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Russie: 16 portés disparus après l’inondation d’une mine de diamants

août 4, 2017

La mine de diamants d’Alrosa à Mirny, en Sibérie, en septembre 2006 / © AFP/Archives / LUCIE GODEAU

Au moins 16 personnes étaient toujours portées disparues vendredi après l’inondation d’une mine de diamants en Sibérie du premier producteur mondial, Alrosa, où se trouvaient 151 mineurs.

L’accident s’est produit vers 16H30, heure locale (07H30 GMT) dans la mine souterraine « Mir » sur un gisement exploité depuis 1958 en République Sakha, nom officiel de l’immense région de Iakoutie, en Extrême Orient russe à plus de 4.000 kilomètres à l’est de Moscou.

A 12H00 GMT, 133 mineurs sur les 151 présents étaient remontés à la surface, a indiqué dans un communiqué le ministère des Situations d’urgence, qui a déployé plus de 100 secouristes sur place.

« Des recherches sont en cours pour 16 personnes », a indiqué Alrosa dans un communiqué. Pour sa part, le ministère des Situations d’urgence a assuré avoir établi le contact avec 134 mineurs au total, suggérant ainsi n’avoir aucune nouvelle de 17 personnes.

Selon les services de secours, l’eau qui s’est engouffrée dans la mine provient d’une carrière abandonnée contenant environ 300.00 m3 d’eau.

La télévision publique a diffusé des images issues des réseaux sociaux montrant d’impressionnants volumes d’eau crayeuse grisâtre s’engouffrant dans une salle de bureaux, ainsi que des trombes d’eau ruisselant du plafond de sombres couloirs souterrains.

Mir (« Paix » en russe), gisement exploité depuis 1958, était d’abord une carrière profonde de 1,3 kilomètre et d’un diamètre de plus de 500 mètres jusqu’à l’arrêt de la production à ciel ouvert en 2001.

Cet immense cratère a connu une seconde vie avec l’ouverture d’une mine souterraine en 2009, qui produit désormais un million de tonnes de minerai par an.

– Enquête –

Le directeur général d’Alrosa Sergueï Ivanov, le ministre des Situations d’Urgence Vladimir Poutchkov ainsi que le dirigeant de la région Iegor Borissov étaient attendus sur place. Le président Vladimir Poutine, actuellement en visite en Sibérie, a été informé des événements, a indiqué son porte-parole Dmitri Peskov à l’agence TASS.

Le parquet de la région a indiqué enquêter pour établir les circonstances de l’accident. L’antenne locale du Comité d’enquête, organisme dépendant directement du Kremlin et chargé des principales enquêtes, a ouvert une procédure pour « violation des normes de sécurité pour des travaux miniers ».

La dernière catastrophe minière meurtrière en Russie remonte à février 2016, quand deux coups de grisou ont fait 36 morts dans la mine de charbon Severnaïa dans le Grand Nord russe, près de la ville de Vorkouta.

En novembre 2014 dans l’Oural, une mine de potasse (minerai à la base des engrais agricoles) du groupe russe Uralkali avait été inondée sans faire de victime, perturbant sa production pendant de nombreux mois.

Premier producteur mondial de diamants, Alrosa a formellement été créée en 1996 pour réunir les entreprises de ce secteur actif depuis le XVIIIe siècle en Russie. Des pierres précieuses ont été trouvés pour la première fois à la fin des années 1940 en Iakoutie, immense région de plus de trois millions de kilomètres carrés frappée par un froid extrême en hiver.

La mine Mir représente près de 9% de la production totale d’Alrosa qui s’est élevée en 2016 à 37 millions de carats. Le groupe, contrôlé par les pouvoirs publics russes et coté à la Bourse de Moscou, a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires de 317 milliards de roubles soit 4,4 milliards d’euros au taux actuel, pour un bénéfice net de 133 milliards de roubles (1,9 milliard d’euros).

Romandie.com avec(©AFP / 04 août 2017 15h49)                

Russie: un journaliste indépendant, en attente d’expulsion, tente de s’automutiler

août 2, 2017

Moscou – Un journaliste du journal indépendant russe Novaïa Gazeta, en attente d’expulsion vers son pays d’origine, l’Ouzbékistan, où il dit avoir été torturé, a tenté de s’automutiler mercredi lors de l’examen de son dossier par un tribunal moscovite.

