Posts Tagged ‘Russie’

Espionnage: quand un antivirus devient l’œil de Moscou

octobre 12, 2017

Après l’espionne Anna Chapman, les services de renseignement russes auraient recours à un antivirus pour surveiller leurs « collègues » américains / © AFP / EMMANUEL DUNAND

Après la séduction et les satellites, la Russie aurait ajouté un outil à son arsenal d’espionnage et l’oeil de Moscou serait désormais à l’intérieur même des ordinateurs américains grâce à l’antivirus très populaire Kaspersky.

– Un logiciel modifié

Le logiciel antivirus de la société informatique russe Kaspersky Lab, qui équipe quelque 400 millions d’ordinateurs dans le monde, scanne tous les documents contenus dans un ordinateur pour détecter et bloquer les programmes malveillants. Il aurait été modifié par les services de renseignement russes pour rechercher des documents spécifiques grâce à des mots-clés, comme « top secret », ou des noms de code des programmes de surveillance des Etats-Unis, selon les médias américains.

La société russe a affirmé qu’il n’y avait aucune preuve d’une éventuelle collusion avec les services de renseignement russes, disant se retrouver « au centre d’un conflit géopolitique » entre Washington et Moscou. Une enquête interne a été ouverte sur ces allégations. Mais selon des responsables américains interrogés par le Wall Street Journal, la modification du logiciel n’a pu se faire que si la société était au courant.

Son fondateur Eugene Kaspersky a reconnu qu' »une ou deux personnes » travaillant pour le gouvernement russe avaient pu infiltrer son entreprise, qui réalise 85% de ses ventes à l’export.

– L’espion sous surveillance

Selon le New York Times, les services secrets israéliens s’étaient introduits dans les réseaux de Kaspersky début 2014 pour surveiller les négociations nucléaires entre l’Iran et les grandes puissances. Ils ont découvert que les Russes s’étaient aux-mêmes introduits dans des systèmes informatiques grâce à l’antivirus. Les Israéliens ont prévenu leurs collègues américains de l’intrusion, et l’administration Trump a ordonné en septembre que les programmes Kaspersky soient désinstallés de tous les ordinateurs gouvernementaux.

C’est en utilisant cet antivirus comme un cheval de Troie que des pirates informatiques russes ont pu mettre la main sur des documents de la NSA –l’agence de surveillance électronique américaine– déjà victime du vol de nombreux documents par Edward Snowden en 2013. Selon le NYT, les Russes ont volé en 2015 des documents classifiés qu’un employé d’une société sous-traitante de la NSA avait déposés sur son ordinateur personnel.

Un responsable américain, sous le sceau de l’anonymat, a expliqué au WSJ que les Etats-Unis ont alors commencé à rassembler des éléments de preuves contre le logiciel. De faux documents estampillés « secret » étaient par exemple enregistrés sur un ordinateur sous surveillance. L’enquête aurait donc porté ses fruits puisque l’antivirus Kaspersky n’équipe plus les ordinateurs du gouvernement.

– Tensions diplomatiques

Les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie sont très tendues depuis plusieurs mois.

Le Congrès ainsi que le justice américaine enquêtent sur une possible ingérence russe dans la campagne électorale de l’an dernier, qui avait abouti à l’élection de Donald Trump. Ils cherchent notamment à savoir si les réseaux sociaux et moteurs de recherche ont pu servir de plateforme à de la manipulation politique et à identifier d’éventuels relais russes aux Etats-Unis, potentiellement au sein de l’équipe de campagne de Donald Trump. Le Kremlin a nié à plusieurs reprises avoir tenté de s’immiscer dans ce processus électoral.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont ordonné à la Russie de fermer son consulat à San Francisco et ses missions commerciales à Washington et New York, en riposte à la réduction de 755 diplomates et employés, russes ou américains en poste en Russie, ordonnée fin juillet par le président Vladimir Poutine. Cette mesure avait elle-même été prise en représailles à de nouvelles sanctions économiques de Washington dans le cadre du conflit ukrainien.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 18h35)                

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L’armée russe accuse les États-Unis de « faire semblant » face à l’EI

octobre 10, 2017

Moscou – L’armée russe, qui intervient en Syrie en appui des forces gouvernementales, a accusé mardi les Etats-Unis de « faire semblant » de combattre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) afin de « compliquer » l’avancée des troupes du régime.

Le Pentagone a sèchement démenti.

Selon le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, la coalition internationale menée par Washington a réduit ses opérations en Irak pour permettre aux combattants de l’EI de se replier dans l’est de la Syrie, où l’armée de Bachar al-Assad progresse dans la région de Deir Ezzor, la dernière aux mains des jihadistes.

« Tout le monde voit que la coalition menée par les Etats-Unis fait semblant de combattre l’Etat islamique, spécialement en Irak, mais continue de soi-disant combattre activement l’EI en Syrie », a-t-il déclaré dans un communiqué.

« Les actions du Pentagone et de la coalition méritent une explication. Est-ce que leur changement de priorité est un désir de compliquer autant que possible les opérations de l’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, pour la libération du territoire syrien à l’est de l’Euphrate », poursuit-il dans ce communiqué.

« Ou est-ce un moyen habile pour libérer l’Irak des terroristes de l’Etat islamique en les faisant aller sur la route des bombardements précis de l’aviation russe? »

Tout ceci est « absolument faux », a répliqué un porte-parole du Pentagone, le colonel Robert Manning. « Nous restons déterminés à tuer les djihadistes de l’EI, à les empêcher de trouver refuge dans la région ou de lancer des attaques localement ou dans le reste du monde ».

Il a aussi cherché à calmer le jeu avec Moscou. « La coalition et ses partenaires restent déterminés à faire respecter les zones de désescalade avec les responsables russes et appellent toutes les forces (engagées dans la zone, ndlr) à concentrer leurs efforts sur la lutte contre l’EI », a-t-il déclaré.

Les jihadistes, qui contrôlent toujours plus de la moitié de la province de Deir Ezzor, font face à deux offensives distinctes.

D’un côté, les forces du régime, présentes sur la rive ouest de l’Euphrate, ont conquis le nord-ouest de cette province, et progressent désormais en direction du sud-est avec le soutien de l’aviation de l’allié russe.

De l’autre, une coalition de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington progresse depuis le nord de la province, descendant en direction de la capitale provinciale du même nom, sans toutefois s’en approcher de près, selon l’OSDH.

Depuis le début de l’intervention militaire russe en Syrie en septembre 2015, Moscou a à plusieurs reprises accusé les Etats-Unis de soutenir l’EI ou la branche syrienne d’Al-Qaïda, l’ancien Front Al-Nosra et actuel Front Fateh al-Cham, et appelé Washington à « arrêter de faire des avances aux terroristes ».

Romandie.com avec(©AFP / 10 octobre 2017 18h45)                                            

Google a trouvé des contenus sponsorisés liés à la Russie

octobre 9, 2017

Logo Google le 28 décembre 2016 à Vertou (Loire-Atlantique) / © AFP/Archives / LOIC VENANCE

Comme Facebook et Twitter, Google a trouvé sur son réseau des contenus financés par des intérêts russes, alors que les autorités américaines enquêtent sur une possible ingérence de Moscou dans l’élection américaine de 2016, selon le Washington Post.

Le groupe américain « a découvert que des dizaines de milliers de dollars avaient été dépensés pour des contenus sponsorisés (+ads+) par des intérêts russes dans le but de faire de la désinformation (…) notamment sur (la plateforme vidéo) YouTube », ainsi que sur Google, Gmail et sa régie publicitaire DoubleClick, écrit le quotidien, citant des sources anonymes.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de Google s’est contenté d’indiquer que le groupe « avait une série de règles très strictes en matière de contenus sponsorisés, notamment des limites sur le ciblage de contenus politiques sponsorisés et l’interdiction de cibler des contenus selon la race et la religion ».

« Nous approfondissons nos investigations sur des tentatives de détournement de nos systèmes et travaillons avec des chercheurs et d’autres entreprises et apporterons de notre aide aux enquêtes en cours », a poursuivi Google.

Moyennant finance, certains contenus sur les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche peuvent être ciblés vers certains utilisateurs, selon leur profil, leur lieu géographique ou leurs historiques de recherche par exemple. Il peut s’agir de publicités classiques mais aussi de publications ou de pages sponsorisées.

Alors que Facebook et Twitter ont déjà indiqué avoir découvert des contenus financés par des intérêts russes, Google reste très discret sur le sujet, même si le groupe a lui aussi été invité par le Congrès à témoigner en audition publique le 1er novembre.

Facebook avait indiqué la semaine dernière travailler avec Twitter et Google sur ces sujets.

Le Congrès ainsi que la justice américaine enquêtent sur une possible ingérence russe dans la campagne électorale de l’an dernier, qui avait abouti à l’élection de Donald Trump, et cherchent notamment à savoir si les réseaux sociaux et moteurs de recherche ont pu servir de plateforme à de la manipulation politique.

Le Kremlin a nié à plusieurs reprises avoir tenté de s’immiscer dans ce processus électoral.

Romandie.com avec(©AFP / 09 octobre 2017 19h46)                

Russie: au moins 200 arrestations lors des manifestations le jour de son anniversaire

octobre 7, 2017

Plus de 200 partisans de l’opposant russe Alexeï Navalny, actuellement en prison, ont été arrêtés samedi lors de manifestations organisées à cinq mois de la présidentielle, dont plusieurs dizaines à Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine qui fêtait ses 65 ans.

La mobilisation, comme la réponse policière, a été dans l’ensemble nettement inférieure aux manifestations du printemps qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes, souvent très jeunes. Elle constitue cependant un défi direct au président russe – qui sauf énorme surprise devrait briguer un quatrième mandat au printemps prochain – le jour de son anniversaire, habituellement marqué par de nombreux éloges.

L’opposant de 41 ans avait appelé ses partisans à sortir dans la rue lundi après avoir été condamné à 20 jours de détention pour appel à des manifestations non autorisées, son troisième séjour en prison cette année.

Des rassemblements ont eu lieu dans 80 villes de l’Extrême Orient à la Baltique, dont Moscou, mais le plus important cortège a été organisé à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), deuxième ville du pays, avec 3.000 personnes selon une journaliste de l’AFP mais aussi des arrestations musclées.

Vers 17H00 GMT, le nombre d’interpellations confirmées était de 66 à Saint-Pétersbourg, portant leur nombre total en Russie à 235, a indiqué Artiom Platov, porte-parole de l’ONG OVD-Info. Des témoins interrogés sur place par l’AFP ont évoqué des interpellations musclées avec des personnes en sang.

« Poutine est un voleur! Liberté à Navalny! », scandaient les manifestants réunis sur la place de l’Insurrection, en plein centre de Saint-Pétersbourg, face aux forces spéciales déployées en nombre sur les lieux.

« Poutine ne me convient pas », a expliqué Igor Klimov, 20 ans. « Il a toujours été au pouvoir autant que je sois capable de me souvenir, et partout on ne voit que de la corruption ».

– Calme à Moscou –

Opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, 41 ans, a peu de chance de pouvoir se présenter contre Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 1999. La commission électorale centrale a prévenu en juin qu’une précédente condamnation de justice pour détournement de fonds le rendait inapte pour la présidentielle.

Connu pour ses enquêtes sur la corruption des élites russes, il a multiplié malgré tout ces dernières semaines les meetings dans de nombreuses villes russes et prévoyait avant son arrestation de rencontrer ses électeurs samedi à Saint-Pétersbourg.

A Moscou, un millier de personnes se sont réunies dans l’après-midi sous les averses dans le centre-ville. D’importantes mesures de sécurité avaient été déployées mais les forces antiémeutes n’ont pratiquement pas perturbé la marche des protestataires, contrastant avec la dernière manifestation de juin marquée par un millier d’interpellations dans la capitale et un recours aux matraques sans ménagement.

« Je ne veux pas d’un régime asiatique ou à la nord-coréenne », a déclaré à l’AFP une manifestante de Moscou, Maria Antonienko, une étudiante de 18 ans.

