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Le numéro un iranien s’en prend à Trump avant de nouvelles sanctions

novembre 3, 2018

Téhéran – A deux jours de l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions américaines, le guide suprême d’Iran Ali Khamenei a accusé samedi le président Donald Trump d’avoir « discrédité » les États-Unis qui selon lui seront les ultimes perdants de cette politique.

Six mois après avoir claqué la porte de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, les États-Unis ont confirmé qu’ils rétabliraient lundi leurs sanctions les plus draconiennes contre Téhéran, visant le pétrole et les banques.

Adoptant une politique hostile à l’Iran depuis son accession au pouvoir, M. Trump, pour qui cet accord nucléaire est mauvais, avait fait imposer en août dernier une première série de sanctions économiques contre Téhéran.

L’Union européenne, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, signataires avec la Chine et la Russie de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, ont dit regretter la décision américaine. Toutes ses sanctions avaient été levées dans le cadre de l’accord nucléaire.

« Ce nouveau président américain (…) a discrédité ce qui restait du prestige des États-Unis et de la démocratie », a dit l’ayatollah Khamenei sur son compte Twitter. « Le pouvoir de contraindre des États-Unis, en utilisant leur puissance économique et militaire est également en déclin », a-t-il ajouté.

Premier personnage de l’Etat iranien et ultime décideur dans les dossiers sensibles, l’ayatollah Khamenei a rejeté les sanctions américaines.

« La dispute entre les États-Unis et l’Iran dure depuis 40 ans, et les États-Unis ont agi beaucoup contre nous », a-t-il souligné en dénonçant « une guerre militaire, économique et médiatique ».

– « Faire un choix » –

Selon le guide iranien, « dans cette dispute, les perdants sont les États-Unis et le vainqueur est la République islamique ».

Les États-Unis sont l’ennemi juré de la République islamique d’Iran et les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis 1980.

Le président iranien Hassan Rohani, artisan de l’accord nucléaire, avait entamé un très timide rapprochement avec l’administration américaine de Barack Obama avec la signature du texte historique qui avait alors mis fin à des années d’isolement de l’Iran.

Mais l’élection de M. Trump, qui dès sa campagne électorale Donald Trump a été l’un des principaux détracteurs de l’Iran et de l’accord nucléaire, a changé la donne.

« Le président Donald Trump réimpose les sanctions les plus dures jamais adoptées » pour faire plier l’Iran, a annoncé vendredi la Maison Blanche. M. Trump a expliqué que « l’objectif est de forcer le régime (iranien) à faire un choix clair: soit abandonner son comportement destructeur soit continuer sur le chemin du désastre économique ».

Les nouvelles sanctions prévoient de sanctionner, en leur barrant l’accès au marché américain, tous les pays ou entreprises qui continueront d’acheter du pétrole iranien ou d’échanger avec les banques de la République islamique.

« L’objectif est de priver le régime des revenus qu’il utilise pour semer la mort et la destruction à travers le monde », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, alors que les États-Unis cherchent à stopper le programme balistique de l’Iran ainsi que son influence au Moyen-Orient.

– « Nouvel accord » ? –

Huit pays seront toutefois autorisés à continuer d’acheter du pétrole iranien pendant au moins six mois supplémentaires. La liste de ces pays sera connue lundi.

En outre, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a affirmé que 700 noms seraient ajoutés à la liste noire américaine, soit 300 de plus que ceux qui en avaient été retirés après 2015.

Il a aussi dit que les États-Unis souhaitaient couper les établissements financiers iraniens frappés par des sanctions du circuit bancaire international Swift, un maillon essentiel du système financier.

Malgré l’animosité, M. Trump répète qu’il est prêt à rencontrer les dirigeants iraniens pour négocier un accord global sur la base de 12 conditions américaines: des restrictions beaucoup plus fermes et durables sur le nucléaire, mais également la fin de la prolifération de missiles et des activités jugées « déstabilisatrices » de Téhéran au Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

« Nous restons prêts à parvenir à un nouvel accord, plus complet avec l’Iran », a assuré de nouveau M. Trump vendredi.

Mais les Iraniens avaient déjà dit rejeter un dialogue avec Washington. « Il n’y aura pas de négociations avec les États-Unis », avait lancé clairement en août l’ayatollah Khamenei.

Romandie.com avec(©AFP / 03 novembre 2018 11h41)                                                        

Iran: Washington confirme le retour des sanctions, 8 pays autorisés à importer du pétrole

novembre 2, 2018

Washington – Les États-Unis ont formellement confirmé vendredi qu’ils rétabliraient lundi toutes « les sanctions levées dans le cadre de l’accord sur nucléaire iranien » de 2015, dont Donald Trump s’est retiré.

Ces sanctions visent les secteurs de l’énergie, notamment les exportations de pétrole iranien que Washington veut ramener aussi près de zéro que possible, ainsi que le secteur bancaire, la construction navale et le transport maritime, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Huit pays bénéficieront toutefois de dérogations et seront autorisés temporairement à continuer d’importer du pétrole iranien, « mais uniquement car ils ont fait preuve d’efforts importants pour ramener leurs importations de brut vers zéro » et « ont coopéré » avec les États-Unis « sur de nombreux autres fronts », a-t-il expliqué sans nommer ces pays, dont la liste sera publiée lundi.

Deux d’entre eux se sont engagés à couper totalement leurs importations à l’avenir, les six autres continueront à acheter du pétrole iranien, mais beaucoup moins qu’avant les sanctions.

« Ces négociations se poursuivent », a ajouté Mike Pompeo, en précisant seulement que les pays concernés ne faisaient pas partie de l’Union européenne.

Parmi les États qui devraient bénéficier de ces dérogations devraient figurer la Corée du Sud, l’Inde, voire la Turquie ou même la Chine.

Pour prouver la fermeté du gouvernement républicain, le secrétaire d’État a affirmé que la précédente administration démocrate de Barack Obama avait octroyé des dérogations à 20 pays.

En tout, 700 personnes ou entités vont être ajoutées à la liste noire américaine, a précisé pour sa part le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin: 400 qui en avaient retirées après l’accord de 2015, et 300 supplémentaires.

Il a aussi dit que les États-Unis souhaitaient couper les institutions financières iraniennes frappées par des sanctions, dont la liste sera également publiée lundi, du circuit bancaire international Swift, hormis pour les « transactions humanitaires ».

Romandie.com avec(©AFP / 02 novembre 2018 15h16)                                                        

Sanctions contre l’Iran: Washington rappelé à l’ordre par la justice internationale

octobre 3, 2018

Le président iranien Hassan Rouhani à New York le 26 septembre 2018 / © AFP/Archives / Jim WATSON

La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné mercredi aux États-Unis de mettre fin aux sanctions contre l’Iran visant des biens « à des fins humanitaires », un revers pour Washington qui a toutefois fermement récusé la compétence de la Cour dans cette affaire.

La CIJ se prononçait sur la demande de Téhéran introduite en juillet de suspendre les sanctions américaines réimposées par Donald Trump après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, la République islamique dénonçant de graves conséquences sur son économie.

Les juges de la Cour basée à La Haye, plus haute instance judiciaire des Nations unies, ont décidé à l’unanimité que les sanctions imposées visant certains biens constituaient une violation d’un traité d’amitié conclu en 1955 entre l’Iran et les États-Unis, qui encourage les échanges commerciaux.

« La Cour indique, à l’unanimité, que les États-Unis (…) doivent, par les moyens de leurs choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers l’Iran de médicaments et de matériel médical, de denrées alimentaires et de produits agricoles », et de biens nécessaires à la sécurité de l’aviation civile, a déclaré le juge président Abdulqawi Ahmed Yusuf.

Les mesures adoptées par les États-Unis « risquent de nuire gravement à la santé et à la vie de personnes se trouvant sur le territoire iranien », a-t-il ajouté.

Les décisions de la CIJ sont contraignantes et ne peuvent pas faire l’objet d’une procédure en appel. Mais la Cour n’a aucun moyen de les faire appliquer. Téhéran et Washington ont tous deux déjà ignoré l’avis de la CIJ dans le passé.

La Cour a rendu mercredi des mesures conservatoires dans l’attente d’une décision finale, ce qui pourrait prendre plusieurs années selon les observateurs.

L’ordonnance de la CIJ intervient dans un contexte de tensions grandissantes entre l’Iran et les États-Unis, le président américain Donald Trump promettant une nouvelle fois la semaine passée devant l’Assemblée générale de l’ONU de nouvelles mesures punitives « plus dures que jamais, pour contrer l’ensemble du comportement malveillant de l’Iran », accusé de déstabiliser le Moyen-Orient.

– « Guerre psychologique » –

Iran : dates-clés depuis le retrait américain de l’accord nucléaire / © AFP / Cecilia SANCHEZ

Accusant les États-Unis d' »étrangler » son économie, l’Iran a entamé une bataille judiciaire devant la CIJ après la réimposition par Donald Trump de sanctions unilatérales sévères contre Téhéran, suspendues depuis l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

Le président américain a retiré en mai son pays de cet accord signé par l’Iran et les grandes puissances, dans lequel la République islamique s’engage à ne pas chercher à se doter de l’arme atomique.

Les sanctions comprennent des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale.

L’Iran a accueilli mercredi l’annonce de la CIJ comme une « victoire du droit ». L’ordonnance de la Cour est « un nouveau signe confirmant clairement que la République islamique d’Iran est dans son droit », a écrit le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Peu avant la décision de la Cour, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait qualifié les sanctions américaines de « guerre psychologique » à la BBC radio.

Lors d’audiences tenues fin août à La Haye, Téhéran avait affirmé que la politique de Washington a des « conséquences dramatiques » sur l’économie iranienne.

Les États-Unis avaient rétorqué que le rétablissement des sanctions est nécessaire afin de protéger la sécurité internationale. Selon Donald Trump, les mesures visent à « intensifier la pression » sur le régime iranien afin qu’il « change de comportement », notamment en ce qui concerne son programme balistique.

Romandie.com avec(©AFP / (03 octobre 2018 13h14)

200 milliards de dollars de produits chinois frappés à leur tour par Washington

septembre 17, 2018

Le président américain Donald Trump, le 17 septembre 2018 à Washington / © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump agitait la menace depuis des semaines. Il a fini par la mettre à exécution: 200 milliards de dollars d’importations chinoises supplémentaires vont être taxés à 10% pour punir la Chine de ne pas corriger ses pratiques commerciales jugées « déloyales ».

« Les tarifs douaniers prendront effet le 24 septembre et s’élèveront à hauteur de 10% jusqu’à la fin de l’année. Le 1er janvier, les taxes douanières seront portées à 25% », a-t-il expliqué dans un communiqué transmis par la Maison Blanche.

Pékin ne devrait pas manquer de riposter dans la foulée.

« Si la Chine venait à prendre des mesures de représailles contre nos agriculteurs ou autres industries, nous mettrions en œuvre immédiatement la phase 3, à savoir des tarifs douaniers sur quelque 267 milliards de dollars d’importations supplémentaires », a d’ores et déjà prévenu le président américain.

Si ce montant de marchandises était à son tour surtaxé, ce serait la totalité des importations chinoises qui seraient frappées de mesures protectionnistes américaines.

L’administration Trump, qui a achevé début septembre les consultations publiques, a décidé d’épargner certains produits de grande consommation des taxes de 10% tels que les montres connectées, des produits textiles et agricoles ou encore les chaises hautes et les sièges automobiles pour enfants ainsi que les casques de protection pour les cyclistes, ont expliqué des responsables américains au cours d’une conférence téléphonique.

« Depuis des mois, nous exhortons la Chine à changer ses pratiques déloyales, et à traiter les entreprises américaines de manière équitable et réciproque », a justifié Donald Trump. « Mais, jusqu’à présent, la Chine n’est pas encline à changer ses pratiques », a-t-il déploré.

Dans la matinée, il avait lui-même menacé de « Tariffer! » les pays refusant de pratiquer un commerce équitable avec les Etats-Unis, dans un de ces néologismes dont il a le secret.

Selon lui, les nouvelles taxes vont « faire entrer beaucoup d’argent dans les caisses des États-Unis ».

Le président américain estime que les tarifs douaniers –pas seulement avec la Chine– placent « les États-Unis dans une posture de négociation très forte, avec des milliards de dollars et des emplois qui affluent dans notre pays ».

Son conseiller économique Larry Kudlow a toutefois assuré que les États-Unis étaient ouverts au dialogue « à tout moment ».

Les responsables américains ont par ailleurs souligné que l’objectif n’était pas de limiter la croissance économique chinoise.

– Négocier de « bonne foi » –

Les échanges Chine – Etats-Unis / © AFP / Gal ROMA

Donald Trump exige de Pékin qu’il réduise de 200 milliards le déficit commercial américain en ouvrant davantage son marché aux produits américains.

Imposer une taxe de 10% dans un premier temps –plutôt que les 25% que Donald Trump avait demandé à son administration d’étudier– pourrait être perçu comme un geste d’ouverture tout relatif après que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a contacté ses homologues chinois pour reprendre les négociations.

Outre les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium de respectivement 25% et 10% imposés au nom de la protection de la sécurité nationale, Washington a taxé à hauteur de 25% quelque 50 milliards de dollars de produits chinois pour compenser cette fois le « vol » de la propriété intellectuelle.

L’administration Trump déplore qu’en contrepartie d’un accès au marché chinois, les entreprises américaines sont contraintes de partager avec des partenaires locaux une partie de leur savoir-faire technologique.

Pour faire changer cette pratique, Donald Trump avait déjà menacé de taxer la totalité des plus de 505 milliards de dollars d’importations chinoises. Sans effet pour le moment sur son partenaire commercial.

« Si les États-Unis adoptent de nouvelles mesures sur les droits de douane, la Chine n’aura d’autre choix que de prendre des mesures de rétorsion pour défendre ses droits et intérêts légitimes », a même prévenu lundi Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise, exhortant Washington à négocier de « bonne foi ».

Pékin avait déjà indiqué envisager de nouvelles taxes sur 60 milliards de dollars de biens américains après les 25% sur 50 milliards de dollars de marchandises en juillet/août.

« Espérons que cette situation commerciale soit résolue, en dernier ressort par moi-même et par le président Xi (Jinping) pour lequel j’ai un profond respect et affection », a déclaré Donald Trump.

Ce conflit semble pour l’heure avoir peu d’effet sur la première économie mondiale qui tourne à plein régime même si les mesures de rétorsion ciblées des partenaires des États-Unis se font sentir dans certaines régions et certains secteurs d’activités.

La banque centrale américaine a, elle, mis en garde à plusieurs reprises qu’une guerre commerciale représentait pour l’heure la plus grande menace pour la croissance américaine.

Romandie.com avec(©AFP / (18 septembre 2018 03h58)

Les Européens cherchent à contourner les sanctions contre l’Iran

septembre 15, 2018

Paris – Les Européens envisagent d’instaurer un circuit commercial alternatif, une sorte de troc à grande échelle, pour contourner les sanctions américaines et permettre à l’Iran de continuer à exporter du pétrole.

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pourraient ainsi créer un véhicule dédié (Special purpose vehicle – SPV) agissant comme une bourse d’échanges qui permettrait de traiter de manière isolée les transactions commerciales avec l’Iran, ont rapporté vendredi deux médias allemands, l’hebdomadaire Der Spiegel et le quotidien économique Handelsblatt.

Si par exemple l’Iran vendait du pétrole à une entreprise espagnole, et qu’un fabricant allemand de machines-outils équipait une installation à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand.

« C’est du troc sophistiqué. L’acheteur paie des droits de compensation qui donnent (à l’Iran) un droit d’achat de biens de première nécessité », confirme un haut responsable français à l’AFP sous couvert de l’anonymat, précisant que des pays tiers comme la Chine ou l’Inde pourront y être associés.

L’option est à l’étude parmi plusieurs autres et vise à créer des « canaux de paiement indépendants » avec l’Iran, a indiqué de son côté une porte-parole du ministère allemand des Finances, interrogée par l’AFP.

Le président américain Donald Trump s’est retiré en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien, censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et le sortir parallèlement de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l’étranglaient.

– Des « moyens techniques » –

Washington a rétabli depuis une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire affaire avec Téhéran. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler..) très engagés aux Etats-Unis ont depuis cessé toute activité avec l’Iran par craintes de représailles américaines.

Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

L’Iran détient les quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et nombre de pays, en Asie particulièrement, ont besoin de se fournir en brut iranien, d’autant que leurs raffineries sont spécialement conçues pour traiter cette variété de pétrole-là et pas une autre.

En créant une bourse d’échanges, les Européens pourraient « réduire les paiements transfrontaliers au départ ou à destination de l’Iran », relève un document de la Commission européenne cité par le Handelsblatt. Les banques internationales, très exposées au risque américain, resteraient ainsi à l’écart des transactions.

« Pour nous, la question c’est de trouver des moyens techniques pour que l’Iran puisse continuer d’importer et exporter en dépit des sanctions américaines sans que les opérateurs européens soient eux-mêmes sanctionnés », résume un diplomate européen.

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont déterminées à sauvegarder l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien – dont elles sont cosignataires avec la Russie et la Chine – afin de prévenir une reprise du programme iranien susceptible de déclencher une course à l’arme atomique dans la région.

– Une question de souveraineté –

Elles s’inquiètent aussi d’un affaiblissement du président iranien Hassan Rohani, ardent défenseur de l’accord nucléaire mais qui pour l’heure n’en a pas engrangé les bénéfices économiques escomptés.

« Les mesures prises par Washington (..) risquent de renforcer les éléments les plus durs du régime », avertit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

« Washington pense que ces pressions sont susceptibles de provoquer un changement d’attitude du régime, voire du régime lui-même; or nous ne le croyons pas », ajoutait-t-il dans une interview fin août à l’hebdomadaire français L’Express.

Les Européens dénonçent aussi, à travers les sanctions américaines, une atteinte à leur souveraineté ainsi qu’à leurs intérêts économiques, et pas seulement en Iran.

Berlin redoute notamment que des sanctions de Washington contre la Russie ne pénalisent l’industrie allemande dans ce pays.

Face à de telles menaces, « nous devons réagir et renforcer l’autonomie et la souveraineté de l’Europe en matière commerciale, économique et financière », martèle le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 09h56)                                                        

Cuba: 15.000 pommes vendues à un seul client, un super marché sanctionné

septembre 14, 2018

Un marché à La Havane, Cuba, le 13 septembre 2018 / © AFP / YAMIL LAGE

Plusieurs employés d’un supermarché cubain ont été licenciés pour avoir vendu 15.000 pommes à un seul client, dans un pays frappé régulièrement par les pénuries d’aliments.

La vente a été révélée la semaine dernière par le blog d’un journaliste cubain, qui en a été témoin dans un supermarché de La Havane. L’information n’a pas été reprise dans la presse officielle mais la sanction contre les salariés impliqués a été publiée vendredi par le journal officiel Granma.

« Organisés de façon quasi-militaire et dans l’indifférence complice des employés, un peloton de jeunes costauds a fait son apparition (…) et, en quelques minutes à peine, ils ont acheté 15.000 pommes (150 caisses de 100) », racontait le blog, tenu par le journaliste Iroel Sanchez, qui a précisé que toute cette cargaison était destinée à un seul client.

L’acheteur a payé l’équivalent de 45 centimes de dollars par pomme, selon les reçus accompagnant le texte du blog.

Dans un contexte de pénuries récurrentes de certains produits à Cuba – des fruits aux bières en passant par le lait ou le beurre – il n’est pas rare qu’un commerçant achète un gros stock de denrées pour les revendre ensuite au détail, plus chères.

« Ce n’est pas parce que c’est fréquent que cela doit nous sembler normal que des ressources soient ainsi accaparées, alors qu’il y a pénurie de produits », souligne le quotidien Granma vendredi, qui indique que huit employés du supermarché ont été licenciés.

Le magasin appartient à la corporation Cimex, de capitaux publics cubains mais soumise à la législation des activités privées.

Cuba importe la quasi-totalité des aliments consommés par ses 11 millions d’habitants, dont les pommes, selon le site officiel Cubadebate.

« Pour beaucoup, le manque d’approvisionnement des magasins et l’absence de marché de gros favorisent l’apparition de ce genre de phénomène », souligne Granma.

L’île cherche à réformer son modèle économique, d’inspiration soviétique, et s’apprête à reconnaître, dans sa nouvelle Constitution, le marché, la propriété privée et l’investissement étranger comme complément à son système d’Etat.

Et pour tenter d’améliorer l’offre en produits alimentaires, le gouvernement a récemment allongé la surface et le délai d’exploitation des terres octroyées aux agriculteurs cubains.

Romandie.com avec(©AFP / (15 septembre 2018 00h00)

Washington menace de sanctions les juges de la CPI s’ils poursuivent les Américains

septembre 10, 2018

Washington – Les Etats-Unis ont menacé lundi de sanctions les juges et procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) s’ils s’en prennent à des Américains, à Israël ou à d’autres alliés de Washington.

« Nous allons interdire à ces juges et procureurs l’entrée aux Etats-Unis. Nous allons prendre des sanctions contre leurs avoirs dans le système financier américain, et nous allons engager des poursuites contre eux dans notre système judiciaire », a mis en garde le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, dans une attaque sans précédent contre la CPI.

Devant la Federalist Society, une organisation conservatrice de Washington, il a accusé la juridiction internationale chargée de juger notamment les crimes de guerre et contre l’humanité, dont Washington n’est pas membre, d’être « inefficace, irresponsable et carrément dangereuse ».

Il a dénoncé la possibilité d’une enquête contre des militaires ayant servi en Afghanistan.

Début novembre 2017, la procureure de la CPI Fatou Bensouda avait annoncé qu’elle allait demander aux juges l’autorisation d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis dans le cadre du conflit afghan, notamment par l’armée américaine. En Afghanistan, les Etats-Unis sont toujours à la tête d’une coalition militaire qui a renversé le régime des talibans fin 2001.

« A tout moment, la CPI pourrait annoncer l’ouverture d’une enquête formelle contre ces patriotes américains », a expliqué le conseiller de Donald Trump.

« Aujourd’hui, à la veille du 11 septembre » et de l’anniversaire des attentats de 2001 qui avaient déclenché l’opération en Afghanistan, « je veux adresser un message clair et sans ambiguïté de la part du président des Etats-Unis: les Etats-Unis utiliseront tous les moyens nécessaires pour protéger nos concitoyens et ceux de nos alliés de poursuites injustes de la part de cette cour illégitime », a-t-il martelé.

« Nous n’allons pas coopérer avec la CPI, nous n’allons pas lui fournir d’assistance, nous n’allons pas adhérer à la CPI. Nous allons laisser la CPI mourir de sa belle mort » car « pour nous, la CPI est déjà morte », a-t-il insisté.

Il a aussi mis en garde contre d’éventuelles enquêtes visant Israël à l’instigation de l’Autorité palestinienne.

« Si la Cour s’en prend à nous, à Israël ou à d’autres alliés des Américains, nous n’allons pas rester silencieux », a prévenu John Bolton, annonçant une série de mesures de rétorsion possibles, dont les sanctions contre le personnel de la CPI.

Romandie.com avec(©AFP / 10 septembre 2018 17h07)                                                        

Londres appelle Européens et Américains à « aller plus loin » pour contrer la Russie

août 21, 2018

Le chef de la diplomatie américaine Jeremy Hunt prononçant son discours mardi 21 août à Washington / © AFP / SAUL LOEB

Le nouveau chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a appelé mardi à Washington les Etats-Unis et les Européens à « aller plus loin » pour contrer la Russie de Vladimir Poutine, demandant notamment un durcissement des sanctions de l’Union européenne.

L’attitude russe, « agressive et malveillante », « sape l’ordre international censé nous protéger », a-t-il dénoncé mardi dans son premier grand discours de politique étrangère depuis sa nomination en juillet, prononcé devant l’US Institute for Peace, un cercle de réflexion américain.

L’empoisonnement début mars à Salisbury, en Angleterre, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, imputé par Londres aux autorités russes, a plongé les deux pays dans une grave crise diplomatique.

Jeremy Hunt a salué la « réponse forte et unitaire » des capitales occidentales, qui ont expulsé de manière coordonnée de nombreux diplomates russes. Et il a souligné que les Etats-Unis, déjà en première ligne, avaient « été plus loin » en annonçant, « les premiers », des sanctions économiques dans l’affaire Skripal, venues s’ajouter aux mesures punitives pour dénoncer l’annexion de la Crimée par la Russie ou l’ingérence de Moscou dans les élections américaines.

« Aujourd’hui, le Royaume-Uni demande à ses alliés d’aller plus loin en appelant l’Union européenne à faire en sorte que ses sanctions contre la Russie soient exhaustives, et que nous nous serrions vraiment les coudes avec les Etats-Unis », a-t-il lancé. Si les Européens ont déjà pris « des mesures très très fortes », il a rappelé que « cette attaque avait eu lieu sur le sol européen », regrettant que ce soient seulement « les Etats-Unis, et non l’Europe », qui aient à ce stade annoncé des sanctions économiques.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a aussitôt ironisé sur son « collègue britannique » qui a « une estime de soi plutôt élevée »: « Un pays qui quitte l’Union européenne dans le cadre du Brexit entend dicter la politique étrangère de cette même Union européenne ». « Et maintenant, Londres veut aussi dicter la politique étrangère de Washington envers la Russie » en tentant de « convaincre Donald Trump de renforcer les sanctions », a-t-il dit, cité par l’agence Ria Novosti.

– « Brexit chaotique » –

Le message de fermeté affiché par l’administration américaine est régulièrement brouillé par la volonté du président Trump d’améliorer ses relations avec la Russie. Son sommet à Helsinki en juillet, au cours duquel il s’est montré très conciliant avec son homologue russe Vladimir Poutine juste après avoir brusqué ses alliés de l’Otan à Bruxelles, a notamment été très critiqué.

A Washington, avant de rencontrer mercredi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, Jeremy Hunt a ménagé le locataire de la Maison Blanche et sa « manière différente » d’aborder la diplomatie, en estimant qu’il fallait « regarder ce qu’il fait et pas seulement ce qu’il dit ». Tout en mettant le doigt sur certaines ambiguïtés de sa politique étrangère.

« Il est incroyablement important d’avoir un dialogue » avec Moscou, qui est « une grande puissance nucléaire », a-t-il reconnu. « Mais nous devons aussi être francs: la politique étrangère de la Russie sous le président Poutine a rendu le monde plus dangereux », a-t-il prévenu.

Depuis l’autre rive de l’Atlantique, Jeremy Hunt a enfin adressé une nouvelle mise en garde à l’Union européenne au sujet du Brexit.

« Une des plus grandes menaces pour l’unité européenne serait un Brexit chaotique sans accord », a-t-il martelé. « Le risque d’un divorce désordonné » serait « une fissure dans les relations entre alliés européens qui ne se cicatriserait pas avant une génération, une erreur géostratégique pour l’Europe à un moment extrêmement vulnérable de notre histoire », a ajouté celui qui a succédé à Boris Johnson sur fond de désaccords au sein du gouvernement britannique sur la gestion du Brexit.

L’issue des discussions sur le Brexit, qui sont censées déboucher sur un accord de divorce d’ici à la fin octobre avant la séparation prévue pour le 29 mars 2019, reste encore incertaine, Bruxelles restant inflexible malgré le nouveau plan de sortie de l’UE de la Première ministre Theresa May.

« Le moment est désormais venu pour la Commission européenne d’envisager avec un esprit d’ouverture les propositions honnêtes et constructives faites par la Première ministre », estime Jeremy Hunt.

Romandie.com avec(©AFP / (21 août 2018 18h38)

Armes chimiques: la Russie s’attend à de nouvelles accusations de l’OIAC contre Damas

juin 22, 2018

Les immeubles détruits dans la ville de Douma reprise aux rebelles par le régime et où une attaque présumée chimique a eu lieu, le 17 avril 2018 dans la Ghouta orientale, en Syrie / © AFP/Archives / STRINGER

La Russie a accusé vendredi l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui cherche à renforcer ses pouvoir, de préparer un rapport « rempli de fausses preuves » accusant Damas de recours aux armes chimiques dans la Ghouta orientale en Syrie.

L’OIAC a annoncé en mai avoir fini de prélever des échantillons dans la ville syrienne de Douma, théâtre le 7 avril d’une attaque chimique présumée, et les conclusions de ses experts pourraient être rendues publiques prochainement, selon le directeur général de l’Organisation, Ahmet Üzümcü.

Cette attaque présumée, qui a fait au moins 40 morts, selon des secouristes, a été imputée par les Occidentaux au régime de Bachar al-Assad et a déclenché des frappes de Washington, Paris et Londres contre des installations du pouvoir syrien. Pour leur part, Moscou et Damas ont dénoncé une « mise en scène ».

« Il est évident qu’un nouveau rapport accusateur, rempli de fausses preuves, est en train d’être préparé », a affirmé vendredi un haut responsable de l’armée russe, le général Igor Kirillov, lors d’une conférence de presse.

« La mission spéciale de l’OIAC mène son enquête comme elle l’entend », a assuré le général Kirillov, en estimant que cette enquête n’avait « rien à voir ni avec l’objectivité, ni avec l’impartialité ».

Cette déclaration intervient alors qu’une réunion spéciale de l’OIAC est prévue les 26 et 27 juin à La Haye, suite à la demande de Londres visant à renforcer les pouvoirs de l’institution.

La décision de donner aux experts de l’OIAC le pouvoir de nommer les responsables de toute utilisation future d’armes chimiques devrait notamment figurer à l’ordre du jour de la réunion.

A la mi-juin, l’OIAC a annoncé que du sarin et du chlore avaient été « très probablement » utilisés dans deux attaques dans le sud de la Syrie en mars 2017.

Aux yeux du général Kirillov, ces annonces « douteuses » visent à « renforcer l’argumentation tirée par les cheveux » des experts de l’OIAC avant la présentation du rapport sur l’attaque présumée à Douma.

Le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), le 4 avril 2018 à La Haye / © ANP/AFP/Archives / Bart Maat

Pour sa part, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a affirmé que des équipements servant à la fabrication des armes chimiques découvertes à Douma, dans l’ex-enclave rebelle de Ghouta orientale reprise par le régime syrien, avaient été fabriqués en Europe de l’Ouest.

« Cet équipement est venu aux mains de terroristes et combattants en provenance de l’Europe de l’Ouest », a-t-elle assuré, lors du briefing.

Fin avril, la Russie avait déjà affirmé avoir trouvé des cylindres contenant du chlore en provenance d’Allemagne et des « fumigènes » britanniques dans la Ghouta orientale.

Jeudi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a par ailleurs critiqué l’enquête de l’ONU accusant le régime syrien, dont Moscou est le principal allié, de « crimes contre l’humanité » pendant le siège de la Ghouta orientale.

La commission d’enquête de l’ONU « n’est pas allée sur place », a dénoncé M. Lavrov.

