Posts Tagged ‘Sassou Nguesso’

Congo/Vivien Romain Manangou : « Le chef de l’Etat devrait affecter des ministères clés aux technocrates »

mai 5, 2021

Enseignant chercheur à la faculté de droits de l’Université Marien-Ngouabi, Vivien Romain Manangou a fait l’évaluation du programme de société du président de la République: « Ensemble, poursuivons la marche », lors d’un échange avec la presse.

Selon Vivien Romain Manangou, Denis Sassou N’Guesso devrait tenir compte des critères de moralité et de compétence dans la formation de la nouvelle équipe gouvernementale. Pour lui, le programme de société sur la base duquel le chef de l’Etat a été réélu est ambitieux. « Lorsque que vous lisez son programme, le président de la République commence par expliquer pourquoi il n’a pas pu réaliser la ‘’Marche vers le développement’’ dans un premier temps, et pour quelle raison il propose aux Congolais de la poursuivre », a-t-il commenté, estimant que deux sortes de problèmes ont empêché sa mise en œuvre effective.  

Il s’agit, selon lui, des problèmes d’ordre exogène et endogène. « Le chef de l’Etat, en tant que décideur, a le pouvoir de régler les problèmes endogènes du Congo. Cela passera sans doute par une nouvelle forme de gouvernance. Il faudrait, peut-être, revoir le personnel politique, en liant l’expérience à la nouveauté. Je crois que sur ce plan, le président dispose d’instruments nécessaires pour  y faire face », a indiqué Vivien Romain Manangou.

Au plan exogène par contre, il pense que la solution ne viendrait pas du président de la République, d’autant plus que des questions comme celles du prix du baril du pétrole et de l’intransigeance du Fonds monétaire international (FMI) ne dépendent pas de lui. « Le président parle d’une gouvernance attractive, cela peut permettre aussi de faire fléchir le Fonds monétaire international (FMI), c’est-à-dire que l’élan réformateur de notre pays sur le plan endogène peut régler les problèmes sur le plan exogène », analyse-t-il.

Passer de l’économie pétrolière à une économie agricole

Dans son nouveau contrat social, le chef de l’Etat met un accent sur le développement de l’agriculture. L’enseignant chercheur estime que le développement agricole que prône le chef de l’Etat est un projet noble. Il devrait, a-t-il déclaré, structurer l’économie congolaise pour les années à venir. « L’agriculture pourra être ce qu’a été le pétrole dans les années passées, c’est-à-dire le principal levier des politiques économiques de l’Etat. Il faut expliquer aux Congolais que ce n’est pas demain que l’on va réduire la balance commerciale. Il y a tout un travail pédagogique et de recherche à faire. Il nous faut au moins une décennie d’investissements sérieux, de travail pédagogique pour pouvoir passer de l’économie pétrolière à une économie agricole », a-t-il poursuivi.

Vivien Romain Manangou a été directeur de campagne du défunt Guy Brice Parfait Kolélas à l’élection présidentielle de 2016. Il s’était séparé du président de l’Union des démocrates humanitaires (UDH-Yuki) pour des raisons de « convenance personnelle ».

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo: Le Président Denis Sassou face à la République et la presse

avril 18, 2021

Avec Bob Ebaka

Congo : Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour son 4ème mandat

avril 16, 2021

Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour son 4ème mandat à Brazzaville. Cérémonie en présence de nombreux chefs d’état dont certains admirent sa longévité ; 37 ans de pouvoir cumulés. Mais d’autres dénoncent une kleptocratie.

Avec France24

Congo-Politique nationale : Guy Romain Kinfoussia veut accompagner Denis Sassou N’Guesso

avril 10, 2021

Présentant, à l’occasion d’une conférence de presse le 10 avril à Brazzaville, le mode opératoire du dialogue de bonne intelligence, le président de l’Union pour la démocratie et la République (Udr-Mwinda), Guy Romain Kinfoussia, a relevé que son plaidoyer correspond aux propositions faites par le candidat Denis Sassou N’Guesso dans son projet de société intitulé : « Ensemble, poursuivons la marche ».

Guy Romain Kinfoussia délivrant son mot liminaire

Nous avons découvert avec satisfaction la primauté du vivre-ensemble dans le projet du président de la République, a-t-il déclaré dès l’entame de sa conférence de presse. Ce projet doté de neuf axes, a-t-il poursuivi, a comme clef de voûte le premier intitulé : « la consolidation des fondements du vivre-ensemble » qui conditionne la réussite des huit autres axes.

« C’est ici l’occasion de féliciter le président de la République pour sa nouvelle démarche qui remet le souverain primaire au cœur du développement de notre pays. Ce qui rejoint nos préoccupations contenues dans notre plaidoyer du dialogue de bonne intelligence. Nous voici donc au pied du mur pour bâtir le nouvel édifice congolais dont le socle reposera sur le vivre-ensemble en paix qui a comme instrument le dialogue de bonne intelligence », a noté Guy Romain Kinfoussia.

A la question de savoir si le dialogue de bonne intelligence qui promeut la démocratie participative va mettre fin à la démocratie représentative, Guy Romain Kinfoussia a indiqué que les deux modes de fonctionnement de l’Etat vont coexister. Selon lui, le peuple souverain est consulté pour des questions de santé, d’éducation, du sport, d’environnement, de culture, d’agriculture, de l’élevage, d’érection des passerelles et autres. L’Etat, quant à lui, garde son monopole dans les réalisations structurantes, c’est-à-dire les grands travaux.

Par ailleurs, le conférencier a évoqué la nécessité de former des délégués capables de mener des campagnes de sensibilisation au dialogue de bonne intelligence. A propos de la question sur la date exacte du début de ces consultations, Guy Romain Kinfoussia a indiqué qu’il ne formule que des propositions au chef de l’Etat, seul maître du calendrier national et unique personne habilitée par la Constitution à décider de l’organisation d’un tel dialogue.

En outre, il a rendu un hommage mérité au candidat à l’élection présidentielle des 17 et 21 mars, Guy Brice Parfait Kolelas, décédé au lendemain du scrutin. « Cet excellent virtuose de la politique pour qui j’avais une affection paternelle s’en est allé précocement au moment où sa famille, ses amis et son parti politique étaient pleins d’espoir pour le combat qu’il menait », a-t-il conclu.

Avec Adiac-Congo par Roger Ngombé

CONGO-BRAZZAVILLE : Selon Nathalie Kolelas, Sassou a fait tuer son mari dans l’avion (au Bourget)

avril 5, 2021

Alors que l’autopsie (déjà effectuée) se fait toujours attendre, une lettre envoyée par quatre députés français lève le voile sur les conditions du décès de celui qui a, réellement, gagné l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville. Il s’agit de Bertrand Pancher (Meuse), de Sébastien Nadot (Haute-Garonne), de Jean-Michel Clément (Vienne) et de Frédéric Dumas (Hauts-de-Seine), tous membres du Groupe « Libertés et Territoires » à l’Assemblée nationale française.

Dans cette lettre à Emmanuel Macron, datée 3 avril et dont copie nous a été envoyée à Afrique Education, les quatre députés écrivent ceci noir sur blanc : « Les conditions d’arrivée de M. Kolelas sur le sol français sont entourées d’importantes zones d’ombres. A son atterrissage à l’aéroport du Bourget, un médecin dépêché par le gouvernement congolais, depuis Brazzaville, a exigé que Mme Kolelas sorte de l’appareil. Elle finit par obtempérer. Son mari est vivant. Cinq minutes plus tard, le médecin ressort : son mari est décédé ».

Ce témoignage poignant qui fait froid au dos a été recueilli par le député, Sébastien Nadot, lors du long échange, par téléphone, qu’il a eu avec celle qui est désormais appelée « Veuve » Nathalie Kolelas.

Toujours dans leur courrier (qui est une véritable bombe) qu’ils envoient au président, Emmanuel Macron, les quatre députés précisent : « A l’heure où nous écrivons ce courrier, la famille du défunt attend toujours les conclusions détaillées de l’autopsie effectuée par l’Institut médico-légal de Paris. Mme Kolelas, comme la grande majorité des Congolais, soupçonne un empoisonnement et ne croit pas dans la théorie officielle d’un décès dû à la Covid-19. A la suite de ces événements, le parquet de Bobigny a d’ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle ».

Pour terminer, les quatre députés assomment Emmanuel Macron en lui demandant de faire ce qu’il redoute depuis plusieurs jours : « Dans l’attente des conclusions de cette enquête, et dans le respect du principe de séparation des pouvoirs, nous vous demandons, au regard des nombreux liens d’amitiés qui unissent les peuples français et congolais, d’oeuvrer pour que toute la lumière soit faite sur les causes du décès de M. Kolelas. Ce dernier disposait de la double nationalité congolaise et française » (fin du courrier envoyé à Emmanuel Macron).

Autrement dit, ils demandent au président de la République de rien cacher au nom des liens de la Françafrique qui l’unit au président congolais, et de tout faire pour que tout soit su. C’est-à-dire livrer Sassou à la justice française (même s’il bénéficie d’une immunité) dont c’est le énième assassinat impuni dans son pays.

Il y va du bien du président français lui-même. Car à l’allure où vont les choses, alors que l’autopsie traînerait sur sa table dans le seul souci de protéger le tueur de Kolelas, il n’est pas exclu que ce dossier (explosif) soit exploité, dans les prochains jours, par les amis du défunt qui se recrutent dans les états majors de certaines grandes formations politiques françaises. L’affaire deviendrait alors nationale. Ce qui d’ailleurs ne serait pas plus mal.

Cela dit, au même moment, certains députés LREM souhaitent (vivement) que leur chef coupe (définitivement) le cordon ombilical et les liens incestueuses qu’il entretient, actuellement, avec le dictateur 5 étoiles de Brazzaville, s’il veut une préparation sereine, c’est-à-dire, non tumultueuse, de l’élection présidentielle de 2022.

Avec Afriqueeducation, publié le Lundi 5 avril 2021 à 16:11

Congo/Denis Sassou N’Guesso : « Mes premières pensées vont vers Guy Brice Parfait Kolelas qui a été rappelé à Dieu »

mars 24, 2021

Réélu à 88,57% des suffrages exprimés selon les résultats provisoires rendus publics le 23 mars par le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Zéphirin Mboulou, le président Denis Sassou N’Guesso a, au cours d’une conférence de presse, rendu hommage à Guy Brice Parfait Kolelas qui est arrivé en deuxième position mais décédé le 22 mars dernier.

« Au moment où nous nous retrouvons au bout de cette marche, mes premières pensées vont vers Guy Brice Parfait Kolelas qui a été rappelé à Dieu. Là où il se trouve, il sait que je l’ai toujours considéré comme mon fils. Ses frères et ses sœurs le savent aussi. Bien évidemment, il a poursuivi son combat jusqu’au dernier souffle. Il n’y a pas de doute qu’il a toujours recherché le développement de ce pays et le bonheur de son peuple. Croyez-moi, au-delà des divergences politiques et peut-être même idéologiques, la perte de ce fils me bouleverse profondément », a déclaré Denis Sassou N’Guesso dans la foulée de sa réélection, observant une minute de silence en sa mémoire.

Le président sortant a aussi exprimé sa reconnaissance à l’endroit du peuple congolais qu’il a profondément remercié. « C’est aussi un sentiment de grande responsabilité surtout à l’endroit de la jeunesse que j’ai vue fortement mobiliser au cours des tournées que j’ai effectuées dans tous les douze départements. Je remercie le peuple qui, par le suffrage, vient d’approuver l’orientation que nous voulons donner à notre pays à un moment délicat de son histoire. Par ce suffrage, le peuple dans sa majorité a répondu et dit que nous avons la capacité de rebondir, de redresser notre économie et d’aller vers le développement », a-t-il poursuivi, soulignant la nécessité de conjuguer les énergies pour atteindre le but escompté.

Denis Sassou N’Guesso a rassuré les Congolais même ceux qui n’ont pas voté pour lui qu’il ne laissera personne sur le bord de la route. Ainsi, il restera toujours le président du peuple tout entier. Il a, par ailleurs, tendu la main aux candidats malheureux qui, d’après lui, sont des Congolais et parties prenantes du processus de développement du pays. « Pendant la campagne électorale, ils se sont déclarés comme amis du peuple et désireux d’obtenir son bonheur. Nous allons travailler ensemble, il faut que tous nous disons qu’après tout c’est le Congo d’abord. Je pense qu’ils répondront à cet appel aussitôt pour l’avenir du Congo qui est notre bien commun », espère le chef de l’Etat.

Interrogé sur ses priorités, Denis Sassou N’Guesso a rappelé que les actions sont déclinées dans son projet de société : « Ensemble, poursuivons la marche » qu’il a présenté à la population au cours de la campagne électorale. « Globalement, nous devons tout mettre en œuvre pour le redressement de l’économie nationale. Au cours de ma campagne, j’ai beaucoup insisté sur le développement de l’agriculture au sens large. Nous pensons qu’en développant l’agriculture nous irons aussi vers l’agro-industrie, vers la création de nombreux emplois pour la jeunesse. Dans ma campagne, j’ai rencontré de nombreux jeunes qui ont déjà adhéré à cette vision et qui sont sur le terrain », a-t-il poursuivi.

 Outre la modernisation de l’agriculture considérée comme l’axe principal, Denis Sassou N’Guesso entend également poursuivre la construction des infrastructures ainsi que les actions engagées dans les zones économiques spéciales et développer le tourisme.      

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Présidentielle au Congo : Denis Sassou Nguesso veut l’emporter dès le premier tour

mars 21, 2021
Une affiche du président sortant, Denis Sassou Nguesso, et une autre de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolelas, le 12 mars 2021 à Brazzaville.

Les opérations de vote pour la présidentielle ont commencé timidement ce dimanche au Congo-Brazzaville, où six candidats affrontent le président sortant, Denis Sassou Nguesso.

L’accès à internet était coupé depuis plusieurs heures à l’ouverture officielle des bureaux de vote à 07H00 (heure locale). Contrairement au précédent scrutin de 2016, les communications téléphoniques et par SMS restaient toutefois possibles.

Dans plusieurs bureaux à travers le pays, où l’affichage des listes d’électeurs n’était pas terminé à 07H00, le vote a commencé avec retard. En début de matinée, l’affluence était encore timide. 

« Nous sommes venus voter pour apporter le changement dans notre pays et accomplir notre devoir civique […]. On avait dit que ça devait commencer à 07H00 et je suis là qu’il pleuve, qu’il neige », a expliqué Simon Mountandi, 50 ans, devant un bureau de vote de la capitale, où il s’est rendu malgré la pluie annoncée.

« Un coup, K-O »

« Un coup, K-O », promettait sur ses affiches de campagne le président-candidat, 77 ans dont trente-six ans au pouvoir, cumulés en deux séquences séparées par une alternance de cinq ans, tout à sa volonté d’obtenir dès ce dimanche un nouveau quinquennat ans. L’ancien officier a déjà été réélu trois fois depuis 2002.

Son principal adversaire est l’opposant Guy-Brice Parfait Kolelas. Malade, il est apparu affaibli dans une vidéo diffusée ce samedi.

« Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serai pas battu pour rien », a déclaré Guy-Brice Parfait Kolelas, alité, après avoir retiré un masque d’assistance respiratoire qu’il a remis à la fin de son message.

Testé positif au Covid-19 vendredi après-midi, Guy-Brice Parfait Kolelas, 60 ans, doit être évacué dans la journée vers la France, d’après son directeur de campagne, Cyr Mayanda.

Le message du candidat est daté de vendredi, jour où il n’avait pas pu tenir son dernier meeting de campagne à Brazzaville.

Opposition

Autre candidat de l’opposition, l’ancien ministres des Finances, Mathias Dzon, a prévenu qu’il n’accepterait sans doute pas les résultats officiels car « la commission électorale actuelle est une commission partisane, qui ne prévoit que la victoire du candidat au pouvoir ».

Les adversaires du président sortant ont dénoncé le vote anticipé, organisé ce jeudi, des membres des forces de sécurité (entre 55 et 60 000), source de fraude potentielle selon eux.

À la tête d’un régime de parti unique, Denis Sassou Nguesso a dirigé le Congo entre 1979 et 1992. Il a été battu lors d’élections pluralistes en 1992 par Pascal Lissouba, puis est revenu au pouvoir en 1997, à la fin de la guerre civile.

En 2015, la Constitution, qui imposait une limite d’âge et restreignait à deux le nombre de mandats présidentiels, a été modifiée.

Appels à la paix

Cette année, les autorités ont refusé de délivrer à la conférence épiscopale – qui a émis des réserves sur la transparence du scrutin – l’accréditation lui permettant d’envoyer des observateurs dans les bureaux de vote. 

Le climat semble toutefois moins lourd qu’en 2016, lorsque la réélection de Denis Sassou Nguesso avait déclenché une rébellion dans la région du Pool. Frédéric Bintsamou, alias le pasteur Ntumi, qui en avait pris la tête, a souhaité cette année que le scrutin se déroule « dans la paix, la transparence et le respect des règles du jeu ».

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé « toutes les parties prenantes à œuvrer en faveur d’un processus électoral apaisé ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Elections au Congo: le vieux président face aux attentes de la jeunesse

mars 18, 2021

Le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 36 au total au pouvoir, a placé au cœur de sa campagne les attentes d’une jeunesse qui hésite entre la peur de l’avenir et le rejet de son régime, à la veille de l’élection présidentielle du 21 mars.

Des supporters du président congolais Denis Sassou Nguesso célèbrent sa victoire à la présidentielle, à Brazzaville le 24 mars 2016

© Eduardo Soteras Des supporters du président congolais Denis Sassou Nguesso célèbrent sa victoire à la présidentielle, à Brazzaville le 24 mars 2016

Un supporter de Denis Sassou Nguesso lors d'un meeting électoral de la campagne présidentielle de 2016 à Brazzaville

© Eduardo Soteras Un supporter de Denis Sassou Nguesso lors d’un meeting électoral de la campagne présidentielle de 2016 à Brazzaville

Candidat à sa propre succession face à six adversaires, le président sortant a annoncé « une consultation des jeunes sur les réseaux sociaux ».

« Plus de 600.000 jeunes se sont connectés sur les trois réseaux (Facebook, Instagram et Twitter) », avancent les communicants français chargés de sa stratégie, dont Frank Tapiro qui avait peaufiné des slogans de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

« Loin d’un coup de com, le président-candidat a d’abord voulu écouter les thèmes qu’ils ont sélectionnés », ajoutent les Français, qui citent « l’eau, l’électricité et la santé pour tous », « la diversification économique », la protection de l’environnement…

Les jeunes de moins de 25 ans, majoritaires parmi les quelque cinq millions d’habitants du pays, n’ont connu que le vieux président au pouvoir, comme leurs parents depuis 1979, à l’exception d’une parenthèse entre 1992 et 1997.

« Ça ne servira à rien » d’aller voter, soupire à Brazzaville Francesc, un étudiant en droit de 25 ans. « Les dés sont pipés ».

« En 2016, il y avait de l’espoir d’un changement de régime », ajoute-t-il en référence à la dernière élection présidentielle, qui s’est soldée par la réélection contestée de « DSN » et la condamnation en 2018 à 20 ans de prison de deux candidats – le général Jean-Marie Mokoko et André Okombi Salissa -pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

Le président congolais Denis Sassou Nguesso à Brazzaville le 29 avril 2018

© Laudes Martial MBON Le président congolais Denis Sassou Nguesso à Brazzaville le 29 avril 2018

Désabusé, Francesc veut quitter son pays pour poursuivre son master à Dakar. « Au Congo, il est improbable de faire une année normale, sans grève. Le volume horaire des cours n’est pas respecté ».

Le Sénégal est aussi un pays où l’alternance politique fonctionne, observe-t-il. « C’est une maturité que le Congo n’a pas ». 

« Il y aura un taux d’abstention record. Les jeunes n’iront pas voter. Ils pensent que la politique est un théâtre », avance l’activiste Franck Nzila, qui annonce une campagne contre l’achat du vote des jeunes par le régime (une pratique connue sous le nom de « je vous achète la bière »).Carte de la République du Congo© Aude GENET Carte de la République du Congo

« Allez voter pour l’alternance, contre les candidats qui n’ont rien fait depuis 30 ans », lance aux jeunes M. Nzila, qui fera le choix de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolelas.

– « Sassou nous met la paix » –

A Pointe-Noire, l’autre grande ville du pays, Christophe, 25 ans, se promène avec la vingtaine de cartes d’électeurs de ses coéquipiers d’une équipe de football locale.

« On va bien voter nous tous », sourit ce membre du Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS), un allié du PCT au pouvoir. « Tous nos coéquipiers vont voter pour Sassou Nguesso. C’est un homme bien ».

« Le président nous a promis du boulot. Je crois qu’en 2022 il y aura du travail », avance-t-il.

« Je n’ai pas besoin qu’on puisse me payer pour voter pour le président de la République », assure-t-il, en s’apprêtant à redistribuer les cartes d’électeurs le jour du vote.

Le cœur de Mariela, 19 ans, élève en classe de Terminale, bat également pour le président sortant.

« Même s’il y a la galère, il n’y pas la guerre comme dans les autres pays. Vaut mieux rester avec Sassou qui nous met la paix dans le pays, au moins ça c’est bon », analyse la jeune fille au son du roulis des vagues sur la plage de Pointe-Noire, où des jeunes prennent du bon temps à l’heure du soleil couchant.

« Je ne voterai pas. Je pense que ce n’est pas utile », ajoute son camarade de terminale scientifique Bill.

« Sassou a fait du bon boulot mais ce n’est pas suffisant », juge Bill qui s’imagine pilote de l’air, mais pas au Congo. « J’aimerais aller aux États-Unis, au Canada, mais pas finir ma vie au Congo, où les conditions de vie ne sont pas forcément bonnes ».

En 2015 les Congolais s’étaient soulevés contre la réforme de la Constitution permettant au président de se représenter après deux mandats.

Parmi les activistes à Pointe-Noire, il y avait Céleste Lemvo Maléla, 25 ans à l’époque, cuisinier dans un hôtel de prestige.

« J’ai mobilisé, c’est ce qui a occasionné mon licenciement. D’après eux j’étais radical, parce qu’il y a une fiche (de renseignements) qui a été montée », constate le jeune homme, sans emploi depuis. « Partout là où je passe on me dit: c’est Céleste? On vous rappelle plus tard ».

Avec AFP par lmm-st/bmb/jhd 

Congo-Diplomatie : l’ambassadeur de la Namibie fait ses adieux au président Denis Sassou N’Guesso

novembre 19, 2020

Arrivé au terme de son mandat, le représentant diplomatique namibien en République du Congo, Vilio Hifindaka, a fait ses adieux au chef de l’Etat congolais le 19 novembre à Brazzaville.

Le diplomate namibien s’est réjoui de l’excellence des relations de coopération entre son pays et le Congo. « Je rentre en Namibie avec de très bons souvenirs du peuple congolais », a-t-il déclaré.

Vilio Hifindaka répondant à la presse

Vilio Hifindaka a, en outre, souligné le soutien du gouvernement congolais dans l’établissement de l’ambassade de Namibie à Brazzaville.

« Je rentre en homme heureux parce que j’ai accompli la mission pour laquelle j’avais été envoyé au Congo, celle d’implanter l’ambassade de la Namibie auprès du Congo. Ce qui représente un pont entre les deux nations », a-t-il indiqué.

S’agissant de la coopération entre les deux pays dans le domaine de la formation, il a évoqué la création de l’école inter-Etats de Loudima dans le département de la Bouenza.

« L’école inter-Etats de Loudima est le symbole de l’amitié entre les deux peuples. Le site de cette école polytechnique n’est autre que l’ancien camp de la South west african peoples’s organisation (Swapo) où s’organisaient les combattants de libération de la Namibie et de l’Afrique australe. L’école de formation de Loudima est tout à fait unique en Afrique. Ici, anglophones et francophones suivent une formation technique et professionnelle », a expliqué Vilio Hifinkada.

Avec Adiac-Congo par La Rédaction

Congo-ONU : François Louceny Fall reçu à Brazzaville

novembre 19, 2020

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, François Louceny Fall, a été reçu le 18 novembre par le président Denis Sassou N’Guesso. Les deux personnalités ont échangé sur un certain nombre de questions liées à la situation politique nationale et sous-régionale.

Denis Sassou N’Guesso et François Louceny Fall lors de l’audience

L’émissaire onusien a précisé à l’issue de l’audience que leur entrevue a porté sur « les entretiens que nous avons eus avec les différentes composantes politiques concernant la tenue de la prochaine élection présidentielle, surtout aussi des consultations politiques qui seront organisées à Madingou ».

Hormis la présidentielle de 2021, le peuple congolais est également tenu d’aller aux urnes en 2022 dans le cadre des élections législatives.

« Nous avons reçu du chef de l’Etat des informations utiles qui nous rassurent que les élections vont se dérouler de manière apaisée », a déclaré François Louceny Fall.

Il a salué l’élection du chef de l’Etat congolais à la présidence tournante de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Le président Denis Sassou N’Guesso va ainsi succéder à son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, à l’issue du sommet des chefs d’Etat de la communauté, prévu le 27 novembre à Libreville.

« Nous nous félicitons d’avance de la présidence congolaise en la personne du président Denis Sassou N’Guesso, qui a déjà donné beaucoup pour les réformes de la CEEAC, aussi du rôle particulier qu’il joue dans la résolution des crises dans la région des grands lacs, mais aussi en Centrafrique et en Libye », a indiqué François Louceny fall.

Avec Adiac-Congo par La Rédaction