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Liberia : Prince Johnson et les sanctions indolores de Washington

décembre 14, 2021
Prince Johnson, à Monrovia, au Liberia, le 26 octobre 2017. © AHMED JALLANZO/EPA/MAXPPP

Le Trésor américain a annoncé avoir pris des sanctions contre Prince Johnson, accusé de corruption. L’ancien chef de guerre est aujourd’hui l’un des hommes politiques les plus puissants du pays, et il y a peu de chances pour qu’il soit un jour poursuivi au Liberia.

S’il est aujourd’hui sénateur, Prince Johnson est surtout connu pour être un ancien – et redoutable – chef de guerre, qui dirigea l’Independent National Patriotic Front of Liberia (INPFL), l’une des principales factions armées active pendant la première guerre civile. Une fois la paix revenue, il a fait le pari de se lancer en politique, en se présentant aux élections sénatoriales en 2005. Il est parvenu à se faire élire et a depuis conservé son siège de sénateur.

Pourquoi est-il sanctionné aujourd’hui ? Dans son communiqué, le Trésor américain affirme que Prince Johnson a développé un système de corruption et de blanchiment d’argent « avec des ministères et des organisations gouvernementales à des fins d’enrichissement personnel ». Il est également accusé d’avoir tout bonnement proposé de vendre des suffrages à ceux qui en avaient besoin lors des différentes élections et d’avoir reçu un salaire du gouvernement en tant que source de renseignements, alors même qu’il ne lui en fournissait pas. « Johnson [est] payé pour maintenir la stabilité intérieure », en conclut le Trésor américain.

Graves violations des droits de l’homme

Les sanctions annoncées le 9 décembre comprennent le gel des propriétés, des intérêts immobiliers et des entités appartenant (directement ou indirectement) à Prince Johnson aux États-Unis. En réponse, l’intéressé a déclaré que « les allégations formulées à son encontre [étaient] vagues et [n’étaient] étayées par aucun fait suggérant [qu’il a] été impliqué dans des affaires de corruption ». Il demande donc au gouvernement américain de fournir les preuves de ce qu’il avance.

En mai 2021, l’ambassade des États-Unis au Liberia avait condamné l’élection de Prince Johnson à la tête de la Commission défense et renseignement du Sénat. Elle avait aussi annoncé qu’elle refusait de travailler avec cet ancien chef de guerre accusé de graves violations des droits de l’homme pendant la guerre civile au Liberia. À la suite de cet épisode, Prince Johnson avait démissionné de son poste.

Au Liberia, de nombreux rapports font état de faits de corruption liés au gouvernement ou à des fonctionnaires. La confiance du public envers l’État et ses agences de lutte contre la corruption est également très faible. Selon le rapport 2021 sur l’état de la corruption du Centre pour la transparence et la responsabilité au Liberia (CENTAL, en anglais), neuf personnes sur dix pensent que la corruption est élevée au Liberia, et les deux tiers des personnes interrogées pensent que le gouvernement ne fait rien pour y remédier. De fait, le président George Weah a beau avoir promis qu’il lutterait contre ce fléau au plus haut niveau, la plupart des individus mentionnés dans les rapports ont échappé aux poursuites.

Tout ceci est en partie dû à la non-application des lois, même si le président de la Commission anti-corruption du Liberia (LACC en anglais) défend son bilan et rappelle qu’elle n’a pas le pouvoir d’engager des poursuites judiciaires.

Influence

Il y a peu de chances que Prince Johnson soit poursuivi ou ait à subir les conséquences de sanctions décidées à Washington. En 2020, le Trésor américain avait en effet sanctionné un autre sénateur libérien, Varney Sherman, lui aussi accusé de corruption. Mais l’intéressé n’a jamais été poursuivi et a conservé son poste.

LES AUTRES FERONT DÉSORMAIS ATTENTION À CE QU’ILS FONT. JE NE DIS PAS QU’ILS NE SERONT PLUS CORROMPUS, MAIS QU’ILS NE LE SERONT PLUS DE MANIÈRE ÉHONTÉE

Sénateur du comté de Nimba, l’un des plus peuplés du Liberia, Prince Johnson demeure très influent dans le pays. Il est surnommé « le faiseur de roi ». C’est en effet le soutien qu’il a apporté à l’un ou l’autre des candidats au second tour des trois dernières élections qui leur a permis d’être élus à la magistrature suprême. Aujourd’hui, il est un allié clé de George Weah. En contrepartie, la formation au pouvoir ne présente plus de candidats face à lui dans le comté de Nimba.

« Je ne suis pas sûr de la différence que ces sanctions feront pour le capital politique de Johnson au niveau local, résume Ibrahim Nyei, chercheur et analyste politique libérien. Il a l’intention de se représenter au Sénat en 2023 [des sénatoriales et une présidentielle auront lieu cette année-là] et il est probable qu’il remportera le scrutin. » Selon lui, l’annonce du Trésor américain a néanmoins le mérite d’envoyer « un message aux autres politiciens corrompus. D’abord Varney Sherman, maintenant Johnson ». « Les autres feront désormais attention à ce qu’ils font, espère-t-il. Je ne dis pas qu’ils ne seront plus corrompus, mais qu’ils ne le seront plus de manière éhontée. »

Par Jeune Afrique – avec Dounard Bondo, pour The Africa Report

Angola : Isabel dos Santos, Dino et Kopelipa dans le viseur des États-Unis

décembre 11, 2021
Isabel dos Santos fait l’objet de restrictions et sanctions de la part des États-Unis pour corruption. © MIGUEL RIOPA/AFP

Trois anciens pontes du régime dos Santos, dont la fille aînée de l’ancien président José Eduardo dos Santos, sont sous le coup de sanctions des États-Unis pour corruption.

En disgrâce en Angola, les voici maintenant persona non grata outre-Atlantique. Isabel dos Santos, la fille aînée de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, et deux généraux très proches de l’ex-homme fort de l’Angola, Leopoldo Fragoso do Nascimento « Dino » et Manuel Hélder Vieira Dias « Kopelipa », font l’objet de restrictions et sanctions de la part des États-Unis pour corruption.

Intervenue le 9 décembre, date de la journée internationale de lutte contre le phénomène, l’annonce, qui concerne une série de personnalités en Amérique latine, en Afrique et en Europe, émane du département américain du Trésor, dirigé par Antony Blinken.

Détournements

La femme d’affaires angolaise Isabel dos Santos, un temps à la tête de la compagnie nationale de pétrole Sonangol, est interdite de visa américain « en raison de son implication dans de la corruption via l’appropriation pour son bénéfice personnel de fonds publics », a indiqué le département américain. Une décision prise dans le cadre d’un programme de sanctions appelé « Global Magnitsky ».

Les deux généraux angolais, leur épouse et leurs enfants vont visés par la même mesure. Concernant Dino et Kopelipa, le Trésor américain pointe « leur implication dans le détournement et l’appropriation de milliards de dollars de fonds publics pour leur intérêt personnel ».

À la tête de plusieurs groupes, dont Cochan, Geni et Baia, les généraux sont accusés de détournements dans le cadre de contrats d’infrastructures et de fournitures d’équipements militaires ainsi que d’actes de corruption dans le cadre de marchés publics.

Gel des avoirs

Pour les deux généraux, anciens hommes de confiance du président dos Santos (à la tête de l’Angola de 1979 à 2017), la sanction se double d’une mesure plus sévère, définie par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), un organisme de contrôle financier du Trésor : le placement sur la liste SDN (Specially Designated Nationals) des États-Unis, ce qui se solde par le gel de l’ensemble de leurs actifs, possessions et intérêts sur le sol américain.

Les trois personnalités angolaises visées, qui n’ont pas officiellement réagi, constituaient la garde rapprochée de l’ancien président dos Santos. Autrefois très puissants en Angola, ils sont en situation difficile depuis l’arrivée au pouvoir du successeur de dos Santos, João Lourenço.

Ce dernier, pourtant issu du même parti que dos Santos, le MPLA, a engagé une série de réformes et déclaré la guerre à la corruption dans une croisade soutenue par la communauté internationale et les bailleurs de fonds mais qui divise son camp.

Avec Jeune Afrique par Estelle Maussion

États-Unis-Migrants refoulés à cheval: Biden veut faire « payer » les policiers responsables

septembre 24, 2021
Migrants refoules a cheval: Biden veut faire "payer" les policiers responsables
Migrants refoulés à cheval: Biden veut faire « payer » les policiers responsables© AFP/PAUL RATJE

Joe Biden a promis vendredi que les policiers photographiés en train de refouler à cheval des migrants haïtiens allaient « payer » pour ces actes « scandaleux », des propos musclés alors qu’il est critiqué de toutes parts pour sa gestion de la crise migratoire à la frontière, jugée inhumaine par la gauche, laxiste par la droite.

« C’est scandaleux », a dit le président américain, qui ne s’était pas encore exprimé en public sur le sujet, à des journalistes qui l’interrogeaient sur cette scène.

« Je vous le promets, ces gens vont payer, il y aura une enquête, il y aura des conséquences », a dit Joe Biden depuis la Maison Blanche, répondant à des questions posées après une allocution consacrée à la vaccination contre le Covid-19.

Sur un cliché pris dimanche par un photographe employé par l’AFP, un garde-frontières à cheval attrape un homme par son t-shirt sur la rive américaine du Rio Grande, frontière naturelle entre les Etats-Unis et le Mexique, près de Del Rio.

Sur un autre, il tient un groupe à distance en faisant tourner ses rênes, dans une posture menaçante, pour les forcer à rebrousser chemin.

Ces clichés, qui ont fait le tour du monde, ont suscité un vif émoi aux Etats-Unis. Certains y ont vu des migrants assimilés à du bétail, d’autres ont rappelé les mauvais traitements subis par des Afro-Américains de la part de la police montée, des gardiens de prison ou des propriétaires d’esclaves.

Suite à la diffusion de ces images, la police aux frontières va temporairement cesser d’utiliser des agents à cheval autour de la petite ville de Del Rio, au Texas, avaient annoncé jeudi les autorités américaines.

Interrogé par une journaliste pour savoir s’il prenait la responsabilité du « chaos » à la frontière, Joe Biden a répondu vendredi: « Bien sûr que j’en prends la responsabilité. Je suis le président. C’était horrible (…) de voir des gens traités de cette manière ».

1.400 Haïtiens expulsés

« C’est embarrassant », a-t-il dit avant de se reprendre. « C’est plus qu’embarrassant. C’est dangereux. C’est mal. Cela envoie le mauvais message au monde, le mauvais message chez nous. »

« Ce n’est pas qui nous sommes », a indiqué le démocrate, qui avait promis dans sa campagne de traiter avec humanité les questions d’immigration, pour se distinguer d’un Donald Trump qui ne jurait que par la répression et par la construction d’un mur sur la frontière.

Son administration est critiquée de toutes parts alors que les Etats-Unis ont entrepris d’expulser en masse des Haïtiens massés à la frontière. Plus de 1.400 d’entre eux ont déjà été rapatriés par avion, au moment où le petit pays des Caraïbes est plongé dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula, à la frontière avec le Guatemala, et de Ciudad Acuña, à la frontière du Texas, où ils vivent sous la chaleur et dans l’insalubrité.

La gauche reproche à Joe Biden sa dureté, la droite conspue ce qu’elle considère être du laxisme provoquant un appel d’air migratoire.

La tension autour de ces sujets est encore montée d’un cran jeudi, avec la démission de l’émissaire américain en Haïti Daniel Foote, qui a dénoncé dans une lettre cinglante des expulsions « inhumaines ».

Par Le Point avec AFP

Crise au Liban: « Il faut établir des listes de noms et sanctionner les responsables »

septembre 17, 2021

Emmanuel Macron à Beyrouth, le 31 août 2020

Le Parlement européen a voté une résolution pour accélérer la prise de sanctions contre les dirigeants libanais à l’origine de la situation très préoccupante du pays. Entretien avec le député français Christophe Grudler, qui appelle à maintenir la pression internationale.

Condition préalable à l’octroi de l’aide internationale, le Liban s’est doté le 10 septembre d’un nouveau gouvernement tant attendu, avec une répartition des postes égales entre chrétiens et musulmans, conformément au système confessionnel. Mais la pression internationale ne faiblit pas. Le parlement européen a voté, ce 16 septembre, une résolution non contraignante réclamant un durcissement des sanctions contre des responsables de la grave crise politique et économique que traverse le pays.

Le texte déposé par le groupe du Parti populaire européen (PPE), l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), les Conservateurs et réformistes européens (CRE), le groupe Verts/ALE et la liste centriste Renaissance – ou Renew Europe, qui regroupe La République en marche (LREM), le Mouvement démocrate (Modem), Agir et le Mouvement radical –, a bénéficié d’un consensus, avec 575 voix sur 685 députés présents.

Enquête entravée

Effondrement des institutions, corruption endémique, crise financière exacerbée depuis fin 2019, hausse du taux de pauvreté, protestations populaires, manque de redevabilité des hauts responsables, cette résolution souligne la situation extrêmement préoccupante que traverse le pays, exacerbée par la crise du Covid-19 et l’accueil des réfugiés syriens. Les auteurs du texte dénoncent le rejet par les députés, motivés par des intérêts privés, du plan de sauvetage gouvernemental soutenu par le FMI. Ils reprochent également à des figures politiques libanaises clés d’avoir entravé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020 et refusé la demande de levée d’immunité de certains membres du parlement. Accusant directement une poignée de personnalités d’être responsable d’un « désastre », ils pointent notamment du doigt le gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé, et son frère.

Dans ce contexte, les députés européens appellent à la mise en œuvre de réformes profondes, proposent l’ouverture d’une enquête internationale indépendante et  exhortent le Service européen pour l’action extérieure à établir clairement des listes de personnalités et d’entités responsables. Entretien avec le député français Christophe Grudler, membre de Renew Europe et porteur de ce texte.

Jeune Afrique : Le 16 septembre, le Parlement européen a réclamé un durcissement des sanctions contre les responsables libanais. Quels pays ont été à l’initiative de cette résolution ?

Christophe Grudler :  Les francophones, et les députés français en premier lieu, sont à la pointe du sujet du fait de leurs attaches culturelles et amicales avec le Liban. Mais quand j’ai porté ce texte, nous avons aussi bénéficié de la solidarité de nombreux collègues allemands, suédois, belges et italiens. Il y a eu un consensus autour d’un objectif : aider concrètement le peuple libanais.

TOUS LES PAYS DOIVENT COOPÉRER POUR CONCLURE L’ENQUÊTE SUR L’EXPLOSION DU PORT DE BEYROUTH

Le Conseil de l’Europe a déjà adopté fin juillet un cadre légal pour sanctionner les responsables de la crise. Vous appelez désormais à la création d’un tribunal spécial chargé des affaires de corruption et à la mise en œuvre de réformes structurelles. En quoi ce texte peut faire évoluer concrètement la situation ? 

Nous réclamons une enquête et des sanctions contre les responsables, il faut établir des listes de noms et se donner les moyens de contrôler ces personnalités. Nous parlons au nom du peuple européen, notre but est d’obtenir des actes forts rapidement. Nous appelons à la coopération de tous les pays afin d’identifier les biens mal acquis et de conclure l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth. Nous demandons également la mise en place d’une commission de suivi des élections de 2022 et nous sommes convaincus que le Service européen pour l’action extérieure s’en saisira.

En quoi votre démarche peut-elle accélérer la contribution des États européens sur ces dossiers ?

Les listes de noms seront établies sur la base d’une enquête internationale indépendante, sachant qu’il existe déjà des investigations en Suisse ou en France sur le gouverneur de la Banque du Liban et une enquête indépendante autour du blanchiment d’argent en Europe. Nous souhaitons que les États membres échangent des informations, en association également avec la Suisse et la Grande-Bretagne. Cette cohérence entre pays est nécessaire.

La Hongrie s’est certes opposée à l’enquête d’un juge international sur des personnalités libanaises mais nous sommes parvenus à créer un courant transversal englobant presque tous les groupes parlementaires, mis à part ceux de l’extrême gauche et de l’extrême droite. Chacun pourra influer sur les décisions des responsables de son État. Au-delà de cette résolution, nous avons créé des liens entre collègues de différentes nationalités et partis. Nous comptons ainsi suivre le dossier et nous rendre sur place s’il le faut pour constater les réalités du terrain.

À PARTIR DU MOMENT OÙ DES RESPONSABLES ONT ÉTÉ IDENTIFIÉS, ILS POURRONT ÊTRE SANCTIONNÉS

Pour quelles raisons soulignez-vous dans ce texte l’implication du Hezbollah et d’autres factions dans la crise politique et économique que traverse le pays ?

Quelles que soient les factions, notre objectif principal est la lutte contre la corruption. À partir du moment où des responsables ont été identifiés, ils pourront être sanctionnés, leurs biens mal acquis gelés, et une fois ces groupes affaiblis, nous pourrons parler de nation libanaise. Ce qui tue le Liban, c’est l’enfermement autour du communautarisme.

S’agit-il de remettre en cause un autre point sensible du Liban, le système confessionnel ?

L’objectif est de développer un système d’appartenance nationale au Liban. Il s’agit d’une nation et non pas d’une fédération. Tout ce qui renforcera ce sentiment fera du bien à tout le monde.

Le pays ayant été placé sous perfusion économique par les bailleurs, la responsabilité internationale est-elle engagée dans la faillite structurelle d’un État corrompu ?

L’enquête indépendante permettra d’établir toutes les responsabilités, mais elles sont avant tout celles des gouvernants. Les financeurs ne sont pas responsables du refus du précédent gouvernement de libérer des éléments d’enquête autour du port de Beyrouth, ni de l’opposition de la commission des finances à la levée de l’immunité parlementaire.

SI CE GOUVERNEMENT NE VEUT PAS COOPÉRER, IL SERA REJETÉ COMME SES PRÉDÉCESSEURS

En pleine déroute économique, doublée d’une crise sanitaire, le pays doit négocier un accord avec le FMI. Faut-il maintenir la pression internationale et européenne dans ce contexte ?

C’est nécessaire car si ce gouvernement ne veut pas coopérer, il ne pourra pas réussir et sera rejeté comme l’ont été ses prédécesseurs. La pauvreté, la grande précarité énergétique et alimentaire du pays lui imposent de reconnaître les erreurs passées et d’agir de manière positive. Ce sont des conditions préalables à l’aide internationale et au retour de l’argent de la diaspora. Il faut que ce gouvernement fasse ses preuves. La pression internationale permet de montrer que tout ne lui est pas dû.

L’UE a apporté une assistance économique au Liban et des aides d’urgence. Mais vous appelez à faire en sorte que ces fonds parviennent réellement dans les mains des acteurs de terrain…

Nous ne pouvons pas nous permettre de voir l’argent destiné à aider les Libanais aller dans la poche de quelques oligarques. C’est ce qui a pu se produire par le passé et l’enquête pourra le prouver. Il y a déjà des présomptions soulignées par l’enquête d’Amnesty International et par des juges européens. Nous demandons plus de moyens européens humains pour contrôler le bon usage de ce qui a été envoyé, avec la mise en place d’une task force internationale.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

Canada-Refus de se faire vacciner: Québec ne doit pas imposer de sanctions, dit le PQ

août 31, 2021

QUÉBEC — L’opposition péquiste approuve l’idée de rendre la vaccination obligatoire pour le personnel de la santé, mais s’objecte à l’idée d’imposer des sanctions aux récalcitrants.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, avait convoqué les médias lundi pour afficher sa position, à la suite de la commission parlementaire de deux jours, tenue la semaine dernière, sur la vaccination obligatoire contre le virus de la COVID-19 décrétée par le gouvernement pour le personnel de la santé en contact avec les patients plus de 15 minutes.

Il a eu un certain mal à expliquer la logique de sa position, en appuyant la décision de contraindre les soignants à se faire vacciner, tout en rejetant la perspective de voir les récalcitrants se faire imposer un congé sans solde, soit le scénario envisagé par le gouvernement pour forcer la main aux employés du réseau.

Le chef péquiste croit que des sanctions trop lourdes pourraient être contre-productives, en éloignant des hôpitaux quantité de soignants, au moment où les pénuries de main-d’oeuvre sont déjà importantes.

Suspendre des employés réfractaires au vaccin pour une période indéterminée «risque d’amener plus de problèmes, plus de bris de services, plus de contestations et peut-être même un taux de vaccination moins élevé que si on continue dans l’approche actuelle», selon lui.

Il dit tourner le dos à une approche «qui mise sur la peur et la coercition», pour privilégier la persuasion et les tests de dépistage quotidiens pour augmenter la proportion de gens vaccinés dans le secteur de la santé.

«Nous croyons à l’éducation, la sensibilisation et la coopération», pour assurer la progression du processus de vaccination, a-t-il fait valoir, estimant que les travailleurs de la santé ayant des réticences envers la vaccination «ne sont pas nombreux».

Dans le secteur public seulement, Québec calcule qu’environ 30 000 employés ne sont pas vaccinés, risquant d’attraper le virus et de contaminer des malades. Le gouvernement a décrété que d’ici le 15 octobre les employés du réseau, du secteur public ou privé, devaient être pleinement vaccinés, ayant reçu deux doses, sous peine de devoir subir des sanctions.

Le PQ va aussi s’opposer à la possibilité d’étendre la vaccination obligatoire à d’autres catégories de travailleurs que ceux de la santé.

Avec Jocelyne Richer, La Presse Canadienne

Comment la Chine « efface » certaines stars du divertissement

août 30, 2021

Zhao Wei, l’une des actrices les plus célèbres du pays, a disparu des réseaux sociaux et des plateformes, relate « Courrier inter » ce lundi.

Zhao Wei, une richissime actrice de 45 ans, a disparu des plateformes et reseaux sociaux chinois depuis plusieurs jours.
Zhao Wei, une richissime actrice de 45 ans, a disparu des plateformes et réseaux sociaux chinois depuis plusieurs jours.© EYEPRESS NEWS / EyePress / EyePress via AFP

En Chine, elle est une véritable star. Pourtant, son nom a disparu des réseaux sociaux du pays, ses films aux abonnés absents sur les plateformes. Zhao Wei, une richissime actrice de 45 ans, n’apparaît plus dans les moteurs de recherche depuis plusieurs jours. En cause : la comédienne serait visée par une campagne des autorités chinoises, dont le but est de reprendre la main sur l’industrie du divertissement et de la culture, relate Courrier international, ce lundi 30 août.

Aucune justification officielle n’a été donnée concernant ce « bannissement » d’Internet. Mais des pistes d’explications commencent à se dessiner. Depuis plusieurs années, Pékin s’en prend aux excès des stars du showbiz, dont certaines sont accusées de corrompre la jeunesse et de promouvoir l’argent et le consumérisme. Comme le relate RFI, Zhao Wei faisait affaires avec Jack Ma, le cofondateur tombé en disgrâce d’Alibaba. La businesswoman, propriétaire de plusieurs vignobles en France, a par ailleurs été condamnée pour des délits boursiers en 2017.

« Restaurer » le secteur de l’art et du divertissement

Le cas Zhao Wei entre en résonance avec d’autres affaires mêlant des stars chinoises. Ces derniers mois, les autorités du pays ont été échaudées par une série de scandales. Le régulateur chinois de l’audiovisuel a imposé le retrait des séries télévisées avec l’actrice Zheng Shuang, accusée de fraude fiscale et d’abandon de ses deux enfants après sa rupture avec son compagnon. Très populaire en Chine, la comédienne de 30 ans a été ordonnée par le fisc de régler une amende de 299 millions de yuans (39 millions d’euros) pour ne pas avoir déclaré des revenus.

Objectif pour Pékin : imposer une tolérance zéro vis-à-vis des déboires des célébrités. « Depuis un moment déjà, les manquements moraux et les violations de la loi par les artistes suscitent la vive attention de la société », avait averti la télévision publique CCTV, d’après des constatations de l’Agence France-Presse. La chaîne appelait alors à « restaurer » le secteur de l’art et du divertissement afin qu’il soit « sain et marqué par l’honnêteté ».

Par Le Point avec AFP

Empoisonnement de Navalny: Londres et Washington sanctionnent des hauts responsables russes

août 20, 2021
Empoisonnement de Navalny: Londres et Washington sanctionnent des hauts responsables russes
Empoisonnement de Navalny: Londres et Washington sanctionnent des hauts responsables russes© Instagram account @navalny/AFP/Archives/Handout

Londres et Washington ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre des hauts responsables des services de sécurité russes pour leur rôle présumé dans l’empoisonnement de l’opposant au Kremlin Alexeï Navalny, survenu il y a exactement un an à bord d’un avion en Sibérie.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a ciblé sept personnes, identifiées comme étant membres des services de sécurité russes (FSB). Ces individus sont frappés par des interdictions de voyager et par le gel de leurs avoirs, des mesures « prises aux côtés de nos alliés américains », a-t-il précisé dans un communiqué.

Le Trésor américain a, lui, indiqué dans un communiqué distinct que neuf hauts responsables et deux laboratoires scientifiques étaient visées au total par cette troisième vague de sanctions américaines.

Le département d’État américain a désigné « deux laboratoires scientifiques du ministère russe de la Défense qui se sont engagés dans des activités visant à développer les capacités d’armes chimiques de la Russie« , a expliqué le Trésor.

Parallèlement, le secrétaire d’Etat américain a annoncé son intention de bloquer la propriété de deux navires russes et sanctionner deux autres ressortissants russes impliqués dans le projet de gazoduc Nord Stream 2.

« Avec l’action d’aujourd’hui, l’administration a désormais sanctionné 7 personnes et identifié 16 de leurs navires comme des biens bloqués », détaille-t-il.

M. Blinken rappelle l’opposition de principe des Etats-Unis au gazoduc Nord Stream 2.

Les gouvernements américain et allemand avaient annoncé le 21 juillet un accord pour clore leur dispute au sujet du gazoduc controversé. Le projet peut se poursuivre mais il n’empêche pas d’éventuelles sanctions contre la Russie si Moscou utilise ce projet pour « commettre des actes agressifs à l’égard de l’Ukraine« .

Les Etats-Unis déplorent que Nord Stream passe par la mer Baltique, mais pas par l’Ukraine, menaçant de priver ce pays d’une partie des revenus perçus sur le transit, mais aussi d’un moyen de pression sur Moscou.

Les sanctions annoncées vendredi par le Royaume-Uni dans l’affaire Navalny sont les secondes après celles annoncées en octobre 2020 contre six responsables, dont le patron du FSB Alexandre Bortnikov et l’un des responsables de l’administration présidentielle Sergueï Kirienko, en lien avec cet empoisonnement.

Les individus sanctionnés cette fois-ci « sont directement responsables de la préparation ou de l’exécution de l’attaque contre M. Navalny à Tomsk le 20 août 2020 ».

Parmi eux, trois agents présumés du FSB, Alexeï Alexandrov, Vladimir Panyaev et Ivan Vladimirovich Ossipov qui, selon Londres, étaient présents à Tomsk au moment de l’empoisonnement de Navalny. Quatre membres de haut rang du FSB dont un général et un colonel sont aussi visés.

Empoisonné par un agent neurotoxique du groupe Novitchok, une substance conçue par des spécialistes soviétiques à des fins militaires, Alexeï Navalny avait été deux jours dans le coma dans un hôpital sibérien avant d’être transféré à Berlin pour y être soigné.

L’opposant de 45 ans est emprisonné en Russie, où il est revenu en janvier 2021.

Dans une déclaration conjointe, Londres et Washington « appellent la Russie à se conformer pleinement à la Convention sur les armes chimiques (CAC), y compris à ses obligations de déclarer et de démanteler son programme d’armes chimiques. »

Les deux alliés « regrettent que les autorités russes n’aient pas mené d’enquête et n’aient pas expliqué de manière crédible l’utilisation d’une arme chimique contre M. Navalny sur le territoire russe ».

Par Le Point avec AFP

Teodoro Nguema Obiang Mangue sous le coup de sanctions britanniques pour corruption

juillet 22, 2021
Teodorín Obiang, le 30 septembre 2015 au siège des Nations Unies (image d’illustration).

Le fils du président équato-guinéen, et vice-président du pays, est sous l’objet de sanctions édictées jeudi par le gouvernement britannique.

Ces sanctions, qui prévoient un gel des avoirs et des interdictions d’entrée au Royaume-Uni, ont été prises dans le cadre d’un régime de sanctions anticorruption qui avait déjà permis de punir en avril 22 individus de six pays différents, dont la Russie. « Les mesures que nous avons prises aujourd’hui ciblent des individus qui se sont enrichis aux dépens de leurs citoyens », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, dans un communiqué.

Parmi les personnes ciblées figure Teodorin Obiang Mangue, vice-président de Guinée équatoriale et fils du président, notamment pour le « détournement de fonds publics » et des pots-de-vin lui ayant permis de financer un train de vie somptueux. Il aurait consacré plus de 500 millions de dollars à l’acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d’un jet privé, de voitures et d’objets de collection liés au chanteur Michael Jackson.

Système indépendant de sanctions

En février 2020, il avait été condamné en appel en France à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amendes et des confiscations. Nawfal Hammadi al-Sultan, l’ancien gouverneur de la province irakienne de Ninive, dont le chef-lieu est Mossoul, est lui visé pour avoir détourné des fonds publics destinés à la reconstruction.

Avec eux l’homme d’affaires zimbabwéen Kudakwashe Regimond Tagwirei, dont les agissements de sa société Sakunda Holdings ont contribué à la dévaluation de la monnaie et la hausse des prix de biens essentiels au Zimbabwe. Les hommes d’affaires colombiens Alex Nain Saab Moran et Alvaro Enrique Pulido Vargas se voient eux reprocher d’avoir détourné à leur profit des programmes publics au Venezuela en matière de logement et d’aide alimentaire.

Après être sorti de l’Union européenne, le Royaume-Uni, important centre financier international, avait adopté en 2020 un nouveau système indépendant de sanctions visant les auteurs de violations des droits humains, complété ultérieurement par un volet s’attaquant à la corruption

 Par Jeune Afrique avec AFP

Les États-Unis prêts à lever de nombreuses sanctions, l’Iran veut plus

mai 8, 2021

LES ÉTATS-UNIS PRÊTS À LEVER DE NOMBREUSES SANCTIONS

© Reuters/LISI NIESNER

DUBAI (Reuters) – Les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils étaient prêts à lever de nombreuses sanctions contre l’Iran lors des discussions sur le nucléaire à Vienne mais Téhéran en veut plus, a déclaré vendredi le principal négociateur iranien.

« Les informations qui nous été transmises par la partie américaine montrent qu’ils sont sérieux dans leur volonté de réintégrer l’accord sur le nucléaire et ils se sont déclarés prêts jusqu’à présent à lever une grande partie des sanctions », a dit Abbas Araqchi à la télévision publique iranienne.

« Mais cela ne convient pas de notre point de vue et donc les discussions se poursuivent jusqu’à ce que nous obtenions réponse à toutes nos demandes », a-t-il ajouté.

A Washington, le président américain Joe Biden a dit croire que l’Iran prenait au sérieux les négociations. « Mais de quelle manière, et ce qu’ils sont prêts à faire, c’est une autre histoire. Mais nous poursuivons les discussions », a-t-il dit.

Un quatrième cycle de discussions indirectes a débuté vendredi à Vienne entre représentants américains et iraniens sur les conditions d’un retour des Etats-Unis dans le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais) conclu à Vienne en juillet 2015, dont Washington s’est retiré en 2018 à l’initative de Donald Trump, et du respect par Téhéran de ses obligations, dont il s’est affranchi progressivement depuis deux ans.

Avec (Rédactions de Dubaï et Washington; version française Jean-Stéphane Brosse)

CPI: comment les sanctions américaines affectent Fatou Bensouda

octobre 23, 2020
Fatou Bensouda, procureure générale de la Cour pénale internationale, en 2018.

Ciblée par des sanctions américaines depuis le 2 septembre, la procureure de la Cour pénale internationale a vu plusieurs de ses comptes gelés par l’administration Trump.

Le travail de la CPI constitue-t-il une « véritable menace à la sécurité nationale » des États-Unis ? C’est du moins le sentiment du président Donald Trump. Le 11 juin dernier, il ouvrait la voie à l’imposition de sanctions contre le personnel de la Cour de la Haye – une première.

Une décision provoquée par la possible enquête de la CPI sur des crimes potentiellement commis en Afghanistan, qui pourrait mettre en cause l’armée américaine. « Ce n’est pas une enquête de justice. C’est de la persécution contre nos ressortissants, déclarait le secrétaire d’État Mike Pompeo en juin. Nous savons que la CPI et le bureau de la procureure sont concernés au plus haut niveau par des faits de corruption et de fautes graves », ajoutait-il, sans donner plus de précisions sur ces accusations.

C’est sa procureure Fatou Bensouda et un membre de son équipe, le lesothan Phakiso Mochochoko, qui seront finalement visés par ces sanctions, qui comprennent le gel de leurs avoirs aux États-Unis et une interdiction de voyager.

Compte bancaire gelé

Le compte que possède Fatou Bensouda auprès de la Caisse fédérale de crédit des Nations unies, réservée au personnel de l’ONU et des organisations qui lui sont liées, a immédiatement été gelé. Ses cartes bancaires liées au système monétaire américain ont également été désactivées.

« Certaines banques n’ont pas forcément l’obligation de respecter le décret et les sanctions américaines, mais elle ont tendance à faire du zèle pour éviter toute complication », regrette un proche de Fatou Bensouda. Des virements effectués d’une banque à une autre ont ainsi été renvoyés , et des transactions en dollars bloquées.

Les difficultés liées à certains de ses comptes néerlandais ont toutefois pu être résolues rapidement.

En Gambie, un membre de sa famille s’est également vu temporairement empêché d’effectuer un virement – la situation est désormais rétablie.

Menaces

Les interdictions de voyager concernent non seulement Fatou Bensouda, mais également son époux et ses deux enfants. En principe, la procureure peut encore voyager à New York, en vertu du traité de l’accord de siège qui accorde au district administratif de l’ONU un statut particulier.

Les sanctions américaines pourraient-elles être étendues ? L’administration Trump avait prévenu : « Chaque personne ou entité qui continuerait à soutenir la procureure Bensouda and Mr Mochochoko risque de s’exposer aux sanctions ». Une menace qui n’est pas prise à la légère par l’équipe de la procureure, qui a été forcée de réorganiser son organisation afin de protéger ses membres.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré