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Russie: Vladimir Poutine s’autorise à faire deux mandats de plus

avril 5, 2021
Vladimir Poutine s'autorise a faire deux mandats de plus
Vladimir Poutine s’autorise à faire deux mandats de plus© Sputnik/AFP/Archives/Mikhail KLIMENTYEV

Le président russe Vladimir Poutine, 68 ans, a signé lundi la loi lui permettant de se présenter pour deux nouveaux mandats présidentiels, ouvrant la voie à son maintien au Kremlin jusqu’en 2036.

Le texte avait été définitivement adopté par le Parlement en mars, après un référendum constitutionnel organisé à l’été 2020.

Aux commandes du pays depuis 2000, Vladimir Poutine a en deux décennies éliminé toute réelle concurrence politique en Russie, jugulant l’opposition et les médias indépendants. Il s’est toujours refusé à évoquer sa succession.

L’homme fort de la Russie aurait dû en théorie se retirer à la fin de son mandat actuel en 2024, la législation russe n’autorisant pas un président à faire plus de deux mandats consécutifs.

Mais selon le texte qu’il a promulgué lundi, « cette restriction ne s’applique pas à ceux qui occupaient le poste de chef de l’État avant l’entrée en vigueur des amendements à la Constitution » approuvés par référendum en 2020.

Vie éternelle

En 2036, nouvelle date théorique à laquelle il devra quitter le Kremlin, Vladimir Poutine aura 83 ou 84 ans.

« Qu’ils passent dans la foulée une loi octroyant au président la vie éternelle », a ironisé dès lors sur Twitter, Evguéni Roïzman, un détracteur du Kremlin et ancien maire de Ekaterinbourg, l’une des plus grandes villes de Russie.

L’équipe de l’opposant emprisonné, Alexeï Navalny, a réagi en publiant une vidéo datant des années 2000 et dans laquelle Vladimir Poutine disait qu’il était opposé à ce qu’un président puisse rester au pouvoir plus de deux mandats.

La réforme, validée par référendum en juillet dernier et promulguée lundi après un long chemin législatif, intervient alors que le chef de l’Etat russe peut se targuer d’une popularité toujours supérieure à 60 % selon les sondages, cela malgré la pandémie, une économie au ralenti et des réformes sociales impopulaires en 2018.

Ce n’est en outre pas la première fois que M. Poutine est en passe d’atteindre la limite de deux mandats consécutifs.

En 2008, il avait pris le poste de Premier ministre et laissé le Kremlin à son dernier chef de gouvernement Dmitri Medvedev. Après cet intermède de quatre ans, il avait été réélu président en 2012 malgré un grand mouvement de contestation.

Puis, la durée du mandat présidentiel avait été prolongée de quatre à six ans et Vladimir Poutine fut réélu sans surprise président en 2018 avec 76 % dès le premier tour, sans réelle opposition.

Principes conservateurs et immunité

La loi promulguée lundi contient également de nouvelles exigences pour les candidats à la présidentielle. Ils doivent désormais être âgés d’au moins 35 ans, résider de façon permanente en Russie depuis au moins 25 ans et n’avoir jamais eu une citoyenneté étrangère ou un permis de séjour permanent d’un autre Etat que la Russie.

La révision constitutionnelle votée à l’été 2020 introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président – foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique .

Elle donne aussi une immunité à vie garantie aux présidents russes, même une fois qu’ils ont quitté leurs fonctions.

Etalé sur une semaine en raison de la pandémie de coronavirus, le référendum de l’année passée et dont l’issue ne faisait aucun doute s’était conclu sur une victoire du « oui » à 77,92 % et une participation de 65 %, selon les chiffres officiels.

Alexeï Navalny, dont les équipes avaient filmé à travers la Russie nombre de violations présumées, a qualifié ce référendum d' »énorme mensonge » et l’ONG Golos, spécialisée dans l’observation des élections, a dénoncé une atteinte « sans précédent » à la souveraineté du peuple russe.

Par Le Point avec AFP

Russie: Navalny entame une grève de la faim pour réclamer des soins

mars 31, 2021

RUSSIE: NAVALNY ENTAME UNE GRÈVE DE LA FAIM POUR RÉCLAMER DES SOINS

© Reuters/MAXIM SHEMETOV 

MOSCOU (Reuters) – L’opposant russe Alexeï Navalny a annoncé mercredi avoir entamé une grève de la faim dans le but de convaincre le centre pénitentiaire où il est détenu, à l’est de Moscou, de lui fournir des soins médicaux adaptés pour soigner ce qu’il a décrit comme des douleurs aiguës au dos et aux jambes.

L’état de santé d’Alexeï Navalny inquiète depuis que le principal détracteur du Kremlin a déclaré la semaine dernière être réveillé chaque heure de la nuit par le personnel pénitentiaire, une privation de sommeil qu’il qualifie de torture.

