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Violation des droits de l’Homme en Chine: travail des enfants, plainte contre Samsung

janvier 11, 2018

 

Les ONG Sherpa et Peuples solidaires ont déposer plainte contre Samsung, reprochant « des violations des droits humains » dans ses usines chinoises / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Drew Angerer

Travail d’enfants, logements indignes, intoxications au benzène: deux ONG relancent leurs accusations contre Samsung pour violations des droits de l’Homme en Chine en déposant à Paris une nouvelle plainte pour pratiques commerciales trompeuses contre le géant sud-coréen.

S’appuyant sur de nouveaux rapports de militants infiltrés entre 2012 et 2016 dans les usines du groupe électronique, les ONG Peuples solidaires et Sherpa dénoncent « l’emploi d’enfants de moins de seize ans, des horaires de travail abusifs, l’absence d’équipements appropriés aux risques encourus, des conditions de travail et d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine », selon leur communiqué.

Les associations mettent aussi en avant « l’utilisation de benzène et de méthanol dans les usines », qui « aurait causé des maladies incurables chez plusieurs employés ».

Sherpa et Peuples solidaires annoncent donc qu’elles déposeront ce jeudi ces nouveaux éléments au parquet de Paris, à l’appui d’une plainte pour pratiques commerciales trompeuses qui vise Samsung Monde, la maison mère, et sa filiale Samsung Electronics France (SEF).

Dans un communiqué, le géant coréen a assuré respecter « scrupuleusement les normes et réglementations locales et internationales en matière de travail » et appliquer « une politique de tolérance zéro » vis-à-vis du travail des enfants.

Une première plainte, visant uniquement SEF, avait été classée sans suite en 2014 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Sherpa avait du coup choisi de citer l’entreprise directement devant ce tribunal correctionnel, mais y a finalement renoncé en 2017 pour des raisons de procédure, selon un porte-parole.

Dans leur plainte de 40 pages, consultée par l’AFP, Sherpa et Peuples solidaires accusent Samsung de contredire ses engagements éthiques et son propre code de conduite, alors que le groupe sud-coréen présente sur ses sites internet son ambition de « devenir l’une des entreprises les plus éthiques au monde ».

Des contradictions qui constituent, selon les associations, des « pratiques commerciales trompeuses » pour les consommateurs français du leader de la téléphonie mobile, et qui légitimeraient donc une procédure pénale en France.

« Nous demandons à la justice de sanctionner cet écart inacceptable entre ces engagements éthiques et la réalité dans les usines telle que décrite par les ONG de terrain », écrivent les associations.

– 72 heures par semaine –

« Alors que les multinationales utilisent notamment ces engagements éthiques pour maintenir leur compétitivité, les ouvriers et consommateurs sont démunis face au non-respect de ces engagements. La reconnaissance du délit de pratiques commerciales trompeuses permettrait de rétablir ce rapport de force déséquilibré », selon elles.

Les éléments nouveaux justifiant cette plainte sont tirés « de nouveaux rapports d’enquêtes très documentés de l’ONG China Labor Watch (CLW) qui s’est infiltrée dans les usines » de filiales du groupe et de ses fournisseurs, principalement dans la région de Tianjin, près de Pékin, affirment les associations.

Les accusations s’appuient sur des témoignages, des photos et des vidéos réunis par CLW entre 2012 et 2016. L’ONG affirme ainsi que dans ces usines « les employés travaillent en moyenne 72 heures par semaine », parfois plus en période de forte activité. Au mépris de la loi chinoise limitant à 44 heures le temps de travail hebdomadaire.

« Dix enfants de moins de 16 ans, dont trois jeunes filles, travaillaient dans les usines » de certains fournisseurs de Samsung en 2012, selon CLW. Entre cinq et dix enfants en dessous de l’âge légal étaient encore identifiés lors de plusieurs visites des enquêteurs en 2014 dans une autre usine.

Les enquêteurs documentent encore la présence de benzène, un produit toxique à l’origine de cancers et de leucémie, dans les modes de production. Dans les usines, le benzène est utilisé comme agent nettoyant et comme enduit pour des composants électroniques.

« Cette procédure s’inscrit dans notre lutte de longue date contre l’impunité des multinationales », ont expliqué Sherpa et Peuples solidaires.

Les deux associations plaident pour « que les négociations onusiennes aboutissent à un traité contraignant les multinationales au respect des droits humains sur toute leur chaîne de production » et réclament l’appui de la France à ce processus.

Romandie.com avec(©AFP / 11 janvier 2018 18h33)                

Corée du Sud: 12 ans de prison requis contre l’héritier de Samsung

août 7, 2017

Lee Jae-Yong, vice-président de Samsung Electronics, escorté par des gardes, se rend au tribunal à Séoul, le 2 août 2017 / © AFP/Archives / JUNG Yeon-Je

Le parquet sud-coréen a requis lundi 12 ans de réclusion à l’encontre de l’héritier de l’empire Samsung dans le vaste scandale de corruption à tiroirs qui a emporté l’ex-présidente Park Geun-Hye.

Lee Jae-Yong, vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe Samsung, Lee Kun-Hee, est accusé d’avoir été « le bénéficiaire ultime » des délits commis à l’occasion de cette affaire.

Si les juges suivent les réquisitions du parquet, il s’agirait d’une des sentences les plus sévères jamais infligée à un patron de chaebol, ces énormes conglomérats qui dominent l’économie sud-coréenne.

M. Lee, 49 ans, et quatre autres cadres dirigeants de Samsung, qui pèse un cinquième du PIB sud-coréen, sont accusés d’avoir soudoyé la confidente de l’ombre de l’ex-présidente.

Ils sont soupçonnés d’avoir versé à Choi Soon-Sil des millions de dollars en échange de faveurs politiques, en particulier l’aval des autorités à une fusion controversée.

« Les prévenus entretenaient des liens rapprochés avec le pouvoir et cherchaient à obtenir des bénéfices personnels », a dit le procureur.

M. Lee était le « bénéficiaire ultime » des délits commis lors de ce scandale, a-t-il martelé. Il est également poursuivi pour abus de biens sociaux et pour avoir caché des actifs à l’étranger.

Dix ans de réclusion ont été réclamés contre trois de ses co-prévenus et sept ans de prison contre le quatrième.

– nombreux défauts –

Depuis la crise cardiaque de son père en 2014, M. Lee dirige de fait le mastodonte dont le navire amiral, Samsung Electronics, est le premier fabricant mondial de smartphones.

L’héritier dément toute malversation.

« Une fois encore, je regrette profondément et je présente mes excuses pour avoir causé une énorme déception », a-t-il dit dans sa dernière déclaration au tribunal.

M. Lee est en détention provisoire depuis six mois, période durant laquelle il a réalisé qu’il avait de « nombreux défauts » et qu’il y avait certains choses qu’il avait « omis de superviser » en tant que capitaine d’industrie.

Mais, a-t-il martelé: « je n’ai jamais recherché les faveurs de la présidente à des fins personnelles ».

La semaine dernière, en prenant la parole pour se défendre pour la première fois à la barre, il avait affirmé qu’il ne jouait aucun rôle dans les prises de décisions du groupe Samsung et qu’il « écoutait la plupart du temps les autres cadres ».

La fusion en cause concerne deux unités de Samsung, Cheil Industries et C&T, réalisée en 2015 après avoir reçu le feu vert de la caisse nationale de retraites, un important actionnaire de Samsung.

Elle était considérée comme une étape clé pour la transition en douceur au sommet du groupe Samsung.

Cette opération avait été dénoncée par certains actionnaires emmenés par le fonds spéculatif américain Elliott, qui estimaient que C&T avait été délibérément sous-évaluée.

– relations malsaines –

Samsung, le chaebol qui a versé les plus grosses sommes à des fondations contrôlées par l’amie de Mme Park, est aussi soupçonné d’avoir payé des millions d’euros, sous couvert de financer en Allemagne les entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de la confidente.

Le jugement est attendu le 25 août.

Une porte-parole du groupe Samsung s’est refusée à tout commentaire sur ces réquisitions.

Malgré ce scandale et le fiasco du rappel planétaire de ses smartphones phare en 2016, l’action Samsung a grimpé régulièrement ces derniers mois, portée par l’ascension fulgurante de ses bénéfices.

Le titre Samsung a clôturé lundi en baisse de 0,25%.

Mme Park a été formellement destituée de ses fonctions en mars et est actuellement en procès.

Son amie de 40 ans, accusée de s’être servie de son influence pour se mêler des affaires de l’Etat en plus d’avoir soutiré 70 millions de dollars à des entreprises, est aussi en cours de jugement.

Une éventuelle condamnation de M. Lee porterait un coup à la défense de Mme Park.

Celle-ci est poursuivie pour 18 chefs, y compris coercition, abus de pouvoir et corruption. Elle est également accusée d’avoir permis à Mme Choi, qui n’avait aucune fonction officielle ni habilitation de sécurité, d’avoir eu son mot à dire dans les affaires du gouvernement.

Les accointances malsaines entre élites politique et économique ont été mises au jour par cette affaire. Les millions de Sud-Coréens qui étaient descendus dans la rue pour demander le départ de Mme Park réclamaient aussi l’arrestation des patrons de « chaebols ».

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2017 10h51)                

Huit heures d’audience pour le patron de Samsung à Séoul

février 16, 2017

SEOUL (Reuters) – Le numéro un du conglomérat sud-coréen Samsung Group, Jay Y. Lee, a été entendu à huis clos pendant plus de huit heures jeudi par un tribunal de Séoul et attend désormais la décision de la justice sur son rôle présumé dans le scandale de corruption à l’origine de la suspension de la présidente Park Geun-hye.

Jay Y. Lee, 48 ans, a gardé la tête baissée et n’a pas répondu aux questions des journalistes qui l’attendaient devant le tribunal, qu’il a quitté pour se rendre dans un centre de détention en attendant la décision du juge en charge du dossier.

Celle-ci pourrait intervenir dans la soirée ou vendredi. Le mois dernier, le même tribunal avait rejeté une première demande de mandat d’arrêt déposée par le procureur spécial en charge du dossier.

« La simple exposition des faits et la structure de l’argumentaire n’étaient pas très différentes de celles de la précédente demande », a déclaré l’un des avocats de Lee, Song Wu-cheol, aux journalistes devant le tribunal. « Je crois que la cour rendra une décision sage. »

Selon un porte-parole du procureur, les chefs d’accusation contre Lee ont été élargis et incluent désormais ceux de dissimulation du produit d’actes criminels, de corruption, détournement de fonds, dissimulation d’actifs à l’étranger et parjure.

Lee est soupçonné d’avoir promis 43 milliards de wons (35 millions d’euros) à une entreprise et des fondations créées par Choi Soon-sil, amie et confidente de Park Geun-hye, en échange de l’appui de la caisse publique des retraites à un projet de fusion de deux filiales de Samsung en 2015.

 

SAMSUNG CONTINUE DE REJETER TOUTES LES ACCUSATIONS

Samsung aurait notamment financé la carrière dans l’équitation de la fille de Choi Soon-sil, qui a été arrêtée au Danemark à la demande de Séoul.

Jay Y. Lee rejette ces accusations.

Le Parlement sud-coréen a voté début décembre à une écrasante majorité la destitution de Park Geun-hye, qui est suspendue et privée de ses prérogatives en attendant la décision de la Cour constitutionnelle.

Cette dernière a précisé jeudi qu’elle achèverait le 24 février ses auditions sur le dossier.

Les services du procureur spécial ont également demandé la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le président de Samsung Electronics, Park Sang-jin, qui préside aussi la fédération équestre de Corée et a comparu jeudi au côté de Lee.

Mercredi, Samsung Group a de nouveau rejeté les accusations le visant, déclarant sur Twitter: « Samsung n’a absolument jamais corrompu la présidente dans le but d’obtenir quelque chose en échange, ni sollicité des faveurs illicites. »

« Nous ferons de notre mieux pour que la vérité soit révélée à l’audience », a ajouté l’entreprise.

Une éventuelle arrestation de Lee nuirait évidemment à la réputation de Samsung, premier producteur mondial de smartphones, de mémoires électroniques et de téléviseurs à écran plat, et elle pourrait handicaper les prises de décision du groupe en matière d’investissements ou d’acquisitions éventuelles.

 

 

Reuters.com (avec Cynthia Kim, Ju-min Park et Jeongeun Lee; Julie Carriat et Marc Angrand pour le service français)

Corruption: les grands patrons sud-coréens sur la sellette

décembre 6, 2016

Les capitaines d’industrie sud-coréens, y compris celui du géant Samsung, comparaissaient mardi devant une commission d’enquête parlementaire sur un retentissant scandale de corruption qui fascine le pays. Ils peinaient à défendre leurs pratiques entrepreneuriales.

D’ordinaire réticents à toute publicité, les huit plus grands patrons sud-coréens ont été interrogés sans merci par des députés pugnaces. Les auditions sont diffusées en direct par les principales chaînes de télévision, devant des millions de téléspectateurs.

Ils étaient questionnés en particulier au sujet de leurs donations à deux fondations douteuses contrôlées par Choi Soo-Sil, amie proche de la présidente Park Geun-Hye. Des moments très inconfortables pour des chefs d’entreprise peu habitués à répondre aux questions ou à se justifier.

Mme Choi attend son procès pour extorsion et abus de pouvoir. Quant à la présidente sud-coréenne, elle doit affronter vendredi une motion de destitution qui semble assurée d’être adoptée. Plus de 30 députés rebelles de son propre parti conservateur – le Saenuri – sont désormais favorables au texte.

Surnommée « Raspoutine » par la presse, Mme Choi est accusée d’avoir utilisé ses relations d’amitié avec la présidente pour forcer les groupes industriels à verser de l’argent aux fondations en question, et de s’en être servie comme tirelire personnelle. La présidente est suspectée de complicité.

« Réponses et excuses ridicules »
« Vous êtes au courant de quelque chose? », s’est moqué un député après des propos du patron de facto de Samsung. Lee Jae-Yong venait de dire qu’il ignorait qui au sein du groupe avait autorisé les transferts de liquide pour financer la formation équestre de la fille de Mme Choi en Allemagne.

« Vous croyez faire du bon travail à la tête d’une compagnie mondiale comme Samsung en prétendant que vous ne savez pas' », a lancé le député. Le vice-président de Samsung Electronics et héritier présomptif de l’empire Samsung a semblé très mal à l’aise.

Il a cherché à détourner les questions en énonçant des regrets généraux à coups de réponses toutes faites. « J’ai tant de faiblesses et Samsung a des choses à corriger », a-t-il répondu comme on lui demandait s’il était d’accord pour considérer que les entreprises étaient en collusion avec la confidente de l’ombre, en connaissance de cause.

« Cette crise m’a fait prendre conscience que nous avons besoin de changer pour répondre aux attentes du public », a-t-il dit. Ce qui n’a pas manqué de susciter l’exaspération d’un député: « Arrêtez vos réponses et vos excuses ridicules! »

« Difficile de dire non »
Premier conglomérat du pays, Samsung est celui qui s’est montré le plus généreux en donnant aux fondations de Mme Choi 20 milliards de wons (17,1 millions de francs), suivi par Hyundai, SK, LG et Lotte. Les conglomérats familiaux géants, les « chaebols », dominent depuis des décennies la marche d’une économie portée par les exportations, la quatrième d’Asie.

Leurs capitaines d’industrie ont démenti avoir troqué de l’argent contre des faveurs. Mais ils ont laissé entendre qu’ils étaient régulièrement l’objet de pressions de la part du sommet du pouvoir. « C’est difficile pour des entreprises de refuser une demande de la Maison bleue », la présidence sud-coréenne, a dit Huh Chang-Soo, président de GS Group et de la Fédération des industries coréennes.

« Les entreprises n’ont d’autre choix que de suivre la politique gouvernementale », a renchéri Koo Bon-Moo, patron de LG. Samsung reçoit de nombreuses demandes de financements, a expliqué M. Lee. « Mais nous n’apportons jamais notre soutien ou nos financements en échange de quelque chose ».

Romandie.com avec(ats / 06.12.2016 12h15)             

Les géants asiatiques délocalisent en Pologne

octobre 25, 2011

Les fabricants d’électronique grand public s’installent en Europe de l’Est pour conquérir les marchés de l’Ouest.

Après Samsung, c’est au tour de LG d’inaugurer cette semaine une nouvelle usine d’électroménager en Pologne. Après avoir accueilli les usines des grands groupes de l’Ouest à la recherche de main-d’œuvre bon marché, les pays de l’Est servent de terre d’accueil aux groupes asiatiques. Ils profitent de l’impulsion donnée par leurs concurrents européens. Dans certains cas, ils exploitent même des sites leur ayant appartenu.

La main-d’œuvre y est bien formée, certains ouvriers ont fait leurs armes chez Philips, BSH (Bosch Siemens), Thomson… Et le salaire moyen est encore très bas, 800 euros. La monnaie, le zloty, est sous-évaluée par rapport à l’euro et en tant que membre de l’Union, le pays échappe aux droits de douane. Le tout à un tour de roue des principaux marchés : 3 h 30 de route de Berlin, une demi-journée de Paris, est équidistant de Moscou et Porto. «Nous avons fait passer notre temps d’approvisionnement moyen de six semaines à trois jours», explique Robert Stotsinski, vice-président opérationnel de l’usine Samsung à Wronki (Pologne).

Ces délais raccourcis permettent de mieux répondre aux exigences de la grande distribution occidentale, notamment en réduisant les temps de livraison, les stocks et les coûts afférents. «Nous produisons les machines en fonction des commandes de nos clients», souligne Robert Stotsinski. Le juste à temps s’impose. Une commande passée dans un magasin à Paris déclenche la fabrication de l’appareil correspondant. Les chaînes de fabrication de lave-vaisselle et de réfrigérateurs de l’usine flambant neuve de Samsung sont gérées à la seconde près. Un réfrigérateur sort des lignes de Wronki toutes les 15 secondes, pour les lave-linge, à terme, les cadences seront encore plus élevées.

1,4 million de réfrigérateurs et 1,3 million de machines à laver
Le coréen a fait sien les principes de production appliqués par Toyota dans ses usines automobiles (le Kaizen ou l’amélioration permanente). Une alerte retentit en cas de rupture dans la chaîne de fabrication et tous se mobilisent pour en réduire l’impact. Les objectifs de production de l’équipe en place s’affichent sur des écrans digitaux répartis dans l’usine. En ce jour de visite, c’était 1297 pour l’équipe du matin.

Aujourd’hui, la capacité de production est proche de 800.000 frigos par an. À terme, elle devrait s’établir à 1,4 million de réfrigérateurs et 1,3 million de machines à laver. Une prouesse, alors que Samsung a racheté cette usine en avril 2010 au groupe polonais Amica. Ce dernier y fabriquait 250.000 machines à laver et autant de frigos chaque année, avec ses 600 salariés. Depuis, Samsung a embauché 900 personnes supplémentaires et investi des dizaines de millions d’euros. D’ici à 2015, le montant total des dépenses devrait s’élever à 165 millions de dollars.

6 millions de télés polonaises pour LG

Les ambitions de LG pour son usine Wroclaw (Pologne) sont aussi impressionnantes. De 300.000 réfrigérateurs par an, sa production devrait rapidement passer à un million et autant de lave-linge. Le groupe a déjà ses habitudes en Pologne, il y assemble environ 1,25 million de télés de grande taille (120 cm et plus) par an. Et l’usine dispose du double en capacité de production. Le coréen a un autre site, plus proche de Varsovie, où sont produits 4,5 millions de télés de petite taille et des moniteurs informatiques. «L’essentiel pour nous est d’être plus réactifs en rapprochant nos centres de production de nos consommateurs. À terme, deux des six usines de LG électroménager seront en Europe», résume Eric Surdej, président de LG France.

Les coréens ne sont pas les seuls à prendre le chemin de l’Europe de l’Est, les chinois suivent. TCL assemble toutes les télés qu’il vend en Europe en Pologne, à Zyrardow, dans une ancienne usine Thomson (TCL exploite aussi cette marque). Changdong, qui fabrique essentiellement des produits de marque distributeur, a choisi de faire de la République tchèque sa tête de pont pour lancer ses téléviseurs en Europe. Même ceux qui n’y sont pas travaillent à s’y installer. Haier mise sur une implantation en Europe de l’Est pour y produire ses télévisions ou une partie de son électroménager et lui aussi se rapprocher de ses clients.

Lefigaro.fr par Elsa Bembaron

Apple devient l’entreprise la plus chère du monde

août 11, 2011

La firme à la pomme bloque la commercialisation en Europe de la Galaxy Tab de Samsung.

Il y a eu General Electric, Exxon et maintenant ­Apple. L’industrie lourde, le pétrole et l’entreprise qui symbolise la diffusion de la micro-informatique dans le grand public. Apple est devenue l’entreprise la plus chère en Bourse.

Après une incursion mardi à la première place, Apple a confirmé mercredi son leadership. Le spécialiste de l’informatique a mieux résisté à la tourmente que le pétrolier à la dérive des marchés, valant jusqu’à 6 milliards de plus que lui. En 2007, année du lancement de l’iPhone, Apple était valorisé 133 milliards de dollars, tandis qu’Exxon valait 500 milliards. Mercredi, les capitalisations des deux entreprises ont évolué dans une zone comprise entre 333 et 341 milliards. Après avoir doublé Microsoft l’année dernière, pour devenir le groupe informatique le plus cher au monde, la firme à la pomme est aujourd’hui sacrée à la première place toutes catégories et tous pays confondus (y compris les mastodontes chinois).

Dans un paysage aussi bousculé, cela confère à Apple un quasi-statut de valeur refuge, témoin de la confiance des marchés en sa capacité à continuer à apporter des produits répondant aux attentes des consommateurs. Les espérances autour du lancement de l’iPhone 5 – attendu pour l’automne – n’y sont pas étrangères. Les prévisions les plus optimistes misent sur la vente de 30 millions d’exemplaires en trois mois. Avec des marges de près de 50 %, ces perspectives ont de quoi séduire les investisseurs. Voire d’effacer, du moins provisoirement, les inquiétudes sur la santé de Steve Jobs et le secret toujours maintenu sur la mise en place d’un plan de succession.

Bataille juridique

La bataille juridique qu’Apple vient de remporter face à Samsung conforte encore le statut de l’américain. Une décision de la cour régionale de Düsseldorf interdit depuis mardi 9 août la vente des Galaxy Tab de Samsung en Europe. Une très mauvaise nouvelle pour le coréen dont la nouvelle tablette, la Galaxy Tab 10.1, a commencé à être commercialisée le 8 août, en France. Mais il profite aussi de ce délai de 24 heures. Les produits qui sont en magasin depuis lundi ne sont donc pas touchés par cette décision, en revanche, les réassorts risquent de ne pas être possibles. Autre point encore flou : Samsung n’est pas en mesure d’établir si toutes ses tablettes sont concernées ou seulement la dernière, la Galaxy Tab 10.1, dont le design serait plus proche de celui de l’iPad. «Samsung a l’intention d’agir immédiatement pour défendre ses droits de propriété intellectuelle», a déclaré une porte-parole du groupe, qui pourrait faire appel.

Cet épisode est le dernier d’une bataille judiciaire commencée en avril et qui oppose les deux rivaux et partenaires commerciaux. Samsung fournit notamment Apple en cartes mémoire. Ce qui n’a pas empêché le coréen de riposter aux assauts de l’américain en l’attaquant pour viol de brevet devant les tribunaux sud-coréen, japonais, allemand et américain.

«Cette bataille commerciale permet à Apple d’acheter des parts de marché à l’iPad», explique un analyste. En retardant le lancement d’un sérieux concurrent, le fabricant de l’iPad préserve la suprématie de son produit qui détient environ 80 % du marché des tablettes en Europe et 70 % aux États-Unis.

Lefigaro.fr par Elsa Bembaron

La guerre des prix fait rage dans les tablettes

août 9, 2011

«D’ici cinq ans, les tablettes supplanteront les PC dans les maisons», prédit un haut dirigeant de Fujitsu, fabricant d’ordinateurs qui va à son tour se lancer sur ce nouveau marché.

«Apple contre les défavorisés». Le titre de la dernière note sur le marché des tablettes de DisplaySearch force à peine le trait. Les concurrents de l’iPad accumulent les déconvenues.

Motorola a annoncé la semaine dernière avoir vendu 440.000 de ses tablettes Xoom au cours du dernier trimestre, ce qui est mieux qu’attendu. Mais il a revu ses objectifs à la baisse pour 2011. Il n’espère plus en vendre 2 millions dans l’année, mais entre 1,3 million et 1,5 million. Alors même que Motorola a mis en place une offre de remboursement de 100 euros pour l’achat de sa tablette, initialement à 579 euros. «Apple a fixé le prix de référence pour une tablette de 16 Go Wi-Fi : c’est 499 euros – ou dollars -, pas plus », ­remarque un analyste. Et même à ce prix-là, ça ne passe pas toujours. Motorola est loin d’être le seul à en avoir fait l’expérience. Acer a drastiquement revu ses ambitions. Le taïwanais mise désormais sur des ventes annuelles comprises entre 2,5 millions et 3 millions, loin des 5 à 7 millions initialement prévus. D’autres pourraient suivre, notamment RIM. Le fabricant du BlackBerry a vendu 500.000 Playbook en un trimestre, mais les ventes auraient rapidement ralenti.

Les baisses de prix et promotions en tous genres font peser un autre risque sur le marché : faire perdre aux consommateurs la notion du «juste prix».

Les tablettes auraient pu être un générateur de marges pour les fabricants, mais en révisant trop rapidement leurs tarifs, ceux-ci pourraient en avoir déjà perdu l’opportunité. «Les marques et les détaillants qui concurrencent Apple lui courent après, et dans leur désespoir, ils pourraient être en train de creuser leur propre tombe, souligne une étude de DisplaySearch. Cela donne l’impression que ces produits ne sont pas complètement finis.» Alors, avec ses 9 millions d’iPad vendus en trois mois sans aucune baisse de prix, Apple semble inattaquable, loin des tâtonnements des débuts de l’iPhone et des révisions de prix.

Les marges s’effacent

La concurrence ne faiblit pourtant pas. Samsung lancera deux nouvelles versions de sa tablette à la fin du mois, la Galaxy Tab 10.1 et la Galaxy Tab 8.9. Elles seront commercialisées respectivement à 489 euros et 459 euros, pour la version 16 Go Wi-Fi, soit exactement le prix d’un iPad. En choisissant un positionnement prix similaire à celui d’Apple, Samsung prend aussi un gros risque ; en cas d’échec commercial, il n’aura guère d’excuse. Et ce alors que la concurrence sur le marché des tablettes devrait encore s’intensifier en fin d’année. D’autres acteurs de poids feront leur entrée, comme Sony et Fujitsu.

Pourquoi cet engouement pour les tablettes, alors que seul Apple semble tirer son épingle du jeu ? Parce que de plus en plus d’acteurs du secteur sont convaincus que, très rapidement, les tablettes supplanteront les PC dans les maisons. Joseph Reger, le directeur technique de Fujitsu, s’est dit « convaincu que les ventes de tablettes dépasseront celles de PC (netbooks et notebooks) aux consommateurs d’ici à 2016». Il a, en outre, affirmé qu’Amazon pourrait lancer une tablette à 299 dollars : «Un consommateur pourrait s’en offrir deux pour le prix d’un PC.» Les tablettes répondraient aux principales attentes des particuliers, plus enclins à consulter du contenu qu’à en créer. Ils privilégient donc la portabilité et la facilité d’utilisation. Utilisables dans n’importe quelle pièce de la maison, elles feraient même disparaître la notion de bureau. Un gain de place en perspective !

Lefigaro.fr par Elsa Bembaron