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Les États-Unis prêts à lever de nombreuses sanctions, l’Iran veut plus

mai 8, 2021

LES ÉTATS-UNIS PRÊTS À LEVER DE NOMBREUSES SANCTIONS

© Reuters/LISI NIESNER

DUBAI (Reuters) – Les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils étaient prêts à lever de nombreuses sanctions contre l’Iran lors des discussions sur le nucléaire à Vienne mais Téhéran en veut plus, a déclaré vendredi le principal négociateur iranien.

« Les informations qui nous été transmises par la partie américaine montrent qu’ils sont sérieux dans leur volonté de réintégrer l’accord sur le nucléaire et ils se sont déclarés prêts jusqu’à présent à lever une grande partie des sanctions », a dit Abbas Araqchi à la télévision publique iranienne.

« Mais cela ne convient pas de notre point de vue et donc les discussions se poursuivent jusqu’à ce que nous obtenions réponse à toutes nos demandes », a-t-il ajouté.

A Washington, le président américain Joe Biden a dit croire que l’Iran prenait au sérieux les négociations. « Mais de quelle manière, et ce qu’ils sont prêts à faire, c’est une autre histoire. Mais nous poursuivons les discussions », a-t-il dit.

Un quatrième cycle de discussions indirectes a débuté vendredi à Vienne entre représentants américains et iraniens sur les conditions d’un retour des Etats-Unis dans le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais) conclu à Vienne en juillet 2015, dont Washington s’est retiré en 2018 à l’initative de Donald Trump, et du respect par Téhéran de ses obligations, dont il s’est affranchi progressivement depuis deux ans.

Avec (Rédactions de Dubaï et Washington; version française Jean-Stéphane Brosse)

CPI: comment les sanctions américaines affectent Fatou Bensouda

octobre 23, 2020
Fatou Bensouda, procureure générale de la Cour pénale internationale, en 2018.

Ciblée par des sanctions américaines depuis le 2 septembre, la procureure de la Cour pénale internationale a vu plusieurs de ses comptes gelés par l’administration Trump.

Le travail de la CPI constitue-t-il une « véritable menace à la sécurité nationale » des États-Unis ? C’est du moins le sentiment du président Donald Trump. Le 11 juin dernier, il ouvrait la voie à l’imposition de sanctions contre le personnel de la Cour de la Haye – une première.

Une décision provoquée par la possible enquête de la CPI sur des crimes potentiellement commis en Afghanistan, qui pourrait mettre en cause l’armée américaine. « Ce n’est pas une enquête de justice. C’est de la persécution contre nos ressortissants, déclarait le secrétaire d’État Mike Pompeo en juin. Nous savons que la CPI et le bureau de la procureure sont concernés au plus haut niveau par des faits de corruption et de fautes graves », ajoutait-il, sans donner plus de précisions sur ces accusations.

C’est sa procureure Fatou Bensouda et un membre de son équipe, le lesothan Phakiso Mochochoko, qui seront finalement visés par ces sanctions, qui comprennent le gel de leurs avoirs aux États-Unis et une interdiction de voyager.

Compte bancaire gelé

Le compte que possède Fatou Bensouda auprès de la Caisse fédérale de crédit des Nations unies, réservée au personnel de l’ONU et des organisations qui lui sont liées, a immédiatement été gelé. Ses cartes bancaires liées au système monétaire américain ont également été désactivées.

« Certaines banques n’ont pas forcément l’obligation de respecter le décret et les sanctions américaines, mais elle ont tendance à faire du zèle pour éviter toute complication », regrette un proche de Fatou Bensouda. Des virements effectués d’une banque à une autre ont ainsi été renvoyés , et des transactions en dollars bloquées.

Les difficultés liées à certains de ses comptes néerlandais ont toutefois pu être résolues rapidement.

En Gambie, un membre de sa famille s’est également vu temporairement empêché d’effectuer un virement – la situation est désormais rétablie.

Menaces

Les interdictions de voyager concernent non seulement Fatou Bensouda, mais également son époux et ses deux enfants. En principe, la procureure peut encore voyager à New York, en vertu du traité de l’accord de siège qui accorde au district administratif de l’ONU un statut particulier.

