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La Cedeao retient ses sanctions dans l’affaire des militaires ivoiriens détenus au Mali

janvier 5, 2023

À la suite de la visite du président togolais à Bamako le 4 janvier, Umaro Sissoco Embaló a déclaré que le Mali ne serait pas sanctionné dans l’immédiat par l’institution sous-régionale.

Umaro Sissoco Embalo, président de la Guinée-Bissau et de la Cedeao à Moscou, le 25 octobre 2022. © Mikhail KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP

Le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Umaro Sissoco Embaló, a assuré qu’il n’y aurait pas de sanctions contre le Mali dans l’immédiat malgré l’ultimatum qui avait été fixé, et ce pour laisser la médiation togolaise travailler à la libération des 46 militaires ivoiriens détenus au Mali depuis juillet.

Ces soldats, soupçonnés par Bamako d’être « des mercenaires », ont été condamnés le 30 décembre à vingt ans de réclusion criminelle, sachant que les chefs d’État ouest-africains avaient laissé à la junte malienne jusqu’au 1er janvier pour les libérer.

« Une question de bon sens »

Le chef de l’État bissau-guinéen a déclaré qu’il fallait du « temps pour [permettre] à la médiation togolaise de faire son travail, afin de résoudre le problème ». « C’est juste une question de bon sens », a-t-il ajouté.

Le président togolais, Faure Gnassingbé, était pendant ce temps en visite à Bamako. « Il a plaidé la grâce présidentielle », a assuré à un responsable de la présidence malienne. Il a ensuite fait une courte escale à Abidjan, où il a rencontré le président ivoirien, avant de regagner Lomé.

Aucune communication officielle sur le contenu des discussions entre les chefs d’État togolais et malien n’a pour l’instant été diffusée, Lomé ayant simplement fait savoir en amont que « la coopération entre le Togo et le Mali, ainsi que des sujets régionaux d’intérêt commun » devaient être au cœur de l’entretien.

Dans son discours du Nouvel an, Alassane Ouattara avait promis que les soldats incarcérés « regagne[raient] bientôt le sol ivoirien ».

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Est de la RDC : un trafiquant d’or belge sanctionné par l’Union européenne

décembre 9, 2022

L’homme d’affaires belge Alain Goetz, déjà sanctionné par les États-Unis, a été placé sous sanctions de l’Union européenne, ce jeudi 8 décembre, pour avoir « tiré profit du conflit armé » dans l’est de la RDC. Un ancien ministre congolais et un officier des FARDC sont également concernés.

Une veillée de prière en souvenir des victimes des troubles en cours dans l’Est du pays, le 7 décembre. © (Photo by Sébastien KITSA MUSAYI / AFP)

Alain Goetz, né à Anvers en 1965, est l’ancien directeur de la société African Gold Refinery, accusée d’avoir acheté et commercialisé depuis 2016 de l’or illicite provenant de mines en RDC contrôlées par des groupes armés. L’homme d’affaires belge a été sanctionné pour avoir « tiré profit du conflit armé, de l’instabilité ou de l’insécurité en RDC en se livrant à l’exploitation et au commerce illicites de ressources naturelles », précise la décision publiée au Journal officiel de l’UE.

Il sera interdit d’entrée dans l’UE et ses avoirs seront gelés. Il ne pourra en outre pas recevoir de fonds en provenance de l’UE. L’homme d’affaires belge, très influent de Kinshasa à Kampala, avait déjà été sanctionné par les États-Unis, en mars dernier, pour des faits identiques. « Alain Goetz et son réseau ont contribué au conflit armé en recevant l’or congolais sans mettre en question son origine », avait alors affirmé le Trésor américain.

Chefs de guerre

Alain Goetz n’est pas le seul à avoir été placé sous sanction par le Conseil de l’UE. Les 27 ont également inscrit sur leur liste noire un ancien ministre congolais, Justin Bitakwira, ainsi qu’un responsable des forces armées congolaises (FARDC), le colonel Joseph Nganzo Olikwa Tipi, commandant d’une unité responsables de graves violations des droits de l’homme, en particuliers des viols.

