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Mali : le Premier ministre Choguel Maïga accuse la France d’« abandon »

septembre 26, 2021
Fer de lance de l’opposition au Conseil national de transition, Choguel Kokalla Maïga a été nommé Premier ministre le 7 juin.

Le Premier ministre malien a accusé samedi 25 septembre la France d’un « abandon en plein vol » avec sa décision de retrait de la force Barkhane. La Russie a confirmé que Bamako avait approché « des sociétés privées russes ».

« La nouvelle situation née de la fin de Barkhane, plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome avec d’autres partenaires », a affirmé Choguel Kokalla Maïga à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Il s’agit de « combler le vide que ne manquera pas de créer la fermeture de certaines emprises de Barkhane dans le nord du Mali », a précisé le Premier ministre, déplorant un « manque de concertation » et une annonce « unilatérale » sans coordination tripartite avec l’ONU et le gouvernement malien.

Dans un contexte de menace jihadiste accrue, « l’opération française Barkhane annonce subitement son retrait en vue, dit-on, d’une transformation en coalition internationale dont tous les contours ne sont pas encore connus« , a aussi dit Choguel Kokalla Maïga. Et d’ajouter : « en tout cas, pas de mon pays, pas de notre peuple ». « L’annonce unilatérale du retrait de Barkhane et sa transformation n’ont pas tenu compte du lien tripartite qui nous lie », l’ONU, le Mali et la France. « Le Mali regrette que le principe de consultation et de concertation, qui doit être la règle entre partenaires privilégiés, n’ait pas été observé en amont de la décision », a poursuivi le Premier ministre malien.

Choguel Kokalla Maïga a réclamé qu’au vu de l’évolution à venir, la mission de paix Minusma de l’ONU et ses 15 000 Casques bleus aient « une posture plus offensive sur le terrain ». Il a enfin assuré qu’il n’y avait « pas de sentiment anti-Minusma au Mali, pas plus qu’un sentiment antifrançais ».

Contacts confirmés avec Wagner

Lors d’une conférence de presse à l’ONU peu avant, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait confirmé que Bamako avait approché « des sociétés privées russes », assurant que cette démarche ne concernait en rien le gouvernement de la Fédération de Russie.

LES TERRORISTES CONTINUENT DE RÉGNER », A AJOUTÉ SERGUEÏ LAVROV, CAUSTIQUE À L’ÉGARD DE BARKHANE

La France et l’Union européenne se sont inquiétées de ces contacts entre le Mali et la Russie au cours d’échanges à New York. « Les autorités maliennes se sont tournées vers une société militaire privée russe parce que, si je comprends bien, la France veut réduire significativement ses forces militaires qui devaient combattre les terroristes à Kidal », a avancé le ministre russe. Les Français « n’y sont pas arrivés et les terroristes continuent de régner dans cette région », a-t-il ajouté, caustique à l’égard de Barkhane.

« Tout cela se fait sur une base légitime », entre un « gouvernement légitime, reconnu par tous » et des entités qui « fournissent des services à travers des spécialistes étrangers », a-t-il fait valoir. « Nous n’avons rien à voir avec cela », a encore assuré Sergueï Lavrov. La Russie dément systématiquement que des sociétés paramilitaires privées russes lui soient subordonnées.

Inquiétudes

Treize pays européens, impliqués pour certains dans la coalition de forces spéciales « Takuba » au Mali, ont jugé inacceptable une éventuelle implication du groupe Wagner dans ce pays. La France, l’Allemagne et l’Estonie sont allées plus loin, avertissant qu’elles réexamineraient leur présence militaire au Mali si un accord était conclu.

« DIRE “J’ÉTAIS LÀ EN PREMIER, DÉGAGEZ !”, C’EST INSULTANT

Outre l’ONU, l’Union européenne (UE), qui assure la formation de soldats maliens par l’intermédiaire de sa mission EUTM Mali, composée de 700 soldats de 25 pays européens, a averti qu’une implication de cette société russe affecterait « sérieusement » ses relations avec Bamako.

« Dire “j’étais là en premier, dégagez !”, c’est insultant, en premier lieu pour le gouvernement à Bamako qui a invité des partenaires étrangers », a rétorqué Sergueï Lavrov.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali: À qui confier ma sécurité territoriale entre la France et la Russie ?

septembre 16, 2021

La France s’oppose aux négociations entre les autorités maliennes et une société du groupe Wagner en vue d’un déploiement de mercenaires russes au Mali. D’après la France, elles pourraient bouleverser toute la stratégie de lutte contre le jihadisme au Sahel.

La France subit les retombées de sa politique étrangère catastrophique, celle qui consiste à soutenir des dictateurs qui martyrisent les Africains tout en détruisant l’avenir de ces jeunes.

La nouvelle génération qui est arrivée aux affaires, essentiellement composée des jeunes ( génération consciente) se désolidarise de l’ancienne puissance coloniale pour prendre leur destin en main.

Avec Brazzanews Image JA

Russie: Vladimir Poutine en isolement en raison de cas de COVID dans son cercle restreint

septembre 14, 2021

MOSCOU — Le président russe Vladimir Poutine s’est placé en isolement en raison de cas de COVID-19 dans son entourage, a déclaré mardi le Kremlin, ajoutant qu’il avait été testé négatif à la COVID-19.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’annonce a été faite dans un résumé par le Kremlin de l’appel téléphonique de M. Poutine avec le président du Tadjikistan. M. Poutine a été entièrement vacciné avec le vaccin russe contre la COVID-19, le Spoutnik V, recevant sa deuxième dose en avril.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a déclaré aux journalistes que Vladimir Poutine était «absolument en bonne santé», mais qu’il s’isolerait après avoir été en contact avec une personne qui a contracté le virus. Il n’a pas précisé pendant combien de temps M. Poutine resterait en isolement, mais a assuré que le président continuerait de travailler comme d’habitude.

Lorsqu’il s’est fait demander si Vladimir Poutine avait été testé négatif à la COVID-19, M. Peskov a répondu «certainement, oui».

M. Peskov n’a pas révélé qui parmi les contacts de M. Poutine était infecté, indiquant seulement qu’il y avait plusieurs cas.

Lundi, le président russe a assisté à plusieurs événements publics. Il a salué les paralympiens russes, assisté à des exercices militaires menés en coordination avec la Biélorussie et a rencontré le président syrien Bachar el-Assad.

Lors de la réunion avec les paralympiens, M. Poutine a mentionné qu’il «devrait peut-être bientôt être mis en quarantaine».

«Même dans mon entourage, des problèmes surviennent avec cette COVID, a déclaré le dirigeant russe cité par l’agence de presse d’État RIA Novosti. Nous devons examiner ce qui se passe réellement là-bas. Je pense que je devrai peut-être bientôt me mettre en quarantaine moi-même. Beaucoup de gens autour de (moi) sont malades.»

Lorsque M. Peskov s’est fait demander pourquoi M. Poutine avait organisé des événements publics lundi, même s’il savait déjà qu’il y avait des cas de COVID-19 dans son entourage, le porte-parole a répondu que la décision de se placer en isolement avait été prise après que «les médecins aient terminé leurs tests, leurs procédures». M. Peskov a assuré que «la santé de personne n’était en danger» lors des événements de lundi.

Les nouvelles infections quotidiennes à la COVID-19 en Russie ces dernières semaines ont plafonné autour de 17 000 à 18 000, le nombre de morts par jour restant légèrement inférieur à 800, le niveau le plus élevé de la pandémie. Néanmoins, pratiquement aucune mesure sanitaire n’est actuellement en vigueur en Russie.