Dans une lettre manuscrite adressée à l’administration de la prison que ses avocats ont relayée via les réseaux sociaux mercredi, l’opposant déclare que ses demandes quotidiennes pour qu’un médecin de son choix vienne l’examiner ont été ignorées, de même qu’un traitement médical adapté à ses douleurs.

« J’ai réellement besoin d’un médecin. Chaque détenu a le droit (légal) de convier un spécialiste pour l’examiner, et de le consulter. Moi aussi, j’ai ce droit, et je suis innocent », écrit Alexeï Navalny.

« Je demande qu’un médecin soit autorisé à me voir. Jusqu’à ce que cela se produise, je déclare une grève de la faim », ajoute-t-il dans la lettre.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat auprès de la colonie pénitentiaire IK-2, située à une centaine de kilomètres à l’est de Moscou.

L’administration pénitentiaire, qui a examiné Alexeï Navalny la semaine dernière, l’a déclaré dans un état de santé « satisfaisant ».

Dans un communiqué relayé mercredi par l’agence de presse Interfax, l’administration pénitentiaire de la région de Vladimir a déclaré qu’Alexeï Navalny recevait tous les soins médicaux appropriés à son état de santé actuel.

Le Kremlin n’a pas communiqué sur la question, estimant qu’il s’agissait d’une affaire concernant seulement l’administration pénitentiaire.

Alexeï Navalny, 44 ans, a déclaré en début de semaine s’attendre à être placé en isolement, alors qu’il purge depuis février une peine de 32 mois d’emprisonnement pour violation de sa liberté conditionnelle.

Avec Reuters par Anton Zverev et Andrew Osborn  (version française Jean Terzian, édité par Jean-Stéphane Brosse)

Russie: Gorbatchev, le dernier dirigeant soviétique, fête son 90e anniversaire sur Zoom

mars 2, 2021

RUSSIE: GORBATCHEV, LE DERNIER DIRIGEANT SOVIÉTIQUE, FÊTE SON 90E ANNIVERSAIRE SUR ZOOM

© Reuters/Reuters Photographer 

MOSCOU (Reuters) – Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique, devrait fêter mardi son 90e anniversaire en quarantaine sur la plateforme Zoom, et a été qualifié à cette occasion par le président russe Vladimir Poutine d' »homme d’État exceptionnel » ayant influencé le cours de l’histoire.

Mikhaïl Gorbatchev, défenseur du contrôle des armements et des réformes axées sur la démocratie dans les années 1980, a été largement crédité d’avoir contribué à mettre fin à la Guerre froide, mais critiqué pour l’éclatement, jugé par ses détracteurs russes inutile et douloureux, de l’Union soviétique en 1991.

Le lauréat du prix Nobel de la paix en 1990, qui a passé plusieurs mois isolé à l’hôpital par précaution pendant la pandémie, organisera un rassemblement virtuel avec des amis proches et le personnel de sa fondation, a déclaré son porte-parole Vladimir Polyakov.

« Nous lèverons nos verres », a-t-il dit. « Nous nous rassemblerons ici et (Gorbatchev) sera là et nous nous verrons et porterons des toasts. »

Selon Vladimir Polyakov, des messages de félicitations avaient été envoyés par des dirigeants mondiaux, notamment le Premier ministre britannique Boris Johnson, le président américain Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président russe Vladimir Poutine, qui compte parmi ceux qui ont déploré l’éclatement de l’Union soviétique, a envoyé à Mikhaïl Gorbatchev un télégramme de félicitations, publié sur le site internet du Kremlin.

« Vous appartenez à juste titre à la galaxie des gens brillants et extraordinaires, des hommes d’État exceptionnels de notre temps qui ont eu une influence significative sur le cours de l’histoire nationale et mondiale », a-t-il écrit.

L’héritage de Mikhaïl Gorbatchev a été partiellement effacé ces dernières années alors que les relations entre Moscou et Washington se détérioraient pour atteindre leur niveau de l’après-guerre froide, précipitant la disparition d’un traité qui interdisait aux deux nations de déployer des missiles balistiques terrestres d’une certaine portée.

L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et les différends concernant les sanctions, les accusations d’ingérence politique et la géopolitique ont encore envenimé les relations entre les États-Unis et la Russie.

Mikhaïl Gorbatchev a mis en garde contre un retour à la guerre froide et a exhorté Moscou et Washington à poursuivre le dialogue, quelles que soient leurs divergences.

Le ministre des Affaires étrangères de Lituanie, Edgars Rinkevics, a fait état dans un tweet de la reconnaissance des Lettons envers l’ancien dirigeant soviétique.

« (Ses réformes) perestroïka et (glasnost) étaient destinées à sauver l’Union soviétique, au lieu de cela elles ont accéléré l’effondrement de l’empire communiste ouvrant la voie à la liberté pour des millions de personnes », a-t-il écrit.