Arrêté mardi par la police lors d’un contrôle d’identité, Ali Ferouz a été présenté mercredi devant un juge. Il a tenté de s’ouvrir les veines avec un stylo après la décision d’expulsion du juge, selon l’un de ses avocats Daniil Khaïmovitch.

« J’ai été témoin de la scène. Il a essayé de le faire », de s’automutiler avec un stylo, a déclaré à l’AFP M. Khaïmovitch. Des huissiers présents l’ont alors empêché de continuer son geste.

« Je préfère mourir que de retourner en Ouzbékistan », a déclaré le journaliste, selon l’avocat cité par Novaïa Gazeta.

Ali Ferouz est « convaincu qu’il sera torturé à cause de son orientation (sexuelle) et de ses activités », a expliqué à l’AFP l’un de ses avocats, Filip Chichov, qui a jugé la décision de la cour « illégale ».

« Ali Ferouz est ouvertement gay, militant pour les droits de l’homme et correspondant pour le journal indépendant Novaïa Gazeta. C’est une combinaison presque mortelle pour quelqu’un sur le point d’être livré à l’Ouzbékistan, où la sodomie est un crime et la torture endémique », a souligné dans un communiqué Denis Krivocheïev, directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Europe et l’Asie centrale.

La décision de la cour de l’expulser de Russie est « au plus haut point erronée » et « doit être immédiatement annulée », a-t-il estimé.

Pour sa part, l’ONG Human Rights Watch a affirmé dans un communiqué que « la Russie a l’obligation de protéger » Ali Ferouz, tout en estimant qu’il sera exposé à « de graves risques », notamment à la torture, s’il est forcé de retourner en Ouzbékistan.

De nationalité ouzbèke, Ali Ferouz, de son vrai nom Khoudoberdi Nourmatov, est né en Russie où il a vécu jusqu’à ses 17 ans quand il est parti vivre en Ouzbékistan, selon Amnesty International.

Le journaliste a quitté précipitamment le pays en 2009, après avoir été « détenu et torturé », affirme Novaïa Gazeta.

Le journal affirme qu’Ali Ferouz a perdu son passeport ouzbek en 2012. Devant l’impossibilité de rentrer en Ouzbékistan sans prendre de risques pour sa vie, il n’a pas réussi à obtenir un nouveau passeport.

En 2014, il avait déposé une demande d’asile en Russie, qui lui a été refusée. Arrêté une première fois en mars 2017, il avait été relâché mais avait dû être hospitalisé à cause du « stress », selon Novaïa Gazeta.

L’Ouzbékistan est très régulièrement critiqué par des ONG pour le contrôle très strict des médias, les violations des droits de l’homme et l’emprisonnement d’opposants. Le pays fait aussi face à des accusations de torture dans ses prisons.

Romandie.com avec(©AFP / 02 août 2017 20h48)                                            

États-Unis: Donald Trump promulgue les sanctions contre la Russie

août 2, 2017

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington DC, le 24 juillet 2017 / © AFP/Archives / YURI GRIPAS

Le président américain Donald Trump a promulgué mercredi, malgré ses réserves, les nouvelles sanctions économiques contre la Russie, adoptées par le Congrès pour punir Moscou de l’ingérence dans l’élection présidentielle américaine, a annoncé la Maison-Blanche.

Ces sanctions, qui font également suite à l’annexion de la Crimée et aux ingérences russes en Ukraine, frappent notamment le secteur énergétique russe. Outre une riposte immédiate des autorités russes, elles ont entraîné des critiques dans l’Union européenne, qui craint pour son approvisionnement en gaz et dénonce une action unilatérale.

Le texte sanctionne aussi l’Iran et la Corée du Nord.

L’exécutif américain n’avait pas caché ses réserves avant l’adoption des nouvelles sanctions par le Congrès, au moment où Washington tente de réchauffer ses relations très tendues avec Moscou. Mais les élus américains ont adopté leur texte la semaine dernière à la quasi-unanimité et Donald Trump a donc décidé de ne pas y opposer son veto, car le Congrès aurait pu facilement passer outre le non présidentiel en revotant son projet de loi à la majorité des deux tiers.

Le président l’a signé à l’abri des caméras.

« Nous avions dit clairement que nous ne pensions pas que cela favoriserait nos efforts, mais c’est leur décision », avait dit mardi le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson au sujet du vote des parlementaires, et « je crois que le président l’accepte ».

