Posts Tagged ‘Séléka’

Centrafrique : la Séléka au bord de l’implosion

octobre 27, 2014

Des éléments de la Séléka.
Des éléments de la Séléka. © AFP

Plusieurs généraux importants de la Séléka ont décidé le 25 octobre à Bambari de créer leur propre mouvement politico-militaire. Une autre assemblée générale, convoquée elle par le numéro deux de l’ex-rébellion, Noureddine Adam, doit débuter mardi.

La Séléka tentait depuis plusieurs semaines de tenir une assemblée générale (AG). Problème : les divisions dans ses rangs sont telles que trois ou quatre réunions devaient avoir lieu ! Plusieurs fois reportée, la première a débuté mardi 28 octobre à Kaga Bandoro (Nord), où sont rassemblés près de huit cents hommes à l’appel de Noureddine Adam. Le numéro deux de l’ex-rébellion, qui, lors de sa dernière apparition publique, se trouvait à Ndélé, espérait ainsi reprendre le contrôle du mouvement, notamment de sa branche peule représentée par le général Ali Darassa.

Il semble cependant qu’il ait été pris de vitesse par ce dernier qui a organisé sa propre AG le 25 octobre à Bambari (Centre) où il règne en maître. Les travaux ont duré toute la journée dans une ambiance particulièrement tendue. Selon plusieurs sources sécuritaires, pour faciliter leur accès à cette assemblée générale, le gouvernement de transition a demandé aux forces internationales de sécuriser le transport des ex-Séléka peulhs. En réaction, plusieurs centaines de manifestants, dont une majorité d’anti-balaka, ont protesté à divers endroits, envahissant l’aéroport de la ville ou jetant des pierres sur une patrouille de Sangaris qui passait dans le village de Gepanda situé à l’ouest de Bambari.

« Chaos »

À l’issue de l’AG, les participants ont voté leur retrait de la plate-forme crée le 11 mai à N’délé et donné naissance à un nouveau mouvement politico-militaire, Unité pour la Centrafrique (UCP). Darassa en est le coordonnateur général, il a comme adjoint le général Mahamat Alkhatim. Petit, la barbe bien fournie, ce dernier était l’un de ces Tchadiens qui avaient aidé François Bozizé à prendre le pouvoir en 2003. Ses hommes sont décrits comme comme bien entraînés, bien équipés et opérant comme une véritable armée.

Enfin, le général Joseph Zoundeko, un Goula nommé en mai chef d’état-major de l’ancienne rébellion mais en actuellement en position de faiblesse, souhaiterait également organiser un rassemblement avant la fin du mois dans la ville minière de Bria.

Conclusion d’un membre de la Séléka : « Chez nous, c’est le chaos le plus total. »

_________________

Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

Centrafrique : à la Séléka, c’est chacun pour soi

septembre 30, 2014

À Lioto, dans la région de Bambari, en juin.
À Lioto, dans la région de Bambari, en juin. © Goran Tomasevic/Reuters

Elle contrôle encore plus de la moitié du territoire, mais jamais l’ancienne rébellion Séléka n’a été aussi divisée. Ses chefs historiques, Michel Djotodia et Noureddine Adam, sont contestés. Reste à savoir si les Casques bleus sauront en profiter pour leur faire déposer les armes.

Article paru dans le n°2802 de Jeune Afrique, en kiosque le 22 septembre. Depuis, plusieurs généraux de la Séléka, dont Ali Darassa et Mahamat Alkhatim, ont annoncé leur retrait du mouvement.

Ils ont été profondément humiliés par l’arrivée de l’armée française en décembre 2013. Leur chef, l’ancien président Michel Djotodia, a été contraint de quitter le pouvoir un mois plus tard et de s’exiler à Cotonou. Eux ont assisté, impuissants, à l’exode des populations musulmanes. Pourtant, les combattants de la Séléka sont toujours là, avec leurs uniformes et leurs bottes dépareillées.

Alors que les Casques bleus de la Minusca ont pris, le 15 septembre, le relais de la force africaine Misca, l’ancienne rébellion contrôle toujours les trois cinquièmes du territoire centrafricain. Ils y règnent en maîtres, contrôlent les principaux axes, occupent les bâtiments publics et font main basse sur ses ressources.

Surtout, ils font peur. Début septembre, d’importants mouvements de troupes ont été signalés dans le triangle Kaga Bandoro-Sido- Batangafo (Nord), ainsi qu’à Bambari (Centre), provoquant la panique à Bangui, où courait la rumeur d’une offensive imminente. Pendant une semaine, Bambari, où près de 400 combattants étaient rassemblés, fut surveillé comme le lait sur le feu tandis que les militaires français de l’opération Sangaris renforçaient leur dispositif sur la route menant à Bangui.

