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À Sarcelles, le père de l’ex-maîtresse de DSK parle

septembre 1, 2011

André M’Bissa, le père de Marie-Victorine, a été contacté par l’avocat de Nafissatou Diallo, Kenneth Thompson.

Quand il évoque Dominique Strauss-Kahn, qu’il a connu lors de ses années de militantisme à la mairie de Sarcelles, André M’Bissa, père de Marie-Victorine, la jeune femme qui a publiquement expliqué cet été avoir eu une «liaison» avec l’homme politique, prononce du bout des lèvres: «ce monsieur».

L’homme, âgé de près de 65 ans, qui vient de porter plainte pour «subornation de témoin», visant un adjoint du maire de Sarcelles, jette un regard amer sur l’ensemble des années écoulées depuis ce 10 février 1998, le jour où sa fille aînée a effectué une tentative de suicide. André M’Bissa est alors veuf, depuis près de deux ans. En rentrant chez lui un peu avant 13 heures, il trouve sur la table une lettre de sa fille, l’aînée de ses trois enfants. «Cher Papa, écrit alors Marie-Victorine, quand tu liras cette lettre je serai partie. Je vais connaître enfin la paix de l’esprit. Je tiens à te dire que tu n’es pas responsable de mon départ. En tant que père, je crois que tu as fait ce que tu as pu pour me protéger, alors ne te reproche rien.» De son écriture régulière et soignée, la jeune fille âgée de près de 22 ans tente d’expliquer à son père son choix, «celui de cesser de vivre et je te demande de le respecter et d’essayer de le comprendre (…) Je suis épuisée de faire semblant d’être heureuse alors qu’à l’intérieur de moi, je me sens comme un oiseau mort.» Marie-Victorine raconte à son père sa rencontre avec DSK lors d’une cérémonie de vœux un an auparavant, puis sa souffrance depuis «le silence» entre eux. «Je crois qu’il me déteste», confie-t-elle, expliquant ne pas en comprendre la raison. «J’aurais tout accepté de cet homme, le silence, la clandestinité, tout. Oui, je l’ai accepté, et si c’était à refaire, je recommencerai.» «Je souhaite que tu me rendes un dernier service, demande la jeune fille à son père: je veux que tu dises à Dominique qu’il m’a rendue très heureuse et que je lui souhaite d’être heureux, que la vie soit généreuse avec lui.»

À la fin de cette missive figurait un numéro de téléphone, raconte le père. André M’Bissa raconte qu’après avoir alerté les secours il a composé le numéro… et serait tombé sur DSK. «Il m’a écouté quelques instants, puis m’a raccroché au nez», détaille André M’Bissa. «Quand je suis arrivé à l’hôpital, tout le gratin de la mairie était là, le premier adjoint du maire, son chef de cabinet… mais pas lui. » «Plus tard, quand elle est sortie de l’hôpital, j’ai tenté de lui demander: pourquoi? Elle m’a seulement répondu: “Il m’a menti.” «À l’époque, poursuit André M’Bissa, j’ai fait exactement comme la mère de Tristane Banon, j’étais militant socialiste de longue date, ma fille suivait de bonnes études, je ne voulais pas de scandale. Sans l’épisode américain, tout cela serait encore derrière moi. L’histoire était finie pour moi.»

5 millions d’euros

Mais depuis, le retraité a été contacté par les équipes de Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo, qui étaient à la recherche de Marie-Victorine, partie vivre près de deux ans après ce drame aux États-Unis. Puis, affirme André M’Bissa, qui est passé depuis du PS à l’UMP, est apparu à son tour, courant août, l’un des adjoints du maire de Sarcelles. «Tonton, ta fille parle trop, m’a-t-il expliqué. Il voulait ses coordonnées pour ses chefs.» Lors d’un second rendez-vous, le 11 août, selon la déposition d’André M’Bissa, Youri Mazou-Sacko lui aurait proposé une monnaie d’échange. André M’Bissa avance un chiffre: 5 millions d’euros. Selon lui, l’homme écrit le chiffre sur un papier, puis s’en va. Il ne donnera plus de nouvelles.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Pontoise pour subornation de témoin et Mazou-Sacko devait être entendu dans la semaine. François Pupponi, le maire de Sarcelles a démenti ces accusations. Mais André M’Bissa est allé plus loin : aux enquêteurs de la police judiciaire, il a raconté ses déboires des dix dernières années : la vente, qu’il estime irrégulière, de son pavillon (il a déposé une autre plainte), les refus de la mairie de lui attribuer un logement social. «Depuis l’histoire de ma fille, j’étais devenu indésirable à Sarcelles.»

Lefigaro.fr par Laurence De Charette

Nafissatou Diallo va porter plainte en France

août 23, 2011

Cette plainte pour subornation de témoin vise un adjoint au maire de Sarcelles. Selon les avocats de la femme de chambre, il aurait dissuadé une ancienne maîtresse de DSK de témoigner dans le dossier DSK.

L’affaire Nafissatou Diallo contre DSK rebondit en France de façon inattendue. L’avocat Thibault de Montbrial, relais dans l’hexagone des avocats de la femme de chambre new-yorkaise, déposera mardi une plainte au tribunal de Pontoise pour tentative de subornation de témoin contre un adjoint au maire de Sarcelles, a-t-il annoncé lundi.

La défense de Nafissatou Diallo accuse cet adjoint au maire, dont le nom n’a pas été cité, d’avoir fait pression sur une femme qui affirme avoir eu une liaison avec Dominique Strauss-Kahn, pour la dissuader de témoigner. Le maire de Sarcelles, François Pupponi, est un proche de DSK.

En juillet Kenneth Thompson, l’un des avocats de Nafissatou Diallo à New York, «s’est entretenu avec des témoins potentiels de l’affaire DSK» notamment «avec une femme originaire de Sarcelles» présente aux États-Unis, a dit Thibault de Montbrial. «Elle a apporté des précisions qui allaient dans le sens et l’intérêt de Nafissatou Diallo et du parquet», a-t-il ajouté en précisant que Kenneth Thompson «a donné le nom de ce témoin au procureur» de New York, Cyrus Vance, pour qu’il soit entendu. Mais début août «un des adjoints au maire de Sarcelles, précisant qu’il avait été  »envoyé par ses chefs », a sollicité de façon pressante un des proches» de cette femme et a demandé «ce que ça coûterait pour qu’elle se taise», a raconté l’avocat français.

Une prétendue maîtresse de DSK s’était exprimé dans la presse
Selon Thibault de Montbrial, cette «tentative de subornation de témoin» vise à bloquer les deux procédures, l’une pénale, et l’autre civile, en cours à New York. La procédure pénale devrait d’ailleurs s’éteindre après que le procureur a demandé l’abandon des charges à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn.

L’avocat de Nafissatou Diallo ne précise pas le nom du témoin, mais il pourrait s’agir de Marie-Victorine M. Celle-ci disait avoir entretenu une liaison avec Dominique Strauss-Kahn, lui-même ancien maire de Sarcelles. Fin juillet, elle avait affirmé dans Le Journal du Dimanche avoir été contactée par Kenneth Thompson, avec lequel elle aurait une conversation de 45 minutes. Installée aux États-Unis mais réfugiée en Suisse pour échapper à la pression médiatique, cette femme avait précisé que son «avocate à Los Angeles avait été contactée par le bureau du procureur Vance à New York».

Dans une interview à un journal suisse, elle avait auparavant prévenu que son témoignage «servirait sans doute plus la défense que l’accusation». Elle y racontait avoir eu une relation passionnée 14 ans plus tôt avec le maire de Sarcelles de l’époque, Dominique Strauss-Kahn.

Lefigaro.fr avec AFP

Sarcelles: une ado portée disparue

juillet 4, 2011

Les policiers de Sarcelles, dans le Val-d’Oise, ont lancé ce dimanche un appel à témoins après la disparition d’une adolescente de 13 ans, qui n’a plus donné de nouvelles depuis jeudi soir.

La collégienne prénommée Sajou et originaire d’Afrique subsaharienne, a quitté l’une de ses amies, la dernière à l’avoir vue, jeudi soir à Sarcelles. Elle aurait passé un dernier coup de téléphone vers 22h30, affirmant qu’elle se trouvait à la gare de Garges-Sarcelles (RER D) avant que la communication ne soit coupée.

« Pour l’heure, les éléments recueillis ne nous permettent pas de dire s’il s’agit d’une affaire crapuleuse ou d’une fugue », a expliqué une source policière. Jeudi soir, Sajou était vêtue d’une tunique noir et blanc, d’un legging noir et de baskets aux couleurs d’un pays africain. Toute personne l’ayant aperçue peut contacter le commissariat de Sarcelles au 01.34.38.37.37.

Le Figaro avec AFP