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Québec-Mauricie/COVID-19 : la hausse des hospitalisations inquiète la santé publique régionale

juin 30, 2022
À l'avant-plan, deux professionnels de la santé manipulent des fournitures médicales. Derrière eux, d'autres s'occupent d'un patient dans un lit d'hôpital. Tous portent des vêtements protecteurs.

La direction de la santé publique souhaite éviter de rappeler du personnel déjà épuisé au travail, mais si la hausse se poursuit, ce n’est pas exclu. Photo : Getty Images/Morsa Images

Comme ailleurs au Québec, la hausse des cas de COVID-19 se fait sentir en Mauricie et au Centre-du-Québec. Plus d’une cinquantaine de personnes sont hospitalisées dans la région à cause de la COVID-19, ce qui inquiète la santé publique régionale.

Dans les dernières semaines, les hospitalisations pour le virus se tenaient sous la barre de la vingtaine.

Ce qui est rassurant, c’est que seulement 24 % des personnes hospitalisées le sont pour la COVID-19., a indiqué la directrice du CIUSSS MCQ, Marie-Josée Godi, en entrevue avec Sophie Bernier.

Dre Marie-Josée Godi est la directrice de la santé publique et de la responsabilité populationnelle au CIUSSS MCQ. (Archives)

La Dre Marie-Josée Godi est la directrice de la santé publique et de la responsabilité populationnelle au CIUSSS MCQ. (Archives) Photo: Radio-Canada/José Ducharme

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de vacances estivales, les hôpitaux ont une moins grande capacité d’accueil dans la région.

« Le personnel a besoin de répit après avoir travaillé d’arrache-pied dans les derniers mois, donc si la tendance se poursuit, on pourrait arriver à une période critique.  »— Une citation de  Marie-Josée Godi, directrice de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec

La direction de la santé publique souhaite éviter de rappeler du personnel déjà épuisé au travail, mais si la hausse se poursuit, ce n’est pas exclu.

Il est certain que ça fait partie des priorités de pouvoir traiter toute la population. On a une certaine capacité à avoir des lits. On espère qu’on n’atteindra pas la barre des 100 personnes qui vont être admises dans les unités COVID d’ici les prochaines semaines  a avoué Marie-Josée Godi.

Avec Radio-Canada par Radio-Canada

Canada-Québec: La santé publique n’écarte pas une recrudescence des cas de COVID-19 cet été

juin 17, 2022
Une femme tient un vaccin entre ses mains avec des gants et porte un masque.

Les nouveaux variants BA.4 et BA.5 de la famille Omicron pourraient relancer la contagion au pays cet été, selon la santé publique. Photo : AP/Matt Rourke

Les indicateurs de transmission de la COVID-19 se stabilisent ou diminuent un peu partout au pays, mais une recrudescence est « possible » au cours de l’été avec l’arrivée des nouveaux variants BA.4 et BA.5 de la famille Omicron, prévient la santé publique fédérale.

Ces variants ont un avantage de croissance par rapport aux autres et semblent avoir un échappement immunitaire, a indiqué l’administrateur adjoint de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, en point de presse vendredi, alors qu’il faisait le point sur la situation de la COVID-19 et de la variole simienne.

L’agence fédérale a observé que les BA.4 et BA.5 ont gagné du terrain dans les dernières semaines. Cette tendance se constate aussi en Europe, notamment au Portugal, où le BA.5 est devenu dominant, causant une montée des infections.

Même si l’été est habituellement synonyme de ralentissement pour le virus, c’est possible qu’on ait une recrudescence ici au Canada, a affirmé le Dr Njoo, accompagné de l’administratrice en chef de la santé publique fédérale, la Dre Theresa Tam.

On commence à voir une augmentation du pourcentage des variants BA.4 et BA.5. C’est à suivre, a-t-il ajouté, sans toutefois préciser les régions qui connaissent en ce moment une activité accrue de la COVID-19 au pays.

Les Drs Tam et Njoo ont invité les gens à rester préparés à une résurgence et à prendre des mesures de protection individuelle, comme la vaccination, alors que les occasions de se rassembler seront plus nombreuses pendant la saison estivale.

Par ailleurs, le Dr Njoo a confirmé que Santé Canada analyse actuellement une demande de Moderna pour administrer le vaccin contre la COVID-19 aux enfants de moins de cinq ans. Une réponse devrait venir dans les prochaines semaines.

Les États-Unis ont autorisé vendredi les vaccins de Pfizer et de Moderna chez les tout-petits dès l’âge de six mois.

168 cas de variole simienne

Sur le plan de la variole simienne, le Canada compte en date du 17 juin 168 cas, dont la grande majorité sont au Québec avec 141 infections rapportées. L’Ontario suit avec 21 cas; viennent ensuite l’Alberta et la Colombie-Britannique, avec respectivement quatre et deux cas, ont indiqué les deux médecins en chef.

« Les autorités locales de santé publique nous disent que le taux de croissance semble être en voie de ralentir, mais nous devons surveiller la situation dans les prochaines semaines. »— Une citation de  Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada

Tous les cas dont des renseignements ont été fournis à l’Agence de la santé publique du Canada sont des hommes âgés de 20 à 69 ans, et plusieurs se rapportent à des contacts sexuels avec d’autres hommes.

Néanmoins, toute personne, quels que soient son orientation sexuelle et son sexe, peut être infectée par le virus ou le propager, ont rappelé les autorités fédérales.

Theresa Tam à Ottawa.

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La tenue de nombreux événements et festivals, notamment en lien avec le mois des Fiertés, sera une occasion de sensibiliser la population à la maladie pour briser la chaîne de propagation.

Nous examinons toutes les façons dont on peut freiner la transmission. L’une des choses importantes que l’on fait, c’est d’augmenter la sensibilisation tant dans les communautés touchées que parmi les travailleurs de la santé, a affirmé la Dre Tam.

Les messages pour éviter la stigmatisation d’une communauté seront également importants, a-t-elle précisé.

La transmission peut survenir lors de contacts étroits avec une personne atteinte ou avec des objets personnels qu’elle a utilisés comme de la literie.

Montréal, épicentre de l’épidémie

Au Québec, la santé publique a élargi cette semaine la vaccination aux hommes qui comptent avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Elle était auparavant réservée aux personnes ayant eu des contacts avec des personnes infectées par le virus.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, a mentionné mardi que la métropole québécoise était l’épicentre de la variole simienne en Amérique, alors qu’elle comptait 126 cas.

L’Organisation mondiale de la santé doit convoquer la semaine prochaine un comité d’urgence d’experts pour déterminer si cette épidémie croissante doit être considérée comme une urgence sanitaire mondiale.

Avec Radio-Canada par La Presse canadienne

Canada: La santé publique du Québec n’exclut pas un resserrement des mesures sanitaires

mars 31, 2022

Le Dr Luc Boileau s’attend à ce que le mois d’avril soit «difficile» sur le front de la COVID-19 au Québec. (Archives) Photo: Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau, n’exclut pas un resserrement des mesures sanitaires pour faire face à la sixième vague de COVID-19.

Toutes les options sont sur la table [mais] ce n’est pas celle que nous privilégions actuellement , a déclaré le Dr Boileau jeudi matin en entrevue à l’émission Première Heure.

Le médecin a laissé entendre qu’au lieu de recommander un resserrement des règles sanitaires, la santé publique pourrait d’abord conseiller au gouvernement Legault de retarder le retrait de l’obligation du port du masque dans les lieux publics, prévu à la mi-avril.

Geste barrière important

Nous allons faire nos recommandations au gouvernement la semaine prochaine pour vérifier si nous souhaitons ou encourageons le maintien de cette activité-là, de ce geste-là, qui est un geste barrière important. Il n’est pas le seul qui peut être pris, a-t-il précisé.

Québec prévoit de mettre fin à l’obligation de porter un masque dans les lieux publics à la mi-avril. (Archives) Photo: Getty Images/Istockphoto/Skodonnel

Luc Boileau a indiqué que la stratégie des autorités sanitaires allait dépendre de la capacité de la population à modifier ses habitudes pour tenir compte de la grande contagiosité du sous-variant BA.2.

« On va passer au travers de cette vague si les gens respectent ce principe de ne pas contaminer les autres et de ne pas chercher à se contaminer soi-même lorsqu’on est à risque. »— Une citation de  Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique du Québec

Le numéro un de la santé publique a rapporté que le nombre de nouveaux patients hospitalisés pour soigner la COVID-19 avait pratiquement doublé au Québec par rapport à la semaine dernière.

Limiter les contacts

Il a rappelé que les personnes infectées demeurent contagieuses durant 10 jours, d’où l’importance d’éviter les grands rassemblements après la fin de la période d’isolation obligatoire de 5 jours.

Le sous-variant BA.2 est désormais dominant au Québec. Photo : Istock

Restons encourageants pour l’instant. Si on est capable d’assister à ce changement de comportements et d’attitudes dans cette vague-ci, ça va aider tout le monde, a mentionné le médecin.

Pour prévenir une nouvelle fragilisation du système de santé, le Dr Boileau a également insisté sur l’importance de réduire au minimum le nombre de professionnels de soins infectés par la COVID-19.

Celui-ci aurait déjà pratiquement atteint le niveau maximum observé durant la cinquième vague.

Dubé exclut un resserrement

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a mentionné qu’il s’attendait à ce que le relâchement des mesures sanitaires ait un impact sur le nombre d’infections et d’hospitalisations liées à la COVID-19. Malgré l’apparition de la sixième vague, il a indiqué que son gouvernement n’avait pas l’intention de modifier sa stratégie.

Oui, on est préoccupé, mais en même temps, c’était prévu, puis je demande aux gens de continuer à se protéger. Mais il n’y a aucune raison, pour le moment, de changer la stratégie qu’on a parce que les gens doivent apprendre à vivre avec le virus et continuer à se protéger, a déclaré le ministre lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

« Je pense qu’il n’y a personne qui veut revenir à des mesures sanitaires. Je pense qu’on s’entend tous là-dessus. »— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé

Christian Dubé exclut pour l’instant tout resserrement des mesures sanitaires au Québec. Photo : Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Christian Dubé a expliqué que l’augmentation des cas de COVID-19 était davantage observée dans les régions qui ont été les moins frappées par le variant Omicron. C’est le cas, notamment, de l’Abitibi, de la Côte-Nord et de la zone allant de la région de Québec jusqu’à la Gaspésie.

Protection immunitaire

Puisque la région de Montréal, où réside environ la moitié de la population québécoise, est relativement épargnée, l’impact sur les hospitalisations et la capacité du système de santé à maintenir la prestation de services risque d’être moins important que lors de la vague précédente, selon le ministre.

On a eu une protection immunitaire de la population énorme avec Omicron, et on le voit en ce moment, ce n’est pas à Montréal que ça frappe, ça frappe dans des régions qui n’ont pas été touchées. Et dans ces régions-là, bien, il y a moins de gens, a fait remarquer M. Dubé.

À l’instar du Dr Luc Boileau, il a insisté sur l’importance de continuer à se protéger et de faire particulièrement attention aux personnes plus vulnérables, notamment celles vivant dans les résidences privées pour aînés.

Radio-Canada par Louis Gagné avec la collaboration d’Alexandre Duval et de Martin Boucher

Canada: La santé publique de Montréal était opposée au couvre-feu de Québec

janvier 21, 2022

La directrice de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, s’était opposée, en coulisses, à l’imposition du couvre-feu, mais son avis n’a pas été suivi. Radio-Canada a obtenu les recommandations qu’elle avait fait parvenir à la direction nationale de la santé publique du Québec, au sujet de cette mesure controversée.La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

Dans le cadre des discussions sur le couvre-feu en décembre dernier, la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) avait émis l’avis suivant :

Malgré l’opposition de la santé publique de la métropole, le couvre-feu a tout de même été décrété dans la hâte, la veille du jour de l’An, le 30 décembre et a duré deux semaines, jusqu’au 17 janvier. Il était interdit de sortir entre 22 h et 5 h sous peine de recevoir une amende de 1000 à 6000 $.

Des craintes pour les plus vulnérables

Selon la directrice de la santé publique de Montréal, des décisions alternatives au couvre-feu auraient pu avoir plus d’efficacité à contrôler la transmission» et un potentiel moindre à engendrer des impacts collatéraux affectant disproportionnellement les populations les plus vulnérables».

La DRSP précise que ces recommandations s’appuyaient sur la situation et la réalité dans la région de Montréal, où nous considérions que les impacts collatéraux d’une telle mesure étaient considérables auprès des populations vulnérables de la métropole». On peut penser aux itinérants.

Les directions régionales de santé publique participent régulièrement à une table de discussion avec la direction nationale, au cours desquelles des avis divergents peuvent s’exprimer, mais au final, c’est le national qui tranche.

Lors de la discussion sur le couvre-feu, au moins une autre direction régionale s’est déclarée en faveur de la mesure.

La santé publique du Québec avait-elle obtenu un avis éthique?

Dans sa recommandation, Dre Mylène Drouin ajoutait que si le recours à l’imposition d’un couvre-feu provincial devait être envisagé, elle préconisait que le Comité d’éthique en santé publique ou tout autre service éthique indépendant soit mandaté pour fournir un avis».

Au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas été possible de savoir si la santé publique nationale avait obtenu un tel avis.

Dans les dernières heures, le ministère de la Santé a rendu publics plusieurs avis signés par le Dr Horacio Arruda avant sa démission. Celui du 29 décembre concernant le couvre-feu n’est justifié par aucune considération, contrairement aux autres avis.

Un couvre-feu impopulaire et unique au pays

Le gouvernement Legault a annoncé le 13 janvier qu’il levait le couvre-feu. Le jour même, un sondage commandé par L’Actualité rapportait qu’une majorité de Québécois désapprouvait cette mesure et que le Coalition avenir Québec (CAQ) était en baisse dans les intentions de vote.

Le premier ministre a assuré avoir pris cette décision le 12 janvier, avant de connaître les résultats de ce sondage.

Le Québec est la seule province à avoir imposé le couvre-feu durant la pandémie, mais le gouvernement n’a jamais mené d’étude approfondie sur les répercussions de cette mesure.

Le ministère de la Santé avait cité des études menées en Ontario, en France et en Jordanie pour justifier la pertinence du couvre-feu, mais la méthodologie de ces études a été critiquée.

Selon plusieurs sources impliquées dans les discussions qui ont précédé l’imposition du couvre-feu, la mesure n’était pas considérée comme efficace en tant que telle, mais plutôt comme un message à envoyer à la population pour qu’elle prenne au sérieux la situation sanitaire.

Dans un document juridique signé par le conseiller médical stratégique adjoint à la Direction générale de santé publique du Québec, Éric Litvak, en février 2021, on peut lire que si toutes les mesures en vigueur avaient été respectées à la lettre, le couvre-feu aurait eu une valeur ajoutée limitée».

Pas la première divergence de Mylène Drouin

La directrice régionale de la santé publique, qui n‘a pas fermé la porte à l’idée d’être candidate au poste de directrice nationale, n’en est pas à sa première opposition aux décisions de Québec.

Début janvier, la DRSP avait mis sur pause une directive émise pour les services de garde qui mettait fin au complet à l’isolement des enfants en cas de symptômes. Québec avait fini par reculer.

D’autres divergences étaient survenues, comme celles concernant l’isolement rétroactif des voyageurs au début de la première vague ou encore la critique du fait que les décisions aient été prises depuis Québec, au printemps 2020, alors que la crise était dans la région métropolitaine.

Avec Radio-Canada par  Thomas Gerbet 

Canada-Québec: La contribution santé mal accueillie par des experts en santé publique

janvier 12, 2022
Des ambulanciers transportent un homme en civière.

Le premier ministre Legault justifie son intention d’imposer une « contribution santé » aux personnes non vaccinées en soulignant qu’elles ne représentent que 10 % de la population, mais 50 % des personnes hospitalisées aux soins intensifs. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

De nombreux experts en santé publique rejettent catégoriquement l’idée d’imposer une contribution santé aux personnes non vaccinées, comme le préconise le premier ministre du Québec, François Legault. Cette approche n’est tout simplement pas ancrée dans les principes et les valeurs reconnus en matière de santé publique, disent-ils.

Je pense qu’il faut éviter d’ouvrir cette boîte de Pandore, de taxer des comportements à risque, a notamment commenté Roxane Borgès Da Silva, professeure au Département de gestion, d’évaluation et de politique de santé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Sinon, ça ouvre la porte à taxer par exemple des personnes qui ne font pas d’activités physiques – puisqu’on sait que c’est mauvais pour la santé – ou taxer des personnes qui mangent trop de « junk food », a-t-elle fait valoir en entrevue à 24/60.

Elle rappelle en outre que les personnes non vaccinées ne sont pas toutes des antivaccins. La littérature scientifique, dit-elle, montre qu’une certaine proportion d’entre elles sont plutôt des personnes défavorisées et moins scolarisées.

« Est-ce qu’on veut vraiment une plus grande précarité financière auprès de ces personnes? Et on sait que la précarité financière va amener toutes sortes de comportements, de l’anxiété, de l’angoisse, détresse, violence des femmes, etc. »— Une citation de  Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique

Si c’est appliqué comme taxe avec un montant, ça va être extrêmement inéquitable, parce que le fardeau pour certaines personnes ne sera presque rien, tandis que pour d’autres, ce serait extrêmement élevé, souligne également sa collègue Vardit Ravitsky, professeure de bioéthique à la même École de santé publique.

Le Dr Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, croit aussi que cette approche est viciée à la base, puisqu’elle contrevient à la Charte d’Ottawa, qui consigne les consensus scientifiques permettant de promouvoir la santé.

Pour y parvenir efficacement, y stipule-t-on, il convient d’augmenter le pouvoir d’agir des citoyens et des communautés, d’avoir des environnements et des politiques publiques favorables à la santé et d’avoir un système de santé orienté vers la promotion et la prévention, a-t-il détaillé en entrevue à Tout un matin.

En agissant comme entend le faire Québec envers les non-vaccinés, se demande-t-il, est-ce qu’on augmente leur pouvoir d’agir, leur pouvoir de décision, leur entendement de ce qui devrait être fait pour améliorer leur santé, leur bien-être? Je pense qu’on est à tout à fait à l’envers de ça. […] On induit par ça beaucoup d’inégalités sociales de santé, qui vont être augmentées.

« C’est une mesure qui va à l’encontre des valeurs de santé publique : des valeurs de bienveillance et de non-malfaisance, des valeurs aussi de solidarité, de cohésion sociale, qui nous permettent d’augmenter notre santé globale. On ne tient pas compte de ça, je pense, quand on lance cette idée. »— Une citation de  Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine

La plupart des personnes qui sont non vaccinées, poursuit le Dr Bonnier-Viger ont choisi de le faire en raison de certaines peurs [et de] certaines expériences vécues dans le passé avec système de santé, surtout pour certaines populations récemment arrivées et certaines populations autochtones.

Si on veut vraiment être capables de les amener à se faire vacciner, c’est beaucoup plus en s’adressant aux motivations profondes qui les empêchent d’être vaccinés que d’essayer de les contraindre, croit le directeur régional de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

D’autant plus qu’en imposant une somme quelconque, c’est clair qu’on ne pénalise que ceux qui n’ont pas les moyens de les payer vraiment, pour qui ça a un sens. Parce que ceux qui ont beaucoup d’argent, ça ne les dérange pas, dit-il, faisant écho à Mmes Borgès Da Silva et Ravitsky.

Élargir le recours au passeport vaccinal

Pour les deux professeures de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Québec fera plus de progrès en augmentant le nombre de commerces qui devraient exiger le passeport vaccinal.

Je pense que restreindre les libertés individuelles, restreindre la liberté d’accès aux commerces, [cela] va avoir un effet beaucoup plus direct, estime Roxane Borgès Da Silva, qui dit voir dans cette approche une forme de vaccination obligatoire déguisée.

« C’est ce qu’il faut vraiment encourager et pousser jusqu’au bout, comme a commencé à faire le gouvernement avec la SAQ et la SQDC. D’ailleurs on a vu que ça a eu un effet sur de nombreuses personnes, qui sont allées chercher leur première dose suite à ces mesures-là. »— Une citation de  Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique

Ce qui est bien aujourd’hui, c’est augmenter la pression à travers l’application élargie du passeport vaccinal, croit aussi sa collègue Vardit Ravitsky. On l’exige déjà pour quelques services non essentiels, mais on peut aller jusqu’au bout, et exiger la preuve de vaccination pour avoir accès à tous les services et tous les commerces, tout ce qui n’est pas […] ou épicerie ou pharmacie.

« On a des alternatives qui répondent mieux aux principes éthiques. Il faut les choisir, les favoriser, avant […] d’ouvrir une boîte de Pandore. »— Une citation de  Vardit Ravitsky, professeure à l’École de santé publique

En entrevue à 24/60 lui aussi, l’immunologiste André Veillette a émis une opinion discordante, en disant être en faveur de toute mesure permettant d’accroître la couverture vaccinale de la population, pour autant qu’elle soit légale, éthique et efficace.

Il y a possiblement des gens chez qui ça pourrait marcher, des gens qui seraient capables de payer cette taxe, et possiblement que la mesure pourrait fonctionner chez ces gens, a avancé celui qui est également chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal.

Mais si on veut vraiment vacciner le plus de monde possible, si on veut vraiment contrôler la pandémie – et je le sais que je vais recevoir des tweets de menace ce soir – c’est de rendre la vaccination obligatoire, a-t-il ajouté un peu plus tard, en précisant ne pas croire que Québec en arrivera là.

Avec Radio-Canada

Canada-Écoles et garderies : la santé publique du Québec change d’approche

janvier 12, 2022
Un élève portant un masque se retourne vers un autre élève dans une salle de classe.

Avec le variant Omicron, la présence d’un seul cas dans une classe ou un groupe suffisait à entraîner l’isolement de tous ses membres. Photo: AFP/Getty Images/Martin Bureau

La santé publique ne veut plus fermer les classes et les groupes de garderies après la découverte d’un cas et l’isolement est réduit à 5 jours en garderie, a appris Radio-Canada.

Le document de la recommandation pour les moins de 12 ans, daté du 10 janvier, obtenu par Radio-Canada, précise en effet qu’un enfant symptomatique, considéré positif, ou un enfant asymptomatique en contact avec un cas à domicile devra s’isoler 5 jours et subir un autotest au jour 5 pour pouvoir revenir.

L’enfant de moins de 12 ans ne devra plus avoir de fièvre depuis 24 heures et il faudra avoir constaté une baisse des symptômes. Et si le résultat de l’autotest se révèle positif, l’isolement devra être prolongé de 5 jours supplémentaires.

Terminée donc la période d’isolement de 10 jours dans les CPE et autres services de garde. Quant à l’obligation d’un résultat d’autotest négatif pour revenir en classe, c’est une nouveauté à l’école.

Ces conditions sont valables quel que soit le statut vaccinal de l’enfant, précise la recommandation de la santé publique du Québec.

Le port du masque n’est pas requis à la garderie ni à la maternelle. En revanche, l’élève du primaire de retour de sa période d’isolement devra porter le masque en continu durant 5 jours et se distancer autant que possible.

Pour le personnel symptomatique ou en contact avec un cas à domicile, l’isolement de 5 jours s’applique, avec deux exceptions :

  • pas d’autotest négatif requis après 5 jours;
  • les adultes non vaccinés devront s’isoler 10 jours.

Rappelons que la santé publique considère une personne avec des symptômes de la COVID-19 comme positive, même si elle n’a pas de résultat de test pouvant le confirmer.

Possible de revenir plus tôt avec deux tests négatifs

La recommandation de la santé publique précise que selon la disponibilité des tests, deux autotests négatifs à 24-36 heures d’intervalle pourraient mettre fin à la période d’isolement.

Les cas contacts, à domicile seulement

La santé publique n’imposera pas d’isolement aux élèves et personnel scolaire pour des cas contacts survenus dans un groupe ou au travail. Seuls les cas contacts au domicile ou avec un partenaire sexuel entraîneront une période d’isolement de 5 jours.

Les enfants de moins de 12 ans devront obtenir un résultat d’autotest négatif, mais pas les adultes.

Comme pour les symptomatiques, considérés positifs, le personnel et les élèves du primaire devront garder le masque pour 5 jours et se distancer des autres, mais pas les enfants de garderies.

Le personnel non vacciné pourra s’isoler 5 jours s’il est cas contact à domicile ou avec partenaire sexuel.

Prenons l’exemple fictif de Julie, 9 ans, à l’école primaire :

Si elle est en contact avec un cas positif à la maison, elle doit d’isoler 5 jours et obtenir un résultat d’autotest négatif au jour 5.

En revanche, si Julie a été en contact avec un autre élève de sa classe déclaré positif, elle peut rester à l’école.

La santé publique justifie ses nouvelles recommandations

Pour justifier ces nouvelles recommandations, la santé publique explique notamment avoir discuté avec des experts médicaux et avoir mené une revue des écrits scientifiques récents sur le variant Omicron.

Il est précisé dans le document qu’ont été prises en compte la faible probabilité des complications chez les enfants infectésla couverture vaccinale en augmentation chez les enfants du primaire, de même que les impacts négatifs cumulés des isolements des enfants sur leur apprentissage, leur développement et leur sécurité personnelle.

Le ministère de l’Éducation a par ailleurs annoncé qu’il distribuera des tests rapides dans les prochains jours dans les écoles primaires et les garderies.

Ouverture des écoles lundi?

Le document ne fait pas mention de la date de retour à l’école. Le nouveau directeur national de santé publique, Luc Boileau, doit faire sa recommandation à ce sujet sous peu. Le premier ministre François Legault a bien fait savoir, en sa présence, mardi, que sa priorité est une réouverture des écoles, comme prévu, le 17 janvier. Une annonce devrait être faite jeudi.

Des médecins et des pédiatres ont déjà réclamé que le retour en classe se fasse dès le 17 janvier, car ils sont inquiets des impacts de la fermeture à répétition des écoles et de l’enseignement à distance sur le bien-être des enfants. Ils demandaient aussi qu’on cesse de fermer les écoles pour tenter de contenir la pandémie.

Les garderies, elles, sont déjà ouvertes. La nouvelle directive doit être envoyée au réseau ce mercredi. Sur les 95 nouvelles éclosions déclarées cette semaine au Québec, 25 sont survenues en milieu de garde.

Avec Radio-Canada par

Thomas Gerbet

Thomas Gerbet

Canada-Québec/Transmission de la COVID-19 dans les épiceries : la santé publique se fait rassurante

avril 19, 2020

 

L'épicerie IGA à Paspébiac
© Bruno Lelièvre/Radio-Canada L’épicerie IGA à Paspébiac
La présence de quatre employés infectés à la COVID-19 dans les épiceries IGA de Paspébiac et de New Richmond a ramené sur la table la question des risques de transmission communautaire dans les endroits publics.

L’épicerie de Paspébiac a pu rouvrir ses portes samedi matin, après une désinfection complète. Le supermarché avait été évacué vers 14 h vendredi après-midi lors de la découverte de ces quatre cas.

«Je ne vous cacherai pas qu’il y a beaucoup d’employés qui rentrent travailler avec la peur au ventre», raconte une employée du IGA de Paspébiac assignée à la sanitarisation, à l’entrée de l’épicerie.

Le directeur régional de santé publique pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier-Viger, se fait toutefois rassurant : les risques de contracter la maladie après être allé faire son épicerie dans un des deux marchés IGA sont faibles.

Le Dr Bonnier-Viger rappelle que les risques de transmission plus élevés surviennent lorsqu’une personne atteinte de la COVID-19 se tient à moins de deux mètres d’autres personnes pendant plus de quinze minutes.

Le Dr Bonnier-Viger recommande tout de même aux personnes qui ont visité les marchés IGA de Paspébiac et New Richmond de surveiller l’apparition de symptômes apparentés à la COVID-19 dans les prochains jours.

«Ce n’est pas n’importe quel symptôme qu’il faut surveiller : de la toux, de la fièvre, de la difficulté à respirer et une perte de l’odorat», souligne-t-il.

Le risque des surfaces humides

Le Dr Bonnier-Viger convient qu’il existe aussi un risque de transmission de la COVID-19 par le contact avec des objets touchés par des personnes infectées.

Plusieurs études observent en effet que le virus peut demeurer infectieux après avoir passé plusieurs jours sur une surface, notamment les surfaces humides, a rappelé cette semaine le Scientifique en chef du Québec.

Le Dr Bonnier-Viger réitère d’ailleurs l’importance de laver ses fruits et légumes à l’eau pendant 30 secondes et de se laver les mains régulièrement.

Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de la Santé publique, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

© /Radio-Canada Yv Bonnier-Viger, médecin et directeur de la Santé publique, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
«Si les gens ont suivi ces consignes-là aussi, il ne devrait pas y avoir de problème», affirme-t-il.

La transmission par les surfaces humides reste toutefois faible, rappelle le directeur régional de santé publique.

Le Dr Bonnier-Viger ajoute que les épiceries, comme tous les commerces jugés essentiels, doivent nettoyer régulièrement leurs surfaces et qu’il croit que les marchés IGA de Paspébiac et New Richmond ont respecté ces mesures.

CBC/Radio-Canada avec les informations de Bruno Lelièvre et d’Alexandre Courtemanche

Bulgarie : les députés et les ministres offrent leur salaire à la santé publique

avril 7, 2020

Le don des députés s’élèvera à 1,44 million de leva, soit environ 740.000 euros, pour la période de confinement.

Le Parlement bulgare, le 30 mars.
Le Parlement bulgare, le 30 mars. Reuters

Les députés et les ministres bulgares feront don de leur salaire au système de santé publique tant que les mesures de confinement en raison de l’épidémie de Covid-19 restent en vigueur, a décidé le Parlement lundi soir.

Décidant de prolonger jusqu’au 13 mai l’état d’urgence qui permet au gouvernement d’imposer des mesures de confinement, les députés ont fait preuve d’une rare unanimité en soutenant une proposition du parti conservateur au pouvoir, Gerb, de renoncer à leur salaire à partir du 1er avril.

740.000 euros de dons

Cette mesure comptera aussi pour les membres du gouvernement et leurs cabinets politiques, ainsi que pour les chefs d’agences gouvernementales. Le don des députés s’élèvera à environ 1,44 million de leva (740.000 EUR) pour la période de confinement.

Le parlement a voté lundi une actualisation du budget 2020, adoptant un déficit de 3%, alors qu’un budget équilibré avait été voté auparavant. Par ailleurs une hausse importante du chômage, jusqu’à 6,2% est désormais prévue, 42.000 nouveaux chômeurs s’étant enregistrés depuis le début de la crise du nouveau coronavirus.

Avec 549 cas confirmés et 22 morts du coronavirus, la Bulgarie reste relativement peu touchée par l’épidémie. Pays le plus pauvre de l’Union européenne, elle avait pris dès le 13 mars des mesures de confinement sévères afin de permettre à son système de santé de faire face à l’épidémie.

Par Le Figaro avec AFP

L’OMS décrète une « urgence de santé publique de portée mondiale »

août 8, 2014

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi qu’il fallait considérer l’épidémie de fièvre hémorragique Ébola comme « une urgence de santé publique de portée mondiale ». « Une réponse internationale coordonnée est essentielle pour arrêter et faire reculer la propagation internationale » du virus, estime son comité d’urgence.

Les conséquences possibles d’une poursuite de l’épidémie, qui a fait près de 1000 morts dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest, sont « particulièrement graves » compte tenu de la virulence d’Ébola, a précisé l’OMS à l’issue d’une réunion de deux jours de son comité d’urgence.

L’épidémie actuelle est « la plus importante et la plus sévère » en quatre décennies, a souligné dans une conférence de presse la directrice générale de l’OMS Maragaret Chang.

Elle a estimé que les pays d’Afrique de l’Ouest touchés par l’épidémie: Liberia, Sierra Leone, Guinée et Nigeria, « ne peuvent y faire face par eux-mêmes » et a appelé « la communauté internationale à leur fournir le soutien nécessaire ».

Restrictions sur les voyages exclues

Mme Chang a ajouté qu’elle avait accepté les conclusions du comité et décrété cette « urgence de santé publique de portée mondiale », l’OMS coordonnant au quotidien la mobilisation internationale face à Ébola.

Le comité a exclu des restrictions sur les voyages internationaux ou sur le commerce international. Mais, a-t-il dit, « les États doivent se préparer à détecter et traiter des cas de malades Ébola » et « à faciliter l’évacuation de leurs ressortissants, en particulier les personnels médicaux, qui ont été exposés à Ébola ».

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