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Afrique du Sud : Ace Magashule, l’âme damnée de Jacob Zuma

octobre 22, 2021
Ace Magashule au sein de la Cour des magistrats de Bloemfontein, le 13 novembre 2020 © REUTERS/Siphiwe Sibeko

Poursuivi pour corruption, le secrétaire général de l’ANC sera devant la justice à partir du 3 novembre. Comme l’ancien président Jacob Zuma, il dénonce une conspiration ourdie par le chef de l’État.

Ils s’y mettent à plusieurs pour mettre le feu au t-shirt. On craque des allumettes, on tend des briquets. Le maillot aux couleurs du Congrès national africain (ANC) s’embrase difficilement. Sur fond jaune, le portrait de Cyril Ramaphosa sourit encore quelques instants avant de fondre sous l’ajout de combustibles. Il est incendié par des sympathisants de l’ANC devant la Cour des magistrats de Bloemfontein, capitale du Free State (centre). Nous sommes le 13 novembre 2020 et Ace Magashule, secrétaire général de l’ANC et Premier ministre de la province entre 2009 et 2018, vient de se rendre à la justice. Ses soutiens accusent le président Ramaphosa d’être responsable de sa chute.

L’homme fort du Free State est poursuivi par la justice pour des soupçons de corruption autour d’un contrat irrégulier d’audit de désamiantage en 2014. S’il partage le banc des accusés avec quinze autres personnes (dix individus et cinq entreprises) visées par 70 chefs d’accusations, il conteste toutes les charges qui pèsent sur lui. Mais il fêtera bien ses 62 ans au tribunal, le 3 novembre, pour l’avant-procès de cette affaire.

Monsieur Dix pour cent

Elias Sekgobelo Magashule voit le jour en 1959 dans le township de Tumahole, à Parys, dans le Free State. S’il est à l’origine surnommé « l’As » pour ses qualités de joueur de foot, l’appellation collera davantage à ses futurs coups politiques. Sous le régime de l’apartheid, il mène une vie de combattant de la liberté aux contours flous. Son passé de militant serait largement exagéré, selon une enquête de Pieter-Louis Myburgh. Ses petits arrangements avec la réalité lui garantissent une belle carrière après la fin de l’apartheid, en 1994, « compte tenu de la propension de l’ANC à récompenser politiquement ses membres en fonction de leur contribution au mouvement de libération », écrit le journaliste dans son livre Gangster State, paru en 2019.

Ace Magashule devient un apparatchik. À partir des années 1990, il prend la tête de la division provinciale de l’ANC et enchaîne les portefeuilles ministériels au sein du gouvernement du Free State. Affaires économiques, Transports, Agriculture, Culture… Ace Magashule obtient des maroquins grâce à son influence dans une province historiquement divisée. Ses diverses nominations comme membre du conseil exécutif (MEC) visent à pacifier ce territoire qui a vu naître l’ANC en 1912. Magashule saisit l’occasion pour mettre la main sur des ressources qu’il détourne à son profit.

IL NE RESTE PLUS GRAND CHOSE DE FONCTIONNEL DANS LE FREE STATE AUJOURD’HUI. IL L’A MIS À TERRE

Devenu Premier ministre en 2009, il étend son contrôle sur les affaires financières de la province. Pieter-Louis Myburgh lui attribue « un sens tyrannique de la centralisation » et le qualifie même de « State Captor » , comme s’il avait kidnappé la province toute entière. Un autre sobriquet apparaît : « Monsieur Dix pour cent », soit la part qu’aurait l’habitude d’empocher Ace Magashule sur chaque contrat public. « Je n’ai jamais pris un centime du gouvernement », se défend-il aujourd’hui.

Ces fuites dans les finances publiques fragilisent la province. « Il l’a mise à terre, fulmine le politologue André Duvenhage, qui en est originaire. Il est responsable de la corruption endémique et de la destruction des structures gouvernementales locales. Il ne reste plus grand chose de fonctionnel dans le Free State aujourd’hui », déplore ce professeur. Un bilan contesté par Ace Magashule. « Avez-vous déjà entendu les communautés se plaindre durant nos mandats ? » répond-t-il aux journalistes qui le cuisinent.

Un populiste de terrain

L’enfant de Tumahole renvoie toujours au peuple quand il est malmené. « Vous les médias, vous ne me connaissez pas. Allez voir sur le terrain, allez voir les masses, allez dans les églises », intime-t-il aux journalistes, à qui il aime faire la leçon. L’homme est quelque peu impressionnant. Le crâne rasé, l’allure stricte avec des lunettes aux montures rectangulaires et les sourcils qui froncent comme s’il vous grondait. Rien ne brille dans sa garde robe. « Je ne suis qu’un simple et modeste leader », assure-t-il.

Populiste, Ace Magashule sait mieux que personne se servir de la base. Son pouvoir vient des branches de l’ANC, les déclinaisons locales du parti présidentiel. « Si vous contrôlez suffisamment de branches, vous contrôlez une région. Si vous contrôlez assez de régions, vous contrôlez une province. Et si vous contrôlez une province, vous pouvez vous asseoir à la table des grands », relate Pieter-Louis Myburgh. Cette stratégie inspire une comparaison à André Duvenhage. « C’est un homme de terrain comme Zuma et contrairement à Cyril Ramaphosa ou à l’ancien président Thabo Mbeki, qui sont des politiciens de l’élite », analyse-t-il.

ACE MAGASHULE ET JACOB ZUMA SE SONT FAIT LA COURTE-ÉCHELLE POUR ATTEINDRE LE SOMMET DU POUVOIR

Alignés stratégiquement, Ace Magashule et Jacob Zuma et se font la courte-échelle pour atteindre le sommet du pouvoir à la fin des années 2000. Sous l’influence du premier, le Free State soutient la candidature du second pour la présidentielle. Après son élection, Zuma renvoie l’ascenseur à Magashule et lui offre la direction du Free State. Ace intègre alors la « Premier league », une alliance de premiers ministres soutenant le président.

Théorie du complot

La chute de Zuma en 2018, plombé par les affaires de corruption, fait office de paratonnerre. Épargné par la foudre du scandale, Magashule parvient à se hisser au poste de secrétaire général de l’ANC lors du congrès qui voit Cyril Ramaphosa devenir président du parti. D’un côté, Ramaphosa est élu sur la promesse d’une aube nouvelle débarrassée de la corruption. De l’autre, Magashule, un Zuma boy controversé, représente une faction rivale. La cohabitation fera long feu.À LIREAfrique du Sud : entre Zuma et Ramaphosa, le duel qui fragilise l’ANC

La mise en examen de ce dernier, le 10 novembre 2020, pour corruption, offre un angle d’attaque à ses opposants. En fouillant dans les textes du parti, les caciques de l’ANC déterrent une résolution qui sommeillait en bas de page. « Dirigeants et membres de l’ANC soupçonnés de corruption doivent se mettre en retrait du parti jusqu’à ce que leur nom soit lavé », dit le texte. Magashule tente une diversion. « Pourquoi êtes-vous si pressés de faire appliquer cette résolution alors qu’il y en a tant d’autres qui le sont pas ? »,  improvise-t-il lors d’une interview télévisée. Des atermoiements qui se concluent par son exclusion temporaire prononcée par courrier le 3 mai 2021.

En guise de baroud d’honneur, Ace Magashule contre-attaque avec du papier à lettre et suspend à son tour Cyril Ramaphosa en qualité de président de l’ANC. Un coup d’épée dans l’eau qui illustre la détermination du secrétaire général à défendre son siège et à défier le chef de l’État. Ace engage Dali Mpofu, l’avocat de… Jacob Zuma. En vain. L’affaire échoue devant les tribunaux.

JE PEUX VOUS ASSURER QU’IL VA REPARTIR AU COMBAT, IL N’A PAS PERDU TOUT ESPOIR DE CONTRÔLER L’ANC

Les deux vétérans de la politique sud-africaine – 79 ans pour Zuma, bientôt 62 pour Magashule – ont prospéré ensemble avant de tomber en disgrâce sous la présidence de Cyril Ramaphosa. Aujourd’hui ils se serrent les coudes et propagent la même théorie d’une conspiration. « Il est évident que l’objectif est de nous affaiblir, nous, la base de l’ANC. On connaît leur agenda : ils veulent nous éliminer. On a peur de boire un verre d’eau ou un thé de nos jours », affirmait Magashule le soir du 13 novembre 2020.

Malgré sa mise à l’écart du parti, Ace Magashule continue d’appeler à voter ANC pour les élections locales du 1er novembre. Ne surtout pas insulter l’avenir. « Je peux vous assurer qu’il va repartir au combat, il n’a pas perdu tout espoir de contrôler l’ANC », anticipe André Duvenhage. Apparaît déjà sur les affiches de ses sympathisants la date du prochain congrès de l’ANC en décembre 2022. « Je n’ai aucun doute qu’il va mobiliser. Il aura des branches derrière lui, des gens qui vont essayer d’avoir un impact sur la prochaine conférence de l’ANC. Ace applique les mêmes règles que Jacob Zuma : occuper le terrain. »

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson

Congo: Décès de Paul Dihoulou, ce matin à Brazzaville

octobre 11, 2021


Paul Dihoulou était Secrétaire général par intérim de l’UDR- Mwinda, et membre de l’opposition politique congolaise.

Avec Brazzanews

Côte d’Ivoire : Abdourahmane Cissé nommé secrétaire général de la présidence

mars 29, 2021
Abdourahmane Cissé, ancien ministre ivoirien du Pétrole, a été nommé secrétaire général de la présidence ivoirienne ce lundi 29 mars 2021.

Ministre du Pétrole dans le gouvernement sortant, Abdourahmane Cissé a été nommé secrétaire général de la présidence, le poste qu’occupait depuis 2017 Patrick Achi, confirmé au poste de Premier ministre après avoir assuré l’intérim d’Hamed Bakayoko.

Sa nomination par décret a été annoncée ce lundi 29 mars, en début d’après-midi. Abdourahmane Cissé, qui occupait le poste de ministre du Pétrole dans le gouvernement sortant, devient donc le nouveau secrétaire général de la présidence ivoirienne. À 39 ans, cet ingénieur de formation reprend donc le flambeau laissé par Patrick Achi, confirmé au poste de Premier ministre vendredi 26 mars (il y avait été nommé par intérim après le départ pour la France d’Hamed Bakayoko, l’ancien Premier ministre brutalement décédé depuis), à qui Alassane Ouattara a confié la mission de constituer le futur gouvernement dans les jours qui viennent.PUBLICITÉ

Un duo de technocrates

En choisissant Abdourahmane Cissé comme secrétaire général, en tandem avec Patrick Achi à la primature, Alassane Ouattara fait le choix d’un duo de technocrates pour occuper deux postes stratégiques au sommet de l’exécutif. Selon une source proche du Premier ministre, le président l’a informé de son choix lors d’un entretien au palais, ce lundi dans la matinée.

Achi et Cissé seront appelés à travailler ensemble de manière quotidienne : dans le dispositif mis en place par le chef de l’État, le Premier ministre et le secrétaire général de la présidence préparent en effet les réunions du conseil des ministres lors de rencontres régulières au cours desquelles les principaux dossiers sont abordés.

IL A COMMENCÉ SA CARRIÈRE PROFESSIONNELLE EN TANT QUE BANQUIER AU SEIN DE GOLDMAN SACHS INTERNATIONAL

Né en 1981 dans la commune populaire de Treichville, à Abidjan, d’une mère au foyer et d’un père entrepreneur en bâtiment, benjamin d’une fratrie de quatre enfants, Abdourahmane Cissé a suivi de brillantes études. Au sein de l’école publique ivoirienne d’abord, puis en France, où il a intégré l’École polytechnique et l’Institut français du pétrole avant de s’envoler pour les États-Unis, où il a poursuivi son cursus à l’université d’Oklahoma.

Il a commencé sa carrière professionnelle en tant que trader à Goldman Sachs International, à Londres. En 2011, il quitte la prestigieuse banque d’affaires et rentre en Côte d’Ivoire, dans le sillage de l’élection d’Alassane Ouattara.

Ascension fulgurante

Il pénètre dans le sérail par le biais de Téné Birahima Ouattara, ministre des Affaires présidentielles et frère du chef de l’État, qu’il a rencontré à Londres. L’ascension est fulgurante. En 2012, il est nommé conseiller chargé des Finances publiques auprès d’Alassane Ouattara, avant de devenir le chef de cabinet de la ministre de l’Économie et des Finances d’alors, Nialé Kaba. En 2013, le voilà nommé à son premier poste au sein du gouvernement : il devient ministre du Budget et du Portefeuille de l’État.

En 2017, il quitte le gouvernement et devient ministre conseiller spécial auprès du président de la République chargé des Affaires économiques et financières, avant de faire un retour remarqué en prenant la tête du ministère du Pétrole, de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables, le 10 décembre 2018. Un poste où il succède à Thierry Tanoh, qui était alors le dernier ministre issu du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, d’Henri Konan Bédié) encore présent au sein de l’exécutif.

Aux dernières législatives, lors desquelles Alassane Ouattara avait encouragé ses ministres à se présenter, tout en prévenant que ceux qui ne seraient pas élus risquaient de ne pas être reconduits, Abdourahmane Cissé avait fait le choix de ne pas se briguer la députation dans la circonscription de Port-Bouët, bastion du PDCI situé dans le sud d’Abidjan.

Avec jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

RDC-Kinshasa : Des combattants de l’UDPS blessés, divisés et fâchés, à Limete, contre leur Secrétaire général

mai 10, 2019

 

 

Publiée le 8 mai 2019 par Elengi Ya CongoTV Officiel

RDC/Kinshasa: Des combattants de l’UDPS blessés, divisés et fâchés, à Limite contre leur Secrétaire général

mai 9, 2019

 

Publiée le 8 mai 2019 par Elengi Ya CongoTV Officiel

Les hommages affluent après la mort de Kofi Annan, ancien chef de l’ONU

août 18, 2018

L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan à Paris le 11 décembre 2017 / © AFP/Archives / JOEL SAGET

De son Afrique natale à l’Amérique, les grands dirigeants rendaient hommage samedi à l’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix Kofi Annan, décédé en Suisse à l’âge de 80 ans, après avoir été au centre de la diplomatie mondiale pendant une décennie troublée.

Kofi Annan est « décédé paisiblement samedi 18 août après une courte maladie », a annoncé « avec une immense tristesse » sa fondation dans un communiqué de Genève, indiquant que son épouse et ses enfants étaient à ses côtés pour ses derniers jours en Suisse où il vivait.

Les hommages ont afflué, du Ghana, son pays natal, à l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a souligné « une force qui guidait vers le bien », en passant par l’ex-président américain Barack Obama et les grands dirigeants européens.

« Kofi Annan a voué sa vie à faire du monde un endroit plus pacifique », a soutenu l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, louant un diplomate ayant « oeuvré inlassablement pour nous unir ».

Barack Obama a salué « son intégrité, sa détermination, son optimisme et son sens de notre humanité partagée » et souligné qu’il avait contribué à « motiver et inspirer » la « prochaine génération de leaders ».

« Nous n’oublierons jamais son regard calme et résolu, ni la force de ses combats », a tweeté le président français Emmnuel Macron, alors que son homologue russe Vladimir Poutine a déclaré avoir « sincèrement admiré la sagesse et le courage » du diplomate.

La Première ministre britannique Theresa May a rendu hommage à « un grand leader et réformateur de l’ONU » tandis que Amnesty International a salué « un champion de la justice, de la paix et de la dignité ».

Kofi Annan et son successeur à la tête des Nations-Unies, le Sud-Coréen Ban Ki-Moon (à droite), au siège des Nations Unies le 01 mars 2012 / © AFP/Archives / Emmanuel DUNAND

La chancelière allemande Angela Merkel a, elle, insisté sur la « voix de Kofi Annan » qui « va beaucoup nous manquer à une époque où la recherche en commun de solutions aux problèmes mondiaux est plus urgente que jamais ».

– « Fils éminent de l’Afrique » –

Kofi Annan fut le premier secrétaire général issu de l’Afrique sub-saharienne et le Ghana, où il était né, a décrété une semaine de deuil à partir de lundi.

« Il a considérablement contribué au renom de notre pays par sa position, par sa conduite et son comportement dans le monde », a déclaré le président ghanéen Nana Akufo-Addo.

En Afrique du Sud, le parti au pouvoir, l’ANC, s’est souvenu d’un « fils éminent de l’Afrique » qui a oeuvré « en faveur (des pays) du Sud en développement ».

Un autre prix Nobel de la paix, l’archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu a de son côté évoqué « un remarquable être humain qui a représenté notre continent et le monde avec une immense grâce, intégrité et distinction ».

En février 2012, Kofi Annan est choisi par l’ONU et la Ligue arabe pour mener une médiation dans la guerre en Syrie, mais il jette l’éponge cinq mois plus tard / © AFP/Archives / FABRICE COFFRINI

La Ligue arabe, basée au Caire, a aussi rendu hommage à Kofi Annan tandis que le ministère égyptien des Affaires étrangères l’a qualifié d' »icône et source de fierté pour tous les Africains et les amoureux de la paix ».

– bilan terni –

Diplomate de carrière, Kofi Annan a contribué à rendre l’ONU plus présente sur la scène internationale pendant ses deux mandats, de 1997 à 2007.

Il a dirigé l’organisation pendant la période troublée de la guerre en Irak, avant de voir son bilan terni par des accusations de corruption dans l’affaire « pétrole contre nourriture ».

A son départ, il était cependant un des dirigeants de l’ONU les plus populaires. Conjointement avec l’organisation, il a reçu en 2001 le Prix Nobel de la Paix pour ses « efforts en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique ».

« J’ai essayé de placer l’être humain au centre de tout ce que nous entreprenons: de la prévention des conflits au développement et aux droits de l’Homme », avait-il déclaré en acceptant le Nobel.

Kofi Annan et sa femme Nane Marie (à droite) assistent à l’investiture du président ghanéen Nana Akufo-Addo, à Accra, au Ghana, le 07 janvier 2017 / © AFP/Archives / CRISTINA ALDEHUELA

Kofi annan avait d’abord dirigé les ressources humaines de l’ONU, puis les affaires budgétaires, avant de chapeauter à partir de 1993 le maintien de la paix et d’être propulsé quatre ans plus tard à la tête de l’organisation.

Lorsqu’il dirigeait le département de maintien de la paix, l’ONU a connu deux des épisodes les plus sombres de son histoire: le génocide rwandais et la guerre en Bosnie.

Les Casques bleus se sont retirés en 1994 du Rwanda en proie au chaos et aux violences ethniques. Et un an plus tard, l’ONU n’a pas su empêcher les forces serbes de massacrer plusieurs milliers de musulmans à Srebrenica, en Bosnie.

– « rock-star de la diplomatie » –

Kofi Annan s’était vite adapté à son nouveau rôle, multipliant les apparitions à la télévision et les participations aux dîners mondains à New York. Jusqu’à devenir une vedette, qualifié par certains de « rock star de la diplomatie ».

Il avait irrité Washington en estimant « illégale » l’invasion de l’Irak en 2003, qui n’avait pas été entérinée par le Conseil de sécurité.

Né en avril 1938 à Kumasi, au Ghana, fils d’un cadre d’une filiale du groupe anglo-hollandais Unilever, Kofi Annan avait étudié à l’université de Kumasi, puis grâce à une bourse, dans une université américaine, avant d’entrer à l’Institut des hautes études internationales de Genève.

En février 2012, il est choisi par l’ONU et la Ligue arabe pour mener une médiation dans la guerre en Syrie, mais il jette l’éponge cinq mois plus tard. Il accusera les grandes puissances d’avoir par leurs dissensions transformé sa médiation en « mission impossible ».

