Posts Tagged ‘Seif Al-Islam Kadhafi’

Seïf al-Islam Kadhafi en route vers le Mali

octobre 28, 2011

Le fils de l’ex-dictateur libyen et le chef des services secrets militaires ont trouvé refuge dans le Sahara auprès de rebelles touaregs.

Seïf al-Islam Kadhafi a quitté la Libye. Son convoi qui était placé sous une forte escorte de combattants touaregs aurait pénétré jeudi au Niger dans le secteur des trois frontières (Libye, Niger, Algérie). L’opération d’exfiltration du fils de Mouammar Kadhafi été organisée, selon nos informations, grâce à l’appui d’Agaly Alambo, l’ancien chef rebelle du Mouvement nigérien pour la justice (MNJ) et de ses hommes.

Seïf al-Islam Kadhafi serait décidé à ne pas subir le sort de son père tué il y a une semaine dans sa ville natale de Syrte. Résolu à sauver sa peau, il se serait caché dans le sud libyen avant de s’engager dans des couloirs qui l’ont conduit hors de portée de ses poursuivants libyens du Conseil national de transition.

Mandat d’arrêt international

Seïf al-Islam avait entretenu ses derniers jours la confusion sur ses intentions. Il avait tout d’abord fait savoir via une télévision syrienne qu’il allait se battre jusque la mort pour venger ses parents. Il aurait ensuite demandé un avion pour sortir du désert et se livrer à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. «Seïf al-Islam a trouvé refuge auprès d’une figure importante des nomades touaregs qu’il avait aidé financièrement par le passé. Il est inquiet pour sa sécurité. Il veut des garanties», avait affirmé une source du CNT à l’agence Reuters. Âgé de 39 ans, le fils du Guide est visé par un mandat d’arrêt international pour des crimes contre l’humanité commis durant la sanglante répression du soulèvement de février.

Cette proposition de reddition témoigne de la volonté de Seïf al-islam Kadhafi de s’extraire du guêpier dans lequel l’a plongé la défaite des forces loyales mais pas forcément de se rendre.

Encore présent samedi à Niamey, où il avait répondu par téléphone à des questions du Figaro, Agaly Alambo était jeudi injoignable. En septembre, le chef touareg s’est déjà chargé de mener Saadi Kadhafi, le troisième fils du Guide, à l’abri au Niger. Rissa Ag Boula, un autre dirigeant touareg de nationalité nigérienne qui est resté proche de la famille Kadhafi, s’est pour sa part chargé de cacher Abdallah al-Senoussi, l’ex-chef des services secrets militaires de Kadhafi, recherché, lui aussi par la cour pénale. «Il a accompagné Senoussi dans un convoi qui était protégé par une quarantaine de combattants touaregs jusqu’à une base de rebelles située au Mali dans la région de Kidal, une localité du nord du pays» précise un familier.

Poursuite de la lutte

Senoussi et Kadhafi junior pourraient depuis leurs repères du Sahara chercher à entretenir un climat d’insécurité dans le Sahel et en Libye. Ils disposeraient de réserves financières, de mercenaires prêts à combattre pour eux et de relais libyens. Mouammar Kadhafi n’avait pas attendu la débandade de ses troupes pour imaginer une poursuite de la lutte en s’inspirant des méthodes des terroristes d’Aqmi qui circulent dans le désert depuis des années sans être inquiétés, et entretiennent un climat d’insécurité.

Le Mali et le Niger, qui ont ratifié le traité de Rome sur la création de la CPI, ont le devoir de livrer les personnes recherchées par cette dernière mais n’en ont pas forcément les moyens. Et l’OTAN ne pourra pas les aider. Le conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi une résolution mettant fin le 31 octobre au mandat autorisant l’emploi de la force pour assurer la protection des populations civiles.