La réaction de la Russie n’a pas attendu la signature de Donald Trump. Dès vendredi, elle a annoncé une prochaine réduction drastique de la présence diplomatique américaine sur son territoire: Washington devra réduire à partir du 1er septembre à 455 les effectifs du personnel de son ambassade et de ses consulats.

« Les relations sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide, et peuvent encore se détériorer », a dit mardi Rex Tillerson, redoutant que cette aggravation soit en cours avec « les événements de cette dernière semaine ». Il rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov en tête-à-tête au cours du weekend en marge d’une réunion à Manille.

Romandie.com avec(©AFP / 02 août 2017 17h21)                

Affaire russe: nouveaux faux pas de Trump

août 1, 2017

Le président américain Donald Trump à Washington, le 31 juillet 2017 / © AFP / JIM WATSON

Chaque jour apporte son lot de révélations à la Maison Blanche: Donald Trump aurait dicté lui-même le récit hasardeux de la rencontre entre son fils et une avocate russe en pleine campagne présidentielle, au risque de se placer au coeur du scandale.

Ce nouvel épisode de l’affaire russe, impliquant cette fois directement le président américain, survient quelques heures après la démission lundi du sulfureux Anthony Scaramucci, qui n’aura tenu que dix jours à la tête de la communication de l’exécutif.

Les faits, révélés par le Washington Post, remontent au 8 juillet dernier. Les conseillers du milliardaire sont réunis, en marge du G20 en Allemagne, pour décider de l’explication que la Maison Blanche fournira à propos de la réunion à laquelle a participé Donald Trump Jr. avec l’avocate Natalia Veselnitskaya.

Ils décident de prendre les devants, avant que cette rencontre ne soit dévoilée dans la presse et de délivrer un communiqué avec la réalité des faits, pour ne pas être pris à défaut.

Mais Donald Trump lui-même, à bord de l’avion présidentiel Air Force One, en décide autrement. Il dicte une version a minima des faits selon laquelle son fils aîné avait évoqué avec l’avocate, en juin 2016, d’un « programme d’adoption d’enfants russes ».

– ‘Inutile’ –

Or, l’on apprendra peu après que « Don Junior » avait avant tout accepté cette réunion avec Natalia Veselnitskaya car elle lui avait été présentée comme une émissaire du gouvernement russe, en possession d’informations potentiellement compromettantes sur la démocrate Hillary Clinton.

L’entrevue avait lieu dans ses bureaux de la Trump Tower, à New York, en compagnie du gendre de l’actuel président, Jared Kushner, et du directeur de sa campagne, Paul Manafort.

Selon le Post, qui cite des sources anonymes, les conseillers du président redoutent que l’implication directe de Donald Trump puisse le mettre dans une position juridique dangereuse. Cela alors que plusieurs enquêtes, notamment celle menée par le procureur spécial Robert Mueller, s’intéressent à l’ingérence russe dans la présidentielle américaine ainsi qu’à une possible collusion entre l’équipe de campagne Trump et Moscou.

« C’était… inutile », a déclaré au quotidien un conseiller de Donald Trump, parlant de l’intervention présidentielle. « Il ne pense pas que c’est dangereux sur le plan juridique, il voit ça comme un problème politique qu’il doit résoudre lui-même », a affirmé la même source.

L’un des avocats du président républicain, Me Jay Sekulow, a réagi à cet article, estimant qu' »en plus d’être sans conséquence, ces affirmations sont inexactes et non pertinentes ».

– Obsession –

Le 45e président américain n’a pas directement réagi à cette révélation, mais a déploré mardi matin dans un tweet que « seuls les médias de fausses informations et les ennemis de Trump veulent qu'(il) arrête d’utiliser les réseaux sociaux », précisant que ceux-ci représentent son « seul moyen pour que le vérité émerge ».

Donald Trump, qui a affirmé contre toute évidence lundi qu’il n’y a « pas de chaos à la Maison Blanche », cherche à donner un nouveau souffle à son administration après une semaine cauchemardesque: revers politiques, notamment sur la réforme de la santé, querelles intestines, déclarations injurieuses et grossières…

Ces dernières ont d’ailleurs valu son poste à Anthony Scaramucci, 10 jours seulement après qu’il eut pris les rênes de la communication.

Avec le fantasque communiquant aux lunettes teintées, le président voulait justement mettre fin à la spirale des fuites d’informations vers la presse, qui l’obsèdent.

Mais Scaramucci ou pas, les médias américains continuent d’afficher à leur Une, jour après jour, les dessous d’une présidence qui semble déjà cernée de toutes parts par les affaires.

Pour serrer les vis, Donald Trump a sorti une nouvelle carte de sa manche en nommant l’austère général John Kelly au poste stratégique de secrétaire général de la Maison Blanche, l’homme qui doit donner ordre et cohérence à l’action gouvernementale.

Déjà exaspéré par l’affaire russe qui envenime sa présidence, Donald Trump ne s’est par ailleurs toujours pas exprimé personnellement sur la décision prise dimanche par le président russe Vladimir Poutine, qui a annoncé que le personnel diplomatique des Etats-Unis devra être réduit de 755 personnes.

Romandie.com avec(©AFP / 01 août 2017 20h41)                

États-Unis: Trump signera « prochainement » les nouvelles sanctions contre la Russie

août 1, 2017

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington DC, le 24 juillet 2017 / © AFP/Archives / YURI GRIPAS

Le vice-président américain Mike Pence a affirmé mardi que Donald Trump approuverait « prochainement » les nouvelles sanctions visant la Russie, qui font depuis une semaine l’objet d’une surenchère entre les deux pays.

« Le président Trump signera prochainement le texte sur les sanctions », a déclaré M. Pence lors d’une visite à Tbilissi en Géorgie, pays du Caucase qui ambitionne de rejoindre l’Otan et l’UE.

Ces nouvelles sanctions économiques ont été votées à la quasi unanimité la semaine dernière dans les deux chambres du Congrès américain. La Russie a riposté en imposant une réduction drastique des personnes travaillant dans les missions américaines sur son sol, diplomates ou personnel technique.

M. Pence a également dénoncé l' »occupation » d’une partie du territoire géorgien par la Russie, après une guerre ayant opposé les deux voisins à l’été 2008.

« Nous sommes avec vous, nous nous tenons à vos côtés », a-t-il déclaré en compagnie du Premier ministre Guiorgui Kvirikachvili, qualifiant l’ex-république soviétique de « partenaire stratégique clé » des Etats-Unis dans la région.

Une courte guerre entre la Géorgie et la Russie en août 2008 s’était soldée par la reconnaissance par Moscou de l’indépendance de deux républiques séparatistes prorusses, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.

La visite de M. Pence, qui a réitéré le soutien des Etats-Unis au souhait de la Géorgie de rejoindre l’Otan, intervient au moment où les deux alliés ont lancé les plus importants exercices militaires conjoints sur le territoire géorgien.

Le vice-président américain avait déjà assuré lundi à Tallinn en Estonie que la réduction par Moscou du personnel des missions diplomatiques américaines en Russie n’affaiblirait pas l’engagement de Washington en faveur de la sécurité de ses alliés.

Après la Géorgie, la dernière étape de la tournée de Mike Pence doit être le Monténégro, qui a adhéré à l’Otan le 5 juin.

(©AFP / 01 août 2017 13h29)

Russie: Poutine annonce le renvoi de 755 diplomates américains, en riposte aux sanctions

juillet 30, 2017

Le président Vladimir Poutine, le 30 juillet 2017 à Saint-Pétersbourg / © SPUTNIK/AFP / Alexander Zemlianichenko

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé dimanche le renvoi de 755 diplomates américains, en riposte à de nouvelles sanctions américaines contre Moscou, tout en disant ne pas s’attendre « bientôt » à des changements positifs dans les relations entre les deux grandes puissances.

« Nous avons attendu assez longtemps, en espérant que la situation changerait peut-être vers le mieux », a déclaré M. Poutine dans un entretien, dont des extraits ont été diffusés sur la chaîne publique russe Rossia 24.

« Mais il semble que, même si la situation change, ce n’est pas pour bientôt », a-t-il estimé.

Cette déclaration intervient alors que la Russie a annoncé vendredi une prochaine réduction de la présence diplomatique américaine sur son territoire, après l’adoption par le Congrès à Washington de nouvelles sanctions contre Moscou pour son ingérence présumée dans la présidentielle américaine.

« J’ai pensé qu’il fallait montrer que nous aussi, nous n’allions rien laisser sans riposte », après cette « mesure prise par la partie américaine sans aucun fondement », a souligné le maître du Kremlin.

