Posts Tagged ‘Sécurité’

Canada: Québec et Ottawa ferment des sites et services internet gouvernementaux

décembre 13, 2021

(Québec) Québec a ordonné la fermeture préventive de l’ensemble de ses systèmes informatiques accessibles depuis l’internet – pas moins de 3992 sites et services – à la suite de la découverte d’une faille de sécurité majeure touchant des serveurs à travers le monde.

À Ottawa, le gouvernement fédéral a décidé d’en faire autant en fermant bon nombre de services qui pourraient être vulnérables pendant que l’on évalue la situation. L’Agence du revenu du Canada (ARC) est du nombre.

« L’Agence a pris connaissance d’une vulnérabilité de sécurité qui affecte des organisations à travers le monde. Par précaution, nous avons de façon proactive pris la décision de suspendre nos services en ligne pendant que nous apportons les mises à jour nécessaires à nos systèmes. Rien n’indique à présent que les systèmes de l’Agence ont été compromis ou qu’un accès non autorisé aux informations de contribuables a eu lieu en raison de cette vulnérabilité », a indiqué l’ARC dans une déclaration.

CAPTURE D’ÉCRAN LA PRESSELe site web du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’était pas accessible dimanche.

Revenu Québec a également suspendu ses services en ligne, bien que son site demeure ouvert pour la consultation d’informations de base. « Rien n’indique que nos systèmes soient touchés par cette vulnérabilité, mais nous agissons proactivement afin d’en préserver l’intégrité. Nos services seront à nouveau disponibles dès que possible », peut-on lire sur son site web.

En fin de journée, dimanche, la Ville de Montréal a emboîté le pas et annoncé la suspension préventive de certains de ses services numériques.

Faille « Log4Shell »

La faille « Log4Shell » permet à un cyberpirate de faire exécuter des codes informatiques sur le serveur des organismes et de prendre le contrôle de leur système. Une bibliothèque Java de la société Apache, largement utilisée dans le monde, est concernée. À Québec, le Centre gouvernemental de cyberdéfense a pris connaissance de cette vulnérabilité le 10 décembre et a demandé à tous les responsables de la sécurité informatique de détecter cette faille dans les systèmes de l’État québécois.

« [En fin de journée samedi], nous avons convenu que la menace de préjudice était plus grande que le préjudice de fermer l’ensemble des systèmes du gouvernement accessibles depuis internet », a expliqué le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire, lors d’une conférence de presse en compagnie du dirigeant principal de l’information, Pierre Rodrigue, dimanche.

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNEÉric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique

Nous étions face à une menace d’un niveau critique de 10 sur 10. Une criticité de 10 entraîne automatiquement la fermeture du système qui est visé.

Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique

Il a donc été ordonné de fermer de manière préventive les 3992 sites et services internet de l’État, une décision exceptionnelle et jamais vue au gouvernement du Québec.

« C’est l’ensemble de l’appareil public qui est visé par la directive », les ministères et les organismes publics comme parapublics, a insisté Éric Caire. L’ordre touche, entre autres, les services gouvernementaux offerts aux citoyens sur l’internet – comme ceux utilisant CLICSÉQUR – et les sites web du réseau de l’éducation et de la santé. Le système de prise de rendez-vous pour un vaccin contre la COVID-19 « a déjà été corrigé » et est accessible, et les données du passeport vaccinal ne seraient pas concernées par le danger, selon les explications du ministre.

Québec précise qu’aucune activité laissant croire qu’un pirate informatique a exploité cette faille n’a été détectée à ce jour. Il n’y aurait donc pas eu fuite de données personnelles ou d’informations sensibles du gouvernement pour le moment, par exemple.

« Il y a peut-être des gens qui ont scanné des systèmes. Ça, ça ne laisse pas de trace et on ne le sait pas. Mais il n’y a pas eu de tentative d’introduction, donc personne qui a essayé d’utiliser cette brèche pour s’introduire dans un serveur et causer du dégât. Il n’y en a pas au moment où on se parle », a affirmé Éric Caire.

Tous les ministères et organismes publics et parapublics doivent vérifier s’ils utilisent la bibliothèque Java en cause et donc si leurs systèmes informatiques sont vulnérables. « On cherche un peu une aiguille dans une botte de foin, je ne vous le cache pas ! », a lâché le ministre.