Lefigaro.fr par Thierry Oberlé

Sarkozy reçoit le numéro 2 de la rébellion libyenne

août 24, 2011

Une réunion est prévue en fin d’après-midi à l’Elysée. Le QG du colonel Kadhafi est aux mains des rebelles mais le dirigeant libyen reste introuvable.

• Sarkozy reçoit le numéro 2 de la rébellion

Le chef de l’Etat français s’entretiendra à l’Elysée à 17h45 avec Mahmoud Jibril, le premier ministre du Conseil national de transition, l’organe politique de la rébellion libyenne. Les deux hommes vont discuter de «la situation en Libye et de l’action de la communauté internationale pour soutenir la transition politique». La conférence de presse qui s’en suivra constituera pour Nicolas Sarkozy la première occasion de commenter publiquement la chute annoncée du régime. La France avait été la première puissance à avoir reconnu le CNT.

• Les rebelles contrôlent le quartier général de Kadhafi

Les rebelles libyens ont pris mardi le contrôle du quartier général de Mouammar Kadhafi à Tripoli, en défonçant les murailles en béton de l’enceinte. A l’intérieur de Bab al-Aziziya, immense complexe dont la plupart des bâtiments ont été touchés par les frappes de l’Otan, des centaines de rebelles ont crié victoire en déchirant allègrement les portraits du colonel Kadhafi et en s’emparant d’un stock d’armes. Mais ils n’y ont trouvé aucune trace du colonel.

Un peu plus de six mois après le début de la révolte en Libye, toute la ville a explosé de joie à l’annonce de la prise de la résidence de Kadhafi, des familles entières sillonant les rues en voiture et créant d’énormes embouteillages dans un vacarme de klaxons et de tirs.

• Des poches de résistance pro-Kadhafi se maintiennent

La nuit tombée, au moins cinq obus de mortier sont tombés sur le complexe de Bab al-Aziziya, obligeant les rebelles à fuir dans le dédale de ruines. L’attaque viendrait du quartier d’Abou Slim, l’un des derniers fidèles au colonel Kadhafi. Des tirs et des explosions sporadiques ont retenti quasiment toute la nuit dans Tripoli. Des snipers sont notamment embusqués sur la route de l’aéroport.

Deux puissantes explosions, vraisemblablement dues à un bombardement aérien, ont par ailleurs secoué la capitale libyenne mercredi à l’aube alors qu’un avion de l’OTAN survolait la ville.

• Des journalistes toujours assiégiés

Après quatre jours de siège (photos), 35 journalistes étrangers, dont celui de l’AFP et de la BBC, et un ancien parlementaire américain, ne peuvent toujours pas quitter leur hôtel, situé à un kilomètre du QG de Mouammar Kadhafi. La grande partie des soldats armés qui surveillaient les journalistes à l’hôtel Rixos ont disparu, les reporters sont désormais surveillés par une poignée d’hommes habillés en civil et armés de kalachnikov, qui patrouillent dans les couloirs. Des snipers seraient également postés sur les toits.

Portant gilets pare-balles et casques, les journalistes résident au premier étage de l’établissement. L’électricité, coupée depuis deux jours, a été rétablie mais pas l’eau.

• Deux messages de Kadhafi dans la nuit

«Bab el-Aziziya n’était plus qu’un tas de décombres (…) et nous nous en sommes retirés pour des raisons tactiques», a déclaré le «Guide» libyen dans un premier message sonore.«Je suis un peu sorti discrètement dans Tripoli, sans être vu, et (…) je n’ai pas eu le sentiment que Tripoli était en danger», a-t-il ajouté dans un deuxième message. Le dirigeant libyen a appelé les habitants de Tripoli à «nettoyer» la ville de la présence des insurgés.

Le mystère reste entier quant à la localisation du dirigeant libyen. «Dieu seul sait [où il se trouve]. J’imagine qu’il a quitté Tripoli», a confié à France 24 le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil.

• Un lourd bilan humain

La bataille a coûté cher: selon le CNT, organe politique des rebelles, les combats ont fait plus de 400 morts et 2.000 blessés depuis trois jours à Tripoli. Près de 600 soldats partisans de Kadhafi ont été capturés.

