sexuelles perpétrées par l’armée russe ».

Files de voitures

Vendredi, des journalistes de l’AFP ont vu des files de voitures attendant de pouvoir s’approvisionner devant plusieurs stations-service de Kiev et le fonctionnement des réseaux de téléphonie mobile était toujours perturbé dans certains quartiers.

La Russie affirme de son côté ne viser que des infrastructures militaires et a mis les coupures de courant sur le dos de la défense antiaérienne ukrainienne. Le Kremlin a assuré que l’Ukraine pouvait mettre fin aux souffrances de sa population en acceptant les exigences russes.

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré vendredi pour la première fois des mères de soldats, disant partager leur « douleur » et les appelant à ne pas croire les « mensonges » sur l’offensive déclenchée le 24 février par le Kremlin en Ukraine.

M. Poutine s’en est pris à des « ennemis dans le champ informationnel » qui cherchent selon lui à « dévaluer, discréditer » l’offensive russe en Ukraine. « Nous devons atteindre nos objectifs, et nous allons les atteindre », a affirmé M. Poutine.

La diplomatie russe a par ailleurs dénoncé la résolution du Parlement européen, qui a qualifié cette semaine la Russie d' »Etat promoteur du terrorisme ». Moscou affirme que cette décision « n’a rien à voir » avec la lutte contre le terrorisme.

Par Le oint avec AFP

Russie-Ukraine : des eurodéputés veulent sanctionner Alger

novembre 22, 2022

Dix-sept députés européens demandent à Ursula von der Leyen et à l’Union européenne de réviser l’Accord d’association avec l’Algérie, au motif qu’elle apporterait un « soutien politique, logistique et financier » à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.

Des hélicoptères MI-26 de l’armée algérienne, de fabrication russe, lors de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, à Alger le 5 juillet 2022. © NurPhoto via AFP

Alors que la date de la visite prochaine du président Tebboune à Moscou n’est toujours pas annoncée, les autorités algériennes subissent de nouvelles pressions concernant leurs relations étroites avec la Fédération de Russie. Dix-sept eurodéputés ont adressé, le mercredi 16 novembre, une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, afin de demander la révision de l’Accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie, signé en 2002 et entré en vigueur en 2005.

Emmenés par Andrius Kubilius, ancien Premier ministre de la République de Lituanie et président du Groupe du PPE (Parti populaire européen – démocrates-chrétiens), les députés s’inquiètent des liens de plus en plus étroits entre la Russie et l’Algérie, liens qui, selon eux, se traduisent par « un soutien politique, logistique et financier de l’agression de l’Ukraine par Poutine ».

Les 17 députés signataires (élus de Lituanie, France, Danemark, Estonie, Suède, Bulgarie, Finlande, Pologne, Hongrie et Slovaquie) énumèrent ainsi les éléments qui attestent du soutien supposé de l’Algérie à la guerre que Vladimir Poutine mène en Ukraine.

Alger s’abstient encore à l’ONU

Alger s’est, tout d’abord, abstenu de voter la résolution de l’ONU du 2 mars 2022 qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine ». Elle n’a pas non plus, ajoutent les signataires, voté le 7 avril la décision de L’Assemblée générale des Nations unies de suspendre la Russie du Conseil des droits de l’homme (CDH). Le 12 octobre, l’Algérie s’est encore une fois abstenue de voter la résolution sur l’annexion « illégale » de quatre régions ukrainiennes par la Russie. Pour les 17 eurodéputés, toutes ces abstentions sont des signes qu’Alger soutient « les aspirations géopolitiques de la Russie ».

À l’appui de leur demande, les signataires de la pétition indiquent aussi que l’Algérie compte « parmi les quatre premiers acheteurs d’armes russes dans le monde, avec notamment un contrat d’armement de plus de 7 milliards de dollars en 2021 » (6 milliards d’euros à cette date) et que « ce transfert militaire a fait de l’Algérie le troisième plus grand bénéficiaire d’armes russes dans le monde ». Tout afflux d’argent à la Russie ne peut que renforcer sa machine de guerre en Ukraine, ajoutent les signataires.

Pour les 17 députés européens, l’Algérie apporte ainsi son soutien financier à l’agression contre l’Ukraine, ce qui constitue une violation de l’article 2 de l’Accord d’association de 2005, qui stipule que « le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l’homme, tels qu’énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel du présent accord ».

Les signataires exhortent en conséquence l’UE à prendre des mesures pour s’assurer que ses partenaires ne soient pas tentés de financer le gouvernement russe par l’achat d’équipements militaires. Ils demandent également que l’Union européenne réclame à l’Algérie la signature et la ratification du traité sur le commerce des armes, qui réglemente le commerce international des armes classiques (entré en vigueur le 24 décembre 2014).

Un contrat qui n’existe pas

Problème : en appuyant leur démonstration sur l’existence d’un contrat d’achat d’armements de 7 milliards de dollars signé avec Moscou en 2021, les 17 députés européens reprennent en fait une vieille information déjà utilisée par le sénateur républicain Marc Rubio, ancien candidat à l’investiture de son parti face à Donald Trump, au mois de septembre. Un mois plus tard, un groupe de 27 élus du Congrès reprenaient à leur compte le même argument pour demander au secrétaire d’État Antony Blinken de prendre des sanctions contre certains responsables algériens qu’ils accusaient d’achats massifs d’armes auprès de la Russie.

