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Plusieurs premiers ministres provinciaux sanctionnés par Moscou

septembre 23, 2022
Les deux premiers ministres en conférence de presse.

François Legault et Blaine Higgs font partie des citoyens canadiens qui ne peuvent plus mettre les pieds en Russie. (Archives) Photo : La Presse Canadienne/Nathan Denette

En réponse aux sanctions canadiennes, le ministère russe des Affaires étrangères a ajouté jeudi le nom du premier ministre québécois François Legault et ceux de 86 autres personnalités politiques, militaires et d’affaires à une liste de citoyens canadiens ne pouvant mettre les pieds en Russie.

Se retrouvent également sur cette liste le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, son homologue de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, et le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston.

Les premiers ministres des trois territoires (Pauloosie Jamesie Akeeagok du Nunavut, Caroline Cochrane des Territoires du Nord-Ouest et Sandy Silver du Yukon) sont également visés, ainsi que les lieutenants-gouverneurs des dix provinces.

Le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, et les chefs de diverses entreprises qui ont fait ou envisagent de faire des dons à Kiev, qualifié de régime néonazi par la Russie, ont également été sanctionnés.

Selon le document du ministère russe des Affaires étrangères, ces ajouts partent du principe de réciprocité et se veulent une réponse directe aux sanctions périodiques du Canada, que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a promis d’intensifier.

Toutes ces sanctions contre la Russie sont de nature symbolique et incapables d’affecter l’économie russe, et le gouvernement canadien le sait très bien, a déclaré Artem Kalabukhov, conseiller politique de l’ambassade de Russie à Ottawa.

Mélanie Joly.

Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Mélanie Joly a indiqué qu’elle prononcerait un discours national axé sur le soutien canadien à l’Ukraine, lundi.

Le Congrès des Ukrainiens canadiens a appelé le gouvernement fédéral à décréter une interdiction de visa pour les ressortissants russes, arguant que les actions de la Russie constituent un génocide qui devrait empêcher ses citoyens du privilège de voyager à l’étranger. La demande avait été formulée le mois dernier par le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, à l’intention des pays de l’Union européenne.

Cette possibilité a été écartée par la cheffe de la diplomatie canadienne, du moins pour le moment. À New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, Mélanie Joly a expliqué que le Canada risquerait de fermer la porte à des dissidents russes cherchant à fuir leur pays s’il allait de l’avant avec une telle interdiction.

Elle a souligné que de nombreux Russes se précipitaient aux frontières depuis le lancement d’une mobilisation partielle des réservistes décrétée par Vladimir Poutine.

Mme Joly a toutefois déclaré qu’il était envisageable que le Canada envoie davantage d’armes à Kiev, une autre demande formulée par le Congrès des Ukrainiens canadiens.

Plus vite les armées russes seront vaincues, plus vite la paix reviendra en Europe , a écrit le président du Congrès, Ihor Michalchyshyn.

Radio-Canada avec des informations de Louis Blouin et de La Presse canadienne

Russie: Poutine reconnaît des « difficultés colossales » causées par les sanctions

juillet 18, 2022
Vladimir Poutine à son bureau, entouré d'un écran et de téléphones.

Vladimir Poutine a indiqué que les géants de la technologie russes, comme Yandex ou Ozon, faisaient face à des défis importants. Photo: AP/Pavel Byrkin

Le président russe Vladimir Poutine a appelé lundi à surmonter les graves difficultés posées par les sanctions privant la Russie des hautes technologies occidentales dont elle est très dépendante.

Ayant conscience des difficultés colossales qui se trouvent face à nous, nous allons chercher intensivement et intelligemment de nouvelles solutions, a-t-il déclaré lors d’une réunion retransmise à la télévision publique, relevant que son pays était face à un blocage presque total de l’accès aux technologies occidentales.

Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des limitations, mais un blocage presque total qui est mis en œuvre contre notre pays concernant l’accès aux produits étrangers de haute technologie, a-t-il affirmé.

La Russie est visée par des sanctions occidentales d’ampleur et nombre d’entreprises étrangères se sont retirées du pays en réaction à l’assaut militaire lancée contre l’Ukraine.

Évoquant un énorme défi, il a appelé à utiliser à bon escient les technologies souveraines russes existantes et à développer de nouvelles entreprises nationales innovantesNous n’allons pas baisser les bras, a-t-il martelé.

Depuis l’offensive en Ukraine, les géants du numérique (Microsoft, Apple, Google, Adobe, Cisco) ont quitté la Russie ou suspendu au minimum une partie de leurs opérations dans le pays, laissant les consommateurs, entreprises, administrations et utilisateurs russes sans autres options.

Des fournisseurs occidentaux ont également cessé d’assurer un soutien technique à leurs clients russes.

Il en va aussi bien des marchandises, comme les téléphones et les ordinateurs d’Apple, les systèmes de télécommunication Cisco, les marchés d’applications mobiles que des systèmes d’exploitation comme Windows.

Solutions russes

Dans l’immédiat, la Russie a autorisé les importations dites parallèles de marchandises de ce type, c’est-à-dire sans l’accord de celui qui en détient la propriété intellectuelle.

Lundi, Vladimir Poutine a indiqué aussi que les géants de la technologie russes, comme Yandex ou Ozon, faisaient également face à des défis importants, car ils se finançaient sur les marchés occidentaux ou grâce à des institutions financières étrangères.

Il est indispensable de développer rapidement de tels mécanismes dans le système financier russe pour que les entreprises russes à croissance rapide puissent attirer des capitaux privés nationaux pour leur développement, a affirmé M. Poutine.

Le Kremlin n’a cessé d’affirmer que la Russie résiste aux sanctions décidées par l’Occident, mais les effets de celles-ci risquent de faire sentir leurs effets les plus importants dans les mois ou les années à venir, en coupant le pays des nouvelles technologies et des chaînes logistiques et financières mondiales.

Moscou promet de compenser ces effets à moyen terme en développant des solutions de rechange russes. Parallèlement, la répression qui vise les détracteurs de l’offensive russe contre l’Ukraine et la rupture des liens aériens et financiers avec l’Occident ont entraîné un exode estimé à au moins plusieurs dizaines de milliers de Russes travaillant dans le secteur des nouvelles technologies, accroissant un déficit déjà existant.

Selon M. Poutine, citant des chiffres gouvernementaux, il manquera à la Russie un million de cadres dans ce secteur en 2024.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Mali : la Cedeao lève ses sanctions économiques et financières

juillet 3, 2022

Réunis à Accra ce dimanche 3 juillet, les dirigeants ouest-africains ont décidé de supprimer la plupart des mesures coercitives imposées au Mali depuis janvier.  

Assimi Goïta, président le la transition malienne, le 22 août 2020. © AP/SIPA

Six mois après leur mise en place, les sanctions économiques et financières imposées au Mali en janvier par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont été levées ce dimanche 3 juillet, lors d’un sommet de l’organisation tenu à Accra. La réouverture des frontières terrestre et aérienne a notamment été entérinée.

La Cedeao a par ailleurs validé le nouveau calendrier proposé par la junte d’une période de transition allant jusqu’à mars 2024. En revanche, elle s’oppose fermement à la participation des autorités de la transition à la prochaine élection présidentielle. Et maintient également les sanctions individuelles contre les membres de la junte au pouvoir, ainsi que les sanctions administratives à l’encontre du Mali. 

Pour arriver à ce consensus, les dirigeants ouest-africains ont débattu dans un huis clos intégral. Lors du précédent sommet, qui s’était tenu à Accra, le 4 juin, les chefs d’État qui étaient favorable à la levée de l’embargo, comme le Togolais Faure Gnassingbé, l’Ivoirien Alassane Ouattara ou encore le Sénégalais Macky Sall, n’avaient pas réussi à rallier à leurs vues les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo, nigérian Mahammadu Buhari ou encore nigérien Mohamed Bazoum.

« Apparemment, les divergences ont été surmontées après le sommet de juin dernier. On espérait donc ici à Accra une décision allant dans le sens de la levée des sanctions”, commente une source au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), dont le siège est installé à Ouagadougou et dont les huit membres, qui ont en commun le franc CFA, font également partie de la Cedeao. 

Gel des avoirs et des transactions

D’après nos informations, c’est Alassane Ouattara, président en exercice de l’Uemoa, qui donnera des instructions au gouverneur de la Banque centrale de l’organisation, l’Ivoirien Jean-Claude Brou, ainsi qu’au Sénégalais Abdoulaye Diop, qui est à la tête de la Commission, pour la levée effective des sanctions financières imposées à Bamako. Il s’agira notamment de mettre un terme au gel des avoirs de l’État malien et ceux des entreprises publiques et parapubliques à la BCEAO, ainsi qu’au blocage des transferts de l’État malien via les systèmes de paiement de cette même Banque centrale.

Des mesures fortes qui ont paralysé l’économie du pays et empêché l’État et les banques maliennes d’honorer leurs engagements vis à vis de leurs créanciers. Depuis la mise en place de l’embargo de la Cedeao, au début de janvier, le pays n’a pas pu régler 236,1 milliards de F CFA de paiements d’intérêts et de capital sur les bons du Trésor malien.

Omar Alieu Touray à la Commission de la Cedeao

À noter par ailleurs qu’à l’issue du sommet de ce 3 juillet, Umaro Sissoco Embaló, le chef de l’État bissau-guinéen, est devenu président en exercice de la Cedeao tandis que le diplomate gambien Omar Alieu Touray, ex-ministre des Affaires étrangères, a pris la tête de la Commission, l’organe exécutif de l’organisation, nomination qui prendra effet le 11 juillet prochain. Ce dernier remplacera Jean-Claude Brou, récemment nommé à la tête de la BCEAO.

Enfin, les dirigeants ouest-africains ont décidé de nommer Patrice Talon, le président béninois, « Champion de la Cedeao » pour le retour des biens culturels en Afrique de l’Ouest, et Nana Akufo-Addo « champion pour la lutte contre le changement climatique ».

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Mali, Burkina, Guinée : la Cédéao se penche sur les sanctions

juillet 3, 2022

Les dirigeants ouest-africains se réunissent ce dimanche 3 juillet au Ghana pour réexaminer leur plan d’action face aux juntes arrivées au pouvoir par la force au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.

Assimi Goïta, ici lors d’une réunion de la Cedeao, à Accra, le 15 septembre 2020. © REUTERS/Francis Kokoroko

Levée, maintien ou durcissement des sanctions ? Les leaders des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis ce dimanche à Accra, doivent notamment se prononcer sur le Mali, qui subit depuis le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières et qui a accepté récemment des prérequis indispensables à leur levée.

« Le Mali a fait d’énormes progrès »

La décision sur la levée de l’embargo sur les transactions commerciales et financières est très attendue au Mali, où les négociations entre la junte et la Cedeao durent depuis des mois. Le médiateur Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, est venu la semaine dernière à Bamako. Si rien n’a officiellement filtré des échanges, un membre de son entourage a indiqué à l’AFP que « le Mali a fait d’énormes progrès ».

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023. Il vient compléter l’adoption, le 17 juin, d’une nouvelle loi électorale et la mise en place d’une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution.

Un potentiel point de blocage dans les négociations peut néanmoins subsister avec la porte désormais ouverte, par la nouvelle loi électorale, d’une candidature d’un militaire à une élection présidentielle. Les « actes qui ont été posés ces jours-ci vont dans le sens d’une levée de ces sanctions », a estimé vendredi soir le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop.

La Guinée veut rassurer

Le Burkina Faso et la Guinée seront également au centre des attentions. Les deux pays ne sont pour l’heure que suspendus des organes de la Cedeao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays à un durcissement des sanctions.

La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions. Les autorités guinéennes avaient suscité l’ire de ses voisins en actant une durée de transition de 36 mois. Un délai qualifié d’« impensable » par le chef de l’État sénégalais Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine. « La Cedeao va devoir prendre des mesures », avait-il dit.

Le Premier ministre de transition, Mohamed Béavogui, a reçu samedi le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif. Le message de la Guinée est de rassurer « les frères de la Cedeao » sur l’engagement du pays à mener une transition apaisée et inclusive, a souligné le gouvernement.

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d’engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionné leur participation à la nomination d’un médiateur ouest-africain. « Il nous apparaît fondamental que la Cedeao intervienne pour présider le dialogue et favoriser ainsi le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée », a déclaré vendredi le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

« Sur la voie du compromis » au Burkina

Au Burkina Faso, la Cedeao a nommé l’ex-président nigérien Mahamadou Issoufou comme médiateur. « Nous sommes sur la voie du compromis » avec ce pays, a dit à l’AFP un diplomate de la sous-région. En visite samedi à Ouagadougou, Mahamadou Issoufou a salué « l’ouverture au dialogue » des militaires et dit avoir « échangé sur le chronogramme de la transition » présenté mercredi aux leaders politiques.

Les autorités burkinabè prévoient les dates du 24 décembre 2024 pour un référendum constitutionnel et du 25 février 2025 pour la tenue d’élections législatives et présidentielle.

Vendredi, les partis de l’ex-majorité du président Roch Marc Christian Kaboré renversé ont dénoncé l’agenda présenté par la junte comme une « manœuvre solitaire qui contraste avec les impératifs d’une transition inclusive et réussie », regrettant « l’absence de concertations en amont ».

La Cedeao, qui a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays. Mais le dernier sommet en date, le 4 juin, avait accouché d’une souris : aucune décision n’avait été prise et la Cedeao s’était donnée un mois de plus pour négocier.

Avec AFP

Congo-Législatives 2022 : Léonidas Mottom Mamoni retiré de la course à Ouesso 2

juillet 2, 2022

Le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Guy Georges Mbacka, a annoncé dans une décision rendue publique, le 2 juillet, à Brazzaville le retrait de la candidature de Léonidas Carrel Mottom Mamoni du Parti congolais du travail (PCT) aux élections législatives des 4 et 10 juillet dans la deuxième circonscription électorale de Ouesso, département de la Sangha.

Léonidas Carrel Mottom Mamoni/Adiac

«En vertu de la présente décision, le parti qui l’a présenté peut investir un autre candidat avec son suppléant. La présente décision sera notifiée au candidat Léonidas Carrel Mottom Mamoni et au part politique qui l’a investi », a décidé le ministre.

Selon Guy Georges Mbacka, le candidat aux législatives à Ouesso 2 a tenu, au cours de la campagne électorale, des propos qui portent gravement atteinte à l’unité et à la cohésion nationales et enfreint manifestement certaines dispositions de la loi électorale. «Le fief de l’Upads n’est pas dans le département de la Sangha, ni celui du PCAP, du PRL : les neuf circonscriptions du département de la Sangha sont pour les députés du PCT. Seuls ces derniers peuvent être élus dans ce département, pas d’autres. Un ressortissant de la Sangha pourrait-il chercher à se faire élire à Dolisie ou à Mouyondzi ?» déclarait Mottom dans des propos rappelés par le ministre.  

Des déclarations qui sont contraires, d’après la décision du gouvernement, à l’article 27 de la loi électorale qui stipule que les réunions électorales sont pour faire connaître un candidat ou une liste des candidats, de présenter les programmes ou les arguments d’un candidat ou des candidats d’une liste dans les conditions fixées par la loi.

Notons que le candidat a été déjà lâché par le parti qui l’a investi. En effet, dans une déclaration le 1er juillet à Brazzaville, le secrétariat permanent du bureau politique du Comité central du PCT a condamné avec « véhémence » toute attitude et propos non républicains frisant la division, l’ethnocentrisme et le repli identitaire. Il s’est aussi dissocié totalement de ces « comportements rétrogrades » qui divisent le peuple congolais. « C’est ainsi que le secrétariat permanent désapprouve les propos inacceptables tenus par le candidat Léonidas Mottom Mamoni, investi dans la circonscription de Ouesso 2, lesquels propos se détachent de la ligne politique du parti. Il retire, par conséquent, son appui au candidat Léonidas Mottom et rassure l’opinion publique des sanctions disciplinaires qui suivront, conformément aux statuts du PCT », a promis le PCT, attirant l’attention de l’ensemble de ses candidats sur leur tenue exemplaire pendant la période électorale.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Guerre en Ukraine : le G7 s’engage à ne plus acheter de pétrole russe

mai 8, 2022

Les pays du G7 se sont engagés dimanche à supprimer progressivement les importations de pétrole russe afin de priver Moscou de ses revenus.

Emmanuel Macron participe a une visioconference avec les dirigeants du G7 sur l'Ukraine a l'Elysee a Paris, le 8 mai 2022.
Emmanuel Macron participe à une visioconférence avec les dirigeants du G7 sur l’Ukraine à l’Élysée à Paris, le 8 mai 2022. 
 © THIBAULT CAMUS / POOL / AFP

Dimanche 8 mai, le G7 s’est engagé à interdire ou supprimer progressivement les importations de pétrole russe. Selon la Maison-Blanche, cette décision va porter « un coup dur » à la principale artère irriguant l’économie de Vladimir Poutine en le privant des revenus dont il a besoin pour « financer sa guerre » contre l’Ukraine.

L’exécutif américain ne précise pas quels engagements exactement a pris chacun des membres du G7, à savoir l’Allemagne (qui en a la présidence cette année), le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Le G7 tenait dimanche, en visioconférence, sa troisième réunion de l’année, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le choix de la date est hautement symbolique : les Européens célèbrent le 8 mai la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe.

Un embargo sur le pétrole russe

Cette réunion de dimanche se tient par ailleurs à la veille de la parade militaire du 9 mai en Russie, qui marque la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie. Les Occidentaux font preuve jusqu’ici d’une très étroite coordination dans leurs annonces de sanctions contre la Russie, mais n’avancent pas au même rythme quand il s’agit de pétrole et de gaz russes. Les États-Unis, qui n’en étaient pas de grands consommateurs, ont d’ores et déjà interdit l’importation d’hydrocarbures russes.

Les États membres de l’Union européenne, sous pression pour se joindre au mouvement, mais beaucoup plus dépendants de la Russie, continuaient dimanche à mener d’intenses tractations pour mettre en place un embargo sur le pétrole russe. Washington a par ailleurs annoncé une nouvelle salve de sanctions contre la Russie, autour de deux axes majeurs : les médias et l’accès des entreprises et des grandes fortunes russes aux services de conseil et de comptabilité dont les Américains et les Britanniques sont les grands spécialistes mondiaux.

Les médias pro-Kremlin sanctionnés

Les États-Unis vont sanctionner les chaînes de télévision Pervy Kanal, Rossiïa-1, et NTV. Il sera interdit à toute entreprise américaine de les financer par de la publicité ou de leur vendre des équipements. Autre axe d’attaque de Washington : interdire la prestation de services d’audit, de management, de conseil, de marketing, tous les services utilisés pour faire fonctionner des entreprises multinationales, mais aussi potentiellement pour contourner les sanctions ou dissimuler des richesses mal acquises.

Par Radio-Cnada avec AFP

Environ 200 000 emplois sont menacés par les sanctions à Moscou

avril 18, 2022

Les sanctions occidentales prises contre la Russie dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine commencent à peser sur les travailleurs russes, notamment ceux à l’emploi d’entreprises étrangères. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Au moins 200 000 emplois sont menacés à Moscou par le départ ou l’arrêt des activités d’entreprises étrangères, dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine, a annoncé lundi le maire de la capitale russe.

Dans un message sur son site, Sergueï Sobianine a indiqué qu’un plan d’aide de 3,6 milliards de roubles (environ 54 millions de dollars canadiens) avait été adopté la semaine dernière pour aider les Moscovites risquant un licenciement.

Ce programme concerne avant tout les employés d’entreprises étrangères qui ont suspendu temporairement leurs activités ou décidé de quitter la Russie. Selon nos estimations, environ 200 000 personnes risquent de perdre leur emploi, a indiqué le maire.

La mairie va proposer aux employés de sociétés étrangères au chômage technique des emplois temporaires permettant des compléments de revenus comme la gestion des archives ou la réparation d’équipements municipaux.

La municipalité dit aussi prévoir des subventions pour financer des reconversions professionnelles.

Selon la mairie, des aides financières pour les familles devraient être offertes, en vertu d’un récent décret présidentiel, et des mesures prises pour faciliter les emprunts des petites et moyennes entreprises.

Enfin, la Ville de Moscou dit avoir construit, sans préciser de date, trois usines de médicaments pour compenser la suspension des importations pharmaceutiques, dont dépendent fortement les Russes.

Dans ce domaine, un grand travail nous attend, les résultats mettront des années à arriver, a indiqué M. Sobianine.

Soutenir le rouble

Par ailleurs, le Kremlin a déclaré lundi que les pays inamicaux disposent encore de temps pour choisir le paiement en roubles du gaz qu’ils importent de Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a refusé de préciser combien de pays ont jusqu’à maintenant accepté ce changement imposé par Moscou.

À la fin du mois de mars, le président russe a signé un décret exigeant des clients étrangers qu’ils paient leur gaz et leur pétrole en roubles, faute de quoi les livraisons pourraient être interrompues.

Cette décision devait permettre à la Russie de soutenir sa monnaie nationale, malmenée par les sanctions.

Or, plusieurs pays européens ont dénoncé cette initiative. L’Allemagne – largement dépendante du gaz russe – a évoqué un chantage de Vladimir Poutine, dénonçant le changement de modalités de contrats pourtant déjà conclus.

Radio-Canada Aavec les informations de Agence France-Presse et Reuters

La résilience de l’économie russe mise à rude épreuve

avril 13, 2022
Des employés marchent près d'un réservoir de gaz naturel dans la péninsule de Yamal en Russie.

Des employés marchent près d’un réservoir de gaz naturel dans la péninsule de Yamal, en Russie. Photo : AFP/Kirill Kudryatsev

Alors que le président russe Vladimir Poutine se fait rassurant, le président de la Cour des comptes de Russie a estimé mercredi que l’économie du pays mettrait des années à se reconstruire si les sanctions internationales restaient durablement en vigueur.

Si les sanctions restent au niveau actuel, il faudra environ deux ans de reconstruction, pas moins, a estimé, selon les agences russes, Alexeï Koudrine, un ex-ministre des Finances très respecté dans le pays.

Puis il faudra rebâtir durant de nombreuses années, car ce dont on parle, c’est de remplacer toute une série de produits importés, a-t-il ajouté.

L’industrie automobile est par exemple paralysée à l’heure actuelle, car le pays ne peut plus importer de pièces détachées.

En outre, l’État russe, comme de nombreuses banques et entreprises, est coupé du système financier international, et l’inflation pourrait se situer autour de 20 % cette année.

« Un des grands risques, aujourd’hui, c’est l’affaissement de l’économie du fait des restrictions logistiques, d’une part, et du manque de liquidités, d’autre part. »— Une citation de  Andreï Beloussov, vice-premier ministre de la Russie

Devant la Chambre haute du Parlement, il a précisé que les secteurs de l’industrie et du commerce ont connu une baisse d’activité de 11 % du fait des sanctions imposées dans la foulée de l’offensive russe le 24 février. La Banque mondiale s’attend d’ailleurs à une chute de 11,2 % du produit intérieur brutPIB russe cette année.

Poutine reste optimiste

Malgré ces sombres perspectives, le président russe reste optimiste pour le secteur de l’énergie, la vache à lait de l’économie du pays.

Mercredi, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie, frappée par des sanctions occidentales pour l’invasion de l’Ukraine, pouvait aisément rediriger ses exportations d’hydrocarbures vers les régions du monde qui en ont le plus besoin tout en augmentant la consommation intérieure de pétrole, de gaz et de charbon.

Sur la question du pétrole, du gaz et du charbon russes, nous serons en mesure d’augmenter leur consommation sur le marché intérieur, a déclaré Vladimir Poutine lors d’une réunion sur le développement de l’Arctique russe.

« Nous augmenterons également la fourniture de ressources énergétiques à d’autres régions du monde où elles sont vraiment nécessaires. »— Une citation de  Vladimir Poutine, président de la Russie

Le refus de plusieurs pays occidentaux de coopérer [avec la Russie] normalement, y compris en ce qui concerne les ressources énergétiques russes […], a déjà frappé des millions d’Européens et provoqué une véritable crise énergétique, a-t-il ajouté.

Avec Radio-Canada

Ukraine : l’UE va discuter lundi d’un 6e paquet de sanctions contre Moscou

avril 10, 2022

Ursula von der Leyen a visité Kiev vendredi. Photo : Reuters/via le Service de Presse de la Présidence Ukrainienne

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne vont discuter lundi à Luxembourg d’un 6e paquet de sanctions contre Moscou, mais l’arrêt des achats de pétrole et de gaz pour cesser de financer l’effort de guerre russe divise les 27.

Nous venons d’imposer de lourdes sanctions à la Russie et nous sommes en train de préparer une sixième vague, a annoncé vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de sa visite à Kiev avec le chef de la diplomatie Josep Borrell.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cesse de demander à tous ses interlocuteurs européens l’adoption de sanctions puissantes. Il réclame un arrêt des achats de pétrole et de gaz et la fourniture d’armes lourdes pour résister à l’offensive annoncée dans la région du Donbass (est).

Josep Borrell a annoncé son intention de lancer lundi la discussion sur un embargo pétrolier, mais une proposition formelle n’est pas sur la table, a reconnu vendredi un haut fonctionnaire européen.

« L’unanimité est nécessaire pour l’adoption des sanctions. Or on voit bien les dépendances vis-à-vis de la Russie dans plusieurs États membres. »— Une citation de  Josep Borrell, chef de la diplomatie Union européenne

L’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Hongrie sont très dépendantes du gaz russe.

On ne va pas présenter quelque chose qui ne passera pas. Les propositions doivent être faites au moment opportun, a-t-il expliqué.

Depuis le début de la guerre en Ukraine fin février, le Kremlin a engrangé 27,3 milliards de dollars avec les achats de pétrole, gaz et charbon de l’Union européenneUE, selon Velina Tchakarova, directrice de l’Institut autrichien pour l’Europe et la politique de sécurité (AIES).

Financer et livrer de nouvelles armes

L’Union européenneUE a décrété un embargo sur les achats de charbon, mais leur montant est très inférieur à ceux de gaz et pétrole.

Les ministres vont en revanche valider le déblocage de 500 millions d’euros supplémentaires pour financer et livrer de nouvelles armes à Kiev, selon plusieurs diplomates de l’Union européenneUE.

Les sanctions sont importantes, mais elles ne résoudront pas le problème dans le Donbass. La bataille dans le Donbass sera décisive pour l’issue de la guerre, a souligné samedi Josep Borrell.

La Russie bombarde l’Ukraine depuis la mer à partir de navires situés hors de portée des armes ukrainiennes et les forces de Kiev ont besoin d’armes à longue portée et de davantage de véhicules blindés, a expliqué un haut responsable européen.

La Slovaquie a annoncé vendredi avoir fourni à Kiev un système de défense anti-aérien russe S-300.

Lors de leur réunion, les ministres s’entretiendront avec le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, du soutien de l’Union européenneUE aux enquêtes sur de possibles crimes de guerre en Ukraine.

Par Radio-Canada avec AFP

Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine

avril 7, 2022
Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine© RIA-NOVOSTI/AFP/Archives/MIKHAIL METZEL

Les sanctions occidentales visant non seulement le cercle rapproché du président russe, mais aussi sa famille, ont jeté une lumière inhabituelle sur la vie privée de Vladimir Poutine, maintenue d’ordinaire dans une stricte opacité.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont annoncé les premières sanctions contre les deux filles adultes du chef de l’Etat issu de son premier mariage avec Lyudmila. La pression monte aussi en parallèle sur Alina Kabaeva, ancienne gymnaste dont certains médias et opposants affirment qu’elle serait sa maîtresse, allégations jamais confirmées par le Kremlin.

Poutine est pour le moins discret sur sa vie privée. Les médias d’Etat le montrent habituellement travaillant ou voyageant seul, trop occupé à servir le pays pour jouir de loisirs privés.

L’unique entorse à cette omerta fut son apparition publique avec Lyudmila à l’entracte d’un ballet à Moscou en 2013, l’occasion d’annoncer une séparation consommée finalement un an plus tard.

Les médias russes prénomment les deux filles de cette union Maria Vorontsova et Katerina Tikhonova, mais Poutine n’y a jamais fait référence. « Mes enfants vont bien. Ils sont à Moscou (…). Tout va bien dans leur vie privée et leurs carrières professionnelles. Je suis fier d’eux », a-t-il déclaré dans un de ses rares commentaires publics en 2012.

Le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a refusé de commenter les nouvelles sanctions contre Maria et Katerina, jugeant que cette décision « parlait d’elle même ».

Mais les longues absences en public de leur mère Lyudmila, et son air maussade lorsqu’elle apparaissait, avaient suscité de multiples spéculations sur la vie privée de l’homme fort de Moscou bien avant son divorce.

En 2008, un petit tabloïd, Moskovsky Korrespondent, avait affirmé que Poutine souhaitait épouser Alina Kabaeva. Furieux, celui-ci avait invité les journalistes à garder leur « nez plein de morve » à l’écart de sa vie privée.

Le journal de l’homme d’affaires Alexander Lebedev, dont le fils Yevgeny est devenu une figure des médias en Grande-Bretagne, avait publié des excuses circonstanciées avant de fermer boutique définitivement.

Mais cette relation entre Poutine et la gymnaste est restée dans les esprits et fait l’objet d’une enquête du dissident Alexei Navalny, publiée juste avant son arrestation en janvier 2021.

« Cercle restreint »

L’opposant affirmait que Kabaeva jouissait d’un réseau de propriétés de luxe en Russie, ainsi que d’un poste grassement payé au conseil d’administration du groupe public National Media Group (NMG), offert par l’oligarque Yuri Kovaltchouk, proche de Poutine et lui-même frappé de sanctions individuelles aujourd’hui.

« Il ne fait pas de doute qu’Alina Maratovna Kabaeva a dansé mieux que quiconque avec un ballon et un ruban mais n’aurait aucune compétence à gérer des sociétés audiovisuelles et des journaux sans sa connexion avec Poutine », affirmait Navalny.

Des informations sur les réseaux sociaux l’ont localisée actuellement en Suisse et une pétition revendiquant 75.000 signatures exige des sanctions à son encontre. « Pourquoi, vu le volume de sanctions contre la Russie, continuez-vous maintenant de l’accueillir avec sa famille quand Poutine détruit la vie de millions de gens ? », interroge le texte.

Selon la télévision suisse RTS, citant un communiqué officiel, le gouvernement fédéral a examiné le dossier mais n’a trouvé « aucune indication que cette personne se trouvait en Suisse ».

Georgy Alburov, chercheur au sein du fonds anti-corruption de Navalny, a jugé inconcevable qu’elle échappe à des sanctions. « Elle fait partie du cercle restreint de Poutine, elle est un membre de sa famille qui profite de sa situation », a-t-il estimé, précisant que son rôle dans un média officiel faisait d’elle une « propagandiste russe majeure ».

Les opposants affirment aussi que la liaison prêtée à Poutine avec Kabaeva n’est pas exclusive. En novembre 2020, le site d’investigation en ligne Proekt a affirmé qu’une certaine Svetlana Krivonogikh s’était vu octroyer des parts dans la banque Rossia, et ce par le même Yuri Kovaltchouk.

En 2003, elle a donné naissance à une fille avec Vladimir pour patronyme. Le Kremlin avait refusé de commenter un article dépourvu « d’éléments sérieux ».

Par Le Point avec AFP