Une pièce de théâtre retraçant la vie de Mikhaïl Gorbatchev mise en scène à Moscou le mois dernier a recueilli les éloges de nombreux spectateurs, admiratifs de l’homme.

« C’est un homme de son temps. Il a changé notre pays. C’est un homme audacieux », a déclaré Jamila Iskandera.

Pourtant, dans les rues de Moscou, beaucoup ont adopté une attitude plus dure envers lui.

« C’est un moulin à paroles (…) Il n’était pas prêt à guider un si grand et si éminent État », a commenté Viatcheslav Sokolov.

« Je suis né en Union soviétique et je pense que c’était une grosse erreur de ruiner l’Union soviétique », a ajouté Irina Baychenko, une autre Moscovite.

Avec Reuters (Tom Balmforth, version française Dagmarah Mackos, édité par Jean-Michel Bélot)

Russie: Le prix à payer pour s’opposer à Vladimir Poutine

février 6, 2021

L’endroit ressemble à une colonie de travail.

Une cellule du centre de détention de Sakharov

© Mediazona Une cellule du centre de détention de Sakharov

Plusieurs immeubles en briques jaunes de deux ou trois étages hébergent en temps normal des immigrants illégaux.

Mais le centre de détention de Sakharov, à 70 kilomètres de Moscou, a été transformé en prison temporaire pour les milliers de manifestants arrêtés dans les rues de la capitale depuis le 23 janvier.

Quand nous nous y présentons vendredi matin, il fait moins 20 degrés.

Tout au long de la route qui mène à l’entrée, des dizaines et des dizaines de voitures sont garées, le moteur allumé pour garder au chaud ces familles et amis venus porter des vivres et des cadeaux aux détenus.

D’autres font la file dehors devant la réception, emmitouflés dans leur manteau, des sacs d’épicerie dans les bras.

Une jeune fille vient déposer des couvertures pour sa soeur incarcérée au centre Sakharov.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Une jeune fille vient déposer des couvertures pour sa soeur incarcérée au centre Sakharov.

Papier de toilette, chocolat, bouteilles d’eau, oreiller et couverture, il manque de tout, dit Alexey Karpov, 24 ans.

Il le sait parce qu’il vient d’y passer trois jours et qu’il a reçu un seul repas pendant toute sa détention.

Il revient ce matin, mais cette fois, c’est pour apporter à manger aux neuf autres hommes avec qui il a partagé une petite cellule.

«Regardez!», nous dit-il en tendant son téléphone pour montrer les photos qu’il a pu prendre avant de la quitter.

On y voit des lits en métal superposés, sans matelas ni couverture. Il y a une toilette souillée pour tout le groupe et pas de papier hygiénique.

Le plus jeune d’entre nous n’avait que 18 ans, dit-il.

La cellule d'Alexey Karpov

© Alexey Karpov La cellule d’Alexey Karpov

Alexey nous raconte qu’il a été arrêté alors qu’il chantait «liberté» en marchant, tranquille, sur une rue de Moscou près de la prison Matrosskaïa Tichina où Alexeï Navalny est incarcéré.

«La police m’a accosté d’un coup et m’a poussé de force dans un camion avec d’autres, dont un médecin, un écrivain, des gens bien, calmes et éduqués», relate-t-il.

Ils ont tous été amenés ici sans aucune explication.

Alexey Karpov a passé trois jours en détention et il est revenu porter des vivres à ses amis.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Alexey Karpov a passé trois jours en détention et il est revenu porter des vivres à ses amis.

Au total plus de 11 000 personnes ont été arrêtées en Russie depuis l’appel aux manifestations lancé par l’opposant Alexeï Navalny le 23 janvier.

À ce jour, 5408 d’entre elles sont toujours détenues, dont la moitié dans plusieurs établissements de la région de Moscou.

«Je n’ai jamais rien vu de tel, et leurs droits sont bafoués dès leur arrivée au centre», dit Marina Litvinovich de la commission de surveillance publique de Moscou, la seule ONG qui a pu visiter les cellules et parler aux détenus pour évaluer les conditions de détention.

Elle affirme que le centre de détention de Sakharov n’a ni la capacité ni le personnel pour accueillir autant de détenus. Pourtant, il y en a plus de 800 encore aujourd’hui.

Puis elle répète, pour être sûre d’avoir été entendue, qu’elle n’a jamais vu un nombre si élevé d’arrestations simultanées en Russie depuis 20 ans.

Des policiers antiémeute en Russie procèdent à une arrestation musclée d'un jeune manifestant.

© NATALIA KOLESNIKOVA/afp via getty images Des policiers antiémeute en Russie procèdent à une arrestation musclée d’un jeune manifestant.

«La plupart sont des jeunes de 18 à 30 ans, et je fais mon possible pour alléger leur destin», dit Marina Litvinovich en se frottant les mains pour se réchauffer.

Elle est retenue à l’extérieur du centre par plusieurs familles désespérées de lui parler dans l’espoir d’avoir des nouvelles concrètes de leurs proches.

Car la durée des sentences varie de quelques jours à quelques semaines, selon ce dont ils sont accusés.

D’après le porte-parole du Kremlin, les délits qui leur sont reprochés vont du désordre public à la violation des règles sanitaires anti-COVID.

Des policiers patrouillent dans le centre de Moscou, mardi, après la condamnation de Navalny.

© Mediazona Des policiers patrouillent dans le centre de Moscou, mardi, après la condamnation de Navalny.

Mais les témoignages que nous recueillons au centre de détention confirment que plusieurs personnes ont bel et bien été arrêtées de façon complètement arbitraire alors que la police ratissait les rues du centre-ville mardi soir à la recherche de dissidents, arrêtant au passage toute personne qui se trouvait sur son chemin.

«Mon mari sortait d’un café du centre-ville avec un ami quand les forces spéciales l’ont pris par le bras», dit Olga. Nous la rencontrons pendant que, assise dans sa voiture, elle attend que ce soit son tour d’entrer pour déposer une trousse de survie à la réception.

«Il est un homme d’affaires qui n’exprime pas son opinion politique, jamais. Mais tout ce que je sais, dit-elle, c’est qu’il est ici depuis trois jours, enfermé, et je ne sais pas pourquoi ni pour combien de temps.»

Olga au volant de sa voiture. Sur le siège du passager se trouvent des vivres et des emballages.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Olga au volant de sa voiture. Sur le siège du passager se trouvent des vivres et des emballages.

Notre équipe peut suivre des familles à l’intérieur où deux gardiens en uniforme, assis devant une table de bois, font l’inventaire de la nourriture. Une liste écrite à la main sur laquelle figurent les noms de chaque détenu et les présents qui leur sont destinés. Il y a des sacs de pommes, du dentifrice, des craquelins, du salami et même des jeux de société pour passer le temps.

«Je n’ai aucune garantie que mon ami va recevoir la nourriture, mais je sais qu’il a faim», dit Artium qui est venu en taxi déposer deux gros sacs pour un collègue qui a été condamné à sept jours derrière les barreaux pour le simple fait d’avoir participé à la manifestation dimanche dernier.

Artium nous confie, en toute humilité, qu’il n’avait pas osé se joindre à la foule ce jour-là par crainte de la répression.

Un gardien fait l'inventaire de la nourriture déposée à l'entrée du centre de détention.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Un gardien fait l’inventaire de la nourriture déposée à l’entrée du centre de détention.

D’ailleurs, notre équipe voit et filme depuis deux semaines des arrestations violentes au centre-ville. Des escadrons de policiers qui foncent sur la foule pour en sortir à coup de bâton des citoyens sous le choc.

Des épisodes violents à l’image d’un régime nerveux qui a décidé qu’il ne tolérera plus la dissidence. Point.

Le régime a un nouveau message et il est à sens unique : c’est d’imposer la peur, dit le stratège et analyste Konstantin Kalatchev.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou, le mardi 2 février 2021.

© /Getty Images Le leader de l’opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou, le mardi 2 février 2021.

À son avis, Alexeï Navalny, avec son courage de revenir au pays en tant que prisonnier politique, n’est qu’un élément déclencheur, mais pas une fin en soi.

Konstantin Kalatchev connaît bien la machine politique en Russie pour y avoir conseillé de nombreux politiciens, y compris des députés du parti au pouvoir Russie Unie de Vladimir Poutine.

Il a beau se dire «neutre» politiquement, il ne peut s’empêcher de déplorer la répression qui a marqué les dernières semaines en Russie.

Il se dit aussi troublé du fait que, parmi les détenus, on compte de nombreux journalistes qui couvraient les manifestations, bien identifiés, revêtus de gilets orange ou jaunes que portent les membres de la presse pour se distinguer lors des grands rassemblements.

L’intimidation de la presse indépendante ne s’arrête pas là.

Sergei Smirnov, l’éditeur en chef du site indépendant Media Zona, a écopé pour sa part d’une sentence de 25 jours en prison parce qu’il a partagé une blague sur Twitter qui, selon les autorités, incitait à participer aux manifestations.

Mais c’est aussi le signe que la propagande de l’État n’est plus efficace, dit Konstantin Kalatchev, et le régime en est conscient.

Un manifestant arrêté au centre-ville de Moscou.

© Tamara Alteresco/Radio-Canada Un manifestant arrêté au centre-ville de Moscou.

Navalny a beau être en prison pour au moins 2 ans et 8 mois, l’impact de son action politique ne s’arrête pas avec son incarcération. Son équipe a décidé, du moins pour le moment, de suspendre les manifestations à grande échelle pour revenir en force au printemps.

Reste que Navalny aura réussi au cours des dernières semaines à réveiller la colère aux quatre coins de la Russie et qu’il mise désormais sur les élections législatives de septembre pour mesurer l’ampleur du désir de changement en Russie.

Alexeï Navalny a d’ailleurs profité de sa dernière tribune publique à la cour, cette semaine, pour dénoncer un régime sans scrupule.

Au moment de quitter Alexey Karpov au centre de détention de Sakharov, il nous dit qu’il n’a plus peur. «J’ai même dit au gardien de prison dans le couloir que ce n’est qu’un au revoir, que je reviendrai s’il le faut.»

Avec La Presse canadienne

Russie : plus de 2000 arrestations dans le pays

janvier 23, 2021

La police a arrêté samedi plus de 2000 personnes dans toute la Russie lors de rassemblements dans des dizaines de villes à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny pour exiger sa libération.

Des agents des forces de l'ordre se tiennent devant les participants au cours d'un rassemblement en soutien au leader de l'opposition russe Alexeï Navalny, à Saint-Pétersbourg.

© ANTON VAGANOV/Reuters Des agents des forces de l’ordre se tiennent devant les participants au cours d’un rassemblement en soutien au leader de l’opposition russe Alexeï Navalny, à Saint-Pétersbourg.

Dans la foule de plus de 20 000 personnes rassemblées au centre-ville de Moscou, des journalistes de l’AFP ont assisté à de violentes arrestations et à des heurts entre policiers et manifestants.

Ioulia Navalnaïa, l’épouse de l’opposant russe Alexeï Navalny, a annoncé avoir été interpellée par la police à Moscou pendant la manifestation de soutien à son mari incarcéré. «Excusez la mauvaise qualité [de la photo], la lumière est mauvaise dans le fourgon cellulaire», a-t-elle ironisé sur sa page Instagram, diffusant un autoportrait pris dans un véhicule de police.

Cette contestation s’organise à quelques mois des législatives prévues à l’automne, sur fond de chute de popularité du parti au pouvoir Russie unie.

Manifestations fortement réprimées

Les premières manifestations samedi dans l’Extrême-Orient russe et en Sibérie, notamment à Vladivostok, Khabarovsk, Novossibirsk et Tchita, ont fait face à d’importants effectifs de police. Et par endroits, la répression a été brutale.

Plus d’une heure avant le début officiel du rassemblement prévu à 11 h dans le centre de Moscou, les forces antiémeutes ont arrêté et enfermé dans des fourgons cellulaires plusieurs dizaines de personnes, selon des journalistes de l’AFP.

La police a notamment interpellé Lyubov Sobol, une proche amie d’Alexeï Navalny, selon ce qu’a observé un reporter de Reuters.

Des images vidéo montrent par ailleurs des policiers en train de courir après des manifestants dans les rues de Khabarovsk, la plus grande ville de l’Extrême-Orient russe, alors que les températures avoisinaient les -14 degrés Celsius. Il était possible d’entendre les manifestants scander : «Bandits!»

Les forces de l’ordre moscovites avaient promis vendredi de «réprimer sans délai» tout rassemblement non autorisé. En outre, la mairie a jugé «inacceptable» toute manifestation à cause de la pandémie de COVID-19.

Des agents des forces de l'ordre emportent un homme lors d'un rassemblement de soutien au leader de l'opposition russe Alexeï Navalny.

© MAXIM SHEMETOV/Reuters Des agents des forces de l’ordre emportent un homme lors d’un rassemblement de soutien au leader de l’opposition russe Alexeï Navalny.

D’autres images vidéo montrent des policiers attrapant un manifestant par le bras et la jambe et le transportant dans un van, à Yakoutsk, en Sibérie, la ville la plus froide de Russie, où le mercure est descendu ce samedi à -52 degrés Celsius. 

Des interruptions ont affecté les réseaux téléphoniques et Internet samedi, selon le site de surveillance downdetector.ru. Il d’agit d’une tactique parfois utilisée par les autorités pour rendre les communications et le partage de vidéos entre manifestants plus compliqués.

Arrestations près de la prison de Matrosskaïa Tichina 

La police de Moscou a interpellé samedi soir des manifestants qui se rassemblaient aux abords de la prison de Matrosskaïa Tichina, où est détenu l’opposant russe Alexeï Navalny, selon un journaliste de l’AFP.

Certains des protestataires ont été frappés à coups de matraque, et des centaines de personnes se sont rassemblées en scandant «liberté» non loin du centre de détention du nord de la capitale russe.

La police bloque une rue de Moscou non loin de la prison de Matrosskaïa Tichina, où est détenu le leader de l'opposition Alexeï Navalny.

© VASILY MAXIMOV/afp via getty images La police bloque une rue de Moscou non loin de la prison de Matrosskaïa Tichina, où est détenu le leader de l’opposition Alexeï Navalny.

De nombreux manifestants sont ensuite partis en courant face à la charge des policiers, déployés en grand nombre près de la prison, selon le journaliste de l’AFP.