Finalement, rien ne se passa. D’abord parce que la Séléka a beau revendiquer 10 000 hommes, elle n’a plus la force de frappe qui lui permit de prendre Bangui en mars 2013. De combien de combattants dispose-t-elle vraiment ? « Leur nombre est très difficile à estimer », dit prudemment un diplomate européen en poste dans la capitale. « Plusieurs milliers », reconnaît l’armée française, sans plus de précisions.

« Sur le terrain, il n’y a pas énormément de troupes, ajoute Aurélien Llorca, coordinateur du groupe d’experts des Nations unies. Ils ne disposent que de peu de véhicules et sont confrontés à de gros problèmes de mobilité. » Et puis il faut compter avec tous ceux qui ont encore des sympathies pour la Séléka.

« Parmi ceux qui ont pris Bangui, rappelle Roland Marchal, chercheur au CNRS et spécialiste de la région, il y a des Centrafricains qui font des affaires dans le sud du Tchad ou du Soudan et qui espèrent qu’un changement de régime leur profitera. Ils ne sont pas visibles sur le terrain et peuvent réapparaître à tout moment. »

Un véritable casse-tête

Mais la Séléka est toujours très divisée – peut-être ne l’a-t-elle jamais autant été. Pour ses principaux généraux, l’avenir de cette coalition hétéroclite est un véritable casse-tête : faut-il accélérer sa mue en un parti politique ? Michel Djotodia, son président, et Noureddine Adam, son vice-président (hier à la tête de la très redoutée police politique de la Séléka), sont-ils des freins à son existence ? Ont-ils les moyens de reprendre Bangui ?

Une nouvelle étape de cette lutte d’influence s’est déroulée à Bambari, du 6 au 11 septembre. Les discussions ont permis de dégager deux lignes qui s’opposent, sur fond de divisions ethniques.

On retrouve d’abord le général Joseph Zoundeko, nommé chef d’état-major en mai, à Ndélé. Il a depuis pris ses quartiers à Bambari. Originaire de Tringoulou, dans l’extrême Nord-Est, il appartient depuis 2006 à l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) de Djotodia. Membre de l’ethnie goula, comme l’éphémère maître de Bangui, Zoundeko est aujourd’hui son principal relais sur le terrain.

La frange qu’ils représentent est toujours alliée aux combattants rungas sur lesquels Noureddine Adam, bien que bloqué dans la province de la Vakaga, dans le nord de la Centrafrique, depuis le début de la saison des pluies, garde une forte emprise. Djotodia et Adam ont pour le moment réussi à préserver l’alliance entre Rungas et Goulas grâce aux soutiens extérieurs dont ils disposent – tous deux ont toujours, selon plusieurs sources, leurs entrées dans les pays du Golfe et continuent à bénéficier de leurs largesses. Mais rien ne dit que cela durera.

De l’autre côté de l’échiquier, le général Ali Darassa se pose en alternative. Chargé de la zone de Bambari depuis le coup d’État de mars 2013, il incarne la branche peule de la Séléka – il fut l’adjoint du Tchadien Baba Laddé avant que celui-ci renonce aux armes pour rejoindre le camp d’Idriss Déby Itno. Darassa est aujourd’hui l’un des hommes forts du mouvement et peut compter sur le soutien du général Mahamat Alkhatim. Petit, la barbe bien fournie, Alkhatim était l’un de ces Tchadiens qui avaient aidé François Bozizé à prendre le pouvoir en 2003. « La communauté internationale ne veut ni de Djotodia ni d’Adam, insiste un proche d’Alkhatim. Le premier est persona non grata en Centrafrique. Le second est sous sanctions de l’ONU. Sans nous, ils ne sont rien. Nous considérons même qu’ils sont un poids plus qu’autre chose. »

Jusqu’au-boutiste

Impossible de savoir ce qu’il pèse (le conclave de Bambari n’a pas consacré la victoire d’un camp sur l’autre), mais une chose est sûre : le trio Zoundeko-Adam-Djotodia est aujourd’hui considéré comme l’aile dure de la Séléka, la plus jusqu’au-boutiste. « Les accords que nous avons signés à N’Djamena en janvier et à Brazzaville en juillet n’ont pas été respectés. Donc les choses sont simples, confirme Bachar Fadoul, un très proche de Noureddine Adam. Soit on nous laisse reprendre le pouvoir, soit nous divisons le pays. Nous contrôlons déjà trois préfectures [celles de la Vakaga, de la Haute-Kotto et de Bamingui-Bangoran]. Il ne nous reste plus qu’à les verrouiller. Tout est prêt, même le drapeau et le gouvernement. »


