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Le Salvador, premier pays au monde à légaliser le bitcoin

juin 9, 2021
Le Salvador, premier pays au monde a legaliser le bitcoin
Le Salvador, premier pays au monde à légaliser le bitcoin© AFP/Archives/KAREN BLEIER

Le Salvador est devenu mercredi la première nation au monde à convertir le bitcoin en monnaie légale, un projet défendu par le président Nayib Bukele pour dynamiser la croissance de ce pays d’Amérique centrale.

Treize ans après sa création, c’est une nouvelle étape pour cette monnaie virtuelle, qui est pourtant régulièrement critiquée pour ses usages illégaux, même si des exemples récents ont montré que la transparence de son réseau pouvait aussi jouer contre les criminels.

« La loi sur le bitcoin vient d’être approuvée à la majorité qualifiée » par l’assemblée législative, a twitté le président Bukele après le vote, qualifiant d’historique cette décision.

Concrètement, dans ce petit pays où quatre personnes sur dix vivent dans la pauvreté, cette loi devrait permettre à terme d’utiliser le bitcoin pour de nombreux aspects de la vie quotidienne, de l’achat de biens immobiliers aux contributions fiscales.

Actuellement, la principale monnaie du Salvador est le dollar américain et la manière dont le pays envisage de mettre en oeuvre le bitcoin comme monnaie fonctionnelle n’est pas claire.

Politiquement, cette décision est en tous les cas une façon pour le Salvador d’affirmer son indépendance vis-à-vis de la monnaie américaine.

Sur les 84 parlementaires du Congrès, 62 d’entre eux ont approuvé le projet de loi, proposé par le président la semaine passée.

La loi, qui ne contient que 16 articles, a été adoptée avec l’appui des alliés de Bukele, malgré le scepticisme de partis d’opposition qui ont refusé de la soutenir, critiquant la rapidité du vote.

— Attirer les investissements —

Selon la loi, « le taux de change » entre le bitcoin et le dollar américain « sera librement établi par le marché. »

Lors de la conférence Bitcoin 2021 qui s’était tenue dans la ville américaine de Miami les 4 et 5 juin, M. Bukele avait défendu dans un message vidéo ce projet, estimant qu’il apporterait « de l’inclusion financière, de l’investissement, du tourisme, de l’innovation et du développement économique » au pays.

Pour le dirigeant de 39 ans, le bitcoin représente « le moyen le plus rapide pour transférer » ces milliards de dollars d’envois de fonds et pour éviter que des « millions de dollars » n’aillent dans les poches d’intermédiaires.

Dans l’économie dollarisée du Salvador, les envois de fonds des Salvadoriens depuis l’étranger constituent un soutien important et équivalent à 22 % du produit intérieur brut (PIB).

Avec la légalisation du bitcoin, cela permettrait, lors des transferts d’argent de toute la diaspora, d’éviter les frais de change, commissions, etc.

« Cette loi va rendre le Salvador plus visible dans le monde, nous serons plus attractifs pour les investissements étrangers », a estimé Romeo Auerbach, qui appartient au parti de la Grande Alliance pour l’Unité nationale, allié de Bukele.

En revanche, la députée de l’opposition Anabel Belloso (FMLN), ne cachait pas son scepticisme: « la loi a de nombreuses implications pour la sphère économique et tout le monde n’est pas au clair sur la façon dont cela va fonctionner, en tenant compte du fait que les cryptomonnaies sont volatiles sur le marché, elles sont instables ».

Le marché des cryptomonnaies a crû à plus de 2.500 milliards de dollars à la mi-mai 2021, selon le site internet Coinmarketcap –qui recense près de 10.000 cryptomonnaies, dopé par l’intérêt grandissant des investisseurs de Wall Street et de la Silicon Valley.

Mais la volatilité du bitcoin –dont le cour est actuellement de 33.814 dollars et son statut légal obscur a soulevé plusieurs questions s’il doit remplacer les monnaies traditionnels pour les transactions au jour le jour.

Par Le Point avec AFP

L’archevêque salvadorien Oscar Romero, voix des pauvres, bientôt canonisé

mars 7, 2018

Un catholique se recueille sur la tombe de l’archevêque salvadorien Oscar Romero, défenseur des pauvres et adepte de la théologie de la libération assassiné en 1980. / © AFP/Archives / Marvin RECINOS

L’archevêque salvadorien Oscar Romero, grand défenseur des pauvres devenu une véritable légende en Amérique latine après son assassinat en 1980, va être proclamé saint, a annoncé mercredi le Vatican.

Décrit comme un homme simple et proche du peuple, Oscar Romero, né en 1917, avait pris la défense des paysans sans terre, suscitant les foudres des milieux les plus conservateurs du Salvador: il avait été assassiné en pleine messe le 24 mars 1980.

Adepte de la théologie de la libération et surnommé « la voix des sans voix » pour son dévouement envers les plus démunis, Mgr Romero a été tué par un commando d’extrême droite, au début de la guerre civile (1980-1992). Ce conflit a fait 75.000 morts et au moins 7.000 disparus, paralysé l’économie et poussé trois millions de Salvadoriens à émigrer.

L’assassinat avait été commandité par le défunt fondateur de l’Alliance républicaine nationaliste (Arena), Roberto d’Aubuisson, selon un rapport de la « commission de la vérité » publié par l’ONU.

Les milieux conservateurs ont longtemps bloqué toute reconnaissance officielle de l’Église envers l’archevêque des pauvres. Mais deux ans après l’élection de François, premier pape d’Amérique latine, le Vatican a reconnu le « martyr » de Mgr Romero, ouvrant la voie à sa béatification en mai 2015 devant plus de 200.000 fidèles à San Salvador.

Des délégations de 57 pays et quatre présidents latino-américains avaient assisté à sa béatification. Cette reconnaissance avait été vécue comme une fête dans le petit pays d’Amérique centrale, où le message d’Oscar Romero reste d’une grande actualité, près de 30% des Salvadoriens vivant sous le seuil de pauvreté.

– ‘Traîné dans la boue’ –

Le pape argentin François a exprimé à plusieurs reprises sa proximité avec ce prélat plutôt conservateur mais qui défendait les plus pauvres, rappelant aussi qu’il avait été « diffamé », « traîné dans la boue », « lapidé » par certains évêques et prêtres latino-américains, avant et après sa mort. L’archevêque avait été accusé d’être un « déséquilibré » et « un marxiste ».

Un décret signé mardi a reconnu un miracle attribué à l’intercession de cette figure de l’Église de la fin du XXème siècle, dernière étape avant une canonisation dont la date n’a pas été précisée.

En revanche la canonisation du pape Paul VI, confirmée mercredi par le Saint-Siège, devrait avoir lieu à la clôture du synode (réunion d’évêques) consacré aux jeunes en octobre au Vatican.

Paul VI, né Giovanni Battista Montini en 1897, a achevé durant son pontificat le concile Vatican II lancé par son prédécesseur Jean XXIII. Il avait été béatifié en octobre 2014.

Selon le site spécialisé Vatican Insider, le miracle qui permet la canonisation du pape italien concerne une petite fille née très prématurément le 25 décembre 2014 alors que les médecins avaient conseillé un avortement thérapeutique. Paul VI a été critiqué pour son « non » en 1968 à la pilule contraceptive.

Le pape François a déjà canonisé Jean XXIII (1958-1963) et Jean Paul II (1978-2005). Alors que la procédure en béatification de Jean Paul Ier, mort 33 jours après son élection en 1978, est en cours, Jorge Bergoglio a plaisanté en février en affirmant que Benoît XVI et lui-même étaient sur la « liste d’attente ».

Une canonisation constitue la déclaration officielle qu’une personne décédée est au paradis. Pour cela, le futur saint doit avoir obtenu deux miracles, l’un pour la béatification (à moins d’être reconnu « martyr »), l’autre pour la canonisation, signes de sa proximité avec Dieu.

Romandie.com avec(©AFP / 07 mars 2018 16h23)                

Salvador: alerte au tsunami après un séisme

novembre 24, 2016

Un séisme de magnitude 7,2 au large du Salvador a secoué aujourd’hui une partie de l’Amérique centrale, frappée une heure plus tôt par l’ouragan Otto, et les autorités salvadoriennes ont lancé une alerte tsunami.

La secousse, dont on ignorait à 20h GMT si elle avait fait des victimes, s’est produite dans l’océan Pacifique, à environ 120 kilomètres au large des côtes du Salvador et à une profondeur de 33 kilomètres, selon l’institut géologique américain USGS. Le tremblement de terre a aussi été ressenti au Nicaragua et au Costa Rica. Par précaution, le gouvernement du Salvador a lancé une alerte tsunami et demandé aux habitants des régions côtières d’évacuer la zone.

« Tous les mécanismes de protection ont été activés et donc nous commençons les évacuations », a annoncé le ministre de l’Intérieur Aristides Valencia sur la radio nationale. Au Nicaraga, le président Daniel Ortega a déclaré l’état d’urgence en raison du séisme et de l’ouragan Otto, qui avait touché terre dans le sud-est du pays à peine une heure plus tôt, entraînant aussi des pluies intenses et des vents violents dans le nord du Costa Rica.

 Otto a déjà fait quatre morts au Panama, et le président du Costa Rica, Luis Guillermo Solis, avait décrété dès mercredi l’état d’urgence. Avec des vents de jusqu’à 175 kilomètres heure, Otto suit la trajectoire prévue, d’est en ouest le long de la frontière entre les deux pays, et devrait baisser en intensité dans les prochaines heures pour devenir une tempête tropicale, a expliqué le météorologue Werner Stolz, de l’Institut météorologique national (IMN) à San José.
Les autorités du Costa Rica ont précisé avoir reçu environ 900 rapports d’incidents comme des chutes d’arbres ou des toits de maison envolés. Au Nicaragua, le port de Bluefields, qui compte plus de 45.000 habitants et devait être l’un des plus touchés par l’ouragan, aucun dégât important n’avait pourtant été signalé dans un premier temps.
Il a cependant déjà fait quatre morts lors de son passage au Panama mardi, deux personnes emportées par un torrent de boue, un jeune homme emporté par les eaux alors qu’il se baignait dans une rivière, et un enfant de neuf ans tué par la chute d’un arbre, ainsi que trois disparus.
 

Arrestation au Salvador de l’ex-président Elias Antonio Saca

octobre 30, 2016

 

San Salvador – Les autorités salvadoriennes ont arrêté dimanche l’ex-président Elias Antonio Saca (2004-2009) et six autres anciens responsables de son administration, accusés de blanchiment d’argent, a annoncé le parquet général.

Le parquet général a ordonné l’arrestation de l’ex-président Elias Antonio Saca et de six autres personnes pour divers délits. Tous ont été interpellés, a écrit le représentant du ministère public sur son compte Twitter.

M. Saca, 51 ans, et ses co-détenus sont accusés d’association de malfaiteurs et de blanchiment d’argent.

Parmi les autres personnes interpelées aux côtés de l’ex-chef de l’Etat, dans un restaurant de luxe lors du mariage d’un de ses fils, figurent un ancien responsable de la compagnie des eaux, César Funes, 46 ans, et l’ex-chargé de la communication du président, Julio Rank, 65 ans.

Elias Antonio Saca, du parti conservateur Alliance républicaine nationale (Arena), a gouverné de 2004 à 2009 le Salvador, petit pays d’Amérique centrale gangrené par la violence des gangs.

Romandie.com avec(©AFP / 30 octobre 2016 21h57)

Salvador : l’évêque Romero lapidé et diffamé par certains évêques

octobre 30, 2015

Cité du Vatican – L’archevêque de San Salvador, Mgr Oscar Romero, assassiné en 1980, a été diffamé, traîné dans la boue, lapidé par certains évêques et des prêtres, avant et après sa mort, a déclaré vendredi le pape François.

L’archevêque, béatifié en mai dernier et qui pourrait être canonisé assez rapidement, avait été assassiné par balle en 1980 par un membre d’un commando d’extrême droite parce qu’il défendait les paysans pauvres expulsés de leurs terres.

Le pape argentin, qui a exprimé à plusieurs reprises sa proximité avec ce prélat plutôt conservateur mais qui défendait les plus pauvres, a très vivement attaqué, en recevant une délégation de l’Église du Salvador, ceux qui dans l’Église l’ont diffamé.

Improvisant à la fin de son discours, Jorge Bergoglio a estimé que le martyre de Mgr Romero ne fut pas seulement au moment de sa mort : il avait commencé avant, avec les souffrances subies du fait des persécutions ayant précédé sa mort.

Son martyre a continué aussi postérieurement, parce qu’il ne suffisait pas qu’il soit mort : il a été diffamé, calomnié, traîné dans la boue. Son martyre a aussi continué de la main de ses frères dans le sacerdoce et dans l’épiscopat, a estimé le pape.

Seul Dieu connaît l’histoire de la personne. Et il voit qu’ils la lapident avec la pierre la plus dure qui ait jamais existé : la langue, a martelé le pape François.

L’archevêque des pauvres, qui n’avait pas hésité à s’en prendre à l’oligarchie des grands propriétaires terriens de son pays, avait été béatifié trente-cinq ans après sa mort. Il avait été accusé par certains prélats latino-américains d’être un déséquilibré, un marxiste, un homme manipulé par les théologiens de la libération qui lui écrivaient ses discours incendiaires.
Son procès de béatification, qui a duré un total de 19 années, a longtemps été bloqué au Vatican. C’est l’avènement de François, premier pape latino-américain, qui a accéléré les choses et donné le feu vert à sa béatification.

Oscar Romero est devenu le symbole en Amérique Latine d’une Église comme la veut le pape François : ferme sur la doctrine et engagée en faveur des déshérités. Nul doute que le pape souhaiterait sa canonisation assez rapide.

Le commentaire particulièrement cinglant du pape s’inscrit dans une période tendue au sein de la hiérarchie de l’Église, François étant critiqué par les plus conservateurs pour son ouverture vis-à-vis de ceux qui ne sont pas en règle.

Romandie.com avec(©AFP / 30 octobre 2015 16h41)