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Génocide au Rwanda : une historienne controversée se retire de la commission sur le rôle de la France

novembre 14, 2020

Emmanuel Macron et Paul Kagame, à l'Élysée, le 23 mai 2018.

Accusée de parti pris, une historienne spécialiste des questions militaires s’est « mise en retrait » de la Commission chargée de faire la lumière sur le rôle de la France lors du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Une historienne militaire accusée de parti pris s’est « mise en retrait » de la Commission chargée d’examiner les archives françaises relatives au rôle joué par Paris au Rwanda entre 1990 et 1994.

Cette commission, présidée par l’historien Vincent Duclert, « a pris acte, le 25 août 2020, de la décision de Mme Julie d’Andurain, Professeure des Universités, de se mettre en retrait des travaux de la Commission », indique un bref communiqué diffusé le 14 novembre.

Le retrait de l’historienne intervient à la suite d’une intense polémique déclenchée par un article du Canard enchaîné. Le 28 octobre, l’hebdomadaire avait en effet exhumé un article écrit en 2018 par Julie d’Andurain sur l’intervention militaro-humanitaire française Turquoise, qui s’est déroulée au Rwanda et dans l’ex-Zaïre entre juin et août 1994. Publié dans le Dictionnaire des opérations extérieures de l’armée française (Ministère des Armées- ECPAD, Paris, Nouveau-monde, 2018), un ouvrage préfacé par le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées, l’historienne estimait notamment dans ce texte que l’« l’Histoire rendrait raison » au bilan de cette opération controversée.

« Négationnisme »

Les termes employés dans l’article ont aussitôt déclenché une polémique sur les réseaux sociaux. Ils ont aussi fait bondir une partie de la communauté des historiens en France, lesquels ont dénoncé les « erreurs », le « parti pris », voire « le négationnisme » du texte, et critiqué les deux principales sources de Julie d’Andurain : l’ancien secrétaire général de l’Élysée, Hubert Védrine, défenseur de la politique française au Rwanda, et le journaliste pamphlétaire Pierre Péan.

Lancée le 22 juin 1994, l’opération Turquoise (composée de plus de 2 500 hommes) a été, pour ses défenseurs, une intervention humanitaire au service des « populations civiles – sans distinction – , mais pour ses détracteurs elle avait surtout pour objectif de soutenir le gouvernement hutu génocidaire et son armée, alors en déroute face au Front patriotique rwandais (FPR).

CET ARTICLE EST UN PLAIDOYER ARDENT POUR L’ARMÉE FRANÇAISE

« Il y a dans cet article un parti pris manifeste et sans nuance pour la politique française entre 1990 et 1994 au Rwanda, c’est un plaidoyer ardent pour l’armée française. Mais ce qui est problématique, et le mot est faible, c’est la lecture que Mme d’Andurain fait du génocide, en parlant dès le début de sa notice de  »massacres entre Hutu et Tutsi » », a estimé l’historienne Hélène Dumas (CNRS), spécialiste du génocide des Tutsi.

Hélène Dumas, ainsi qu’un autre spécialiste du Rwanda, Stéphane Audouin-Rouzeau (EHESS), avaient été écartés de la Commission, créée en 2019, précisément parce que spécialistes, et au nom d’une « neutralité » revendiquée par la présidence de la République française.

Un choix qui avait suscité la critique et le scepticisme d’une partie de la communauté des chercheurs, à l’instar de l’historienne spécialiste de la Shoah, Annette Becker : « Il y a dans cette commission des gens très bien, mais pour travailler sur la question il faut connaître l’Afrique, les Grands Lacs, l’histoire coloniale, l’histoire militaire », insiste-t-elle.

Une commission de parti pris ?

La révélation des écrits de Julie d’Andurain – qui n’a pas souhaité réagir depuis le début de la polémique – a jeté une nouvelle ombre sur le travail de la Commission. « Au départ, il y avait des doutes sur les compétences mais aujourd’hui on a des questionnements sur le parti pris. C’est intenable. Nous sommes à quelques mois de la remise du travail de la Commission, et lorsqu’on découvre de telles aberrations on peut douter du sérieux du rapport à venir », ajoute Hélène Dumas.

La Société Française d’histoire des outre-mers (SFHOM), dont Mme d’Andurain est membre, a soutenu l’historienne et dénoncé une campagne « calomnieuse » contre elle, défendant « l’exigence et la rigueur dont elle fait preuve dans ses travaux ». Mais une autre association professionnelle, l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche (AHCESR) – dont Julie d’Andurain est vice-présidente -, qui lui avait initialement apporté son soutien, s’est ensuite rétractée en expliquant n’avoir pas voulu souscrire aux analyses de sa collègue.

Mise en place en avril 2019 par le président français Emmanuel Macron, cette commission indépendante de quinze membres doit examiner les archives françaises relatives à l’implication politico-militaire de Paris au Rwanda entre 1990 et 1994.

« Cette mise en retrait volontaire signifie que Madame d’Andurain ne consulte plus d’archives, qu’elle ne participe plus aux réunions d’équipe et qu’elle ne contribue pas à la rédaction du rapport », a expliqué à Vincent Duclert à l’AFP, tout en saluant l’apport de l’historienne « à la connaissance des institutions militaires contemporaines ».

Anachronisme

Désireux d’éteindre la polémique déclenchée suite à l’article du Canard enchaîné, Vincent Duclert pourrait bien, malgré lui, avoir attisé l’incendie. Car la chronologie évoquée dans son communiqué provoque un évident scepticisme parmi les connaisseurs du dossier. Selon le président de la Commission, la « mise en retrait de Julie d’Andurain » daterait en effet du 25 août dernier. Autrement dit, Julie d’Andurain se serait mise en congé de la Commission pour convenances personnelles, sans lien aucun avec la controverse découlant de son article de 2018.

Une version anachronique que contredisent plusieurs observateurs interrogés par Jeune Afrique, qui ont notamment eu accès aux échanges de mails entre les membres  de l’AHCESR. Jusqu’en novembre, rien ne permettait en effet de penser, au vu de ces courriels, que Julie d’Andurain avait pris ses distances avec la Commission.

Interrogé par JA le 12 novembre, Vincent Duclert n’avait pas souhaité s’exprimer sur la situation de Julie d’Andurain. « Vous imaginez bien qu’on est en train de gérer la situation », avait-il éludé.

Zones d’ombre sur le rôle de la France

Le rapport préparé par la Commission doit toujours être remis le 5 avril au président Emmanuel Macron, « lequel le rendra aussitôt public avec l’intégralité des sources in extenso, comme cela a toujours été décidé et annoncé », a-t-il précisé à l’AFP.

Selon lui, les polémiques autour des écrits de Julie d’Andurain « n’affectent pas la Commission, dont l’unité se fonde sur l’adhésion au mandat de recherche scientifique qui lui a été confié », a-t-il ajouté.

Les zones d’ombres sur le rôle de la France au Rwanda restent une source récurrente de polémique en France depuis plus de 25 ans. Emmanuel Macron s’était engagé, en mai 2018, à cet accès facilité aux archives françaises lorsqu’il avait reçu son homologue rwandais Paul Kagame à l’Élysée

Par Jeune Afrique avec AFP

Génocide des Tutsi au Rwanda : Eugène Rwamucyo renvoyé devant la cour d’assises de Paris

octobre 16, 2020
Une exposition de photos au Centre du mémorial du génocide à Kigali, en avril 2014.

Des juges d’instruction français ont ordonné le renvoi devant la cour d’assises de Paris du médecin rwandais Eugène Rwamucyo pour « génocide » et « crime contre l’humanité ».

Cet homme de 61 ans, qui réside désormais en Belgique, est aussi renvoyé pour « complicité » et « association de malfaiteurs en vue de la préparation de ces crimes » commis entre avril et juillet 1994 au Rwanda, période pendant laquelle les tueries ont fait près de 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi.

« Mon client conteste formellement les accusations », a réagi son avocat, Me Philippe Meilhac, qui a annoncé vouloir faire appel de l’ordonnance. « Si toutefois un procès devait se tenir, Eugène Rwamucyo l’affrontera avec sérénité », a-t-il ajouté. C’est à la suite d’une plainte contre Eugène Rwamucyo déposée notamment par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) qu’une instruction avait été ouverte en 2007 à Lille (Nord), puis dépaysée à Paris l’année suivante.

Rwamucyo est notamment accusé d’avoir participé à des réunions de responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l’une sous l’égide du premier ministre de l’époque, Jean Kambanda, condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Il est aussi soupçonné d’avoir dirigé les opérations d’enfouissement en masse de corps de civils tutsi lors des massacres commis entre avril et juillet 1994, et ordonné l’achèvement et l’enterrement de survivants, selon des éléments de l’ordonnance des juges.

« Mon client était médecin hygiéniste dans la région de Butare et à ce titre, il était chargé de l’ensevelissement des corps », a expliqué Me Meilhac. « Maintenant, on lui reproche d’avoir profité de cette mission indispensable pour s’en prendre à des survivants », a-t-il regretté.

Condamné par contumace

Eugène Rwamucyo a été condamné par contumace en 2007 au Rwanda à la prison à perpétuité. Médecin à l’hôpital de Maubeuge (Nord), il avait été suspendu en octobre 2009 lorsque la direction de l’établissement avait appris qu’il était visé par un mandat d’arrêt international émis par Kigali. Il avait ensuite été licencié.

En application de ce mandat, Rwamucyo avait finalement été interpellé en mai 2010 à Sannois (région parisienne) alors qu’il venait d’assister aux obsèques de Jean-Bosco Barayagwiza, cofondateur de la Radio-télévision libre des mille collines, tristement célèbre pour avoir propagé des appels à l’extermination des Tutsi. La cour d’appel de Versailles s’était cependant opposée en septembre 2010 à son extradition, ordonnant sa remise en liberté.

Il avait été mis en examen une première fois en 2013 pour « participation à une entente en vue de commettre le crime de génocide », puis en 2018 pour « génocide » et « crimes contre l’humanité », et placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de sortir de l’espace Schengen.

En attendant que le cas de Rwamucyo soit tranché, c’est un autre procès qui s’ouvrira devant les assises de Paris en février 2021, celui de Claude Muhayimana, ancien chauffeur de la région de Kibuye accusé de « complicité par aide et assistance » de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Par Jeune Afrique avec AFP

Plus de 1.000 personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide sont encore recherchées par le Rwanda

juillet 3, 2020

La plupart des suspects identifiés par l’Unité rwandaise de traque des fugitifs suspectés de crime de génocide se trouvent en RDC, en Ouganda et au Malawi

Rwa

A l’entrée de l’un des bureaux de l’Unité rwandaise de traque des fugitifs suspectés de crime de génocide (GFTU), à Kigali, le 22 mai 2020. SIMON WOHLFAHRT / AFP

Les dossiers colorés, marqués confidentiels, sont empilés du sol jusqu’au plafond. « Chacun de ces classeurs correspond à un suspect de génocide et contient un acte d’accusation et un mandat d’arrêt international », explique le procureur John Bosco Siboyintore. « Depuis la création de cette unité en 2007, nous en avons émis 1 144, envoyés à 33 pays différents », explique-t-il, en faisant visiter les bureaux de l’Unité rwandaise de traque des fugitifs suspectés de crime de génocide (GFTU).

Situés dans trois pavillons du quartier de Nyarutarama à Kigali, les locaux de la GFTU sont discrets, presque anonymes. Seul un poster à l’entrée, avec les photographies des derniers gros poissons du génocide des Tutsi encore en fuite, trahit les activités de cette équipe de vingt-trois procureurs et d’enquêteurs pas comme les autres.

Leur mission : rédiger des actes d’accusation contre les fugitifs suspectés d’avoir participé aux massacres qui, en 1994, ont coûté la vie à plus de 800 000 personnes ; envoyer des mandats d’arrêts dans les pays où ils vivent ; enfin espérer qu’ils soient jugés sur place ou extradés vers le Rwanda.

La France, premier pays occidental

Alors que le pays s’apprête à accueillir une enquête de l’ONU pour préparer le procès du financier présumé du génocide, Félicien Kabuga, arrêté près de Paris le 16 mai, la GFTU traque sans relâche les ultimes fuyards. Ceux qui n’ont pas été jugés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), chargé de poursuivre les idéologues des massacres et les ministres du gouvernement génocidaire de 1994 à 2015. Ceux, également, qui ont échappé à la justice rendue au Rwanda par les tribunaux traditionnels populaires gacaca de 2005 à 2012.

« Le principal problème, c’est que ces fugitifs changent régulièrement d’adresse et de nom. Ils disent qu’ils ne sont pas rwandais, ils se font passer pour morts, ou alors ils sont protégés par le statut de réfugiés », déplore John Bosco Sibonyintore, à la tête de la GFTU depuis 2011.

La plupart des suspects identifiés par l’unité se trouvent actuellement en République démocratique du Congo, en Ouganda et au Malawi. La France occupe la première position pour les pays occidentaux, ayant reçu quarante-sept mandats d’arrêts rwandais. Trois de ces accusés sont passés devant la justice française. Aucun n’a été extradé.

Pour les enquêteurs de la GFTU, la bataille commence sur le terrain. En se fondant sur une longue liste de « suspects de première classe » établie par le bureau du procureur général, ainsi que sur des plaintes déposées directement à l’unité, ils sillonnent le Rwanda à la recherche de témoins à charge et à décharge, retournent sur les scènes de crime, interrogent des prisonniers. Vingt-six ans après, c’est une véritable course contre la montre pour tenter de reconstituer les faits.

Juger sur son propre sol

« Le grand défi, aujourd’hui, c’est que les témoins ont un âge avancé, à tel point qu’ils ont du mal à se souvenir », note Yves Ndizeye, le chef du service d’enquête à la GFTU. Pour trouver des témoignages, l’équipe s’appuie principalement sur les anciens juges des tribunaux populaires gacaca, qui avaient été choisis parmi la population en fonction de leur intégrité. Une fois que les preuves contre un suspect sont suffisantes, et qu’il a été localisé, les procureurs entament la rédaction d’un acte d’accusation et un mandat d’arrêt.

Commence ensuite la longue route vers une éventuelle extradition. « Pour le Rwanda, juger les génocidaires sur son propre sol a toujours été une priorité. Les rescapés sont ici, les témoins sont ici. Pourquoi les envoyer témoigner dans un autre pays alors que les procès peuvent avoir lieu ici et être suivis par les premiers concernés ? », s’interroge Sam Rugege, juge en chef de 2011 à 2019.

Ce retraité aux yeux vifs et à la voix fluette a été un acteur incontournable des réformes de la justice rwandaise. Le pays a mis en place un cadre de protection des témoins en 2006, abolit la peine de mort l’année suivante, puis créé une chambre spéciale pour les crimes internationaux. De quoi rassurer la justice internationale qui, jusque-là, doutait de la capacité des tribunaux rwandais à garantir des procès équitables.

Le relais du « Mécanisme »

En 2012, le TPIR, basé à Arusha en Tanzanie, transfère ainsi un premier accusé à Kigali. Jean Uwikindi, ancien pasteur arrêté en Ouganda, sera condamné à la prison à vie. Suivront Bernard Munyagishari en 2013 puis, en 2016, Ladislas Ntaganzwa, accusé d’avoir personnellement dirigé un groupe qui a tué plus de 20 000 Tutsi.

Aujourd’hui, le Mécanisme résiduel de l’ONU pour les tribunaux internationaux (IRMCT), qui a pris le relais du TPIR, garde seulement compétence pour l’affaire Félicien Kabuga, le financier présumé du génocide arrêté en mai près de Paris, ainsi que pour l’affaire Protais Mpiranya, ex-commandant de la garde présidentielle toujours en fuite. Les dossiers des six derniers accusés du TPIR ont été transférés à la justice rwandaise.

Reste que, sur les 1 144 mandats d’arrêts envoyés par l’unité dans des dizaines de pays, seuls vingt-quatre accusés ont été renvoyés au Rwanda, souvent au terme d’une longue bataille juridique. Vingt-trois autres ont été jugés dans leurs pays d’accueil.

« Il reste encore des centaines de suspects du génocide des Tutsi dans des pays qui ont les moyens de les juger et qui disent protéger les droits de l’homme. Je pense que ces pays ne donnent pas assez d’importance aux vies perdues ainsi qu’aux crimes qui ont été commis », s’indigne Sam

Après la fermeture du Mécanisme résiduel pour les tribunaux internationaux, dans quelques années, Kigali devra compter sur la seule coopération des Etats dans lesquels les suspects se trouvent. Une gageure, selon Serge Brammetz, procureur en chef de l’IRMCT : « C’est déjà difficile pour une institution internationale comme la nôtre, un tribunal des Nations unies, d’obtenir une coopération de la part de certains Etats. J’imagine que pour un Etat nation, c’est encore plus difficile. »

Avec Le Monde par Laure Broulard

 

Ouverture des archives de François Mitterrand sur le Rwanda

juin 13, 2020

L'ancien président François Mitterand en décembre 1991.

L’ancien président François Mitterrand en décembre 1991. © AP/Sipa

 

La justice française a autorisé vendredi un chercheur à consulter les archives du défunt président François Mitterrand sur le Rwanda, au cœur de la controverse sur le rôle de la France pendant le génocide.

Cette décision clôt cinq années de procédure et constitue une « très très bonne nouvelle », s’est félicité le chercheur François Graner, auteur de plusieurs livres sur la France au Rwanda et proche de l’association Survie engagée contre la « Françafrique ».

Le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative en France, a estimé que François Graner avait « un intérêt légitime à consulter ces archives pour nourrir ses recherches historiques et éclairer ainsi le débat sur une question d’intérêt public ».

Les archives concernées comprennent notamment des notes rédigées par les conseillers du Président et des comptes-rendus de réunions du gouvernement. Elles sont couvertes par un protocole qui ne prévoit leur ouverture générale au public que 60 ans après sa signature, en 2055.

Mais « la protection des secrets de l’État doit être mise en balance avec l’intérêt d’informer le public sur ces évènements historiques », a souligné le Conseil d’État.

« Victoire pour l’Histoire »

En conséquence, la justice administrative a enjoint au ministère français de la Culture, qui s’était opposé à la demande du chercheur, de lui ouvrir dans les trois mois l’accès aux archives réclamées.

« On n’attend pas de scoop de ces archives, dont certaines sont déjà connues », a souligné François Graner. « Mais on veut pouvoir faire un travail de fond, sérieux, serein, pour comprendre ce que chacun savait à ce moment » de l’Histoire.

Les zones d’ombres sur le rôle de Paris avant, pendant et après le génocide des Tutsis au Rwanda – qui fit selon l’ONU au moins 800 000 morts d’avril à juillet 1994 – restent une source récurrente de polémiques en France, accusée d’avoir été complice ou d’avoir soutenu, avant et pendant le génocide, le pouvoir extrémiste hutu.

L’ancien président socialiste François Hollande avait annoncé en 2015 la déclassification des archives du fonds François Mitterrand, mais leur accès est resté très limité, et la mandataire du fonds, Dominique Bertinotti, a souvent été accusée de verrouiller ces archives.

L’actuel chef de l’État, Emmanuel Macron, a annoncé en 2019 l’ouverture des archives françaises concernant le Rwanda entre 1990 et 1994, mais à une commission d’historiens ad hoc.

La décision du Conseil d’État « est une victoire pour le droit mais aussi pour l’Histoire », s’est félicité l’avocat de François Graner, Me Patrice Spinosi. « Elle vaut pour le Rwanda mais plus généralement pour toutes les archives présidentielles », a-t-il souligné, estimant que « le droit à l’information l’avait emporté ».

« Désormais, les chercheurs, comme François Graner, vont pouvoir avoir accès aux archives présidentielles du président Mitterrand pour faire toute la lumière sur le rôle de la France au Rwanda en 1994 et 1995 », a-t-il ajouté.

Parmi les points les plus disputés figurent l’ampleur de l’assistance militaire apportée par la France au régime du président hutu rwandais Juvénal Habyarimana de 1990 à 1994 et les circonstances de l’attentat qui lui coûta la vie le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide.

Par Jeune Afrique avec AFP

Rwanda : Félicien Kabuga, le « financier du génocide », arrêté près de Paris

mai 16, 2020

Félicien Kabuga, considéré comme le "financier du génocide rwandais" a été arrêté samedi 16 mai, près de Paris.

Félicien Kabuga, considéré comme le « financier du génocide rwandais » a été arrêté samedi 16 mai, près de Paris. © Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux/Nations Unies

 

Félicien Kabuga, 84 ans, est notamment accusé d’avoir créé les milices Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994.

Félicien Kabuga, considéré comme le « financier du génocide rwandais » et l’un des principaux accusés encore recherchés par la justice internationale, a été arrêté samedi matin près de Paris, ont annoncé le parquet général de Paris et la gendarmerie dans un communiqué commun.

Agé de 84 ans, Félicien Kabuga, qui résidait à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) sous une fausse identité, est notamment accusé d’avoir créé les milices Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit 800 000 morts selon l’ONU.

Il est visé par un mandat d’arrêt du Mécanisme international, la structure chargée d’achever les travaux du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Pensées pour les victimes et les survivants

Le procureur en chef du TPIR, Serge Brammertz, a détaillé, dans un communiqué, que la police française a arrêté le fugitif lors d’une « opération sophistiquée » et « coordonnée avec des fouilles simultanées dans plusieurs endroits ».

« L’arrestation de Félicien Kabuga aujourd’hui rappelle que les responsables du génocide peuvent être poursuivis, même vingt-six ans après leurs crimes, a-t-il poursuivi. Nos premières pensées doivent être avec les victimes et les survivants du génocide rwandais. »

Serge Brammertz a précisé que Félicien Kabuga « a été inculpé par le Tribunal pénal international des Nations Unies pour le Rwanda en 1997 de sept chefs d’accusation de génocide, de complicité de génocide, d’incitation directe et publique à commettre le génocide, de tentative de génocide, de complot en vue de commettre le génocide, de persécution et d’extermination, tous en relation avec des crimes commis pendant le génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Rwanda : l’arrestation du chanteur Kizito Mihigo confirmée

février 14, 2020

Kizito Mihigo, en 2012.

Kizito Mihigo, en 2012. © Creative Commons / Wikipedia / Tellonce

 

Le chanteur rwandais Kizito Mihigo a été arrêté mercredi alors qu’il tentait de se rendre au Burundi. Il est actuellement détenu par le Rwanda Investigation Bureau et pourrait retourner en prison pour avoir violé les conditions de sa libération anticipée.

Kizito Mihigo, 38 ans, pourrait très bientôt retourner en prison. Selon nos informations le chanteur âgé de 38 ans a bien été arrêté jeudi 13 février dans le district de Nyaraguru, dans le sud du Rwanda, alors qu’il tentait de se rendre au Burundi. Il aurait été arrêté en compagnie d’un autre individu après avoir été repéré par deux fermiers.

Il est actuellement détenu par le Rwanda Investigation Bureau, qui l’accuse d’avoir tenté illégalement de traverser la frontière avec l’intention de rejoindre des rébellions armées. Il est également soupçonné d’avoir tenté de soudoyer les deux fermiers qui l’ont reconnu.

Célèbre musicien rwandais – il a contribué à la composition du nouvel hymne national, en 2001, et avait créé une fondation pour promouvoir la paix et la réconciliation à son retour au Rwanda – Kizito Mihigo a longtemps été considéré comme un proche du régime. Mais en 2014, à quelques mois des commémorations du génocide commis contre les Tutsi du Rwanda, l’artiste publie un chanson – Igisobanuro cy’Urupfu (La Signification de la mort) – qui déclenche une forte polémique, le titre étant accusé de mettre sur un pied d’égalité le génocide et les actes de vengeance commis contre les Hutu.

Libération sous condition

Arrêté en avril 2014, il est alors accusé « d’entente en vue de commettre un assassinat, de complicité dans un acte terroriste et de conspiration contre le gouvernement ». Kizito Mihigo a été jugé aux côtés de trois co-accusés : Cassien Ntamuhanga, Jean-Paul Dukuzumuremyi, et Agnes Niyibizi.

Le chanteur avait plaidé coupable et avait été condamné le 27 février 2015 à dix ans de prison pour « conspiration contre le gouvernement rwandais ».

Il lui était reproché d’entretenir des liens avec les FDLR et le Rwanda National Congress (RNC) de Kayumba Nyamwasa, ancien général rwandais aujourd’hui en exil en Afrique du Sud, dans le but de préparer des attentats pour venger la mort de Patrick Karegeya, l’autre fondateur du RNC retrouvé mort étranglé à Johannesburg début 2014. Le procès fait à l’époque polémique et déclenche de nombreuses réactions d’ONG, dont la FIDH.

Le 14 septembre 2018, Kizito Mihigo avait bénéficié, comme l’opposante Victoire Ingabire et plusieurs autres prisonniers, d’une libération anticipée sur décision du président rwandais Paul Kagame. Il était depuis soumis aux mêmes conditions que cette dernière, parmi lesquelles l’obligation de se présenter une fois par mois au bureau du procureur et de demander l’autorisation du
ministre de la Justice chaque fois qu’il souhaite sortir du pays. Des conditions qu’il n’aurait donc pas respecté.

Avec Jeuneafrique.com

RDC-Rwanda : les chimères de la « balkanisation»

janvier 20, 2020

Des soldats congolais près de Goma, dans l'est de la RDC, le 25 octobre 2013 (illustration).

Des soldats congolais près de Goma, dans l’est de la RDC, le 25 octobre 2013 (illustration). © Kay Joseph/AP/Sipa

 

La vieille rengaine de la « balkanisation » a repris de plus belle depuis l’élection de Félix Tshisekedi, brandie par une opposition congolaise qui n’a aucun intérêt à ce que la paix revienne en RDC et qui attise la haine contre les Rwandais et les Congolais d’expression rwandaise. Une imposture pure et simple.

On croirait presque regarder un documentaire sur les guerres du XXème siècle dans les Balkans, montrant l’émiettement géographique de cette péninsule, jadis unifiée par l’empire Ottoman, en une myriade d’États. À la différence que la scène se passe dans les rues de Kinshasa en 2020 et que les manifestants ne sont ni Hongrois ni Turcs mais Congolais, et scandent : « Non à la balkanisation de la RDC ! »

Dans la région des Grands Lacs, le terme de « balkanisation » apparaît à la fin des années 1990, à l’époque des invasions de l’ex-Zaïre par le Rwanda et l’Ouganda. Les Zaïrois craignent alors que leurs deux voisins ne reprennent les territoires qui leur avaient autrefois appartenu avant le partage de l’Afrique. Il n’en sera rien.

Le concept refait surface après l’installation de Joseph Kabila au pouvoir, en 2001. Ses détracteurs l’accusent de dissimuler des origines rwandaises et d’être partie prenante à un grand complot international dont l’objectif serait de morceler l’État-continent tout en le dépossédant de ses provinces orientales, riches en minerais, au profit du Rwanda.

La récente accession au pouvoir de Félix Tshisekedi n’a apparemment rien arrangé. La vieille rengaine a repris de plus belle, alimentée cette fois par la coalition Lamuka, du candidat malheureux Martin Fayulu, officiellement arrivé second du scrutin présidentiel, mais aussi par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui avait présenté ce dernier comme le véritable vainqueur de l’élection. Lamuka, tout comme la Cenco, n’a pas digéré la défaite électorale de Fayulu.

Attiser la haine

De son côté, à peine élu, le président Félix Tshisekedi s’est efforcé de normaliser les relations avec le Rwanda, avant de déployer un important effectif des forces armées congolaises à l’est de la RDC pour combattre les groupes armés qui y sévissent. Les FARDC y ont enregistré certains succès, reprenant le contrôle de territoires jusque-là gangrenés par ces milices. De sorte que si projet de balkanisation il y a avait, les risques qu’il se concrétise tendent désormais vers zéro.

Cette opposition préfère attiser la haine contre les Rwandais et les Congolais d’expression rwandaise afin de saper les efforts de rapprochement entre le Rwanda et la RDC

Mais l’opposition n’a aucun intérêt à ce que la paix revienne en RDC. Ces 25 dernières années, le climat d’insécurité dans l’est du pays a permis aux seigneurs de guerre de s’enrichir et de faire carrière dans la politique ou dans l’armée. L’ADF-Nalu, par exemple, que l’on croyait être une milice ougandaise, s’est avérée être un groupe autochtone nandé financé par un politicien déchu de l’ère Kabila, Mbusa Nyamwisi, qui vit actuellement en Ouganda.

Alors que la RDC est en passe de sortir d’un chaos qui aura duré plus de vingt ans, notamment grâce à une bonne coopération avec ses voisins de l’Est, cette opposition préfère attiser la haine contre les Rwandais – sous-entendu : les Tutsi – et contre les Congolais d’expression rwandaise, afin de saper les efforts de rapprochement entre le Rwanda et la RDC.

Imposture

Le drame est que la théorie de balkanisation est une accusation en miroir. Pendant que l’actuel coordonnateur de la plateforme d’opposition Lamuka et ancien Premier ministre Adolphe Muzito déclare ouvertement son intention d’attaquer le Rwanda et de l’annexer si possible, la même opposition accuse le Rwanda de nourrir une ambition de « balkanisation ». Alors qu’ils accusaient Joseph Kabila à l’époque, puis Félix Tshisekedi à présent de coopérer avec le Rwanda, eux-mêmes avaient collaboré avec Kigali par le passé. Une imposture pure et simple.

De plus, à l’ère de la Zone de libre-échange de l’Union africaine, et alors que la RDC vient de demander à intégrer l’East African Community (EAC), la perspective d’annexion de territoires étrangers apparaît totalement farfelue.

Au lieu de proposer des solutions aux problèmes réels auxquels font face les Congolais, c’est-à-dire le chômage, le manque d’industrialisation ou la dégradation des infrastructures – autant de carences pouvant pousser une jeunesse désœuvrée à basculer dans la délinquance ou à s’enrôler dans les rangs les milices armées – l’opposition congolaise préfère pourtant échauffer les esprits de ses concitoyens autour de vieilles chimères.

Fustiger le Rwanda ou tout autre pays de la région n’améliore pas la productivité, cela ne crée pas d’emploi ni n’apportera la prospérité. Ceux qui parlent de balkanisation ne se sont visiblement jamais rendus à la frontière entre le Rwanda et la RDC, l’une des plus fréquentées au monde, pas plus qu’ils n’ont écouté le témoignage des vendeuses qui la traversent plusieurs fois par jour pour gagner leur vie.

La vraie richesse du Congo, c’est son peuple. Partout en Afrique, les ressources naturelles ne profitent qu’aux multinationales qui les exploitent et à quelques dirigeants, qui en reçoivent des miettes ainsi que des garanties de protection de leur régime. Avec Félix Tshisekedi, la RDC a une chance de devenir une nation pacifiée, qui va de l’avant. Mais cela doit passer par l’inclusion des diverses communautés qui constituent sa véritable richesse.

Désigner le Rwanda à la vindicte en le faisant passer pour l’ennemi commun est une lubie certes fédératrice mais aussi vaine qu’éphémère.

Par Gatete Nyiringabo, avocat rwandais spécialisé dans les droits de l’homme. Il est également blogueur.

Le Rwanda va accueillir des Africains retenus dans des camps libyens

septembre 10, 2019

 

Le Rwanda a signé ce mardi un accord avec l’Union africaine (UA) et le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) en vue d’accueillir temporairement des réfugiés et demandeurs d’asile africains bloqués en Libye, un accord que l’UA espère répliquer avec d’autres nations du continent.

«Nous recevrons un nombre initial de 500 (personnes) dans quelques semaines», a déclaré Hope Tumukunde Gasatura, représentante permanente du Rwanda à l’UA, lors d’une conférence de presse à Addis Abeba, aux côtés de représentants de l’organisation panafricaine et du HCR. Ce premier groupe est «composé principalement de personnes originaires de la Corne de l’Afrique», ont précisé l’UA et l’ONU dans un communiqué. Elles seront accueillies dans un centre de transit au Rwanda avant d’être relocalisées dans d’autres pays ou, si elles le veulent, retourner dans leur propre pays.

Germaine Kamayirese, la ministre rwandaise chargée des mesures d’Urgence, a déclaré à la presse à Kigali que certains réfugiés «pourraient recevoir l’autorisation de rester au Rwanda». En raison du chaos qui a suivi la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point de passage important pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l’Europe.

L’ONU estime que 42.000 réfugiés africains se trouvent actuellement en Libye, a affirmé Cosmas Chanda, représentant du HCR auprès de l’UA. «Nous avons désespérément cherché des solutions pour ces gens (…), de moins en moins de pays à travers le monde sont prêts à accueillir des réfugiés», a-t-il dit.

Le président rwandais, Paul Kagame, avait proposé dès novembre 2017 d’accueillir des Africains bloqués en Libye, dans la foulée d’un reportage de CNN montrant ce qui ressemblait à un marché d’esclaves. La question a une nouvelle fois pris de l’importance dernièrement après la mort en juillet de 40 personnes, tuées par une frappe aérienne sur un centre de détention de migrants à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli.

Le gouvernement rwandais se dit prêt à accueillir dans son centre de transit jusqu’à 30.000 Africains bloqués en Libye, mais uniquement par groupes de 500, afin d’éviter que le pays ne soit débordé. «C’est un moment historique, parce que des Africains tendent la main à d’autres Africains», s’est réjouie Amira Elfadil, commissaire de l’UA aux Affaires sociales. «Je suis convaincue que cela fait partie des solutions durables». L’UA espère que d’autres pays africains accepteront de fournir une aide similaire.

Depuis 2017, le HCR a «évacué» plus de 4400 réfugiés et demandeurs d’asile depuis la Libye, dont 2900 via un centre de transit au Niger et 425 via un centre de transit en Roumanie. Mais l’agence onusienne a été critiquée pour sa gestion des mécanismes de transit. Le centre de transit au Niger a rapidement été surpeuplé, tandis que les demandes d’asile ont été traitées avec lenteur.

Le Rwanda et le HCR ont «appris de l’expérience au Niger, et nous avons amélioré la procédure», a soutenu Cosmas Chanda, reconnaissant toutefois que «le processus sera très long». Selon Hope Tumukunde Gasatura, les réfugiés et demandeurs d’asile seront accueillis dans des installations qui ont déjà été utilisées par des réfugiés burundais fuyant la crise dont leur pays est le théâtre depuis 2015.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Cinq rhinocéros d’un zoo tchèque ont été réinstallés au Rwanda

juin 25, 2019

 

Cinq rhinocéros noirs, une sous-espèce en danger critique, ont été réinstallés avec succès lundi dans le parc national de l’Akagera, au Rwanda, après un long voyage en provenance d’un zoo de la République tchèque, ont annoncé des responsables du parc. C’est la deuxième fois que des rhinocéros sont transférés au Rwanda. En 2017, l’Afrique du Sud avait offert à Kigali 17 rhinocéros noirs, un don qui avait permis de réintroduire ces animaux qui avaient disparus depuis plus d’une décennie au Rwanda à cause d’un braconnage intensif.

Cette population initiale de rhinocéros noirs a atteint 20 individus dans ce parc, situé dans l’est du pays et considéré comme un excellent habitat pour ces animaux. «Cette réussite unique marque l’aboutissement d’un effort international sans précédent pour améliorer les perspectives de survie d’une sous-espèce de rhinocéros en danger critique dans la nature», a déclaré Jes Gruner, qui dirige le Parc national de l’Akagera.

«Leur arrivée marque aussi une étape importante dans la re-dynamisation en cours de l’Akagera et souligne l’engagement du pays dans la préservation» de la nature, a-t-il ajouté. Les rhinocéros avaient commencé leur voyage dimanche, après des mois de préparation au Safari Park Dvur Králové, en République tchèque. Les deux mâles et les trois femelles, nécessaires à l’élargissement du patrimoine génétique dans le parc, vivront dans des espaces fermés, afin de favoriser leur adaptation et leur taux de survie.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il reste environ 5000 rhinocéros noirs à l’état sauvage, ce qui les place parmi les animaux les plus menacés du monde. Le Rwanda a aussi réintroduit des lions d’Afrique du Sud en 2015 alors qu’ils avaient disparu dans le pays depuis une quinzaine d’années.

«Grâce à une décennie seulement d’un management marqué par une meilleure application des lois et des initiatives fortes des communautés et en matière économique, le braconnage a été pratiquement éliminé, des espèces clés, dont les lions et les rhinos, sont revenues, l’accent a été mis sur un soutien important à la préservation et le tourisme est dynamique, conduisant l’Akagera à être autofinancé à 80%», a souligné dans un communiqué l’organisation African Parks qui a assisté à l’installation des rhinocéros.

Le Rwanda, qui a connu un essor spectaculaire depuis le génocide ayant fait 800.000 morts en 1994, ambitionne de devenir l’une des cinq premières destinations de safari et d’attirer davantage de touristes, notamment pour admirer les gorilles des montagnes. Il a accueilli 1,3 million de visiteurs en 2017 et le tourisme est le secteur rapportant le plus de devises au pays, selon des chiffres officiels.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC/Kinshasa : Arrivée des présidents Rwandais et Angolais aux obsèques d’Étienne Tshisekedi

mai 31, 2019

 

Publiée le 31 mai 2019 par Ma MissionTV