Carte : pour y voir clair dans le micmac des groupes rebelles de Centrafrique

Reste que, si le désir de partition est présent, notamment chez les militaires, une partie de la Séléka ne partage pas l’optimisme de l’aile dure et estime que lancer une nouvelle offensive sur Bangui s’apparenterait à une opération suicide. Alkhatim le premier sait que ses troupes n’ont aucune chance de prendre Bangui si Sangaris s’interpose. À Batangafo, début août, ses hommes, pourtant décrits comme bien entraînés, bien équipés et opérant comme une véritable armée, ont subi de plein fouet la puissance de feu des Rafale français. Et puis Darassa et Alkhatim sont des seigneurs de guerre. La politique ne les intéresse pas. Ce qu’ils veulent, eux, c’est pouvoir nourrir leurs troupes.

La lutte d’influence actuelle est également – et surtout, diront certains – une lutte pour le contrôle des richesses (lire encadré). Pendant la petite année passée à la tête du pays, la Séléka a pris le contrôle des trafics les plus lucratifs, et cette prédation a exacerbé les rivalités au sein du mouvement. C’est d’ailleurs pour cette raison que les hommes de Zoundeko et de Darassa se sont violemment affrontés le 26 août à Bambari. « Le problème de la Séléka est alimentaire, conclut un diplomate français. Si certains veulent la partition, c’est uniquement pour sécuriser le contrôle des richesses dans le Nord. »

_________________

Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

 

Des trafics très lucratifs

Les zones contrôlées par la Séléka sont riches en matières premières. Il y a bien sûr le diamant : la Centrafrique est officiellement suspendue du Processus de Kimberley depuis le 23 mai 2013. Mais dans les faits, le trafic perdure, ce qui profite à l’ancienne rébellion dont plusieurs officiers ont, par le passé, exercé dans le commerce des pierres. Selon un rapport des experts des Nations unies datant de juillet, certains chefs rebelles contrôlent une partie des mines et acheminent leur cargaison au Soudan. C’est notamment le cas du général Omar Younous, un ancien acheteur qui détournerait aujourd’hui les pierres venues de Bria et de Sam-Ouandja, dans le Nord-Est. Vient ensuite l’or.

La principale mine de Ndassima, dans la région de Bambari, est aux mains des hommes du général Alkhatim. Et là encore, le circuit est connu : le métal précieux est introduit illégalement au Cameroun par les airs ou par la route après avoir transité par Bangui, et génère d’importants profits. Enfin, selon toute vraisemblance, il reste peu d’éléphants dans le Nord-Est, limitant de fait le trafic d’ivoire. Mais, toujours selon les experts de l’ONU, c’est aussi la Séléka qui contrôle la vente de viande de certaines espèces de grandes antilopes. V.D.

Centrafrique : Michel Djotodia s’engage à participer au processus de sortie de crise

août 27, 2014
L'ancien président centrafricain, Michel Djotodia. © AFP

L’ancien président centrafricain, Michel Djotodia. © AFP

L’ancien chef de la Séléka et président centrafricain Michel Djotodia pourrait apporter sa contribution au processus de sortie de crise en Centrafrique. Une délégation du gouvernement de transition s’est rendue au Bénin pour le rencontrer.

Michel Djotodia n’a pas encore dit son dernier mot. L’ancien chef de la rébellion de la Séléka a fait part de sa volonté de contribuer au processus de sortie de crise en Centrafrique, le week-end du 23 et 24 août, lors de la visite d’une délégation gouvernementale.

« Le président Michel Djotodia s’est engagé pour que les Centrafricains ne puissent plus connaitre les violences, les destructions, les pillages, les viols », a assuré, mardi 27 août, Anicet-Clémant Guiyama Masogo, le conseiller politique et porte-parole de la présidence centrafricaine.

« Que nous le voulions ou non, c’est un ancien président et il a un impact sur ce qui se passe sur le terrain. Il a une contribution à apporter pour le respect de l’accord de cessation des hostilités, pour le désarmement », a expliqué Anicet-Clémant Guiyama Masogo.

Divisions internes

Michel Djotodia était arrivé au pouvoir en mars 2013, à la faveur de la prise de Bangui par son mouvement et de la chute du régime de François Bozizé. Le passage aux affaires de la Séléka avait alors été marqué par des pillages généralisés ainsi que d’innombrables exactions sur les populations civiles.

