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France : pourquoi Le Drian et Parly ont été remplacés

mai 20, 2022

Catherine Colonna, ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes de Jacques Chirac, et Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer du dernier gouvernement, ont été respectivement nommés ministre des Affaires étrangères et ministre des Armées dans le nouveau gouvernement français.

Catherine Colonna quitte le palais de l’Élysée, le 29 août 2017. © REUTERS/Philippe Wojazer.

C’étaient deux ministères particulièrement scrutés par l’Afrique. Après plusieurs jours d’attente, la composition du nouveau gouvernement, dirigé par Elisabeth Borne, a été dévoilé ce 20 mai à Paris par Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée et fidèle bras droit du président Emmanuel Macron. Avec du changement à la tête des Affaires étrangères et des Armées.

Habitué des palais africains

Au Quai d’Orsay, Jean-Yves Le Drian cède sa place à Catherine Colonna. Une page se tourne donc pour le Breton de 74 ans, figure bien connue sur le continent, habitué des palais présidentiels, et à tu et à toi avec nombre de chefs d’État francophones… D’abord ministre de la Défense de François Hollande de 2012 à 2017, période durant laquelle il a géré l’opération Serval au Mali, il avait ensuite été choisi par Emmanuel Macron pour diriger la diplomatie française. Ce poids lourd de l’ancien gouvernement aurait émis le souhait de rester en poste, mais Emmanuel Macron, après avoir un temps hésité, aura finalement décidé de le remplacer par Catherine Colonna.

Actuelle ambassadrice de France à Londres, cette diplomate de carrière s’est fait connaître comme porte-parole de la présidence sous Jacques Chirac, entre 1995 et 2004. À ce poste, elle avait notamment accompagné l’ancien chef de l’État dans la plupart de ses déplacements sur le continent. Entre 2005 et 2007, elle est promue ministre déléguée aux Affaires européennes, puis enchaine plusieurs postes de représentante permanente (à l’Unesco et à l’OCDE) et d’ambassadrice (en Italie et au Royaume-Uni).

Si elle aura pour dossier prioritaire la guerre en Ukraine, la nouvelle ministre ne manquera pas non plus de travail sur le continent. En particulier en Afrique de l’Ouest, où les vives tensions avec le Mali, les transitions en Guinée et au Burkina Faso, la poussée russe et la montée du sentiment anti-français sont autant de sujets de préoccupation pour Paris.

Contexte instable

Des changements sont aussi annoncés à l’hôtel de Brienne. Florence Parly, en poste depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, n’a pas été reconduite comme ministre des Armées. Nommée pour succéder à Le Drian, elle avait progressivement réussi à s’y faire une place, gardant la confiance du chef de l’État durant tout le premier mandat de celui-ci. Elle a notamment eu à gérer la réadaptation du dispositif militaire français au Sahel et la fin de l’opération Barkhane. Son successeur, Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer depuis 2020, héritera de ce dossier sensible, dans un contexte sahélien instable, où l’armée française est de plus en plus critiquée.

Pour travailler sur ces dossiers complexes, les deux nouveaux ministres seront épaulés par la cellule Afrique de l’Élysée. Franck Paris, l’actuel conseiller Afrique d’Emmanuel Macron, et Marie Audouard, son adjointe, ont tous deux été prolongés jusqu’au 15 juillet.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

France-Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe

novembre 30, 2021
Crise aux Antilles: Lecornu arrive en Martinique apres un dialogue de sourds en Guadeloupe
Crise aux Antilles: Lecornu arrivé en Martinique après un dialogue de sourds en Guadeloupe© AFP/Alain JOCARD

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu est arrivé en Martinique lundi soir après une visite de 24h en Guadeloupe, achevée par un dialogue de sourds avec l’intersyndicale et où le gouvernement envoie des forces de sécurité intérieure supplémentaires pour faire face à la violence durant la crise sociale.

M. Lecornu a atterri en début de soirée en Martinique, a-t-on appris auprès de son entourage, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à apaiser les tensions et tenter de sortir de la crise sociale traversée par les deux îles des Antilles françaises, distantes de 120 km et marquées par un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes.

Il doit être de retour mercredi à Paris.

Lundi en Guadeloupe, où il était arrivé la veille, les discussions avec l’intersyndicale et les élus locaux ont tourné court.

Le ministre a jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats « ne « veulent pas condamner des tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes », un « préalable pourtant évident et indispensable ».

Sa rencontre avec quatre représentants syndicaux de l’UGTG et FO s’est donc résumée à une simple remise de « documents de revendication ».

Réclamant une « prise de conscience » face aux violences, Sébastien Lecornu a annoncé lors d’un point presse l’envoi d’un escadron de 70 gendarmes mobiles et 10 membres du GIGN supplémentaires, pour « tenir ».

« Lorsqu’on tire et qu’on arrose au 9 millimètres dans les rues », c’est « un miracle qu’un enfant de 9 ou 10 ans » ne se soit pas « retrouvé sous ces balles », a-t-il insisté.

« Tout va être mis en oeuvre pour libérer les barrages » qui entravent encore par endroits la circulation sur l’île « et les renforts participent de ça », a poursuivi Sébastien Lecornu.

Lundi, le Collectif des socio-professionnels, qui rassemble plusieurs corps de métiers très différents (transporteurs, taxis, BTP, tourisme), a menacé d' »une action » d’ici 24 heures s’il n’était pas invité aux négociations.

Le collectif avait barré la Guadeloupe durant trois jours en février.

– Rapport de forces-

Né du refus de l’obligation vaccinale pour soignants et pompiers, le mouvement s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, et a occasionné des violences, pillages et incendies, comme en Martinique.

Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Sébastien Lecornu a par ailleurs vivement critiqué les responsables syndicaux qui « ont commencé à vouloir chercher des amnisties » pour les auteurs de violences.

Côté syndicats, la délégation estime que Sébastien Lecornu « n’est pas venu pour négocier, mais parce qu’il a été forcé par le rapport de forces que nous avons installé ».

Maïté Hubert-M’Toumo, de l’UGTG, rappelle leurs revendications « prioritaires » comme « l’arrêt des suspensions des personnels et professions libérales » non-vaccinés, la « suspension des condamnations des personnes pour les violences », et un « plan d’urgence pour la qualification des jeunes et les conditions de travail des familles guadeloupéennes ».

Alors que de nombreux domaines sont gérés par les collectivités territoriales (distribution d’eau, voierie, transport, environnement, formation professionnelle), Sébastien Lecornu a également placé les élus locaux face à leurs responsabilités.

« Je veux bien me faire engueuler pour des choses que l’Etat n’a pas faites avant même que nous soyons au pouvoir ( ?.) ce qui est compliqué c’est de se faire engueuler pour des choses dont l’Etat n’est pas responsable », a-t-il affirmé.

« Il faut que chacun soit à sa place dans ce territoire », a ajouté le ministre, qui avait déclaré vendredi que le gouvernement était « prêt » à « parler » de davantage d’autonomie pour la Guadeloupe.

Plus tôt, les élus locaux guadeloupéens avaient décidé de ne pas se rendre à une rencontre prévue avec le ministre, qui a néanmoins participé à une visio-conférence avec 16 maires de l’île.

« (…) Nous ne voyons pas cet état d’esprit d’apaiser la situation et de faire en sorte que les conditions soient réunies » pour sortir de crise, a indiqué Guy Losbar, ex-président du département dont l’élection a été annulée, pour justifier le refus des élus locaux.

Sébastien Lecornu rencontrera également en Martinique les élus locaux et l’intersyndicale, qui ont signé avec l’Etat un « accord de méthode » pour tenter de sortir de la crise.

Sept thématiques (santé, jeunesse, vie chère dont prix des carburants et du gaz, transports, chlordéconomie, pêche, culture) doivent faire l’objet de discussions.

« La situation n’est en rien comparable entre la Guadeloupe et la Martinique puisqu’en Martinique, (les) préalables républicains » aux négociations « ont été remplis par les élus et l’intersyndicale » a estimé Sébastien Lecornu.

Par Le Point avec AFP

Sébastien Lecornu se rend aux Antilles après un retour « notable » au calme

novembre 28, 2021
Sebastien Lecornu se rend aux Antilles apres un retour "notable" au calme
Sébastien Lecornu se rend aux Antilles après un retour « notable » au calme© AFP/Christophe ARCHAMBAULT

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu se rend dimanche aux Antilles et jusqu’à mercredi, d’abord en Guadeloupe puis en Martinique, saluant « un retour notable au calme » dans la nuit de samedi à dimanche dans ces deux territoires.

Cette visite intervient après plus d’une semaine de violences et d’émeutes dans ces îles françaises des Caraïbes au fort taux de chômage, en proie à un mouvement né de la contestation contre la vaccination anti-Covid obligatoire pour soignants et pompiers qui s’est étendu à des revendications politiques et sociales notamment contre la vie chère.

M. Lecornu doit rencontrer lundi en Guadeloupe « des élus locaux, des acteurs économiques et des syndicats », comme le lendemain à la Martinique, a indiqué le ministère sans donner plus de précisions, ajoutant que le ministre serait de retour mercredi à Paris.

« Dans les deux territoires de Martinique et de Guadeloupe, un retour notable au calme a eu lieu dans la nuit du samedi au dimanche grâce au travail sans relâche des forces de l’ordre », s’est félicitée cette même source.

A la Guadeloupe, la préfecture a confirmé que la nuit « n’a pas vu d’incidents ou de heurts survenir ». « Les forces de sécurité ont continué à sécuriser l’ensemble du territoire et de dégager les axes de circulation, notamment en Grande-Terre », a-t-elle ajouté, précisant qu’une interpellation avait eu lieu.

En Martinique, des sources policières ont signalé toutefois des barricades « avec des jets de projectiles dont des cocktails Molotov sur des gendarmes ». Un individu a été interpellé après avoir incendié un véhicule et un autre « pour refus d’obtempérer et non-respect du couvre-feu ».

« C’est inacceptable qu’on nous oblige à nous faire vacciner. Inacceptable ce chantage d’un vaccin contre notre salaire. Je me bats aussi pour ma fille, la vie ici est trois fois plus chère qu’en métropole. Le peuple dit qu’il en a assez », témoigne auprès de l’AFP Cédrick Louiset, sapeur-pompier depuis 27 ans. Sur un barrage depuis près d’une semaine, il déplore les violences et ceux qui tirent sur « nos frères policiers ».

En Guadeloupe comme en Martinique, distante de 120 km, les forces de l’ordre avaient essuyé des tirs par arme à feu les nuits précédentes.

Des violences qui ralentissent l’activité économique des îles et dissuadent les nouveaux arrivants de rester. Comme Kim Dubois, photographe de 23 ans, installée depuis 4 mois en Guadeloupe. Regardant les poubelles qui s’amoncellent à l’entrée de la plage à Petit Havre au Gosier, elle lâche avec regret: « c’est trop galère on va repartir dans un mois ».

Ouverture de discussions

Avant de s’envoler pour les Antilles, le ministre a salué un « accord de méthode signé cette nuit (heure de Paris) entre l’Etat, les élus locaux de Martinique et l’intersyndicale qui permettra l’ouverture de discussions sur les principales problématiques du territoire (santé, prix des carburants, jeunesse, transport ?) », souligne l’entourage du ministre.

« Certaines de ces thématiques concernent l’Etat, d’autres davantage les collectivités territoriales: chacun y prendra sa part », explique cette source qui a pris « note de l’engagement de l’intersyndicale de lever provisoirement les barrages ». « Le dialogue social pour les personnels hospitaliers et les pompiers non vaccinés se poursuivra », ajoute cette source.

Vendredi, dans une allocution télévisée aux Guadeloupéens, M. Lecornu a affirmé que le gouvernement était « prêt » à évoquer la question de davantage d’autonomie si cela pouvait permettre de « résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéens ».

Depuis cette annonce, l’opposition a multiplié les attaques contre le gouvernement. « C’est l’exemple type de la fuite en avant. C’est une forme de démembrement de l’unité nationale », a fustigé dimanche le candidat à l’investiture LR Xavier Bertrand sur CNews, soulignant « qu’il était temps » que M. Lecornu se rende aux Antilles.

Le ministre des Outre-mer est « hors-sol », a renchéri Marine Le Pen sur LCI.

A gauche, la candidate PS et maire de Paris Anne Hidalgo a dénoncé pour sa part « un manque de considération ». La veille, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a jugé « stupéfiante » la « réponse de Macron » et appelé à ne parler statut que « le moment venu ».

La question de l’autonomie est « hors sujet », a de son côté tranché Elie Domota, porte-parole du collectif syndical LKP, sur LCI, soulignant que les manifestants n’ont « jamais été entendus » sur leur revendication de « négociations sur l’obligation vaccinale et sur le pass sanitaire ».

Par Le Point avec AFP