« Excusez l’expression, mais il faut scanner l’ensemble de nos systèmes, parce qu’on n’a pas un inventaire. C’est comme dire combien de pièces dans tous les immeubles du gouvernement du Québec utilisent des ampoules 60 watts. Je ne le sais pas. Donc on fait le tour des pièces et on fait le tour des ampoules pour savoir si c’est une 60 watts. C’est un travail de moine. »

Les sites et services internet seront rouverts rapidement si l’on constate qu’ils ne sont pas concernés par la faille de sécurité. Les autres devront installer un correctif informatique et vérifier ensuite si un problème persiste. « Il y a une batterie de tests à faire », a indiqué Éric Caire. Plusieurs jours seront nécessaires pour terminer l’opération et rétablir l’ensemble des systèmes informatiques. Pour le ministre, il n’est pas question de « tourner les coins ronds ».

Si des sites web du gouvernement sont accessibles en ce moment, c’est soit parce qu’ils n’ont pas encore exécuté l’ordre de fermeture – ce serait une très faible minorité –, soit parce que l’on a conclu rapidement qu’ils ne sont pas concernés par la faille ou que leurs systèmes ont été corrigés – c’est le cas pour des sites du réseau de la santé. La plateforme Québec.ca, qui utilise la bibliothèque en cause, a été fermée et remise en ligne rapidement, puisque les correctifs ont été apportés.

« Les sites critiques, plus névralgiques et utilisés, seront priorisés pour minimiser les impacts et s’assurer qu’ils sont rendus disponibles le plus rapidement possible », a indiqué le ministre Caire. Lundi, le gouvernement devrait rendre publique une liste des sites et services qui sont rouverts comme de ceux qui demeurent fermés.

Les citoyens ayant besoin d’un service offert en ligne et se butant à un site fermé devront « utiliser une autre voie de passage », et « des fonctionnaires peuvent répondre aux besoins des citoyens », s’est contenté de dire Éric Caire.

À Ottawa, la ministre de la Défense, Anita Anand, a affirmé que tout est mis en œuvre pour protéger l’intégrité des sites du gouvernement fédéral et des données confidentielles qu’ils abritent.

« Le gouvernement du Canada est au courant d’une vulnérabilité signalée par Apache. Cette vulnérabilité pourrait permettre à des auteurs malveillants de mener des attaques ciblées et à portée limitée. […] Le gouvernement du Canada dispose de systèmes et d’outils permettant de surveiller, de détecter et d’analyser les menaces potentielles, et de prendre des mesures le cas échéant. Par excès de prudence, certains ministères ont interrompu leurs services en ligne afin de procéder à l’évaluation et à l’atténuation de vulnérabilités potentielles. À ce stade, rien ne nous laisse croire que ces vulnérabilités ont été exploitées sur les serveurs gouvernementaux », a-t-elle affirmé dans une déclaration.

Le Centre canadien pour la cybersécurité a diffusé une alerte à l’intention de l’ensemble des ministères et organismes fédéraux pour qu’ils effectuent des mises à jour visant à assurer la sécurité de leurs sites.

Les gouvernements ont-ils pris la bonne décision ?

Selon Marc-Etienne Léveillé, chercheur sénior en logiciels malveillants chez ESET, entreprise de sécurité informatique, les gouvernements ont pris la bonne décision en fermant temporairement leurs sites et services. « L’impact d’avoir un site fermé pour quelques heures, pour quelques jours dans certains cas, est très minime comparativement aux risques qu’un de ces systèmes-là se fasse pirater », estime le chercheur.

La faille rend les logiciels vulnérables à l’exécution de codes à distance, explique pour sa part Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec. « C’est la pire vulnérabilité qu’il peut y avoir. »

Avis d’experts

Les gouvernements ont-ils pris la bonne décision ?

Selon Marc-Etienne Léveillé, chercheur sénior en logiciels malveillants chez ESET, entreprise de sécurité informatique, les gouvernements ont pris la bonne décision en fermant temporairement leurs sites et services. « L’impact d’avoir un site fermé pour quelques heures, pour quelques jours dans certains cas, est très minime comparativement aux risques qu’un de ces systèmes-là se fasse pirater », estime le chercheur.

La faille rend les logiciels vulnérables à l’exécution de codes à distance, explique pour sa part Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec. « C’est la pire vulnérabilité qu’il peut y avoir. »

Quand la faille a-t-elle été détectée ?