L’intervention de l’armée française et de la force africaine Misca avait alors profondément affaiblit le mouvement rebelle, qui s’est vue contrainte d’évacuer Bangui, la capitale centrafricaine, début 2014. Aujourd’hui, l’ex-coalition rebelle, à dominante musulmane, connaît d’importantes divisions internes.

Prochaine étape, François Bozizé

Cette rencontre n’est qu’une première étape dans le processus de sortie de crise de la Centrafrique. « À côté de l’ex-Séléka, il y a aussi les anti-balaka à la tête desquels il y a le président Bozizé (…). Et donc dans les prochaines étapes auxquelles pense la présidente (Catherine Samba Panza), il y a ce contact direct avec M. Bozizé qui doit être impliqué dans le processus », a estimé le porte-parole du gouvernement de transition.

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: une vingtaine de morts dans des affrontements entre ex-rebelles

août 26, 2014

Bangui – Une vingtaine de combattants ont été tués dans de violents affrontements à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, entre deux factions rivales de l’ex-rébellion Séléka, a indiqué mardi une source au sein de la force africaine Misca.

Au moins 17 personnes, tous des ex-combattants Séléka, ont été tuées lundi dans de violents affrontements qui ont éclaté dans le centre de Bambari entre deux groupes armés, a déclaré à l’AFP un officier de la Misca, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

L’un est le groupe du général Joseph Zoundéko, chef d’état-major de l’ex-coalition Séléka installé à Bambari, et l’autre est celui du général Ali Djarras, comprenant des peuls armés qui circulent dans région, a ajouté cet officier.

Il s’agit d’un bilan qui reste provisoire vu l’intensité des combattants et de l’armement utilisé. Certains ont utilisé des lance-roquettes selon la même source qui n’a pas pu préciser la raison qui a poussé ces groupes à l’affrontement.

Mais selon une source proche de l’ex-coalition, les relations entre les différentes factions connaissent une certaine tension liée à la perception de dividendes provenant des sociétés de téléphonie mobile par un camp au détriment des autres.

La Séléka, qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013 avant d’en être chassée en janvier 2014 suite à l’intervention des forces française et africaine, apparait aujourd’hui de plus en plus divisée sur le plan politique et militaire.

Ces nouvelles violences ont en tous cas replongé la ville de Bambari dans la peur et l’inquiétude et de nombreux habitants qui tentaient de quitter leur lieu de refuge ont regagné les sites des déplacés, a expliqué l’officier de la Misca.

La ville, où l’ex-coalition Séléka a installé en mai son nouvel état-major, avait été le théâtre de violents affrontements en juin et juillet, qui opposaient jusque-là des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka à d’ex-séléka à dominante musulmane.

Bambari compte près de 30.000 déplacés, d’après le bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires.

Les protagonistes de la crise – Séléka et anti-balaka notamment – ont signé fin juillet à Brazzaville un accord de cessez-le-feu, mais qui a été déjà violé à plusieurs reprises sur le terrain.

Romandie.com avec(©AFP / 26 août 2014 13h30)

Centrafrique: à peine nommé, le gouvernement déjà contesté

août 23, 2014
Centrafrique: à peine nommé, le gouvernement déjà contesté © AFP

Centrafrique: à peine nommé, le gouvernement déjà contesté © AFP

Le nouveau gouvernement de transition centrafricain faisait déjà samedi l’objet de contestations au sein des partis politiques et de l’ex-coalition rebelle de la Séléka, qui affirment n’avoir pas été consultés.

« L’ex-coalition Séléka n’a mandaté personne pour la représenter au sein du nouveau gouvernement formé (vendredi) par le Premier ministre Mahamat Kamoun. Ceux qui sont entrés dans le présent gouvernement ont agi en leur nom, mais pas au nom de Séléka », a réagi Mohamed Moussa Dhaffane, le n°3 de l’ex-rébellion.

Trois personnalités nommées au gouvernement – les ministres des Transports, des Postes et des télécommunications et de l’Elevage – sont issues de la Séléka, ex-rébellion à dominante musulmane qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013 et en avait été évincée en janvier 2014 par l’intervention de l’armée française.

Il y a dix jours, la Séléka – qui espérait un Premier ministre issu de ses rangs – avait annoncé son refus de participer au prochain gouvernement dans la foulée de la nomination de Mahamat Kamoun.

Estimant que son avis n’a « pas été pris en compte » dans la composition du nouveau cabinet, la Séléka « se donne le droit de reconsidérer les engagements pris au forum de Brazzaville » fin juillet, une rencontre ayant abouti à un cessez-le-feu entre les groupes armés, a ajouté Mohamed Moussa Dhaffane.

D’autres voix se sont élevées du côté des formations politiques, notamment le groupement de partis GPP-RTL qui rassemble l’ancienne majorité du président François Bozizé renversé en 2013 par la Séléka.

« Nous n’avons désigné personne pour être membre du gouvernement du Premier ministre Mahamat Kamoun. Nous n’avons rien contre Mahamat Kamoun, mais il fut directeur de cabinet de l’ancien président Michel Djotodia (chef de l’ex-Séléka qui a dirigé le pays pendant un an) qui a laissé un passé plein de mauvais souvenirs pour le peuple centrafricain », a déclaré à l’AFP l’un des porte-parole de la coalition GPP-RTL, Mohamed Bengué Bossin.

Les milices majoritairement chrétiennes anti-balaka, qui comptent deux représentants au sein du nouveau cabinet, n’avaient pas encore officiellement réagi samedi matin.

Jeuneafrique.com

Centrafrique: nouveau massacre dans le nord, le cessez-le-feu encore un peu plus menacé

août 16, 2014

Plus d’une trentaine de villageois ont été massacrés dans le nord de la Centrafrique, nouvelle violation sanglante du très fragile cessez-le-feu signé fin juillet et qui compromet encore un peu plus le retour durable à la paix dans le pays, toujours en attente d’un nouveau gouvernement.

« Au moins 34 personnes ont été tuées entre le 13 et 15 août dans la région de M’brés (400 km au nord de Bangui) par des hommes armés identifiés par les habitants comme des ex-rebelles Séléka et des Peuls armés », a indiqué à l’AFP un officier de la force africaine Misca.

« D’après les habitants fuyant ces villages, les assaillants tirent à bout portant sur leurs victimes et les poursuivent dans leur fuite en brousse. Certaines des victimes sont mortes par pendaison, d’autres ont été battues et torturées à mort », a expliqué cet officier, s’exprimant sous couvert d’anonymat depuis la ville voisine de Kaga-Bandoro (nord).

« Les assaillants sont à pied, ou bien sur des motos. (. . . ) Ils disent qu’ils vont nettoyer huit villages sur l’axe M’brés-Ndélé-Bakala avant le 15 septembre prochain (date du déploiement d’une force de l’ONU) », a raconté un habitant réfugié à Kaga-Bandoro.

Ces violences marquent une nouvelle violation du très fragile accord de cessez-le-feu signé au forceps fin juillet à Brazzaville entre représentants de l’ex-Séléka et des milices anti-balaka, et censé relancer la transition politique en panne.

Elles se déroulent à un moment très sensible, alors que le pays attend depuis des jours la formation d’un nouveau gouvernement de transition renouvelé et « élargi », qui doit inclure des représentants des groupes armés, dont des membres de l’ex-Séléka.

Un nouveau Premier ministre, Mahamat Kamoun, a été nommé en début de semaine par la présidente de transition Catherine Samba Panza. De laborieuses tractations se poursuivent pour former le nouveau cabinet, auquel l’ex-Séléka, mécontente de la nomination de M. Kamoun, affirme ne plus vouloir participer.

De confession musulmane, M. Kamoun, haut-fonctionnaire et proche collaborateur de la présidente actuelle, a travaillé comme directeur de cabinet de l’ex-président et chef de la Séléka Michel Djotodia. Mais il n’est pas membre de la Séléka.

-Déjà des exactions en juin-

Après s’être emparée de Bangui en mars 2013, puis un désastreux passage aux affaires marqué par des pillages généralisés et de multiples exactions, l’ex-coalition rebelle à dominante musulmane, affaiblie par l’intervention de l’armée française, avait dû quitter la capitale en janvier pour se replier dans ses fiefs du nord du pays.

Les ex-rebelles, minés par les divisions et les rivalités, gardent le contrôle de ces régions (où l’islam domine), et leurs colonnes de véhicules armés continuent d’écumer ces vastes régions forestières et de savanes. Certains de ces groupes, en particulier ceux qui comptent dans leurs rangs des mercenaires tchadiens et soudanais, se rendent régulièrement coupables d’exactions contre les populations, notamment dans les zones-tampons marquant la limite avec la moitié sud pays, territoires sous contrôle des miliciens anti-balaka majoritairement chrétiens.

Des éléments de l’ex-Séléka stationnaient depuis des mois à Kaga-Bandoro et M’brès, où la cohabitation était difficile avec les autochtones.

En juin, neuf villages de la région de M’brés avaient déjà subi diverses exactions de ces groupes armés, exécutions sommaires, assassinats, viols, tortures rackets, etc. . . , contraignant les habitants à fuir en brousse ou dans les villes voisines.