Romandie.com avec(©AFP / (18 août 2018 18h12)

L’ONU ne croit plus à la mort accidentelle de son secrétaire général Hammarskjöld

septembre 28, 2017

L'ONU ne croit plus à la mort accidentelle de son secrétaire général Hammarskjöld

Dag Hammarskjöld. AFP/AFP

 

D’après un rapport confidentiel des Nations unies, dont Le Figaro a pu consulter un résumé détaillé, les circonstances de la mort, en 1961, du secrétaire général d’origine suédoise ne sont pas accidentelles. L’avion du haut fonctionnaire aurait été abattu.

Le crash de l’avion qui a causé la mort du secrétaire général des Nations Unies ne serait pas accidentel, d’après un rapport du juge tanzanien Mohamed Chande Othman, chargé par l’organisation en février 2017 de rouvrir l’enquête initialement classée en 1962. Un rapport remis le 9 août dernier à l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, fait état de «nouveaux éléments», fournis notamment par les gouvernements américain, anglais et belge.

Selon l’abstract du document (ou sommaire exécutif) qu’a pu consulter Le Figaro, le Douglas DC-6 «Albertina», immatriculé SE-BDY et disparu peu après minuit, le 18 septembre 1961, dans la jungle nord-rhodésienne (Zambie, de nos jours), près du bourg de Ndola, a «très probablement» été victime d’une attaque aérienne de la part d’un agresseur non-identifié. Chande Othman, nommé «personnalité éminente» par Guterres après avoir présidé un premier panel d’expert sur la question en 2015, se félicite que Washington et Londres, en particulier, reconnaissent désormais avoir disposé naguère de moyens d’écoute technique et de «renseignement humain» autour de Ndola… après avoir farouchement nié toute présence immédiate durant plus d’un demi-siècle.

Hammarskjöld, ainsi que les 15 autres passagers, auraient péri dans le Douglas DC-6

Alors qu’il était en route pour Ndola, située tout près de la frontière katangaise, Hammarskjöld, ainsi que les 15 autres passagers, ont péri dans le Douglas DC-6, intentionnellement abattu par un autre avion près de leur destination, au-dessus de la jungle nord-rhodésienne (actuelle Zambie). Le diplomate suédois, à la tête de l’ONU depuis 1953, était parti en mission «de la dernière chance», aux confins du Katanga, cette riche et irrédentiste province minière du Congo, pour négocier le retour de celle-ci dans le giron de Léopoldville (actuelle Kinshasa) avec le président katangais Moïse Tshombé, dont la petite armée était encadrée par quelques centaines de mercenaires occidentaux. Une fin d’autant plus tragique que le diplomate onusien, architecte du concept de «diplomatie préventive», pensait pouvoir ramener la paix au Katanga, malgré les violents combats opposant forces katangaises et casques bleus.

Les dernières conversations dans le cockpit

Alors que deux enquêtes menées en 1962 par la Rhodésie du nord avaient privilégié la thèse de l’erreur de pilotage, une commission de l’ONU avait rendu un verdict moins affirmatif, cette même année. La thèse d’une bavure avait également été soulevée par des anciens collaborateurs de Hammarskjöld et vétérans de la mission ONUC au Congo, comme George Ivan Smith et Conor Cruise O’Brien, en 1992. Ces deux hommes, convaincus de la thèse du complot, s’appuyaient sur le témoignage d’un diplomate français, Claude de Kémoularia, auquel un ancien pilote de chasse belge dénommé Beukels se serait confié en 1967, évoquant une terrible «bavure» après une tentative de détournement aérien. Il se serait agi, selon cet individu, de contraindre Hammarskjöld à se poser à Kolwezi, et entendre les doléances des responsables de l’Union minière du Haut Katanga, ce consortium anglo-belge finançant la petite entreprise sécessionniste de Tshombé. Beukels, disparu par la suite des écrans-radars, demeure un des fils rouges de l’enquête. Interrogée, la Belgique dit n’avoir pas retrouvé trace de cet individu. Claude de Kémoularia est décédé en 2016 à Paris.

Le juge mandaté par l’ONU demande l’accès aux interceptions radio

En 2011, l’enquête méticuleuse de la britannique Susan Williams, auteur du livre Qui a tué Hammarskjöld? remet sur la table la thèse de l’assassinat et persuade l’ONU de relancer l’enquête. En juin 2015, un panel d’experts indépendants convoqué par Ban ki-moon, le prédécesseur d’Antonio Guterres, et confié à Chande Othman, estimera qu’il existe assez de «nouveaux éléments» pour que l’ONU reprenne la main, après une étrange létargie de cinquante-cinq ans.

Une douzaine de témoins noirs, négligé en 1962 par le régime ségrégationniste du Nord-rhodésien Roy Welensky, certifient avoir vu des lueurs dans le ciel, au moins un autre avion en embuscade derrière l’Albertina, et des mouvements de troupes dans la jungle autour de l’épave, des heures avant la découverte officielle de celle-ci par un avion d’observation. En outre, l’«Albertina» a-t-il communiqué avec la tour de contrôle de Ndola juste avant de s’évanouir dans la nature? Et si oui, la tour n’ayant conservé aucun enregistrement, les «grandes oreilles» américaines, anglaises ou nord-rhodésiennes, ont-elles intercepté ces échanges, qui détaillent (faute de boîte noire) potentiellement les derniers instants du DC-6? C’est ce qu’affirment deux anciens de la NSA (National Security Agency, renseignements technologiques), Charles Southall et Paul Henry Abram, témoins acoustiques du drame depuis de lointaines stations d’écoute, mentionnés par le rapport, mais superbement ignorés par leurs propres autorités. Southall, aujourd’hui décédé, et Abram, interrogé par Le Figaro, affirment avoir assisté, stupéfaits, à la destruction de l’appareil par des agresseurs surgis du diable vauvert.

«Sur la base de toutes les informations que nous avons entre les mains, écrit Chande Othman, il est plausible que le crash aérien ait été causé par une attaque ou une menace externe, soit directement et physiquement sur le DC-6 entraînant sa chute, soit par une distraction momentanée des pilotes» relative à l’irruption d’un autre appareil.

Bien que le juge tanzanien qualifie de «décisive» la divulgation de tels enregistrements audio, les États-Unis et la Grande-Bretagne se refusent depuis 2015 à ouvrir leurs archives, invoquant des questions de «sécurité nationale». «Nous sommes parvenus à un moment où les gouvernements ont déclassifié des documents jadis top secrets sur cette époque, bien conscients qu’ils se rapportent à des événements, et un monde, depuis longtemps révolus, conclue le rapport. Un élan collectif visant à encourager les États-membres concernés au premier chef à identifier les données relatives à ce tragique incident (…) nous autoriserait à compléter le puzzle, avant que ne s’estompe définitivement la mémoire de ceux qui ont péri à bord du vol SE-BDY».

Lefigaro.fr par 

Le nouveau patron de l’ONU veut faire de 2017 une année pour la paix

janvier 1, 2017

Nations unies (Etats-Unis) – Le nouveau secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dit vouloir faire de 2017 une année pour la paix, dans un message diffusé à l’occasion du Nouvel An et de son entrée en fonctions.

M. Guterres succède au 1er janvier à Ban Ki-moon à la tête des Nations unies et hérite en particulier du lourd dossier de la guerre en Syrie.

En cette première journée à la tête des Nations unies, une question me pèse sur le coeur: comment venir en aide aux millions d’êtres humains pris au piège de conflits ?, écrit M. Guterres.

En ce jour de l’An, je vous demande à tous de prendre avec moi cette résolution: engageons-nous à faire de la paix notre priorité absolue.

Pour le nouveau secrétaire général, tout ce que nous valorisons en tant que famille humaine – la dignité et l’espoir, le progrès et la prospérité – dépend de la paix. Mais la paix dépend de nous, poursuit-il. Engagez-vous à mes côtés au service de la paix, jour après jour. Faisons de 2017 une année pour la paix.

Faisons de 2017, ajoute-t-il, l’année où nous tous – citoyens, gouvernements et dirigeants – aurons tout fait pour surmonter nos différences, ajoute l’ex-Premier ministre socialiste portugais.

De la solidarité et la compassion dans notre vie quotidienne, au dialogue et au respect quelles que soient les clivages politiques… Des cessez-le-feu sur le champ de bataille aux compromis à la table des négociations.

Romandie.com avec(©AFP / 01 janvier 2017 13h25

Antonio Guterres officiellement élu secrétaire général de l’ONU

octobre 13, 2016

L’Assemblée générale a élu jeudi par acclamation Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l’organisation. L’ancien premier ministre portugais, âgé de 67 ans, succédera au Sud-Coréen Ban Ki-moon, dont le deuxième mandat s’achève le 31 décembre.

Antonio Guterres « est sans doute mieux connu là où cela compte le plus: sur les lignes de front des conflits armés et des crises humanitaires », a déclaré Ban Ki-moon devant l’Assemblée générale.

« J’apprécie ses conseils et admire son dévouement depuis longtemps (…) Ses instincts politiques sont ceux des Nations Unies: la coopération pour le bien commun et la responsabilité partagée envers les gens et la planète. Il reconnaît l’importance cruciale de l’émergence des femmes, dans les négociations de paix comme dans cette maison », a-t-il poursuivi.

Antonio Guterres avait été recommandé la semaine dernière par le Conseil de sécurité, qui s’était prononcé à l’unanimité. Il a été préféré à douze autres prétendants, parmi lesquels figuraient sept femmes.

Appel à l’unité
Lors de son premier point de presse après sa nomination, il a appelé les grandes puissances à surmonter leurs divisions sur la Syrie. « Il est grand temps de se battre pour la paix ».

« Les pays qui sont les acteurs-clé vont se retrouver à nouveau pour essayer de faire avancer le processus de paix: je ne peux que souhaiter qu’ils réussissent car c’est notre obligation morale à tous de mettre un terme aux souffrances du peuple syrien », a déclaré l’ancien Haut commissaire de l’ONU aux réfugiés.

Le futur secrétaire général a également estimé qu’il fallait « combattre avec détermination » tant les « groupes terroristes et les extrémistes violents » que « l’expression du populisme et de la xénophobie », qui « se renforcent mutuellement ».

Constituer une équipe
M. Guterres va maintenant devoir constituer son équipe, un travail qui sera suivi de près, notamment à Pékin. La Chine souhaite que la direction des opérations de maintien de la paix, actuellement exercée par le Français Hervé Ladsous, revienne à un Chinois, dit-on de sources diplomatiques. La Russie briguerait quant à elle les Affaires politiques.

Antonio Guterres n’a conclu aucun accord avec Pékin et Moscou pour obtenir leurs suffrages, a toutefois assuré un membre du Conseil de sécurité. Il « est du genre à s’entourer d’une équipe forte, choisie au mérite », a-t-il poursuivi, confirmant que la Chine voulait ardemment le département du maintien de la paix.

Antonio Guterres sera le neuvième secrétaire général de l’organisation, après avoir été chef du gouvernement portugais de 1995 à 2002 puis haut commissaire de l’Onu aux réfugiés de 2005 à 2015.

Romandie.com avec(ats / 13.10.2016 18h38)

ONU : le Conseil de sécurité choisit Antonio Guterres

octobre 6, 2016

L’ancien premier ministre portugais a reçu le soutien unanime du Conseil pour devenir secrétaire général des Nations unies.

Antonio Guterres, alors haut-commissaire pour les réfugiés des Nations unies, le 18 décembre 2015, à Genève.

Antonio Guterres, alors haut-commissaire pour les réfugiés des Nations unies, le 18 décembre 2015, à Genève. DENIS BALIBOUSE / REUTERS
Sauf coup de théâtre, Antonio Guterres devrait succéder au Sud-Coréen Ban Ki-moon. Les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont entériné, jeudi 6 octobre, le choix de l’ancien premier ministre portugais comme prochain secrétaire général de l’ONU.

M. Guterres, socialiste de 67 ans, a été chef de la mission de l’ONU pour les réfugiés durant dix ans, jusqu’en 2015. Il connaît donc très bien la machine onusienne. Il est aussi francophone.

Le candidat doit désormais obtenir le vote favorable de l’Assemblée générale de l’ONU, chargée d’élire le secrétaire général. Le prochain secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier.

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