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RDC: 16 morts dans des combats entre l’armée et le M23

février 23, 2017

Goma (RD Congo) – L’armée congolaise a affirmé que seize personnes ont été tuées en trois jours dans des combats qui ont opposé les forces loyalistes et les rebelles du « Mouvement du 23 mars » (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo (M23).

Dans les affrontements qui ont duré ces trois derniers jours, les FARDC (Forces armées de la RDC) ont « résisté » et « ont mis en déroute » les rebelles du M23″, a déclaré à l’AFP le major Guillaume Djike, porte-parole des opérations Sukola 2 dans la province troublée du Nord-Kivu, ajoutant que « le bilan est de 16 morts ». Cinq rebelles ont été capturés et 58 autres se sont rendus.

« Aujourd’hui (jeudi) la situation est calme. Nous demandons à la population qui a fui les combats jusqu’en Ouganda de regagner le pays car la situation est déjà rétablie dans le [territoire de] Rutshuru », a déclaré au téléphone à l’AFP Liberata Buratwa, administrateur de territoire adjoint de Rutshuru.

Mi-janvier, le gouvernement congolais et de nombreux témoignages d’habitants avaient fait état de la présence dans la région de Rutshuru (Nord-Kivu) d’ex-combattants du M23 en provenance de l’Ouganda voisin.

Mais, le M23 affirme que « les ex-combattants qui retournent dans leur pays sont non-armés et n’avaient aucune intension de faire la guerre ». Il accuse le gouvernement de refuser « d’appliquer ses engagements » dont la mise en oeuvre devaient « faciliter le retour au pays des réfugiés et des ex-combattants du M23 », ce qui a « obscurci toute perspective d’un retour organisé » et a « ouvert la voie à un retour incontrôlé et individuel ».

Cependant, pour la Monusco le M23 représente « une menace actuelle » pour la sécurité dans l’est de la RDC et elle dispose « de multiples indices » sur la présence de ces ex-combattants sur le territoire congolais.

Dans un communiqué rendu public mercredi à Kampala, le M23 a estimé que « le choix du gouvernement d’imposer la guerre aux ex-combattants retournés au pays, les contraignant ainsi à se défendre, constitue un signal négatif envoyé à leurs collègues restés dans les centres de cantonnement », en Ouganda et au Rwanda. « Car, ils comprendraient qu’ils ne sont pas les bienvenus dans leur propre pays, ce qui risquerait de conforter la logique de la confrontation », a écrit son président Bertrand Bisimwa.

Dernier avatar de la rébellion à dominante tutsi soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, le M23 avait été vaincu par les FARDC appuyées par les Casques bleus en 2013, après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu. Plusieurs centaines de ses combattants avaient alors trouvé refuge en Ouganda, où ils ont été cantonnés dans la base militaire de Bihanga et au Rwanda.

L’est de la RDC, est ravagé depuis plus de vingt ans par des conflits armés menés par des groupes armés parfois soutenus par des pays voisins, et qui se livrent au pillage des ressources naturelles du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 23 février 2017 17h46)             

Est de la RDC: quatorze personnes tuées en une nuit dans plusieurs localités

août 8, 2016

Goma (RD Congo) – Quatorze personnes ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi dans plusieurs localités de l’est de la République démocratique du Congo dans des attaques attribuées à des groupes armés congolais et étrangers, ont déclaré l’armée et des responsables locaux.

Dans la nuit, nous avons enregistré de [nombreuses] attaques contre la population civile et contre des positions des forces gouvernementales, a déclaré à l’AFP le capitaine Guillaume Ndjike, un porte-parole de l’armée dans la province du Nord-Kivu.

L’officier a attribué ces attaques aux Maï-Maï, des milices locales d’autodéfense, souvent constituées selon des critères ethniques, et aux rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

A Kahunga, l’armée a perdu un élément et un civil a été tué, à Kashalira quatre civils ont été tués par balle et à la machette, comme les sept autres civils tués à Kibirizi, a détaillé l’officier. Il confirmait ainsi une information donnée un peu auparavant par un responsable local sur la mort de sept civils, tués par les FDLR à Kibirizi, à 85 km au nord-ouest de Goma.

Un jeune Hutu a été tué par balle par des Maï-Maï à Buleusa, a ajouté de son côté Roger Bihango, délégué du gouverneur du Nord-Kivu dans cette cité.

Les localités de Kahunga, Kashalira et Kibirizi sont situées dans le territoire de Rutshuru, tandis que celle de Buleusa se trouve dans le territoire de Walikale.

Les FDLR sont très actifs dans ces deux territoires du sud de la province du Nord-Kivu.

Selon la capitaine Ndjike, environ 150 maisons ont également été incendiées lors de ces attaques qui ont eu lieu quelques heures après le départ du président congolais Joseph Kabila qui séjournait dans la région depuis mercredi.

Les FDLR ont été créées par des Hutu rwandais réfugiés dans l’est de la RDC après le génocide des Tutsi au Rwanda de 1994.

Les fondateurs de ce mouvement, ainsi qu’un certain nombre de ses plus anciens combattants, sont recherchés par la justice internationale qui les accuse d’avoir pris une part active au génocide.

Disséminés essentiellement au Nord et au Sud-Kivu, les FDLR n’ont pas mené d’action militaire d’envergure au Rwanda depuis 2001 et sont régulièrement accusés de commettre des atrocités contre les civils dans les zones sous leur contrôle.

La partie orientale de la RDC est déchirée depuis plus de 20 ans par des conflits armés alimentés par des différends ethniques et fonciers, la concurrence pour le contrôle des ressources minières et des rivalités entre puissances régionales.

Romandie.com avec(©AFP / 08 août 2016 14h05)

RDC: huit prédicateurs tanzaniens musulmans enlevés dans l’Est

août 5, 2015

Goma (RD Congo) – Huit prédicateurs tanzaniens ont été enlevés le weekend dernier dans le Rutshuru, un territoire de l’est de la République démocratique du Congo où sévissent des groupes armés et où les kidnappings sont fréquents, a-t-on appris de source officielle.

Huit prédicateurs tanzaniens musulmans ont été enlevés dans la localité de Kiseguro, à 20-25 km de Rutshuru-Centre, a déclaré à l’AFP le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku. Nous avons déjà saisi notre mission des Affaires étrangères pour qu’ils puissent saisir leurs homologues de la Tanzanie, a-t-il ajouté.

Ces enlèvements, près de la frontière avec l’Ouganda, ont été confirmés par Justin Mukanya, administrateur du territoire de Rutshuru, qui n’a pas été en mesure de préciser le nombre de personnes kidnappées.

Il semble que ce sont des musulmans qui se baladaient dans le cadre de la prédication et qu’ils ont rencontré en cours de route des bandits non encore identifiés qui les ont enlevés, a précisé l’imam Masudi Kadogo, représentant de la communauté musulmane dans la province du Nord-Kivu.

La RDC est un pays majoritairement chrétien.

Les enlèvements avec demandes de rançon sont fréquents – et parfois assortis de graves violences physiques contre les otages – dans le territoire de Rutshuru, où plusieurs groupes armés sont actifs, dont les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Il y a plusieurs mois, l’imam responsable de la communauté musulmane du territoire de Rutshuru a été enlevé par l’un des groupes armés de la région, puis libéré contre une rançon, a expliqué, sans plus de détail, l’imam Kadogo.

M. Paluku a affirmé qu’il est sûr que ce sont les FDLR qui ont enlevé les Tanzaniens. Selon lui, les rebelles ont voulu lancer une mise en garde à l’attention de la Tanzanie, qui fournit des troupes à la brigade d’intervention de la Mission de l’ONU (Monusco).

Cette brigade, composée de quelque 3.000 soldats tanzaniens, sud-africains et malawites, est chargée de combattre les dizaines de groupes armés locaux et étrangers qui sévissent dans l’est de la RDC, instable depuis deux décennies.

M. Mukanya estime pour sa part que les auteurs des enlèvements sont des jeunes de la région. Je suis en contact avec la société civile du coin, qui dit que les ravisseurs demandent une rançon mais qu’ils n’ont pas encore révélé de combien, a-t-il ajouté.

En janvier, l’armée congolaise a lancé une opération contre les FDLR – alors estimés à quelque 1.500 combattants – sans le soutien de la Mission de l’ONU (Monusco), qui conditionnait son aide au changement de deux généraux congolais soupçonnés de graves violations des droits de l’Homme.

Cette brouille a sclérosé pendant de longs mois la collaboration de l’armée et de la Monusco, qui devait fournir un appui logistique, stratégique et opérationnel pour combattre les FDLR, dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

Malgré tout, et bien que les FDLR aient fui le contact avec l’armée, Kinshasa a affirmé qu’il restait moins de 400 éléments encore militairement actifs des FDLR. La Monusco estime de son côté qu’un millier de combattants FDLR sont toujours actifs.

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2015 13h27)

RDC : l’armée prend deux places fortes rebelles du M23

octobre 27, 2013

L’armée congolaise a pris dimanche deux places fortes de la rébellion du M23, à Kiwanja et Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo, au cours de violents combats pendant lesquels un Casque bleu tanzanien a été tué.

Deux fronts ont été ouverts dans l’instable et riche province du Nord-Kivu, le premier vendredi, le second samedi. Les combats se poursuivaient dimanche sur un terrain accidenté entre l’armée congolaise et le Mouvement du 23 mars (M23), qui reculait, selon les autorités congolaises et l’ONU.

Le front ouvert samedi se situe dans les environs de Kiwanja, à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu. La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), chargée de la protection des civils et qui appuie l’armée sur le terrain, dispose d’une importante base à Kiwanja, où de nombreux déplacés ont trouvé refuge.

« La Monusco y est à présent déployée, en lien avec les FARDC » (Forces armées de RDC) », a déclaré dimanche matin à l’AFP un officier de la Monusco, sans plus de précision.
Mais un lieutenant tanzanien de la brigade d’intervention de l’ONU a été abattu pendant le déploiement de la brigade avec l’armée à Kiwanja, a-t-il ajouté.

Avant ce lieutenant, deux soldats tanzaniens de la brigade ont été tués au cours des derniers mois. « Un Casque bleu est mort ce dimanche suite aux combats contre le M23 à Kiwanja », indique un communiqué de la Monusco, sans préciser la nationalité de la victime. « Je suis très indigné par cette information tragique. Ce soldat est mort alors qu’il protégeait la population civile de Kiwanja », a déclaré le chef de la Mission, Martin Kobler.

Dans un communiqué, le M23 a annoncé son départ de Kiwanja « sans combat » et a menacé de quitter les pourparlers de paix de Kampala si la médiation du dialogue n’obtenait pas une « cessation immédiate des hostilités ». Auquel cas, il promet d’organiser une « contre-offensive de grande envergure contre toutes les positions ennemies ».

En fin d’après-midi, alors que des affrontements se poursuivaient aux alentours de Kiwanja, les FARDC ont conquis Rutshuru Centre, chef lieu de la région de Rutshuru, quelques km plus loin. « Rutshuru vient de tomber entre les mains des FARDC. Il y a eu quelques combats mais ils (les rebelles) ont fui », a déclaré à l’AFP le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku.

Bruno, un habitant de la ville, s’est dit « très content ». « C’est une grande manifestation: des femmes, des hommes, des enfants ont étalé des pagnes dans la rue, ils ont jeté des fleurs sur les soldats pour les remercier de leur soutien… C’est magnifique! », s’est-il réjoui.

Quant au premier front ouvert vendredi, à Kibumba, à environ 25 km au nord de Goma, le gouverneur provincial a annoncé « l’existence de deux fosses communes ». Il a réclamé une « enquête internationale pour aller établir les responsabilités et le contenu avec des spécialistes », car « si on sort les corps nous-mêmes, j’ai peur qu’on nous prête des intentions ».

Kibumba, postée sur un plateau à près de 1.800 mètres d’altitude, verrouille la zone contrôlée par la rébellion M23 plus au nord.

Vendredi, de violents combats, les plus engagés depuis fin août, avaient éclaté dans cette région. Samedi, l’armée avait indiqué avoir pris Kibumba, ce que le M23 a démenti. L’officier de la Monusco avait évoqué une prise partielle.

Reste que, pensant la localité sous contrôle de l’armée, plusieurs centaines de personnes réfugiées dans le parc des Virunga sont sorties dimanche matin pour regagner leur domicile, avant de se retrouver prises entre deux feux. « A la demande des FARDC », la Monusco a créé un « corridor humanitaire » pour « évacuer » les déplacés, a souligné l’officier de la Monusco.

En fin d’après-midi, la situation restait tendue. « Le M23 résiste sur une colline à la frontière avec le Rwanda », a expliqué l’officier supérieur de l’armée. L’intensité des combats a redoublé, selon un défenseur des droits de l’Homme originaire de Kibumba et qui a fui à Kabagana, localité frontalière avec le Rwanda. D’après lui, les habitants restent terrés chez eux.

Issu en avril 2012 d’une mutinerie d’anciens rebelles intégrés dans l’armée congolaise, le M23 demande la pleine application de l’accord ayant régi l’incorporation en 2009. Il défend plus généralement les droits des populations congolaises rwandophones. Des experts de l’ONU accusent régulièrement le Rwanda et l’Ouganda voisins – malgré leurs démentis – de soutenir le M23.

Le 21 septembre, les pourparlers de paix en cours à Kampala avaient été suspendus entre M23 et pouvoir central, faisant craindre une nouvelle flambée de violence au Nord-Kivu, riche province agricole et minière déchirée par la guerre depuis une vingtaine d’années.

Jeuneafrique.com