• Des élections dans huit mois

Des élections législatives et présidentielle seront organisées en Libye dans huit mois, promet le CNT dans une interview au quotidien italien La Repubblica. «Nous voulons un gouvernement démocratique et une Constitution juste. Nous ne voulons plus être isolés du monde comme nous l’avons été jusqu’à maintenant». Concernant le sort de Mouammar Kadhafi, «l’opinion dominante est de juger le raïs et sa bande dans le cadre d’un procès équitable, qui doit se dérouler en Libye», indique le CNT. «Pour cela, nous voulons qu’ils soient pris vivants et traités différemment de la façon dont le colonel traitait ses adversaires».

• Les combats se poursuivent dans le reste du pays
Plus à l’est, les rebelles libyens ont resserré mardi
leur étau sur Syrte, région d’origine et bastion du colonel Kadhafi, où des négociations ont été entamées avec les tribus locales pour obtenir une reddition pacifique de la ville.

Par l’ouest, des rebelles venus de l’enclave de Misrata ont annoncé se trouver à une centaine de kilomètres de Syrte. Par l’est, les rebelles qui avaient pris Brega ont fait un bond de 80 km et se sont emparés du port pétrolier de Ras Lanouf, à 130 kilomètres à l’est.

Les pro-Kadhafi ont tiré mardi soir plusieurs missiles Scuds depuis les environs de Syrte en direction de Misrata, où de puissantes explosions ont été entendues, selon les rebelles de cette ville.

Lefigaro.fr

Tripoli : combats autour de la résidence de Kadhafi

août 22, 2011

Les rebelles contrôleraient 80 à 95% de la capitale libyenne. Suivez minute par minute les événements en Libye.

12h55 – Le premier ministre britannique, David Cameron, appelle Kadhafi à «arrêter le combat sans condition». Dans une déclaration, il estime que «son régime s’effondre et bat en retraite». «Kadhafi doit montrer clairement qu’il renonce à contrôler la Libye», a-t-il précisé. Dans le même temps, Berlin a également appelé le leader libyen à abandonner le pouvoir estimant qu’il avait «perdu toute légitimité». «Nous attendons qu’il y ait rapidement maintenant un changement pacifique et démocratique de gouvernement», a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand.

12h29 – BP, qui a dû suspendre en début d’année le lancement d’une campagne d’exploration pétrolière en Libye, espère y redémarrer ses activités dès que la situation le permettra, et en a informé le CNT.

12h22 – Une charge des pro-Kadhafi. D’après Reuters, une brigade, emmenée par le fils du dirigeant libyen, Khamis Kadhafi, se dirige vers le quartier général de son père. Cette unité est réputée être l’une des mieux entraînées de l’armée libyenne.

12h19 – Les chars de Kadhafi défendent son QG. Les pro-Kadhafi ont positionné leurs chars près du port et de la résidence du Guide de Bab Al-Aziziya à Tripoli et résistent aux offensives rebelles. Selon un de leurs porte-paroles, de nombreux insurgés ont péri dans les combats. Mais un garde du corps de Kadhafi aurait été arrêté.

12h10 – La France a proposé une réunion la semaine prochaine à Paris du Groupe de contact sur la Libye. «Tout est en train de basculer. C’est un grand sujet de satisfaction. La France a pris des risques calculés. La cause était juste», a assuré Alain Juppé, appelant les derniers fidèles de Mouammar Kadhafi à déposer les armes. Le groupe de contact comprend tous les pays participant à la campagne militaire de l’Otan contre le régime de Tripoli.

11h34 – Mustafa Abdul Jalil, le chef du CNT, a déclaré à al-Jezira que si les insurgés commettaient des actes de vengeance, il démissionnerait. «Il y a des groupes islamistes extrémistes qui cherchent à créer des turbulences dans la société libyenne. Je ne serai pas fier d’être la tête d’un Conseil avec de tels rebelles».