Par ailleurs, cinq dirigeants de groupes armés non gouvernementaux sévissant dans l’est du Congo sont concernés par les sanctions de Bruxelles : Ruvugayimikore Protogène, chef des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR); Meddie Nkalubo, des Forces Démocratiques Alliées (ADF); Désiré Londroma Ndjukpa, du groupe Coopérative pour le développement du Congo (Codeco-URPC); Willy Ngoma, porte-parole du Mouvement du 23 Mars (M23/ARC) et William Yakutumba, commandant de la Coalition de milices Maï-Maï CNPSC.

« Au total, 17 personnes font désormais l’objet de mesures restrictives de l’UE, qui ont été prorogées jusqu’au 12 décembre 2023 », précise le communiqué. L’UE entend avec cette décision « soutenir les efforts déployés par les autorités de la RDC pour instaurer une paix durable et stabiliser la partie est du pays », souligne le communiqué, qui précise que « le Conseil continuera de suivre de près la situation dans le pays et pourrait envisager d’autres mesures restrictives en fonction de l’évolution de la situation ».

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Russie-Ukraine : des eurodéputés veulent sanctionner Alger

novembre 22, 2022

Dix-sept députés européens demandent à Ursula von der Leyen et à l’Union européenne de réviser l’Accord d’association avec l’Algérie, au motif qu’elle apporterait un « soutien politique, logistique et financier » à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine.

Des hélicoptères MI-26 de l’armée algérienne, de fabrication russe, lors de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, à Alger le 5 juillet 2022. © NurPhoto via AFP

Alors que la date de la visite prochaine du président Tebboune à Moscou n’est toujours pas annoncée, les autorités algériennes subissent de nouvelles pressions concernant leurs relations étroites avec la Fédération de Russie. Dix-sept eurodéputés ont adressé, le mercredi 16 novembre, une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, afin de demander la révision de l’Accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie, signé en 2002 et entré en vigueur en 2005.

Emmenés par Andrius Kubilius, ancien Premier ministre de la République de Lituanie et président du Groupe du PPE (Parti populaire européen – démocrates-chrétiens), les députés s’inquiètent des liens de plus en plus étroits entre la Russie et l’Algérie, liens qui, selon eux, se traduisent par « un soutien politique, logistique et financier de l’agression de l’Ukraine par Poutine ».

Les 17 députés signataires (élus de Lituanie, France, Danemark, Estonie, Suède, Bulgarie, Finlande, Pologne, Hongrie et Slovaquie) énumèrent ainsi les éléments qui attestent du soutien supposé de l’Algérie à la guerre que Vladimir Poutine mène en Ukraine.

Alger s’abstient encore à l’ONU

Alger s’est, tout d’abord, abstenu de voter la résolution de l’ONU du 2 mars 2022 qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine ». Elle n’a pas non plus, ajoutent les signataires, voté le 7 avril la décision de L’Assemblée générale des Nations unies de suspendre la Russie du Conseil des droits de l’homme (CDH). Le 12 octobre, l’Algérie s’est encore une fois abstenue de voter la résolution sur l’annexion « illégale » de quatre régions ukrainiennes par la Russie. Pour les 17 eurodéputés, toutes ces abstentions sont des signes qu’Alger soutient « les aspirations géopolitiques de la Russie ».

À l’appui de leur demande, les signataires de la pétition indiquent aussi que l’Algérie compte « parmi les quatre premiers acheteurs d’armes russes dans le monde, avec notamment un contrat d’armement de plus de 7 milliards de dollars en 2021 » (6 milliards d’euros à cette date) et que « ce transfert militaire a fait de l’Algérie le troisième plus grand bénéficiaire d’armes russes dans le monde ». Tout afflux d’argent à la Russie ne peut que renforcer sa machine de guerre en Ukraine, ajoutent les signataires.

Pour les 17 députés européens, l’Algérie apporte ainsi son soutien financier à l’agression contre l’Ukraine, ce qui constitue une violation de l’article 2 de l’Accord d’association de 2005, qui stipule que « le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l’homme, tels qu’énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel du présent accord ».

Les signataires exhortent en conséquence l’UE à prendre des mesures pour s’assurer que ses partenaires ne soient pas tentés de financer le gouvernement russe par l’achat d’équipements militaires. Ils demandent également que l’Union européenne réclame à l’Algérie la signature et la ratification du traité sur le commerce des armes, qui réglemente le commerce international des armes classiques (entré en vigueur le 24 décembre 2014).

Un contrat qui n’existe pas

Problème : en appuyant leur démonstration sur l’existence d’un contrat d’achat d’armements de 7 milliards de dollars signé avec Moscou en 2021, les 17 députés européens reprennent en fait une vieille information déjà utilisée par le sénateur républicain Marc Rubio, ancien candidat à l’investiture de son parti face à Donald Trump, au mois de septembre. Un mois plus tard, un groupe de 27 élus du Congrès reprenaient à leur compte le même argument pour demander au secrétaire d’État Antony Blinken de prendre des sanctions contre certains responsables algériens qu’ils accusaient d’achats massifs d’armes auprès de la Russie.

Or Alger et Moscou n’ont paraphé, en 2021, aucun contrat d’armement de 7 milliards de dollars. Le montant total des exportations d’équipements de la Russie vers l’Algérie pour cette année-là étaient de 985 millions de dollars, selon un rapport conjoncturel du Service fédéral des douanes russe rendu public en septembre 2021. Et de 2 milliards de dollars en 2020. Si la Russie reste bien le principal fournisseur en armement de l’Algérie, jamais les deux pays n’ont signé un montant d’une telle ampleur en une année.

Après des années de négociations, Vladimir Poutine avait par ailleurs accepté, en mars 2006, de convertir la dette militaire de 4,5 milliards de dollars que l’Algérie avait contractée auprès de l’URSS dans les années 1960 et 1970. En échange, Alger avait accepté de signer un contrat de 3,5 milliards de dollars comprenant l’achat de différents équipements militaires, dont 28 chasseurs Sukhoi SU-30 MKI, 40 chasseurs MiG-29 SMT, 8 groupes de missiles antiaériens S-300 PMU et 40 chars T-90.

Avec Jeune Afrique par Farid Alilat

Le Canada impose de nouvelles sanctions à Haïti

novembre 4, 2022

Le président du Sénat Joseph Lambert et l’ancien président du Sénat Youri Latortue sont visés par le gouvernement Trudeau.

Des agents de la police nationale haïtienne déploient des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation de la population.

Des agents de la police nationale haïtienne déploient des gaz lacrymogènes lors d’une manifestation exigeant la démission du premier ministre Ariel Henry après des semaines de pénurie à Port-au-Prince, en Haïti. Photo : Reuters/Ricardo Arduengo

Le gouvernement canadien impose de nouvelles sanctions à deux politiciens haïtiens, en collaboration avec les États-Unis.

Le président du Sénat haïtien Joseph Lambert et l’ancien président du Sénat Youri Latortue sont visés par ces sanctions, en réponse à la conduite inacceptable de ces politiciens, qui apportent un soutien financier et opérationnel illicite à des gangs armés, selon les agences de renseignements du Canada et des États-Unis.

Les transactions avec ces deux politiciens seront interdites, ce qui aura pour effet de geler tout avoir qu’ils peuvent détenir au Canada comme aux États-Unis, selon le bureau de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly.

Ottawa et Washington tentent de déstabiliser ce qu’ils appellent l’élite politique haïtienne qui, selon eux, soutient et finance les gangs de rue.

Mais pour le moment, les gouvernements canadien et américain ne sont pas en mesure de dire si les deux politiciens haïtiens visés par ces sanctions ont des biens ou des avoirs qui pourraient être visés dans ces deux pays.

La plus grande diaspora haïtienne est à Miami et à Montréal, indique une source gouvernementale, qui souligne que la possibilité de lien économique est importante.

Depuis septembre, des gangs de rue contrôlent l’accès aux denrées essentielles comme l’eau, la nourriture et le pétrole. Plus tôt cette semaine, la police nationale haïtienne a repris en partie le contrôle au terminal portuaire de Varreux, à Port-au-Prince, une infrastructure névralgique pour le pays, notamment à l’aide de véhicules blindés envoyés par le Canada en octobre.

Les Américains souhaitent une implication substantielle du Canada en Haïti et lui demandent de prendre un rôle de leadership dans une possible force d’intervention internationale pour stabiliser le pays.