Les sanctions américaines pourraient-elles être étendues ? L’administration Trump avait prévenu : « Chaque personne ou entité qui continuerait à soutenir la procureure Bensouda and Mr Mochochoko risque de s’exposer aux sanctions ». Une menace qui n’est pas prise à la légère par l’équipe de la procureure, qui a été forcée de réorganiser son organisation afin de protéger ses membres.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

RDC : l’UE maintient ses sanctions contre des proches de Joseph Kabila à l’exception de deux cas

décembre 9, 2019

Lambert Mende, ministre congolais des Médias, lros d'une conférence de presse à Kinshasa le 19 septembre 2016.

Lambert Mende, ministre congolais des Médias, lros d’une conférence de presse à Kinshasa le 19 septembre 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

 

Le Conseil européen a annoncé lundi le maintien « des mesures restrictives individuelles » à l’encontre de plusieurs proches de Joseph Kabila. Quatorze personnes étaient visées, mais l’UE a décidé de lever les sanctions à l’encontre de deux d’entre elles : l’ancien porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, et l’ex-responsable de la sécurité intérieure au sein de l’ANR, Roger Kibelisa.

Après d’intenses tractations diplomatiques entre ses pays membres, le Conseil européen a officialisé, lundi 9 décembre, le maintien des sanctions qui visent depuis décembre 2016 et mai 2017 plusieurs personnalités congolaises accusées de graves violations des droits de l’homme et d’entrave au processus électoral. Au total, quatorze personnalités congolaises figuraient sur la liste, dont la plupart étaient de hauts gradés militaires et des personnalités politiques proches de l’ancien président Joseph Kabila.

L’UE finalement a décidé de renouveler les « mesures restrictives individuelles » – notamment le gel des avoirs et l’interdiction de visa pour l’UE – pour douze d’entre elles, mais a annoncé la levée de ces sanctions pour deux autres cas.

Si l’identité de ces deux hommes n’est pas révélée dans le communiqué, un diplomate européen déclare à Jeune Afrique qu’il s’agit de l’ancien porte-parole du gouvernement Lambert Mende et l’ex-responsable de la sécurité intérieure au sein de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Roger Kibelisa. « Les deux personnes retirées de la liste avaient fait l’objet de mesures restrictives individuelles en décembre 2016 (Kibelisa) puis mai 2017 (Mende) au titre des responsabilités qu’ils occupaient, et pour avoir fait obstacle à une solution consensuelle et pacifique en vue des élections. Ils ne leur est pas reproché, contrairement aux autres personnes de la liste, d’avoir été impliqués dans des violations graves contre les droits humains », précise notre diplomate européen.

Je continue à désapprouver ce qui est une mise sous tutelle d’un pays indépendant

La défense des personnes sanctionnées précise que la plupart des personnalités politiques visées pouvaient être concernées par une levée des sanctions, mais que seules deux d’entre elles ont été retenues. « Les chancelleries n’étaient pas toutes d’accord sur les noms », assure-t-elle.

Contacté par Jeune Afrique, Lambert Mende reste très critique à l’égard de l’UE. « Je continue à me questionner sur la nature des relations que mon pays entretient avec l’Europe et je continue à désapprouver ce qui est une mise sous tutelle d’un pays indépendant, a-t-il dénoncé. Personne ne peut être condamné, comme cela a été la cas ces trois dernières années, sans avoir le droit de se défendre ».

Félix Tshisekedi en faveur d’un « assouplissement »

Ces sanctions avaient été renouvelées en décembre 2018 à la veille de l’élection présidentielle, malgré l’intense bras de fer engagé à l’époque par l’administration de Joseph Kabila. Depuis son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi s’était prononcé en faveur d’un allègement de ces sanctions.

« Ces personnalités font aujourd’hui partie de la coalition que nous avons formé. Si nous voulons que les choses se passent bien, nous ne pouvons que plaider en faveur d’une sorte d’assouplissement. Sauf évidemment si les raisons des sanctions sont autres que la crise politique que nous avons traversé, des violations des droits de l’homme par exemple », avait-il déclaré au journal Le Soir lors de sa visite en Belgique, en septembre.

Considérant que l’élection présidentielle a donné lieu à « une alternance pacifique historique », le cabinet d’avocats Daldewolf, qui représente les personnalités visées, avait demandé fin octobre la levée de ces mesures qui, selon eux, n’étaient plus d’actualité.

Plusieurs associations de la société civile avaient toutefois martelé l’importance d’un renouvellement de ces sanctions, critiquant le fait que plusieurs personnalités concernées occupent toujours de hautes fonctions dans l’armée.

Dans son communiqué, le Conseil européen précise qu’il « réexaminera à nouveau les mesures restrictives au vu de l’évolution de la situation et se tient prêt à les adapter en conséquence ». Restent donc concernés par ces mesures les personnalités suivantes : Ilunga Kampete, Gabriel Amisi Kumba, Ferdinand Ilunga Luyoyo, Célestin Kanyama, John Numbi, Delphin Kaimbi, Evariste Boshab, Alex Kande Mupompa, Jean-Claude Kazembe, Emmanuel Ramazani Shadari, Éric Ruhorimbere et Kalev Mutond.

Jeunefrique.com par Romains Gras

Nouvelles sanctions américaines : Moscou promet de répliquer

septembre 30, 2019

 

La Russie s’est dite lundi «déconcertée» par les nouvelles sanctions américaines décrétées contre plusieurs entités et ressortissants russes pour avoir tenté d’influencer les élections législatives et locales de 2018 aux Etats-Unis, les qualifiant d’«attaque antirusse».

Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que ces sanctions, qui visent entre autres Evguéni Prigojine, un homme d’affaires proche du Kremlin, «ne resteraient pas sans réponse». «Nous appelons les hommes politiques américains à cesser ce jeu inutile de sanctions, dont le résultat est nul, et de revenir au bon sens», a déclaré le ministère dans un communiqué.

Ces sanctions s’inscrivent dans la cadre d’«une crise politique intérieure» aux Etats-Unis dans laquelle les «Russes sont délibérément utilisés par une partie de l’establishment à Washington comme un outil pour atteindre leurs propres objectifs opportunistes», selon le ministère russe. Ces sanctions sont les premières dans le cadre d’un décret pris en septembre 2018 par le président américain Donald Trump prévoyant des sanctions dans le cas spécifique d’une tentative d’interférer avec le processus électoral.

Elle ont été rendues publiques lundi après la publication vendredi par le Washington Post d’un article, assurant que Donald Trump avait affirmé lors d’une rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères dans le Bureau ovale que l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016 ne l’inquiétait nullement. Evguéni Prigojine a déjà été inculpé dans le cadre de la vaste enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016 pour aider Donald Trump à conquérir la Maison Blanche. L’Internet Research Agency -également visée lundi ainsi que 6 de ses membres- a été reconnue comme l’une des principales officines ayant aidé à manipuler les réseaux sociaux aux Etats-Unis.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Le numéro un iranien s’en prend à Trump avant de nouvelles sanctions

novembre 3, 2018

Téhéran – A deux jours de l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions américaines, le guide suprême d’Iran Ali Khamenei a accusé samedi le président Donald Trump d’avoir « discrédité » les États-Unis qui selon lui seront les ultimes perdants de cette politique.

Six mois après avoir claqué la porte de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, les États-Unis ont confirmé qu’ils rétabliraient lundi leurs sanctions les plus draconiennes contre Téhéran, visant le pétrole et les banques.

Adoptant une politique hostile à l’Iran depuis son accession au pouvoir, M. Trump, pour qui cet accord nucléaire est mauvais, avait fait imposer en août dernier une première série de sanctions économiques contre Téhéran.

L’Union européenne, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, signataires avec la Chine et la Russie de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, ont dit regretter la décision américaine. Toutes ses sanctions avaient été levées dans le cadre de l’accord nucléaire.

« Ce nouveau président américain (…) a discrédité ce qui restait du prestige des États-Unis et de la démocratie », a dit l’ayatollah Khamenei sur son compte Twitter. « Le pouvoir de contraindre des États-Unis, en utilisant leur puissance économique et militaire est également en déclin », a-t-il ajouté.

Premier personnage de l’Etat iranien et ultime décideur dans les dossiers sensibles, l’ayatollah Khamenei a rejeté les sanctions américaines.

« La dispute entre les États-Unis et l’Iran dure depuis 40 ans, et les États-Unis ont agi beaucoup contre nous », a-t-il souligné en dénonçant « une guerre militaire, économique et médiatique ».

– « Faire un choix » –

Selon le guide iranien, « dans cette dispute, les perdants sont les États-Unis et le vainqueur est la République islamique ».

Les États-Unis sont l’ennemi juré de la République islamique d’Iran et les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis 1980.

Le président iranien Hassan Rohani, artisan de l’accord nucléaire, avait entamé un très timide rapprochement avec l’administration américaine de Barack Obama avec la signature du texte historique qui avait alors mis fin à des années d’isolement de l’Iran.

Mais l’élection de M. Trump, qui dès sa campagne électorale Donald Trump a été l’un des principaux détracteurs de l’Iran et de l’accord nucléaire, a changé la donne.

« Le président Donald Trump réimpose les sanctions les plus dures jamais adoptées » pour faire plier l’Iran, a annoncé vendredi la Maison Blanche. M. Trump a expliqué que « l’objectif est de forcer le régime (iranien) à faire un choix clair: soit abandonner son comportement destructeur soit continuer sur le chemin du désastre économique ».

Les nouvelles sanctions prévoient de sanctionner, en leur barrant l’accès au marché américain, tous les pays ou entreprises qui continueront d’acheter du pétrole iranien ou d’échanger avec les banques de la République islamique.

« L’objectif est de priver le régime des revenus qu’il utilise pour semer la mort et la destruction à travers le monde », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, alors que les États-Unis cherchent à stopper le programme balistique de l’Iran ainsi que son influence au Moyen-Orient.

– « Nouvel accord » ? –

Huit pays seront toutefois autorisés à continuer d’acheter du pétrole iranien pendant au moins six mois supplémentaires. La liste de ces pays sera connue lundi.

En outre, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a affirmé que 700 noms seraient ajoutés à la liste noire américaine, soit 300 de plus que ceux qui en avaient été retirés après 2015.

Il a aussi dit que les États-Unis souhaitaient couper les établissements financiers iraniens frappés par des sanctions du circuit bancaire international Swift, un maillon essentiel du système financier.

Malgré l’animosité, M. Trump répète qu’il est prêt à rencontrer les dirigeants iraniens pour négocier un accord global sur la base de 12 conditions américaines: des restrictions beaucoup plus fermes et durables sur le nucléaire, mais également la fin de la prolifération de missiles et des activités jugées « déstabilisatrices » de Téhéran au Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

« Nous restons prêts à parvenir à un nouvel accord, plus complet avec l’Iran », a assuré de nouveau M. Trump vendredi.

Mais les Iraniens avaient déjà dit rejeter un dialogue avec Washington. « Il n’y aura pas de négociations avec les États-Unis », avait lancé clairement en août l’ayatollah Khamenei.

Romandie.com avec(©AFP / 03 novembre 2018 11h41)                                                        

Iran: Washington confirme le retour des sanctions, 8 pays autorisés à importer du pétrole

novembre 2, 2018

Washington – Les États-Unis ont formellement confirmé vendredi qu’ils rétabliraient lundi toutes « les sanctions levées dans le cadre de l’accord sur nucléaire iranien » de 2015, dont Donald Trump s’est retiré.

Ces sanctions visent les secteurs de l’énergie, notamment les exportations de pétrole iranien que Washington veut ramener aussi près de zéro que possible, ainsi que le secteur bancaire, la construction navale et le transport maritime, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Huit pays bénéficieront toutefois de dérogations et seront autorisés temporairement à continuer d’importer du pétrole iranien, « mais uniquement car ils ont fait preuve d’efforts importants pour ramener leurs importations de brut vers zéro » et « ont coopéré » avec les États-Unis « sur de nombreux autres fronts », a-t-il expliqué sans nommer ces pays, dont la liste sera publiée lundi.

Deux d’entre eux se sont engagés à couper totalement leurs importations à l’avenir, les six autres continueront à acheter du pétrole iranien, mais beaucoup moins qu’avant les sanctions.

« Ces négociations se poursuivent », a ajouté Mike Pompeo, en précisant seulement que les pays concernés ne faisaient pas partie de l’Union européenne.

Parmi les États qui devraient bénéficier de ces dérogations devraient figurer la Corée du Sud, l’Inde, voire la Turquie ou même la Chine.

Pour prouver la fermeté du gouvernement républicain, le secrétaire d’État a affirmé que la précédente administration démocrate de Barack Obama avait octroyé des dérogations à 20 pays.

En tout, 700 personnes ou entités vont être ajoutées à la liste noire américaine, a précisé pour sa part le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin: 400 qui en avaient retirées après l’accord de 2015, et 300 supplémentaires.

Il a aussi dit que les États-Unis souhaitaient couper les institutions financières iraniennes frappées par des sanctions, dont la liste sera également publiée lundi, du circuit bancaire international Swift, hormis pour les « transactions humanitaires ».

Romandie.com avec(©AFP / 02 novembre 2018 15h16)                                                        

Sanctions contre l’Iran: Washington rappelé à l’ordre par la justice internationale

octobre 3, 2018

Le président iranien Hassan Rouhani à New York le 26 septembre 2018 / © AFP/Archives / Jim WATSON

La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné mercredi aux États-Unis de mettre fin aux sanctions contre l’Iran visant des biens « à des fins humanitaires », un revers pour Washington qui a toutefois fermement récusé la compétence de la Cour dans cette affaire.

La CIJ se prononçait sur la demande de Téhéran introduite en juillet de suspendre les sanctions américaines réimposées par Donald Trump après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, la République islamique dénonçant de graves conséquences sur son économie.

Les juges de la Cour basée à La Haye, plus haute instance judiciaire des Nations unies, ont décidé à l’unanimité que les sanctions imposées visant certains biens constituaient une violation d’un traité d’amitié conclu en 1955 entre l’Iran et les États-Unis, qui encourage les échanges commerciaux.

« La Cour indique, à l’unanimité, que les États-Unis (…) doivent, par les moyens de leurs choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers l’Iran de médicaments et de matériel médical, de denrées alimentaires et de produits agricoles », et de biens nécessaires à la sécurité de l’aviation civile, a déclaré le juge président Abdulqawi Ahmed Yusuf.

Les mesures adoptées par les États-Unis « risquent de nuire gravement à la santé et à la vie de personnes se trouvant sur le territoire iranien », a-t-il ajouté.

Les décisions de la CIJ sont contraignantes et ne peuvent pas faire l’objet d’une procédure en appel. Mais la Cour n’a aucun moyen de les faire appliquer. Téhéran et Washington ont tous deux déjà ignoré l’avis de la CIJ dans le passé.

La Cour a rendu mercredi des mesures conservatoires dans l’attente d’une décision finale, ce qui pourrait prendre plusieurs années selon les observateurs.

L’ordonnance de la CIJ intervient dans un contexte de tensions grandissantes entre l’Iran et les États-Unis, le président américain Donald Trump promettant une nouvelle fois la semaine passée devant l’Assemblée générale de l’ONU de nouvelles mesures punitives « plus dures que jamais, pour contrer l’ensemble du comportement malveillant de l’Iran », accusé de déstabiliser le Moyen-Orient.

– « Guerre psychologique » –

Iran : dates-clés depuis le retrait américain de l’accord nucléaire / © AFP / Cecilia SANCHEZ

Accusant les États-Unis d' »étrangler » son économie, l’Iran a entamé une bataille judiciaire devant la CIJ après la réimposition par Donald Trump de sanctions unilatérales sévères contre Téhéran, suspendues depuis l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

Le président américain a retiré en mai son pays de cet accord signé par l’Iran et les grandes puissances, dans lequel la République islamique s’engage à ne pas chercher à se doter de l’arme atomique.

Les sanctions comprennent des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale.

L’Iran a accueilli mercredi l’annonce de la CIJ comme une « victoire du droit ». L’ordonnance de la Cour est « un nouveau signe confirmant clairement que la République islamique d’Iran est dans son droit », a écrit le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Peu avant la décision de la Cour, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait qualifié les sanctions américaines de « guerre psychologique » à la BBC radio.

Lors d’audiences tenues fin août à La Haye, Téhéran avait affirmé que la politique de Washington a des « conséquences dramatiques » sur l’économie iranienne.

Les États-Unis avaient rétorqué que le rétablissement des sanctions est nécessaire afin de protéger la sécurité internationale. Selon Donald Trump, les mesures visent à « intensifier la pression » sur le régime iranien afin qu’il « change de comportement », notamment en ce qui concerne son programme balistique.

Romandie.com avec(©AFP / (03 octobre 2018 13h14)

200 milliards de dollars de produits chinois frappés à leur tour par Washington

septembre 17, 2018

Le président américain Donald Trump, le 17 septembre 2018 à Washington / © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump agitait la menace depuis des semaines. Il a fini par la mettre à exécution: 200 milliards de dollars d’importations chinoises supplémentaires vont être taxés à 10% pour punir la Chine de ne pas corriger ses pratiques commerciales jugées « déloyales ».

« Les tarifs douaniers prendront effet le 24 septembre et s’élèveront à hauteur de 10% jusqu’à la fin de l’année. Le 1er janvier, les taxes douanières seront portées à 25% », a-t-il expliqué dans un communiqué transmis par la Maison Blanche.

Pékin ne devrait pas manquer de riposter dans la foulée.

« Si la Chine venait à prendre des mesures de représailles contre nos agriculteurs ou autres industries, nous mettrions en œuvre immédiatement la phase 3, à savoir des tarifs douaniers sur quelque 267 milliards de dollars d’importations supplémentaires », a d’ores et déjà prévenu le président américain.

Si ce montant de marchandises était à son tour surtaxé, ce serait la totalité des importations chinoises qui seraient frappées de mesures protectionnistes américaines.

L’administration Trump, qui a achevé début septembre les consultations publiques, a décidé d’épargner certains produits de grande consommation des taxes de 10% tels que les montres connectées, des produits textiles et agricoles ou encore les chaises hautes et les sièges automobiles pour enfants ainsi que les casques de protection pour les cyclistes, ont expliqué des responsables américains au cours d’une conférence téléphonique.

« Depuis des mois, nous exhortons la Chine à changer ses pratiques déloyales, et à traiter les entreprises américaines de manière équitable et réciproque », a justifié Donald Trump. « Mais, jusqu’à présent, la Chine n’est pas encline à changer ses pratiques », a-t-il déploré.

Dans la matinée, il avait lui-même menacé de « Tariffer! » les pays refusant de pratiquer un commerce équitable avec les Etats-Unis, dans un de ces néologismes dont il a le secret.

Selon lui, les nouvelles taxes vont « faire entrer beaucoup d’argent dans les caisses des États-Unis ».

Le président américain estime que les tarifs douaniers –pas seulement avec la Chine– placent « les États-Unis dans une posture de négociation très forte, avec des milliards de dollars et des emplois qui affluent dans notre pays ».

Son conseiller économique Larry Kudlow a toutefois assuré que les États-Unis étaient ouverts au dialogue « à tout moment ».

Les responsables américains ont par ailleurs souligné que l’objectif n’était pas de limiter la croissance économique chinoise.

– Négocier de « bonne foi » –

Les échanges Chine – Etats-Unis / © AFP / Gal ROMA

Donald Trump exige de Pékin qu’il réduise de 200 milliards le déficit commercial américain en ouvrant davantage son marché aux produits américains.

Imposer une taxe de 10% dans un premier temps –plutôt que les 25% que Donald Trump avait demandé à son administration d’étudier– pourrait être perçu comme un geste d’ouverture tout relatif après que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a contacté ses homologues chinois pour reprendre les négociations.

Outre les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium de respectivement 25% et 10% imposés au nom de la protection de la sécurité nationale, Washington a taxé à hauteur de 25% quelque 50 milliards de dollars de produits chinois pour compenser cette fois le « vol » de la propriété intellectuelle.

L’administration Trump déplore qu’en contrepartie d’un accès au marché chinois, les entreprises américaines sont contraintes de partager avec des partenaires locaux une partie de leur savoir-faire technologique.

Pour faire changer cette pratique, Donald Trump avait déjà menacé de taxer la totalité des plus de 505 milliards de dollars d’importations chinoises. Sans effet pour le moment sur son partenaire commercial.

« Si les États-Unis adoptent de nouvelles mesures sur les droits de douane, la Chine n’aura d’autre choix que de prendre des mesures de rétorsion pour défendre ses droits et intérêts légitimes », a même prévenu lundi Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise, exhortant Washington à négocier de « bonne foi ».

Pékin avait déjà indiqué envisager de nouvelles taxes sur 60 milliards de dollars de biens américains après les 25% sur 50 milliards de dollars de marchandises en juillet/août.

« Espérons que cette situation commerciale soit résolue, en dernier ressort par moi-même et par le président Xi (Jinping) pour lequel j’ai un profond respect et affection », a déclaré Donald Trump.

Ce conflit semble pour l’heure avoir peu d’effet sur la première économie mondiale qui tourne à plein régime même si les mesures de rétorsion ciblées des partenaires des États-Unis se font sentir dans certaines régions et certains secteurs d’activités.

La banque centrale américaine a, elle, mis en garde à plusieurs reprises qu’une guerre commerciale représentait pour l’heure la plus grande menace pour la croissance américaine.

Romandie.com avec(©AFP / (18 septembre 2018 03h58)

Les Européens cherchent à contourner les sanctions contre l’Iran

septembre 15, 2018

Paris – Les Européens envisagent d’instaurer un circuit commercial alternatif, une sorte de troc à grande échelle, pour contourner les sanctions américaines et permettre à l’Iran de continuer à exporter du pétrole.

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pourraient ainsi créer un véhicule dédié (Special purpose vehicle – SPV) agissant comme une bourse d’échanges qui permettrait de traiter de manière isolée les transactions commerciales avec l’Iran, ont rapporté vendredi deux médias allemands, l’hebdomadaire Der Spiegel et le quotidien économique Handelsblatt.

Si par exemple l’Iran vendait du pétrole à une entreprise espagnole, et qu’un fabricant allemand de machines-outils équipait une installation à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand.

« C’est du troc sophistiqué. L’acheteur paie des droits de compensation qui donnent (à l’Iran) un droit d’achat de biens de première nécessité », confirme un haut responsable français à l’AFP sous couvert de l’anonymat, précisant que des pays tiers comme la Chine ou l’Inde pourront y être associés.

L’option est à l’étude parmi plusieurs autres et vise à créer des « canaux de paiement indépendants » avec l’Iran, a indiqué de son côté une porte-parole du ministère allemand des Finances, interrogée par l’AFP.

Le président américain Donald Trump s’est retiré en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien, censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et le sortir parallèlement de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l’étranglaient.

– Des « moyens techniques » –

Washington a rétabli depuis une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire affaire avec Téhéran. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler..) très engagés aux Etats-Unis ont depuis cessé toute activité avec l’Iran par craintes de représailles américaines.

Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

L’Iran détient les quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et nombre de pays, en Asie particulièrement, ont besoin de se fournir en brut iranien, d’autant que leurs raffineries sont spécialement conçues pour traiter cette variété de pétrole-là et pas une autre.

En créant une bourse d’échanges, les Européens pourraient « réduire les paiements transfrontaliers au départ ou à destination de l’Iran », relève un document de la Commission européenne cité par le Handelsblatt. Les banques internationales, très exposées au risque américain, resteraient ainsi à l’écart des transactions.