Or Alger et Moscou n’ont paraphé, en 2021, aucun contrat d’armement de 7 milliards de dollars. Le montant total des exportations d’équipements de la Russie vers l’Algérie pour cette année-là étaient de 985 millions de dollars, selon un rapport conjoncturel du Service fédéral des douanes russe rendu public en septembre 2021. Et de 2 milliards de dollars en 2020. Si la Russie reste bien le principal fournisseur en armement de l’Algérie, jamais les deux pays n’ont signé un montant d’une telle ampleur en une année.

Après des années de négociations, Vladimir Poutine avait par ailleurs accepté, en mars 2006, de convertir la dette militaire de 4,5 milliards de dollars que l’Algérie avait contractée auprès de l’URSS dans les années 1960 et 1970. En échange, Alger avait accepté de signer un contrat de 3,5 milliards de dollars comprenant l’achat de différents équipements militaires, dont 28 chasseurs Sukhoi SU-30 MKI, 40 chasseurs MiG-29 SMT, 8 groupes de missiles antiaériens S-300 PMU et 40 chars T-90.

Avec Jeune Afrique par Farid Alilat

Pologne : le missile aurait été tiré par l’Ukraine pour abattre un projectile russe

novembre 16, 2022
Une vue du cratère provoqué par l'explosion survenue non loin de la frontière ukrainienne.

L’explosion a creusé un vaste cratère et a tué deux personnes.

Des analyses préliminaires suggèrent que le missile qui s’est écrasé en Pologne mardi n’a pas été tiré par la Russie, mais par les forces ukrainiennes.

C’est d’abord l’Associated Press qui a étayé cette hypothèse après s’être entretenue avec des sources américaines. Plus tard en matinée, l’AFP rapportait que le ministre belge de la Défense arrivait à cette même conclusion.

L’Ukraine aurait tiré ce projectile – qui a tué deux Polonais lorsqu’il a touché terre – pour abattre l’un des nombreux missiles tirés par l’armée russe mardi lors d’une nouvelle série de bombardements visant les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Le président polonais Andrzej Duda a quant à lui jugé hautement probable, mercredi, que le missile qui est tombé ait été utilisé par la défense ukrainienne.

L’explosion du missile en Pologne a ravivé la possibilité que l’OTAN soit entraînée dans la guerre que livre la Russie à l’Ukraine.

L’OTAN n’a de son côté aucune indication qui lui permettrait d’attribuer l’explosion à une attaque délibérée contre ce pays, a indiqué mercredi le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg.

Notre analyse préliminaire suggère que l’incident a été probablement causé par un missile de système ukrainien de défense antiaérienne tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes, a ajouté M. Stoltenberg en conférence de presse mercredi à Bruxelles.

Il a mentionné que l’OTAN n’a aucune indication que la Russie prépare une action contre l’un des 30 pays de l’Alliance.

L’incident, qui a d’abord été imputé aux Russes par divers intervenants, s’est imposé au sommet du G20 à l’autre bout du monde. Les dirigeants du groupe des sept qui s’y trouvaient et leurs alliés de l’OTAN se sont réunis d’urgence. Bien que les chefs d’État ont condamné unanimement les attaques de missiles barbares que la Russie a perpétrées mardi contre des villes et des infrastructures civiles ukrainiennes, ils ont fait preuve de prudence quant à l’origine de l’explosion.

Nous offrons notre soutien et notre assistance dans le cadre de l’enquête que mène actuellement la Pologne. Nous convenons de rester en étroite communication afin de déterminer les prochaines mesures à prendre selon le déroulement de l’enquête, peut-on lire dans une déclaration commune publiée au courant de la nuit.

Un peu plus tôt, le président américain Joe Biden avait noté qu’il était improbable que le missile tombé en territoire polonais ait été tiré depuis la Russie, une retenue saluée par le Kremlin mercredi matin, qui clame son innocence.

Par Radio-Canada avec les informations de Associated Press et Agence France-Presse

Washington et Moscou auraient eu des entretiens confidentiels sur l’Ukraine

novembre 7, 2022
Quatre camions dont la cabine est recouverte d'un filet de camouflage déploient des tubes lance-missiles contenant des missiles S-400 russes.

Des missiles antiaériens russes S-400 déployés sur une base militaire près de Kaliningrad. Photo: Reuters/Vitaly Nevar

De hauts responsables américains auraient eu plusieurs conversations avec des conseillers du président russe Vladimir Poutine pour éviter notamment une escalade dans le conflit en Ukraine. Le Kremlin et la Maison-Blanche ont refusé tout commentaire à ce sujet.

Selon un article du Wall Street Journal, le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Jake Sullivan, a eu plusieurs entretiens avec des conseillers de Vladimir Poutine sur le scénario redouté d’une attaque nucléaire en Ukraine.

Le Journal, qui cite des sources américaines et alliées, affirme que Jake Sullivan, qui conseille le président américain Joe Biden, aurait eu ces derniers mois des échanges téléphoniques confidentiels avec un conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, et son homologue russe, le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev.

Questionné par des journalistes sur ces discussions secrètes entre Washington et Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : nous n’avons rien à dire sur cet article.

Une fois encore, je répète qu’il y a des informations véridiques, mais que la plupart des autres relèvent de la pure spéculation, a-t-il ajouté.

D’après Dmitri Peskov, Moscou est toujours ouvert à des pourparlers avec le gouvernement ukrainien, mais le refus de négocier de Kiev bloquerait, selon lui, toute possibilité de dialogue entre les belligérants.

Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) se tient à côté du ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

Vladimir Poutine à côté du ministre de la Défense Sergueï Choïgou. Photo: Getty Images/AFP/Mikhail Klimentyev

À Washington, la Maison-Blanche n’a pas non plus fait de commentaire, déclarant simplement : les gens racontent beaucoup de choses, a seulement déclaré une porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

Jake Sullivan se trouvait vendredi dernier à Kiev, où il a rencontré le président Volodymyr Zelensky et souligné la nécessité d’une défense antiaérienne renforcée pour l’Ukraine.

Selon le Washington Post, l’administration Biden encouragerait en coulisses les dirigeants ukrainiens à renouer avec un processus de négociation avec Moscou afin de ne pas s’aliéner des alliés potentiels ou existants.

Livraisons de nouveaux systèmes antiaériens occidentaux

Pendant ce temps, en Ukraine, les forces de Kiev ont reçu lundi de nouveaux systèmes de défense antiaérienne occidentaux pour intercepter les nombreux missiles et drones russes qui s’abattent sur les grandes villes du pays.

Ces attaques qui visent essentiellement les infrastructures électriques et énergétiques visent à priver le plus d’Ukrainiens possible de chauffage, d’éclairage et d’eau potable à quelques semaines de l’arrivée de l’hiver.

Le 31 octobre dernier, une vague de drones et de missiles tirés par la Russie avait notamment privé d’eau potable 80 % des habitants de Kiev et laissé 350 000 foyers sans électricité.

Pour tenter de protéger ces infrastructures vitales à l’arrivée de l’hiver, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé aux pays occidentaux la création d’un bouclier antiaérien.

Selon Kiev, les forces ukrainiennes ont reçu lundi des systèmes de défense antiaérienne NASAMS et Aspide, fournis par les États-Unis, l’Espagne et la Norvège.

Une batterie de missiles HIMARS.

Les USA ont livré plusieurs systèmes de missiles aux forces ukrainiennes, dont le système Himars. Photo: AFP via Getty Images/Gints Ivuskans

Ces armes renforceront considérablement l’armée ukrainienne et rendront notre ciel plus sûr, a écrit le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, sur son compte Twitter.

Ces livraisons suivent celles, notamment, du système allemand de dernière génération Iris-T ou encore des missiles sol-air français Crotale. Le Royaume-Uni a annoncé l’envoi de missiles AMRAAM.

Face aux bombardements russes, les Occidentaux espèrent doter l’Ukraine d’une défense antiaérienne patchwork [courtepointe] à partir d’équipements pour certains modernes et pour d’autres plus anciens.

Selon les autorités ukrainiennes, la Russie a détruit environ 40 % des infrastructures énergétiques ukrainiennes depuis début octobre, utilisant notamment des drones-suicides de fabrication iranienne.

Si les quatre derniers débuts de semaine ont été marqués par des bombardements russes massifs sur les villes ukrainiennes, la matinée de lundi a été relativement calme, avec un ciel gris et brumeux à Kiev peu propice aux raids aériens.

Selon l’armée ukrainienne, les forces russes ont lancé 4 missiles et 24 bombardements aériens ces dernières 24 heures dans l’ensemble du pays.

Au moins une personne a été tuée dans les bombardements dans la région de Zaporijia, dans le Sud, une a été blessée dans celle voisine de Kherson et une autre tuée dans celle de Soumy, dans le Nord, selon les autorités régionales respectives.

L’armée russe a, elle, accusé une nouvelle fois les forces ukrainiennes d’avoir tiré sept obus de gros calibre sur la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, occupée par Moscou depuis mars, sans provoquer de hausse des radiations.

À Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine, les habitants ayant fui l’occupation russe ont raconté aux journalistes de l’AFP une atmosphère de paranoïa faite de fouilles et de confiscations de téléphones.

On devait effacer tous nos messages. Dieu nous garde si nous disions quelque chose contre la Russie. Personne ne se sentait en sécurité, a raconté Irina Mykhaïlena, originaire de la ville occupée de Berdiansk.

Par Radio-Canada avec AFP

Ukraine: l’Iran reconnaît avoir livré des drones à la Russie

novembre 5, 2022
Ukraine: l'Iran reconnait avoir livre des drones a la Russie
Ukraine: l’Iran reconnaît avoir livré des drones à la Russie© AFP/Sergei SUPINSKY

L’Iran a reconnu samedi pour la première fois avoir fourni des drones à la Russie, avant l’invasion de l’Ukraine fin février, confirmant des accusations de Kiev contre Moscou, soupçonné d’utiliser des drones iraniens pour ses attaques contre civils et infrastructures.

« Nous avons fourni à la Russie un nombre limité de drones, des mois avant la guerre en Ukraine », a annoncé samedi le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, cité par l’agence officielle Irna.

C’est la première fois que Téhéran fait état de la livraison de drones à Moscou, l’Iran se bornant ces derniers semaines, malgré les accusations répétées de Kiev et de ses alliés occidentaux, à nier ces affirmations.

« Même en faisant cette confession, ils ont menti », a réagi dans la soirée le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en accusant les dirigeants iraniens de minimiser le nombre de drones livrés.

« Nous abattons au moins 10 drones iraniens chaque jour, et le régime iranien affirme qu’il en aurait donné peu, et même avant le début de l’invasion à grande échelle » de l’Ukraine, a dénoncé M. Zelensky. « Rien qu’en une seule journée hier, 11 Shaheds ont été détruits. Nous savons avec certitude que des instructeurs iraniens ont appris aux terroristes russes à utiliser des drones, et Téhéran en général garde le silence à ce sujet », a-t-il ajouté.

Kiev avait déjà affirmé il y a plusieurs jours qu' »environ 400 drones » iraniens avaient déjà été utilisés contre la population ukrainienne et que Moscou en avait commandé environ 2.000.

Pour le président ukrainien, « si l’Iran continue de mentir au sujet de choses évidentes, cela veut dire que le monde fera encore plus d’efforts pour enquêter sur la coopération terroriste entre les régimes russe et iranien et sur ce que la Russie paie à l’Iran pour une telle coopération ».

« Qu’un seul des terroristes ou de leurs complices reste impuni, cela n’existera pas dans le monde moderne », a conclu à ce sujet M. Zelensky.

« Téhéran doit se rendre compte que les conséquences de la complicité dans les crimes (…) de la Russie contre l’Ukraine seront bien plus importantes que le bénéfice du soutien de la Russie », avait déclaré auparavant le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko.

Le chef de la diplomatie iranienne s’est dit samedi prêt à examiner toute « preuve » de la part de Kiev d’un recours aux drones iraniens dans le conflit.

L’Iran a toutefois démenti samedi que son pays a fourni des missiles à la Russie, jugeant ces accusations « complètement fausses ».

Des articles de presse faisaient état ces derniers jours de potentielles livraisons de missiles sol-sol iraniens à la Russie.

Malgré les dénégations de Téhéran de ces dernières semaines, l’UE et le Royaume-Uni avaient annoncé de nouvelles sanctions visant trois généraux iraniens et une entreprise d’armements « responsables de fournir à la Russie des drones kamikazes » pour bombarder l’Ukraine.

En septembre, Kiev avait, pour sa part, décidé de réduire considérablement ses relations diplomatiques avec Téhéran.

« Restrictions supplémentaires » d’électricité

Face à une demande en électricité trop forte samedi, l’opérateur ukrainien Energo a annoncé avoir mis en place « des restrictions supplémentaires (…) sous la forme d’interruptions d’urgence ».

Plusieurs régions sont concernées, dont la capitale Kiev, alors que des interruptions de courant avaient déjà eu lieu depuis plusieurs jours pour limiter la consommation des civils en électricité.

Le système électrique ukrainien a été lourdement affecté par de multiples frappes russes ces dernières semaines, laissant craindre un hiver sans électricité et sans eau pour de nombreux civils.

Sur le terrain, dans le nord-est, le commandant de la 127e brigade ukrainienne, Roman Grychtchenko, a décrit à l’AFP « une situation stabilisée », avec « de rares attaques de drones, d’artillerie et des opérations commandos » russes dans la région, récupérée par les Ukrainiens en septembre.

Mais « on avance le plus vite possible dans toutes les directions », s’est-il félicité, depuis le village repris de Starytsya, à trois kilomètres de la frontière russe.

Au Sud, selon la présidence ukrainienne, « les occupants russes tentent d’identifier les habitants qui refusent d’être évacués » depuis Kherson vers les territoires occupés par les troupes de Moscou, plus loin de la ligne de front, voire vers la Russie elle-même.

Vendredi, le président russe Vladimir Poutine avait justifié ces évacuations pour la première fois, estimant que les civils « doivent être éloignés » des zones de combat « les plus dangereuses ».

L’Ukraine a, elle, une nouvelle fois dénoncé une politique de « déportation ».

Le ministère russe de la Défense a, de son côté, affirmé samedi avoir « détruit une station radar (servant) pour les missiles antiaériens S-300 » et « intercepté 27 Himars américains » dans la région de Kherson.

Tirs sur un juge

Plus à l’est, un juge de la Cour suprême de la République de Donetsk a été blessé par balles vendredi et se trouve « dans un état grave », ont annoncé samedi les autorités d’occupation russes.

Le ministère de l’Intérieur de cette région annexée fin septembre par Moscou dans l’est de l’Ukraine n’a toutefois pas donné plus de détails sur le modus operandi, ni les raisons de cette attaque.

Selon Denis Pouchiline, un haut responsable de l’autorité d’occupation russe, ce juge, M. Nikouline, « a fait condamner des criminels de guerre nazis » – une référence à des Ukrainiens, selon la terminologie employée par le Kremlin pour justifier l’invasion russe en Ukraine fin février.

Dans la ville occupée de Melitopol, les autorités d’occupation russe ont annoncé avoir remis à sa place une statue de Lénine qui avait été déboulonnée lors de la révolution de 2014.

Par Le Point avec AFP

Ukraine : Moscou suspend l’accord sur les exportations de céréales après une attaque

octobre 29, 2022
Un champ de blé et une moissonneuse.

L’accord conclu en juillet avait permis d’exporter des millions de tonnes de céréales coincées dans les ports en Ukraine. Photo: Reuters

La Russie a suspendu samedi l’accord sur les exportations de céréales des ports ukrainiens, vitales pour l’approvisionnement alimentaire mondial, après une attaque de drones ayant visé ses navires en Crimée annexée, que Moscou a imputée à l’Ukraine et à la Grande-Bretagne.

L’Ukraine a dénoncé un faux prétexte et appelé à faire pression pour que la Russie s’engage à nouveau à respecter ses obligations pour cet accord conclu en juillet sous égide de l’ONU et de la Turquie, le seul entre Moscou et Kiev depuis le début du conflit.

L’accord céréalier avait permis l’exportation de plusieurs millions de tonnes de céréales coincées dans les ports ukrainiens depuis le début du conflit en février. Ce blocage avait provoqué une flambée des prix alimentaires, faisant craindre des famines.

L’ONU, garant de l’accord, a appelé à le préserver, soulignant qu’il avait un impact positif pour l’accès à l’alimentation de millions de personnes à travers le monde.

Le président russe Vladimir Poutine a multiplié les critiques envers cet accord ces dernières semaines, soulignant que les exportations de la Russie, autre producteur céréalier majeur, souffraient à cause des sanctions.

Moscou a justifié cette suspension par une attaque de drones massive qui a visé samedi matin des navires militaires et civils de la flotte russe de la mer Noire stationnés dans la baie de Sébastopol, en Crimée annexée.

Compte tenu de l’acte terroriste réalisé par le régime de Kiev avec la participation d’experts britanniques contre des navires de la flotte de la mer Noire et des navires civils impliqués dans la sécurité des couloirs céréaliers, la Russie suspend sa participation à la mise en œuvre de l’accord sur les exportations des produits agricoles des ports ukrainiens, a indiqué sur Telegram le ministère russe de la Défense.

Fausses affirmations pour détourner l’attention, dit Londres

Face à ces accusations, la Défense britannique a réagi en dénonçant de fausses informations destinées à détourner l’attention, tandis qu’un responsable ukrainien a suggéré qu’une manipulation négligente d’explosifs par les forces russes était à l’origine de l’incident.

Selon les autorités russes, l’attaque a eu lieu au petit matin samedi avec neuf véhicules aériens sans pilote et sept drones maritimes autonomes, provoquant des dégâts mineurs sur un navire-dragueur de mines et sur le barrage de confinement de la baie de Sébastopol.

La Crimée, annexée en mars 2014 par la Russie, sert de base arrière logistique pour son offensive en Ukraine. Des installations militaires et civiles y ont été visées à plusieurs reprises ces derniers mois.

« La préparation de cet acte terroriste et la formation du personnel militaire du 73e centre ukrainien des opérations maritimes spéciales ont été menées par des spécialistes britanniques basés à Otchakov, dans la région de Mykolaïv en Ukraine. »— Une citation de  Ministère russe de la Défense

Moscou a aussi accusé Londres d’être impliqué dans les explosions ayant endommagé en septembre les gazoducs russes Nord Stream 1 et 2 en mer baltique et a promis de soumettre la question au Conseil de sécurité de l’ONU.

« La Russie a demandé à plusieurs reprises une enquête conjointe sur les attaques […] Le fait que les pays occidentaux aient refusé cette proposition le confirme : ils ont quelque chose à cacher. »— Une citation de  Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe

Le ministère britannique de la Défense a dénoncé une histoire inventée par la Russie pour détourner l’attention de sa gestion désastreuse de l’invasion illégale de l’Ukraine.

Un conseiller du ministre ukrainien de l’Intérieur, Anton Gerachtchenko, a lui assuré sur Telegram que à la suite de la manipulation négligente d’explosifs dans la baie de Sébastopol, quatre navires de guerre de la flotte russe de la mer Noire ont explosé, dont une frégate et un navire de débarquement.

Peu avant l’annonce de la suspension de l’accord céréalier, le ministre russe de l’Agriculture avait une nouvelle fois critiqué le texte à la télévision, accusant les pays de l’UE de s’accaparer les exportations ukrainiennes devant revenir aux pays pauvres. Ces allégations avaient précédemment été démenties par le centre de coordination situé en Turquie.

L’accord sur les céréales, malheureusement, non seulement n’a pas permis de résoudre les problèmes des pays dans le besoin, mais les a même aggravés dans un certain sens, a déclaré Dmitri Patrouchev, promettant de leur livrer gratuitement jusqu’à 500 000 tonnes de céréales russes.

De la fumée autour d'un char ukrainien après un tir.

De la fumée autour d’un char ukrainien après un tir d’obus près de la ligne de front dans la région de Donetsk. Photo: Reuters/Clodagh Kilcoyne

Sur le terrain samedi, l’armée ukrainienne a rapporté des combats dans les régions de Lougansk et de Donetsk dans l’est, notamment près de Bakhmout, la seule zone où les troupes russes ont progressé ces dernières semaines, et des bombardements dans plusieurs autres régions.

Les séparatistes prorusses combattant aux côtés de Moscou et Kiev ont annoncé chacun de leur côté un nouvel échange de prisonniers concernant une cinquantaine de personnes de chaque côté.

Un pont détruit.

Un pont détruit sur la rivière Siverskyi-Donets dans la ville de Sviatohirsk, région de Donetsk. Photo: AP/Andriy Andriyenko

Sur le front Sud, des journalistes de l’AFP ont assisté à des combats d’artillerie dans le village de Kobzartsi, la dernière localité côté ukrainien avant la ligne de contact avec les Russes.

Ça peut mal tourner par là. Mais nous savons qu’ils souffrent bien plus de leur côté que du nôtre, a assuré un soldat ukrainien, Oleksiï, la vingtaine.

Les deux camps se préparent dans cette zone pour la bataille pour la ville de Kherson, la capitale régionale, d’où les autorités d’occupation ont évacué des dizaines de milliers de civils, ce que l’Ukraine a qualifié de déportations.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Crash d’avion en Russie : le bilan passe à 15 morts, condoléances de Poutine

octobre 18, 2022
Crash d'avion en Russie : le bilan passe a 15 morts, condoleances de Poutine
Crash d’avion en Russie : le bilan passe à 15 morts, condoléances de Poutine© AFP/STRINGER

Quinze personnes ont perdu la vie à la suite du crash d’un avion militaire russe à Ieïsk, une ville du sud-ouest de la Russie, et Vladimir Poutine a présenté mardi ses condoléances aux familles endeuillées.

Les enquêteurs ont dit privilégier la piste d’un « défaut technique » sur l’appareil, un Soukhoï 34, pour expliquer l’accident survenu la veille dans cette cité de 90.000 habitants située en face du port ukrainien de Marioupol, dévasté par les forces russes au début du conflit.

« Une victime est décédée de ses brûlures », a indiqué sur Telegram Anna Minkova, vice-gouverneure de la région russe de Krasnodar, faisant passer le bilan de cette catastrophe à 15 morts.