Le groupe de travail de l’État russe sur le coronavirus a enregistré un total de 7,1 millions de cas confirmés de COVID-19 et 194 249 décès. Cependant, les rapports du service statistique du gouvernement Rosstat qui comptabilisent les décès liés à la COVID-19 révèlent rétroactivement des chiffres beaucoup plus élevés.

Avec Daria Litvinova, The Associated Press

Mort d’un ministre russe lors d’un exercice d’entraînement dans l’Arctique, selon la presse

septembre 8, 2021

MORT D'UN MINISTRE RUSSE LORS D'UN EXERCICE D'ENTRAÎNEMENT DANS L'ARCTIQUE, SELON LA PRESSE

© Reuters/SPUTNIK 

MOSCOU (Reuters) – Le ministre russe des Situations d’urgence, Evgueni Zinitchev, est mort durant un exercice d’entraînement dans l’Arctique, a rapporté mercredi l’agence de presse RIA en citant le ministère.

« Zinitchev est mort tragiquement dans l’exercice de ses fonctions officielles, pendant des exercices interdépartementaux de simulation de prévention des crises dans l’Arctique, en sauvant la vie de quelqu’un », selon RIA, qui cite le ministère des Situations d’urgence.

Âgé de 55 ans, chargé du portefeuille des Situations d’urgence depuis 2018, Evgueni Zinitchev était en visite dans la région pour superviser des exercices de grande ampleur.

Selon un communiqué diffusé plus tôt dans la journée de mercredi par son ministère, il s’est notamment rendu sur le site de construction d’une nouvelle caserne de pompiers à Norilsk, dans le nord de la Russie et a également rendu visite à une équipe de sauveteurs dans la région.

Ancien numéro deux du FSB, les services de sécurité intérieurs russes, Evgueni Zinitchev a également assuré un intérim au poste de gouverneur régional de Kaliningrad.

Il aurait également fait partie de la sécurité rapprochée du président Vladimir Poutine.

Avec Reuters (Reportage Anton Kolodyazhnyy et Gabrielle Tétrault-Farber, rédigé par Alexander Marrow et Tom Balmforth; version française Myriam Rivet, édité par Jean-Michel Bélot)

Affaire Navalny : les États-Unis comptent encore sanctionner la Russie

juin 20, 2021

Le conseiller de Joe Biden à la sécurité nationale a annoncé ce dimanche que les États-Unis « préparaient » de nouvelles sanctions contre Moscou.

Alexei Navalny est incarcere en Russie depuis le mois de janvier.
Alexeï Navalny est incarcéré en Russie depuis le mois de janvier.© VASILY MAXIMOV / AFP

Les échanges constructifs et apaisés (tout du moins en apparence) entre Joe Biden et Vladimir Poutine semblent déjà bien loin. Le 16 juin, les deux chefs d’État n’ont que très peu évoqué le cas de l’opposant au Kremlin Alexeï Navalny. Mais les États-Unis, toujours soucieux de son état de santé et de son avenir, ont annoncé dimanche « préparer » de nouvelles sanctions contre Moscou, qu’ils accusent d’avoir empoisonné Alexeï Navalny, a annoncé Jake Sullivan, conseiller de Joe Biden à la sécurité nationale.

« Nous sommes en train de préparer une autre série de sanctions à appliquer dans cette situation », a-t-il indiqué à la chaîne américaine CNN, quatre jours après le sommet à Genève entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine.

Biden a mis Poutine en garde

Alexeï Navalny, à la tête de la principale formation d’opposition à Poutine, avait été transféré dans le coma dans un hôpital de Berlin en août 2020 après un empoisonnement en Russie qu’il impute au Kremlin. Il est resté près de six mois en convalescence en Allemagne et a été arrêté à son retour en Russie en janvier. Il est depuis incarcéré et Washington exige sa libération. « Nous avons déjà sanctionné la Russie pour l’empoisonnement d’Alexeï Navalny », a assuré Jake Sullivan dimanche. « Nous ne l’avons pas fait seuls, nous avons rallié nos alliés dans un effort collectif pour (sanctionner) l’utilisation d’un agent chimique contre un de leurs citoyens sur le sol russe. »

Le 2 mars, quelques jours après l’incarcération d’Alexeï Navalny dans une colonie pénitentiaire à l’est de Moscou, Washington avait sanctionné sept hauts responsables russes. Il s’agissait des premières sanctions prises à l’encontre de la Russie par Joe Biden depuis son arrivée à la Maison-Blanche fin janvier.

Juste avant le sommet russo-américain à Genève le 16 juin, le président Joe Biden avait aussi lancé un avertissement au sujet de l’opposant. La mort de Navalny « ne ferait que détériorer les relations avec le reste du monde. Et avec moi », avait-il dit. Lors de leur rencontre mercredi, Joe Biden et Vladimir Poutine ont affiché leur volonté d’apaiser les tensions, tout en restant avares d’annonces concrètes. Sur le sort de l’opposant Alexeï Navalny, Vladimir Poutine a simplement déclaré : « Cet homme savait qu’il violait la loi en vigueur en Russie. »

Par Le Point avec AFP

France-Russie : Paris dénonce la « captation de pouvoir » de Moscou en Centrafrique

juin 18, 2021
Faustin Archange Touadéra et Vladimir Efimovich Titorenko, l’ambassadeur russe à Bangui, le 30 mars 2021 lors de l’investiture duy président centrafricain pour un second mandat.

La Russie a procédé à une « captation de pouvoir » en Centrafrique via les mercenaires de la force Wagner, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie française, estimant en revanche improbable une telle menace au Sahel. 

« En République centrafricaine, par les mercenaires russes, il y a une forme de captation de pouvoir, et en particulier de pouvoir militaire, ce que nous combattons et ce qui nous amené à prendre des mesures de retrait d’un certain nombre de nos personnels militaires », a lancé Jean-Yves Le Drian sur la chaîne BFM TV.

La France a gelé son aide budgétaire à la Centrafrique et suspendu sa coopération militaire avec cet Etat d’Afrique centrale, qu’elle juge « complice » d’une campagne antifrançaise téléguidée par la Russie. « En République centrafricaine, les milices sont là, elles encadrent le président [Faustin Archange] Touadéra et elles se servent sur la bête dans les richesses du pays », a accusé le ministre français des Affaires étrangères.

Une campagne antifrançaise au Sahel

Pour autant, le même phénomène n’est pas perceptible au Sahel, selon Paris. « Je ne crois pas que ce soit un danger », a estimé Jean-Yves Le Drian, ajoutant ne pas déceler, « pour l’instant », une « grande pénétration » russe.

Les inquiétudes concernent notamment le colonel Assimi Goïta, chef de file de la junte à l’origine d’un double putsch ces derniers mois au Mali et formé en Russie. « C’est pas parce qu’il a été formé, que certains ont été formés à Moscou qu’ils sont aujourd’hui alignés sur Moscou », a répliqué le chef de la diplomatie française.

La France dénonce en revanche une campagne antifrançaise au Sahel, notamment sur les réseaux sociaux, alimentée en partie selon elle par des groupes se réclamant de la Russie. « Ce qui est certain (…) c’est que les pays membres du G5 Sahel en particulier, ce qu’on appelle aussi la Cedeao, sont extrêmement vigilants sur leur volonté de souveraineté et sur les précautions qu’ils prennent à l’égard de tiers », a poursuivi le ministre. Au Sahel, à la différence de la Centrafrique, « il n’y a pas de diamants, pas de ressources naturelles sur lesquelles on peut financer l’effort de guerre », relève également une source diplomatique.

Par Jeune Afrique avec AFP

Russie: Un variant agressif du coronavirus sévit à Moscou, dit le maire

juin 17, 2021

RUSSIE: UN VARIANT AGRESSIF DU CORONAVIRUS SÉVIT À MOSCOU, DIT LE MAIRE© Reuters/RUSSIAN EMERGENCIES MINISTRY 

MOSCOU (Reuters) – Moscou fait face à un variant du coronavirus plus agressif et plus contagieux, a déclaré jeudi le maire de la capitale russe, où la situation sanitaire, a-t-il ajouté, se dégrade rapidement.

Dimanche dernier, 7.704 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés à Moscou, soit un pic quotidien depuis le 24 décembre dernier, et le nombre de nouveaux cas est resté élevé durant la semaine.

Le maire Sergueï Sobianine a dit s’attendre à ce que le seuil des 9.000 nouvelles infections soit franchi vendredi, ce qui serait un record pour Moscou depuis le début de l’épidémie.

Jusqu’à début juin, le nombre quotidien de nouveaux cas dans la métropole était globalement resté sous les 3.000 pendant plusieurs mois.

« Une nouvelle mutation est arrivée, une nouvelle souche est active. Elle est plus agressive, il est plus dur d’en guérir, elle se propage plus rapidement », a-t-il détaillé lors d’une réunion avec des propriétaires de restaurants moscovites, selon des propos rapportés par l’agence de presse RIA.

Dans des commentaires distincts effectués lors d’une réunion gouvernementale retransmise à la télévision, Sergueï Sobianine a déclaré que la ville mettait rapidement à disposition un nombre accru de lits d’hôpital en vue d’un éventuel afflux de patients atteints du COVID-19. Il y a pour le moment suffisamment de lits disponibles, a ajouté le maire de Moscou.

Sergueï Sobianine n’a pas précisé le variant auquel il faisait référence. Il n’a pas annoncé de nouvelles restrictions sanitaires mais n’a pas exclu d’en imposer à court terme.

Par Tom Balmforth et Andrey avec (Andrey Ostroukh et Anton Zverev; version française Jean Terzian)

Joe Biden et Vladmir Poutine arrivent au sommet avec des objectifs divergents

juin 16, 2021

GENÈVE, Suisse — Le président américain ne prendra pas la défense de Moscou face à ses propres agences de renseignement. On ne parlera pas de «remettre à zéro» les relations avec la Russie. Et on doute fortement que quiconque regardera Vladimir Poutine dans les yeux pour lire son âme.

© Fournis par La Presse Canadienne

Mais au-delà de ça, on ne sait pas vraiment ce qui se produira mercredi à Genève quand le président américain Joe Biden rencontrera son homologue russe Vladimir Poutine pour la première fois depuis son élection. Les deux camps admettent que leurs relations vont très mal, et ni un ni l’autre n’entretient de grands espoirs d’entente. Chaque homme arrivera quand même à la table avec ses propres objectifs.

Voici ce que chaque président espère accomplir à Genève.

CE QUE VEUT JOE BIDEN

M. Biden et son entourage ont clairement indiqué qu’ils ne suivront pas l’exemple de ses prédécesseurs en essayant de redéfinir radicalement les liens entre les États-Unis et la Russie. L’objectif de la Maison-Blanche est plus modeste, mais tout aussi important: aller en direction d’une relation plus prévisible et tenter d’endiguer les comportements anarchiques de la Russie.

Le premier voyage outre-mer de M. Biden a été soigneusement orchestré pour qu’il rencontre M. Poutine seulement après avoir rencontré ses alliés européens et les leaders de démocraties puissantes pendant plusieurs jours. Il a notamment participé à un sommet de l’OTAN, l’alliance créée il y a des dizaines d’années pour faire échec à l’agressivité russe. M. Biden espérait projeter une image d’unité et de coopération renouvelée après quatre années tumultueuses sous Donald Trump, qui essayait souvent d’amadouer le président russe. 

M. Biden incitera M. Poutine à cesser d’interférer avec les élections démocratiques, à améliorer ses relations avec l’Ukraine et à ne plus protéger les pirates qui lancent des attaques informatiques ou au rançongiciel. Ses proches croient aussi qu’un allègement des tensions entre Washington et Moscou permettrait aux États-Unis de resserrer leurs liens avec les démocraties qui existent dans l’ombre du Kremlin.

Le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan a dit que M. Biden cherchera des «secteurs où, dans notre intérêt commun, nous pouvons travailler ensemble».

M. Sullivan a ajouté que le message de M. Biden sera plus fort que doux: «Comment envoyons-nous un message clair concernant ces activités nuisibles que nous ne tolérerons pas et auxquelles nous répliquerons?»

Il y a eu de brefs éclairs d’accord. Moscou et Washington ont témoigné d’un intérêt à relancer les discussions sur la stabilité stratégique pour élaborer un successeur à New START, le dernier traité de contrôle des armements entre les deux pays qui a été prolongé de cinq ans en janvier.

M. Biden fera aussi pression sur M. Poutine dans le dossier des droits de la personne, spécialement au sujet de l’empoisonnement et de l’incarcération de l’opposant Alexeï Navalny.

Le président américain sait toutefois qu’il ne sera peut-être pas en mesure de contrôler son rival.

«Rien ne garantit qu’on peut changer le comportement d’un individu ou de son pays. Les autocrates disposent d’énormément de pouvoir et ils ne rendent pas de comptes au public, a dit M. Biden lors d’une conférence de presse en fin de semaine. Et ça se pourrait très bien que si je lui réponds du tac au tac, ce que je ferai, que ça ne le découragera pas et qu’il voudra poursuivre.»

M. Biden ne mâche pas ses mots au sujet de M. Poutine. Il a déclaré lors d’une entrevue plus tôt cette année qu’il est d’accord avec ceux qui le traitent de «tueur» et il a déjà dit que M. Poutine n’a pas d’âme.

CE QUE VEUT VLADIMIR POUTINE

M. Poutine non plus ne s’attendra pas à un réchauffement des relations. Son principal objectif sera d’en arriver à un statu quo tendu pour protéger les intérêts de Moscou.

Le leader russe n’anticipe pas de nouvelle détente pour réparer les dégâts causés par l’annexion de la péninsule criméenne de l’Ukraine en 2014. Il n’anticipe pas non plus un allègement des lourdes sanctions américaines et européennes qui restreignent l’accès de Moscou aux marchés financiers mondiaux et aux technologies occidentales de pointe.

La mission de M. Poutine est modeste: énumérer les principales préoccupations de sécurité de Moscou et rétablir une communication de base pour empêcher une déstabilisation encore plus dangereuse.

La plus grosse ligne rouge du Kremlin est le désir de l’Ukraine de rejoindre les rangs de l’OTAN. Craignant une éventuelle adhésion, M. Poutine a profité de la chute en 2014 du gouvernement prorusse de l’Ukraine pour annexer la Crimée et appuyer une insurrection dans l’est du pays, où le conflit qui dure depuis sept ans a fait quelque 15 000 morts.

Quand la tension a grimpé dans l’est de l’Ukraine plus tôt cette année, la Russie a massé des hommes près de l’Ukraine et prévenu qu’elle répondrait par la force si Kiev tentait de récupérer les régions contrôlées par les rebelles.

Dans une entrevue accordée à la télévision officielle la semaine dernière, M. Poutine a affirmé que le désir de l’Ukraine de joindre l’OTAN représente une menace existentielle pour la Russie, puisque cela permettrait aux missiles de l’alliance de frapper Moscou et d’autres cibles en seulement sept minutes. Il a comparé cela au déploiement de missiles russes au Canada ou au Mexique, près de la frontière avec les États-Unis.

S’il adopte la ligne dure sur l’Ukraine, le leader russe pourrait se montrer plus flexible ailleurs.

Même si Moscou a dénoncé la campagne militaire américaine en Afghanistan, M. Poutine est intéressé à une solution qui empêchera le pays de plonger dans l’anarchie après le départ des soldats américains plus tard cette année, puisque l’instabilité pourrait ensuite se propager à l’Asie centrale anciennement soviétique.

La Russie participe aussi à de pénibles discussions internationales pour réparer l’accord sur le nucléaire iranien déchiré par M. Trump. Elle a également témoigné de son intérêt à collaborer avec les États-Unis pour relancer le processus de paix aux Moyen-Orient.

Le Kremlin pourrait être intéressé par un accord concernant la Syrie, où l’appui militaire russe a permis au gouvernement de Bachar el-Assad de reprendre le contrôle de la quasi-totalité de son pays après une guerre civile catastrophique.

Dans le domaine du contrôle des armements, Moscou serait prête à mettre certaines de ses armes les plus puissantes sur la table, en autant que Washington fasse de même avec ses systèmes de défense antimissile et d’éventuelles armes spatiales.

M. Poutine a aussi réitéré l’intérêt de la Russie à combattre les changements climatiques et la pandémie de coronavirus.

Il a appelé à l’ouverture d’un dialogue sur la cybercriminalité. Sa proposition d’un échange de cybercriminels entre la Russie et les États-Unis a toutefois été accueillie froidement à Washington.

Avec Jonathan Lemire et Vladimir Isachenkov, The Associated Press

Le président centrafricain fait des révélations sur sa coopération avec la Russie

mai 30, 2021

Avec Agence TV

Mali: La pomme de discorde

mai 27, 2021


Une source proche de l’ex-junte a dévoilé que le président de la transition aurait transmis aux autorités françaises des documents relatifs à un contrat d’armement en cours de négociation avec la Russie. Paris aurait exprimé sa vive inquiétude à la Russie et s’est opposée à toute vente d’arme ou échange militaire ou sécuritaire et exhorté Vladimir Poutine à ne pas donner une suite favorable, afin d’éviter la glaciation des relations diplomatiques déjà tendues en Afrique avec l’intervention russe en Centrafrique.

Le vice-président Assimi Goïta, les deux ministres sortants en charge de la Défense et de la Sécurité avaient mobilisé toute leur énergie et leur intelligence à ficeler ce document identifiant les nouveaux besoins d’équipement en armes modernes des Forces armées maliennes(FAMa) en lutte contre les groupes armés terroristes. Un de leur collaborateur associé à la rédaction aurait transmis une copie au président de la transition Bah N’Daw qui lors de son dernier voyage à Paris dans le cadre du Sommet sur le financement des économies africaines l’avait communiqué aux français.

L’ex-junte aurait reproché à Kati au président de la transition d’avoir trahi le secret défense et divulgué des informations classifiées. Entre eux, ils ont discuté de l’opportunité, du bien-fondé politique ou moral de telles révélations et de savoir si ces dernières étaient appropriées.

Mais juridiquement, il serait compliqué de poursuivre le chef de l’Etat. Tout d’abord parce qu’en tant chef de l’exécutif et chef suprême des armées, il détient la prérogative de décider de ce qui est classé secret défense ou pas. Ensuite, parce les documents livrés restent succincts. En revanche, il n’est point paradoxal de l’exonérer de la compromission du secret.

En droit, rien n’est impossible. Mais pour engager des poursuites avec la moindre chance de succès, il faudrait réunir des preuves suffisantes. Le secret absolu couvrant particulièrement ce type d’action fait que cela reste très peu probable.

La tradition voudrait qu’on n’agisse pas contre l’intérêt de son pays. L’aveu d’Emmanuel Macron qui a soutenu avoir obtenu du président Bah N’Daw en quelques mois ce qu’il n’a pas eu avec Ibrahim Boubacar Keïta pendant plusieurs années confortait les analyses relatives à une grande complicité entre les deux hommes.

Cette information de dernière minute à prendre avec beaucoup de précaution expliquerait la mise à l’écart des ministres de la Défense et de la Sécurité, grands artisans de ce document secret.

Georges François Traoré
(Vu sur Opera News)