Posts Tagged ‘Sanctions’

Guerre en Ukraine : le G7 s’engage à ne plus acheter de pétrole russe

mai 8, 2022

Les pays du G7 se sont engagés dimanche à supprimer progressivement les importations de pétrole russe afin de priver Moscou de ses revenus.

Emmanuel Macron participe a une visioconference avec les dirigeants du G7 sur l'Ukraine a l'Elysee a Paris, le 8 mai 2022.
Emmanuel Macron participe à une visioconférence avec les dirigeants du G7 sur l’Ukraine à l’Élysée à Paris, le 8 mai 2022. 
 © THIBAULT CAMUS / POOL / AFP

Dimanche 8 mai, le G7 s’est engagé à interdire ou supprimer progressivement les importations de pétrole russe. Selon la Maison-Blanche, cette décision va porter « un coup dur » à la principale artère irriguant l’économie de Vladimir Poutine en le privant des revenus dont il a besoin pour « financer sa guerre » contre l’Ukraine.

L’exécutif américain ne précise pas quels engagements exactement a pris chacun des membres du G7, à savoir l’Allemagne (qui en a la présidence cette année), le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Le G7 tenait dimanche, en visioconférence, sa troisième réunion de l’année, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le choix de la date est hautement symbolique : les Européens célèbrent le 8 mai la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe.

Un embargo sur le pétrole russe

Cette réunion de dimanche se tient par ailleurs à la veille de la parade militaire du 9 mai en Russie, qui marque la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie. Les Occidentaux font preuve jusqu’ici d’une très étroite coordination dans leurs annonces de sanctions contre la Russie, mais n’avancent pas au même rythme quand il s’agit de pétrole et de gaz russes. Les États-Unis, qui n’en étaient pas de grands consommateurs, ont d’ores et déjà interdit l’importation d’hydrocarbures russes.

Les États membres de l’Union européenne, sous pression pour se joindre au mouvement, mais beaucoup plus dépendants de la Russie, continuaient dimanche à mener d’intenses tractations pour mettre en place un embargo sur le pétrole russe. Washington a par ailleurs annoncé une nouvelle salve de sanctions contre la Russie, autour de deux axes majeurs : les médias et l’accès des entreprises et des grandes fortunes russes aux services de conseil et de comptabilité dont les Américains et les Britanniques sont les grands spécialistes mondiaux.

Les médias pro-Kremlin sanctionnés

Les États-Unis vont sanctionner les chaînes de télévision Pervy Kanal, Rossiïa-1, et NTV. Il sera interdit à toute entreprise américaine de les financer par de la publicité ou de leur vendre des équipements. Autre axe d’attaque de Washington : interdire la prestation de services d’audit, de management, de conseil, de marketing, tous les services utilisés pour faire fonctionner des entreprises multinationales, mais aussi potentiellement pour contourner les sanctions ou dissimuler des richesses mal acquises.

Par Radio-Cnada avec AFP

Environ 200 000 emplois sont menacés par les sanctions à Moscou

avril 18, 2022

Les sanctions occidentales prises contre la Russie dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine commencent à peser sur les travailleurs russes, notamment ceux à l’emploi d’entreprises étrangères. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Au moins 200 000 emplois sont menacés à Moscou par le départ ou l’arrêt des activités d’entreprises étrangères, dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine, a annoncé lundi le maire de la capitale russe.

Dans un message sur son site, Sergueï Sobianine a indiqué qu’un plan d’aide de 3,6 milliards de roubles (environ 54 millions de dollars canadiens) avait été adopté la semaine dernière pour aider les Moscovites risquant un licenciement.

Ce programme concerne avant tout les employés d’entreprises étrangères qui ont suspendu temporairement leurs activités ou décidé de quitter la Russie. Selon nos estimations, environ 200 000 personnes risquent de perdre leur emploi, a indiqué le maire.

La mairie va proposer aux employés de sociétés étrangères au chômage technique des emplois temporaires permettant des compléments de revenus comme la gestion des archives ou la réparation d’équipements municipaux.

La municipalité dit aussi prévoir des subventions pour financer des reconversions professionnelles.

Selon la mairie, des aides financières pour les familles devraient être offertes, en vertu d’un récent décret présidentiel, et des mesures prises pour faciliter les emprunts des petites et moyennes entreprises.

Enfin, la Ville de Moscou dit avoir construit, sans préciser de date, trois usines de médicaments pour compenser la suspension des importations pharmaceutiques, dont dépendent fortement les Russes.