« Nous sommes en principe très sceptiques quant aux méthodes de ce type de travail, qu’il porte sur des crimes de guerre ou sur l’utilisation des armes chimiques », a déclaré M. Lavrov.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 12h36)

Les opposants à la paix au Mali menacés de sanctions à l’ONU

avril 11, 2018

L’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, le 16 mai 2017 au siège de l’ONU à New York / © AFP/Archives / JEWEL SAMAD

L’ONU va entreprendre prochainement d’identifier les Maliens qui font obstruction à la paix dans leur pays en vue de leur imposer des sanctions, ont affirmé mercredi la France et les États-Unis, mais la Russie a mis en garde contre toute précipitation.

« Les retards conséquents » dans l’application de l’accord de paix de 2015 « nous conduisent à devoir aller plus loin », a résumé l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur le Mali.

« Aucun progrès substantiel n’a été réalisé dans l’application de l’accord et nous souhaitons travailler avec nos partenaires pour identifier les responsables et prendre les mesures qui s’imposent », a abondé Amy Tachco, diplomate américaine.

L’ambassadrice britannique Karen Pierce a apporté son « soutien » à l’identification de « ceux qui font obstruction, retardent ou menacent l’application de l’accord de paix, afin de leur imposer des sanctions ».

« La France engagera avec ses partenaires dès les prochaines semaines (…) un travail visant à identifier ceux qui font obstruction à la mise en oeuvre de l’accord de paix », a précisé M. Delattre.

L’objectif, selon lui, est de viser « dans un premier temps une série de responsables qui nuisent à l’application de l’accord sur le terrain, notamment par leur collusion avec des groupes terroristes ou des activités de trafic ».

Lors d’une rencontre ultérieure avec des médias, l’émissaire de l’ONU au Mali Mahamat Saleh Annadif a précisé que des sanctions étaient « un levier extrêmement important » pour pousser le Mali à la paix. A l’origine, c’est le Mali qui a demandé à l’ONU de prévoir un régime général de sanctions, a-t-il rappelé.

Selon lui, si des sanctions étaient imposées, elles pourraient viser des individus figurant dans les trois parties signataires de l’accord de paix: le gouvernement malien, la Plateforme des mouvements d’auto-défense et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

« L’utilisation directe de sanctions doit être une mesure de dernier recours », a estimé lors de la réunion de l’ONU l’ambassadeur russe adjoint, Dimitri Polyanski, mettant en garde contre toute « hâte ». « Il est de l’intérêt des parties maliennes d’appliquer l’accord de paix » et « le maintien de la sécurité est prioritaire », a-t-il dit.

Présent au Conseil de sécurité, le ministre malien des Affaires étrangères Tieman Hubert Coulibaly a défendu l’action de son gouvernement, assurant que « les petits pas » accomplis pour « rétablir la confiance entre les acteurs » étaient « des pas sûrs ».

– « Progrès trop lents » –

Il est « temps de passer des promesses aux actes en respectant les échéances convenues », a souligné devant le Conseil de sécurité Mahamat Saleh Annadif.

L’opération de paix au Mali (quelque 13.000 militaires et policiers) est l’une des plus meurtrières pour l’ONU dans le monde. Depuis le déploiement des Casques bleus en juillet 2013, l’organisation déplore 102 morts dans ses rangs, victimes d’actes hostiles.

Plusieurs pays, comme l’Éthiopie ou la Suède, ont aussi affiché leur insatisfaction. La Chine a appelé « à un rôle constructif du comité de sanctions » de l’ONU, tout en demandant « à la communauté internationale de respecter la souveraineté du Mali ».

Les Pays-Bas ont relevé que « les progrès étaient bien trop lents et depuis trop longtemps ». « Nous ne devons pas reculer devant l’application des sanctions », a estimé l’ambassadeur néerlandais Karel Van Oosterom.

En janvier, l’ONU avait accordé jusqu’à fin mars aux parties maliennes pour montrer des avancées dans l’application de l’accord de paix signé en 2015 faute de quoi elles s’exposeraient à des sanctions pour obstruction.

En septembre, à la suite d’une demande de Bamako, le Conseil de sécurité avait adopté un régime général de sanctions face au risque d’effondrement de l’accord de paix. Parmi les sanctions éventuelles, l’ONU peut décréter des interdictions de visas et geler des avoirs.

L’accord de paix de 2015 a été signé par le gouvernement malien avec des coalitions de groupes armés. Il était destiné à mettre fin aux combats mais les rebelles et des groupes jihadistes (comme Al-Qaïda au Maghreb islamique), déjà visés par des sanctions, restent très actifs.

Des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de la Minusma.

Un scrutin municipal est prévu en avril, puis une élection présidentielle le 29 juillet suivie de législatives. Le chef de la diplomatie malienne a promis des élections « transparentes » et « inclusives ».

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2018 22h53)