Plusieurs incidents armés sont à déplorer depuis la signature le 23 juillet à Brazzaville de l’accord de cessation des hostilités: les plus violents accrochages avaient eu lieu à Batangafo (nord), où l’armée française avait fermement riposté à une tentative d’embuscade de combattants Séléka, faisant une soixantaine de tués dans les rangs de l’ex-rébellion.

Il est possible que ce soit des éléments de ce groupe qui continuent d’écumer la région et qui sont responsables des dernières tueries à M’brés, selon un bon connaisseur du dossier.

Malgré la présence de 2. 000 hommes de Sangaris et de 6. 000 soldats de la force africaine Misca, les tensions restent vives dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment dans les zones de contacts entre ex-Séléka et anti-balaka.

A Bangui, la situation est en voie de relative normalisation. Mais des incidents armés éclatent encore régulièrement dans certains quartiers, impliquant notamment des membres de la nébuleuse anti-balaka, et nécessitant l’intervention des forces internationales.

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique : les violents affrontements de Batangafo ont fait plus de 50 morts

août 6, 2014

La démission mardi du Premier ministre centrafricain, André Nzapayeké, intervient alors que les affrontements entre l’armée française et des ex-Séléka à Batangafo (300 km au nord de Bangui) ont repris. Des combats qui auraient fait plus de 50 morts et pourraient fragiliser l’accord de cessez-le-feu signé à Brazzaville.

Après une journée de calme relatif, les affrontements entre l’armée française, appuyée par la Misca (la force africaine) et les ex-Séléka, ont repris mardi 5 août peu avant la tombée de la nuit à Batangafo (300 km au nord de Bangui). En fin de matinée, une réunion entre les différents protagonistes n’avait pas réussi à aplanir le différent.

« Sangaris nous a demandé de nous retirer de la ville, ce que nous avons refusé. En conséquence, l’armée française nous a attaqué », affirme à Jeune Afrique le général Joseph Zundeko, chef d’état-major de l’ex-rébellion, qui concède que ses hommes ont dû se retirer en périphérie de la ville devant la violence des combats.

Selon plusieurs sources, le bilan des affrontements de la veille pourrait dépasser les 50 morts. Deux pick-up Séléka, remplis de combattants, ont été totalement détruits.

Lundi, les armes ont commencé à crépiter en tout début de matinée. Les affrontements, particulièrement violents, ont duré toute la journée avant de prendre fin à la tombée de la nuit, vers 17 heures (heure locale).

Les versions des protagonistes divergent. À Paris, l’état-major des armées affirme qu’une colonne Sangaris en mission de reconnaissance a été violement prise à partie par des groupes lourdement armés à l’entrée de Batangafo, où se trouvent un contingent congolais de la Misca (la force africaine). « Les groupes rassemblaient une centaine de combattants étaient coordonnés et ont tenté de contourner notre dispositif », précise l’état-major.

Les Séléka sont armés de AK-47, se déplacent en moto ou en pick-up sur lesquels est monté de l’armement anti-char et des mitrailleuses de gros calibre (14.5). La réponse française est particulièrement violente. Plusieurs groupes d’infanterie accompagnés de deux hélicoptères et de deux avions de chasse Rafale venus de Ndjamena sont mobilisés.

Joint par Jeune Afrique, l’état-major des armées a toutefois refusé de communiqué le nombre exact de soldats français engagés. Un membre la Séléka a fait état de 37 véhicules.

L’ex-rébellion accuse Sangaris d »avoir ouvert le feu en premier. « Nous n’avons aucune raison de les attaquer », déclare le colonel Djouma Narkoyo, l’un de ses porte-paroles. Ce dernier affirme même que des anti-balaka et des Faca (Force armée centrafricaine) s’étaient glissés dans leur convoi. Sangaris dément.

Le colonel Moussa, responsable Séléka de la zone, précise : « Les Français ont envoyé six véhicules sans nous prévenir. Nos hommes qui bloquent l’entrée de la ville sont allés à leur rencontre. Ils ont ouvert le feu. Les avions français ont ensuite bombardé nos positions de 8h30 à 16h45. Ils ont également visé des colonnes qui venaient en renfort de Kabo. »

Ce responsable Séléka assure avoir été contacté une première par un colonel de l’armée française lundi entre vers 20 heures. Une rencontre entre les deux hommes a ensuite eu lieu mardi matin.

Il ne s’agit pas des premiers affrontements violents entre l’armée française et l’ancienne rébellion depuis le départ forcé de son chef, Michel Djotodia. Mais ils interviennent moins d’une semaine après la signature à Brazzaville d’un accord de cessation des hostilités entre les différents groupes armés. « Nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin sur ces agressions contraire à la lettre et l’esprit de l’accord de Brazzaville », a ainsi dénoncé le bureau politique de la Séléka dans un communiqué.

À Paris, l’état-major des armées précise que cette opération visant à mettre en place les mesures de confiance va se poursuivre. La cohabitation avec les ex-rebelles risque d’être difficile. « Là où vient Sangaris, les anti-balaka les suivent. Ils doivent partir », déclare le colonel Moussa.

_________________

Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

Centrafrique: l’ex-président Djotodia reconduit à la tête de l’ex-rébellion Séléka

juillet 12, 2014

Bangui – L’ex-président centrafricain Michel Djotodia, qui dirigeait la coalition rebelle Séléka qui l’a porté au pouvoir en mars 2013, a été reconduit à la tête du mouvement à l’issue d’une assemblée générale à Birao, dans le nord du pays, a appris samedi l’AFP de source proche de l’ex-rébellion.

Michel Djotodia avait dû abandonner le pouvoir en janvier 2014 pour se réfugier au Bénin, sous la pression de la communauté internationale, en raison des graves exactions contre les civils qui ont eu lieu sous son régime après la prise du pouvoir de la Séléka. Ces violences ont entraîné l’intervention en décembre 2013 de la force française Sangaris, toujours présente aux côtés de la force africaine Misca.

M. Djotodia est sous le coup de sanctions internationales, onusiennes et américaines depuis mai 2014, comme le numéro deux de la Séléka, le général Nourredine Adam, à l’initiative de cette réunion de Birao. L’ex-président François Bozizé, renversé par la Séléka, est aussi sous le coup des mêmes sanctions.

Outre la reconduction du Michel Djotodia les ex-numéros deux et trois, Nourredine Adam et Mohammed Moussa Dhaffane, ont été reconduits lors de cette assemblée générale, a précisé la source.

Birao est le fief de M. Djotodia ou vit son ethnie, les Goula.

Un bureau d’une trentaine de personnes issues des différentes tendances de l’ex-Séléka a été mis en place, a encore affirmé la source.

L’ex-rébellion (majoritairement musulmane) est toujours active militairement dans le centre et le nord du pays, notamment contre les milices anti-balaka (majoritairement chrétiennes) au cours d’affrontements dont les civils, dans les villes et villages, sont les premières victimes.

Depuis sa défaite, elle est minée par des luttes de pouvoir internes.

Ainsi, en mai, une réunion tenue cette fois à Ndélé, autre ville du nord, avait désigné comme coordinateur politique le général Abdoulaye Hissène, depuis devenu conseiller à la présidence de transition centrafricaine. Ndélé est la région natale d’Abdoulaye Hissène, un Ronga.

Mais l’assemblée de Birao, à laquelle a participé Abdoulaye Hissène, a dissous la coordination politique de l’ex-Séléka mise en place à Ndélé, a précisé la source. Un rapport général de cette assemblée doit être publié dans les prochains jours.

Les anti-balaka, quant à eux, se sont récemment accordés pour désigner Patrice-Edouard Ngaïssonna comme coordonnateur national et Sébastien Wénézoui, un temps son rival, comme son adjoint.

Un forum de réconciliation nationale en Centrafrique est prévu du 21 au 23 juillet à Brazzaville, dans le but d’obtenir un cessez-le-feu entre groupes armés dans un pays ravagé depuis mars 2013 par de terribles violences intercommunautaires et le grand banditisme, qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juillet 2014 14h50)

Centrafrique: la présidente condamne les actes barbares, deuil national de trois jours

juillet 9, 2014

Bangui – La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a condamné mercredi la poursuite des actes barbares et criminels après la mort lundi de 26 déplacés dans une attaque à Bambari (centre) et décrété un deuil national de trois jours à partir de jeudi.

Un deuil national de trois jours en mémoire des Centrafricains tués le 7 juillet 2014 à Bambari (…) est décrété sur toute l’étendue du territoire de la République Centrafricaine à compter du jeudi 10 juillet 2014. Le drapeau centrafricain sera mis en berne durant cette période, indique le communiqué de la présidence diffusé par la radio nationale.

26 personnes, dont 11 femmes, ont été tuées et 35 blessées lundi soir sur le site où sont installés des milliers de déplacés à Bambari, à la cathédrale catholique Saint-Joseph, selon un nouveau bilan de la Croix-Rouge locale mercredi.

Le site a été attaqué par des hommes armés portant des boubous et des uniformes militaires identifiés comme étant des ex-rebelles de la Séléka, selon une source de la force militaire de l’Union africaine (Misca) ayant requis l’anonymat.