Dans ce domaine, un grand travail nous attend, les résultats mettront des années à arriver, a indiqué M. Sobianine.

Soutenir le rouble

Par ailleurs, le Kremlin a déclaré lundi que les pays inamicaux disposent encore de temps pour choisir le paiement en roubles du gaz qu’ils importent de Russie.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a refusé de préciser combien de pays ont jusqu’à maintenant accepté ce changement imposé par Moscou.

À la fin du mois de mars, le président russe a signé un décret exigeant des clients étrangers qu’ils paient leur gaz et leur pétrole en roubles, faute de quoi les livraisons pourraient être interrompues.

Cette décision devait permettre à la Russie de soutenir sa monnaie nationale, malmenée par les sanctions.

Or, plusieurs pays européens ont dénoncé cette initiative. L’Allemagne – largement dépendante du gaz russe – a évoqué un chantage de Vladimir Poutine, dénonçant le changement de modalités de contrats pourtant déjà conclus.

Radio-Canada Aavec les informations de Agence France-Presse et Reuters

La résilience de l’économie russe mise à rude épreuve

avril 13, 2022
Des employés marchent près d'un réservoir de gaz naturel dans la péninsule de Yamal en Russie.

Des employés marchent près d’un réservoir de gaz naturel dans la péninsule de Yamal, en Russie. Photo : AFP/Kirill Kudryatsev

Alors que le président russe Vladimir Poutine se fait rassurant, le président de la Cour des comptes de Russie a estimé mercredi que l’économie du pays mettrait des années à se reconstruire si les sanctions internationales restaient durablement en vigueur.

Si les sanctions restent au niveau actuel, il faudra environ deux ans de reconstruction, pas moins, a estimé, selon les agences russes, Alexeï Koudrine, un ex-ministre des Finances très respecté dans le pays.

Puis il faudra rebâtir durant de nombreuses années, car ce dont on parle, c’est de remplacer toute une série de produits importés, a-t-il ajouté.

L’industrie automobile est par exemple paralysée à l’heure actuelle, car le pays ne peut plus importer de pièces détachées.

En outre, l’État russe, comme de nombreuses banques et entreprises, est coupé du système financier international, et l’inflation pourrait se situer autour de 20 % cette année.

« Un des grands risques, aujourd’hui, c’est l’affaissement de l’économie du fait des restrictions logistiques, d’une part, et du manque de liquidités, d’autre part. »— Une citation de  Andreï Beloussov, vice-premier ministre de la Russie

Devant la Chambre haute du Parlement, il a précisé que les secteurs de l’industrie et du commerce ont connu une baisse d’activité de 11 % du fait des sanctions imposées dans la foulée de l’offensive russe le 24 février. La Banque mondiale s’attend d’ailleurs à une chute de 11,2 % du produit intérieur brutPIB russe cette année.

Poutine reste optimiste

Malgré ces sombres perspectives, le président russe reste optimiste pour le secteur de l’énergie, la vache à lait de l’économie du pays.

Mercredi, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie, frappée par des sanctions occidentales pour l’invasion de l’Ukraine, pouvait aisément rediriger ses exportations d’hydrocarbures vers les régions du monde qui en ont le plus besoin tout en augmentant la consommation intérieure de pétrole, de gaz et de charbon.

Sur la question du pétrole, du gaz et du charbon russes, nous serons en mesure d’augmenter leur consommation sur le marché intérieur, a déclaré Vladimir Poutine lors d’une réunion sur le développement de l’Arctique russe.

« Nous augmenterons également la fourniture de ressources énergétiques à d’autres régions du monde où elles sont vraiment nécessaires. »— Une citation de  Vladimir Poutine, président de la Russie

Le refus de plusieurs pays occidentaux de coopérer [avec la Russie] normalement, y compris en ce qui concerne les ressources énergétiques russes […], a déjà frappé des millions d’Européens et provoqué une véritable crise énergétique, a-t-il ajouté.

Avec Radio-Canada

Ukraine : l’UE va discuter lundi d’un 6e paquet de sanctions contre Moscou

avril 10, 2022

Ursula von der Leyen a visité Kiev vendredi. Photo : Reuters/via le Service de Presse de la Présidence Ukrainienne

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne vont discuter lundi à Luxembourg d’un 6e paquet de sanctions contre Moscou, mais l’arrêt des achats de pétrole et de gaz pour cesser de financer l’effort de guerre russe divise les 27.

Nous venons d’imposer de lourdes sanctions à la Russie et nous sommes en train de préparer une sixième vague, a annoncé vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de sa visite à Kiev avec le chef de la diplomatie Josep Borrell.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cesse de demander à tous ses interlocuteurs européens l’adoption de sanctions puissantes. Il réclame un arrêt des achats de pétrole et de gaz et la fourniture d’armes lourdes pour résister à l’offensive annoncée dans la région du Donbass (est).

Josep Borrell a annoncé son intention de lancer lundi la discussion sur un embargo pétrolier, mais une proposition formelle n’est pas sur la table, a reconnu vendredi un haut fonctionnaire européen.

« L’unanimité est nécessaire pour l’adoption des sanctions. Or on voit bien les dépendances vis-à-vis de la Russie dans plusieurs États membres. »— Une citation de  Josep Borrell, chef de la diplomatie Union européenne

L’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Hongrie sont très dépendantes du gaz russe.

On ne va pas présenter quelque chose qui ne passera pas. Les propositions doivent être faites au moment opportun, a-t-il expliqué.

Depuis le début de la guerre en Ukraine fin février, le Kremlin a engrangé 27,3 milliards de dollars avec les achats de pétrole, gaz et charbon de l’Union européenneUE, selon Velina Tchakarova, directrice de l’Institut autrichien pour l’Europe et la politique de sécurité (AIES).

Financer et livrer de nouvelles armes

L’Union européenneUE a décrété un embargo sur les achats de charbon, mais leur montant est très inférieur à ceux de gaz et pétrole.

Les ministres vont en revanche valider le déblocage de 500 millions d’euros supplémentaires pour financer et livrer de nouvelles armes à Kiev, selon plusieurs diplomates de l’Union européenneUE.

Les sanctions sont importantes, mais elles ne résoudront pas le problème dans le Donbass. La bataille dans le Donbass sera décisive pour l’issue de la guerre, a souligné samedi Josep Borrell.

La Russie bombarde l’Ukraine depuis la mer à partir de navires situés hors de portée des armes ukrainiennes et les forces de Kiev ont besoin d’armes à longue portée et de davantage de véhicules blindés, a expliqué un haut responsable européen.

La Slovaquie a annoncé vendredi avoir fourni à Kiev un système de défense anti-aérien russe S-300.

Lors de leur réunion, les ministres s’entretiendront avec le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, du soutien de l’Union européenneUE aux enquêtes sur de possibles crimes de guerre en Ukraine.

Par Radio-Canada avec AFP

Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine

avril 7, 2022
Les sanctions contre Moscou exposent la vie privée bien gardée de Poutine© RIA-NOVOSTI/AFP/Archives/MIKHAIL METZEL

Les sanctions occidentales visant non seulement le cercle rapproché du président russe, mais aussi sa famille, ont jeté une lumière inhabituelle sur la vie privée de Vladimir Poutine, maintenue d’ordinaire dans une stricte opacité.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont annoncé les premières sanctions contre les deux filles adultes du chef de l’Etat issu de son premier mariage avec Lyudmila. La pression monte aussi en parallèle sur Alina Kabaeva, ancienne gymnaste dont certains médias et opposants affirment qu’elle serait sa maîtresse, allégations jamais confirmées par le Kremlin.

Poutine est pour le moins discret sur sa vie privée. Les médias d’Etat le montrent habituellement travaillant ou voyageant seul, trop occupé à servir le pays pour jouir de loisirs privés.

L’unique entorse à cette omerta fut son apparition publique avec Lyudmila à l’entracte d’un ballet à Moscou en 2013, l’occasion d’annoncer une séparation consommée finalement un an plus tard.

Les médias russes prénomment les deux filles de cette union Maria Vorontsova et Katerina Tikhonova, mais Poutine n’y a jamais fait référence. « Mes enfants vont bien. Ils sont à Moscou (…). Tout va bien dans leur vie privée et leurs carrières professionnelles. Je suis fier d’eux », a-t-il déclaré dans un de ses rares commentaires publics en 2012.

Le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov a refusé de commenter les nouvelles sanctions contre Maria et Katerina, jugeant que cette décision « parlait d’elle même ».

Mais les longues absences en public de leur mère Lyudmila, et son air maussade lorsqu’elle apparaissait, avaient suscité de multiples spéculations sur la vie privée de l’homme fort de Moscou bien avant son divorce.

En 2008, un petit tabloïd, Moskovsky Korrespondent, avait affirmé que Poutine souhaitait épouser Alina Kabaeva. Furieux, celui-ci avait invité les journalistes à garder leur « nez plein de morve » à l’écart de sa vie privée.

Le journal de l’homme d’affaires Alexander Lebedev, dont le fils Yevgeny est devenu une figure des médias en Grande-Bretagne, avait publié des excuses circonstanciées avant de fermer boutique définitivement.

Mais cette relation entre Poutine et la gymnaste est restée dans les esprits et fait l’objet d’une enquête du dissident Alexei Navalny, publiée juste avant son arrestation en janvier 2021.

« Cercle restreint »

L’opposant affirmait que Kabaeva jouissait d’un réseau de propriétés de luxe en Russie, ainsi que d’un poste grassement payé au conseil d’administration du groupe public National Media Group (NMG), offert par l’oligarque Yuri Kovaltchouk, proche de Poutine et lui-même frappé de sanctions individuelles aujourd’hui.

« Il ne fait pas de doute qu’Alina Maratovna Kabaeva a dansé mieux que quiconque avec un ballon et un ruban mais n’aurait aucune compétence à gérer des sociétés audiovisuelles et des journaux sans sa connexion avec Poutine », affirmait Navalny.

Des informations sur les réseaux sociaux l’ont localisée actuellement en Suisse et une pétition revendiquant 75.000 signatures exige des sanctions à son encontre. « Pourquoi, vu le volume de sanctions contre la Russie, continuez-vous maintenant de l’accueillir avec sa famille quand Poutine détruit la vie de millions de gens ? », interroge le texte.

Selon la télévision suisse RTS, citant un communiqué officiel, le gouvernement fédéral a examiné le dossier mais n’a trouvé « aucune indication que cette personne se trouvait en Suisse ».

Georgy Alburov, chercheur au sein du fonds anti-corruption de Navalny, a jugé inconcevable qu’elle échappe à des sanctions. « Elle fait partie du cercle restreint de Poutine, elle est un membre de sa famille qui profite de sa situation », a-t-il estimé, précisant que son rôle dans un média officiel faisait d’elle une « propagandiste russe majeure ».

Les opposants affirment aussi que la liaison prêtée à Poutine avec Kabaeva n’est pas exclusive. En novembre 2020, le site d’investigation en ligne Proekt a affirmé qu’une certaine Svetlana Krivonogikh s’était vu octroyer des parts dans la banque Rossia, et ce par le même Yuri Kovaltchouk.

En 2003, elle a donné naissance à une fille avec Vladimir pour patronyme. Le Kremlin avait refusé de commenter un article dépourvu « d’éléments sérieux ».

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Évoquant un possible génocide, l’UE discute de nouvelles sanctions contre Moscou

avril 4, 2022

Volodymyr Zelensky a visité Boutcha, où les services d’urgence continuait de rassembler les cadavres de civils tués pendant l’occupation russe, le 4 avril 2022. Photo: AFP via Getty Images/Ronaldo Schemidt

Les Européens, révoltés par les images de cadavres de civils retrouvés dans les environs de Kiev, discutent lundi d’un alourdissement des sanctions contre Moscou, accusé de « génocide » en Ukraine, mais qui nie en bloc et dénonce une provocation.

Lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu à Boutcha, en banlieue nord-ouest de Kiev, où les services d’urgence ukrainiens continuaient d’arpenter les rues et les domiciles pour rassembler les corps de civils tués pendant l’occupation russe.

« Ce sont des crimes de guerre et ce sera reconnu par le monde comme un génocide. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Selon M. Zelensky, il est devenu plus difficile pour l’Ukraine de négocier avec la Russie à mesure qu’elle prend connaissance des atrocités commises par son armée, au fur et à mesure qu’elle se retire de la région de Kiev. Plus la Fédération de Russie fait traîner en longueur le processus de rencontres, pire ce sera pour eux, pour cette situation et pour cette guerre.

Occupée dès le 27 février par l’armée russe, Boutcha a été inaccessible pendant plus d’un mois. Les bombardements y ont cessé jeudi et les forces ukrainiennes n’ont pu complètement y pénétrer qu’il y a quelques jours. Samedi, les funestes découvertes ont commencé à faire surface.

Des cadavres dans une rue.