Selon lui, 755 diplomates américains devront ainsi quitter la Russie, après la décision annoncée vendredi par le ministère russe des Affaires étrangères de réduire, à partir du 1er septembre, à 455 les effectifs de l’ambassade des Etats-Unis et de ses consulats sur le territoire russe.

« Plus d’un millier de personnes — diplomates et personnel technique — travaillaient et travaillent encore » dans les représentations diplomatiques américaines en Russie, a indiqué M. Poutine.

« 755 personnes devront arrêter leurs activités en Russie », a-t-il précisé.

Une telle réduction revient à ramener le personnel des représentations diplomatiques américaines au même niveau que celui du personnel des représentations russes aux Etats-Unis, selon la diplomatie russe qui a également suspendu l’utilisation par l’ambassade des Etats-Unis d’une résidence en périphérie de la capitale russe et d’entrepôts.

Contacté par l’AFP, un porte-parole du département d’Etat a déclaré que Washington ne faisait aucun commentaire « sur le nombre de personnes servant en mission à l’étranger ».

– ‘D’autres variantes de riposte’ –

Selon Vladimir Poutine, la Russie a encore « des choses à dire et peut restreindre davantage des domaines des activités communes, qui seront sensibles pour la partie américaine ».

Si le préjudice infligé par des « tentatives de pression sur la Russie » augmente, « nous pouvons examiner d’autres variantes de ripostes. Mais j’espère qu’on n’aura pas à le faire », a déclaré M. Poutine.

« Pour l’instant, je suis contre » d’éventuelles mesures de riposte supplémentaires, a-t-il assuré.

Deux jours après la Chambre des représentants, le Sénat a adopté jeudi à la quasi-unanimité (98 contre deux) un projet de loi dénoncé par Moscou mais aussi critiqué dans l’Union européenne parce qu’il risque d’affecter les entreprises européennes, et à long terme ses approvisionnements en gaz russe.

Le texte, qui sanctionne aussi l’Iran et la Corée du Nord, vise à punir Moscou notamment pour son ingérence présumée dans l’élection présidentielle américaine de l’an dernier, au sujet de laquelle une enquête est en cours aux Etats-Unis.

« Nous avons proposé à plusieurs reprises à la partie américaine d’établir une coopération » dans le domaine de la cybersécurité, a indiqué M. Poutine, alors que des hackers russes sont accusés d’avoir piraté les ordinateurs du parti démocrate aux Etats-Unis l’an dernier.

« Mais au lieu de commencer à travailler de manière constructive, nous n’entendons que des accusations sans fondement au sujet de l’ingérence dans les affaires intérieures des Etats-Unis », a-t-il souligné.

Alors que le projet de loi sur les sanctions contre la Russie a été soumis au président américain Donald Trump, il a désormais le choix de le signer en l’état ou de le bloquer.

Vendredi, la Maison Blanche a annoncé cependant que Donald Trump signerait ce texte, lui donnant ainsi force de loi, alors même qu’il tente depuis son élection d’améliorer les relations avec Moscou au grand dam de nombre d’élus.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2017 20h45)                

Poutine affiche la puissance navale russe

juillet 30, 2017

Le président russe Vladimir entouré de chefs de la marine à Saint-Saint-Pétersbourg avant la parade navale, le 30 juillet 2017 / © AFP / OLGA MALTSEVA

Le président russe Vladimir Poutine a supervisé dimanche une parade navale organisée en grande pompe pour montrer la puissance maritime russe, déployée de la mer Baltique jusqu’aux côtes syriennes.

Quelque 50 navires de guerre et sous-marins étaient présentés le long de la Neva et dans le golfe de Finlande, à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays. Cette manifestation était la plus importante du genre organisée en Russie.

« Aujourd’hui, beaucoup de choses sont faites pour développer et moderniser la marine », a déclaré M. Poutine aux militaires après avoir passé en revue les bâtiments militaires à bord de sa vedette présidentielle.

« La marine ne s’occupe pas seulement de ses tâches traditionnelles, mais répond aussi avec mérite aux nouveaux défis, contribuant de manière significative à la lutte contre le terrorisme et la piraterie », a-t-il ajouté.

L’événement, donné à l’occasion de la Journée annuelle de la marine russe, a pris une plus large ampleur, au même titre que le traditionnel défilé consacrant la victoire lors de la Seconde Guerre mondiale, organisé tous les ans à Moscou.

La Russie a accéléré ces manœuvres militaires alors que les liens avec les pays occidentaux se sont détériorés, suite à l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014, qui a provoqué l’inquiétude de l’Otan et des Etats d’Europe de l’Est.

Dimanche, le vice-président américain Mike Pence entame en Estonie -riveraine du Golfe de Finlande, non loin de Saint-Pétersbourg-, une tournée destinée à rassurer les trois pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), frontaliers de la Russie, avant de poursuivre la même mission en Géorgie et au Monténégro.

Par ailleurs, d’autres parades navales russes, plus modestes, avaient lieu au large de l’enclave russe de Kaliningrad dans la mer Baltique, de la péninsule de Crimée en mer Noire et à Vladivostok, à l’extrême est de la Russie.

Pour la première fois, Moscou a également présenté sa force navale à sa base de Tartous, sur la côte méditérranéenne de la Syrie, pays où les troupes russes soutiennent le régime du président Bachar al-Assad.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2017 12h55)                

La Russie passe à la riposte face aux sanctions américaines

juillet 28, 2017

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’un discours au ministère des Affaires étrangères de Berlin, le 13 juillet 2017 / © AFP/Archives / John MACDOUGALL

La Russie est passée à la riposte vendredi, annonçant une prochaine réduction de la présence diplomatique américaine sur son territoire, après l’adoption par le Congrès à Washington de sanctions pour son ingérence présumée dans la présidentielle aux Etats-Unis.

Deux jours après la Chambre des représentants, le Sénat a adopté jeudi à la quasi unanimité (98 contre deux) un projet de loi dénoncé par Moscou mais aussi critiqué dans l’Union européenne parce qu’il risque d’affecter les entreprises européennes et à long terme ses approvisionnements en gaz russe.

S’il revient désormais à Donald Trump de décider s’il entérine ou non cette position dure envers la Russie, le ministère russe des Affaires étrangères a pris sans attendre des mesures de rétorsion.

Ce dernier a en effet demandé à Washington de réduire, à partir du 1er septembre, à 455 les effectifs du personnel de son ambassade et de ses consulats en Russie et a suspendu l’utilisation par l’ambassade des Etats-Unis d’une résidence en périphérie de la capitale russe et d’entrepôts.

Une telle réduction revient à ramener le personnel des représentations diplomatiques américaines au même niveau que celui du personnel des représentations russes aux Etats-Unis, a précisé le ministère, qui se « réserve le droit » de prendre de nouvelles mesures visant « les intérêts » américains.

« Les derniers événements témoignent du fait que la russophobie et la recherche de la confrontation sont bien ancrées dans certains cercles bien connus aux Etats-Unis », a expliqué le ministère russe.

Les élus américains veulent en premier lieu infliger des représailles à la Russie après une campagne de désinformation et de piratage attribuée à ce pays pendant l’élection présidentielle américaine de novembre. L’annexion en 2014 de la Crimée et les ingérences en Ukraine sont les autres motifs de punition avancés.

Le président ukrainien Petro Porochenko s’est en revanche félicité du vote du Sénat qui marque selon lui un soutien face à l' »agresseur » russe.

Le texte sanctionne aussi l’Iran et la Corée du Nord, ce qui a poussé Pékin à avertir que la Chine s’opposerait « résolument » à toute mesure portant atteinte à « ses intérêts ».

– Risque d’humiliation –

La réduction de la présence américaine annoncée vendredi avait déjà été envisagée en décembre dernier. Il s’agissait alors de répondre à l’expulsion décidée par Barack Obama de 35 personnes considérées comme des membres des services de renseignement russes et à la fermeture de deux sites russes à New-York et dans l’Etat du Maryland, près de Washington, considérés comme des bases utilisées par des agents russes.

Vladimir Poutine avait finalement alors choisi de ne pas répliquer à ces mesures, prises moins d’un mois avant l’entrée dans ses fonctions de Donald Trump.

En théorie, ce dernier, qui tente d’améliorer les relations avec la Russie au grand dam de nombre d’élus, peut mettre son veto au projet du Congrès mais ce serait une solution de courte durée.

Il suffirait en effet au Congrès de revoter le texte à la majorité des deux tiers pour surmonter ce refus. En général, les présidents s’épargnent cette humiliation.

Le texte prévoit aussi un mécanisme inédit qui déplaît à la Maison Blanche : les parlementaires s’arrogent le droit de s’interposer si jamais Donald Trump décidait de suspendre des sanctions existantes contre la Russie.

En visite en Finlande jeudi, Vladimir Poutine avait prévenu que Moscou devrait répondre à « l’insolence » des Etats-Unis.

« Nous voyons tout simplement une montée de l’hystérie antirusse », avait-il souligné, ajoutant : « C’est très triste que les relations russo-américaines soient sacrifiées » à des fins de politique intérieure.

La veille, c’était l’Union européenne qui avait mis en garde l’allié américain, craignant que ces sanctions ne pénalisent les entreprises énergétiques européennes, ne menacent l’approvisionnement européen en énergie et ne divisent davantage les pays occidentaux.

De fait, cette mesure unilatérale fissure aussi l’unité affichée entre les Etats-Unis et l’Union européenne face Moscou depuis l’annexion de la Crimée.

Jusqu’à présent, le régime des sanctions imposées à la Russie liées au rattachement unilatéral de cette presqu’île ukrainienne était coordonné des deux côtés de l’Atlantique, de façon à faire bloc.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juillet 2017 12h56)                

États-Unis: le Congrès commence à interroger le premier cercle de Trump sur la Russie

juillet 24, 2017

Le Haut conseiller du président des Etats-Unis, Jared Kushner à la Maison Blanche le 24 juillet 2017 / © AFP / YURI GRIPAS

Le Congrès américain a commencé à interroger lundi Jared Kushner, gendre et très proche conseiller de Donald Trump, sur ses liens avec la Russie avant et après l’élection présidentielle de 2016, mais les séances restent, pour l’instant, à huis clos.

Après plus de deux heures devant la commission du Renseignement du Sénat lundi, Jared Kushner se rendra mardi devant la commission équivalente de la Chambre des représentants, qui enquête pour déterminer si la campagne russe présumée de désinformation et de piratage contre Hillary Clinton a reçu des appuis au sein de l’équipe Trump.

Le mari de la fille du président Ivanka, premier de la garde rapprochée du milliardaire à s’expliquer devant les parlementaires, a nié en bloc la moindre connivence.

« Tous mes actes ont été appropriés, dans le cadre normal d’une campagne sans équivalent », a déclaré le conseiller, habituellement muet en public, devant les caméras à son retour à la Maison Blanche.

« Je n’ai pas commis de collusion avec la Russie, et je ne connais personne au sein de l’équipe de campagne qui l’ait fait. Je n’ai eu aucun contact inapproprié », a-t-il répété.

Il avait auparavant publié une déclaration écrite de onze pages à l’attention du Congrès détaillant ses rencontres et interactions avec plusieurs Russes l’an dernier.

Jared Kushner confirme qu’il a bien vu l’ambassadeur russe aux Etats-Unis deux fois ainsi qu’un grand banquier proche de Vladimir Poutine, Sergueï Gorkov, à sa demande. Il se souvient aussi d’avoir participé quelques minutes à une étrange réunion avec une avocate russe organisée par son beau-frère, Donald Trump Jr., en juin 2016. Quatre rencontres au total.

Mais il replace ces réunions dans le contexte de milliers de rendez-vous, coups de fils et messages échangés dans une période frénétique.

– Un fils Trump aussi –

Il raconte que son beau-père lui a demandé d’être le point de contact de la campagne pour les gouvernements étrangers et qu’à ce titre, il a eu plus d’une centaine de contacts avec des responsables de plus de 20 pays avant et après l’élection.

Et jamais, assure-t-il, la question des sanctions américaines contre Moscou n’a été évoquée. Son message, à chaque fois, a été de proposer un nouveau départ dans la relation bilatérale.

« Je n’ai pas eu de contacts inappropriés. Je ne dépendais pas de fonds russes pour financer mes affaires dans le secteur privé », martèle aussi M. Kushner.

Une phrase « à l’évidence élaborée par un avocat malin tentant de protéger son client », a ironisé le sénateur démocrate Ron Wyden, qui affirme que Jared Kushner joue sur les mots et n’a pas tout dit sur ses liens financiers avec des personnes et entités liées à la Russie.

« Les déclarations de M. Kushner n’ont que peu de poids, étant donné son refus de témoigner en public et sous serment », a aussi tancé l’élu démocrate Raul Grijalva.