À Saint-Pétersbourg aussi, les premiers protestataires sortaient dans la rue. «J’aurais honte de rester à la maison. J’ai besoin de parler, j’ai besoin d’exprimer ma position», confie Galina Fedosseva, 50 ans.

À Iakoutsk, au sud du cercle polaire, une centaine de protestataires ont bravé le froid extrême en manifestant par -50 degrés Celsius.

Les arrestations ont été particulièrement violentes à Vladivostok, port russe sur l’océan Pacifique, où la police antiémeute a pourchassé les manifestants et les a frappés avec des matraques, selon une vidéo de l’AFP.

La police russe avait déjà interpellé cette semaine, en amont des mobilisations, des alliés de premier plan d’Alexeï Navalny, dont deux ont été condamnés vendredi à de courtes peines de prison.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny est escorté par des officiers de police après une audience au tribunal, à Khimki, près de Moscou, le 18 janvier 2021.

© EVGENY FELDMAN/MEDUZA/Reuters Le leader de l’opposition russe Alexeï Navalny est escorté par des officiers de police après une audience au tribunal, à Khimki, près de Moscou, le 18 janvier 2021.

Appel à la protestation sur les réseaux sociaux

Placé en détention jusqu’au 15 février au moins et visé par plusieurs procédures judiciaires, Alexeï Navalny, 44 ans, a été appréhendé le 17 janvier, dès son retour d’Allemagne, après cinq mois de convalescence à la suite d’un empoisonnement présumé dont il accuse le Kremlin.

Son appel à manifester, après son incarcération, a été accompagné d’une enquête vidéo de deux heures dans laquelle il accuse Vladimir Poutine de s’être fait bâtir pour un milliard d’euros (1,6 milliard de dollars canadiens) une fastueuse demeure sur un immense terrain privé sur les rives de la mer Noire.

Selon Alexeï Navalny, cette propriété appartient à Vladimir Poutine et sa construction a coûté 1,3 milliard de dollars américains (1,6 milliard de dollars canadiens) grâce à un système de corruption élaboré avec la complicité des proches du président russe.

© YouTube/Navalny Life/Associated Press Selon Alexeï Navalny, cette propriété appartient à Vladimir Poutine et sa construction a coûté 1,3 milliard de dollars américains (1,6 milliard de dollars canadiens) grâce à un système de corruption élaboré avec la complicité des proches du président russe.

Les autorités rejettent l’ensemble des accusations d’empoisonnement et de corruption, qualifiant l’opposant et son entourage «d’escrocs» à la solde des Occidentaux.

La vidéo a néanmoins eu un succès énorme et a été visionnée près de 67 millions de fois depuis mardi sur YouTube.

Dès l’arrestation de l’opposant, condamnée par les puissances occidentales, des milliers d’appels à la protestation ont été relayés sur les réseaux sociaux, où il jouit d’une visibilité importante, alors qu’il est largement ignoré des grands médias d’État russes.

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a menacé d’amendes les plateformes TikTok et VKontakte (VK), l’équivalent russe de Facebook.

Une enquête a été ouverte pour «incitation à des actes illégaux auprès de mineurs» et le ministère de l’Éducation a appelé les parents à «empêcher» leurs enfants de manifester.

Les pays occidentaux condamnent

Les Nations unies ainsi que les pays occidentaux ont condamné la détention d’Alexeï Navalny et demandé sa libération immédiate. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne devraient débattre, lundi à Bruxelles, de nouvelles sanctions économiques à l’encontre de la Russie. 

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a quant à lui déploré «les détentions massives» et «l’usage disproportionné de la force» au cours des manifestations.

«Nous discuterons lundi des prochaines étapes avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE», a-t-il ajouté dans un tweet.

Les législateurs européens ont déjà adopté, jeudi, une résolution demandant à l’Union européenne l’arrêt de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne, en réponse à l’arrestation de Navalny.

Avec  CBC/Radio-Canada 

Présidentielle en Centrafrique : le Rwanda et la Russie envoient des troupes

décembre 21, 2020
Des Casques bleus zambien de la Minsuca, à Birao le 18 juin 2019.

Le Rwanda a envoyé des troupes en Centrafrique, a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi le ministère rwandais de la Défense. Bangui a également annoncé le déploiement de « plusieurs centaines » de soldats russes.

« La Russie a envoyé plusieurs centaines d’hommes des forces régulières et des équipements lourds » dans le cadre d’un accord de coopération bilatérale, a déclaré Ange Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement centrafricain, sans préciser leur nombre exact ni la date de leur arrivée. Le Kremlin a exprimé lundi sa « sérieuse inquiétude » face aux vives tensions préélectorales, sans toutefois s’exprimer sur la présence de troupes en Centrafrique, où des sociétés de sécurité russes assurent déjà la protection du président, Faustin-Archange Touadéra.

« Les Rwandais ont également envoyé plusieurs centaines d’hommes qui sont sur le terrain et ont commencé à combattre », a ajouté le porte-parole. « Le gouvernement rwandais a déployé une force de protection en République centrafricaine, dans le cadre d’un accord bilatéral de défense, avait indiqué peu auparavant le ministère rwandais de la Défense dans un communiqué. Le déploiement est en réponse au ciblage du contingent des Forces de Défense du Rwanda (RDF) sous la force de maintien de la paix de l’ONU par les rebelles soutenus par [l’ancien président] François Bozizé. »

Le G5+ demande à Bozizé de déposer les armes

Ces annonces surviennent après que trois des plus puissants groupes armés, qui occupent plus des deux-tiers du pays, ont progressé sur des axes routiers vitaux pour l’approvisionnement de la capitale, Bangui. Vendredi soir, ils avaient également annoncé leur fusion.

Dans la foulée, le gouvernement a accusé samedi François Bozizé de « tentative de coup d’État » avec une « intention manifeste de marcher avec ses hommes sur la ville de Bangui », alors que le premier tour des élections présidentielle et législatives est prévu le 27 décembre. Faustin-Archange Touadéra en est le grand favori. Dimanche, le parti de François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée par la Cour constitutionnelle, a démenti toute tentative de coup d’État.

LA SITUATION EST SOUS CONTRÔLE. »

Ces annonces n’ont pas suffi à rassurer les partenaires de la Centrafrique. La France, la Russie, les États-Unis, l’Union européenne et la Banque mondiale ont appelé dimanche François Bozizé et les groupes armés à déposer les armes. Ces pays et institutions « demandent que Bozizé et les groupes armés alliés déposent immédiatement les armes, s’abstiennent de toute action de déstabilisation et respectent la décision de la Cour constitutionnelle du 3 décembre 2020 ».

Le même jour, Vladimir Monteiro, porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), qui compte près de 11 500 hommes dans le pays, a déclaré que les rebelles avaient été bloqués ou repoussés dans plusieurs localités. « La situation est sous contrôle », affirmait-il dimanche soir.

Par Jeune Afrique avec AFP

Coronavirus: La vaccination de la population a commencé en Russie

novembre 30, 2020
CORONAVIRUS: LA VACCINATION DE LA POPULATION A COMMENCÉ EN RUSSIE

MOSCOU (Reuters) – Le premier lot connu de vaccins russes Spoutnik V contre le COVID-19 à usage civil à été livré à l’hôpital de Domodedovo, au sud de Moscou, qui a annoncé lundi avoir commencé à vacciner la population locale la semaine dernière.

L’établissement indique sur son site internet que les résidents qui souhaitent se faire vacciner doivent s’inscrire sur un site gouvernemental et se présenter le jour même avec le résultat négatif d’un test de dépistage du COVID-19 et des papiers d’identité.

La Russie, qui cherche à faire jeu égal avec les grands laboratoires occidentaux dans la course au vaccin, a assuré à l’issue d’essais cliniques que son vaccin Spoutnik V était efficace à 92%.

Avec Reuters par (Anton Zverev, version française Jean-Philippe Lefief)

La Russie vante l’efficacité du vaccin Spoutnik-V, actuellement en phase 3 d’essais cliniques

novembre 11, 2020

Covid-19 : la Russie revendique 92% d’efficacité pour son vaccin
Depuis août dernier, la Russie vante l’efficacité du vaccin Spoutnik-V, actuellement en phase 3 d’essais cliniques.

Le créateur d’un vaccin russe contre le Covid-19 a assuré mercredi 11 novembre que celui-ci était efficace à 92%, quelques jours après l’annonce du développement par l’américain Pfizer et l’allemand BioNTech d’un produit d’une efficacité à 90%.

Comme ses concurrents, c’est dans un communiqué que le Fonds souverain russe (RDIF) et l’institut de recherche Gamaleïa ont vanté l’efficacité du vaccin Spoutnik-V, actuellement en phase 3 d’essais cliniques randomisés en double aveugle – une démarche expérimentale utilisée dans plusieurs disciplines – auprès de 40.000 volontaires. «L’analyse statistique de 20 cas confirmés de nouveau coronavirus, cas répartis entre personnes vaccinées et celles ayant reçu le placebo, indique un taux d’efficacité de 92% pour le vaccin Spoutnik-V après une second dose», selon ce document.

Concurrence

Alors que la Russie s’est montrée jusqu’ici avare concernant la documentation scientifique de ce vaccin vanté par le président Vladimir Poutine, les créateurs du Spoutnik-V ont assuré mercredi que la recherche sera publiée sous peu «dans une des principales revues médicales au monde et évaluée par des pairs». Le RDIF a aussi assuré qu’il fournirait toutes les données nécessaires aux régulateurs nationaux des pays désireux d’acquérir le Spoutnik-V.

Il s’agit d’un vaccin à «vecteur viral» utilisant comme vecteur en deux injections deux adénovirus (virus très courants, responsables notamment de rhumes), transformés pour y ajouter une partie de celui responsable du Covid-19. Lorsque l’adénovirus modifié pénètre dans les cellules des personnes vaccinées, ces dernières vont fabriquer une protéine typique du Sars-Cov-2, apprenant ainsi à leur système immunitaire à le reconnaître et à le combattre, selon l’Institut Gamaleïa.

La concurrence fait rage pour développer un vaccin au virus responsable de la pandémie qui a paralysé des pays entiers depuis le début de l’année. La Russie est déterminée à faire la course en tête et avait annoncé dès août, avant même des essais cliniques à grande échelle, l’efficacité de Spoutnik-V, suscitant des doutes au sein de la communauté scientifique internationale.

Par Le Figaro avec AFP

Vaccin : l’OMS impatiente d’analyser les essais cliniques russes

août 12, 2020

C'est à l'intérieur de ce bâtiment que l'on produit le Spoutnik V, le vaccin russe annoncé par Vladimir Poutine.

C’est à l’intérieur de ce bâtiment que l’on produit le Spoutnik V, le vaccin russe annoncé par Vladimir Poutine. ALEXANDER NEMENOV / AFP

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré mercredi 12 août attendre avec impatience de pouvoir analyser les résultats des essais cliniques du vaccin contre le nouveau coronavirus dont le président Vladimir Poutine a annoncé la veille la mise au point en Russie.

La phase finale des tests sur ce produit, auxquels plus de 2.000 personnes au total participeront, devait commencer mercredi, avait alors déclaré le président russe. «L’OMS est en contact avec les scientifiques et les autorités russes et attend avec impatience d’étudier les détails des essais» cliniques, peut-on lire dans le communiqué diffusé à Genève, où cette organisation a son siège.

«Accélérer la recherche pour (l’obtention d’) un vaccin devrait être fait en suivant des processus établis à chaque étape de la mise au point, pour s’assurer que tout vaccin qui va finalement être produit est à la fois sûr et efficace», poursuit l’OMS, exhortant à «un accès rapide, juste et équitable dans le monde entier à un tel vaccin».

L’Organisation mondiale de la Santé avait prudemment réagi mardi à l’annonce de Vladimir Poutine, rappelant que la «pré-qualification» et l’homologation d’un vaccin passaient par des procédures «rigoureuses». Jusqu’ici, la Russie n’a pas rendu publiques d’études détaillées des résultats de ses essais permettant d’établir l’efficacité des produits qu’elle dit avoir créés.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus : la Russie espère une production industrielle d’un vaccin dès septembre

juillet 29, 2020

 

En cas de certification, Moscou espère produire 200 millions de doses de vaccin contre le covid-19.

La Russie espère entamer la production industrielle de deux vaccins contre le coronavirus respectivement en septembre et en octobre, a annoncé mercredi 29 juillet la vice-Première ministre russe, Tatiana Golikova. Deux vaccins conçus par des chercheurs russes «sont aujourd’hui les plus prometteurs», a déclaré Mme Golikova, au cours d’une réunion par visioconférence avec le président Vladimir Poutine, consacrée à la pandémie de Covid-19.

Le premier est mis au point par le ministère russe de la Défense et le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa. Il est déjà testé sur des humains, selon Tatiana Golikova. «Le lancement de sa production industrielle est envisagé pour septembre 2020», après une certification et des essais cliniques supplémentaires sur 1.600 personnes, a-t-elle précisé.

Le deuxième vaccin est conçu au Centre de recherches sibérien Vektor et fait également l’objet d’essais cliniques qui doivent être achevés en septembre, avant une certification le même mois, selon Mme Golikova. De premières doses pourraient en être produites «en octobre 2020», a-t-elle ajouté.

200 millions de doses

Pour sa part, M. Poutine a soutenu qu’il y avait actuellement «beaucoup plus» de vaccins russes en cours de mise au point, mais a souligné que la certitude de leur efficacité devait être «absolue» avant de procéder aux vaccinations.

La Russie, au quatrième rang mondial pour le nombre des contaminations après les États-Unis, le Brésil et l’Inde, a proclamé dès avril sa volonté d’être parmi les premiers pays, voire le tout premier, à créer un vaccin contre le virus.

Avant la fin de l’année, la Russie espère produire avec ses partenaires 200 millions de doses d’un vaccin contre le coronavirus, si les essais cliniques sont réussis, a assuré la semaine dernière Kirill Dmitriev, le président du Fonds souverain russe qui finance la mise au point du vaccin au Centre Nikolaï Gamaleïa. À ce jour, ce pays a officiellement recensé 828.990 cas de coronavirus, dont 13.673 décès.

Par Le Figaro avec AFP