Elle a précisé que le nombre de blessés s’élevait au total à 43 personnes dont 9 enfants. Parmi cette quarantaine de personnes, 25 se trouvent encore à l’hôpital, dont trois dans un état critique.

Vladimir Poutine « présente ses plus sincères condoléances aux familles qui ont perdu leurs proches dans cette catastrophe », a dit à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

L’accident a eu lieu lundi soir, quand le Soukhoï 34 s’est écrasé pendant un vol d’entraînement en plein milieu de barres d’immeubles.

L’avion, rempli de carburant, a rapidement pris feu, embrasant au passage, selon le ministère des Situations d’urgence, cinq niveaux d’un immeuble, couvrant quelque 2.000 m2.

Le Comité d’enquête russe a souligné que le pilote, qui a réussi à s’éjecter avant le drame, était interrogé par ses services.

Des enregistreurs de vol ont été récupérés sur le site de la catastrophe et des échantillons de carburant ont été prélevés à l’aérodrome d’où a décollé le bombardier, a poursuivi cet organisme chargé des principales investigations en Russie.

« En deuil »

L’avion est tombé sur un immeuble d’habitation comptant 600 résidents.

Vladimir Poutine avait rapidement dépêché sur place les ministres de la Santé Mikhaïl Mourachko et des Situations d’urgence Alexandre Kourenkov, selon un communiqué du Kremlin.

Le gouverneur Véniamin Kondratiev a, de son côté, décrété mardi une période de deuil dans sa région.

Les images de l’explosion et des flammes enveloppant toute la façade du bâtiment ont provoqué de vives réactions en Russie.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait des habitants d’Ieïsk retrouvant le pilote à proximité de l’immeuble. Interrogé sur le fait de savoir si son appareil avait été abattu par un missile, encore hagard, il répond simplement : « Non ».

Mardi, des Russes ont déposé des fleurs et des jouets, à la mémoire des enfants tués dans la tragédie, devant l’immeuble avec une pancarte : « Ieïsk. 17/10/2022. Nous nous souviendrons. Nous sommes en deuil ».

Interrogée à la télévision russe, Natalia Kouch, une habitante du bâtiment touché a dit « avoir entendu une terrible explosion. J’ai regardé dehors et j’ai vu le pilote voler juste à côté de moi », a-t-elle raconté.

Sur des images des débris, on voit l’avion coupé en deux, le logo de l’armée russe sur l’une de ses ailes, avec des câbles dépassant du moteur.

Au moins cinq étages de l’immeuble ont été carbonisés, avec un balcon qui s’est effondré et des voitures détruites à proximité.

Par Le Point avec AFP

Guerre en Ukraine : une fusillade dans un camp d’entraînement russe fait 11 morts

octobre 15, 2022
Le mur des soldats ukrainiens morts depuis le début de l'invasion par la Russie.

À Kiev le 15 octobre, des passants marchent devant le mur construit à la mémoire des défenseurs de l’Ukraine tombés depuis l’invasion par la Russie. Photo: AFP via Getty Images/Yasuyoshi Chiba

Au moins 11 personnes sont mortes et 15 autres ont été blessées samedi lors d’une fusillade sur un terrain militaire russe frontalier de l’Ukraine, a indiqué le ministère russe de la Défense, qui a qualifié l’incident « d’attentat ».

La fusillade est survenue sur un terrain d’entraînement militaire dans la région de Belgorod. Le ministère russe a indiqué que deux citoyens originaires d’un pays de la CEI, (Communauté des États indépendants de l’ex-URSS) ont commis cet attentat.

Lors de la conduite d’un entraînement au tir avec des personnes qui s’étaient portées volontaires pour prendre part à l’opération militaire spéciale [en Ukraine], les terroristes ont ouvert le feu avec des armes automatiques sur les membres de l’unité, poursuit le ministère.

D’après le ministère, les deux terroristes ont été abattus lors d’un tir de riposte.

Ces derniers jours, la tension est forte dans la région de Belgorod. Les autorités ont signalé quasi quotidiennement des tirs venus d’Ukraine.

Cette fusillade sur un terrain militaire survient aussi alors que le pouvoir russe a mis en garde cette semaine contre des risques d’attaques terroristes ukrainiennes.

Les services de sécurité russes (FSB) ont indiqué mercredi avoir arrêté huit personnes suspectées de participation à l’attaque à l’explosif qui a touché le 8 octobre le pont de Crimée tout en assurant avoir déjoué deux projets d’attentats également imputés à Kiev.

Ces dernières années, des incidents armés ont déjà eu lieu dans des casernes du pays sur fond de bizutages, un problème qui mine depuis longtemps l’armée russe. Ces incidents, parfois très violents, sont régulièrement la cause de suicides ou de meurtres.

Plus difficile près de Bakhmout

Par ailleurs, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que la situation était plus difficile près de Bakhmout, dans l’est du pays, quelques jours après que les forces prorusses ont annoncé qu’elles se rapprochaient de cette ville.

« Une situation très grave persiste dans les régions de Donetsk et de Lougansk. »— Une citation de  Le président ukrainien Volodymyr Zelensky

Depuis des semaines, les troupes russes pilonnent Bakhmout, une cité qui comptait naguère 70 000 habitants, dans l’espoir de s’en emparer.

Entre-temps, à Kiev, un missile a gravement endommagé une installation énergétique clé. Le gouverneur de la région, Oleksiy Kuleba, a indiqué que la frappe n’avait fait aucun mort ni blessé.

Le chef adjoint du bureau du président ukrainien, Kyrylo Timochenko, a exhorté les habitants de Kiev et ceux de trois régions voisines à réduire leur consommation d’énergie pendant les heures de pointe du soir.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

États-Unis: S’imposer à la Chine plus tard, à la Russie tout de suite: Biden confirme sa stratégie internationale

octobre 12, 2022
S'imposer a la Chine plus tard, a la Russie tout de suite: Biden confirme sa strategie internationale
S’imposer à la Chine plus tard, à la Russie tout de suite: Biden confirme sa stratégie internationale© AFP/SAUL LOEB

S’imposer à la Chine à long terme, et contrer dans l’immédiat la Russie afin de rester la première puissance mondiale incontestée: la Maison Blanche a réaffirmé mercredi les priorités stratégiques du président Joe Biden.

« Nous sommes entrés dans une décennie décisive », a dit le principal conseiller diplomatique du président américain, Jake Sullivan, à la presse.

Il a identifié « deux défis essentiels ».

« Le premier est la compétition entre les grandes puissances pour façonner l’ordre international de demain », a dit le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

« Le second (…) est que nous devons affronter un ensemble de défis transnationaux qui affectent les gens où qu’ils soient, y compris aux Etats-Unis: le changement climatique, l’insécurité alimentaire, les maladies contagieuses, le terrorisme, la transition énergétique, l’inflation », a-t-il détaillé.

« Tout pour gagner »

Le « plus pressant », selon un document diffusé par l’exécutif américain, consiste à tenir tête aux régimes autoritaires.

Et d’abord à Moscou et à Pékin.

« La Russie présente une menace immédiate pour un ordre international libre et juste, en bafouant sans vergogne les règles internationales fondamentales », estime la Maison Blanche.

« La Chine, par contraste, est le seul rival qui ait à la fois la volonté de changer l’ordre international et, de plus en plus, les moyens économiques, diplomatiques, militaires et technologiques de poursuivre cet objectif », constate encore l’administration Biden.

En introduction, Joe Biden signe une déclaration imprégnée de son habituel optimisme: « Les Etats-Unis ont tout pour gagner la compétition du XXIème siècle. Nous sortons plus forts de chaque crise. Et il n’y a rien que nous ne puissions faire. »

Se livrant à une explication de texte, Jake Sullivan a assuré: « Nous n’essaierons pas de diviser le monde en blocs rigides. Nous ne cherchons pas à transformer la compétition en confrontation ou en une nouvelle +Guerre froide+ ».

« Et nous ne considérons pas chaque pays simplement comme un terrain de confrontation par procuration », a-t-il dit, en référence aux nombreuses « proxy wars », guerres à distance, menées par les Américains et les Soviétiques entre 1945 et 1989.

Ukraine

« Je ne crois pas que la guerre en Ukraine ait modifié sur le fond l’approche de Joe Biden en matière de politique étrangère, qui date de bien avant sa présidence, et elle n’a fait que se renforcer et s’amplifier depuis qu’il est en fonction », a encore dit le conseiller à la sécurité nationale.

Jake Sullivan a, sans surprise, dû répondre à de nombreuses questions sur l’Arabie saoudite, après que Joe Biden a lui-même menacé le royaume de « conséquences » pour avoir conduit l’Opep+ à une baisse drastique de ses quotas de production.

D’influents parlementaires démocrates appellent le président américain à cesser les ventes d’armement américain à Ryad, historiquement massives, après cette décision qui selon Washington sert ouvertement les intérêts de la Russie.

Le conseiller du président a indiqué qu’il n’y avait pas de décision « imminente » au sujet des exportations de défense, mais ajouté: « C’est quelque chose que nous allons examiner. »

Par Le Point avec AFP

L’Ukraine subit une vague de bombardements russes

octobre 10, 2022
Une femme au visage ensanglanté est aidée par un pompier qui porte ses deux chiens.

Les frappes russes sur les civils ont repris lundi, alourdissant le bilan des morts, des blessés et des déplacés. Photo : Reuters/Services d’urgence de l’Ukraine

Des bombardements russes meurtriers d’une ampleur inégalée depuis des mois ont frappé Kiev et d’autres villes d’Ukraine lundi, deux jours après l’explosion qui a partiellement détruit le pont de Crimée, les alliés occidentaux dénonçant aussitôt de nouveaux « crimes de guerre » et des attaques « aveugles ».

Au même moment, le Bélarus faisait craindre l’ouverture d’un nouveau front à la frontière nord de l’Ukraine en annonçant un déploiement aux contours non précisés de troupes conjointes avec son allié russe, et était accusé par Kiev de laisser utiliser son territoire pour des attaques de drones.

Ils essaient de nous détruire tous, de nous effacer de la surface de la Terre, a réagi le président ukrainien Zelensky sur les réseaux sociaux lundi matin alors que les missiles frappaient les villes d’Ukraine, réclamant à ses alliés occidentaux une réponse dure face à la Russie.

Dans un bilan provisoire, les services de secours ukrainiens ont fait état de 11 morts et 64 blessés dans le pays.

Le premier ministre ukrainien, Denis Chmygal, a indiqué que 11 infrastructures importantes avaient été endommagées dans huit régions en plus de la capitale Kiev.

Un cratère creusé par un missile dans une route, et un autobus endommagé.

Un missile russe s’est écrasé à Dnipro en touchant des quartiers résidentiels. Photo : Reuters

Ils veulent détruire le système énergétique, a estimé Volodymyr Zelensky, alors que des coupures d’électricité touchaient en fin de matinée de nombreuses régions ukrainiennes.

Kiev meurtrie

Selon la Défense ukrainienne, l’armée russe a lancé 83 missiles, dont 43 missiles de croisière, et 52 d’entre eux ont été interceptés par la défense aérienne.

