Posts Tagged ‘Ryad’

Arabie saoudite: le roi quitte l’hôpital après l’ablation de sa vésicule biliaire

juillet 30, 2020

 

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, âgé de 84 ans, a quitté jeudi l’hôpital après y avoir passé 10 jours pendant lesquels il a subi une ablation de la vésicule biliaire, ont annoncé les autorités et les médias officiels. «Le Gardien des deux Mosquées Saintes, le roi Salmane, quittant l’hôpital où Dieu lui a donné la santé et le bien-être», ont écrit les médias officiels en légende sous des photos le montrant en train de quitter le bâtiment.

Le ministère des Affaires étrangères a quant à lui diffusé sur Twitter une vidéo dans laquelle on voit le roi quitter l’hôpital, marchant avec une canne et accompagné d’un cortège dans lequel se trouve son fils, le prince héritier Mohammed ben Salmane. Il y a une semaine, le cabinet royal avait annoncé que le monarque avait subi une opération par laparoscopie pour lui ôter sa vésicule biliaire à l’hôpital King Faisal à Ryad. Il est rare que l’Arabie saoudite communique sur l’état de santé du monarque qui dirige depuis 2015 le royaume, le premier exportateur de pétrole brut du monde et la plus grande économie du monde arabe.

Depuis le début de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19, le souverain saoudien, l’un des dirigeants les plus âgés de la région, est rarement apparu en public. Mais il a continué à présider, en visioconférence, les réunions hebdomadaires du Conseil des ministres. Son hospitalisation a provoqué le report d’une visite à Ryad du premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

Sous le règne du roi Salmane, le royaume ultraconservateur qui applique une version rigoriste de l’islam a entamé des réformes économiques pour l’après-pétrole. Il a également opté pour une politique étrangère plus affirmée et est entré en guerre contre les rebelles yéménites, soutenus par l’Iran, son rival régional. L’Arabie saoudite a été confrontée à une série de controverses depuis que le fils du roi Salmane a été nommé prince héritier en juin 2017, en particulier après l’assassinat en octobre 2018 du journaliste saoudien et critique du pouvoir à Ryad, Jamal Khashoggi, au consulat de son pays à Istanbul.

Par Le Figaro avec AFP

Un journaliste saoudien critique de Ryad porté disparu à Istanbul

octobre 3, 2018

La fiancée turque de Jamal Khashoggi et ses amis attendent le 3 octobre 2018 devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il a été vu pour la dernière fois / © AFP / OZAN KOSE

Un journaliste saoudien critique du pouvoir à Ryad était mercredi porté disparu depuis plus de 24 heures à Istanbul après s’être rendu au consulat de son pays.

Rédacteur d’articles d’opinion pour le Washington Post notamment, Jamal Khashoggi, 59 ans, n’a pas été vu depuis qu’il est entré au consulat mardi vers 10H00 GMT.

« Nous avons été dans l’incapacité de joindre Jamal aujourd’hui et nous sommes très inquiets de savoir où il pourrait se trouver », a indiqué dans un communiqué le rédacteur en chef de la rubrique opinion du Washington Post, Eli Lopez.

« Nous surveillons la situation de près et essayons de réunir des informations. Ce serait injuste et scandaleux qu’il soit détenu en raison de son travail de journaliste et de commentateur », a-t-il déclaré.

La fiancée turque de M. Khashoggi campait depuis mercredi matin devant le consulat saoudien à Istanbul en quête de nouvelles au lendemain de sa disparition.

« Je n’ai reçu aucune nouvelle de lui depuis 13 heures (10H00 GMT) hier. Nous voulons savoir où il se trouve », a déclaré à l’AFP la fiancée, Hatice A., qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

« Nous voulons le voir sortir sain et sauf », a-t-elle ajouté.

Un ami de M. Khashoggi, Turan Kislakçi, à la tête d’une association turco-arabe de journalistes, a dit avoir contacté les autorités turques qui lui ont affirmé qu’elles « suivent l’affaire de près ».

« Nous sommes certains que Jamal est détenu à l’intérieur, sauf si le consulat a un tunnel », a-t-il déclaré à l’AFP.

– Silence des autorités turques –

Hatice A. a appelé le ministre turc des Affaires étrangères à contacter l’ambassadeur saoudien en Turquie pour s’enquérir du sort de M. Khashoggi, journaliste chevronné devenu critique du pouvoir saoudien ces derniers mois alors qu’il était auparavant considéré comme proche du gouvernement.

Selon elle, M. Khashoggi s’était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n’en est jamais ressorti.

« Il voulait obtenir un document saoudien certifiant qu’il n’était pas déjà marié », a-t-elle expliqué.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama / © AFP/Archives / MOHAMMED AL-SHAIKH

Aucune réaction à cette disparition n’a pu être obtenue auprès des autorités turques ni auprès du consulat ou de l’ambassade d’Arabie saoudite en Turquie.

M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une possible arrestation, après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l’intervention militaire de Ryad au Yémen.

Le département d’Etat américain a indiqué qu’il cherchait à en savoir davantage sur son sort.

Dans un article écrit pour le Washington Post en septembre 2017, M. Khashoggi écrivait: « Quand je parle de peur, d’intimidation, d’arrestations et de dénonciations publiques des intellectuels et des chefs religieux qui osent donner leur avis et que je vous dis que je viens d’Arabie saoudite, êtes-vous surpris? »

– Modernisation et répression –

Le même mois, M. Khashoggi avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les Frères musulmans, ce qui ne semble pas avoir plu à son employeur.

Si les autorités saoudiennes ont classé les Frères musulmans comme « organisation terroriste », la Turquie est quant à elle considérée comme l’un de leurs principaux soutiens.

Le hashtag « enlèvement de jamalkhoshoggi » est l’un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.

L’Arabie saoudite figure à la 169e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017.

Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes de la cause des femmes, s’est accentuée depuis.

M. Khashoggi est l’un de rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression. Dans l’un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités saoudiennes.

Romandie.com avec(©AFP / (03 octobre 2018 15h07)

Washington approuve la vente d’un bouclier anti-missiles à Ryad

octobre 6, 2017

Washington – Les Etats-Unis ont approuvé la vente d’un bouclier anti-missile Thaad à l’Arabie Saoudite pour 15 milliards de dollars, a annoncé vendredi le département d’Etat.

« Cette vente fait avancer les intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère des Etats-Unis et, à long terme, la sécurité de l’Arabie saoudite et de l’ensemble du Golfe face aux menaces de l’Iran et d’autres », a précisé le ministère américain des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cette annonce intervient au lendemain de la signature d’un accord préliminaire entre Ryad et Moscou ouvrant la voie à l’achat de systèmes russes de défense anti-aérienne S-400, ainsi qu’à leur production dans le royaume saoudien, allié traditionnel des Etats-Unis.

Le bouclier anti-missile Thaad (Terminal High-Altitude Area Defense), fabriqué notamment par les groupes américains Lockheed Martin et Raytheon, est conçu pour détruire les missiles balistiques de portées moyenne ou intermédiaire dans leur dernière phase d’approche en s’écrasant contre eux. Dans la région, il équipe déjà les systèmes de défense du Qatar et des Emirats arabes unis.

L’Arabie saoudite souhaitait acheter 44 lance-missiles Thaad , 360 intercepteurs de missiles, 16 stations de contrôle et 7 radars.

C’est l’un des systèmes de défense anti-missiles les plus performants au monde et la Chine a protesté après son déploiement en Corée du Sud début septembre.

Le département d’Etat a souligné qu’il conseillerait au Congrès d’approuver cette vente car elle « ne modifiera pas l’équilibre des forces dans la région ».

Des responsables américains s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont précisé à l’AFP que le montant de 15 milliards de dollars de cette vente –qui pourra être finalisée si le Congrès ne s’y oppose pas dans les 30 jours– fait partie des 110 milliards de dollars d’armement que le président Donald Trump avait promis à l’Arabie saoudite en mai.

Romandie.com avec(©AFP / 06 octobre 2017 22h37)                                            

Un ex-employé tue deux personnes dans une école à Ryad

mai 31, 2017

Une voiture de police devant une école privée de Ryad, la Kingdom School, où deux personnes ont été tuées, le 31 mai 2017 / © AFP / FAYEZ NURELDINE

Un ex-employé exclu d’une école privée à Ryad a ouvert le feu mercredi dans l’établissement tuant deux membres du personnel et blessant un troisième, a annoncé le directeur.

Cette rare fusillade du genre a eu lieu à la Kingdom School, qui était fermée en raison de vacances dans le royaume. L’école saoudienne appartient au groupe Kingdom Holding du prince Al-Walid ben Talal.

La police recherche le suspect d’origine irakienne, a indiqué à l’AFP une source de sécurité.

L’assaillant « a ouvert le feu sur les bureaux de l’administration. Il s’agit d’un employé hargneux qui a abattu deux membres du personnel et blessé un troisième », a indiqué dans un communiqué le directeur de l’établissement, Talal al-Maiman.

Il avait « été exclu de l’école il y a quatre ans pour des excès de colère et une personnalité instable », a-t-il ajouté.

Selon la source de sécurité, l’une des victimes est saoudienne et l’autre d’origine palestinienne. L’assaillant « a pris une arme et s’est rendu dans une salle de l’école où il a tué l’adjoint du directeur et l’un des employés », a-t-elle précisé.

La police considère cette affaire comme criminelle et « non pas comme un incident terroriste », selon la même source.

Selon le site d’information Sabq, proche des autorités, les tirs sont apparemment la conséquence de « désaccords antérieurs » entre le suspect et les victimes.

« Il y a eu des tirs à la Kingdom School à Ryad », avait annoncé auparavant l’ambassade des Etats-Unis à Ryad dans un tweet. « L’école (est) fermée, aucun enfant n’est présent », avait-elle ajouté, demandant aux ressortissants américains d' »éviter le secteur ».

Un photographe de l’AFP s’est rendu sur place et n’a pu observer qu’une voiture de police entrant dans le périmètre de l’établissement. La situation semblait calme.

L’AFP a cherché à joindre l’école sans succès.

La plupart des écoles en Arabie saoudite sont actuellement fermées pour des vacances.

Située dans le centre de Ryad, la Kingdom School a été inaugurée en 2000 et offre une éducation du jardin d’enfants au lycée. Elle propose des programmes saoudien et international.

Sur son site internet, elle précise que les écoles du groupe Kingdom Holding comptent plus de 4.000 élèves et 300 enseignants dans différents secteurs de Ryad.

Kingdom Holding a investi dans diverses entreprises, dont Citigroup et Time Warner.

Les fusillades meurtrières à caractère purement criminel sont rares dans le royaume.

En février 2016, un enseignant avait tué six employés du département de l’Education dans le sud du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mai 2017 18h39)                

Arabie Saoudite: A Ryad, Trump appelle les musulmans à se mobiliser contre l’extrémisme

mai 21, 2017

Le président américain Donald Trump, devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans, le 21 mai à Ryad / © AFP / MANDEL NGAN

Le président américain Donald Trump a appelé dimanche en Arabie saoudite les pays musulmans à lutter avec détermination contre l’extrémisme, voyant dans la lutte contre le terrorisme une bataille entre « le bien et le mal ».

Dans un discours très attendu prononcé à Ryad devant les représentants d’une cinquantaine de pays musulmans, M. Trump s’en est violemment pris à l’Iran accusé de « soutenir le terrorisme », à la grande satisfaction des monarchies sunnites du Golfe, dont l’Arabie saoudite, qui redoutent l’influence de leur grand rival chiite.

Se disant porteur d’un message « d’amitié, d’espoir et d’amour » du peuple américain, il a souligné la symbolique de son déplacement – son premier à l’étranger en tant que président – « au coeur du monde musulman ».

Contraste saisissant avec sa rhétorique de campagne – au cours de laquelle il avait affirmé « l’islam nous déteste » -, le magnat de l’immobilier a longuement insisté sur le fait que ce combat n’était pas « une bataille entre religions ».

« C’est une bataille entre des criminels barbares qui essaient d’anéantir la vie humaine et des gens bien de toutes religions qui cherchent à la protéger », a-t-il lancé.

Terre sacrée

« C’est une bataille entre le bien et le mal », a ajouté celui qui a été accusé d’alimenter l’islamophobie et qui, au début de sa campagne, avait proposé de fermer purement et simplement l’accès aux Etats-Unis aux musulmans.

Le président américain, dont le pays combat sans relâche depuis 2014 le groupe radical sunnite Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, a aussi insisté sur la nécessité pour les Etats du Proche-Orient et du Golfe de jouer un rôle plus actif dans la lutte antiterroriste.

Il a appelé les dirigeants musulmans à faire face à « la crise de l’extrémisme islamique », expression sensiblement différente de celle de « terrorisme islamique radical » qu’il avait largement utilisée jusqu’ici mais qui avait provoqué des grincements de dents dans le monde musulman.

Preuve des débats qui traversent son équipe sur cette question sensible, il s’est au dernier moment écarté des extraits qui avait été diffusés à l’avance par la Maison Blanche.

M. Trump a exhorté les dirigeants musulmans à n’offrir aucun « refuge » aux terroristes, à les « chasser » de leurs communautés et de leurs lieux de culte.

« L’Amérique est prête à être à vos côtés (…) mais les pays du Proche-Orient ne peuvent attendre que la puissance américaine écrase l’ennemi pour eux », a-t-il insisté.

« Le chemin vers la paix commence ici, sur cette terre ancienne, cette terre sacrée », où se trouvent des lieux saints de l’islam (La Mecque et Médine), a-t-il encore dit.

Soulignant que peu de nations avait été épargnées par le terrorisme, l’ex-homme d’affaires de New York a évoqué « les atrocités » du 11-Septembre, mais aussi toutes les victimes en Europe, en Afrique ou Asie. Mais il aussi appelé à ne jamais oublier que « 95% » des victimes sont des musulmans.

Isoler’ l’Iran –

Comme c’est le cas depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump s’est gardé de toute critique sur la question des droits de l’Homme, devant un parterre de dirigeants dont nombre d’entre eux sont régulièrement montrés du doigt par les organisations internationales.

Revendiquant un contraste marqué avec son prédécesseur démocrate Barack Obama sur ce thème, M. Trump assure qu’il préfère agir dans la discrétion, gage, selon lui, d’une plus grande efficacité.

« Nous ne sommes pas ici pour donner des leçons, nous ne sommes pas ici pour dire aux autres comment vivre », a-t-il affirmé.

« Un discours ne peut peser plus que des années de rhétorique anti-musulmans », a réagi le Council on American-Islamic Relations, réclamant au président républicain « de nouvelles politiques et des actes concrets ».

Sur l’Iran, pays avec lequel les Etats-Unis sont en brouille depuis plusieurs décennies, M. Trump a accusé ce pays d’attiser « les feux du conflit confessionnel et du terrorisme ».

« En attendant que le régime iranien montre sa volonté d’être un partenaire dans la paix, toutes les nations (…) doivent travailler ensemble pour l’isoler », a-t-il dit.

Quelques minutes avant lui, le roi Salmane d’Arabie saoudite s’était livré à une attaque en règle contre l’Iran qu’il a qualifié de « fer de lance du terrorisme mondial ».

Les actions de Téhéran expliquent clairement « pourquoi l’Iran n’est pas présent ici aujourd’hui » au sommet, a déclaré plus tard le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson.

Le président américain a multiplié dimanche les rencontres avec des dirigeants de la région, dont ceux des monarchies du Golfe et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

L’accueil royal réservé à M. Trump en Arabie saoudite, où il est venu avec son épouse Melania, sa fille Ivanka et le mari de cette dernière Jared Kushner, contraste avec la tempête politique à Washington marquée par des révélations accablantes sur des liens entre la garde rapprochée du président américain et la Russie.

M. Trump devait rejoindre lundi matin Israël, deuxième étape d’un voyage qui le mènera aussi dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’Otan et du G7.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2017 19h33)                      

Arabie Saoudite: Trump appelle les dirigeants musulmans à lutter contre l’extrémisme

mai 21, 2017

Le président Donald Trump à Ryad, le 21 mai 2017 / © AFP / MANDEL NGAN

Le président américain Donald Trump devait appeler dimanche à Ryad les dirigeants musulmans à lutter avec détermination contre « l’extrémisme islamiste », dans un discours très attendu à travers le monde.

Selon des extraits du texte diffusés à l’avance par la Maison Blanche, M. Trump, qui a entamé samedi en Arabie saoudite sa première tournée à l’étranger, devait insister sur la nécessité pour les pays du Proche-orient et du Golfe de jouer un rôle plus actif dans la lutte antiterroriste.

Prenant ses distances avec une rhétorique de campagne, où il avait été accusé d’alimenter l’islamophobie, le président américain devait aussi longuement insister sur le fait que ce combat n’était pas « une bataille entre religions ».

« C’est une bataille entre des criminels barbares qui essaient d’anéantir la vie humaine et des gens bien de toutes religions qui cherchent à la protéger », devait-il lancer devant une trentaine de dirigeants de pays musulmans réunis dans la capitale saoudienne.

« C’est une bataille entre le bien et le mal », devait ajouter le président républicain qui, au début de sa campagne électorale, avait proposé de fermer purement et simplement l’accès aux Etats-Unis aux musulmans.

Pas ici pour donner des leçons

Il devait appeler les dirigeants musulmans à « faire face à la crise de l’extrémisme islamiste », une expression sensiblement différente de celle de « terrorisme islamique radical », qu’il avait largement utilisée jusqu’ici mais qui avait provoqué des grincements de dents dans le monde musulman.

« Les leaders religieux doivent le dire avec une très grande clarté (…) Si vous choisissez la voie du terrorisme, votre vie sera vide, votre vie sera brève ».

Comme c’est le cas depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump devrait aussi se garder de toute critique sur la question des droits de l’Homme, bafoués selon les organisations internationales dans plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite.

Revendiquant un contraste marqué avec son prédécesseur démocrate Barack Obama sur ce thème, M. Trump assure qu’il préfère agir dans la discrétion, gage, selon lui, d’une plus grande efficacité.

« Nous ne sommes pas ici pour donner des leçons, nous ne sommes pas ici pour dire aux autres comment vivre », devait-il affirmer.

Mais M. Trump, qui a annoncé dimanche une conférence de presse d’ici deux semaines pour expliquer sa stratégie de lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique, devait aussi lancer un appel clair aux pays de la région à prendre leur pleine part dans le combat contre le terrorisme.

« L’Amérique est prête à être à vos côtés (…) mais les pays du Proche-orient ne peuvent attendre que la puissance américaine écrase l’ennemi pour eux (…) Ils doivent décider de l’avenir qu’ils veulent pour eux-mêmes, leurs pays, leurs enfants ».

« Le terrorisme s’est répandu à travers le monde. Mais le chemin vers la paix commence ici, sur cette terre ancienne, cette terre sacrée », devait encore dire Donald Trump.

Grand leadership

Reste à voir si, comme cela lui arrive fréquemment, le président américain s’éloignera de son texte et de son téléprompteur, et se lancera dans des tirades improvisées.

M. Trump pourrait aussi profiter de l’occasion pour durcir encore le ton face à l’Iran, pour le grand plaisir des monarchies sunnites du Golfe qui redoutent l’influence de leur grand rival chiite.

Avant ce discours très attendu, le président américain a multiplié dimanche les rencontres avec des dirigeants de la région, dont ceux des monarchies du Golfe et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Annonçant son intention de se rendre prochainement en Egypte, il a affiché sa complicité avec son « ami ».

« Vous êtes une personnalité unique capable de faire l’impossible », a lancé M. Sissi, déclenchant les rires des délégations présentes. « Tout à fait d’accord! », a répondu, ravi, M. Trump. « J’adore vos chaussures. Wouah, ces chaussures… », a ajouté le magnat de l’immobilier, amusé.

L’accueil royal réservé à M. Trump en Arabie saoudite contraste avec la tempête politique à Washington marquée par des révélations accablantes sur des liens entre la garde rapprochée du président américain et la Russie.

Mais pour le ministre de l’Energie saoudien, Khaled al-Faleh, les déboires de l’administration Trump n’ont « absolument » aucune incidence sur les relations américano-saoudiennes. « Notre relation est avec les Etats-Unis d’Amérique et ils ont un grand leadership aujourd’hui ».

Après une première journée à Ryad samedi centrée sur l’annonce de méga-contrats d’armements et ce discours dimanche, M. Trump devait rejoindre lundi matin Israël, deuxième étape d’un voyage extrêmement dense qui le mènera aussi dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l’Otan et du G7.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2017 15h00)                

Les États-Unis opposés à la présence du président soudanais au sommet de Ryad

mai 17, 2017

Khartoum – Les Etats-Unis sont opposés à la présence du président soudanais, visé par un mandat d’arrêt international pour génocide, au sommet des dirigeants arabes et musulmans à Ryad auquel Donald Trump assistera dimanche.

Le ministre des Affaires étrangères soudanais a indiqué mercredi qu’Omar el-Béchir se rendrait bien dans la capitale saoudienne, première étape de la première tournée à l’étranger du président américain depuis son entrée en fonction en janvier.

« Nous nous réjouissons de la normalisation de nos relations avec les Etats-Unis », a ajouté Ibrahim Ghandour devant des journalistes à Genève (Suisse).

L’ambassade américaine à Khartoum a toutefois précisé que la position des Etats-Unis sur le sujet était « claire ».

« Nous sommes opposés à l’invitation ou la facilitation du voyage de toute personne visée par des mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale, y compris le président Béchir », a indiqué l’ambassade dans un communiqué.

M. Trump est attendu samedi à Ryad, où il doit prononcer le lendemain un discours sur « une vision pacifique » de l’islam.

Interrogé à Genève sur une éventuelle poignée de mains entre les présidents Trump et Béchir, le chef de la diplomatie soudanaise a indiqué qu’il n’était pas possible de prédire les choses à l’avance.

Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989 au Soudan, est sous le coup de deux mandats d’arrêt émis en 2009 et 2010 par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour.

Cette province de l’ouest du Soudan est en proie depuis près de quinze ans à un conflit qui a fait plus de 300.000 morts, selon l’ONU.

Le dirigeant soudanais nie fermement ces accusations.

– Levée des sanctions –

M. Béchir se rend fréquemment en Arabie saoudite, d’autant que son pays est l’un des principaux membres d’une coalition militaire arabe sous commandement saoudien impliquée dans la guerre au Yémen.

Le royaume saoudien n’est pas un Etat partie au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, contrairement à l’Afrique du Sud où M. Béchir s’était rendu en 2015 pour un sommet de l’Union africaine et où il n’avait pas été inquiété.

Le mois dernier, l’Afrique du Sud avait affirmé devant la CPI n’avoir violé aucune loi ni règle en refusant d’arrêter M. Béchir.

Les relations entre les Etats-Unis et le Soudan, deux Etats qui ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié, se sont améliorées depuis la levée de certaines sanctions économiques américaines contre ce pays, décidées par Barack Obama peu avant la fin de son dernier mandat.

M. Obama avait souligné en particulier la coopération de Khartoum avec Washington pour « répondre aux conflits régionaux et à la menace du terrorisme ».

Washington a toutefois maintenu le Soudan sur la liste des « Etats soutenant le terrorisme ».

Et peu après son entrée en fonctions, le président Donald Trump a signé un décret -actuellement bloqué par la justice- visant à fermer temporairement les frontières aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans, dont le Soudan.

Khartoum avait exprimé son mécontentement mais avait assuré que le Soudan travaillerait à renforcer ses liens bilatéraux avec Washington, notamment dans le domaine de « la lutte contre le terrorisme » dans la région et au niveau international.

Romandie.com avec(©AFP / 17 mai 2017 22h00)                                            

Pourquoi le Sénégal envoie-t-il plus de 2 000 soldats auprès de l’Arabie saoudite ?

mai 5, 2015

Certains députés ont vertement critiqué la décision de Macky Sall, y compris dans son camp.
Certains députés ont vertement critiqué la décision de Macky Sall, y compris dans son camp. © AFP

Le Sénégal va envoyer 2 100 soldats en Arabie saoudite pour rejoindre la coalition internationale formée par Riyad. L’annonce, faite lundi, est loin de faire l’unanimité dans le pays.

Le Sénégal rejoint la coalition menée par Riyad au Yémen, qui inclut 10 pays dont, sur le continent, le Maroc, l’Égypte ou le Soudan. Le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, a annoncé lundi 4 mai l’envoi de 2 100 soldats en Arabie saoudite. Objectif affiché : lutter contre les rebelles chiites installés au Yémen et contre toute infiltration terroriste dans le pays.

Le président sénégalais, Macky Sall, « a décidé de répondre favorablement à la demande [de Riyad] en déployant un contingent de 2 100 hommes sur la terre sainte d’Arabie saoudite », a déclaré le chef de la diplomatie sénégalaise. Une décision qui ne fait pas l’unanimité, y compris parmi les députés de la majorité. Retour en trois points sur ce nouveau déploiement militaire.

Quelle sera la mission des troupes sénégalaises ?

Les 2 100 soldats déployés en Arabie Saoudite auront pour objectif de protéger les deux grands lieux sains de l’islam dans le pays. « La coalition internationale vise à assurer la sécurité des lieux saints de l’islam à Médine et à La Mecque », a précisé le ministre sénégalais des Affaires étrangères, sans donner davantage de détail.

Ce déploiement avait été demandé par l’Arabie saoudite le mois dernier, lors d’une visite de Macky Sall à Riyad. À son retour, le président sénégalais avait fait savoir qu’il réfléchissait au moyen d’accéder à la requête saoudienne.

Pourquoi le Sénégal s’engage-t-il aussi frontalement ?

Si l’engagement du Sénégal auprès de son allié sunnite n’est pas une surprise, la forme qu’il revet laisse certains observateurs dubitatifs. Parmi les pays engagés, le Sénégal est en effet l’un des rares (avec l’Égypte) à envoyer un contingent de cette envergure sur place. D’autant que Macky Sall ne s’est pas montré aussi va-t-en guerre sur le continent. Absent de l’offensive africaine contre Boko Haram, le Sénégal avait en revanche déployé quelque 800 hommes au Mali. Bien loin, donc, des quelque 2 000 soldats envoyés en Arabie Saoudite.

Ce qui fait dire à certains analystes que ce geste ne s’explique pas seulement par le biais de l’alliance stratégique, mais trouve aussi des explications économiques. « L’avantage le plus évident du Sénégal à s’engager militairement aux côtés de l’Arabie saoudite serait un rapprochement économique et politique entre les deux pays, mais aussi certainement des paiements comptant de la part de l’Arabie saoudite », explique ainsi Andrew Lebovich, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest, interrogé par le Washington Post.

Comment l’engagement militaire du Sénégal a-t-il été accueilli ?

La classe politique a réagi avec fraîcheur à l’annonce de Mankeur Ndiaye, d’autant que la mesure n’a pas été soumise au débat à l’Assemblée nationale. Certains députés ont vertement critiqué la décision de Macky Sall, y compris au sein du camp présidentiel.

Le député Cheikh Oumar Sy s’est ainsi ouvertement opposé au déploiement des troupes sénégalaises dans la péninsule arabique, jugeant au micro de RFI que le Sénégal n’avait pas de rôle à jouer au Yémen. Avant d’avancer l’hypothèse de contreparties financières promises par Riyad : « Si l’Arabie saoudite a promis d’investir au Sénégal contre notre soutien militaire, c’est extrêmement dangereux. Nous ne devons pas échanger la vie de nos soldats pour des pétrodollars. »

Jeuneafrique.com par Claire Rainfroy

Un Américain tué à Ryad, l’assaillant arrêté

octobre 14, 2014

Ryad – Un Américain a été tué par balle et un autre blessé mardi dans l’est de Ryad, a annoncé la police de la capitale saoudienne, en affirmant avoir arrêté l’assaillant.

Les deux Américains ont été attaqués dans leur voiture, dans une station-service, par un assaillant non identifié. Alertée, la police a réussi à encercler ce dernier, qui a été arrêté après avoir été blessé dans un échange de tirs.

La police n’a pas précisé les motivations de cette attaque, ajoutant qu’une enquête était en cours.

Ces dernières années, les Occidentaux ont été rarement visés par des attaques en Arabie saoudite.

En janvier dernier, deux diplomates allemands sont sortis indemnes d’une attaque armée dans l’est de l’Arabie saoudite.

De 2003 à 2006, de nombreux Occidentaux avaient été tués lors d’une vague d’attentats du réseau Al-Qaïda qui avaient ensanglanté le royaume saoudien.

Les auteurs présumés de ces attentats sont jugés par des tribunaux spécialisés dans les affaires de terrorisme. Certains ont été condamnés à mort ou à de lourdes peines.

Romandie.com avec(©AFP / 14 octobre 2014 16h20)