Des sites web spécialisés rapportent que la faille était connue de la société Apache dès le 24 novembre, après qu’un expert de l’entreprise chinoise Alibaba l’eut mise au jour, et qu’un correctif aurait été publié le 6 décembre. Les experts interrogés par La Presse indiquent pour leur part avoir été mis au courant de la faille « Log4Shell » le jeudi 9 décembre.

« Ce qui a dû se passer, c’est qu’elle n’a pas été rendue publique le 24 novembre, mais le chercheur a dû avertir Apache », croit Sébastien Gambs, professeur au département d’informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Selon lui, Apache a dû préférer attendre la publication d’un correctif avant de divulguer la faille au grand public, puisqu’elle n’aurait rien pu faire pour y remédier.

Les gouvernements ont-ils réagi trop tard ?

Pas selon M. Gambs. « Souvent, les mises à jour prennent quelques jours ou quelques semaines à être faites. Donc, c’est vraiment rare que les mises à jour soient faites le premier jour où le correctif sort, explique-t-il. Divulguer la faille publiquement, c’est justement une façon de dire aux gens : c’est un problème très sérieux, faites votre mise à jour. »

Qui peut exploiter la faille ?

La faille est « relativement facile » à exploiter pour ceux qui possèdent des connaissances en programmation, indique Marc-Etienne Léveillé. Des personnes malintentionnées pourraient, notamment, exécuter un logiciel malveillant sur un site web visé. Les pirates informatiques qui exploiteraient la faille « Log4Shell » pourraient aussi avoir accès à toutes les informations contenues sur un site web, dont les données personnelles qui s’y trouvent, dans le cas des sites web gouvernementaux.

La faille est-elle l’œuvre d’un pirate ?

Non, estime Marc-Etienne Léveillé. « C’est une erreur des développeurs des logiciels », croit le chercheur.

Avec Coralie Laplante et La Presse par Tommy Chouinardla et Joël-Denis Bellavancela

France: Immigration, sécurité, identité, haine des médias… Pour son premier meeting, Eric Zemmour décline ses thèmes de prédilection

décembre 5, 2021

Le candidat d’extrême droite a officialisé le nom de sa formation politique, « Reconquête ». De brèves tensions ont émaillé le début de son discours devant quelque 13 000 personnes, au Parc des expositions, à Villepinte.

Des supporteurs du candidat d’extrême droite Eric Zemmour, le 5 décembre 2021, au Parc des expositions de Villepinte.
Des supporteurs du candidat d’extrême droite Eric Zemmour, le 5 décembre 2021, au Parc des expositions de Villepinte. CYRIL BITTON / DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le candidat d’extrême droite Eric Zemmour entendait faire une démonstration de force lors de son premier meeting de campagne présidentielle dimanche 5 décembre à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Ses opposants ont eux aussi fait entendre leur voix, et manifesté à Paris.

M. Zemmour a pris la parole en fin d’après-midi, au Parc des expositions, face à ses troupes rassemblées derrière son nouveau slogan, « Impossible n’est pas français », expression assortie d’un rameau d’olivier. Ce premier meeting depuis l’officialisation de son entrée en campagne, mardi 30 novembre, a rassemblé 13 000 personnes dimanche, selon les organisateurs. « Près de 15 000 Français qui ont bravé le politiquement correct, les menaces de l’extrême gauche et la haine des médias », a commencé par dire le candidat.

Plusieurs personnes exfiltrées

Le polémiste désormais candidat s’est ensuite plaint d’être attaqué par « le pouvoir et ses relais médiatiques », avant d’enchaîner : « La meute est désormais lancée à mes trousses. Mes adversaires veulent ma mort politique. Les journalistes veulent ma mort sociale et les djihadistes veulent ma mort tout court. »

Réfutant les accusations de racisme et de misogynie, le candidat s’est vanté d’être le « seul de la liberté de penser, la liberté de parole, la liberté de débattre, la liberté des mots sur la réalité pendant qu’ils rêvent tous d’interdire mon meeting et de me condamner »« Comment pourrais-je penser cela, moi, petit juif berbère venu de l’autre côté de la Méditerranée ? », s’est-il encore justifié.

Entre deux « on est chez nous » et des « vive la France » scandés par la foule, le meeting s’est déroulé dans une ambiance électrique et hostile à l’égard des journalistes, hués à plusieurs reprises par les supporteurs d’Eric Zemmour. Pendant les premières minutes du discours du candidat d’extrême droite, l’ambiance s’est considérablement tendue, ont constaté les journalistes sur place. Des échauffourées ont éclaté à l’arrière de la salle, selon les images diffusées par des journalistes de Brut et du Huffington Post. Elles montrent des altercations et des personnes lançant des chaises. Selon les journalistes du Monde présents sur place, plusieurs personnes ont été exfiltrées par le service d’ordre en charge du meeting et des dizaines de jeunes militants.

Aussi, alors que plus de 400 journalistes ont été accrédités, des membres de l’émission « Quotidien », de la chaîne TMC, avaient été pris à partie plus tôt dans l’après-midi, d’abord par un groupe de jeunes militants, puis par une foule de plus en plus importanteIls ont été mis brièvement « à l’abri par sécurité », selon l’équipe du candidat d’extrême droite.

Le nom du parti officialisé

Eric Zemmour a profité de ce grand raout pour officialiser le nom de son parti, « Reconquête », avec adhésion payante. « La reconquête est désormais lancée. La reconquête de notre économie, la reconquête de notre sécurité, la reconquête de notre identité, la reconquête de notre souveraineté, la reconquête de notre pays », a fait valoir le candidat d’extrême droite.

« L’immigration zéro deviendra un objectif clair de notre politique », a déclaré Eric Zemmour. Celui-ci a annoncé vouloir « renvoyer tous les clandestins présents illégalement sur le sol Français »« expulser immédiatement les délinquants étrangers »« déchoir les criminels binationaux de leur nationalité française », et a promis de soumettre ces questions au peuple français par référendum.

M. Zemmour a par ailleurs proposé un « processus de simplification administrative sous l’égide directe de l’Elysée », la création « d’un grand ministère de l’industrie chargé du commerce extérieur, de l’énergie, de la recherche et des matières premières » et que la France sorte du commandement militaire intégré de l’OTAN.

En optant pour la date du 5 décembre, le polémiste a calqué son calendrier sur le congrès du parti Les Républicains (LR), qui a choisi samedi sa candidate, Valérie Pécresse, au profil plus modéré que son rival, Eric Ciotti. « Je tends la main aux électeurs, aux cadres, aux sympathisants des Républicains, dont beaucoup ont été représentés par mon ami Eric Ciotti. Votre place est parmi nous, à nos côtés dans ce combat pour la France », a dit Eric Zemmour.

Le candidat s’en est également pris au président de la République, Emmanuel Macron, qu’il a accusé d’avoir « vidé de leur substance notre économie, notre identité, notre culture, notre liberté, notre énergie, nos espoirs, nos existences »« Il a tout vidé parce qu’il est à lui tout seul, le grand vide, le gouffre. En 2017, la France a élu le néant et elle est tombée dedans », a-t-il encore ajouté.

Faire « taire » Zemmour

Initialement prévu au Zénith, dans le 19e arrondissement de Paris, le meeting a finalement été délocalisé à Villepinte, à une vingtaine de kilomètres. L’équipe d’Eric Zemmour l’explique par « l’engouement populaire », mais admet aussi des raisons de sécurité, alors qu’une cinquantaine d’organisations syndicales, partis de gauche et associations avaient appelé à manifester de Barbès à La Villette pour faire « taire » M. Zemmour.

Quelque 2 200 manifestants selon la Préfecture de police, 10 000 selon les organisateurs, ont défilé dans les rues de Paris dimanche pour dénoncer la candidature à l’élection présidentielle du polémiste d’extrême droite. Ils sont arrivés peu avant 16 heures dans le calme à La Villette, selon notre journaliste Pierre Bouvier.

D’autres militants hostiles au candidat d’extrême droite se sont regroupés à Villepinte, où 46 personnes, qui se trouvaient dans une zone interdite aux manifestations ont été interpellées, selon la préfecture de police. L’association Action antifasciste Paris-Banlieue, qui a notamment appelé sur Twitter ses sympathisants à « saboter » le meeting d’Eric Zemmour, affirmait vouloir « maintenir la pression » ce dimanche après-midi.

Le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, le socialiste Stéphane Troussel, avait lancé une pétition pour faire annuler le meeting par les propriétaires du lieu, le groupe Viparis, en l’interpellant sur sa « charte de la diversité ». La démarche a scandalisé le camp Zemmour. Elle a aussi été contestée par Jean-Luc Mélenchon, interrogé vendredi sur BFM-TV, pour qui « la démocratie, c’est d’écouter aussi ce qui vous déplaît ». Le candidat de La France insoumise tenait, lui, meeting à La Défense, en début d’après-midi.

Des personnalités de La Manif pour tous présentes

Villepinte devait permettre de mesurer les ralliements, alors que l’organisation est critiquée en interne pour sa fragilité et que des militants plus radicaux ont intégré la campagne, comme l’ancien mégrétiste et proche des identitaires Grégoire Tingaud, qui sera chargé de coordonner les référents régionaux. Le financier Charles Gave, qui a retiré son soutien, et le souverainiste Philippe de Villiers ne seront pas présents dimanche.

En revanche, plusieurs personnalités de La Manif pour tous, qui réunit les opposants au mariage entre personnes de même sexe, sont présentes à Villepinte : l’ancien député conservateur Jean-Frédéric Poisson, qui a renoncé à sa propre candidature en 2022 et s’occupera des législatives, ainsi que Christine Boutin, qui présidait avant lui le petit Parti chrétien-démocrate (devenu VIA, la voie du peuple), et Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur, associé jusqu’à présent à LR.

Une figure des « gilets jaunes », Jacline Mouraud, est aussi présente pour soutenir Eric Zemmour et « représenter la France populaire », tout comme l’ancienne conseillère régionale RN Agnès Marion. Celle-ci « espère » un discours autour du « grand déclassement » et du « grand remplacement », cette théorie ethniciste, revendiquée par Eric Zemmour, du remplacement des populations européennes par des immigrés non européens. Pierre-Jean Chalençon, homme d’affaires collectionneur d’objets liés à Napoléon, accusé d’avoir organisé des dîners clandestins pendant le confinement, et l’animateur de télévision Eric Naulleau sont également au meeting d’Eric Zemmour. A leurs côtés se trouve aussi Karim Ouchikh, un proche de l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus.

Le Monde avec AFP

Alec Baldwin ignorait qu’il y avait des balles réelles, selon les documents de cour

octobre 22, 2021

SANTA FE, N.M. — Alec Baldwin s’est vu remettre une arme chargée par un assistant-réalisateur qui a indiqué qu’elle pouvait être utilisée en toute sécurité dans les instants avant que l’acteur ne tue par balle une directrice de la photographie, selon les documents de cour dévoilés vendredi.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’assistant-réalisateur ne savait pas que le pistolet était chargé de balles réelles, selon un mandat de perquisition déposé auprès d’un tribunal de Santa Fe.

Le mandat a été obtenu vendredi afin que les enquêteurs puissent documenter la scène du ranch où la fusillade a eu lieu. Il note que le costume taché de sang de Baldwin pour le film «Rust» a été pris comme preuve, tout comme l’arme qui a été utilisée.

Les enquêteurs ont également saisi d’autres armes à feu et munitions destinées au film.

Le porte-parole du shérif Juan Rios a déclaré qu’Alec Baldwin était autorisé à voyager. «C’est un homme libre», a affirmé M. Rios.

Au moins un coup de feu provenant d’une arme que maniait le célèbre acteur américain a atteint mortellement une femme et a grièvement blessé un homme sur le lieu de tournage du film, jeudi, dans un site désertique de l’État du Nouveau-Mexique. 

Une enquête policière a été ouverte sur cette tragédie, qui semble être accidentelle. Aucune arrestation n’avait encore été faite vendredi.  

Selon le personnel du shérif du Comté de Sante Fe, la directrice de la photographie du film «Rust», Halyna Hutchins, a été transportée par voie aérienne à l’Hôpital de l’Université du Nouveau-Mexique, où la mort de la dame âgée de 42 ans a été constatée.  

Quant au réalisateur Joel Souza, qui a également été atteint, il a été transporté dans un autre hôpital. L’homme âgé de 48 ans est soigné pour ses blessures. Certains médias rapportent qu’il a obtenu son congé.

Selon le journal Santa Fe New Mexican, Alec Baldwin a été vu en larmes près du bureau du shérif. Les tentatives pour obtenir des commentaires de l’acteur âgé de 63 ans ont été vaines. Un de ses représentants a simplement confirmé qu’un accident s’est produit sur le plateau de tournage.

«Il n’y a pas de mots pour exprimer mon choc et ma tristesse concernant l’accident tragique qui a coûté la vie d’Halyna Hutchins, une femme, une mère et une collège que nous admirions grandement, a dit M. Baldwin sur Twitter, vendredi. Je collabore pleinement avec l’enquête policière. Mon cœur se brise pour son mari, son fils et tous ceux qui connaissaient et aimaient Halyna.»

Les accessoires utilisés lors des tournages sont parfois de véritables armes qui peuvent contenir des balles réelles ou être chargées à blanc.

Chargées à blanc, elles produisent un éclair et une détonation, mais aucun projectile. Toutefois, lorsqu’on appuie sur la gâchette, l’enveloppe de papier ou de plastique de la cartouche peut être éjectée avec suffisamment de force pour être mortelle à bout portant.

Des policiers ont été appelés vers 14 h, heure locale, au ranch Bonanza Creek, a dit M. Rios, après la réception d’appels au service 9-1-1 indiquant qu’une personne avait été atteinte par balle sur le plateau de tournage.

Le lieu de tournage de «Rust» a été utilisé dans le passé pour de nombreux films, dont le récent «News of the World», de Tom Hanks.

Le tournage de «Rust» a été interrompu. L’histoire est celle d’un adolescent de 13 ans et de son frère cadet qui doivent se défendre seuls après la mort de leurs parents au Kansas dans les années 1880, selon le site Internet Movie Database. L’adolescent prend la fuite avec son grand-père (interprété par Baldwin) quand on le condamne à la pendaison pour la mort d’un fermier local.

By The Associated Press

Mali: À qui confier ma sécurité territoriale entre la France et la Russie ?

septembre 16, 2021

La France s’oppose aux négociations entre les autorités maliennes et une société du groupe Wagner en vue d’un déploiement de mercenaires russes au Mali. D’après la France, elles pourraient bouleverser toute la stratégie de lutte contre le jihadisme au Sahel.

La France subit les retombées de sa politique étrangère catastrophique, celle qui consiste à soutenir des dictateurs qui martyrisent les Africains tout en détruisant l’avenir de ces jeunes.

La nouvelle génération qui est arrivée aux affaires, essentiellement composée des jeunes ( génération consciente) se désolidarise de l’ancienne puissance coloniale pour prendre leur destin en main.

Avec Brazzanews Image JA

États-Unis: Trump ne veut pas payer pour la protection de Harry et Meghan en Californie

mars 30, 2020

Donald Trump a un message pour le prince Harry et son épouse Meghan, qui viennent de s’installer en Californie: il ne veut pas que les États-Unis payent pour leur protection.

«Je suis un grand ami et un grand admirateur de la reine et du Royaume-Uni», a tweeté le locataire de la Maison Blanche deux heures avant son point de presse quotidien sur le coronavirus. Évoquant la décision de Harry et Meghan de renoncer à s’installer de manière permanente au Canada et de déménager en Californie, il a ajouté: «Les États-Unis ne paieront pas pour leur protection». «Ils doivent payer!», a-t-il conclu, sans donner les raisons de cet emportement soudain.

Le couple a, selon le tabloïd The Sun, pris un jet privé pour Los Angeles la semaine dernière, au moment où le Canada et les États-Unis s’apprêtaient à fermer leur frontière pour lutter contre la propagation du Covid-19. Meghan, ancienne actrice américaine, compte de nombreux amis en Californie, où vit aussi sa mère Doria.

Buckingham Palace n’a pas souhaité commenter les informations du Sun.

Par Le Figaro avec AFP

Mali : António Guterres déplore une « détérioration alarmante de la situation sécuritaire »

janvier 4, 2020

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres à New York le 28 septembre 2017.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres à New York le 28 septembre 2017. © Bebeto Matthews/AP/SIPA

 

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, déplore dans un rapport trimestriel sur le Mali les retards politiques dans l’application de l’Accord de paix de 2015 et l’insécurité croissante dans un pays où « les groupes terroristes gagnent du terrain ».

Dans ce document remis récemment aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, António Guterres souligne que « l’incertitude domine » sur l’avenir des réformes politiques alors que des élections parlementaires devraient être organisées au Mali en 2020. 

« Je suis préoccupé par les retards persistants dans la mise en oeuvre de l’Accord de paix », indique le secrétaire général en évoquant les difficultés du « dialogue national inclusif » et « l’insécurité croissante à travers le pays, notamment le manque de redéploiement des forces de défense et de sécurité maliennes dans le Nord ».

Une détérioration « alarmante »

« La nouvelle détérioration de la situation sécuritaire au Mali et dans la région du Sahel dans son ensemble est alarmante. Les groupes terroristes gagnent du terrain, tandis que les attaques contre les forces de sécurité nationales et internationales se poursuivent sans relâche« , précise-t-il. Selon son rapport, les pertes dans l’armée malienne entre octobre et décembre ont augmenté de 116% comparé aux trois mois précédents, avec 193 morts. Dans le même temps, 68 attaques contre la force de l’ONU, la Minusma, ont été dénombrées contre 20 au cours de la période précédente.

Concernant le processus politique, « l’incertitude domine » sur les suites du dialogue national inclusif engagé par le pouvoir et son impact sur une réforme constitutionnelle, note aussi António Guterres. En décembre, des membres de la société civile et de la classe politique ont achevé une semaine de travaux par un appel à de nouvelles élections et à une révision de la Constitution. Mais les discussions ont été boycottées par la plupart des partis d’opposition. « Les divergences entre les principales parties prenantes sur l’orientation des discussions peuvent rendre difficile l’émergence de recommandations concrètes fondées sur un consensus », estime le chef de l’ONU.

Certains soulignent qu’une réforme constitutionnelle est indispensable pour entraîner des modifications institutionnelles. D’autres mettent en avant le préalable de la création d’un Sénat, comme le prévoit l’Accord de paix, pour assurer la meilleure représentation des populations locales avant un changement de Constitution, explique-t-il. Savoir si les recommandations issues des discussions de décembre seront contraignantes et guideront le processus à suivre « est peu clair », indique son rapport, qui assure que la Minusma travaille à lever « l’impasse ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Afrique du Sud: le président nigérian Buhari exige plus de sécurité pour les étrangers

octobre 3, 2019

 

Le président nigérian Muhammadu Buhari a exigé jeudi 3 octobre le «renforcement et l’application» des mesures de sécurité nécessaires à la protection des étrangers en Afrique du Sud, un mois après la dernière vague de violences xénophobes.

Le mois dernier, des centaines de commerces et de biens appartenant à des étrangers ont été saccagés et incendiés, principalement à Johannesburg, la capitale économique sud-africaine. Ces troubles ont causé la mort d’au moins 12 personnes et de vives tensions entre Pretoria et Abuja, les deux principales puissances du continent. «Nous appelons au renforcement et à l’application de toutes les mesures nécessaires pour prévenir la répétition de ces actes qui menacent non seulement nos solides relations bilatérales mais aussi notre vision d’une Afrique forte et prospère», a déclaré jeudi Muhammadu Buhari en visite d’Etat en Afrique du Sud. «Nous condamnons également les quelques rares incidents qui ont visé les intérêts économiques sud-africains au Nigeria en représailles», a-t-il ajouté devant la presse à l’ouverture de son entretien avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa.

Le chef de l’Etat sud-africain a de son côté une nouvelle fois exprimé «ses vifs regrets pour la violence qui a visé des étrangers dans certaines parties du pays». «Nous condamnons toutes les formes d’intolérance et n’hésiterons pas à agir contre toute forme de violences», a insisté Cyril Ramaphosa. Les deux dirigeants devaient tenir une conférence de presse à l’issue de leurs entretiens. Première puissance industrielle du continent, l’Afrique du Sud accueille des millions de migrants. Elle est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29%), la pauvreté et des inégalités criantes.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Québec au 3e rang des villes les plus sécuritaires

août 8, 2019

Qc.jpg

La ville de Québec figure au 3e rang des villes les plus sécuritaires au monde après Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis et Doha, au Qatar. C’est ce que révèle une étude réalisée par le Ceoworld Magazine.

Le magazine qui s’adresse aux gens d’affaires publie une liste de plus de 300 villes dans le monde classées en fonction de l’indice global de criminalité.

Tous les types de crimes sont pris en considération dans l’analyse statistique.

Il faut descendre jusqu’au 21e rang pour trouver une autre ville américaine, soit Mérida au Mexique.

La ville canadienne la plus près de Québec sur ce classement est Ottawa qui se situe en 37e position.

