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Australie : le Premier ministre Scott Morrison chassé du pouvoir

mai 21, 2022

Scott Morrison, Premier ministre depuis 2018, a reconnu sa défaite, samedi 21 mai. Son parti dirigeait le gouvernement australien depuis neuf ans.

Le Premier ministre Scott Morrison etait au pouvoir depuis aout 2018, il a ete battu en mai 2022. (illustration)
Le Premier ministre Scott Morrison était au pouvoir depuis août 2018, il a été battu en mai 2022. (illustration)© OLIVIER DOULIERY / AFP

La coalition conservatrice du Premier ministre Scott Morrison a perdu les élections législatives de ce samedi 21 mai en Australie, selon les projections publiées par les médias après le dépouillement d’environ la moitié des suffrages. Selon la chaîne de télévision nationale ABC, le Parti travailliste serait en bonne voie pour former le prochain gouvernement. Le gouvernement conservateur a été rejeté, notamment, à cause de son inaction contre le changement climatique.

Assez rapidement, le Premier ministre australien Scott Morrison a reconnu, samedi, sa défaite aux élections législatives. « Ce soir, j’ai parlé au chef de l’opposition et au nouveau Premier ministre, Anthony Albanese, et je l’ai félicité pour sa victoire électorale », a déclaré le futur ex-Premier ministre. Cette victoire des travaillistes met fin à neuf années de gouvernement conservateur. Selon des projections publiées par la chaîne ABC, après le dépouillement de la moitié des suffrages, le Parti travailliste emporte le plus grand nombre de députés à la Chambre des représentants. Avec seulement 72 sièges assurés jusqu’à présent, il n’était pas encore certain de décrocher la majorité absolue de 76 députés nécessaire pour former un gouvernement sans devoir se trouver un allié.

Quelque 17,2 millions d’électeurs étaient appelés à choisir les 151 sièges de la Chambre des représentants pour un mandat de trois ans. Quarante des 76 sièges du Sénat étaient également renouvelés pour six ans. Ces trois dernières années, l’Australie a été marquée par une série de catastrophes naturelles majeures et par la pandémie. Un contexte qui a poussé de nombreux Australien à choisir un nombre inhabituel de « petits » candidats pro-environnement qui pourraient détenir les clés du pouvoir.

Les petits candidats plébiscités

Le Parti vert et les candidats indépendants surnommés « teals » étaient en passe de conquérir une série de circonscriptions urbaines habituellement acquises aux candidats conservateurs. La plupart du temps, il s’agit de femmes hautement qualifiées prônant la défense de l’environnement, l’égalité des sexes et la lutte contre la corruption. « Les gens ont dit que la crise climatique est un sujet sur lequel ils veulent agir », a exulté Adam Bandt, leader du Parti vert. « Nous venons de connaître trois années de sécheresse, puis des incendies et maintenant des inondations et encore des inondations. Les gens peuvent le voir, c’est en train de se produire, c’est en train de s’aggraver », a-t-il ajouté.

Durant toute la campagne électorale, les idées politiques ont été reléguées au second plan. Les débats se focalisant plutôt sur les personnalités des candidats des deux partis principaux dans le pays : Scott Morrison et Anthony Albanese.

Les politiques procharbon du gouvernement conservateur ont sans doute été un moteur de ce rejet de Morrison. Dans le même temps, de nombreux jeunes doivent faire face à de grandes difficultés pour trouver un logement abordable. « J’ai grandi dans une communauté qui a été très fortement touchée par les incendies et les inondations au cours des cinq dernières années », a raconté dans un bureau de vote de Melbourne Jordan Neville, qui votait pour la première fois. « Si quelque chose pouvait être fait pour empêcher que cela se reproduise, ce serait incroyable. »

Scott Morrison, un bilan en demi-teinte

Durant la totalité de son mandat, Scott Morrison a résisté aux appels à réduire plus rapidement les émissions de carbone de l’Australie d’ici à 2030. De plus, il soutient sans réserve l’industrie du charbon, un des moteurs de l’économie du pays. À la traîne dans les sondages depuis un an, il s’est prévalu de la reprise économique et d’un taux de chômage actuellement au plus bas depuis 48 ans. Il a dépeint son rival travailliste comme un « électron libre » inapte à diriger l’économie. Problème, sa popularité personnalité était faible alors que des accusations de malhonnêteté le visaient ces dernières semaines.

Le jour du scrutin, le leader travailliste avait, quant à lui, demandé aux électeurs de donner à son parti de centre gauche « une chance » de diriger le pays, et exhorté les gens à rejeter un Premier ministre « clivant ». Le leader travailliste, lui-même décrit comme fade et peu inspirant, a mis l’accent dans les derniers jours de la campagne sur les manquements présumés de son adversaire conservateur. Les Australiens « veulent quelqu’un qui soit juste, quelqu’un qui admettra ses erreurs », a-t-il plaidé.

Un bilan fustigé jusqu’en France. Samedi, Jean-Yves Le Drian a expliqué que la défaite de Scott Morrison lui « convenait très bien », alors que se déroulait la passation des pouvoirs entre lui et Catherine Colonna. Une réaction qui intervient huit mois après que le Premier ministre australien a causé une intense brouille diplomatique avec Paris en cassant un mégacontrat de sous-marins français. « Les actes posés au moment où ils ont été posés étaient d’une brutalité et d’un cynisme, et je serais même tenté de dire d’une incompétence notoire », a-t-il poursuivi.

Le chemin est encore long pour les travaillistes

Par ailleurs, il s’est engagé durant la campagne à accélérer sur la lutte contre le changement climatique. Il souhaite également renforcer la participation des populations indigènes dans les politiques nationales. Enfin, il a promis d’aider les personnes confrontées à la flambée des prix en pleine inflation mondiale due, notamment, à la guerre en Ukraine.

Il pourrait maintenant, pour gouverner, devoir conclure des accords avec des candidats exigeant des mesures plus fermes en matière de climat, risquant ainsi de s’attirer l’ire des factions de son parti favorables au charbon et aux syndicats miniers.

Fraîchement réélu, Anthony Albanese veut changer diamétralement le positionnement de l’Australie quant à la question climatique. Il a promis de transformer son pays en « superpuissance » des énergies renouvelables. « Le peuple australien a voté pour le changement » en mettant fin à neuf ans de gouvernement conservateur, s’est-il félicité dans son discours de victoire. Il a annoncé qu’il participerait mardi au Japon en tant que nouveau Premier ministre australien, au sommet du Quad, une alliance stratégique informelle entre les États-Unis, l’Australie, l’Inde et le Japon.

Par Le Point avec AFP

Australie: Morisson investi Premier ministre après un nouveau « putsch »

août 24, 2018

Scott Morrison (debout) prête serment comme nouveau Premier ministre de l’Australie, le 24 août 2018 / © AFP / SAEED KHAN

L’Australie s’est choisie vendredi un nouveau Premier ministre, le septième en 11 ans, en la personne du ministre des Finances Scott Morrison qui a été désigné pour succéder à Malcolm Turnbull au terme d’un « putsch » interne à leur parti.

La position de M. Turnbull, qui avait lui même renversé son prédécesseur Tony Abbott en septembre 2015, était devenue ces derniers jours de plus en plus précaire en raison d’une fronde menée par l’aile droite de son Parti libéral (centre-droit), qui est distancé dans les sondages par les travaillistes.

Mais le choix de M. Morrison -un de ses alliés- pour lui succéder apparaît comme un cinglant revers pour l’ex-ministre de l’Intérieur Peter Dutton, qui avait mené en coulisse la rébellion. Scott Morrison a remporté le vote interne au Parti libéral par 45 voix contre 40 pour M. Dutton.

Le nouveau Premier ministre a été formellement investi dans la capitale.

Chrétien évangélique fervent âgé de 50 ans, celui qui est surnommé « ScoMo » était depuis septembre 2015 à la tête du Trésor, une position souvent considérée comme un marchepied vers le poste de Premier ministre, et que M. Turnbull occupait aussi avant de renverser M. Abbott.

Mais M. Morrison, qui est classé comme plus à droite que son prédécesseur modéré, est surtout connu pour son action à la tête du ministère de l’Immigration, en 2013-2014, quand il avait lancé l' »Opération Frontières souveraines » pour décourager les réfugiés d’arriver par la mer en Australie.

Les Premiers ministres australiens / © AFP / Gal ROMA

– « Assurer l’unité du pays » –

L’Australie mène une politique extrêmement dure contre les migrants, sa marine interceptant systématiquement les bateaux de clandestins et les renvoyant vers leur point de transit, le plus souvent l’Indonésie.

Et les réfugiés qui parviennent à gagner les rives australiennes sont, eux, placés indéfiniment dans des camps de rétention offshore en Papouasie-Nouvelle Guinée ou à Nauru, qui sont régulièrement condamnés par les organisations de défense des droits de l’Homme.

Cette nouvelle manifestation de l’instabilité qui plombe la politique australienne depuis 10 ans a été très mal accueillie dans la population fatiguée des batailles d’egos.

« Notre tâche est (refaire) l’unité de notre parti, qui a été meurtri et malmené cette semaine, mais aussi l’unité au sein du Parlement pour que nous puissions continuer à travailler afin d’assurer l’unité du pays », a dit le nouveau Premier ministre. L’urgence, a-t-il dit, sera d’aider les agriculteurs de Nouvelle-Galles du Sud (est) confrontés à leur pire sécheresse en un demi-siècle.

Peter Dutton / © AFP / John SAEKI

La décision de M. Turnbull de se retirer de la politique implique l’organisation d’une élection partielle dans sa circonscription de Sydney. Un événement loin d’être anodin pour une coalition au pouvoir dont la majorité ne tient qu’à un siège.

L’ancien Premier ministre Tony Abbott, largement considéré comme l’instigateur du « putsch », a estimé qu’il importait désormais de « sauver le gouvernement », à moins d’un an des élections nationales.

– « Australie, tu mérites mieux » –

La zizanie était apparue au grand jour lundi lorsque le Premier ministre, considéré comme un modéré au sein du Parti libéral, avait été contraint, faute de soutien dans son camp, de renoncer à son projet d’inscrire dans la loi l’objectif de l’Australie en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Il a finalement été évincé jeudi de la tête du parti par un vote interne, qui a désigné M. Morrison.

Australie: Morrison investi Premier ministre après un « putsch » / © ABC Australia/AFP /

Depuis l’arrivée du travailliste Kevin Rudd en 2007 à la tête du gouvernement, après une décennie de « règne » du libéral John Howard, l’Australie a connu une valse des Premiers ministres.

Kevin Rudd a été renversé par la travailliste Julia Gillard en 2010 avant de reprendre le pouvoir en 2013, et de le céder à nouveau quelques mois plus tard lors des législatives à Tony Abbott, lui-même renversé par M. Turnbull.

Une instabilité qui suscite le ras-le-bol d’une partie de la population, au point qu’un ministre ait jugé vendredi nécessaire de présenter ses excuses.

« Australie, nous te devons des excuses », a déclaré sur Twitter Darren Chester, dont le Parti national est membre de la coalition au pouvoir. « Tu mérites mieux que beaucoup des choses qui ont été faites ces 10 dernières années par notre Parlement fédéral. »

Romandie.com avec(©AFP / (24 août 2018 15h06)