Une demi-douzaine de déflagrations ont été entendues à Kiev, avec des frappes sur plusieurs quartiers, dont le centre-ville.

Il y a plusieurs frappes sur l’infrastructure critique de la ville, a déclaré le maire Vitali Klitschko.

Deux missiles ont frappé peu après 8 h du matin dans le centre, à moins d’une minute d’intervalle et à 300 mètres de distance. Dans le parc Taras Chevtchenko, une aire de jeux pour enfants a été pulvérisée.

Dans la rue voisine, le missile a creusé un cratère, soulevé l’asphalte et détruit plusieurs automobiles. Un corps sans vie est visible sous une couverture thermique en aluminium. Les vitres des bâtiments voisins sont soufflées.

Une Ukrainienne au milieu de son appartement soufflé par un bombardement.

Le chef de l’armée ukrainienne a déclaré que les forces russes avaient lancé au moins 75 missiles sur l’Ukraine lundi matin, touchant des civils, notamment ici à Dnipro. Photo: Getty Images/AFP/Dimitar Dilkoff

Selon Vitali Klitschko, qui a appelé la population à se mettre à l’abri en cas de nouvelle alerte, cinq personnes sont mortes et 51 ont été blessées rien que dans la capitale ukrainienne.

Je suis très choqué. Je suis arrivé à Kiev ce matin. Je marchais dans la rue… quand il y a eu les explosions, a raconté Ivan Poliakov, un jeune homme de 22 ans.

« Il y a une université, deux musées, il n’y a pas de cible militaire ou du même genre. Ils tuent juste des civils. »— Une citation de  Ksenia Riazantseva, une habitante du quartier

Condamnation internationale

L’Union européenne a estimé que ces attaques russes s’apparentaient à des crimes de guerre dont les responsables devront rendre compte, appelant par ailleurs le Bélarus à ne pas être partie à l’agression brutale menée par la Russie.

Ces attaques barbares démontrent que la Russie opte pour une tactique de bombardements aveugles de civils, a ajouté Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

L’OTAN a condamné des attaques horribles et aveugles contre des infrastructures civiles. L’alliance soutiendra l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra, a affirmé son secrétaire général Jens Stoltenberg.

« Viser intentionnellement les populations civiles constitue un crime de guerre. »— Une citation de  Catherine Colonna, ministre française des Affaires étrangères

Berlin a de son côté annoncé une réunion d’urgence virtuelle mardi des dirigeants du G7 et du président ukrainien Volodymyr Zelensky à 14 h.

Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part expliqué, lors d’une réunion de son conseil de sécurité, que la Russie avait lancé une campagne massive de bombardements contre l’infrastructure énergétique, militaire et de communication de l’Ukraine, en réplique à l’attaque terroriste du pont de Crimée.

Kiev n’a ni confirmé ni démenti son implication dans cette explosion survenue samedi matin.

M. Poutine a promis des répliques sévères en cas de nouvelles attaques ukrainiennes contre la Russie. Les frappes ont atteint leur objectif, a assuré le ministère de la Défense russe.

De la fumée noire s'échappe d'un incendie sur le pont.

Le pont de Kertch est le seul lien terrestre de la Russie avec la Crimée annexée. Photo: Getty Images/AFP

Dimanche, M. Poutine avait accusé l’Ukraine d’avoir organisé l’explosion qui a détruit une partie de ce pont reliant à la Russie la péninsule annexée en 2014, pont qu’il avait lui-même inauguré en 2018.

L’ex-président Dmitri Medvedev, actuel numéro 2 du Conseil de sécurité russe réuni lundi, a été plus loin, promettant d’ores et déjà que ces frappes n’étaient qu’un premier épisode et appelant au démantèlement total du régime politique de l’Ukraine.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a en retour affirmé que la Russie menait ces frappes massives en désespoir de cause afin d’essayer de changer le cours de la guerre dans laquelle elle est en difficulté.

Poutine est désespéré à cause des défaites sur le champ de bataille et il utilise le terrorisme des missiles pour essayer de changer le rythme de la guerre en sa faveur, a-t-il fustigé sur Twitter.

Escalade verbale

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a de son côté accusé Kiev de préparer une attaque contre son pays, ajoutant qu’en conséquence Minsk et Moscou allaient déployer des troupes russo-bélarusses, sans préciser leur position géographique.

Il a aussi accusé la Pologne, la Lituanie et l’Ukraine de préparer des attaques terroristes et un soulèvement militaire au Bélarus.

L’armée ukrainienne a accusé la Russie d’avoir lancé des attaques avec des drones iraniens depuis le Bélarus.

De son côté, la Moldavie a déclaré que trois missiles de croisière lancés ce matin sur l’Ukraine par des navires russes en mer Noire avaient violé son espace aérien.

Le président français Emmanuel Macron a fait part au téléphone à M. Zelensky de son extrême inquiétude, réaffirmant l’engagement de la France à accroître son soutien à l’Ukraine […] y compris en matière d’équipement militaire.

Dénonçant des bombardements inacceptables, le chef de la diplomatie britannique James Cleverly a dit avoir assuré son homologue ukrainien Dmytro Kuleba du soutien moral et concret de Londres.

Les bombardements russes surviennent alors que la Russie enchaîne les revers depuis début septembre en Ukraine, perdant du terrain dans le sud comme dans le nord-est du pays.

À Moscou, la Bourse chutait de près de 12 % lundi à l’ouverture, l’indice principal Moex (en roubles) perdant 11,9 % à 7 h 03, à 1780,39 points, et passant brièvement sous la barre des 1800 points pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse