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Centrafrique : nouvelle livraison d’armes russes à Bangui

août 17, 2019

Munitions saisies à Bria (centre-est), Centrafrique, le 11 février 2015 © Nations unies / Flickr 

Un accord de défense a été signé entre les deux pays en août 2018. Quatorze livraisons supplémentaires sont prévues dans les semaines à venir.

Après une première livraison en janvier, une deuxième cargaison d’armes légères et de munitions russes destinées à l’équipement des forces armées centrafricaines (FACA) est arrivée mercredi à Bangui.
Après de longues négociations, la Russie a obtenu mi-décembre le droit de donner un stock d’armement conséquent aux forces centrafricaines malgré un embargo sur les armes imposées depuis 2013.

La cargaison débarquée mercredi à l’aéroport international de Bangui M’poko constitue la première tranche d’une livraison annoncée le 21 mai par la présidence russe.

En tout, 14 chargements doivent être acheminés « au cours des prochaines semaines », a déclaré Viktor Tokmakov, premier conseiller de l’ambassade de Russie en Centrafrique.

Des militaires centrafricains et des soldats de la force de paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca) ont été déployés dans Bangui, la capitale centrafricaine, pour protéger les convois, a indiqué la Minusca.

Renforcer l’armée nationale

Les cargaisons acheminées comprennent des armes légères (pistolets, fusils d’assaut, de précision et mitrailleuses, mais également lance-roquettes RPGs et armes anti-aériennes) et des munitions.

Les matériels sont destinés à équiper huit bataillons (soit environ 2.700 hommes) des FACA, formés par des instructeurs russes au camp militaire de Bérengo, dans le sud-ouest du pays.

L’armée nationale doit à terme remplacer les soldats de la force de paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca) dans un pays où des groupes armés continuent de s’affronter.

Une première livraison d’armes russes avait été effectuée entre janvier et février, en vertu d’un accord de défense signé entre la Russie et la Centrafrique en août 2018.

Washington, Paris et Londres avaient demandé à leur partenaire russe des mesures renforcées de stockage de ces armes et de les identifier précisément avec des numéros de série, selon des sources diplomatiques.

Par Jeune Afrique avec AFP

La Russie reconnait le caractère nucléaire de l’explosion sur une base militaire

août 10, 2019

 

Après deux jours de silence, la Russie a reconnu samedi que l’explosion survenue jeudi sur une base de lancement de missiles dans le Grand Nord avait un caractère nucléaire, revoyant aussi à la hausse le bilan, désormais d’au moins cinq morts. Dans un communiqué, l’agence nucléaire russe Rosatom a annoncé que cinq membres de son personnel ont été tués dans cette explosion, ajoutant que trois autres personnes, victimes de brûlures, avaient été blessées.

Rosatom a précisé que ses personnels fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour «la source d’énergie isotopique» du moteur du missile, alors que l’armée n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire. Un communiqué de Rosatom cité par les médias russes a plus tard donné plus de détails sur le drame, précisant qu’il s’est déroulé sur une «plate-forme maritime» et que l’explosion a jeté plusieurs employés de Rosatom à la mer. «Les recherches ont continué tant qu’il restait de l’espoir de les retrouver vivants. Seulement après ça, nous avons fait état de la mort des cinq collaborateurs de Rosatom», a indiqué ce communiqué qui précise que les employés connaissait le «risque potentiel» qu’ils courraient.

«Brève hausse de la radioactivité» ?

Immédiatement après l’accident, le ministère de la Défense avait seulement indiqué que les faits s’étaient produits lors de l’essai d’un «moteur-fusée à ergols liquides» et fait état de deux «spécialistes morts des suites de leurs blessures» et six autres blessés. Il n’était pas clair samedi si les cinq morts évoqués par Rosatom incluaient aussi les «spécialistes» dont la mort a été annoncé par l’armée. Les autorités n’ont jusqu’à présent publié que peu de détails sur l’accident qui a touché une base du village de Nionoksa, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques.

Si l’armée russe et un porte-parole du gouverneur régional ont déclaré jeudi qu’il «n’y a pas eu de contamination radioactive», la mairie de Severodvinsk, ville de 190.000 habitants à une trentaine de kilomètres de la base, avait assuré sur son site internet que ses capteurs avaient «enregistré une brève hausse de la radioactivité». Le post a ensuite été retiré du site internet de la mairie, qui n’a pas non plus précisé jusqu’à quel niveau était montée la radioactivité. Un responsable local de la défense civile, Valentin Magomedov, a lui déclaré à l’agence de presse TASS que le niveau de radiation était monté jusqu’à 2.0 microsievert par heure pendant trente minutes, la limite règlementaire d’exposition étant de 0,6 microsievert par heure.

Samedi, Greenpeace Russie a publié une lettre de responsables d’un centre de recherche nucléaire donnant le même chiffre, mais affirmant que les radiations ont duré au moins une heure, sans que cela présente de risques pour la santé selon les responsables. Les habitants de Severodvinsk se sont en tout cas rués dès vendredi sur les stocks d’iode et d’iodifères vendus en pharmacie. Selon Rosatom, les blessés sont soignés dans «un centre médical spécialisé». Le pire accident nucléaire de l’histoire a eu lieu en 1986 en Union soviétique, dans la centrale ukrainienne de Tchernobyl, les autorités ayant été accusées d’avoir cherché plusieurs semaines à cacher l’ampleur du désastre.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Russie: le journaliste inculpé pour trafic de drogue est hospitalisé

juin 8, 2019

 

La police a annoncé ce samedi l’hospitalisation à Moscou du journaliste d’investigation russe Ivan Golounov, inculpé dans le cadre d’une affaire de trafic de drogue dont ses soutiens disent qu’elle a été montée de toutes pièces par les autorités.

La police moscovite a fait savoir dans un communiqué qu’Ivan Golounov, qui a été arrêté jeudi dans le centre de la capitale russe, officiellement en possession de près de quatre grammes d’une drogue de synthèse, avait été admis dans un hôpital après s’être «plaint de se sentir mal» pendant sa détention. «Après avoir été examiné par des auxiliaires médicaux, la décision a été prise d’envoyer le détenu dans un établissement médical pour une évaluation» de son état de santé, selon la même source.

Son avocat Pavel Tchikov avait auparavant écrit sur Telegram que les médecins soupçonnaient que son client de 36 ans souffrait de côtes cassées et de contusions. Le Conseil présidentiel russe pour les droits humains, qui conseille Vladimir Poutine, a diffusé vendredi soir une déclaration après que l’un de ses membres, Mme Eva Merkatcheva, eut rendu visite à Ivan Golounov en détention. «Il a dit qu’il n’avait pas dormi depuis 24 heures et qu’il se sentait mal. Il n’a pas mangé non plus», a souligné Mme Merkatcheva, ajoutant qu’il racontait avoir reçu deux coups de poing et que des policiers s’étaient tenus debout sur sa poitrine.

L’ONG Reporters sans frontières a averti que cette arrestation pourrait marquer «une escalade significative dans la persécution» des journalistes indépendants en Russie.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Russie: un journaliste d’investigation arrêté pour détention de drogue

juin 7, 2019

 

La police russe a annoncé ce vendredi avoir arrêté un journaliste d’investigation pour détention de drogue, une affaire que son employeur, le journal en ligne indépendant Meduza, dénonce comme montée de toutes pièces pour gêner ses enquêtes.

Ivan Golounov, 36 ans, a été interpellé jeudi dans le centre de Moscou en possession de près de 4 grammes de méphédrone, une drogue de synthèse, trouvés dans son sac à dos, a affirmé un porte-parole de la police. Selon la même source, les policiers ont ensuite trouvé lors d’une perquisition à son domicile d’autres sachets avec des stupéfiants et une balance. La branche locale du ministère de l’Intérieur a diffusé des photographies de ce qu’elle présente comme des appareils artisanaux servant à fabriquer de la drogue de synthèse.

Le journaliste est soupçonné de «trafic de drogue» et encourt jusqu’à 15 ans de prison. Ivan Golounov dément les accusations portées contre lui. Selon son avocat, Dmitri Djoulaï, son client a été frappé à deux reprises lors de sa détention par les policiers, qui ont longtemps refusé qu’il ait accès à sa défense. «De nombreux éléments laissent à penser que les drogues ont été placées à son insu», a indiqué Dmitri Djoulaï. «Nous sommes convaincus qu’Ivan Golounov est innocent. De plus, nous avons des raisons de croire que Golounov est poursuivi en raison de son activité journalistique», a indiqué dans un communiqué la direction de Meduza, ajoutant que le journaliste avait «reçu des menaces ces derniers mois» en raison d’une enquête sur laquelle il travaillait.

Ivan Golounov, que son média décrit comme «l’un des journalistes d’investigation les plus connus de Russie», a notamment publié des enquêtes sur les escroqueries menées par les entreprises de microcrédits, sur la crise des déchets à Moscou, sur le partage mafieux du business des cimetières et d’autres affaires de corruption et de détournement de fonds. «La réputation professionnelle d’Ivan Golounov est sans faille. C’est un journaliste méticuleux, honnête et impartial», a ajouté la direction de Meduza, média basé à Riga pour échapper au contrôle des autorités russes.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Poutine fait l’éloge du renseignement militaire russe, au coeur d’un scandale d’empoisonnement

novembre 2, 2018

Moscou – Vladimir Poutine a fait l’éloge vendredi du « professionnalisme » et du « courage » du renseignement militaire russe (GRU), participant à une cérémonie pour le centenaire de ce service au moment où il est notamment accusé de l’empoisonnement d’un ex-agent en Angleterre et de cyberattaques à travers le monde.

« Je connais vos – sans rien exagérer – capacités uniques, y compris dans le domaine des opérations spéciales », a déclaré M. Poutine s’adressant à l’assemblée lors de la cérémonie qui se tenait dans le Théâtre de l’armée russe à Moscou.

« Je suis convaincu de votre professionnalisme, de votre courage personnel et de votre résolution, convaincu que chacun de vous fera tout pour la Russie et notre peuple », a-t-il souligné.

Créée par les bolchéviques en 1918 et considérée comme une structure rivale du KGB pendant l’époque soviétique, la Direction générale des renseignements de l’état-major des forces armées (GRU, renommé officiellement GU en 2010) a la réputation d’être la plus puissante et la plus audacieuse agence d’espionnage russe, tout en étant peu connue du grand public.

Dans son discours, M. Poutine, qui est lui-même un ancien officier du KGB, a d’ailleurs proposé de rajouter de nouveau au nom du service la lettre « R » désignant « renseignement » et de rétablir ainsi le nom GRU.

Ces derniers mois plusieurs pays occidentaux ont accusé le GRU d’être impliqué dans des cyberattaques et piratages dans le monde entier, alors que Londres a mis en cause le service de renseignement militaire russe dans l’empoisonnement en mars en Angleterre d’un ex-agent double russe, Sergueï Skripal.

Les autorités britanniques ont émis des mandats d’arrêt contre deux agents présumés du GRU, soupçonnés d’avoir perpétré l’attaque au Novitchok, un puissant agent innervant, contre l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, en Angleterre.

Aux Etats-Unis, le GRU a notamment été accusé d’être à l’origine du piratage des ordinateurs du parti démocrate américain, prélude au scandale de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Dans cette affaire, 12 Russes présentés comme des agents du GRU ont été inculpés en juillet.

Ces accusations sont rejetées par la Russie.

Romandie.com avec(©AFP / 02 novembre 2018 15h48)                                                        

Russie: un adolescent se fait exploser dans une antenne régionale du FSB

octobre 31, 2018

Un pompier russe devant le bâtiment abritant l’antenne du FSB à Arkhangelsk le 31 octobre 2018 / © AFP / Michail SHISHOV

Un adolescent de 17 ans s’est fait exploser mercredi dans une antenne locale des services russes de sécurité (FSB) dans le nord du pays, blessant trois employés, selon les autorités qui ont ouvert une enquête pour « acte terroriste ».

Un message posté sur les réseaux sociaux annonçant l’explosion quelques minutes avant qu’elle n’ait lieu semblait mettre en cause la piste anarchiste pour cet acte, qui a eu lieu à 08H52 locales (05H52 GMT) dans l’entrée du bâtiment qui abrite l’antenne régionale du FSB, l’héritier du KGB soviétique, à Arkhanguelsk, une ville à un millier de kilomètres au nord de Moscou au bord de la mer Blanche.

« Selon les premières informations, la personne qui est entrée dans le bâtiment a sorti d’un sac un objet non identifié qui a explosé dans ses mains, lui causant des blessures mortelles », a précisé le Comité antiterroriste dans un communiqué.

« Trois employés du FSB ont reçu des blessures de divers degrés », a ajouté la même source.

« Un homme est en train d’être opéré », a déclaré à l’AFP un porte-parole du FSB de la région.

Patrouille de police dans une rue proche du siège du FSB à Arkhangelsk le 31 cotobre 2018 / © AFP / Michail SHISHOV

Le Comité d’enquête, organe dépendant du Kremlin et chargé des principales affaires, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « acte terroriste » ainsi que pour « détention illégale de munitions ».

– Piste anarchiste –

Il a identifié la personne décédée comme « un résident local de 17 ans, qui a introduit un engin explosif artisanal dans le bâtiment ».

Il s’agit d’un étudiant d’un établissement technique local, Mikhaïl Zlobitski, a affirmé à l’AFP un responsable des forces de l’ordre locales, sous couvert de l’anonymat.

Explosion en Russie / © AFP / Selim CHTAYTI

Le Comité a publié sur son compte Twitter une photo tirée des images de vidéosurveillance montrant un jeune homme aux cheveux courts, en manteau noir, dans le hall d’entrée d’un bâtiment, la main dans son sac à dos.

« La personne décédée a été identifiée. Des investigations sont actuellement en cours pour établir toutes les circonstances de ce crime. Des témoins sont interrogés, des expertises ont été ordonnées », a ajouté le Comité d’enquête.

Les attaques contre la police ou les services de sécurité sont rares en Russie, sauf dans le Caucase du Nord, région majoritairement musulmane où les autorités font face à des rebelles islamistes.

Quelques minutes avant l’explosion, un message publié sur le compte Telegram d’un groupe anarchiste a prévenu que le siège de l’antenne régionale du FSB serait bientôt la cible d’une « attaque terroriste ».

Russie: un adolescent se fait exploser dans un bâtiment du FSB / © AFP / Michail Shishov

L’auteur du message, qui s’est présenté comme Valérian Panov, a précisé en revendiquer la responsabilité.

« J’ai décidé de le faire parce que le FSB est devenu fou. Ils inventent des affaires et torturent les gens », a-t-il expliqué en estimant qu’il serait « très probablement tué dans l’explosion ».

« Je vous souhaite un avenir radieux de communisme anarchiste », a-t-il ajouté.

Des anarchistes russes ont dans le passé perpétré des attaques visant les autorités en mettant le feu sur des voitures de police ou lançant des cocktails Molotov sur les locaux du parti au pouvoir Russie Unie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué aux journalistes que le président russe Vladimir Poutine avait été informé de cette attaque, sans faire plus de commentaires.

« Nous prenons des mesures pour renforcer la sécurité des civils et des bâtiments publics dans la région d’Arkhanguelsk », a assuré le gouverneur de la région, Igor Orlov.

Romandie.com avec(©AFP / (31 octobre 2018 13h34)

Le second suspect de l’affaire Skripal est un médecin du renseignement militaire russe (Bellingcat)

octobre 8, 2018

Londres – Le second suspect de la tentative d’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en mars à Salisbury (Angleterre) est un médecin du service de renseignement militaire russe (GRU), a annoncé lundi le site d’investigation bellingcat.com.

« Nous avons identifié ‘Alexandre »Petrov’ comme étant Alexandre Yevgenïevich Michkin, un médecin militaire employé par le GRU », précise le site Bellingcat, basé à Leicester (centre de l’Angleterre).

Le site explique s’être appuyé sur « de multiples sources », dont des « témoignages de personnes familières » avec l’individu, ainsi que des copies de documents d’identité, notamment de son passeport, dont il présente une photo.

Selon Bellingcat, Alexandre Yevgenïevich Michkin est né le 13 juillet 1979 à Loyga, en Russie. Il a étudié la médecine dans une académie militaire, avant de suivre un entrainement de médecin au sein de la marine russe.

Recruté durant ses études par le GRU, il a ensuite pu disposer d’une carte d’identité et d’un passeport au nom d’Alexandre Petrov.

C’est ce nom qui avait été communiqué par la police britannique lorsqu’elle avait présenté les conclusions de son enquête sur les deux hommes suspectés d’avoir tenté d’empoisonner, le 4 mars à Salisbury, l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia au Novitchok, un agent innervant développé par les militaires soviétiques. La police avait alors souligné que le nom utilisé était sans doute un pseudonyme.

Le 26 septembre, le site avait déjà révélé l’identité de l’autre suspect, présenté par la police britannique comme étant Ruslan Boshirov. « Le suspect est en fait le colonel Anatoli Tchepiga, un officier du GRU décoré de hautes distinctions », avait affirmé Bellingcat.

Le président russe Vladimir Poutine avait le 12 septembre déclaré savoir qui étaient les deux hommes mis en cause par Londres. Il avait assuré qu’ils étaient des « civils » n’ayant rien fait de « criminel ».

Les deux hommes avaient ensuite été interviewés par la télévision publique russe RT, affirmant s’être rendus en touristes à Salisbury, ville du sud-ouest de l’Angleterre où vivait l’ex-agent double empoisonné. Ils avaient démenti être des agents du GRU.

Romandieec(©AFP / 08 octobre 2018 19h36)                                                        

Russie: à Moscou, des fosses communes staliniennes identifiées grâce à la Luftwaffe

octobre 8, 2018

Une stèle à la mémoire des personnes exécutées pendant les répressions staliniennes, le 28 septembre 2018 à Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou / © AFP / Andrei BORODULIN

Une équipe d’historiens et d’archéologues s’est servie d’une photo aérienne de l’armée allemande datant de la Seconde Guerre mondiale pour identifier le lieu d’inhumation de milliers de personnes exécutées à Moscou pendant les répressions staliniennes.

L’existence de fosses communes dans le quartier de Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou, était connue depuis l’ouverture temporaire des archives du KGB, dans les derniers jours de l’URSS, mais il n’y avait pas d’informations précises sur l’emplacement des corps.

L’endroit était l’un des trois de ce type à Moscou utilisé pour faire disparaître les corps par le NKVD, les services secrets soviétiques, lors de la terreur stalinienne des années 1930.

Selon les historiens, 6.609 personnes ont été exécutées et inhumées dans les fosses communes de Kommunarka entre 1937 et 1941. Elles se trouvent dans une zone forestière fermée ayant appartenu un temps à Guenrikh Iagoda, le chef du NKVD, qui y possédait une maison de repos. Iagoda a été limogé en 1936, puis exécuté en 1938. Ironie de l’Histoire, il est probable que son corps repose à Kommunarka.

« Avant, il n’y avait rien ici (à Kommunarka), les gens venaient y cueillir des champignons », affirme Roman Romanov, le directeur du musée de l’histoire du goulag à Moscou. Selon M. Romanov, qui a codirigé les fouilles, la zone de Kommunarka a été moins étudiée que les fosses communes de plus grande envergure situées dans le quartier moscovite de Boutovo.

– « Tout le gouvernement mongol est ici » –

L’inauguration programmée d’un mémorial à Kommunarka a toutefois poussé les historiens à vouloir identifier plus précisément l’emplacement des tombes.

Des portraits de personnes disparues pendant les répressions staliniennes accrochées à des arbres, le 28 septembre 2018 à Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou / © AFP / Andrei BORODULIN

« Des volontaires ont dégagé la zone et un radar géologique nous accompagnaient pour détecter des anomalies dans le sol », détaille M. Romanov.

Mais c’est une photo aérienne prise par un pilote de l’Allemagne nazie survolant la zone en 1942, quand les tombes étaient « fraîches », qui s’est révélée déterminante dans le succès des fouilles.

En examinant la taille des arbres visibles sur la photo, les historiens sont arrivés à la conclusion que certains d’entre eux avaient été plantés sur les fosses communes, une tactique souvent utilisée par le NKVD pour cacher ses crimes.

La prochaine étape de l’enquête, selon M. Romanov, est d’identifier les victimes présentes dans chaque fosse. « Dans une petite fosse, il peut y avoir trente personnes, dans une autre, 100 personnes. Nous voulons savoir où est enterrée chaque personne », affirme l’historien.

Selon Ian Ratchinski, un membre de longue date de l’ONG Memorial, qui rassemble des informations sur les crimes staliniens, environ 30.000 personnes ont été exécutées à Moscou entre 1937 et 1938.

Pendant la Perestroïka, à la fin des années 1980, le KGB avait accepté temporairement d’envoyer des informations sur ces crimes aux journalistes et à Memorial. Les fiches individuelles du NKVD précisaient parfois le lieu d’exécution des victimes, dans le district de Boutovo ou au cimetière de Donskoï à Moscou. D’autres ne donnaient pas plus d’informations que « dans une fosse commune ».

Vue aérienne d’une zone forestière, le 28 septembre 2018 à Kommunarka, au sud-ouest de Moscou / © AFP / Andrei BORODULIN

« On pense que les personnes pour qui le lieu d’exécution n’est pas précisé se trouvent à Kommunarka », affirme M. Ratchinksi.

« Pratiquement tout le gouvernement mongol est ici », poursuit-il. A l’époque, la Mongolie, qui était un satellite de l’Union soviétique, a également subi la répression aveugle de Staline.

Beaucoup de hauts responsables venant des États baltes y ont également été exécutés après l’annexion de la Lituanie, de l’Estonie et de la Lettonie par l’URSS en 1940.

– Accès aux archives –

Selon M. Ratchinski, plus de 1.000 personnes supposées avoir été enterrées à Kommunarka n’ont toujours pas été identifiées car les services secrets russes ont désormais suspendu l’accès à leurs archives.

« Ils ont soudainement arrêté de nous envoyer des documents », déplore M. Ratchinski, qui accuse les autorités de ne pas s’intéresser aux crimes staliniens.

Une croix dans une zone forestier de Kommunarka, dans le sud-ouest de Moscou, le 28 septembre 2018 / © AFP / Andrei BORODULIN

« L’État est responsable de ce qu’il s’est passé ici », affirme pour sa part l’historien Sergueï Bondarenko, dont l’arrière-grand-père a été fusillé à Kommunarka. Selon lui, seul un responsable de « rang moyen » se rendra à l’inauguration du nouveau mémorial en octobre.

« Je pense que le président devrait venir car c’est l’une des plus grandes fosses communes de Moscou », avance-t-il.

Pour le directeur du musée du goulag, M. Romanov, le tableau est moins sombre. Il souligne que le président Vladimir Poutine s’était rendu l’année dernière au mémorial des victimes de la répression stalinienne, dans le centre de Moscou.

D’après l’historien, d’autres régions de Russie doivent suivre le « précédent positif » de Kommunarka et définir les « frontières exactes » des fosses communes staliniennes.

L’objectif est d’identifier un jour les tombes de toutes les victimes.

« Cela peut paraître utopique, mais c’est nécessaire ».

S’occuper des victimes staliniennes n’est pas sans risque, notamment en province.

L’historien Iouri Dmitriev, qui a passé des années à mettre au jour des charniers contenant les dépouilles de victimes de la répression stalinienne en Carélie (nord), est accusé d’agression sexuelle, une affaire montée de toutes pièces selon des militants des droits de l’homme et de nombreuse personnalités russes.

Romandie.com avec(©AFP / (08 octobre 2018 11h40)

Tempête russo-ukrainienne sur la mer d’Azov

septembre 26, 2018

Un employé marche dans le port ukrainien de Marioupol le 14 août 2018 / © AFP / Aleksey FILIPPOV

Dominant une mer étincelante sous le soleil de plomb, les grues du port ukrainien de Marioupol restent immobiles: son activité se trouve en grande partie paralysée en raison de ce que Kiev dénonce comme un blocus russe de la mer d’Azov.

Cette petite mer se trouve dans une zone sous haute tension, entre la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014 et l’est de l’Ukraine, théâtre d’une guerre avec les séparatistes prorusses.

Une nouvelle crise s’amplifie, Kiev et les Occidentaux accusant la Russie d' »entraver » délibérément la navigation des navires commerciaux via le détroit de Kertch, seule voie maritime vers la mer d’Azov.

« Je n’ai rien vu de pareil depuis que j’ai commencé à travailler ici » il y a 23 ans, soupire Serguiï Kostyrko, un docker, montrant le principal quai de Marioupol, vide. « Les cargos sont devenus trop rares dans notre port ».

L’Ukraine critique une tentative de Moscou d’étouffer ses ports, cruciaux pour les exportations de sa production métallurgique, voire de préparer une offensive contre Marioupol, dernière grande ville sous contrôle de Kiev dans l’est.

Moscou cherche à « bloquer les ports ukrainiens de la mer d’Azov, faire monter la tension et – on ne peut pas l’exclure – lancer une offensive militaire sur Marioupol », a lancé en juillet le président Petro Porochenko.

– Quais vides –

Fin août, Washington a dénoncé un « harcèlement du transport international » affectant des « centaines de navires commerciaux ». Début septembre, la représentation de l’UE en Ukraine a elle aussi accusé Moscou d' »entraver et retarder le passage » des cargos.

L’Ukraine critique une tentative de Moscou d’étouffer ses ports, cruciaux pour les exportations de sa production métallurgique / © AFP / Aleksey FILIPPOV

Moscou renvoie la responsabilité à Kiev, sa porte-parole Maria Zakharova assurant que « les contrôles effectués par la Russie visent exclusivement à assurer sa sécurité »: « Nous avons vu en pratique ce dont sont capables les éléments radicaux ukrainiens ».

Les difficultés sont apparues avec la construction par Moscou d’un très controversé pont de 19 kilomètres dans le détroit de Kertch reliant la Crimée annexée à la Russie.

L’installation de ses arches en 2017 a d’ores et déjà « coupé la voie à une partie des navires, trop grands pour passer en-dessous », a déclaré à l’AFP Oleksandre Oliïnyk, directeur du port de Marioupol.

Cette année, les garde-frontière russes ont commencé à retenir des bateaux, officiellement pour des contrôles.

« Les contrôles prennent trois ou quatre heures, mais l’attente peut prendre cinq jours » contre « un maximum de dix heures » auparavant, déplore M. Oliïnyk.

Et ces retards infligent des pertes importantes aux armateurs et aux ports, qui perdent leurs clients. Chaque jour d’attente d’un cargo coûte « de 5.000 à 15.000 dollars » à ses propriétaires, dit M. Oliïnyk. « Un jour, les armateurs finiront par nous dire: basta, cela ne nous intéresse plus! »

Sur les sept premiers mois de l’année, les recettes des ports de Marioupol et Berdiansk ont chuté presque d’un quart par rapport à la même période en 2017, selon des médias.

Carte de l’Ukraine avec les zones contrôlées par les séparatistes et de la Crimée annexée par la Russie / © AFP / Jochen GEBAUER, Jonathan JACOBSEN

– Présence militaire –

La tension monte y compris sur le plan militaire dans les eaux peu profondes de la mer d’Azov qui baignent le sud du Donbass, région ukrainienne où le conflit armé avec les séparatistes prorusse a fait plus de 10.000 morts en quatre ans.

Kiev et l’Occident accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes, ce qu’elle dément, malgré de nombreuses preuves du contraire.

Rien qu’en mai, Moscou a transféré cinq de ses navires militaires de la Caspienne vers la mer d’Azov, se « donnant une nouvelle capacité d’attaque », selon une publication du centre d’analyse Jamestown Foundation le même mois.

En juillet, Kiev a affirmé qu’une quarantaine de vedettes de combat russes se trouvaient déjà en mer d’Azov.

« La présence de forces armées russes est devenue provocatrice et agressive », a déclaré récemment à Kiev l’envoyé spécial américain Kurt Volker.

En réponse, l’Ukraine a transporté par terre en septembre deux navettes blindées d’artillerie dans le port de Berdiansk et, selon son ambassadeur aux Etats-Unis, négocie avec Washington l’obtention de deux embarcations de patrouille de classe Island.

Dimanche, deux navires ukrainiens sont entrés dans la mer d’Azov par le détroit de Kerch vers Berdiansk, port censé devenir, selon le président Porochenko, « une nouvelle base des forces navales ukrainiennes ».

Romandie.com avec(©AFP / (26 septembre 2018 12h19)

La Russie va livrer des systèmes antiaériens S-300 à l’armée syrienne sous deux semaines

septembre 24, 2018

Moscou – La Russie a annoncé lundi son intention de renforcer la défense antiaérienne de l’armée syrienne avec ses batteries S-300, à la suite de la destruction par erreur d’un avion russe après des frappes israéliennes, ainsi que de brouiller certaines communications sur la Méditerranée.

« Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats », a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou lors d’une déclaration diffusée à la télévision.

« Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée face à la situation », a-t-il averti.

Lundi dernier, la défense anti-aérienne syrienne a visé par erreur un Illiouchine-20 au-dessus de la Méditerranée, tuant les 15 militaires qui se trouvaient à bord. Au même moment, des missiles israéliens ciblaient des dépôts de munitions dans la province syrienne de Lattaquié (nord-ouest).

Moscou avait fait porter la responsabilité à l’armée israélienne et menacé de mesures de rétorsion, le président Vladimir Poutine expliquant qu’il s’agirait de renforcer les défenses de l’armée russe déployée en Syrie.

« Les forces armées syriennes seront fournies d’ici deux semaines en systèmes modernes S-300. Ils sont capables d’intercepter des appareils sur une distance de plus de 250 kilomètres et peuvent frapper en même temps plusieurs cibles dans les airs », a indiqué Sergueï Choïgou lundi.

La Russie et la Syrie ont signé en 2010 un accord pour la livraison de S-300, mais Damas n’a toujours pas pris possession de ce matériel en raison de l’opposition d’Israël, a expliqué M. Choïgou, ajoutant que « la situation a changé » vu les événements des derniers jours.

Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous, des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeinim (ouest).

Par ailleurs, « la navigation par satellite, les radars de bord et les systèmes de communication de l’aviation militaire attaquant des cibles sur le territoire syrien seront supprimées dans les zones adjacentes à la Syrie en mer Méditerranée », a indiqué Sergueï Choïgou.

Moscou accuse Israël d’être responsable de la destruction de son avion, affirmant que l’armée israélienne l’avait prévenue seulement une minute avant les frappes et que les avions israéliens s’étaient servi de l’Il-20 comme « boucliers » contre les missiles syriens.

L’armée israélienne a nié la version russe, répondant dimanche dans un communiqué que ses avions ne « s’étaient pas cachés derrière un quelconque appareil et que les appareils israéliens se trouvaient dans l’espace (aérien) israélien au moment où l’avion russe a été abattu ».

L’armée russe intervient en Syrie depuis septembre 2015 en soutien au régime de Bachar al-Assad, ce qui lui a permis de reprendre le contrôle d’une grande partie du territoire.

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2018 10h05)