De son côté, Vladimir Poutine, actuellement dans la station balnéaire de Sotchi (sud), a présidé une réunion du conseil de sécurité russe à la mi-journée, selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le journal de la chaîne publique d’information Rossia-24 gardait samedi le silence sur les manifestations de l’opposition, mais consacrait un long sujet aux voeux adressés par des dirigeants étrangers et des créateurs ou restaurateurs étrangers inspirés par le président.

« Vladimir Poutine a rendu à la société le sentiment de l’amour et du respect de la patrie », a écrit Ramzan Kadyrov, le dirigeant de la Tchétchénie, république du Caucase russe, dans un message sur Instagram, ajoutant que la Russie serait « toujours un empire très puissant ».

Le gouverneur de la région de Tambov (environ 400 km au sud-est de Moscou), Alexandre Nikitine, a planté avec des responsables locaux 65 pommiers, comme « symbole de l’unité avec Vladimir Poutine ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 octobre 2017 19h40)                                            

Russie: un couple soupçonné de cannibalisme

septembre 25, 2017

Un policier à Moscou, le 8 juillet 2017 / © AFP/Archives / Maxim ZMEYEV

Un couple soupçonné d’avoir tué une femme, apparemment pour la manger, a été arrêté dans le sud de la Russie après avoir été confondu par des selfies avec des morceaux du corps démembré, ont annoncé lundi les autorités russes.

Début septembre dans la région de Krasnodar, un homme de 35 ans et son épouse se sont disputés avec une femme qu’ils venaient de rencontrer, selon un communiqué du Comité d’enquête, organisme chargé des principales affaires en Russie.

« L’homme a alors tué leur nouvelle connaissance et a démembré son corps, en cachant quelques fragments sur les lieux et en emportant d’autres avec lui », est-il précisé.

Il s’est également pris en photo avec son téléphone portable, en posant avec sa victime. Le portable avec ces photos a été découvert dans la rue trois jours plus tard par des ouvriers qui ont alerté la police, selon la même source.

Le couple a aussitôt été arrêté et des « fragments de corps placés dans une solution saline » ont été saisis lors d’une perquisition à leur domicile.

Des morceaux de nourriture et de viande « d’origine inconnue » ont par ailleurs été saisis dans leur cuisine, indique le communiqué.

Des expertises seront mises en place pour établir s’il s’agit de chair humaine ou de la viande d’origine animale, ajoute-t-il.

Selon des sources citées par certains médias russes, le couple se livrait au cannibalisme depuis des années et serait responsable de nombreux meurtres.

Romandie.com avec(©AFP / 25 septembre 2017 19h02)

Syrie: 45 rebelles tués par des frappes russes dans le nord-ouest (OSDH)

septembre 24, 2017

Une quarantaine de rebelles islamistes ont été tués par des frappes russes, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

Au moins 45 membres d’un groupe rebelle islamiste ont été tués par des frappes russes, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté dimanche l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les raisons pour lesquelles « Faylaq al-Cham » a été visé par ces raids aériens russes n’étaient pas claires dans l’immédiat, alors que ce groupe a participé aux derniers pourparlers de paix au Kazakhstan sous la supervision de Moscou.

Les frappes ont touché les QG de ce groupe dans la province d’Idleb, qui fait partie des quatre zones de désescalade créées en mai en vertu d’un accord entre Moscou, Téhéran –alliés du régime syrien– et la Turquie, soutien des rebelles.

L’OSDH a rapporté samedi un bilan de 37 rebelles tués, mais ce bilan s’est alourdi après la découverte de corps sous les décombres dans l’un des QG, aux abords du village de Tall Mardikh.

D’après un correspondant de l’AFP sur place, les frappes se sont abattues sur des grottes où se trouvaient des dizaines de rebelles. Leurs entrées n’étaient plus visibles en raison du grand nombre de gravats, selon la même source.

Faylaq al-Cham, qui compte des milliers de combattants et est considéré comme proche de la confrérie des Frères musulmans, est présent surtout dans la province d’Idleb et celle voisine d’Alep (nord).

Le groupe a combattu les jihadistes de l’ex-branche d’al-Qaïda en Syrie, qui dominent la majorité de la province d’Idleb et sont exclus des zones de désescalade.

Un responsable de Faylaq al-Cham a confirmé des frappes sur le village de Tall Mardikh, ainsi que la participation du groupe dans les derniers pourparlers à Astana.

« Notre participation à Astana ne signifie en aucun cas que la Russie est un pays ami et neutre », a déclaré à l’AFP Idriss Raed, responsable de relations extérieures du groupe. « Les bombardements russes ne sont pas surprenants puisque sa politique depuis son intervention en Syrie est basée sur le crime et le meurtre », a-t-il ajouté.

La Russie mène depuis 2015 une campagne militaire qui a permis à son allié, le président syrien Bachar al-Assad, de reprendre de larges pans de territoires aux rebelles et jihadistes.

Déclenché par la répression de manifestations prodémocratie et opposant initialement armée et rebelles syriens, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication d’autres protagonistes, d’acteurs régionaux et internationaux et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2017 16h21)                

L’armée russe expose ses forces aux portes de l’Otan

septembre 14, 2017

Le président russe Vladimir Poutine, le 5 septembre 2017 à Xiamen, en Chine / © POOL/AFP/Archives / WU HONG

La Russie a lancé jeudi aux portes de l’Union européenne de vastes manœuvres militaires conjointes avec le Bélarus, assurant qu’elles n’étaient dirigées « contre aucun pays » malgré les craintes de certains alliés de l’Otan.

Moscou s’efforce de rassurer sur ces exercices, nommés Zapad-2017 (« Ouest-2017 »), et qui doivent impliquer selon elle près de 12.700 soldats pendant une semaine près de la frontière avec la Lituanie et la Pologne, bien plus selon certains pays voisins qui crient à la provocation.

Dans le communiqué annonçant le début des manœuvres jeudi, le ministère de la Défense a souligné qu’elles présentaient « un caractère purement défensif et (n’étaient) dirigées contre aucun pays en particulier ».

L’armée russe organise tous les ans à cette période des exercices d’ampleur dans une région différente de Russie. Cette année, elles ont lieu au Bélarus, pays allié, dans l’enclave russe de Kaliningrad et dans plusieurs régions du nord-ouest de la Russie.

Autrement dit, près de la Pologne et des pays baltes qui, depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et l’éclatement du conflit dans l’est de l’Ukraine, ont été plus prompts à dénoncer Moscou comme une menace potentielle à leur souveraineté.

« Le scénario des exercices prouve que la Russie a l’intention de menacer et d’intimider. La concentration excessive de forces armées à nos frontières augmente également le risque d’incidents », a déclaré à l’AFP la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite.

Le ministre des Affaires étrangères letton, Edgars Rinkevics, a indiqué pour sa part ne pas y voir de « menace militaire directe » ou de « provocation », mais dit craindre des « tentatives de tester les défenses de l’Otan d’une manière non militaire, comme par exemple notre cyberdéfense ».

– Guerre des chiffres –

Certains pays, la Lituanie et l’Estonie en tête, doutent des chiffres avancés par l’état-major russe pour ses exercices militaires et évoquent plus de 100.000 soldats mobilisés du 14 au 20 septembre.

Selon le cabinet spécialisé dans les questions de défense IHS Jane’s, « les chiffres réels sont probablement plus élevés » que les chiffres officiels, car les manœuvres impliquent non seulement des militaires mais aussi des membres des services de renseignement, de la Garde nationale, des services de secours et autres, susceptibles de faire monter le nombre de personnes impliquées autour de « 80.000 à 100.000 ».

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a balayé les critiques jeudi, assurant que la Russie avait fait preuve « du niveau maximum de transparence possible » pour ces exercices, menés « en accord avec le droit international et les normes en vigueur ».

La Russie revendique son droit à mener des exercices militaires sur son territoire et dénonce en retour l’expansion de l’Otan à ses frontières, l’Alliance disposant désormais de plus de 4.000 soldats déployés dans les pays baltes et en Pologne.

Dans un entretien à l’agence russe Ria-Novosti publié jeudi, Jens Stoltenberg, s’est montré conciliant: « L’Otan ne veut pas d’une nouvelle Guerre froide, ni d’une nouvelle course aux armements », a assuré le secrétaire général de l’Alliance atlantique, promettant de « continuer à s’efforcer d’améliorer les relations avec la Russie ».

Alimentant le climat de tensions, les exercices russes se déroulent en outre au même moment que des exercices en Ukraine impliquant l’armée américaine — dont des soldats avaient déjà défilé en août pour la première fois à Kiev — et des manœuvres en Suède mobilisant près de 19.000 soldats et simulant une attaque fictive venue d’un « opposant plus grand et sophistiqué ».

Le scénario des manœuvres russes implique quant à lui de lutter contre des « groupes extrémistes » ayant infiltré le Bélarus et Kaliningrad depuis trois pays imaginaires mais aisément identifiable comme la Lituanie, la Lettonie et la Pologne.

« Tous les exercices russes travaillent sur le même scénario: le déploiement rapide de troupes », censé démontrer la détermination de l’armée à repousser l’ennemi mais sans envisager une attaque initiée par la Russie, explique l’expert militaire Alexandre Golts.

Au delà des exercices Zapad-2017, l’armée russe et l’Alliance s’accusent mutuellement régulièrement de surenchère et de manœuvres dangereuses entre leurs navires et leurs avions en Méditerranée et dans la Baltique.

Dès la fin 2014, le président russe Vladimir Poutine avait entériné une nouvelle doctrine militaire qui faisait figurer l’Otan comme menace fondamentale pour son pays.

Romandie.com avec(©AFP / 14 septembre 2017 15h24)                

Le fils aîné de Trump interrogé au Congrès sur la Russie, à l’abri des caméras

septembre 7, 2017

Washington – Le fils aîné du président américain, Donald Trump Jr., a été interrogé jeudi pendant environ cinq heures au Congrès, à huis clos, par une commission qui enquête sur les ingérences présumées de la Russie pendant la campagne présidentielle américaine.

Evitant les photographes grâce à des entrées interdites à la presse, le co-dirigeant de l’entreprise familiale est venu au Capitole pour répondre aux questions des enquêteurs de la commission judiciaire du Sénat, l’une de celles qui enquêtent sur la Russie. Plusieurs sénateurs sont également venus l’écouter, mais sans poser de question.

La raison principale de sa venue est sa rencontre, le 9 juin 2016 à la Trump Tower à New York, avec une avocate russe venue de Moscou et qui lui avait été présentée comme « avocate du gouvernement russe », Natalia Veselnitskaya.

Le fils Trump s’était déjà justifié, en juillet lorsque la rencontre a été révélée, en expliquant qu’il la croyait capable de fournir des renseignements compromettants sur Hillary Clinton.

Immédiatement, les détracteurs de M. Trump y avaient vu la preuve d’une tentative de collusion entre l’équipe de campagne du candidat et Moscou.

Mais Donald Jr. avait déclaré que Mme Veselnitskaya n’avait finalement pas d’information à donner. Elle-même avait nié être liée au Kremlin, qui a affirmé ne pas la connaître.

D’autres Russes, ainsi que le gendre et le directeur de campagne de M. Trump, avaient participé à la réunion.

Jeudi, le fils Trump a une nouvelle fois nié la moindre collusion. Il a expliqué, lors d’une déclaration liminaire obtenue par le New York Times, qu’il avait accepté l’entrevue avec l’avocate russe afin de vérifier si l’offre d’informations était sérieuse.

« S’ils avaient des informations relative à l’aptitude, la personnalité ou les compétences d’un candidat présidentiel, je croyais devoir au moins les écouter », a déclaré l’héritier aux enquêteurs parlementaires. « Selon les informations qu’ils auraient eu, j’aurais pu consulter mes avocats afin de décider de la suite à donner ».

« Finalement, mon scepticisme était justifié. La réunion n’a permis de produire aucune information de valeur et ne correspondait pas à ce qui avait été promis », a-t-il ajouté, selon le Times.

Cette réunion « est l’événement crucial », a souligné le sénateur démocrate Dick Durbin, qui est passé écouter l’interrogatoire.

Plusieurs commissions s’intéressent au premier cercle du président américain. Son gendre et conseiller, Jared Kushner, a été interrogé à huis clos en juillet.

Les élus veulent faire la lumière sur l’existence ou non d’une coordination entre des membres de l’équipe de campagne du républicain et la Russie, au détriment d’Hillary Clinton.

Ces enquêtes parlementaires sont distinctes de celles menées par le procureur spécial Robert Mueller.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2017 21h17)                                            

Manœuvres russes: l’Otan aux aguets pour jauger la démonstration de force

septembre 7, 2017

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, le 7 septembre 2017 à Tallinn, en Estonie / © AFP / RAIGO PAJULA

L’Otan prévient qu’elle va surveiller « de très près » les grandes manoeuvres russes prévues à sa frontière orientale dans une semaine, qui donnent des sueurs froides à certains pays de l’Est.

Depuis des mois, cette démonstration de force de l’armée russe répondant au nom de code Zapad-2017 (« Ouest-2017 ») fait l’objet de spéculations et de craintes chez les pays baltes et la Pologne, certains allant jusqu’à prédire qu’elle servira de couverture à une invasion.

« Nous sommes préoccupés par la nature et le manque de transparence de cet exercice », s’est inquiété mercredi le Premier ministre estonien Jüri Ratas en recevant le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, à Tapa (nord), sur une base militaire où s’entraînent des troupes de l’Alliance.

« Nous allons surveiller ces activités de très près. Nous sommes vigilants, mais également calmes car nous ne voyons pas de menace imminente contre un allié de l’Otan », a voulu rassurer le chef de l’Alliance.

M. Stoltenberg a rappelé qu’en raison de la crise ukrainienne et face à « une Russie plus assertive », l’Otan a renforcé sa présence militaire à l’Est comme jamais depuis la fin de la Guerre froide, déployant au printemps 4 bataillons à l’Est, soit plus de 4.000 soldats.

– Frappe nucléaire –

Quelque 12.700 militaires bélarusses et russes doivent participer à Zapad-2017 entre le 14 et le 20 septembre, selon Moscou, mais la Lituanie et l’Estonie affirment que l’exercice mobilisera en fait 100.000 soldats.

Selon les Occidentaux, en 2009 et 2013, les manoeuvres Zapad ont notamment simulé une invasion de la Pologne par des dizaines de milliers de soldats russes et une frappe nucléaire contre Varsovie.

En raison de ces précédents, « nous avons toutes les raisons de croire que le nombre de troupes sera substantiellement plus élevé que ce qui a été annoncé officiellement », avait estimé M. Stoltenberg en juillet.

L’Otan appelle depuis des mois Moscou à la « transparence » et demande que ses observateurs –trois d’entre eux ont été invités aux « journées visiteurs »– puissent assister aux phases cruciales de l’exercice, notamment aux briefings sur son scénario et sa progression, comme le prévoit le document de Vienne –cosigné par Moscou– pour des manoeuvres mobilisant plus de 13.000 soldats.

Car les Occidentaux ne croient en rien les Russes qui affirment que Zapad-2017 sera « purement défensif » et simulera la réponse de l’armée russe à des attaques « terroristes ».

Le chef d’état-major du Bélarus, Oleg Belokonev, a d’ailleurs assuré que l’exercice répondrait à une tentative de « déstabilisation » de la part d’une « coalition de pays à l’Ouest (…) là où se trouvent la Pologne, la Lituanie et la Lettonie ».

– Radars et drones –

Même s’ils ne veulent pas donner de détails, les Alliés ne resteront pas les bras croisés. « Des moyens seront évidemment mis en oeuvre par l’Otan pour voir ce qui se passe. C’est de bonne guerre », explique un diplomate sous couvert d’anonymat.

Ils disposent notamment de puissants radars de surveillance terrestre, montés sur des drones, « qui traquent en temps réel le mouvement de camions, tanks etc… » à une distance de 200, voire 300 km, ce qui permet ensuite à leurs « planificateurs militaires de faire une analyse déductive » sur le scénario de l’exercice, souligne Brooks Tigner, correspondant à Bruxelles de la publication de défense IHS Jane’s.

Sur la base de Tapa, « l’exercice (Zapad) ne changera pas l’entraînement » conjoint des troupes britanniques, françaises, danoises et estoniennes qui a démarré au printemps, explique le colonel français Olivier Waché: « On a les moyens de réagir (…) si maintenant il y avait vraiment une envie des Russes de franchir la frontière. Mais ce n’est pas du tout ce qui est envisagé ».

« Je ne pense pas que les Russes projettent de franchir la frontière avec l’Otan », insiste également M. Tigner, « ce serait une folie (…) car l’Otan répliquerait immédiatement ».

Le « vrai but » de ces manoeuvres, « c’est de montrer que la Russie dispose toujours des forces militaires considérables », et « qu’elle puisse dire: +Nous sommes toujours une superpuissance », selon l’expert.

« Il y a une vraie inquiétude des Alliés que ces exercices servent à réaffirmer une posture plus agressive, voire qu’ils servent à installer du matériel militaire russe encore plus près de certains pays de l’Otan », relève le diplomate.

« Combien de troupes, d’armes, la Russie laissera-t-elle au Bélarus ou dans l’enclave de Kaliningrad ? C’est la question qui rend tout le monde nerveux », abonde M. Tigner.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2017 14h23)                

Locaux diplomatiques russes aux USA: Moscou convoque le numéro 2 de l’ambassade américaine

septembre 2, 2017

Moscou – La Russie a convoqué samedi le numéro 2 de l’ambassade américaine à Moscou, accusant les Etats-Unis de vouloir perquisitionner les locaux de sa mission commerciale à Washington, dont la jouissance a été suspendue par la Maison Blanche.

« Nous avons convoqué le conseiller-ambassadeur de l’ambassade américaine à Moscou, Anthony Godfrey. Il lui a été remis une lettre de protestation en lien avec la volonté des autorités américaines de mener des perquisitions à la mission commerciale russe à Washington », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Nous perdons à partir d’aujourd’hui l’accès (à la mission commerciale de Washington), alors même que ce bâtiment est une propriété de l’Etat russe et bénéficie de l’immunité diplomatique », a poursuivi le ministère.

La diplomatie russe avait déjà accusé vendredi les Etats-Unis de menacer la sécurité de ses ressortissants en voulant perquisitionner son consulat de San Francisco et les appartements des employés qui vivent dans le bâtiment.

« Les services spéciaux américains ont l’intention de mener le 2 septembre une perquisition dans le consulat de San Francisco, y compris les appartements des employés qui vivent dans le bâtiment et bénéficient d’une immunité », avait déclaré dans un communiqué la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Selon la note de protestation remise à M. Godfrey, la Russie considère comme « illégitimes » les perquisition de ses bâtiments diplomatiques en l’absence de représentants officiels de l’Etat russe.

Ces perquisition et « la menace de casser la porte d’entrée », sont « un acte d’agression sans précédent, qui pourrait être utilisé par les services spéciaux américains pour organiser une provocation contre la Russie à l’aide d’objets compromettants qui y seraient placés » par ces mêmes services, selon la diplomatie russe.

« Les autorités américaines doivent cesser leurs violations grossières du droit international et renoncer à empiéter sur l’immunité des institutions diplomatiques russes », poursuit le communiqué.

Moscou « se réserve le droit de prendre des mesures de représailles sur la base de la réciprocité », selon la même source.

Washington a ordonné jeudi à la Russie de fermer avant samedi son consulat à San Francisco et ses missions commerciales à Washington et New York, disant répondre par « réciprocité » à la réduction imposée par Moscou du nombre d’employés et de diplomates de la représentation diplomatique américaine en Russie.

Romandie.com avec(©AFP / 02 septembre 2017 15h06)