Le corps de civils jonchent une rue de Boutcha, en banlieue de Kiev, le 2 avril 2022, après le retrait des forces russes. Photo : Reuters/Zohra Bensemra

Le nombre total de morts reste encore incertain. Selon la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes, qui s’en sont retirées pour se redéployer vers l’est et le sud.

L’AFP a vu samedi les cadavres d’au moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues à Boutcha, tuées d’une balle dans la nuque, aux dires du maire, Anatoli Fedorouk, à l’Agence France-PresseAFP.

M. Fedorouk avait par ailleurs affirmé samedi que 280 personnes avaient quant à elle dû être enterrées dans des fosses communes, car elles ne pouvaient être inhumées dans les cimetières communaux, tous à portée des tirs russes pendant les combats.

Anatoli Fedorouk, maire de Boutcha, explique que des civils ont aussi dû être enterrés en masse dans des fosses en raison des tirs russes près des cimetières. Photo : AFP via Getty Images/Sergei Supinsky

Exclure la Russie du Conseil des droits de l’homme

Se disant horrifiée, la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a déclaré lundi que la découverte de cadavres de civils à Boutcha, en Ukraine, faisait naître des soupçons de crimes de guerre.

Toutes les mesures doivent être prises pour préserver les preuves, a-t-elle ajouté. Il est essentiel que tous les efforts soient entrepris pour garantir des enquêtes indépendantes et efficaces sur ce qui s’est passé à Boutcha afin de garantir la vérité, la justice et la responsabilité, ainsi que des réparations et des recours pour les victimes et leurs familles.

Les États-Unis ont annoncé lundi qu’ils allaient tenter d’obtenir la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations uniesONU. Nous ne pouvons pas laisser un État membre qui est en train de saper tous les principes qui nous tiennent à coeur participer au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a tweeté l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield.

On ne peut pas laisser la Russie utiliser son siège au Conseil comme outil de propagande lui permettant de suggérer qu’elle a une préoccupation légitime au sujet des droits de la personne, a-t-elle ajouté.

De son côté, la Russie nie les accusations de l’Ukraine et de ses alliés et affirme que les multiples photographies et vidéos de Boutcha ne sont qu’une provocation et une mise en scène ukrainienne, orchestrée par les États-Unis.

Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a pour sa part appelé lundi à créer une commission d’enquête internationale sur le génocide commis selon lui par l’armée russe à Boutcha. Ces massacres sanglants commis par des Russes, des soldats russes, méritent d’être appelés par leur nom. C’est un génocide, et il doit être jugé, a déclaré à la presse Mateusz Morawiecki. C’est pourquoi nous proposons de mettre en place une commission internationale pour enquêter sur ce crime de génocide.

Le pétrole russe divise l’Europe

La Commission européenne prépare un nouvel ensemble de sanctions contre la Russie en raison de son offensive militaire en Ukraine et n’exclut pas de proposer aux pays membres de l’Union européenneUE un embargo sur le pétrole russe, a déclaré lundi Valdis Dombrovskis, vice-président de l’exécutif européen.

Très clairement, en tant qu’Union européenne, nous devons en faire davantage pour mettre fin à cette guerre et à ces atrocités, a dit Valdis Dombrovskis à son arrivée à une réunion des ministres des Finances de l’Union européenneUE à Luxembourg.

La Commission prépare déjà le prochain paquet de sanctions et j’espère que les États membres seront en mesure de prendre des décisions sur de prochaines mesures ambitieuses en ce qui concerne les sanctions. Nous devons accentuer la pression sur la Russie et nous devons accentuer notre soutien à l’Ukraine, a-t-il ajouté.

À la question de savoir si un embargo sur le pétrole russe pourrait figurer dans ce nouveau train de sanctions, Valdis Dombrovskis a répondu : En ce qui concerne la Commission, rien n’est exclu.

L’Union européenneUE importe environ 40 % de son pétrole et de son gaz de Russie. Elle prévoit déjà réduire du deux tiers sa dépendance à l’énergie russe d’ici la fin de l’année, et s’en défaire complètement d’ici 2030.

L’Allemagne, l’un des pays d’Europe les plus dépendants de l’énergie russe, continue toutefois d’exclure de frapper le secteur gazier russe.

Nous devons envisager de dures sanctions, mais à court terme, les livraisons de gaz russe ne sont pas substituables et les interrompre nous nuirait plus qu’à la Russie, a déclaré le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, avant la réunion avec ses homologues lundi.

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui évoqué lundi des sanctions individuelles et des mesures sur le charbon et le pétrole, mais il n’a pas mentionné les achats de gaz.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Poutine compare les sanctions contre l’industrie culturelle russe aux autodafés nazis

mars 25, 2022

Le président russe Vladimir Poutine. Photo : Getty Images/Mikhail Klimentyev Sputnik/AFP

Le président russe Vladimir Poutine a poursuivi vendredi sa rhétorique antinazie en comparant l’annulation d’événements culturels russes dans les pays occidentaux aux autodafés orchestrés par les nazis lors de la Deuxième Guerre mondiale.

La dernière fois, ce sont les nazis en Allemagne, il y a près de 90 ans, qui ont mené une telle campagne de destruction d’une culture indésirable. On se souvient bien des images des livres brûlés sur les places publiques, a déclaré Vladimir Poutine lors d’une rencontre avec des personnalités de la culture.

On efface des affiches de concerts de Tchaïkovski, Chostakovitch, Rachmaninov. On interdit les écrivains russes et leurs livres, s’est indigné le chef de l’État russe, qui multiplie les comparaisons entre l’Allemagne nazie et l’Occident depuis le début de sa tentative d’invasion de l’Ukraine, le 24 février dernier.

Depuis l’entrée en action des 190 000 soldats qu’elle massait à la frontière ukrainienne, la Russie doit composer avec une vague de sanctions et de mesures punitives des alliés de l’Ukraine, dont l’annulation de presque tous les spectacles russes sur leurs scènes et l’exclusion de comédiens, musiciens et artistes russes de nombreuses productions.

Relents hitlériens

Plus tôt, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a poursuivi dans la même veine que son patron en déclarant que les dirigeants européens tiennent un discours aux relents hitlériens contre la Russie.

On nous a déclaré une véritable guerre hybride totale. Ce terme [guerre totale] qu’utilisait l’Allemagne hitlérienne est désormais prononcé par beaucoup de politiciens européens lorsqu’ils expliquent ce qu’ils veulent faire de la Russie, s’est indigné vendredi Sergueï Lavrov, lors d’une réunion avec des représentants d’une fondation diplomatique russe.

Pour le chef de la diplomatie russe, les gouvernements européens ne cachent pas leurs objectifs : détruire, casser, anéantir, étouffer l’économie et la Russie dans son ensemble.

Officiellement, Moscou affirme être intervenu en Ukraine pour dénazifier le pays, une rhétorique utilisée à maintes reprises par le président russe Vladimir Poutine, qui évoquait récemment le blitzkrieg économique des Occidentaux ou encore les pogroms antisémites pour qualifier les sanctions internationales contre son pays.

Rappelons que, depuis qu’elle s’est lancée dans l’invasion de l’Ukraine, la Russie essuie de la part de l’Occident et de ses alliés une volée de sanctions économiques et politiques sans précédent. L’approvisionnement en marchandises de toutes sortes, le système financier, la chaîne logistique, la monnaie et les transports sont frappés de plein fouet en Russie.Début du widget . Passer le widget?

De son côté, l’ex-président russe Dimitri Medvedev estime que l’effet des sanctions internationales contre la Russie est nettement exagéré. Il serait totalement stupide, selon lui, de penser que les sanctions occidentales pourraient avoir une quelconque influence sur les décisions des autorités russes, a-t-il déclaré dans une entrevue accordée à l’agence russe RIA.

Aujourd’hui vice-président du Conseil de sécurité nationale russe, Dimitri Medvedev croit que ces sanctions auront au contraire pour effet de cimenter la société russe plutôt que d’alimenter son mécontentement à l’égard du Kremlin.

En réponse aux sanctions occidentales qui plombent la valeur de sa monnaie nationale, le président Poutine a demandé au premier groupe énergétique russe Gazprom d’exiger le règlement de ses ventes en roubles pour ses exportations de gaz naturel et l’a exhorté à trouver un mécanisme pour y parvenir d’ici quatre jours.

Cette décision a provoqué l’ire des pays européens, qui ont dénoncé une violation des contrats liant Gazprom, ces contrats stipulant que les règlements devaient être effectués soit en dollars américains, soit en euros.

Les négociations de paix font du surplace

Pendant ce temps, les négociations de paix entreprises avec les dirigeants ukrainiens ne vont nulle part, a souligné le négociateur en chef de Moscou.

Les positions convergent sur les points secondaires. Mais sur les principales [questions] politiques, nous faisons du surplace, a déclaré Vladimir Medinski, cité par les agences de presse russes.

L’Ukraine, de son côté, a demandé vendredi à l’Union européenne de fermer complètement ses frontières avec la Russie et le Bélarus, pays allié de Moscou.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Le Canada ajoute 160 sénateurs russes à sa liste de sanctions

mars 24, 2022

Le gouvernement du Canada donne un autre tour de vis pour faire pression sur la Russie.

Le premier ministre Justin Trudeau est à Bruxelles pour prendre part au sommet de l’OTAN ainsi qu’à la réunion des dirigeants du G7. Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Justin Trudeau s’était gardé de nouvelles sanctions dans sa manche en prévision du sommet extraordinaire des leaders de l’OTAN. Un total de 160 membres du Conseil de la fédération de Russie se retrouveront sur la liste noire du Canada, a appris Radio-Canada.

Le gouvernement canadien décide ainsi de pénaliser presque l’ensemble des membres de la Chambre haute de Russie, ceux qui ont facilité l’invasion de l’Ukraine.

Justin Trudeau annoncera aussi de nouvelles interdictions d’exportations visant à affaiblir l’armée russe. Cela visera des biens et des technologies touchant à l’informatique, les télécommunications, le secteur aérospatial et les transports, par exemple.

Finalement le premier ministre devrait annoncer une somme de 4,8 millions de dollars destinée à l’UNESCO pour aider l’Ukraine à protéger ses sites patrimoniaux.

Tout indique que le Canada n’annoncera pas de nouvelle contribution militaire destinée à l’Ukraine pendant ce sommet extraordinaire.

Justin Trudeau est sous pression pour augmenter les dépenses militaires du Canada, à la veille du prochain budget fédéral. En ce moment, le gouvernement canadien est loin de la cible d’un budget de défense atteignant 2 % de son PIB. Il se situe plutôt à 1,4 %.

À son arrivée au quartier général de l’OTAN, jeudi, Justin Trudeau a qualifié l’invasion russe en Ukraine de terrible erreur de la part de Vladimir Poutine. Son invasion illégale de l’Ukraine doit cesser, a ajouté le premier ministre, qui a évoqué une Alliance unie.

Mercredi, le premier ministre a rencontré la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Elle a annoncé qu’un nouveau groupe de travail du G7 sera formé pour partager des informations à propos des sanctions et assurer leur application.

Le Canada et l’Union européenne ont aussi annoncé qu’ils allaient bonifier leur collaboration en matière de cybersécurité pour aider les gouvernements de l’Ukraine et de la Moldavie à se défendre.

La présidente de la commission a aussi annoncé un partenariat stratégique en matière d’énergie avec le Canada. Notre dépendance envers les combustibles fossiles russes met la sécurité énergétique de l’Europe en danger, a-t-elle déclaré mercredi.

Avec Radio-Canada par Louis Blouin

Mali : les sanctions de l’Uemoa contre Bamako suspendues

mars 24, 2022

Goodluck Jonathan et Assimi Goïta à Bamako, le 23 août 2020. © H.DIAKITE/EPA/MAXPPP

Face à un Assimi Goïta qui refuse de céder le pouvoir, les chefs d’État ouest-africains avaient pris des sanctions fortes contre Bamako le 9 janvier dernier. Celles-ci viennent d’être suspendues par la Cour de justice de l’Uemoa.

C’est une décision qui change la donne pour le Mali et redistribue les cartes entre Assimi Goïta et les chefs d’État ouest-africains. Alors que ce vendredi 25 mars, la Cedeao tient un sommet extraordinaire à Accra, la cour de justice de l’Uemoa vient de suspendre les sanctions économiques adoptées contre le Mali le 9 janvier.

Face à la volonté d’Assimi Goïta de se maintenir cinq années supplémentaires au pouvoir, les chefs d’État ouest-africains avaient décidé de mesures dures : le gel des avoirs du Mali à la banque centrale commune aux huit États membres de l’Uemoa, celui des entreprises publiques et des organismes parapublics maliens, la suspension du pays de toute assistance financière des institutions internationales…

Recours

Des sanctions contestées par l’État malien qui a diligenté un collectif d’avocats pour les faire annuler. Le 21 février dernier, ils ont déposé deux recours dénonçant leur « illégalité absolue ». Ils viennent donc d’obtenir gain de cause.