11h33 – L’Otan va poursuivre ses frappes jusqu’à ce que toutes les forces pro-Kadhafi se rendent. Cette décision pourrait être source de friction avec le CNT, qui préférerait voir les Occidentaux se désengager. L’alliance a mené 46 sorties dimanche.

11h29 – L’opposition réitère son appel à déposer les armes. Les insurgés exhortent les forces encore fidèles au colonel, qui combattent à Brega, à se rendre. Les rebelles se sont emparés il y a une dizaine de jours de la majeure partie de la zone résidentielle, dans l’est de la ville. La zone industrielle reste très disputée et les forces pro-Khadafi font preuve d’une résistance pugnace.

11h25 – La Cour pénale internationale (CPI) discute avec les rebelles libyens du transfèrement de Seif al-Islam, le fils du colonel Kadhafi recherché pour crimes contre l’humanité et arrêté à Tripoli par les rebelles, confirme le porte-parole du CPI. Considéré par le procureur de la CPI comme le «premier ministre libyen de facto», Seif al-Islam est accusé d’avoir joué un «rôle clé dans la mise en oeuvre d’un plan» conçu par son père visant à «réprimer par tous les moyens» le soulèvement populaire de février. Il aurait notamment organisé le recrutement de mercenaires.

11h20 – Des responsables du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion libyenne, ont quitté Benghazi et sont actuellement à 100 km de Tripoli. Le groupe est composé essentiellement des représentants de la capitale Tripoli au sein du CNT.

11h17 – Les rebelles affirment contrôler 95% de Tripoli et n’ont pas pour le moment retrouvé la trace du colonel Kadhafi. Des affrontements avec les pro-Kadhafi se poursuivent dans certains lieux de la ville. Plusieurs journalistes britanniques expliquent essuyer des tirs lors de leurs déplacements. Damien McElroy, correspondant du Telegraph, décrit des snipers postés autour de la place Verte. Selon Reuters, des centaines de combattants rebelles se dirigent vers la place Verte.

11h15 – Les poches de résistance pro-Kadhafi sont en train d’être maîtrisées. «Autour de l’aéroport, qui est une zone clé, les dernières formes d’agression (de la part des forces loyales à Kadhafi, ndlr) sont en train d’être éliminées, des francs-tireurs sont arrêtés et dans certains cas ils se rendent», affirme le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini.

11h10 – La Chine «respecte le choix du peuple libyen et espère un retour rapide de la stabilité en Libye». Pékin est «prêt à oeuvrer avec la communauté internationale et jouer un rôle positif dans la reconstruction future» du pays.

10h27 – Un troisième fils de Kadhafi a été capturé par les rebelles, affirme CNN. Outre Seif al-Islam et Mohammed, Saadi Kadhafi aurait lui aussi été arrêté. Cet ancien footballeur professionnel, qui aimait s’afficher avec la jet-set internationale, a dirigé les forces militaires avant d’être mis sur la touche. Mohammed Kadhafi s’est lui rendu aux forces rebelles. Il était en pleine interview avec Al-Jezira quand des coups de feu ont retenti. «Des hommes armés encerclent ma maison, je suis à l’intérieur et ils sont à l’extérieur», expliquait à la chaîne le fils aîné du colonel, qui est, selon les rebelles, sain et sauf. Les quatre autres fils du dirigeant libyen se sont enfuis ou se terrent, croit savoir le CNT.

10h01 – L’Afrique du Sud n’aide pas Kadhafi à quitter la Libye. «Le gouvernement réfute les rumeurs selon lesquelles il a envoyé des avions en Libye pour transporter le colonel et sa famille vers une destination inconnue», a déclaré la ministre des Affaires étrangères

9h52 – L’Union européenne apelle le colonel à démissionner «sans délai» et prépare déjà l’après Kadhafi. «Nous avons travaillé sur plusieurs scénarios en ce qui concerne notre aide à l’administration» post-Kadhafi. Bruxelles demande aussi aux rebelles d’agir avec responsabilité et de protéger les civils de Tripoli

9h49 – Selon la BBC, non seulement Internet a été rétabli à Tripoli mais les rebelles qui ont pris en main deux des réseaux de téléphonie mobile d’Etat ont donné 28,60€ de crédit gratuit à tous les abonnés.

9h21 – Le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a exprimé son «espoir» d’un changement de régime en Libye mais «beaucoup de choses peuvent encore mal tourner dans les prochains jours», a-t-il cependant mis en garde.

9h09 – Un journaliste du quotidien russe Izvestia a été blessé par balles à Tripoli. Orkhan Djamal doit bientôt être opéré mais sa vie n’est pas en danger.

8h30 – Le premier ministre britannique David Cameron a une nouvelle fois interrompu ses vacances et est rentré à Londres pour tenir une réunion d’urgence du Conseil national de sécurité sur la Libye.

8h21 – Mouammar Kadhafi serait encore dans sa résidence de Bab Al-Aziziya à Tripoli, a indiqué à l’AFP un diplomate qui l’a rencontré au cours des deux dernières semaines. Des violents combats font rage autour de cette forteresse de plusieurs hectares, cible de plusieurs raids de l’Otan depuis le début de ses opérations en Libye, en mars. Quasiment tous les bâtiments ont été rasés par les frappes, mais le colonel disposerait de plusieurs bunkers dans sa résidence.

Jusqu’à présent, sa localisation était sujette à caution. Certaines rumeurs le disaient caché dans l’un de ses bunkers de Tripoli, d’autres affirmaient que le Guide avait quitté la capitale, cherchant à se réfugier en Algérie ou en Tunisie. Si le dirigeant est toujours à Tripoli, il serait difficile pour lui d’en partir : toutes les routes sont bloquées. Interrogé par Skynews, un porte-parole de la rebelion confirme ne pas savoir où se trouve le colonel mais affirme vouloir garantir «sa sécurité» ainsi que celle de sa famille. «Nous voulons le juger en Libye».

7h15 – De violents combats ont lieu autour de la résidence de Kadhafi à Tripoli, selon un journaliste de l’AFP sur place. Des combats ont lieu également dans le sud de la capitale. Vers 06H30, des tirs de kalachnikovs ont également entendus tout près de l’hôtel Rixos, où est logée la presse internationale. Selon le porte-parole des rebelles, les pro-Kadhafi contrôleraient encore entre 15 à 20% de la ville.

7h08 – Internet a été rétabli dans la nuit à Tripoli, pour la première fois depuis le début de l’insurrection en Libye, mi-février.

7h03 – Une centaine de Libyens se sont rassemblés devant la Maison-Blanche, à Washington, priant, criant, agitant des drapeaux des rebelles et chantant en choeur: «La Libye est libre, merci Sarkozy, thank you Obama».

7h00 – Les Etats-Unis ont intensifié ces derniers jours leur activité aérienne autour de Tripoli, ce qui a pu contribuer à faire pencher la balance en faveur des rebelles libyens, annonce le New York Times. L’aviation américaine a établi ces derniers jours une surveillance permanente au-dessus et autour des zones toujours contrôlées par les pro-Kadhafi. Dans le même temps, la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays ont déployé au sol des forces spéciales pour participer à l’entraînement et à l’armement des rebelles, ajoute le quotidien.

4h37 – Le président américain Barack Obama appelle dans un communiqué le dirigeant libyen à quitter le pouvoir afin de mettre un terme au bain de sang. Il appelle les rebelles à respecter les droits de l’Homme et à marcher vers la démocratie.

3h42 – Des dizaines de milliers d’habitants de Benghazi ont envahi les rues de la «capitale» rebelle dans l’est de la Libye pour célébrer la fin prochaine du régime. Des concerts de klaxon, tirs d’armes automatiques en l’air, cris de victoire ont éclaté dans toute la ville à l’annonce par les chaînes de télévision en arabe de l’arrivée des rebelles jusqu’au coeur de la capitale Tripoli. «Pas de bol le frisé!», «Dieu est grand!», a scandé la foule en liesse

2h17 – Mahmoud Jibril, l’un des principaux responsables du Conseil national de transition, l’organe politique de la rébellion, a demandé aux combattants rebelles de s’abstenir de toute vengeance et les a mis en garde contre des «poches» de résistance pro-Kadhafi dans la capitale. «Je demande à tous mes frères libyens de prouver que nous sommes responsables en ce moment critique. Les yeux du monde vous regardent: soit vous gagnez la démocratie, soit vous choisissez la vengeance», a souligné Jibril.

1h07 – L’Otan voit la fin du régime de Kadhafi comme imminente. Le secrétaire général de l’Alliance a promis l’aide de l’Otan à la rébellion pour aider à reconstruire une Libye démocratique. «Les rebelles doivent garantir que la transition se fera dans le calme (…), que le pays reste uni et que l’avenir soit fondé sur la réconciliation et le respect des droits de l’Homme».
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La bataille de Tripoli

Après six mois de bataille contre le régime autoritaire de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, les rebelles libyens sont entrés dimanche dans Tripoli. Cette nuit, les rebelles qui ont lancé l’offensive «Sirène» samedi soir sur la capitale, ont atteint la place Verte à Tripoli, un lieu symbolique où les partisans du régime avaient l’habitude de se rassembler au début de la contestation à la mi-février pour exprimer leur fidélité au leader. Une foule en liesse agitait des drapeaux rouge, noir et vert, aux couleurs de la rébellion, dansant, et scandant «Allah Akbar» (»Dieu est grand») tout en tirant en l’air.

Les insurgés se sont infiltrés dans la capitale en arrivant par la mer de l’enclave côtière de Misrata, à 200 km à l’est, selon la rébellion. D’autres rebelles venant de l’Ouest ont réussi, après de violents accrochages avec des soldats loyalistes, à entrer dans Tripoli en fin d’après-midi dimanche, acclamés par les habitants qui couraient le long de leur convoi, dans une ambiance euphorique.

Les rebelles ne semblent n’avoir pas rencontré une forte résistance. Dans la nuit de dimanche à lundi, des forces pro-Kadhafi pilonnaient cependant le quartier al-Hemida, à l’est de la ville, selon un habitant de ce quartier.

Deux fils de Kadhafi arrêtés

Seif al-Islam, présenté dans le passé comme le futur successeur de son père, a été arrêté. Seif al-Islam, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité commis en Libye. «Nous espérons qu’il pourra être très bientôt à La Haye» pour y être jugé, a déclaré le procureur de la CPI, qui va contacter le gouvernement de transition pour discuter des modalités pratiques de son transfèrement aux Pays-Bas. Un autre fils influent de Kadhafi, Mohammad Kadhafi, a déclaré tôt lundi dans une interview à Al Jezira qu’il avait été arrêté par les rebelles et qu’il était en résidence surveillée.

Le régime se dit prêt à négocier

Dimanche, le colonel Kadhafi avait appelé ses partisans à «nettoyer» la capitale des rebelles, dans un message sonore diffusé par la télévision libyenne. Dans la matinée, il avait affirmé qu’il ne se rendrait pas et sortirait «victorieux» de la bataille de Tripoli.

Malgré les succès apparents des rebelles, le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, a affirmé pour sa part que «le régime est toujours fort et que des milliers de volontaires et de soldats sont prêts à se battre», tout en précisant que le «guide» libyen est prêt à négocier en personne avec le chef de file des rebelles. Selon lui 1.300 personnes ont péri ces dernières 24 heures à Tripoli. Il n’était pas possible de vérifier ce bilan.

Le président français Nicolas Sarkozy a estimé «que l’issue ne fait désormais plus de doute».

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