« Pour nous, la question c’est de trouver des moyens techniques pour que l’Iran puisse continuer d’importer et exporter en dépit des sanctions américaines sans que les opérateurs européens soient eux-mêmes sanctionnés », résume un diplomate européen.

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont déterminées à sauvegarder l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien – dont elles sont cosignataires avec la Russie et la Chine – afin de prévenir une reprise du programme iranien susceptible de déclencher une course à l’arme atomique dans la région.

– Une question de souveraineté –

Elles s’inquiètent aussi d’un affaiblissement du président iranien Hassan Rohani, ardent défenseur de l’accord nucléaire mais qui pour l’heure n’en a pas engrangé les bénéfices économiques escomptés.

« Les mesures prises par Washington (..) risquent de renforcer les éléments les plus durs du régime », avertit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

« Washington pense que ces pressions sont susceptibles de provoquer un changement d’attitude du régime, voire du régime lui-même; or nous ne le croyons pas », ajoutait-t-il dans une interview fin août à l’hebdomadaire français L’Express.

Les Européens dénonçent aussi, à travers les sanctions américaines, une atteinte à leur souveraineté ainsi qu’à leurs intérêts économiques, et pas seulement en Iran.

Berlin redoute notamment que des sanctions de Washington contre la Russie ne pénalisent l’industrie allemande dans ce pays.

Face à de telles menaces, « nous devons réagir et renforcer l’autonomie et la souveraineté de l’Europe en matière commerciale, économique et financière », martèle le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 09h56)                                                        

Cuba: 15.000 pommes vendues à un seul client, un super marché sanctionné

septembre 14, 2018

Un marché à La Havane, Cuba, le 13 septembre 2018 / © AFP / YAMIL LAGE

Plusieurs employés d’un supermarché cubain ont été licenciés pour avoir vendu 15.000 pommes à un seul client, dans un pays frappé régulièrement par les pénuries d’aliments.

La vente a été révélée la semaine dernière par le blog d’un journaliste cubain, qui en a été témoin dans un supermarché de La Havane. L’information n’a pas été reprise dans la presse officielle mais la sanction contre les salariés impliqués a été publiée vendredi par le journal officiel Granma.

« Organisés de façon quasi-militaire et dans l’indifférence complice des employés, un peloton de jeunes costauds a fait son apparition (…) et, en quelques minutes à peine, ils ont acheté 15.000 pommes (150 caisses de 100) », racontait le blog, tenu par le journaliste Iroel Sanchez, qui a précisé que toute cette cargaison était destinée à un seul client.

L’acheteur a payé l’équivalent de 45 centimes de dollars par pomme, selon les reçus accompagnant le texte du blog.

Dans un contexte de pénuries récurrentes de certains produits à Cuba – des fruits aux bières en passant par le lait ou le beurre – il n’est pas rare qu’un commerçant achète un gros stock de denrées pour les revendre ensuite au détail, plus chères.

« Ce n’est pas parce que c’est fréquent que cela doit nous sembler normal que des ressources soient ainsi accaparées, alors qu’il y a pénurie de produits », souligne le quotidien Granma vendredi, qui indique que huit employés du supermarché ont été licenciés.

Le magasin appartient à la corporation Cimex, de capitaux publics cubains mais soumise à la législation des activités privées.

Cuba importe la quasi-totalité des aliments consommés par ses 11 millions d’habitants, dont les pommes, selon le site officiel Cubadebate.

« Pour beaucoup, le manque d’approvisionnement des magasins et l’absence de marché de gros favorisent l’apparition de ce genre de phénomène », souligne Granma.

L’île cherche à réformer son modèle économique, d’inspiration soviétique, et s’apprête à reconnaître, dans sa nouvelle Constitution, le marché, la propriété privée et l’investissement étranger comme complément à son système d’Etat.

Et pour tenter d’améliorer l’offre en produits alimentaires, le gouvernement a récemment allongé la surface et le délai d’exploitation des terres octroyées aux agriculteurs cubains.

Romandie.com avec(©AFP / (15 septembre 2018 00h00)