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Mondial-2018: la fête est lancée, la Russie frappe d’entrée

juin 14, 2018

Des supporteurs célèbrent la victoire de l’équipe de football russe face à l’Arabie Saoudite à Moscou, le 14 juin 2018 / © AFP / Maxim ZMEYEV

La Russie n’aurait pu rêver mieux: une démonstration 5 à 0, contre une Arabie saoudite à côté de ses crampons, en match d’ouverture de « son » Mondial 2018, jeudi à Moscou, sous les yeux de Vladimir Poutine, soucieux de profiter de ce tournoi pour redorer l’image brouillée de son pays en Occident.

Mais il n’y a pas de bonne Coupe du monde sans polémique: la popstar Robbie Williams, chanteur de la courte cérémonie d’ouverture, a adressé un doigt d’honneur à une caméra, devenu viral sur les réseaux sociaux.

Tout avait débuté sur un ton plus policé et politique. « Je vous félicite pour le début du plus grand tournoi sportif du monde », a déclaré Vladimir Poutine, ouvrant ainsi officiellement le Mondial devant les 80.000 spectateurs au stade Loujniki. Le président russe, s’est montré magnanime au moment du premier but en serrant la main du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, dans une tribune officielle qui n’avait pas fait le plein des grands de ce monde.

L’opération séduction de la Russie avait commencé dans la matinée quand le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, annonçait sur Twitter: « Je suis de nouveau avec vous après un séjour de 30 jours en détention. Je suis terriblement heureux d’être en liberté ». La justice russe l’avait condamné pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine à un quatrième mandat présidentiel.

Le président russe Vladimir Poutine fait sa déclaration d’ouverture de la Coupe du monde, le 14 juin 2018 à Moscou / © SPUTNIK/AFP / Alexey DRUZHININ

Et le football? La Russie, qui n’avait pas gagné en 2018, est partie sur de bons rails avec des buts de Youri Gazinsky (12e minute), Denis Cheryshev (43e minute puis 90e+1), Artem Dzyuba (71e) et Alexander Golovin (90e+4). « Le chef de l’État vient de m’appeler pour me féliciter », a savouré le coach russe Stanislav Cherchesov.

« Finalement on n’est pas si mauvais! », ont exulté les supporters de la « Sbornaïa » au coup de sifflet final, dans la fan zone de Moscou.

Maintenant, place au premier choc que la planète foot attend: Portugal-Espagne, vendredi à Sotchi (20h00 françaises). Le casting est sublime avec Cristiano Ronaldo, quintuple Ballon d’Or, et le scénario dément: L’Espagne s’est séparée mercredi de son sélectionneur Julen Lopetegui qui a eu la mauvaise idée d’annoncer mardi son départ pour le Real Madrid après le tournoi…

Le milieu de terrain russe Yuri Gazinskiy (g) vient de marquer le premier but du Mondial russe, le 14 juin 2018 à Moscou / © AFP / Mladen ANTONOV

– La VAR déboule –

C’est Fernando Hierro, ancien défenseur emblématique de la Roja, qui prend les manettes d’une équipe considérée avant ce psychodrame comme un des favoris.

Qui d’autre peut prétendre encore soulever la Coupe du monde le 15 juillet ? Les noms qui reviennent dans la bouche des anciennes vedettes sont le Brésil, l’Allemagne ou encore la France avec sa collection de petits prodiges (Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Thomas Lemar, etc.)

L’attaquant égyptien Mohamed Salah pendant un entraînement à Ekaterinbourg le 14 juin 2018 / © AFP / Anne-Christine POUJOULAT

« Pour moi, je vois deux favoris: le Brésil et la France. En France vous avez de nombreux jeunes talents (…) Mbappé est par exemple un talent incroyable! (Au) Brésil ils ont Neymar », a ainsi confié à l’AFP Andreï Arshavin, qui avait mené la Russie en demi-finale de l’Euro-2008.

Tous les fans attendent les gestes venus d’ailleurs des Lionel Messi (Argentine), Luis Suarez (Uruguay) ou encore Eden Hazard (Belgique). Et prient pour que Mohamed Salah (Egypte), qui a crevé l’écran cette saison avec Liverpool, puisse jouer après avoir été blessé en finale de la Ligue des champions le 26 mai. Son sélectionneur Hector Cuper est « très optimiste » pour sa présence vendredi contre l’Uruguay.

Les spectateurs – et acteurs du jeu également – ont hâte de voir en action, pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde, l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Pour la Russie, l’enjeu est ailleurs. Pour s’assurer un Mondial sans couac, le pays a mis le paquet sur les infrastructures, déboursant au total 13 milliards de dollars.

Mondial-2018: la Russie écrase l’Arabie Saoudite 5-0 / © AFP / AFP PHOTO TEAM

– Hooliganisme, racisme… –

Mais les autorités russes ont aussi renforcé des mesures de sécurité qui étaient déjà parmi les plus élevées au monde. Premier objectif, lutter contre la menace terroriste alors que le pays est explicitement désigné comme cible par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), encore plus depuis son intervention armée en Syrie.

Puis, il y a la crainte du hooliganisme: à l’Euro-2016, des centaines de fans russes ont violemment attaqué les supporters anglais à Marseille. Les autorités ont depuis réagi avec fermeté et les supporters russes les plus violents, suivis de près par la police, ont été invités à se faire discrets. Beaucoup ont d’ailleurs assuré qu’ils feraient en sorte cet été de rester éloignés des onze villes hôtes de la compétition.

Reste un problème qui a ressurgi avec plus de virulence au cours des derniers mois: le racisme. Notamment dans les stades ou plusieurs joueurs noirs ont été victimes de cris de singe. Enfin, depuis 2010, quand la Russie avait obtenu l’organisation du Mondial-2018, le pays de Vladimir Poutine a été au centre de crispations et crises diplomatiques à répétition avec l’Occident.

Mais ces scandales n’ont pas empêché la tenue de la Coupe du monde: seules la Grande-Bretagne et l’Islande ont ainsi choisi de boycotter diplomatiquement, évitant à la Russie de revivre l’épisode traumatisant des JO-1980 de Moscou, snobés sportivement par plus de 50 pays à l’initiative des Etats-Unis. Rendez-vous le 15 juillet

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2018 22h39)

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Mondial-2018 en Russie, tant de rêves, tant de défis

juin 14, 2018

Le trophée de la coupe du monde exposé à Moscou le 13 juin 2018 / © AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

Neymar, Cristiano Ronaldo, Lionel Messi et Antoine Griezmann en rêvent. Quatre ans après le sacre de l’Allemagne au Brésil, la Coupe du monde est remise en jeu: Le Mondial-2018 débute ce jeudi, dans une Russie aux nombreux défis sécuritaires et à l’image brouillée en Occident.

L’affiche du coup d’envoi à Moscou, dans le stade Loujniki rénové, n’a rien de très alléchant avec Russie-Arabie saoudite, deux des équipes les moins cotées des 32 engagées (15h00 GMT). Mais vendredi, ce sera LE choc que la planète foot attend: Portugal-Espagne à Sotchi (18h00 GMT).

Le casting est sublime avec Cristiano Ronaldo, quintuple Ballon d’Or, et le scenario dément: l’Espagne s’est séparée mercredi de son sélectionneur Julen Lopetegui qui a eu la mauvaise idée d’annoncer son départ pour le Real Madrid après le tournoi…

L’attaquant brésilien Neymar au cours d’un entraînement avec l’équipe brésilienne à Sochi, le 13 juin 2018 / © AFP / NELSON ALMEIDA

C’est Fernando Hierro, ancien défenseur emblématique de la Roja, qui prend les manettes d’une équipe considérée avant ce psychodrame comme un des favoris. Qui peut prétendre encore soulever la Coupe du monde le 15 juillet ? Les noms qui reviennent dans la bouche des anciens vedettes sont le Brésil, l’Allemagne ou encore la France avec sa collection de petits prodiges (Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Thomas Lemar, etc.)

« Pour moi, je vois deux favoris: le Brésil et la France. En France vous avez de nombreux jeunes talents qui sont très bons, au point qu’il y en a même qui ne sont pas dans l’équipe. Mbappé est par exemple un talent incroyable! (Au) Brésil ils ont Neymar », a ainsi confié à l’AFP Andreï Arshavin, qui avait mené la Russie en demi-finale de l’Euro-2008.

Un arbitre assistant vidéo procède à des tests (VAR), à Moscou, le 9 juin 2018, en vue de son utilisation à la Coupe du monde / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

– La VAR déboule –

Tous les fans attendent les gestes venus d’ailleurs des Lionel Messi (Argentine), Luis Suarez (Uruguay) ou encore Eden Hazard (Belgique). Et prient pour que Mohamed Salah (Egypte), qui a crevé l’écran cette saison avec Liverpool, puisse jouer après avoir été blessé en finale de la Ligue des champions le 26 mai.

L’attaquant argentin Lionel Messi durant un entraînement de son équipe le 13 juin 2018 à Bronnitsy (Russie) / © AFP / JUAN MABROMATA

Les spectateurs – et acteurs du jeu également – ont hâte de voir en action, pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde, l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Réglera-t-elle toutes les contestations? Sans doute pas après tous les accrocs des tests in vivo en Allemagne et en Italie. Les discussions sans fin – penalty ou pas ? – ont encore de beaux jours…

Pour la Russie, l’enjeu est ailleurs. « Notre pays est prêt à organiser la Coupe du monde, à garantir à tous ceux qui viennent en Russie un confort maximal et les émotions les plus positives », a déclaré le président Vladimir Poutine mercredi, invité au 68e Congrès de la Fifa à la veille du coup d’envoi.

L’attaquant portugais Cristiano Ronaldo lors d’un entraînement à Kratovo, le 13 juin 2018 / © AFP / Francisco LEONG

Pour s’assurer un Mondial sans couac, le pays a mis le paquet sur les infrastructures, déboursant au total 13 milliards de dollars.

Mais les autorités russes ont aussi renforcé des mesures de sécurité qui étaient déjà parmi les plus élevées au monde. Premier objectif, lutter contre la menace terroriste alors que le pays est explicitement désigné comme cible par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), encore plus depuis son intervention armée en Syrie.

L’attaquant français Antoine Griezmann (C) lors d’un entraînement à Istra, en Russie, le 11 juin 2018 / © AFP / Franck FIFE

– Hooliganisme, racisme… –

Puis, il y a la crainte du hooliganisme: A l’Euro-2016, des centaines de fans russes ont violemment attaqué les supporters anglais à Marseille. Les autorités ont depuis réagi avec fermeté et les supporters russes les plus violents, suivis de près par la police, ont été invités à se faire discrets. Beaucoup ont d’ailleurs assuré qu’ils feraient en sorte cet été de rester éloignés des onze villes hôtes de la compétition.

Reste un problème qui a ressurgi avec plus de virulence au cours des derniers mois: le racisme. Notamment dans les stades ou plusieurs joueurs de couleur ont été victimes de cris de singe.

Les autorités, qui ont nommé un coordinateur chargé de la prévention contre le racisme l’an passé, assurent que le million de visiteurs du monde entier attendu au Mondial sera bien accueilli.

Enfin, depuis 2010, quand la Russie avait obtenu l’organisation du Mondial-2018, le pays de Vladimir Poutine a été au centre de crispations et crises diplomatiques à répétition avec l’Occident.

Mais ces scandales n’ont pas empêché la tenue de la Coupe du monde: seules la Grande-Bretagne et l’Islande ont ainsi choisi de boycotter diplomatiquement, évitant à la Russie de revivre l’épisode traumatisant des JO-1980 de Moscou, snobés sportivement par plus de 50 pays à l’initiative des Etats-Unis. La fête peut commencer.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2018 15h04)

Sommet Chine-Iran-Russie: XI prône « l’unité » face aux tensions avec les États-Unis

juin 9, 2018

Qingdao (Chine) – Le président chinois Xi Jinping a inauguré samedi sous le signe de « l’unité » un sommet réunissant en Chine les chefs d’État russe et iranien, sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les États-Unis et au moment où le G7 affiche les profondes divisions entre Washington et ses alliés.

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui outre la Chine et la Russie réunit l’Inde, le Pakistan et plusieurs pays d’Asie centrale, a entamé samedi soir son sommet annuel dans la ville côtière de Qingdao (est de la Chine).

D’importantes forces de sécurité quadrillaient cette cité portuaire connue pour ses collines de pins et villas de style allemand, dont commerçants et touristes avaient été évacués pour l’occasion de quartiers entiers.

M. Xi a vanté lors d’un banquet inaugural « l’unité et l’harmonie » confucéennes et « l’esprit de Shanghai », qui « se concentre sur la recherche d’un terrain d’entente commun » entre les membres de l’OCS, un bloc sécuritaire régional lancé en 2001.

Le président russe Vladimir Poutine, son homologue pakistanais Mamnoon Hussain ou encore le Premier ministre indien Narendra Modi -en dépit de la rivalité entre New Delhi et Islamabad- participaient à cette démonstration d' »unité ».

Par un saisissant contraste, elle démarrait alors que, de l’autre côté du Pacifique, les dirigeants des pays du G7 -qui n’est plus le G8 depuis que la Russie a été exclue du club en 2014- affichent leurs profondes divisions.

Réunis en sommet au Canada, ils tentaient samedi d’ultimes tractations pour réduire les fractures ouvertes par le président américain Donald Trump, notamment sur les taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium, ainsi que sur le nucléaire iranien.

– L’Iran, membre de l’OCS? –

Si Téhéran n’a qu’un statut d’observateur au sein de l’OCS, le président iranien Hassan Rohani est présent au sommet de Qingdao: une façon de jauger l’appui russe et chinois à l’accord de 2015. Ce texte, par lequel Téhéran acceptait de limiter ses activités nucléaires en échange d’un allègement des sanctions internationales, est sur la sellette après la décision de Donald Trump d’en retirer les Etats-Unis.

Sous la menace de nouvelles sanctions américaines contre les entreprises étrangères actives dans le pays, l’Iran cherche à s’assurer le soutien des autres signataires -Européens, Russie mais surtout la Chine, grande consommatrice de pétrole iranien- pour maintenir à flot son économie.

M. Rohani s’est entretenu samedi avec Vladimir Poutine: il a appelé à un « dialogue plus important et sérieux » entre Moscou et Téhéran après le « retrait illégal » de Washington, selon une retranscription diffusée par le Kremlin.

En retour, le président russe a exprimé son soutien pour que l’Iran devienne membre à part entière de l’Organisation de Shanghai.

« Les dirigeants (réunis à Qingdao) pourraient accorder un statut de membre à l’Iran pour témoigner leur attachement à l’accord nucléaire », observe Dawn Murphy, professeur de relations internationales à l’US Air War College.

« L’Iran ne peut pas attendre indéfiniment. Nous avons été un acteur fidèle à nos engagements et nous faisons face à une région extrêmement instable », a pour sa part affirmé à l’AFP la vice-présidente iranienne Masoumeh Ebtekar, vendredi en Lituanie.

– « Routes de la Soie » –

L’OCS compte actuellement quatre ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan) et deux nouveaux-venus: l’Inde et le Pakistan.

Leur sommet annuel intervient par ailleurs juste avant la rencontre historique, mardi à Singapour, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. Xi Jinping a rencontré M. Kim à deux reprises ces dernières semaines en Chine, alors que Pékin entend ne pas se laisser marginaliser par les pourparlers entre Washington et Pyongyang.

Officiellement cependant, la Chine devrait surtout pousser à Qingdao ses « Nouvelles routes de la soie », colossal projet d’infrastructures à travers l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Le géant asiatique reste sous la menace de tarifs douaniers américains punitifs, et Washington vient d’imposer à ses propres alliés des taxes sur l’aluminium et l’acier: autant de préludes d’une possible guerre commerciale planétaire, sur fond de pressions protectionnistes endémiques.

Dans ce contexte, les pays de l’OSC discuteront en priorité de coopérations commerciales et même d’une éventuelle zone de libre-échange, estime Mme Murphy.

Enfin, pour Moscou comme pour Pékin, l’Organisation de Shanghai -qui abordera également à Qingdao la lutte contre le terrorisme et le piratage informatique- peut être un outil pour contrecarrer l’influence des Etats-Unis et de l’Otan.

L’OCS ne fait plus profil bas, a déclaré Vladimir Poutine à la télévision chinoise CGTN: « Nous avons pris conscience que nous pouvions faire de grandes choses ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2018 15h25)                                                        

La Russie n’a pas l’intention de réintégrer un G8

juin 9, 2018

La Russie n’a pas l’intention de réintégrer un G8, étant satisfaite de travailler avec le format du G20, a indiqué samedi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, au lendemain d’un appel de Donald Trump en ce sens.

Selon M. Lavrov, dont les propos ont été diffusés à la télévision russe, Moscou n’a « jamais demandé à revenir » dans le G8, redevenu le G7 après la suspension de sa participation suite à l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.

« Au sein du G20, les ultimatums ne marchent pas et vous avez besoin de parvenir à des accords », a indiqué M. Lavrov, vantant le format du G20 comme « un mécanisme destiné à parvenir à un consensus ».

« Je pense que c’est le format le plus prometteur pour l’avenir », a-t-il poursuivi.

Avant la réunion annuelle du groupe de sept pays censé réunir les économies les plus puissantes, le président américain avait appelé à réintégrer la Russie. Cette proposition a immédiatement été rejetée par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

Les relations entre la Russie et les Occidentaux sont au plus bas sur fond de désaccords persistants sur l’Ukraine et la Syrie, des accusations d’ingérence et plus récemment l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en Angleterre.

Le président russe Vladimir Poutine a évoqué cette semaine, lors d’une visite en Autriche, la possibilité d’un sommet avec son homologue américain Donald Trump, qui pourrait se tenir à Vienne.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a néanmoins précisé qu’aucun accord n’était conclu et qu’il n’y avait pas de pourparlers concrets en cours.

Romandie.com avec (©AFP / 09 juin 2018 17h01)                                                        

Les prostituées russes à l’écart du Mondial 2018

juin 9, 2018

/ © AFP / Maxim ZMEYEV

Pour les prostituées russes, le Mondial-2018 de foot et son public très masculin a toute les apparences d’une aubaine. En réalité, nombre d’entre elles vont rester à l’écart de l’événement pour échapper à la forte pression policière attendue.

« La plupart des maisons closes sont en train de fermer, la police prévient que celles qui resteront ouvertes le feront à leurs propres risques », explique à l’AFP Irina Maslova, à la tête de Serebriannaïa Rosa, une association de défense des droits des prostituées.

Et au final, seules les maisons disposant de protections assez puissantes au sein de la police et des autorités –en échange d’une partie de leurs revenus– pourront exercer pendant la Coupe du Monde qui s’ouvre jeudi jusqu’au 15 juillet.

Vantées comme « les meilleures au monde » par le président russe Vladimir Poutine, les prostituées étaient nombreuses à arpenter les rues pendant les années 1990, marquées par une libéralisation des mœurs et l’appauvrissement de nombreux Russes suivant la chute de l’URSS.

Ces dernières années, les autorités ont progressivement durci le ton, forçant des travailleuses du sexe à entrer dans la clandestinité. Le secteur a également subi de plein fouet la crise financière de 2014, causant une baisse de la demande et des tarifs.

Selon Mme Maslova, « les autorités et quiconque associé avec elles seront plus dures avec les soi-disant contrevenants à la loi et éléments indésirables » pendant la Coupe du Monde.

La Russie, qui a investi des milliards dans cet événement, tient à garder une image propre et sans accrocs, estime-t-elle.

Macha, qui exerce dans un « salon » de Saint-Pétersbourg, l’une des villes-hôtes du Mondial, confirme que plusieurs maisons closes ont fermé leurs portes, probablement pour ne pas s’être mises d’accord sur le montant du pot-de-vin à verser à la police.

Lors des JO d’hiver de 2014, à Sotchi (sud), la police avait distribué des amendes plus sévères que d’habitude aux prostitués, la justice allant parfois jusqu’à leur donner des peines de prison le temps des Jeux.

En 2003, lors du 300e anniversaire de Saint-Pétersbourg, Irina Maslova avait été maintenue en isolement pendant 48 heures. D’autres femmes avaient été emmenées hors de la ville le temps des festivités.

« Pour éviter ce danger, pour protéger leur vie, leur santé, leur sécurité et parfois leur réputation, (les travailleurs du sexe) vont quitter la ville car être dans une ville où de gros événements ont lieu est tout simplement impossible », confie Mme Maslova.

– Leçons d’anglais –

Si la prostitution est illégale en Russie, les strip-clubs, eux, sont acceptés et se frottent les mains, se préparant à une hausse de leurs revenus après plusieurs années de vache maigre.

« Nous nous attendons à un gros afflux de clients, au moins deux ou trois fois plus que d’habitude », affirme à l’AFP Lucky Lee, propriétaire du club Golden Girls, dans le centre de Moscou.

Afin de pouvoir faire face à une clientèle étrangère, le club a offert des leçons d’anglais à ses employées. « Ce sont des leçons d’anglais banales, on discute de thèmes variés: comment réserver un hôtel, comment parler avec les clients », explique Melanie, une strip-teaseuse de 29 ans.

« Ce serait bien s’il y avait plus de travail pendant le championnat… chacun ressent » la crise, ajoute la jeune femme, qui travaille depuis six ans au Golden Girls.

Jusque là oscillant entre 4.200 et 8.500 euros, les salaires des danseuses plafonnent aujourd’hui entre 1.700 et 4.200 euros, explique Lucky Lee. Elle met en cause les sanctions imposées par les pays occidentaux après l’annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014, à l’origine notamment d’une chute de la monnaie russe.

– Une poupée « ce n’est pas tromper » –

En mai, Dmitri Alexandrov a ouvert à Moscou la première franchise de l’espagnol Lumidolls Sex Hotel. Les hommes y paient 5.000 roubles (70 euros) pour passer une heure en compagnie d’une poupée en silicone et aux seins disproportionnés.

Comme Lucky Lee et Melanie, il espère lui aussi une hausse du nombre de ses clients grâce à la Coupe du Monde.

« La plupart des supporters vont venir sans leur moitié », dit-il, avec à ses côtés Lolita et Alise, les deux modèles les plus populaires de son hôtel. « Le sexe avec des poupées, ce n’est pas tromper, dans la majorité des couples ».

En bon homme d’affaires, il a prévu de revêtir les poupées du maillot de l’équipe nationale du client, si celui-ci le demande.

Venue à l’inauguration du Lumidolls Sex Hotel, Irina Maslova s’est réjouie d’y voir inscrit la mention « Première maison close légale » en Russie.

« Cela permet de faire réfléchir les gens sur cette phrase », estime celle dont l’association lutte pour décriminaliser entièrement l’industrie du sexe dans le pays.

Romandie.com avec (©AFP / 09 juin 2018 16h03)                  

Trump critique le G7 et réclame le retour de la Russie

juin 8, 2018

Donald Trump a appelé vendredi le G7 à réintégrer la Russie, exclue du club en 2014, nouvelle pique du président américain avant sa première confrontation collective avec les dirigeants du G7 depuis qu’il leur a imposé de nouveaux tarifs douaniers.

« Ils ont expulsé la Russie, ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations », a-t-il dit, avant de quitter Washington vendredi matin. « Que ça vous plaise ou non, ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais nous avons un monde à connaître ». La Russie avait été exclue après l’annexion de la Crimée, après 16 ans d’appartenance au groupe.

Le dirigeant américain sera le dernier à arriver au sommet, à la Malbaie, pittoresque ville québécoise surplombant le Saint-Laurent, et le premier à en partir, samedi matin, signe de l’intérêt qu’il porte au club des sept économies les plus développées du monde, saint des saints de la coordination multilatérale.

Il s’est en réalité montré plus focalisé, ces dernières semaines, sur un autre sommet: celui prévu le 12 juin avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Singapour. Il s’y rendra directement depuis le Québec.

« Je partirai peut-être un peu plus tôt, ça dépend de ce qui se passe », a aussi lâché M. Trump.

Attendu de pied ferme à La Malbaie par les six autres dirigeants, il a annoncé qu’il n’entendait aucunement fléchir.

« L’Union européenne nous traite très mal, le Canada, très mal », a-t-il dit à Washington.

Sur Twitter, il a répliqué vertement au Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui avec le président français Emmanuel Macron, en visite au Canada depuis mercredi, a ouvertement critiqué le repli protectionniste de l’Américain.

« Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils imposent aux Etats-Unis des taxes massives et créent des barrières non-tarifaires », a-t-il tweeté.

« Quand tout sera remis à plat, nous serons de nouveau amoureux », a ironisé Donald Trump, qui ne verra que MM. Trudeau et Macron en tête-à-tête au cours de son séjour canadien.

– Front européen –

Justin Trudeau accueillera ses homologues à partir de 11H45 (15H45 GMT).

Mais les quatre Européens – Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte – ont décidé de se réunir juste avant le début, afin de présenter un front commun.

L’objectif, selon le président français, n’est plus de convaincre M. Trump de revenir sur ses taxes sur l’acier et l’aluminium.

« M. Trump met en application ses engagements de campagne, il y a un caractère prévisible », a dit Emmanuel Macron. Mais il entend persuader le dirigeant que « la guerre commerciale n’est bonne pour personne ».

« Je suis convaincu que l’Europe tiendra son unité et la tiendra dans la durée sur ces sujets », a-t-il affirmé.

Reste à savoir jusqu’où iront le Japon, qui tente par ailleurs de ne pas être marginalisé dans les négociations entre Washington et la Corée du Nord, ainsi que le nouveau gouvernement italien populiste et l’Allemagne, plus exposées aux représailles commerciales que d’autres Européens.

– Déclaration finale? –

Ottawa croit toujours possible d’élaborer un consensus sur trois thèmes: la pollution plastique des océans, l’éducation des filles, et la lutte contre les ingérences étrangères dans les processus démocratiques.

Mais c’est le commerce qui occupera véritablement les débats.

L’Union européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce, et préparé des droits de douanes contre des produits américains comme le bourbon, le beurre de cacahuète ou les motos.

Mais ces représailles ne sont pas encore entrées en vigueur, les Etats membres devant s’entendre sur la liste… or l’Allemagne pourrait préférer la prudence, craignant que Donald Trump ne surtaxe prochainement les automobiles étrangères.

Vendredi, après les habituels déjeuner de travail, photo de famille, séances de groupe et rencontres bilatérales, les sept dirigeants dîneront dans l’intimité d’un chalet québécois typique.

Une centaine de manifestants anti-capitalistes et anti-police ont tenté vendredi de bloquer une autoroute à la sortie de Québec avant l’intervention des forces de l’ordre. D’autres manifestations sont prévues à Québec, à 140 km de La Malbaie.

Samedi, le suspense diplomatique concernera la traditionnelle déclaration finale du sommet.

Au G7 en Italie, l’an dernier, la déclaration finale mentionnait pour la première fois l’exception américaine, en l’occurrence sur l’accord de Paris sur le climat. Depuis, au niveau ministériel, les Etats-Unis ont souvent refusé de signer un texte commun.

Si cette fois il n’y avait aucune déclaration commune, il est possible que Donald Trump s’en accommode parfaitement.

Romandie.com avec (©AFP / 08 juin 2018 15h57)                                                        

Macron appelle les entreprises françaises à investir davantage en Russie

mai 25, 2018

Saint-Pétersbourg – Emmanuel Macron a appelé vendredi à Saint-Petersbourg les entreprises françaises à investir davantage en Russie, où la France peut « faire mieux », notamment dans l’agroalimentaire, le spatial ou le numérique.

« Notre relation a beaucoup d’avenir (…) car l’Europe va de l’Atlantique à l’Oural », a déclaré le président français en participant avec son homologue Vladimir Poutine à une conférence économique franco-russe au Forum économique de Saint-Petersbourg, au second jour de sa visite en Russie.

« La France est notre partenaire ancien, traditionnel et fiable (…) Elle a toujours aspiré à défendre sa souveraineté, ce qui est un gage de stabilité dans la relation », a ajouté le président russe.

Se félicitant de la croissance des échanges bilatéraux – qui ont augmenté de 16,5% en 2017 à 15,5 milliards de dollars, il a cependant fait remarquer qu’ils étaient nettement inférieurs à ceux avec la Chine, le premier partenaire de Moscou, qui se sont élevés à 85 milliards de dollars et devraient atteindre 100 milliards prochainement.

Les échanges commerciaux franco-russes se sont relevés après avoir plongé à la suite de l’imposition des premières sanctions en 2014 en raison de la crise ukrainienne, auxquelles Moscou avait répondu par un embargo sur la plupart des produits alimentaires européens.

Les quelque 500 entreprises françaises présentes en Russie emploient près de 170.000 salariés, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie et des finances, « mais nous pouvons faire beaucoup mieux », a estimé M. Macron. Il « faut ouvrir de manière plus volontariste de nouvelles voies comme l’agroalimentaire, le spatial, les villes durables, les services énergétiques et le numérique », a-t-il ajouté, en appelant les startups et les PME à s’implanter en Russie.

Parmi la cinquantaine d’accords et de contrats signés au cours de la visite, le plus important est l’annonce par Total d’un investissement de 2,5 milliards de dollars pour la prise de 10% d’un nouveau projet géant de gaz naturel liquéfié dans l’Arctique russe de Novatek.

Romandie.com avec (©AFP / 25 mai 2018 12h13)                                                        

Russie: une première centrale nucléaire flottante pour alimenter

mai 19, 2018

La Russie présente le 19 mai 2018 la première centrale nucléaire flottante au monde lors d’une cérémonie pour son amarrage à Mourmansk, port du Grand nord / © AFP / Alexander NEMENOV

Des réacteurs sur l’eau pour éclairer l’Arctique: à Mourmansk, port du Grand nord, la Russie a présenté la première centrale nucléaire flottante au monde, censée alimenter des régions reculées mais dénoncée comme un « Tchernobyl sur glace » par ses détracteurs.

Bâti à Saint-Pétersbourg, l’Akademik Lomonossov s’est amarré dans le port de Mourmansk samedi, à environ 10 km au nord du centre-ville, dans l’estuaire, au son d’une fanfare, sous le soleil malgré les neuf degrés de température. Il doit y être chargé en combustible nucléaire avant de rejoindre sa destination finale, une région reculée de Sibérie orientale.

La centrale a été construite par le conglomérat public nucléaire russe Rosatom, dont le PDG Alexeï Likhatchev a salué « un nouveau record mondial » soulignant « l’incontestable role de leader de Rosatom et du secteur de l’énergie nucleaire russe dans le monde ».

« J’espère qu’aujourd’hui sera un jour symbolique pour l’Arctique », a-t-il affirmé, ajoutant que Rosatom « établit une tendance, une demande pour des centrales nucléaires de puissance moyenne, mobiles, pour de nombreuses décennies ».

Ce bloc flottant massif de 144 mètres de long et 30 de large, couleur marron et moutarde, comporte deux réacteurs d’une capacité de 35 MW chacun (contre plus de 1.000 MW pour les réacteurs de nouvelle génération), proches de ceux utilisés par les brise-glaces.

Dépourvue de moteur, cette barge de 21.000 tonnes sera remorquée à l’été 2019 jusqu’au port de Pevek, dans le district autonome de Tchoukotka, dans l’Extrême-Orient russe, à 350 km au nord du cercle arctique.

Bien que la population de cette petite ville ne dépasse pas 5.000 habitants, la centrale couvre la consommation de 200.000 personnes mais surtout de plateformes pétrolières, alors que l’exploitation des hydrocarbures se développe dans l’Arctique. Elle remplacera notamment une centrale nucléaire et une centrale de charbon obsolètes.

« L’idée, c’est que la centrale soit de faible puissance, mobile, et soit utilisée dans l’Arctique russe, où d’importantes capacités ne sont pas nécessaires » et la construction d’une centrale classique compliquée et coûteuse, explique à l’AFP Sergueï Kondratiev, de l’Institut de l’énergie et des finances à Moscou.

« Les solutions alternatives sont le charbon, le gaz, le diesel. Mais le diesel est très cher, et le gaz doit être livré sous forme de GNL », le gaz naturel liquéfié.

« Les centrales nucléaires flottantes vont permettre d’alimenter en électricité et en chaleur les régions les plus reculées, soutenant ainsi la croissance et le développement durable », soutient Vitali Troutnev, chargé de la construction et de l’exploitation des centrales nucléaires flottantes de Rosatom, qui affirme que près de 50.000 tonnes de CO2 pourront être économisées chaque année.

« Cette installation dispose des systèmes (…) de sécurité les plus modernes et devrait être l’une des installations nucléaires les plus sûres au monde », estime-t-il.

– 32 ans après Tchernobyl –

Des arguments balayés par Greenpeace, qui craint un « Titanic nucléaire » ou un « Tchernobyl sur glace » 32 ans après la catastrophe de 1986 et appelle les autorités à mettre en place une surveillance internationale.

« Toute centrale nucléaire produit des déchets nucléaires, les accidents sont possibles. Une centrale flottante sera particulièrement exposée aux phénomènes météorologiques et aux menaces telles que le terrorisme. Imaginez que la barge se détache des vaisseaux de remorquage, les conséquences peuvent être graves », avertit Rashid Alimov, du département de l’énergie de l’ONG.

« La barge va être chargée et testée près d’une ville de 300.000 habitants (Mourmansk), puis remorquée avec deux réacteurs remplis de combustible irradié le long de la route maritime du Nord. Son installation dans l’environnement rude de l’Arctique russe constituera une menace constante pour les habitants du Nord et la nature vierge de l’Arctique « , renchérit Jan Haverkamp, expert nucléaire de Greenpeace.

La barge devait initialement être chargée en combustible nucléaire à Saint-Pétersbourg puis traverser chargée les eaux proches de pays européens. Cela avait suscité les inquiétudes des ONG et des pays riverains, notamment scandinaves, et il a été décidé de ne la charger qu’à Mourmansk.

Sergueï Kondratiev tempère ces mises en garde: « Les exigences de sécurité sont les mêmes que pour les brise-glaces nucléaires, les sous-marins nucléaires, etc. Mais c’est un nouvel objet. Il peut y avoir des craintes au sein de la population. Mais au niveau technologique, il n’y a pas de risque supplémentaire par rapport aux centrales nucléaires ».

Selon ce spécialiste, Rosatom prévoit d’étendre son projet et, outre la Russie, pourrait fournir des centrales flottantes aux pays asiatiques et pour approvisionner les zones reculées: « Dans certains cas, une centrale nucléaire flottante est plus rentable que d’autres centrales électriques. (…) Elle a sa propre niche ».

Selon lui, la Chine construit également une centrale nucléaire flottante.

Romandie.com avec (©AFP / 19 mai 2018 18h37)                

Empoisonnement: l’ex-espion russe Sergueï Skripal est sorti de l’hôpital

mai 18, 2018

L’ex-agent russe Sergueï Skripal lors d’un procès à Moscou, le 9 août 2006 / © Kommersant Photo/AFP/Archives / Yuri SENATOROV

L’ex-espion russe Sergueï Skripal, empoisonné à l’agent innervant, est sorti de l’hôpital de Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre) où il était soigné depuis le 4 mars, a annoncé vendredi le service de santé public NHS England.

« C’est une nouvelle fantastique que Sergueï Skripal se sente assez bien pour quitter l’hôpital de Salisbury », a déclaré la directrice générale de l’hôpital Cara Charles-Barks, citée dans un communiqué. L’empoisonnement de M. Skripal et sa fille Ioulia a provoqué une grave crise diplomatique entre Londres, soutenue par ses alliés occidentaux, et Moscou, accusée d’être responsable de l’empoisonnement survenu début mars mais qui nie vigoureusement toute implication.

Cette crise s’est traduite par la plus importante vague d’expulsions croisées de diplomates de l’Histoire.

Sergueï Skripal et sa fille avaient été retrouvés inconscients, le 4 mars, sur un banc à Salisbury, où vit l’ex-espion de 66 ans. La police britannique estime que les Skripal sont entrés en contact avec le poison au domicile de Sergueï, où sa fille était venue lui rendre visite de Russie. Au total neuf sites, dont trois situés dans le centre-ville, ont dû être décontaminés.

Les patients, le personnel et les habitants de Salisbury ont « traversé des moments difficiles avec cet incident », a souligné Mme Charles-Barks, se réjouissant que les trois personnes contaminées aient pu toutes quitter l’hôpital.

Ioulia Skripal est sortie de l’hôpital le 11 avril tandis que le policier Nick Bailey, le premier à leur avoir porté secours, et qui avait également été victime de l’agent innervant, est sorti dès le 22 mars.

Ancien colonel du service de renseignement de l’armée russe, Sergueï Skripal avait été accusé de « haute trahison » pour avoir vendu des informations au renseignement britannique, et condamné en 2006 à 13 ans de prison. En 2010, il avait fait l’objet d’un échange de prisonniers entre Moscou, Londres et Washington, et s’était installé en Angleterre.

Londres accuse la Russie de les avoir empoisonnés avec un agent neurotoxique de conception soviétique appelé Novitchok, ce que Moscou a fermement démenti.

Le 12 avril, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé l’analyse britannique sur l’identité du poison utilisé, précisant que la substance chimique était d’une « grande pureté ».

Pour l’équipe médicale, soigner les trois victimes de l’empoisonnement a représenté un « défi énorme et sans précédent », a déclaré dans le communiqué du NHS England la directrice des soins infirmiers, Lorna Wilkinson. Le rétablissement de Sergueï Skripal se déroulera « désormais loin de l’hôpital », dans un lieu non précisé.

A sa sortie de l’hôpital, Ioulia Skripal avait décliné l’aide consulaire russe, selon la police britannique.

Selon les médias britanniques, elle avait été emmenée en lieu sûr par les autorités britanniques. Cela avait provoqué l’ire de l’ambassade russe, qui avait estimé sur Twitter qu’elle était « retenue en otage ».

« Dans l’intérêt de la sécurité de Sergueï et de Ioulia, nous ne parlerons d’aucun des dispositifs de protection ou de sécurité en place », indique Scotland Yard dans un communiqué diffusé vendredi. La police souligne par ailleurs qu’ « il s’agit d’une enquête complexe et les détectives continuent de rassembler toutes les preuves pour établir les faits et les circonstances de cette horrible attaque ».

Romandie.com avec(©AFP / 18 mai 2018 15h22)                

Russie: l’opposant Navalny condamné à 30 jours de prison pour une manifestation non-autorisée

mai 15, 2018

L’opposant russe Alexeï Navalny lors de son arrivée au tribunal de Moscou le 15 mai 2018 / © AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

Le principal opposant russe Alexeï Navalny a été condamné mardi à 30 jours de détention pour avoir organisé une manifestation non-autorisée et dispersée manu militari deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.

M. Navalny « est reconnu coupable en vertu de l’article 20.2 (sur l’organisation de manifestation non-autorisées) et condamné à 30 jours de rétention administrative », a indiqué le juge Dmitri Gordeïev, après environ cinq heures d’audience.

L’opposant, dont le procès a débuté le 8 mai avant d’être reporté d’une semaine, devait être en outre jugé mardi pour avoir « désobéi aux forces de l’ordre ».

Coutumier des procès, M. Navalny, 41 ans, a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.

Sous le mot d’ordre « Il n’est pas notre tsar », l’opposant avait appelé le 5 mai dernier ses partisans à sortir dans les rues et des milliers de personnes ont manifesté dans de nombreuses villes du pays.

Alexeï Navalny avait été interpellé à Moscou lors d’une manifestation émaillée de heurts entre ses partisans et des personnes en treillis qui scandaient des slogans pro-Kremlin. La police avait dispersé le rassemblement en employant la force.

Ce procès intervient huit jours après l’investiture de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie pour un quatrième mandat allant jusqu’en 2024, un quart de siècle après son arrivée au pouvoir.

La dernière interpellation d’Alexeï Navalny remonte à fin février, après une manifestation similaire en janvier, qui n’avait été sanctionnée par aucune condamnation.

En octobre, l’opposant avait été condamné à 20 jours de détention pour appels à des manifestations non autorisées.

Romandie.com avec (©AFP / 15 mai 2018 16h46)