Posts Tagged ‘sainte marie’

RDC/Lubumbashi: Messe perturbée à la basilique Sainte Marie

septembre 3, 2018

 

Un couple de jeunes Français tué à Madagascar

août 21, 2016

ILLUSTRATION. Le jeune couple a été retrouvé mort sur une plage de l’île Sainte-Marie à Madagascar. (Capture Wikicommons@Mworm.)

Deux jeunes Français, un homme et sa compagne, âgés de 25 et 22 ans, ont été retrouvés morts ce dimanche vers 6 heures du matin (5 heures en France) à Madagascar. Leurs corps ont été découverts sur une plage de l’île Sainte-Marie, à l’est du pays, révèle le site d’informations Zinfos974. Ils auraient été tués à coups de rondins de bois.

Tous deux étaient éco-volontaires au sein de Cetamada, une association malgache de préservation des mammifères marins. Le jeune couple a été vu pour la dernière fois dans la soirée de samedi, lors d’un concert de Big MJ, une star malgache, qui se produisait dans une discothèque de l’île Sainte-Marie, La Case à Nono. C’est près de cette boite de nuit que leurs corps ont été retrouvés.

L’identité des jeunes gens n’a pas encore été divulguée et une enquête a été ouverte. Des enquêteurs de Toamasina, une grande ville de l’est de Madagascar ont été dépêchés sur place. Le ministre du Tourisme malgache, Roland Ratsiraka, se rend également sur place, annonce Linfo.re.

VIDEO. Double meurtre de Français sur l’île Sainte-Marie à Madagascar

C’est la deuxième affaire d’homicide concernant des Français depuis le début de l’année sur l’île Rouge. A la mi-février dernier, un ancien marin français, Sylvain Thorin, et son épouse malgache, Marinette Razafindrazanabary, ont été abattus par des cambrioleurs armés de Kalachnikov et de machettes. En tout, depuis janvier 2015, dix Français sont décédés de morts violentes. Certaines affaires ne sont toujours pas élucidées.

Leparisien.fr par Zoé Lauwereys (@zlauwereys)|

 

 

Hommage à Édouard Glissant à l’occasion du premier anniversaire de sa mort: 21 septembre 1928-3 février 2011

février 3, 2012

Édouard Glissant, prix Renaudot 1958

Il y a un an, Édouard Glissant avait glissé dans l’océan de la mort, au bord de sa 82e année, le jeudi 3 février 2011 dans la plénitude de l’âge du sage. Une mort qui était survenue aux pas du petit matin de Paris, dans le chagrin des siens, à l’hôpital Georges Pompidou.

Né le 21 septembre 1928, à Sainte Marie, dans la chaleur tropicale des Antilles en Martinique – la Madinina – (île aux fleurs). Il fréquente au lycée Victor Schoelcher de Fort-de-France du nom de celui qui avait aboli l’esclavage. Il était arrivé à Paris en 1946, à l’âge de dix-huit ans dans le parfum de la jeunesse pour étudier.

Étudiant à la Sorbonne dans la prestigieuse université française, il s’intéresse à l’ethnographie au Musée de l’Homme mais aussi à l’histoire et la philosophie « amour de la sagesse », dans son acception étymologique avant de s’orienter vers des études de lettres pour lesquelles il obtiendra un doctorat.

Exégète dans l’âme, il découvre les œuvres de William Faulkner. Il en fait sa passion qui va lui ouvrir les portes de la spécialité de ces romans. Un champ riche en intrigues, porté sur la vie du sud des États-Unis marquée par des constructions allant du cocasse en passant par l’humour au sordide mais aussi à la sauvagerie tragique.

Édouard Glissant, cet homme corpulent et impressionnant, à l’éternelle moustache abondante et imposante mais aussi à la voix fluette haut perché, sur ses larges épaules, savait séduire par sa verve lyrique de poète et son verbe superbe de romancier.

Brillant ethnologue, essayiste et polémiste, son franc-parler l’a poussé en exil, l’interdisant de séjour jusqu’à connaître l’assignation de résidence. C’était un homme révolté. Un rebelle de l’esprit et de la pensée. Un homme debout et présent au rendez-vous de l’Histoire durant son existence.

Là où le silence était la loi des opprimés, il savait briser les barrières psychologiques et les chaînes du mutisme pour donner à la parole sa véritable place dans un monde où la liberté est un droit à l’expression et à l’affirmation.

Signataire du Manifeste anticolonialiste (Discours Antillais qui sema la bonne graine), il se distingua par la force décapante et puissante de son éclosion dans un « terrain dominé ».

Porte flambeau de la créolité, chantre et Hérault de l’antillanité, de cette identité créole, il défendait bec et ongle cette expression jusque dans la couleur locale de son moi. Car en s’opposant à la négritude de Césaire, son aîné de 13 ans, il voulait valoriser le métissage par sa célèbre idée: « Le Tout-monde ». « Le monde que l’on partage, le monde où les diversités sont acceptées. J’appelle la créolisation des rencontres, l’interférence, le choc, les harmonies et les disharmonies entre les cultures… » Une idée née dans la matrice d’un monument aux morts pour la France quand le poète plongeant son regard dans la représentation de l’objet d’art historique recevait l’inspiration dans le jaillissement de la contemplation des idées profuses.

Édouard Glissant, pourfendeur, auteur d’œuvre abondante (poésie, essai et roman), marquée par une réflexion militante contre les racismes de toutes sortes et le rappel à l’esclavagisme qui a entaché, selon lui, les rapports de la France avec l’Afrique et l’Outre-mer. Car ses multiples interrogations l’ont poussé à donner des réponses, faisant de lui un porteur de lumière dans les amphithéâtres. Il avait su développer une belle aura de professeur distingué et remarqué à la City University de New York. Il était aussi le fondateur du Centre d’études françaises et francophones aux États-Unis. Partout où il est passé, l’ombre du prix Renaudot de 1958 avec La lézarde continuait d’étonner.

Étonnant voyageur du « Tout-monde », il avait dirigé avec brio le Courrier de l’Unesco pendant près de sept ans (de 1982-1988). L’homme avait de l’étoffe et a marqué de nombreuses générations des écrivains tels que : Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant. Il a aussi produit une estime admirable auprès d’Alain Mabanckou, Dany Laferrière et David Maximin.

Des personnalités politiques françaises, à sa mort, avaient été sensibles en lui témoignant gratitude et reconnaissance pour le respect de son âme.

Le président Nicolas Sarkozy avait salué un homme qui avait marqué : « la pensée de notre temps de son empreinte énergique, pugnace et exigeante ». Il avait encore poursuivi son ultime considération dans le communiqué de l’Élysée : « Édouard Glissant aura plaidé inlassablement pour une approche de la diversité du monde fondé sur l’échange, le dialogue et la poétique de la relation ».

Quant au Premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry : « Édouard Glissant restera à jamais parmi nous, non seulement par la beauté de ses mots et la force de son verbe, mais tout autant par ses odes à l’humanisme et à la diversité du genre humain, antidotes de tous les préjugés et les racismes. »

Pour le secrétaire national du Parti communiste : « Édouard Glissant savait lire le monde dans ce qu’il portait de meilleur » et était « un homme d’action qui mettait en partage avec le peuple ses mots, ses idées, sa poésie ».

Édouard Glissant, poète de l’engagement, avait terminé sa communion avec ses amis et connaissances ainsi que de nombreux anonymes, venus lui rendre un singulier hommage en présence du Ministre français de la Culture, Fréderic Mitterrand, de la Ministre d’Outre-mer, Luce Ponchard, de sa femme et de ses cinq enfants dans la grande joie d’une soirée poétique ponctuée de rythmes et de souvenirs.

Baptisé dans l’Église catholique – terreau chrétien où son oeuvre avait plongé ses racines –  il avait pris son ultime départ d’adieu dans la même maison de Dieu de sa ville natale avant son repos éternel pour le petit cimetière de Diamant, jouxtant l’église de Saint Thomas, où son âme est constamment arrosée par le souffle de la mer rappelant le mouvement de ses origines.

Bernard NKOUNKOU