Jared Kushner n’est pas le seul à intéresser les élus, dont les enquêtes s’ajoutent à celle du procureur spécial Robert Mueller.

Le fils aîné du milliardaire, Donald Jr., est actuellement en négociation avec le Congrès pour donner sa version des faits. Pour l’instant, il a réussi à éviter une audition publique, mais c’est l’objectif de nombreux parlementaires, démocrates comme républicains.

Il lui est reproché d’avoir invité à la Trump Tower cette fameuse avocate russe, Natalia Veselnitskaya. Elle lui avait été présentée par un intermédiaire comme porteuse d’informations compromettantes du gouvernement russe sur Hillary Clinton – bien qu’à la fin, elle n’ait apparemment pas été en possession desdites informations.

Paul Manafort, ancien chef de la campagne, est également appelé à témoigner, mais aucune date n’a encore été négociée.

« Des assignations seront sans doute nécessaires pour forcer Trump Jr. et Paul Manafort à témoigner », a averti le démocrate Richard Blumenthal, membre de la commission de la Justice, lundi sur MSNBC.

La « chasse aux sorcières » dénoncée par Donald Trump se poursuit donc malgré les admonestations du président.

Il a tweeté lundi que les commissions feraient mieux d’enquêter sur Hillary Clinton.

Mais au Congrès, les élus n’ont aucune tolérance pour la Russie. Mardi, la Chambre votera ainsi pour imposer un nouveau train de sanctions contre Moscou.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juillet 2017 23h36)

USA: Le Congrès va voter des sanctions contre la Russie, liant les mains de Trump

juillet 23, 2017

Washington – Un accord de principe a été trouvé ce week-end au Congrès américain pour voter la semaine prochaine de nouvelles sanctions contre la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. La Maison Blanche a annoncé dimanche que le président soutenait l’initiative.

Le Sénat avait adopté dans une quasi-unanimité le 15 juin une proposition de loi de sanctions contre la Russie et contre l’Iran, mais le texte était depuis bloqué à la Chambre des représentants, où les négociations ont finalement abouti samedi.

La Chambre votera mardi sur une loi sanctionnant non seulement la Russie, notamment pour son ingérence présumée dans la campagne présidentielle américaine et le rattachement de la Crimée, et l’Iran, mais également la Corée du Nord en raison de ses récents tirs de missiles balistiques.

Le texte faisait l’objet de résistance de la part de la Maison Blanche car il vise à lier les mains de Donald Trump pour l’empêcher, éventuellement, de lever des sanctions existantes contre Moscou.

Le dirigeant, soupçonné de sympathies pour Vladimir Poutine, serait ainsi placé de facto sous surveillance du Congrès.

Face au quasi-consensus au Congrès, la Maison Blanche a fait savoir dimanche que Donald Trump promulguerait la loi si elle était adoptée.

« Nous soutenons la législation actuelle, et nous continuerons à travailler avec la Chambre et le Sénat pour imposer ces sanctions sévères contre la Russie, jusqu’à ce que la situation en Ukraine soit pleinement résolue », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders sur la chaîne ABC.

Même s’il s’opposait, le Congrès pourrait surmonter son veto avec une majorité de deux tiers.

« S’il met son veto, nous surmonterons son veto », a assuré le sénateur démocrate Ben Cardin sur Fox.

Une fois adoptée à la Chambre, le Sénat revotera, sans doute avant les vacances de la mi-août.

En Europe, cette initiative unilatérale du Congrès américain inquiète.

Un porte-parole de la Commission européenne a souligné que la loi en préparation « était motivée principalement par des considérations intérieures ».

« Les sanctions fonctionnent le mieux quand elles sont coordonnées », a-t-il mis en garde. « Actuellement, nos régimes de sanctions sont coordonnés », a-t-il ajouté, en s’inquiétant que les nouvelles sanctions américains aient des « conséquences non prévues ».

En particulier, Berlin avait protesté contre l’inclusion dans le projet de sanctions initial de sanctions contre un projet de gazoduc Nord Stream 2, qui doit relier la Russie à l’Allemagne, en passant par la mer Baltique.

Le chef de la majorité de la Chambre, Kevin McCarthy, a fait allusion à ces inquiétudes en notant que le texte, pas encore publié, maintiendrait « l’accès de nos alliés européens à des ressources énergétiques importantes à l’extérieur de la Russie ».

Romandie.com avec(©AFP / 23 juillet 2017 16h20)