Le Canada préconise pour le moment la patience, afin d’évaluer la situation sur le terrain et pour s’assurer que toute force de stabilisation ne sera pas mal accueillie par la population comme étant de l’ingérence extérieure coloniale dans les affaires haïtiennes.

Une équipe d’évaluation canadienne revient tout juste d’Haïti, où elle a pris connaissance de la situation sécuritaire et humanitaire. Elle a présenté son rapport aux ministres responsables lors d’une rencontre du Groupe d’intervention en cas d’incident, plus tôt cette semaine.

Avec Radio-Canada par Christian Noël

Sanctions en Haïti : des Canadiens dans la mire du gouvernement fédéral

octobre 30, 2022
Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly parlent derrière des lutrins.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, avec le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, lors de sa visite de deux jours au Canada Photo : La Presse Canadienne/Blair Gable

Les Canadiens qui financent les bandes criminelles en Haïti peuvent se le tenir pour dit : ils risquent d’être sanctionnés par le gouvernement du Canada.

L’impunité n’est pas une option, a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir avant d’ajouter : Le but de notre régime de sanctions, c’est qu’il soit efficace. Donc si jamais il y a des personnes au Canada qui font partie de ce système de corruption, qui profitent de la violence en Haïti, certainement elles vont être sanctionnées.

Le 21 octobre dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé le recours à des sanctions pour sortir le pays de la crise qui l’étouffe. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le premier ministre haïtien, Ariel Henry, ont aussi réclamé l’intervention d’une force internationale pour rétablir la sécurité. La ministre Joly ne veut pas s’engager sur cette voie pour le moment, pas avant d’avoir obtenu le rapport de la mission d’évaluation qu’elle a dépêchée en Haïti la semaine dernière.

La question était aussi à l’ordre du jour de ses rencontres avec son homologue américain, le secrétaire d’État Antony Blinken, de passage à Ottawa et à Montréal la semaine dernière. Mme Joly estime que toute initiative doit obtenir l’assentiment des autorités haïtiennes et la collaboration de la communauté internationale.

La vie est intenable pour la population de ce petit pays des Caraïbes. Les gangs armés contrôlent l’entrée du plus grand terminal pétrolier du pays et les principales routes entourant la capitale, Port-au-Prince.

C’est un malheur de plus après la pandémie de COVID-19, l’assassinat en 2021 du président Jovenel Moïse et le puissant tremblement de terre qui a frappé la péninsule ouest de l’île un mois plus tard. La ministre Joly estime que le temps presse : Le pays est au bord du gouffre et fait face à un désespoir immense. Alors c’est sûr qu’on a une obligation morale d’agir.

La stratégie indopacifique

La stratégie indopacifique, qui établira l’approche du Canada en matière de diplomatie, de défense et d’économie dans cette grande région du monde, se fait toujours attendre. La ministre des Affaires étrangères espère la dévoiler bientôt.

Notre objectif est encore et toujours de défendre et de promouvoir les intérêts canadiens dans la région de l’Indo-Pacifique, a ajouté Mme Joly.

Ottawa veut y accroître ses relations commerciales. La ministre a d’ailleurs annoncé l’intention du Canada de se joindre au Cadre économique indopacifique, une initiative américaine à laquelle 13 autres pays, dont l’Australie, la Corée du Sud, l’Inde et le Japon, ont adhéré pour consolider leurs liens.

Il y a aussi de sérieux problèmes de sécurité dans cette région alors que la Chine cherche à s’imposer comme une puissance mondiale. À ce sujet, la ministre Joly souligne que le Canada a les yeux grands ouverts.

La Chine est un pays qui a une rhétorique très agressive, pas juste envers le Canada, mais envers plusieurs pays, a déclaré la ministre. Toute entorse des dirigeants chinois au droit international sera dénoncée par Ottawa, a-t-elle ajouté.

Malgré les relations tendues entre Ottawa et Pékin ces dernières années, les canaux de communication restent ouverts. Le Canada a d’ailleurs accepté de prendre le relais de la Chine, qui n’était pas en mesure d’accueillir cette année la Conférence des parties sur la biodiversité.

La COP15 aura donc lieu à Montréal en décembre prochain.

Radio-Canada par Micheline Laflamme

Plusieurs premiers ministres provinciaux sanctionnés par Moscou

septembre 23, 2022
Les deux premiers ministres en conférence de presse.

François Legault et Blaine Higgs font partie des citoyens canadiens qui ne peuvent plus mettre les pieds en Russie. (Archives) Photo : La Presse Canadienne/Nathan Denette

En réponse aux sanctions canadiennes, le ministère russe des Affaires étrangères a ajouté jeudi le nom du premier ministre québécois François Legault et ceux de 86 autres personnalités politiques, militaires et d’affaires à une liste de citoyens canadiens ne pouvant mettre les pieds en Russie.

Se retrouvent également sur cette liste le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, son homologue de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, et le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston.

Les premiers ministres des trois territoires (Pauloosie Jamesie Akeeagok du Nunavut, Caroline Cochrane des Territoires du Nord-Ouest et Sandy Silver du Yukon) sont également visés, ainsi que les lieutenants-gouverneurs des dix provinces.

Le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, et les chefs de diverses entreprises qui ont fait ou envisagent de faire des dons à Kiev, qualifié de régime néonazi par la Russie, ont également été sanctionnés.

Selon le document du ministère russe des Affaires étrangères, ces ajouts partent du principe de réciprocité et se veulent une réponse directe aux sanctions périodiques du Canada, que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a promis d’intensifier.

Toutes ces sanctions contre la Russie sont de nature symbolique et incapables d’affecter l’économie russe, et le gouvernement canadien le sait très bien, a déclaré Artem Kalabukhov, conseiller politique de l’ambassade de Russie à Ottawa.

Mélanie Joly.

Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Mélanie Joly a indiqué qu’elle prononcerait un discours national axé sur le soutien canadien à l’Ukraine, lundi.

Le Congrès des Ukrainiens canadiens a appelé le gouvernement fédéral à décréter une interdiction de visa pour les ressortissants russes, arguant que les actions de la Russie constituent un génocide qui devrait empêcher ses citoyens du privilège de voyager à l’étranger. La demande avait été formulée le mois dernier par le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, à l’intention des pays de l’Union européenne.

Cette possibilité a été écartée par la cheffe de la diplomatie canadienne, du moins pour le moment. À New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, Mélanie Joly a expliqué que le Canada risquerait de fermer la porte à des dissidents russes cherchant à fuir leur pays s’il allait de l’avant avec une telle interdiction.

Elle a souligné que de nombreux Russes se précipitaient aux frontières depuis le lancement d’une mobilisation partielle des réservistes décrétée par Vladimir Poutine.

Mme Joly a toutefois déclaré qu’il était envisageable que le Canada envoie davantage d’armes à Kiev, une autre demande formulée par le Congrès des Ukrainiens canadiens.

Plus vite les armées russes seront vaincues, plus vite la paix reviendra en Europe , a écrit le président du Congrès, Ihor Michalchyshyn.

Radio-Canada avec des informations de Louis Blouin et de La Presse canadienne

Russie: Poutine reconnaît des « difficultés colossales » causées par les sanctions

juillet 18, 2022
Vladimir Poutine à son bureau, entouré d'un écran et de téléphones.

Vladimir Poutine a indiqué que les géants de la technologie russes, comme Yandex ou Ozon, faisaient face à des défis importants. Photo: AP/Pavel Byrkin

Le président russe Vladimir Poutine a appelé lundi à surmonter les graves difficultés posées par les sanctions privant la Russie des hautes technologies occidentales dont elle est très dépendante.

Ayant conscience des difficultés colossales qui se trouvent face à nous, nous allons chercher intensivement et intelligemment de nouvelles solutions, a-t-il déclaré lors d’une réunion retransmise à la télévision publique, relevant que son pays était face à un blocage presque total de l’accès aux technologies occidentales.

Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des limitations, mais un blocage presque total qui est mis en œuvre contre notre pays concernant l’accès aux produits étrangers de haute technologie, a-t-il affirmé.

La Russie est visée par des sanctions occidentales d’ampleur et nombre d’entreprises étrangères se sont retirées du pays en réaction à l’assaut militaire lancée contre l’Ukraine.

Évoquant un énorme défi, il a appelé à utiliser à bon escient les technologies souveraines russes existantes et à développer de nouvelles entreprises nationales innovantesNous n’allons pas baisser les bras, a-t-il martelé.

Depuis l’offensive en Ukraine, les géants du numérique (Microsoft, Apple, Google, Adobe, Cisco) ont quitté la Russie ou suspendu au minimum une partie de leurs opérations dans le pays, laissant les consommateurs, entreprises, administrations et utilisateurs russes sans autres options.

Des fournisseurs occidentaux ont également cessé d’assurer un soutien technique à leurs clients russes.

Il en va aussi bien des marchandises, comme les téléphones et les ordinateurs d’Apple, les systèmes de télécommunication Cisco, les marchés d’applications mobiles que des systèmes d’exploitation comme Windows.

Solutions russes

Dans l’immédiat, la Russie a autorisé les importations dites parallèles de marchandises de ce type, c’est-à-dire sans l’accord de celui qui en détient la propriété intellectuelle.

Lundi, Vladimir Poutine a indiqué aussi que les géants de la technologie russes, comme Yandex ou Ozon, faisaient également face à des défis importants, car ils se finançaient sur les marchés occidentaux ou grâce à des institutions financières étrangères.

Il est indispensable de développer rapidement de tels mécanismes dans le système financier russe pour que les entreprises russes à croissance rapide puissent attirer des capitaux privés nationaux pour leur développement, a affirmé M. Poutine.

Le Kremlin n’a cessé d’affirmer que la Russie résiste aux sanctions décidées par l’Occident, mais les effets de celles-ci risquent de faire sentir leurs effets les plus importants dans les mois ou les années à venir, en coupant le pays des nouvelles technologies et des chaînes logistiques et financières mondiales.

Moscou promet de compenser ces effets à moyen terme en développant des solutions de rechange russes. Parallèlement, la répression qui vise les détracteurs de l’offensive russe contre l’Ukraine et la rupture des liens aériens et financiers avec l’Occident ont entraîné un exode estimé à au moins plusieurs dizaines de milliers de Russes travaillant dans le secteur des nouvelles technologies, accroissant un déficit déjà existant.

Selon M. Poutine, citant des chiffres gouvernementaux, il manquera à la Russie un million de cadres dans ce secteur en 2024.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Mali : la Cedeao lève ses sanctions économiques et financières

juillet 3, 2022

Réunis à Accra ce dimanche 3 juillet, les dirigeants ouest-africains ont décidé de supprimer la plupart des mesures coercitives imposées au Mali depuis janvier.  

Assimi Goïta, président le la transition malienne, le 22 août 2020. © AP/SIPA

Six mois après leur mise en place, les sanctions économiques et financières imposées au Mali en janvier par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont été levées ce dimanche 3 juillet, lors d’un sommet de l’organisation tenu à Accra. La réouverture des frontières terrestre et aérienne a notamment été entérinée.

La Cedeao a par ailleurs validé le nouveau calendrier proposé par la junte d’une période de transition allant jusqu’à mars 2024. En revanche, elle s’oppose fermement à la participation des autorités de la transition à la prochaine élection présidentielle. Et maintient également les sanctions individuelles contre les membres de la junte au pouvoir, ainsi que les sanctions administratives à l’encontre du Mali. 

Pour arriver à ce consensus, les dirigeants ouest-africains ont débattu dans un huis clos intégral. Lors du précédent sommet, qui s’était tenu à Accra, le 4 juin, les chefs d’État qui étaient favorable à la levée de l’embargo, comme le Togolais Faure Gnassingbé, l’Ivoirien Alassane Ouattara ou encore le Sénégalais Macky Sall, n’avaient pas réussi à rallier à leurs vues les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo, nigérian Mahammadu Buhari ou encore nigérien Mohamed Bazoum.

« Apparemment, les divergences ont été surmontées après le sommet de juin dernier. On espérait donc ici à Accra une décision allant dans le sens de la levée des sanctions”, commente une source au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), dont le siège est installé à Ouagadougou et dont les huit membres, qui ont en commun le franc CFA, font également partie de la Cedeao. 

Gel des avoirs et des transactions

D’après nos informations, c’est Alassane Ouattara, président en exercice de l’Uemoa, qui donnera des instructions au gouverneur de la Banque centrale de l’organisation, l’Ivoirien Jean-Claude Brou, ainsi qu’au Sénégalais Abdoulaye Diop, qui est à la tête de la Commission, pour la levée effective des sanctions financières imposées à Bamako. Il s’agira notamment de mettre un terme au gel des avoirs de l’État malien et ceux des entreprises publiques et parapubliques à la BCEAO, ainsi qu’au blocage des transferts de l’État malien via les systèmes de paiement de cette même Banque centrale.

Des mesures fortes qui ont paralysé l’économie du pays et empêché l’État et les banques maliennes d’honorer leurs engagements vis à vis de leurs créanciers. Depuis la mise en place de l’embargo de la Cedeao, au début de janvier, le pays n’a pas pu régler 236,1 milliards de F CFA de paiements d’intérêts et de capital sur les bons du Trésor malien.

Omar Alieu Touray à la Commission de la Cedeao

À noter par ailleurs qu’à l’issue du sommet de ce 3 juillet, Umaro Sissoco Embaló, le chef de l’État bissau-guinéen, est devenu président en exercice de la Cedeao tandis que le diplomate gambien Omar Alieu Touray, ex-ministre des Affaires étrangères, a pris la tête de la Commission, l’organe exécutif de l’organisation, nomination qui prendra effet le 11 juillet prochain. Ce dernier remplacera Jean-Claude Brou, récemment nommé à la tête de la BCEAO.

Enfin, les dirigeants ouest-africains ont décidé de nommer Patrice Talon, le président béninois, « Champion de la Cedeao » pour le retour des biens culturels en Afrique de l’Ouest, et Nana Akufo-Addo « champion pour la lutte contre le changement climatique ».

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly

Mali, Burkina, Guinée : la Cédéao se penche sur les sanctions

juillet 3, 2022

Les dirigeants ouest-africains se réunissent ce dimanche 3 juillet au Ghana pour réexaminer leur plan d’action face aux juntes arrivées au pouvoir par la force au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.

Assimi Goïta, ici lors d’une réunion de la Cedeao, à Accra, le 15 septembre 2020. © REUTERS/Francis Kokoroko

Levée, maintien ou durcissement des sanctions ? Les leaders des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis ce dimanche à Accra, doivent notamment se prononcer sur le Mali, qui subit depuis le 9 janvier de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières et qui a accepté récemment des prérequis indispensables à leur levée.

« Le Mali a fait d’énormes progrès »

La décision sur la levée de l’embargo sur les transactions commerciales et financières est très attendue au Mali, où les négociations entre la junte et la Cedeao durent depuis des mois. Le médiateur Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria, est venu la semaine dernière à Bamako. Si rien n’a officiellement filtré des échanges, un membre de son entourage a indiqué à l’AFP que « le Mali a fait d’énormes progrès ».

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023. Il vient compléter l’adoption, le 17 juin, d’une nouvelle loi électorale et la mise en place d’une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution.

Un potentiel point de blocage dans les négociations peut néanmoins subsister avec la porte désormais ouverte, par la nouvelle loi électorale, d’une candidature d’un militaire à une élection présidentielle. Les « actes qui ont été posés ces jours-ci vont dans le sens d’une levée de ces sanctions », a estimé vendredi soir le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop.

La Guinée veut rassurer

Le Burkina Faso et la Guinée seront également au centre des attentions. Les deux pays ne sont pour l’heure que suspendus des organes de la Cedeao. Mais les juntes en place entendent y rester trois ans et exposent leur pays à un durcissement des sanctions.

La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions. Les autorités guinéennes avaient suscité l’ire de ses voisins en actant une durée de transition de 36 mois. Un délai qualifié d’« impensable » par le chef de l’État sénégalais Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine. « La Cedeao va devoir prendre des mesures », avait-il dit.

Le Premier ministre de transition, Mohamed Béavogui, a reçu samedi le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif. Le message de la Guinée est de rassurer « les frères de la Cedeao » sur l’engagement du pays à mener une transition apaisée et inclusive, a souligné le gouvernement.

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d’engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionné leur participation à la nomination d’un médiateur ouest-africain. « Il nous apparaît fondamental que la Cedeao intervienne pour présider le dialogue et favoriser ainsi le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée », a déclaré vendredi le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

« Sur la voie du compromis » au Burkina

Au Burkina Faso, la Cedeao a nommé l’ex-président nigérien Mahamadou Issoufou comme médiateur. « Nous sommes sur la voie du compromis » avec ce pays, a dit à l’AFP un diplomate de la sous-région. En visite samedi à Ouagadougou, Mahamadou Issoufou a salué « l’ouverture au dialogue » des militaires et dit avoir « échangé sur le chronogramme de la transition » présenté mercredi aux leaders politiques.

Les autorités burkinabè prévoient les dates du 24 décembre 2024 pour un référendum constitutionnel et du 25 février 2025 pour la tenue d’élections législatives et présidentielle.

Vendredi, les partis de l’ex-majorité du président Roch Marc Christian Kaboré renversé ont dénoncé l’agenda présenté par la junte comme une « manœuvre solitaire qui contraste avec les impératifs d’une transition inclusive et réussie », regrettant « l’absence de concertations en amont ».

La Cedeao, qui a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays. Mais le dernier sommet en date, le 4 juin, avait accouché d’une souris : aucune décision n’avait été prise et la Cedeao s’était donnée un mois de plus pour négocier.

Avec AFP

Congo-Législatives 2022 : Léonidas Mottom Mamoni retiré de la course à Ouesso 2

juillet 2, 2022

Le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Guy Georges Mbacka, a annoncé dans une décision rendue publique, le 2 juillet, à Brazzaville le retrait de la candidature de Léonidas Carrel Mottom Mamoni du Parti congolais du travail (PCT) aux élections législatives des 4 et 10 juillet dans la deuxième circonscription électorale de Ouesso, département de la Sangha.

Léonidas Carrel Mottom Mamoni/Adiac

«En vertu de la présente décision, le parti qui l’a présenté peut investir un autre candidat avec son suppléant. La présente décision sera notifiée au candidat Léonidas Carrel Mottom Mamoni et au part politique qui l’a investi », a décidé le ministre.

Selon Guy Georges Mbacka, le candidat aux législatives à Ouesso 2 a tenu, au cours de la campagne électorale, des propos qui portent gravement atteinte à l’unité et à la cohésion nationales et enfreint manifestement certaines dispositions de la loi électorale. «Le fief de l’Upads n’est pas dans le département de la Sangha, ni celui du PCAP, du PRL : les neuf circonscriptions du département de la Sangha sont pour les députés du PCT. Seuls ces derniers peuvent être élus dans ce département, pas d’autres. Un ressortissant de la Sangha pourrait-il chercher à se faire élire à Dolisie ou à Mouyondzi ?» déclarait Mottom dans des propos rappelés par le ministre.  

Des déclarations qui sont contraires, d’après la décision du gouvernement, à l’article 27 de la loi électorale qui stipule que les réunions électorales sont pour faire connaître un candidat ou une liste des candidats, de présenter les programmes ou les arguments d’un candidat ou des candidats d’une liste dans les conditions fixées par la loi.

Notons que le candidat a été déjà lâché par le parti qui l’a investi. En effet, dans une déclaration le 1er juillet à Brazzaville, le secrétariat permanent du bureau politique du Comité central du PCT a condamné avec « véhémence » toute attitude et propos non républicains frisant la division, l’ethnocentrisme et le repli identitaire. Il s’est aussi dissocié totalement de ces « comportements rétrogrades » qui divisent le peuple congolais. « C’est ainsi que le secrétariat permanent désapprouve les propos inacceptables tenus par le candidat Léonidas Mottom Mamoni, investi dans la circonscription de Ouesso 2, lesquels propos se détachent de la ligne politique du parti. Il retire, par conséquent, son appui au candidat Léonidas Mottom et rassure l’opinion publique des sanctions disciplinaires qui suivront, conformément aux statuts du PCT », a promis le PCT, attirant l’attention de l’ensemble de ses candidats sur leur tenue exemplaire pendant la période électorale.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama