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Cinq rhinocéros d’un zoo tchèque ont été réinstallés au Rwanda

juin 25, 2019

 

Cinq rhinocéros noirs, une sous-espèce en danger critique, ont été réinstallés avec succès lundi dans le parc national de l’Akagera, au Rwanda, après un long voyage en provenance d’un zoo de la République tchèque, ont annoncé des responsables du parc. C’est la deuxième fois que des rhinocéros sont transférés au Rwanda. En 2017, l’Afrique du Sud avait offert à Kigali 17 rhinocéros noirs, un don qui avait permis de réintroduire ces animaux qui avaient disparus depuis plus d’une décennie au Rwanda à cause d’un braconnage intensif.

Cette population initiale de rhinocéros noirs a atteint 20 individus dans ce parc, situé dans l’est du pays et considéré comme un excellent habitat pour ces animaux. «Cette réussite unique marque l’aboutissement d’un effort international sans précédent pour améliorer les perspectives de survie d’une sous-espèce de rhinocéros en danger critique dans la nature», a déclaré Jes Gruner, qui dirige le Parc national de l’Akagera.

«Leur arrivée marque aussi une étape importante dans la re-dynamisation en cours de l’Akagera et souligne l’engagement du pays dans la préservation» de la nature, a-t-il ajouté. Les rhinocéros avaient commencé leur voyage dimanche, après des mois de préparation au Safari Park Dvur Králové, en République tchèque. Les deux mâles et les trois femelles, nécessaires à l’élargissement du patrimoine génétique dans le parc, vivront dans des espaces fermés, afin de favoriser leur adaptation et leur taux de survie.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il reste environ 5000 rhinocéros noirs à l’état sauvage, ce qui les place parmi les animaux les plus menacés du monde. Le Rwanda a aussi réintroduit des lions d’Afrique du Sud en 2015 alors qu’ils avaient disparu dans le pays depuis une quinzaine d’années.

«Grâce à une décennie seulement d’un management marqué par une meilleure application des lois et des initiatives fortes des communautés et en matière économique, le braconnage a été pratiquement éliminé, des espèces clés, dont les lions et les rhinos, sont revenues, l’accent a été mis sur un soutien important à la préservation et le tourisme est dynamique, conduisant l’Akagera à être autofinancé à 80%», a souligné dans un communiqué l’organisation African Parks qui a assisté à l’installation des rhinocéros.

Le Rwanda, qui a connu un essor spectaculaire depuis le génocide ayant fait 800.000 morts en 1994, ambitionne de devenir l’une des cinq premières destinations de safari et d’attirer davantage de touristes, notamment pour admirer les gorilles des montagnes. Il a accueilli 1,3 million de visiteurs en 2017 et le tourisme est le secteur rapportant le plus de devises au pays, selon des chiffres officiels.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC/Kinshasa : Arrivée des présidents Rwandais et Angolais aux obsèques d’Étienne Tshisekedi

mai 31, 2019

 

Publiée le 31 mai 2019 par Ma MissionTV

La Rwandaise Louise Mushikiwabo se retrouve aux commandes de l’OIF

octobre 12, 2018
Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
© LUDOVIC MARIN Sommet de la Francophonie : les États membres passent au vote
 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé par consensus une nouvelle secrétaire générale à sa tête, vendredi. Au terme d’une réunion à huis clos, les États membres réunis à Erevan, en Arménie, ont donné leur aval à la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

L’élection de Mme Mushikiwabo met un terme au mandat de Michaëlle Jean, dont la réputation a été ternie par la mise en lumière de dépenses de fonctions jugées extravagantes.

L’ancienne journaliste et politicienne canadienne avait livré la veille un ultime plaidoyer, lors du Sommet de la Francophonie, dénonçant entre les lignes le consensus autour de sa rivale.

Le régime rwandais a tour à tour été pointé du doigt par des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch pour la répression exercée contre les opposants politiques et l’important recul encaissé sur la question des droits et libertés.

Mme Jean a malgré tout vu ses chances s’envoler lorsque Québec et Ottawa ont annoncé qu’ils n’appuieraient pas sa candidature.

Celle qui est numéro deux du gouvernement de Kigali a réussi à obtenir le soutien de la France, principal bailleur de fonds de l’OIF, ainsi que l’appui d’une flopée de pays de l’Union africaine.

« L’épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo », a ainsi souligné le président français Emmanuel Macron, jeudi, au premier jour du sommet.

Outre la question des droits de l’homme, le Rwanda a aussi été l’objet de critiques en raison de la place qu’occupe le français au pays. L’anglais a pris le dessus en devenant la langue obligatoire à l’école. Par ailleurs, c’est en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre des Affaires étrangères.

Le plurilinguisme n’est toutefois pas contraire à la défense du français, a estimé le président Macron. « Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme », a-t-il lancé.

La nomination de Louise Mushikiwabo consacre le retour du continent à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains depuis sa création, en 1970, mis à part une parenthèse canadienne.

L’Organisation internationale de la Francophonie réunit 84 États et gouvernements, dont 26 observateurs et quatre « membres associés ». L’Afrique regroupe 27 des 54 États membres ayant droit de vote.

Selon l’OIF, 85 % des francophones en 2050 vivront sur le continent africain, soit un total de 700 millions, contre 274 millions aujourd’hui.

Radio-canada.ca avec Agence France-Presse

Francophonie: Le Pen et Mélenchon dénoncent le soutien français à la candidate rwandaise

octobre 11, 2018

Paris – L’extrême droite et l’extrême gauche françaises ont critiqué mercredi le soutien apporté par la France à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

« Je suis indignée que la France puisse soutenir une ministre de Kagame (le président du Rwanda, NDLR) qui est violemment anti-française, d’un pays qui a choisi de faire de l’anglais sa langue d’enseignement, sa langue d’administration, qui a tourné le dos au français », a déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Mme Mushikiwabo, « de surcroît, a sur la France, des propos qui sont presque insultants », a affirmé la finaliste de la dernière élection présidentielle, sans préciser à quelles déclarations elle faisait référence.

« Que le président de la République puisse soutenir cette candidature, c’est absolument incompréhensible », a ajouté la dirigeante d’extrême droite.

Le dirigeant de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a estimé jeudi que le président français Emmanuel Macron était « l’ennemi de la francophonie » en soutenant la candidate d’un Rwanda « grossièrement anglophile ».

« Macron se fait l’ennemi de la francophonie. Il montre sa fascination morbide pour la langue du libéralisme et des États-Unis », a affirmé le député d’extrême gauche dans un communiqué.

Mme Mushikiwabo est l’actuelle ministre des Affaires étrangères du Rwanda, « c’est-à-dire une membre du régime dictatorial de Paul Kagame (…) au pouvoir depuis 18 ans », a ajouté l’ex-candidat à l’élection présidentielle française.

La France a décidé de soutenir la candidature de la ministre rwandaise, geste de réchauffement dans les relations tendues entre Paris et Kigali, près d’un quart de siècle après le guerre au Rwanda et le génocide.

Le président Kagame, dirigeant du Front patriotique rwandais (FPR) qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide, accuse les autorités françaises d’avoir soutenu le pouvoir hutu et d’avoir été un acteur des tueries, ce que Paris a toujours fermement démenti.

La Francophonie, réunie à partir de jeudi à Erevan en Arménie, devrait nommer à sa tête cette diplomate rwandaise de 57 ans, consacrant ainsi la victoire d’une candidature africaine face à la sortante canadienne Michaëlle Jean. Avant Mme Jean, les deux précédents dirigeants de la Francophonie étaient africains. Le continent est le principal vivier de locuteurs francophones au monde.

M. Kagame, président en exercice de l’Union africaine, a jeté tout son poids derrière la candidature de Mme Mushikiwabo, qui a suscité des réserves, son pays étant dénoncé par certaines ONG pour des violations des droits de l’homme.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h07)                               

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire libérée de prison

septembre 15, 2018

Cette photo du 7 avril 2010 montre l’opposante rwandaise Victoire Ingabire à son domicile de Kigali.n / © AFP/Archives / Bertrand GUAY

Une des principales figures de l’opposition rwandaise, Victoire Ingabire, est sortie de prison samedi dans le cadre de la libération anticipée de plus de 2.000 prisonniers décidée la veille par le président Paul Kagame qui dirige son pays d’une main de fer depuis près d’un quart de siècle.

« Je remercie le président qui a permis cette libération », a dit l’opposante alors qu’elle quittait la prison de Mageragere dans la capitale rwandaise, Kigali.

« J’espère que cela marque le début de l’ouverture de l’espace politique au Rwanda », a-t-elle ajouté, appelant M. Kagame à « libérer d’autres prisonniers politiques ».

La libération surprise de 2.140 détenus, dont Mme Ingabire et le chanteur Kizito Mihigo, a été décidée lors d’un conseil des ministres vendredi, au cours duquel une mesure de grâce présidentielle a été approuvée.

« Le conseil des ministres présidé par le président Paul Kagame a approuvé aujourd’hui la libération anticipée de 2.140 condamnés auxquels les dispositions de la loi leur donnaient droit », a précisé un communiqué du ministère de la Justice.

« Parmi eux figurent M. Kizito Mihigo et Mme Victoire Ingabire Umuhoza, dont le reste de la peine a été commuée par prérogative présidentielle à la suite de leur dernières demandes de clémence déposées en juin de cette année », a ajouté le texte.

Mme Ingabire avait été arrêtée en 2010 peu de temps après son retour au Rwanda alors qu’elle voulait se présenter à la présidentielle contre Paul Kagame comme candidate du parti des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), une formation d’opposition non reconnue par les autorités de Kigali.

Cette économiste hutu, qui n’était pas au Rwanda pendant le génocide, avait avant cela passé 17 ans en exil aux Pays-Bas.

Elle purgeait une peine de 15 ans de prison prononcée en 2013 par la Cour suprême pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre » et « minimisation du génocide de 1994 » qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Kigali l’avait accusée d’avoir nié la réalité du génocide en demandant que les auteurs de crimes contre les Hutu soient eux aussi jugés.

Kizito Mihigo, un chanteur très populaire au Rwanda, avait été arrêté en 2015 et condamné à dix ans de prison pour conspiration en vue d’assassiner le président.

Réélu en août 2017 pour un troisième mandat de sept ans, Paul Kagame est crédité de l’important développement d’un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi régulièrement accusé de bafouer la liberté d’expression et de museler toute opposition.

– Francophonie –

En novembre, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) avait estimé que la condamnation de Mme Ingabire avait violé ses droits à la liberté d’expression et à une défense adéquate.

La Cour d’Arusha avait cependant souligné qu’elle n’était pas une instance d’appel des décisions de la justice rwandaise et avait refusé d’ordonner une révision du procès ainsi qu’une libération conditionnelle.

Eugène Ndahayo, ancien vice-président des FDU aux côtés de Victoire Ingabire, s’est réjoui de sa libération tout en s’interrogeant sur ses motifs.

« Nous sommes dans un contexte d’élections au niveau de l’Organisation internationale de la Francophonie et que (la candidature de) Madame (Louise) Mushikiwabo, l’actuelle ministre des Affaires étrangères, a été présentée et que cette candidature est contestée à cause de la question des droits de l’homme au Rwanda », a-t-il dit à Radio France Internationale (RFI).

Mme Mushikiwabo est soutenue par la France pour devenir la prochaine secrétaire générale de l’OIF, qui sera désignée au sommet de la Francophonie les 11 et 12 octobre en Arménie.

Une autre opposante, Diane Rwigara, qui avait voulu défier le président Kagame en 2017, avait été bloquée par la commission électorale. Elle a ensuite été arrêtée et accusée de trahison. Son procès est en cours.

Le Rwanda est doté par sa Constitution d’un système multipartiste mais la plupart des partis reconnus soutiennent le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir depuis 24 ans.

Toutefois, le Parti démocratique vert de Frank Habineza, seul parti d’opposition toléré, a obtenu 5% des suffrages aux législatives de début septembre, obtenant deux sièges de députés sur les 80 que compte la chambre basse.

En 2015, une réforme de la Constitution adoptée par référendum permet à Paul Kagame de se présenter pour un nouveau mandat et de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

Romandie.com avec(©AFP / (15 septembre 2018 13h07)

RDC: les accusations de « complot » contre le Rwanda des services de sécurité congolais sont-elles crédibles ?

mai 20, 2018

 

Un soldat congolais au nord de Goma, dans l’est de la RDC, le 25 octobre 2013. © Joseph Kay/AP/SIPA

Arrêtée fin avril à la frontière rwando-congolaise, Brigitte Safari Misabiro, épouse d’un cadre de l’ex-groupe rebelle M23, a été transférée le 11 mai à Kinshasa. Selon les services de renseignement congolais, elle serait au cœur d’un « complot » de Kigali contre Joseph Kabila. Décryptage.

« L’armée congolaise prend cette affaire très au sérieux et se prépare avec tous ses moyens à faire échec à cet énième complot. » Sur WhatsApp, un haut-responsable des Forces armées de la RDC (FARDC), proche du président Joseph Kabila, nous confie que Kinshasa soupçonne une tentative de déstabilisation des institutions congolaises, avec la complicité de Kigali.

Officiellement, tout est parti de l’interpellation, le 23 avril, de Brigitte Safari Misabiro, épouse de Désiré Rwigema, le coordonnateur en charge du suivi de la mise en oeuvre de la « déclaration de Nairobi », conclue fin 2013 entre son ex-groupe armé Mouvement du 23 mars (M23) et le gouvernement congolais. Cette quadragénaire, présentée comme une ressortissante rwandaise, a été arrêtée à la « petite barrière » qui sépare la RDC du Rwanda avant d’être transférée, le 11 mai, à Kinshasa où elle est toujours détenue.

Un (nouveau) mouvement rebelle en gestation ?

Les agents de renseignement militaire affirment avoir trouvé sur elle des documents compromettants liés à un projet de constitution d’un mouvement insurrectionnel dénommé « Front pour la restauration du Congo ». « Ces documents, saisis dans son sac, devaient être remis à quelqu’un à Goma », croit savoir notre source au sein du quartier général des FARDC à Kinshasa. À l’en croire, Brigitte Safari Misabiro « refuse de dénoncer » la personne à qui ces cinq pages partiellement manuscrites étaient destinées.

Le M23, qui demande la « libération immédiate » de Brigitte Safari Misabiro, se dit « très préoccupé » par le fait que cette dernière « n’a jamais été présentée devant son juge naturel pour répondre de probables faits infractionnels allégués contre elle ». « Son état de santé est inquiétant : elle souffre de la tension artérielle », fait savoir Bertrand Bisimwa, chef de l’ex-groupe rebelle, dans une correspondance adressée le 4 mai au bureau du Mécanisme conjoint de vérification de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL).

Voix discordantes à Kinshasa

Contactés, les services de renseignement militaire congolais disent poursuivre une « exploitation approfondie » des documents. Mais ils pointent déjà, une fois encore, Moïse Katumbi qui serait, selon eux, derrière cette nouvelle affaire. « Nous estimons que l’orgueil de Katumbi a pris de l’altitude depuis son passage à Kigali et les tractations entre ses délégués et quelques personnalités à Kampala entre le 8 et le 20 avril », répond un officier proche du dossier.

Ça devient grotesque et ridicule », estime le député Delly Sesanga

Selon lui, ces hommes de Katumbi y étaient accompagnés de Mbusa Nyamwisi, cadre lui-aussi de la plateforme katumbiste Ensemble pour le changement et étaient « logés à Nakasero, près du Stage House à Kampala, dans une des résidences du général Salim Saleh, membre de la famille du président [Yoweri] Museveni ». Ce qui lui fait dire qu’il y a un « complot en préparation contre la RDC » depuis Kampala et Kigali, où, soutient cet officier, aurait été « repérée plusieurs fois dans le cercle présidentiel rwandais, entre octobre 2017 et mars 2018, l’épouse de Katumbi ». Ce que Kigali et l’entourage de l’opposant démentent catégoriquement.

« Ça devient grotesque et ridicule », se désole le député Delly Sesanga, secrétaire général d’Ensemble pour le changement. Outre une information judiciaire ouverte contre Katumbi pour usurpation de la nationalité, ce candidat déclaré à la présidentielle, contraint à l’exil, est déjà inculpé dans une rocambolesque affaire de recrutement de présumés mercenaires et condamné à trois ans de prison dans un autre étrange litige immobilier. Des « mascarades » dénoncées dans un rapport confidentiel des évêques congolais, consulté en mai 2017 par JA.

Aujourd’hui, étrangement, ces accusations graves portées par les services de sécurité congolais mettent mal à l’aise l’exécutif congolais. Joint par téléphone jeudi 17 mai, soit près d’un mois après l’arrestation de Brigitte Safari Misabiro, Henri Mova Sakanyi, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, a semblé ne pas être au courant du dossier. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, a quant à lui expliqué qu’il existe des « menaces contre la sécurité de la RDC » mais il indique n’avoir « aucune connaissance de ceux qui sont derrière ».

Kigali hausse le ton

À Kigali, les soupçons de Kinshasa ne passent pas. « Le Rwanda ne veut pas servir encore de bouc émissaire au profit d’un gouvernement en difficulté, qui voit les complots rwandais partout pour ne pas faire face à ses propres responsabilités », prévient une source gouvernementale rwandaise.

Du côté d’Ensemble pour le changement, on souligne que « Moïse Katumbi discute avec tous les dirigeants de la région et du monde pour plaider la cause du Congo, mais c’est Joseph Kabila qui a un lien avec le M23 : les deux parties ont signé un accord et certains ex-rebelles ont même intégré les institutions. » « En fait, conclut Delly Sesanga, Joseph Kabila est en train d’installer une dictature en voulant supprimer tous les adversaires du jeu politique. »

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RDC: début de polémique après un échange entre Moïse Katumbi et Paul Kagame

mai 1, 2018

 

L’opposant Moïse Katumbi, lors d’une conférence de presse à Paris, en juin 2016. © Ariane Grosset/AP/SIPA

La présence à Kigali de Moïse Katumbi n’est pas passée inaperçue. Le séjour de l’opposant congolais dans la capitale rwandaise les 28 et 29 avril, lors de la cérémonie de remise du prix Mo Ibrahim, a notamment été l’occasion d’un échange avec le président Paul Kagame, qui fait l’objet d’un début de polémique.

Interrogé par le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim sur la situation politique en RDC, le président Paul Kagame a déclaré samedi 28 avril que « les problèmes du Congo ne sont pas seulement des problèmes congolais ». « Le Congo a neuf voisins, chacun de nous est affecté par ce qui se passe au Congo. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Certains plus que d’autres, mais tout le monde est affecté. »

« C’est pourquoi, naturellement, les voisins ont la légitimité de faire quelque chose ou d’en dire quelque chose », a-t-il poursuivi. Des déclarations pouvant prêter le flanc à la controverse au regard de l’histoire entre les deux pays, jalonnée depuis près d’un quart de siècle par des accusations d’ingérence rwandaise dans les affaires congolaises.

« Le président a tout dit »

Mo Ibrahim cherche alors dans l’assistance Moïse Katumbi, présenté comme l’un des principaux opposants à Joseph Kabila, pour lui demander s’il a « quelque chose à ajouter à ce que le président [Paul Kagame] a dit ». « Je pense que je n’ai rien à ajouter pour le moment, je pense que le président a tout dit », lui répond Moïse Katumbi, donnant ainsi l’impression d’acquiescer aux propos du chef de l’État rwandais.

Sur les réseaux sociaux, ses détracteurs s’en sont donné à cœur joie, en rappelant le lourd passé de la guerre et des rébellions pléthoriques financées par Kigali à la fin des années 1990. « Moïse Katumbi refuse de pointer Paul Kagame du doigt pour son mauvais rôle dans l’instabilité de la RDC ! Quel rapport ne cite pas le nom du Rwanda dans l’agression du Congo ? Cet homme est-il vraiment informé de la situation congolaise ou vit-il sous d’autres cieux ? », s’interroge un internaute sur Twitter.

« Kabila ne me fait pas peur »

Lors de son passage à Kigali, l’opposant congolais – qui demeure la cible privilégiée du régime de Joseph Kabila – s’est également exprimé sur la perspective des élections prévues le 23 décembre prochain. « Si Kabila ne permet pas la tenue des élections, comme nous le soupçonnons parce qu’il ment beaucoup, eh bien il y a l’Union africaine et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Nous nous tournerons vers elles pour qu’elles agissent », a-t-il déclaré.

Faisant référence à la date limite du dépôt des candidatures, Moïse Katumbi a souligné que « juillet arrive à grand pas ». « Je vais revenir en RDC, et Kabila ne me fait pas peur », a-t-il promis. Exilé en Europe depuis deux ans, l’homme d’affaires a maille à partir avec la justice congolaise, qui l’a condamné dans une affaire de spoliation immobilière et le poursuit pour le recrutement présumé de mercenaires.

Dernière affaire en date : sa nationalité italienne, qu’il a acquise le 3 octobre 2000 avant d’y renoncer le 13 janvier 2017, et qui lui vaut aujourd’hui d’être poursuivi pour « faux et usage de faux » – la Constitution congolaise disposant que la nationalité est « une et exclusive ».

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Rwanda: dans un livre a paraître, un ancien officier français brise l’omerta sur l’opération Turquoise

mars 7, 2018

 

Guillaume Ancel, 10 avril 2016. © Jean Saibienpeu /CC/wikipédia

Dans « Rwanda, la fin du silence », qui sortira en librairies le 16 mars, l’ex-officier Guillaume Ancel relate en détails plusieurs pans obscurs de l’opération Turquoise, en 1994, et les menaces reçues pour l’inciter à respecter la « loi du silence ».

Si Guillaume Ancel n’est pas le premier ex-officier français à avoir consacré un livre à son expérience au Rwanda durant l’opération Turquoise, en 1994, il est en revanche le seul à ce jour à y dénoncer « les errements » de cette intervention militaire controversée.

Dans Rwanda, la fin du silence, à paraître le 16 mars aux éditions Les Belles Lettres, cet ancien lieutenant-colonel revient en détail sur le déroulement de sa mission (25 juin-5 août 1994). « Sous le couvert d’une opération humanitaire destinée à mettre fin aux massacres, cet officier comprend vite que la France soutient le gouvernement génocidaire rwandais », résume la quatrième de couverture.

Il me fallait retranscrire intégralement ce que j’ai vécu en 1994, afin que cela ne soit plus jamais effaçable

Dans ce récit écrit à la première personne, Guillaume Ancel revient en outre sur les menaces, voilées ou plus explicites, qu’il a reçues depuis qu’il a rompu l’omerta en 1994 – notamment à travers une interview à Jeune Afrique, publiée en avril 2014 – sur le dossier sensible du rôle de la France durant le génocide des Tutsis.

« Pendant plus trois ans, j’ai livré des témoignages oraux à des journalistes ou lors de conférences, nous confie-t-il. J’ai fini par comprendre que ce n’était pas suffisant et qu’il me fallait retranscrire intégralement ce que j’ai vécu en 1994, afin que cela ne soit plus jamais effaçable. »

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Marché aux esclaves en Libye: le Rwanda prêt à accueillir 30.000 migrants africains

novembre 23, 2017

 

Un migrant subsaharien dans une geôle libyenne, en 2013. © Manu Brabo/AP/SIPA

Le Rwanda s’est dit prêt à accueillir jusqu’à 30 000 migrants africains vivant dans des conditions inhumaines en Libye, où une récente vente d’esclaves noirs à suscité l’indignation dans le monde.

« Le Rwanda discute actuellement pour voir comment il peut aider à accueillir des migrants prisonniers en Libye, a déclaré ce 22 novembre la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Le nombre et les moyens sont encore en discussion, mais le Rwanda estime à environ 30 000 le nombre de migrants pouvant être accueillis ».

À la suite de la diffusion le 14 novembre par la chaîne de télévision américaine CNN d’images montrant un marché aux esclaves où étaient vendus aux enchères des migrants noirs d’Afrique subsaharienne, le président de la commission de l’Union Africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a appelé à l’aide les pays du continent.

« Le Rwanda, comme le reste du monde, a été horrifié par la tragédie actuellement en cours en Libye où des hommes, des femmes et des enfants africains qui étaient sur la route de l’exil, ont été arrêtés et transformés en esclaves », a déclaré Louise Mushikiwabo.

« Crimes contre l’humanité»

« Étant donné la philosophie politique du Rwanda et notre propre histoire, nous ne pouvons pas rester silencieux quand des êtres humains sont maltraités et vendus aux enchères comme du bétail », a-t-elle ajouté.

Ce 22 novembre, la France a qualifié de « crimes contre l’Humanité » les ventes de migrants africains comme esclaves en Libye et demandé une réunion expresse du Conseil de sécurité des Nations unies sur ce sujet.

Cette pratique « relève de la traite des êtres humains », a déclaré le président français Emmanuel Macron à l’issue d’une rencontre avec son homologue guinéen Alpha Condé. « Ce qui s’est passé est scandaleux, inacceptable », a déclaré ce dernier, qui est aussi président en exercice de l’UA.

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Exécutions extra-judiciaires: Human Rights Watch accuse le Rwanda de « nier les meurtres »

novembre 3, 2017

Un blindé de l’armée rwandaise à Kigali le 30 août 2017. © AP/SIPA

 

Dans un récent rapport, la Commission nationale rwandaise des droits de l’homme accusait l’ONG américaine d’avoir menti sur les exécutions extra-judiciaires et d’avoir présenté comme assassinées des personnes toujours vivantes. Human Rights Watch maintient ses accusations, soupçonnant les autorités rwandaises d’avoir fait pression sur les familles.

Le bras de fer entre le Rwanda et Human Rights Watch (HRW) continue. Après avoir été accusée par Kigali d’avoir délibérément menti dans un rapport sur les exécutions extra-judiciaires dans le pays, l’ONG de défense des droits de l’homme persiste et signe.

HRW accuse les autorités rwandaises de chercher à « nier les meurtres » et d’avoir fait pression sur les familles des victimes. Selon les auteurs du rapport initial de HRW, ces dernières auraient été exécutées sommairement par les forces de sécurité.

Rapports, contre-expertises et contre-contre-enquêtes

Diffusé le 13 juillet dernier, le rapport « Tous les voleurs doivent mourir » recensait 37 cas d’exécutions extra-judiciaires, visant essentiellement des petits délinquants, commises par la police et les forces de sécurité. Mais le 9 octobre, la Commission nationale rwandaise des droits de l’homme (NCHR)  publiait un rapport en forme de contre-enquête. Selon la Commission rwandaise, sur les 37 personnes que l’ONG présente comme ayant été abattues par les forces de l’ordre, sept sont en réalité toujours vivantes, quatre seraient décédées de mort naturelle, et six autres dans des accidents.

Côté rwandais, la cause est entendue : Human Rights Watch ment. Faux, répond l’ONG, qui se livre à son tour à une contre-expertise de la contre-enquête de la NCHR, citant quelques cas emblématiques dont celui d’Elias Habyarimana, dont l’ONG affirme qu’il a été tué en mars.

« La NCHR a mis en avant une femme nommée Pelagie Nikuze qui a déclaré qu’Habyarimana est son mari et qu’il vit en Belgique », écrit HRW. Or l’ONG indique avoir « découvert que l’homme qui se trouve en Belgique est en fait une autre personne. L’homme tué en mars était un pêcheur qui n’avait jamais eu de passeport ».

HRW relève par ailleurs des « incohérences » dans les cas documentés par la Commission rwandaise, comme celui d’Alphonse Majyambere. Lors de sa conférence de presse, le 13 octobre, la NCHR a en effet présenté un homme portant ce nom, qui avait 64 ans selon sa carte d’identité. Mais le Alphonse Majyambere dont HRW a documenté l’exécution sommaire était, lui, né en 1981, soit âgé d’environ 35 ans au moment de son décès présumé.

Craintes pour les familles

HRW, qui se dit également très inquiète pour les familles des victimes, cite par ailleurs des témoignages selon lesquels des pressions auraient été exercées sur des proches des victimes.

Les autorités rwandaises sont peu disposées à tolérer les critiques

« Les autorités locales m’ont demandé si j’étais prêt à raconter aux autorités qui se rendraient dans notre village que [la victime] était morte à la suite d’une maladie à l’hôpital, mais j’ai refusé », déclare un proche. « J’ai vu comment elle a été tuée, et je ne pouvais pas changer la vérité. Quelques jours plus tard, j’ai été arrêté. »

« Les autorités rwandaises sont peu disposées à tolérer les critiques ou à faire de véritables efforts pour améliorer le bilan du pays en matière de droits humains », estime Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale de HRW, dans un communiqué publié le 1er novembre.

HRW sur la sellette au Rwanda

« Au lieu de discuter des conclusions avec Human Rights Watch – avant la publication –, comme cela a été demandé, et d’ouvrir des enquêtes sérieuses, les officiels rwandais ont présenté de fausses informations et ont menacé ceux qui osaient s’exprimer sur les meurtres », poursuit-elle.

L’ONG se retrouve plus que jamais sur la sellette au Rwanda. Le 19 octobre, le Parlement a recommandé au gouvernement de réévaluer sa relation avec Human Rights Watch afin que « les actes ignobles et diffamatoires contre le Rwanda et le peuple rwandais ne se poursuivent pas ».

Un député a même qualifié le directeur de l’ONG de « chien des génocidaires », reprenant les allégations du ministre de la Justice, Johnston Busingye, qui affirmait que des employés de l’ONG collaboraient avec les rebelles extrémistes hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), actifs dans l’est de la RDC.

Des accusations contre lesquelles l’ONG a dû se justifier, rappelant qu’elle avait déjà documenté par le passé les exactions des FDLR. Mais également que « les autorités rwandaises ont accusé à plusieurs reprises des personnes perçues comme des « opposants » au gouvernement de collaboration avec les groupes d’opposition ou les groupes armés exilés comme les FDLR ».

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