CBC/Radio-Canada

France/Affaire Benalla: l’enquête a été confiée à un juge d’instruction

juillet 22, 2018

Alexandre Benalla, Vincent Crase et les trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus jeudi doivent être présentés à un juge d’instruction dans la journée.

Il s’agit d’Alexandre Benalla, de Vincent Crase (un salarié de La République en marche qui se trouvait à ses côtés lors des violences place de la Contrescarpe à Paris) ainsi que des trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus jeudi suspectés d’avoir transmis à M. Benalla une vidéo captée par des caméras de vidéosurveillance le 1er mai. Mercredi soir, Le Monde avait révélé avoir formellement identifié MM. Benalla et Crase en train de molester un manifestant sur cette place du 5e arrondissement de la capitale.

L’enquête porte sur les chefs de « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique », « port et complicité de port prohibé et sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique », « port prohibé d’arme de la catégorie B », « violation et recel de violation du secret professionnel » et « détournement et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo protection ».

Le parquet a par ailleurs requis le placement sous contrôle judiciaire des cinq suspects avec certaines obligations ; pour Alexandre Benalla et Vincent Crase l’interdiction d’exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et se contacter. Pour les trois fonctionnaires de la préfecture de police, le parquet demande à ce qu’ils aient l’interdiction d’exercer la fonction à l’occasion de laquelle ils ont commis les infractions reprochées et des interdictions de contact.

Le domicile d’Alexandre Benalla perquisitionné samedi

Samedi, le domicile d’Alexandre Benalla à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) avait été perquisitionné. Vendredi matin, il avait été placé en garde à vue, comme Vincent Crase, qui se trouvait à ses côtés lors des violences place de la Contrescarpe à Paris.

Les trois cadres de la préfecture de police de Paris qui ont été suspendus jeudi ont, eux, été placés en garde à vue samedi. La procédure à leur encontre porte sur des chefs de « détournement d’images d’un système de vidéo protection » ainsi que de « violation du secret professionnel ».

Les victimes présumées identifiées

Par ailleurs, les victimes présumées des violences commises par Alexandre Benalla le 1er mai ont été identifiées, a-t-on appris de source proche de l’enquête samedi. Elles avaient fait l’objet d’une procédure de vérification d’identité après avoir été interpellées le jour de la manifestation.

Selon les informations de Franceinfo, dont Le Monde a eu confirmation, elles ont indiqué aux enquêteurs qu’elles souhaitaient être entendues à une date ultérieure.

Lemonde.fr

Congo: Sassou a renforcé sa sécurité avec 60 mercenaires burundo-soudanais

mai 11, 2018

  

60 mercenaires originaires du Burundi et Soudan ont atterri à l’aéroport d’Ollombo jeudi 10 mai, à bord d’un vol spécial, affrété par la présidence de la république. Ce contingent, dont les éléments sont formés à la protection dans les conditions adverses des hommes politiques, débarque à Oyo quand à Brazzaville, l’ex chef d’état major des forces armées congolaises a été jugé et condamné à 20 ans de prison, pour atteinte à la sûreté intérieure.

Denis Sassou Nguesso a toujours redouté être victime d’un putsch, et pour ce faire, il a consacré depuis son retour aux affaires, un budget colossale à sa sécurité. Après les explosions de Mpila, le numéro un congolais avait fait appel à un contingent des forces spéciales angolaises pour assurer sa sécurité.

La débandade de ses éléments pendant les explosions, lui faisait craindre une intervention d’une partie de l’armée pour le renverser. Il a eu recours aux mercenaires de différents pays dans la traque stérile du pasteur Ntumi. Alors que s’est déroulé à Brazzaville le procès du général Jean Marie Michel Moukoko, ex chef d’état major et candidat à la présidentielle de mars 2016, Denis Sassou Nguesso qui se trouve hors de Brazzaville, comme à chaque événement, a fait venir une soixantaine de mercenaires originaires du Burundi et Soudanais pour renforcer sa sécurité.

Un bruit de mécontentement court au sein des forces armées congolaises sur le traitement infligé au général Jean Marie Michel Moukoko, ainsi qu’à Norbert Dabira et probablement prochainement Nianga Mbouala. Ces 60 mercenaires devraient rejoindre prochainement la capitale Brazzaville et prendre discrètement position autour du palais présidentiel.

Sacer-infos-com par Stany Franck