Ces événements démontrent la volonté des ennemis de la paix de persister dans la voie diabolique de la violence et de la haine intercommunautaires. Le déplacement du cycle des représailles entre les bandes armées dans la préfecture de la Ouaka où les communautés chrétiennes et musulmanes vivaient en parfaite harmonie est un sujet de grande préoccupation, indique la présidente, lançant un vibrant appel à la communauté internationale pour une plus grande mobilisation.

L’ex-rébellion Séléka, majoritairement musulmane, estime que des miliciens anti-balaka, à dominante chrétienne, sont présents parmi les déplacés de Bambari. C’est pour cela que nous avons lancé une attaque, a indiqué mardi un membre de l’état-major de la Séléka.

Deux semaines auparavant, près de cent personnes ont été tuées et autant d’autres blessées dans le centre de Bambari et ses proches environs dans des violences opposant anti-balaka et ex-rebelles Séléka.

Pour la présidente, les populations victimes d’attaques incessantes en plusieurs points du pays ces dernières semaines, notamment à Dékoa, aussi dans le centre du pays, payent le prix de la faiblesse des forces de défense et de sécurité.

Les Forces armées centrafricaines (Facas) ont implosé lors des combats contre la Séléka. Depuis, une partie des soldats et leurs armes ont rejoint les anti-balaka pour combattre la Séléka.

La communauté internationale, présente militairement avec la force française Sangaris et la Misca, s’oppose au réarmement des Facas, jugées peu fiables, que le gouvernement demande.

Mardi, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait déclaré à Bangui qu’il n’y a pas d’avenir pour la Centrafrique s’il n’y a pas de cessez-le-feu entre les différents groupes armés.

Un forum de réconciliation nationale est prévu du 21 au 23 juillet à Brazzaville.

Depuis le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la Séléka, chassée du pouvoir en janvier, la Centrafrique vit une crise sans précédent, marquée par de terribles violences intercommunautaires ayant fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Romandie.com avec(©AFP / 09 juillet 2014 19h16)

Centrafrique: une rivière charrie des corps suppliciés

juin 19, 2014

Bangui – Au moins 10 corps portant des marques de sévices ont été repêchés depuis lundi dans la rivière Ouaka dans la région de Bambari (Centre), où l’ex-Séléka, la rébellion centrafricaine à dominante musulmane, a établi son nouvel état-major, a-t-on appris jeudi auprès de la gendarmerie.

Au moins 10 corps portant des traces de sévices flottant sur la rivière Ouaka à Bambari ont été repêchés depuis le début de la semaine, provoquant la consternation et suscitant des inquiétudes parmi les habitants qui continuent de fuir vers l’évêché, a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat une source de la gendarmerie centrafricaine.

Les corps jetés dans la rivière sont tous des hommes. Ils portent des traces de tortures, de coups et blessures à l’arme blanche ou par balle et ont les mains et les pieds ligotés dans le dos et reliés par des cordes. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ces tueries, a ajouté cette source.

De son côté, un journaliste local s’exprimant lui aussi sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité a précisé: les corps retrouvés sont affreusement mutilés. L’horreur et la panique se sont emparées de Bambari. Les conditions de vie sont rendues exécrables par les ex-Séléka qui infiltrent facilement les quartiers pour s’attaquer aux civils. Certes les soldats français (de l’opération Sangaris) sont là, ils les traquent, mais ils sont présents dans les quartiers en tenue civile.

Il y a deux semaines des affrontements entre groupes armés ont eu lieu au village Liwa dans la région de Bambari faisant au moins 22 morts.

Interrogé par l’AFP au sujet des corps repêchés, Amadi Nedjad, porte-parole de l’ex-Séléka a démenti que son mouvement ait commis des exactions à Bambari.

Les éléments de l’ex Séléka sont tous cantonnés à présent à Bambari. On ne peut pas dire que ce sont eux qui quittent leurs lieux de cantonnement, pourtant surveillés par les forces françaises de Sangaris et africaines de la Misca, pour aller commettre des exactions, a-t-il affirmé.

A la suite de la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka – renversée en janvier – des exactions similaires avaient été commises à Bangui contre les éléments des forces armées centrafricaines (FACA) et des civils par les combattants Séléka.

De nombreux corps présentant des traces de sévices, voire mutilés, avaient été repêchés dans l’Oubangui, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet de Bangui.

Lundi, l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) avait dénoncé l’utilisation systématique de la violence par les groupes armés contre les populations dans la région de Bambari.

Depuis plus d’un an, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, dont de nombreux civils musulmans contraints à fuir des régions entières face aux violences des milices chrétiennes anti-balaka.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2014 15h46)