Bamako a notamment fait valoir que les textes de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) prévoient qu’elle ne peut solliciter ni recevoir de directives ou d’instructions des institutions ou organes communautaires, des gouvernements des États membres de l’Uemoa, de tout autre organisme ou de toute autre personne. Elle ne peut donc être utilisée pour asphyxier un État membre.

Position de force

Cette décision n’est pas définitive, souligne un ancien magistrat malien, car elle n’est que « suspensive ». « Cela ne présage pas de la décision définitive que prendra la Cour de justice de l’Uemoa », précise-t-il.

Reste qu’elle est une première victoire de taille pour la junte tant les sanctions mettent le pays en difficulté économique. « À la veille du sommet du 25 mars, cette ordonnance met le régime malien en position de force face aux chefs d’État de la Cedeao », commente un diplomate basé à Bamako.

Exceptionnellement invité, Assimi Goïta a choisi, selon nos informations, de ne pas se rendre au sommet extraordinaire de la Cedeao. Dans un courrier transmis à la Commission de la Cedeao, le président de la transition marque seulement sa « disponibilité à interagir par visioconférence » avec les chefs d’État ouest-africain. Il a annoncé dépêcher Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Maïga, le ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement, Ibrahim Ikassa Maïga, le ministre de la Réforme de l’État et Fatoumata Sékou Dicko, la ministre chargé des réformes politiques et institutionnelles pour représenter le Mali. Signe qu’aucun accord décisif ne pourra avoir lieu durant le sommet.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner et Fatoumata Diallo

Justin Trudeau, Mélanie Joly et Anita Anand bannis du territoire russe

mars 15, 2022

En tout, 313 citoyens canadiens ont été bannis du territoire russe mardi, dont Justin Trudeau, Mélanie Joly et Anita Anand. Photo : The Canadian Press/Adrian Wyld

Moscou riposte aux sanctions occidentales en bannissant du territoire russe plus de 300 citoyens canadiens, dont le premier ministre Justin Trudeau, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et la ministre de la Défense, Anita Anand. Le président américain Joe Biden et une douzaine de ses collaborateurs sont aussi bannis.

Alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’adressait à la Chambre des communes mardi, le gouvernement russe a publié une liste d’exclusion de son territoire de 313 Canadiens.

Selon l’agence TASS citée par l’agence russe Lenta.ru, le premier ministre Justin Trudeau, sa ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et la ministre de la Défense, Anita Anand, sont désormais interdits d’entrée en Russie. De nombreux membres du Parlement canadien sont aussi sur la liste.

« J’ai été informée ce matin, je ne suis pas surprise. Ça ne fait pas en sorte qu’on va reculer ou que je vais reculer. »— Une citation de  Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada

Parmi les personnes interdites figurent également la majorité des membres du Parlement canadien et des éléments agressifs pro-Bandera [en référence à Stepan Bandera (1909-1959), un indépendantiste ukrainien allié des nazis], a indiqué l’agence TASS dans un communiqué.

Selon le ministère des Affaires étrangères russe, cette liste d’exclusion est la réponse du Kremlin à la russophobie et aux sanctions imposées par Ottawa contre les politiciens russes.

Apprenant des journalistes que son nom est sur la liste d’exclusion de Moscou, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet s’est exclamé : Merci Vladimir!.

Cela fait partie du spectacle et je n’ai pas demandé à en faire partie. Je ne prends pas cela très au sérieux, a-t-il poursuivi en expliquant qu’il n’avait de toute façon par prévu de voyager en Russie prochainement.

Le gouvernement Trudeau a de son côté ajouté mardi matin les noms de 15 hauts fonctionnaires du gouvernement russe à la liste des individus visés par des sanctions en raison de la décision de Moscou d’envahir l’Ukraine.

Ces individus, inconnus du grand public, ont permis et soutenu le choix du président Poutine d’envahir un pays pacifique et souverain, explique Affaires mondiales Canada dans un communiqué.

L’administration américaine également visée

Il n’y a pas que le gouvernement canadien qui est visé par les mesures d’exclusion russes. Le Kremlin a également banni 13 membres du gouvernement des États-Unis de son territoire, à commencer par le président des États-Unis Joe Biden.

Le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, le chef de la CIA William Burns, et le conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan, figurent également sur la liste d’exclusion de Moscou, tout comme l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton.

Le ministère des affaires étrangères russe précise toutefois qu’il maintient des relations officielles avec Washington et que, si nécessaire, il veillera à ce que des contacts de haut niveau puissent avoir lieu avec les personnes figurant sur la liste en cas de besoin.

Avec Radio-Canada